Mais non on ne t'en veux pas voyons petite Claudie c:
Judas ferma les yeux, fronça les sourcils, inspira. Longuement. Putain. Une empoisonnée dès le premier jour. Le poison, il savait quoi faire, avec matériel. Beaucoup de matériel. Il se mordit la lèvre, tentant d'analyser la situation.
- Écoute, je suis pas major de médecine mais je peux te dire que ça, ça n'est pas des griffes. La forme de la mâchoire se dessine presque dans ma jambe. Ce truc m'a putain de bouffé la j- OH.
- Quoi ?
- Si ce truc est venimeux, je suis empoisonnée, contaminée, intoxiquée bref ce que vous voulez. Mais j'ai bien peur de quelque chose d'autre ; Lzzy m'a donné du pavot tout à l'heure pour calmer la douleur, ça devait être il y a 2H. Les effets du pavot, qui m'ont défoncé la gueule au début, doivent pour l'instant cacher ceux de l'empoisonnement, si il y en a un.
- Et merde.
Voilà qui n'arrangeait absolument pas le jeune homme. Pas de symptômes, donc incapacité à analyser l'éventuel poison, donc incapacité de déceler un possible antidote, donc incapacité de soigner Anastasia. Judas ferma les yeux, plus qu'énervé. Bordel, mais il y avait bien une solution pourtant, non ? Le jeune homme tenta de se concentrer sur ce que pourrait bien dire son père dans ce cas-là, essayant d'éviter les solutions trop radicales - l'amputation était la seule chose lui venant à l'esprit. Mais, autant laisser la jeune femme mourir du poison, car être privée d'une jambe dans un tel endroit reviendrait à mourir.
" - On a trois options, murmura-t-il, soit il y a un antidote dans la navette, soit comme pour certaines créatures, le poison n'est pas un poison mais un anesthésiant, soit... on t'ampute Anastasia.
Parce qu'il était hors de question de la laisser mourir. Judas se l'interdisait.
Qu'il réfléchisse.
Alex, mon vieux, réfléchit à ce que ferait Alexey Khalski premier du nom.
Le jeune homme tachait de réfléchi le plus rapidement possible à une solution, mais des éclats de voix le déconcentrèrent. Ne pas s'intéresser aux hurlements, se concentrer sur Anastasia et seulement sur Anastasia.
Allez Alex, tu peux le faire.
Dès qu'elle entendit Sevastyan hausser la voix, Orlane se redressa, quand bien même elle était épuisée. Elle le vit sortir son arme, et alors, profitant du fait qu'il ne la regardait pas, se jeta sur lui pour tenter de le désarmer. Le revolver tomba à terre et elle s'en empara très rapidement. Un homme énervé et un revolver ne faisaient jamais, jamais, bon ménage.
"- Arrête Sevastyan, c'est inutile de s'énerver, ce n'est de la faute de personne, d'accord ? Calme-toi. On va laisser Judas faire, il va trouver une solution mais surtout que personne ne s'énerve, que personne ne panique, ordonna-t-elle d'une voix ferme. On a pas besoin de ça."
Elle capta le regard de Judas qui la remerciait silencieusement, lança un regard tueur sur l'assemblée, avant d'annoncer d'une voix forte :
"- Bougez tous. Sauf les personnes susceptibles d'aider Anastasia. Les autres, allez monter la garde, rendez vous utile, si ce truc traîne dans les parages c'est qu'il y en à d'autres.
- Et si on ne veux pas ?
- Alors vous crèverez tous empoisonnés ou attaqués par des bêtes sauvages. Bougez.
- Je...
- Maintenant."
Elle lança un regard perçant au récalcitrant, qui, bougon, finit par rebrousser chemin, emmenant avec lui la plupart des curieux. Orlane se retourna alors, lançant un regard vers Judas.
"- Besoin de quelque-chose ?
- De calme. Juste de calme. Pour que je puisse réfléchir, mais surtout pour Ana."
Orlane hocha la tête, et lança un regard entendu à Sevastyan, comme pour lui supplier de l'écouter, de s'éloigner mais surtout, de se calmer.