29-08-2014, 21:13
Je t'aurais.
Un film passe en accéléré sous ses yeux. Elle revoit pleins d'images un peu éparpillés dans sa mémoire. La mer, d'abord et toujours, qui engloutie tout. Elle se revoit appuyée sur le bastingage ; et son revolver pointe dans le vide. Elle revoit le bateau pirate et son drapeau sombre qui claque le vent, la silhouette du capitaine sur le pont – sa cible -, la brume épaisse qui les avale et les digère. Elle tire et la balle part, caresse l'homme seulement puis se perd dans l'écume amère. Elle rugit.
Son rugissement fut comme un signe à l'apocalypse.
Et les canons rugirent à sa suite.
Je te retrouverais.
Shéhérazade lève la tête au moment où les écailles se dispersent et se perdent dans sa peau. Elle le voit tout droit sorti des catacombes des abysses. Alors elle titube dangereusement sur le sol qui lui semble un instant trop dur ; pas assez stable ; trop vrai ; trop concret. C'est lui ; le pirate qui lui a échappé il y a deux ans, et cette vision comme le sol est trop dur et trop concrète. Elle lui jette son regard marécage à la gueule en même temps qu'un grognement.
« Scabb. (aussi dit Scabb « le crabe catcheur) » Elle dégaine son revolver auparavant caché sous son pull couleur nuit et le pointe sur lui sans plus de cérémonie. « Scabb qu'est-ce que tu fous là. » C'est même pas une question car elle s'en fout, au fond. Elle veut juste lui ouvrir le ventre et laisser pourrir ses entrailles à l'air. Elle ne veut pas croire qu'il puisse représenter un royaume. Tout sonne en lui comme un souvenir ; sa dégaine de gorille son œil torve sa barbe de cent jours ses fringues délavées sa peu décapée par le sel. Elle revoit son propre échec et ça lui brouille l'esprit.
Je te traquerais.
Elle revoit le bateau qui se fait happer par les vagues. L'apocalypse qui se joue entre ciel et mer.
Elle revoit surtout Scabb qui s'enfuit.
Vivant.
Bel et bien vivant.
Shéhérazade fait sauter la sécurité et son index tremble sur la détente. Elle hésite et se mordille les lèvres. Quelques mèches rouges viennent s'échouer sur ses joues et s’emmêler dans ses cils déjà trop longs et bien trop encombrants. Elle baisse peu à peu l’œil tueur. Ce ne serait pas prudent de le tuer ici et maintenant. Mais bon dieu ce que c'est tentant. « Je répète, Scabb, qu'est-ce que tu fous là ? » Sa voix se fait plus menaçante, plus grave et plus percutante.
Elle perd sa dégaine de gamine. C'est ça. Elle redevient la chasseuse.
Et cette fois, je te jure que je te tuerais.
Un film passe en accéléré sous ses yeux. Elle revoit pleins d'images un peu éparpillés dans sa mémoire. La mer, d'abord et toujours, qui engloutie tout. Elle se revoit appuyée sur le bastingage ; et son revolver pointe dans le vide. Elle revoit le bateau pirate et son drapeau sombre qui claque le vent, la silhouette du capitaine sur le pont – sa cible -, la brume épaisse qui les avale et les digère. Elle tire et la balle part, caresse l'homme seulement puis se perd dans l'écume amère. Elle rugit.
Son rugissement fut comme un signe à l'apocalypse.
Et les canons rugirent à sa suite.
Je te retrouverais.
Shéhérazade lève la tête au moment où les écailles se dispersent et se perdent dans sa peau. Elle le voit tout droit sorti des catacombes des abysses. Alors elle titube dangereusement sur le sol qui lui semble un instant trop dur ; pas assez stable ; trop vrai ; trop concret. C'est lui ; le pirate qui lui a échappé il y a deux ans, et cette vision comme le sol est trop dur et trop concrète. Elle lui jette son regard marécage à la gueule en même temps qu'un grognement.
« Scabb. (aussi dit Scabb « le crabe catcheur) » Elle dégaine son revolver auparavant caché sous son pull couleur nuit et le pointe sur lui sans plus de cérémonie. « Scabb qu'est-ce que tu fous là. » C'est même pas une question car elle s'en fout, au fond. Elle veut juste lui ouvrir le ventre et laisser pourrir ses entrailles à l'air. Elle ne veut pas croire qu'il puisse représenter un royaume. Tout sonne en lui comme un souvenir ; sa dégaine de gorille son œil torve sa barbe de cent jours ses fringues délavées sa peu décapée par le sel. Elle revoit son propre échec et ça lui brouille l'esprit.
Je te traquerais.
Elle revoit le bateau qui se fait happer par les vagues. L'apocalypse qui se joue entre ciel et mer.
Elle revoit surtout Scabb qui s'enfuit.
Vivant.
Bel et bien vivant.
Shéhérazade fait sauter la sécurité et son index tremble sur la détente. Elle hésite et se mordille les lèvres. Quelques mèches rouges viennent s'échouer sur ses joues et s’emmêler dans ses cils déjà trop longs et bien trop encombrants. Elle baisse peu à peu l’œil tueur. Ce ne serait pas prudent de le tuer ici et maintenant. Mais bon dieu ce que c'est tentant. « Je répète, Scabb, qu'est-ce que tu fous là ? » Sa voix se fait plus menaçante, plus grave et plus percutante.
Elle perd sa dégaine de gamine. C'est ça. Elle redevient la chasseuse.
Et cette fois, je te jure que je te tuerais.
oh you're a princess ? but i'm the queen, bitch




