Angelo n'arrivait pas.
Nemo n'apparaissait pas comme par magie pour les sauver comme il savait si bien le faire. Il avait mûrit, il ne partait plus quand il ne devait pas. Et peut-être que ça les tuerait, en fin de compte. C'était bien la peine pour qu'on s’évertue à leur apprendre le respect des consignes lorsque, petit, ils faisaient face à leurs parents, après avoir fait une énième bêtise pleine de malice. Si ça les tuait, de grandir, alors à quoi bon devenir grand ? Hein ?
- Y a-t-il de l'eau tout en bas ? On pourrait ensemble essayer de l'évaporer, cela créerait une remonté d'air qui le soulèverait..?
Il était apparu, en silence comme à son habitude, lui avait déposé un baiser sur la joue, puis avait posé cette question, pleine de bons sentiments. Malheureusement, de un, il n'y avait pas d'eau, et de deux, le chevalier était bien trop lourd pour être porté par une simple remontée d'air chaud.
Deux personnes pouvaient les sauver, deux personnes qu'ils avaient tour à tour abandonné, parce qu'elles étaient plus utiles ailleurs ou seulement parce qu'ils avaient besoin de bouger plus vite. Un abandon qui allait leur coûter la vie.
Le gant de Tristepin continuait à glisser, doucement mais inévitablement, emportant à chaque petit millimètre de plus un bout d'espoir des trois. Charlie, impuissante, tenait entre ses doigts la vie d'un ami, d'un proche, sans trouver aucune solution possible, alors même qu'elle retournait le problème dans tous les sens.
- Et bien alors, ça ne va pas fort apparemment ?
La voix, légèrement moqueuse, provenait d'une Ashley faisant preuve d'un cynisme hors du commun, qui observait Tristepin les yeux légèrement plissées -pour qu'il ne puisse pas voir l’inquiétude dans son regard-, la bouche figée dans un sourire narquois. A côté d'elle se trouvait Maéva. Une Maéva qu'elle avait trouvé complètement anéantie, plongée dans une marre d'eau salée. Et bien que la flaque soit par terre, l'être invisible qui devenait de plus en plus visible savait qu'au fond d'elle son amie se noyait dans les flots de ses sentiments.
- Ma belle, qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?
Avait-elle demandé d'une voix douce avant de la relever et de la prendre dans ses bras.
Et puis elles étaient parties, bras-dessus, bras-dessous, à la recherche de leurs amis. Qu'elles avaient trouvés au bord d'un gouffre. Charmant comme tableau de retrouvaille, pas vrai ? Et pourtant c'était la réalité. Leur réalité.
La petite Zoé se tenait juste derrière les deux filles, elle se cachait à moitié, elle savait qu'elle avait fait une bêtise. Et pourquoi Zoé ne les avait-elle pas suivie ? Ils étaient méchants, les deux zigotos de la voiture, elle le savait. Elle le sentait.