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STRAY
#21
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Chance Olson

« T'inquiètes ma coquille. J'serai bien plus connue que Peter Parker dans l'milieu, j'irai à tous les plus grands défilés du monde, de l'univers même. Les magazines s'arracheront mes articles, j’publierai partout et dans toutes les langues. J'épouserai un homme politique et au final, j’écrirai ma biographie qui fera des millions d'exemplaires vendus. »

Chance a 24 ans. Elle vient juste de plonger dans l'grand bain de la vie, mais on s'en fout complètement parce-que Chance elle a de l'ambition. Elle travaille dur, elle s'acharne, elle est capable de camper au milieu de nulle part pour avoir ce qu'elle veut. Elle va réussir parce-qu'elle veut réussir. Chance, elle n'a jamais été très populaire. Parce-qu'elle travaillait toujours plus que les autres, elle était la petite chef qu'il fallait suivre, qui voulait tout contrôler. Elle aime tout le monde, parce-qu'aimer tout le monde c'est la jolie façon de dire qu'on aime personne. Elle est un peu égoïste, soignée, et beaucoup trop curieuse. D'ailleurs, elle veut être journaliste Chance. Et elle s'est jurée, qu'pour réussir, elle accepterait tous les petits sujets bidons jusqu'à ce qu'on lui propose un truc intéressant. Et il se trouve qu'ils avaient besoin de quelqu'un pour un article à propos de cette île bourrée de psychopathes. Alors naturellement, elle s'est proposée. Parce-qu'il faut savoir que Chance a un instinct de ouf. Et cet article, elle le sent bien.
 
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#22
Ian était dans sa chambre, allongé sur son lit et regardai le plafond... C'était une de ses activités préférées après celle d'écrire de longue partition de musique sur ses murs. Il était dans une sorte d'état second, dans une béatitude enchanteresse dont il n'aurait voulu sortir pour rien au monde...
Malheureusement quelqu'un entra dans sa chambre. Il s'apprêta à dire à l'infirmière de sortir son gros cul de son espace privé quand il s'aperçut qu'en fait c'était Primrose. Sans se relever de son lit il lui fit un petit sourire.
-Ça va... ça va comme un type qui a un millions de petites pilules multicolores qui se dissolvent dans son estomac. Comme d'hab' en quelque sorte.
Il s'assit et se mit sur le côté de son lit invitant la jeune femme à s'asseoir. Puis ils commencèrent une longue discussion, soit Primrose parle, Ian regarde le plafond. Il l'écoutait à peine mais la voix de son amie résonnait comme de la musique, il aimait bien.
Au bot d'un petit moment il se retourna et jeta un coup d'oeil par sa grande fenêtre ronde. Sa chambre était la plus haute de l'hôpital, on pouvait y voir toute l'île. Il regarda la prison un peu plus loin et soupira.
-Tu sais Prim'... J'ai un ami qui va mourir aujourd'hui.
Il fit une pause et se mit debout.
-Je l'avait rencontré pendant mon court séjour en prison... Il était sympa. J'aimerais bien lui rendre une petite visite avant que la mort lui passe le bonjour.
Il se dirigea vers la porte et l'ouvrit grand.
-Tu viens avec moi?
 
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#23
Bienvenue les n'enfants !


La porte s'ouvrit en grinçant. Les pas résonnèrent dans la cellule. Eden ouvrit les yeux, gardant ce sourire triste et amer placardé sur ses lèvres.
" - C'est l'heure."
Merci pauvre con, aurait voulu dire Eden.
Mais il ne le dis pas. Il ne le dis pas parce que le gardien qui venait le chercher, c'était Samson, et que Samson avait été le seul gardien qui n'avait pas été une véritable enflure avec lui. Le seul à faire normalement son boulot, voire adresser, de temps à autre, un léger sourire aux détenus. Samson, le seul à avoir été un tant soit peu humain, et à avoir vu tous les détenus comme autre chose que des fous, des monstres, mais comme des êtres humains. Avec défauts et qualité.
En somme, le seul type un peu intelligent de la prison. Un peu niais et inutile au yeux des autres gardiens, certes, mais tout de même.
Eden se leva péniblement, muscles endoloris, traînant le pas. Il n'avait pas envie d'y aller. Pas envie de voir sa famille. Pas envie de voir les larmes d'Eva-Luna, le regard dur d'Elijah, les sourires forcés des jumeaux. Rien de tout cela.
Le pas lourd et traînant, il suivit Samson, écoutant les dires des autres prisonniers. Oui, il allait crever, il le savait. Inutile de le lui rappeler.
Eden fût conduit dans une salle, en compagnie de Samson, et deux autres gardes qu'il haïssait au possible. Là, il supplia Samson du regard. Il savait qu'au fond, il était gentil, qu'il lui retirerait ses menottes pour qu'il puisse serrer les siens dans ses bras.
Eden s'assit dans la salle sur une chaise miteuse, surveillé par trois garde et probablement trois fois plus derrière la porte ainsi que derrière les caméras de surveillance. Le jeune homme enfouit son visage dans ses mains, tremblant, riant à demi. Il avait presque l'impression de devenir fou. Il secoua la tête.
" - J'veux pas les voir putain..."
Il ne pouvait pas. Il ne pourrait pas les regarder dans les yeux.



Eva-Luna leva les yeux uniquement arrivée dans la prison. Cet horrible bâtiment qu'elle connaissait par coeur. Ils allaient encore leur demander d'attendre, dans le hall avant qu'un garde ne vienne les chercher, déposeraient leurs effets personnels dans un caisson, puis ils les conduiraient dans des salles de visite ou elle ne pourrait que voir le visage de son frère derrière une vitre de plexiglass. Et ça, ça lui faisait mal, de le voir, sans pouvoir le toucher, entendre sa voix déformée derrière la vitre et son sourire suintant l'hypocrisie, parce que, Eva-Luna le savait, il souffrait lui aussi de les voir derrière cette vitre. Elle serra les poings, tentant d'être forte, tandis que Elijah passait devant eux pour franchir les portes de la prison.
Le hall était toujours aussi austère, et Luna s'y sentait très mal. L'adolescente gardait les yeux baissés par terre, tâchant de ne pas observer ceux qui, comme elle, comme ses frères, attendaient de voir un détenu. Un enfant, un frère ou une sœur, ami, amant, tant de gens.
Mais elle, elle allait perdre son frère.
Eva-Luna déglutit difficilement tandis que la grosse secrétaire leur demandait d'aller s'asseoir. Elle ne l'aimait pas. Elle n'aimait personne dans cette prison.



Carter s'assit sur une chaise, soupirant. Il jeta un regard en coin vers Eva-Luna, puis vers son jumeau, qui avait l'air aussi dépité que lui, mais surexcité. Carter baissa les yeux. Il n'avait pas envie de lui demander de se calmer. Il ne pourrait pas le faire, et savait bien à quel point cette journée pouvait être horrible pour tous. Il ne voulait pas parler, il voulait juste aller voir son frère et repartir avec lui, loin, et vivre une vie normale.
Loin du monde, loin de tout, avec sa famille.
Juste ça.
Il balança sa tête en arrière, fixant le plafond, attendant patiemment.



Selena s'était assise sur une chaise, se balançant d'avant en arrière, rongeant ses ongles jusqu'au sang. Elle n'aimait pas cette journée, l'atmosphère pesante, comme si un néfaste destin allait s’abattre sur leurs tête.
Lorsqu'elle entendit la voix de Charlie, son coeur fit un bond dans sa poitrine. Elle sauta sur ses pieds et se jeta sur le jeune homme qui avançait vers elle, avant de fondre en larmes. Aujourd'hui, elle avait peur, elle avait tellement peur, beaucoup trop.
" - Charlie, s'étrangla-t-elle, Charlie j'ai peur..."
Elle ne savait pas pourquoi. Mais c'était un sentiment qui la prenant du fond de ses entrailles, la faisait trembler de tout ses membres. Elle plantait ses doigts dans le cou du jeune homme, le maculant du sang qui avait coulé à force qu'elle ne se les ronge de trop.

 
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#24
Annesley trépignait d'impatience, secouant frénétiquement sa jambe, assise sur un petit banc. Ils étaient à l'arrière du bateau et les vagues se cognaient contre la rembarde.
- Putain Anny arrête ave ta jambe je comprend pas comment tu peux avoir hâte de retrouver cet enfourné dans son île paumée. Cade s'adossa à la rembarde du bâteau qui entrait dans le minuscule port. Il fulminait.
- Cade tu fais chier, répondit cette dernière. C'est tout de même notre père et on ne l'a pas vu depuis longtemps.
De toute façon son frère s'était mis en tête que ce serait nul et ce serait difficile de le faire changer d'avis.
- Justement, lâcha-t-il sans même la regarder.
Il n'eût pas le temps de finir sa phrase que le bâteau arriva dans le port. Annsesley, tout excitée sautillait déja partout tandis que son frère regardait le bâteau s'éloigner de l'île. Ça y'est, se dit-il. On y est.
- Bon bouge j'ai pas l'intention de te perdre, articula-t-il à sa soeur qui était aux anges à son plus grand agaçement.
Elle le rejoignit en trois petites foulées. Cade attrapa sa valise, il se recoiffa et se mit en route, rapidement devancé par la jeune fille qui trottinait devant lui. Tant de niaiseries, c'était impensable !
Les deux frères et soeurs avancèrent vers l'imposante bâtisse qui leur faisait désormais face.
- Et tu crois qu'on pourra participer aux expériences ? Et tu pense que ce sera chouette ? T'as pas un peu peur des gens dans l'hôpital psychiatrique ? Moi j'ai un peu p...
- Bon, viens, lui dit-il pour toute réponse à ses questions, la coupant car elle commençait à être pénible.
C'était drôle à l'intérieur, il y avait des machines partout. Son père était en face. D'un pas hésitant, Anny s'approcha tandis que son frère restait en retrait, les sourcils froncés.
avatar de xuu la tortue 
 
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#25
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Mary-Alice Wargrave,
patiente de l’hôpital psychiatrique.

Internée depuis approximativement 6 mois, Mary-Alice souffre de trouble maniaco-dépressif, plus communément appelé trouble bipolaire. Bon je vais éclairer votre lanterne mes agneaux. La vie de Mary-Alice se classe en plusieurs épisodes. Elle oscille entre des phases de manie sévère, des phases de dépression et des périodes plus ou moins longues de comportement dit "normal".
-C'est bon ça va s'arranger Mary.
-Ouais ouais, merci de me mentir, t'as raison ça me fait du bien

C'est un poison et un antidote en un seul corps. Elle passe du rire aux larmes comme elle change de fringues. Puis des cris au silence. Ce silence qui pèse sur toi comme une enclume de trois tonnes. Le chagrin suivit rapidement par son acolyte, le traditionnel discours de consolation. Celui que toutes tes fausses amies te répètent en boucle, le fameux "T'es sûre que ça va ? Aller faut pas être triste, ça va passer." Mon cul ouais...potasses.
C'est pour sa qu'il faut toujours sourire, souris même quand t'as envie de crever histoire que personne le remarque. Parce qu'il y aura toujours ce petit détail tragique qui fait le même effet que l'acide dans l'intégralité de ton corps. Qui te bouffe de l'intérieur. Jusqu'au moment où tu craques, avant de basculer dans une autre phase.
Personne peut te sauver de toi-même Mary, tu sais.

aller bisous bisous les sales gosses
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Bisous les stars de skype, je vous aime ♥
avatar de mystudioz keur
 
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#26
Le grand sourire de Charlie disparut en un éclair. Son expression joyeuse laissa place à un masque blafard et neutre. Ca n'allait pas. Elle était consciente, et c'était pire que tout. Il la serra dans ses bras, effrayé par ses larmes, effrayé aussi par tout ce qui brillait dans ses yeux et qu'elle n'osait pas lui dire.
- Lena, qu'est-ce qui se passe ? Mon coeur, qu'est-ce qui ne va pas ?
Il la regardait, les yzux écarquillés en une question muette. Pourquoi aujourd'hui ? Pourquoi maintenant ? Que crains-tu en ce jour que rien ne distingue des autres ?
Il détacha ses mains qui lui lacéraient le cou et les enferma dans les siennes, comme s'il s'agissait d'un petit oiseau blessé qu'il essayait de sauver à tout prix. Elle tremblait comme une feuille. Elle lui faisait peur, coiverte de larmes, les cheveux fous. Il ne se l'admettrait jamais, mais oui, elle l'effrayait. Il ne l'avait jamais vue comme ça. Oui elle avait pleuré en sa présence. Bien sùr. Mais jamais il n'avait lu un tel effroi dans ses yeux clairs.
Sentant que les mouvements de ses mains s'apaisaient, il les lâcha et pris son vosage trempé de larmes entre les siennes. Larmes qu'il tâcha d'essuyer des pouces. Pas par esprit romantique, mais pour chasser cette image angoissante de Senela morte de peur. Il la serra dans ses bras,et lui passa une main dans le dos, doucement, pour la calmer.
- Qu'est-ce qui ne va pas ma belle ? demanda-t-il d'un ton plus calme. Tu peux tout me dire, tu sais ça ? De quoi est-ce que tu as peur ? ajouta-t-il tout bas, pour que personne d'autre n'entende.
Quoiqu'en disent les autres, amis, infermières ou autres, il prenait au sérieux tout ce qu'elle disait, quand elle était lucide.
Et aujourd'hui particulièrement...
Born of tornado, we bring you the night,
Pray for we all detonate.
Heroes in heaven and servants in life,
Kill us before it's too late.

A M E N & A T T A C K

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#27
Jamais, jamais, le temps n'avait paru s'écouler aussi longtemps pour Elijah. Les secondes semblait prendre des heures, même la vieille horloge qui faisait un bruit monstre semblait fonctionner au ralenti. Il ne voulait pas voir son frère. Il n'avait plus rien à lui dire depuis longtemps. Du moins il essayait de s'en convaincre. Il savait comment ça allait se passer. Eden essayera de sourire, d'un sourire forcé et triste pour rassurer les jumeaux et Eva-Luna, avant qu'elle ne se jette dans ses bras et se mette à pleurer.

Il jeta un regard à Jeremiah qui semblait faire de son mieux pour rester en place, le dos collé à un mur. Il n'arrivait pas à se calmer, ses mains bougeaient toutes seules, tripotant ses cheveux. Dans son esprit se mélangeaient la peur, la colère, la tristesse, plus que ce qu'il ne pouvait encaisser. Mais avant qu'il ne devienne vraiment incontrôlable, un gardien entra dans la salle, leur lança un regard désolé et leur fit signe d'entrer. Le premier à entrer fut Elijah. Il avait l'air si calme. Si indifférent. Jeremiah commençait à douter que ce ne soit qu'un simple façade. Il entra à son tour tenant la main d'Eva-Luna, Carter à ses côtés.
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Primrose parlait. Beaucoup. C'était un de ses grand défauts, elle parlait trop. Mais Ian, ça ne le dérangeait pas. Tout le monde disait que c'était un monstre, mais non. Ian était quelqu'un de gentil. Aussi quand il lui proposa d'aller dans la prison, elle accepta aussitôt. De toute façon, elle avait Marjolaine, alors rien ne pouvait lui arriver, même là-bas.
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Tell me, Atlas.
 What is heavier
The world or its people’s hearts ?
 
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#28
Quel début de semaine ennuyeuse. Viktor était assis au sol, adossé au mur et fixant son lit avec un visage inexpressif, comme s'il y avait quelqu'un. Ce qui était d'ailleurs le cas selon lui. Depuis maintenant une semaine, il attendait impatiemment la visite de sa sœur, Emilie, mais à présent, il n'y croyait plus vraiment ou presque. Il lui arrivait de se contredire d'un seul coup, sans raison. Il donna un violent coup de coude sur le mur :
- Elle avait promis de revenir ! Lâcha-t-il. Elle n'est pas venue lundi, mardi... Jamais jusqu'à maintenant.
Il se releva et commença à faire nerveusement le tour de sa chambre :
- Si, si elle va venir. Pas vrais, elle va venir Maya ? Tu l'as vus le dire, elle viendra.
Maya... Chère Maya qui ne l'a jamais quitté, mais qui l'a pourtant si souvent terrifier. Elle ne pouvait que le comprendre bien sûr. Depuis combien de temps est-elle à ses côtés ? Peut-être depuis son début de schizophrénie, ou peut-être depuis toujours qui sait ?
Une infirmière regarda la scène sans vraiment comprendre. Quand Viktor la vis, elle détourna le regard et partit. Il soupira et recommença nerveusement ses tours :
- Elle aussi tu l'as vus ? Et les autres aussi, à me regarder comme si j'étais fou...
Tous ces regards... Se n'était pas la première fois qu'il les voyait, et se ne sera pas la dernière.
Il s’assit, cette fois, adossé à la porte et la main passant frénétiquement dans les cheveux.

Déjà enfant, il était regardé avec mépris, comme s'il eut été différent des autres. Bon, faut dire aussi que a 11 ans avoir encore des amis imaginaires ces déjà plus très normal. Ses parents refusèrent pendant un moment de croire qu'il souffrait de troubles mentaux, avant de finalement s'y faire et d'accepter à contre-cœur.

Emilie était assise sur un banc du bateau. Ses yeux fixaient les vagues, sans jamais les quitter. Son air serein et ses yeux hautains, lui donnaient l'air d'être au dessus de tout, que rien ne pouvait l'atteindre. Pourtant, c'est avec nervosité qu'elle allait lui rendre visite sur l'île. Elle appréhendait ce moment. Comment allait-il réagir ?
Elle lui avait promis de revenir le plus souvent possible, mais elle n'y était pas allée la semaine d'avant. Elle avait honte. Honte d'être heureuse de ne plus avoir à s'occuper de lui, de se sentir libre sans sa présence. À 15 ans, ce n'est certes pas un rôle pour une adolescente, mais comment faire lorsque même leurs parents ne font rien pour lui venir en aide ? Elle soupira, après tout, elle n'avait qu'a inventer une excuse...

Leurs parents ne purent supporter de voir qu'un de leurs enfants était un être "raté" de la nature. Comment expliquer que leur première enfant était une sorte d'échec bourré de défaut et leur second enfant, était, tout ce qu'il y a de plus normal ?
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#29

Le professeur Jensen était euphorique. Il allait enfin réussir, enfin parvenir à son but. Les recherches d'une vie. Entière, concrétisées en ce jour unique qui, il le savait, marquerait l'histoire. Il était diablement impatient, et malgré l'absence de son assistant, il comptait bien procéder à l'expérience. Il avait tout calculé. Réfléchi à la moindre éventualité. Il le savait, tout fonctionnerait.
Il allait entrer dans l'histoire.
Jensen eût un sourire satisfait, voyant que toutes les conditions étaient réunies pour l'expérience. Il se retourna, prêt à entrer dans la pièce, mais vit deux jeunes personnes, ou plutôt une jeune fille, avancer vers lui.
Sa fille.
Avait-il besoin que ses enfants viennent le déranger à un moment pareil ?
Non. Certainement pas.
Jensen leur adressa un bref sourire sans aucune joie, avant de se retourner et d'interpeller une jeune assistante.
" - Occupez-vous d'eux, ordonna-t-il. J'irais les voir une fois l'expérience achevée."
Et alors, il se dirigea vers la porte pour quitter la salle.



Selena tremblait encore, semblant, comme faire une crise étrange. Elle sentait les infirmières qui s'approchaient d'eux, et secoua la tête, se blottissant plus contre Charlie.
Laissez-moi tranquille. Laissez-nous tranquille.
"- Lena, qu'est-ce qui se passe ? Mon coeur, qu'est-ce qui ne va pas ?"
Elle secoua la tête. Qu'en savait-elle elle ? Elle était folle. Anormale, elle le savait, et c'était bien triste que d'en avoir conscience. Peut-être que ce n'était que sa paranoïa qui lui jouait des tours, ou peut-être pas mais quoi que ce fût, Selena en avait peur. Horriblement peur.
Elle laissa Charlie s'emparer de ses mains tremblantes et les serrer dans les siennes. Selena le fit également, se sentant quelque peu apaisée. Mais la présence des infirmières l'effrayait plus que tout.
Charlie la prit de nouveau dans ses bras après avoir essuyé ses larmes. Les mains de Selena se refermèrent sur son tee-shirt.
" - Qu'est-ce qui ne va pas ma belle ? Tu peux tout me dire, tu sais ça ? De quoi est-ce que tu as peur ?"
Elle secoua la tête. Non.
" - Je sais pas, s'étrangla-t-elle, j'en sais rien."
Elle entendait les pas des autres. Tout autour d'elle. Ils étaient là pour elle, tous. Tous autant qu'ils étaient. Et elle n'avait que Charlie pour la protéger. Elle tremblait, tremblait comme une feuille.
" - Mademoiselle Williams ? risqua une aide-soignante."
Sasha. Selena, elle aimait bien Sasha, parfois.
Parfois seulement.
" - Les laisse pas m'emmener Charlie je t'en supplie..."
Elle répéta le nom du jeune homme, encore et encore, chantant cette ritournelle que Charlie devait connaître par cœur, jusqu'à ce que l'on pose une main sur son épaule.
Et elle hurla.



Eden leva les yeux une fois la porte ouverte. Samson la referma immédiatement, parti chercher la fratrie Kingsley.
Dans la pièce, il n'y avait plus qu'un autre gardien relativement sympa tant qu'on ne le faisait pas chier. Qui lui retirait ses menottes, avec l'évident baratin, comme quoi sa vie serait écourtée de quelques heures s'il faisait ne serait-ce qu'un geste étrange.
Et puis, Elijah.
Elijah qui passait la porte.
Le coeur d'Eden cessa de battre avant de bondir furieusement dans la poitrine.
Son grand frère. Il avait envie de crier, de pleurer mais comme durant cette nuit ou il avait patiemment observé le plafond et rêvé tout éveillé, il était étrangement calme. Il eût un sourire, un sourire qu'il voulut naturel, pour son grand frère, mais son regard hurlait à quel point il s'en voulait. A quel point il voulait retourner en arrière, s'enfuir, loin, tellement loin. Prendre un nouveau départ.
C'était à cela qu'il songeait aussi, cette nuit-là, et ces trois années passées. Prendre un nouveau départ.
Peut-être que la mort le lui permettrait.
Au fond, ce n'était peut-être pas plus mal.
Car finalement, Eden était fatigué de se battre contre tout et tout le monde.
Il n'y avait plus que ce sourire forcé qui subsistait, comme ruine de ces instants où il voulait encore se battre.
Il avait simplement accepté la mort.
Et pourtant, tant de contradictions dansaient dans son esprit. Le visage de son frère, son grand frère, lui redonnait la rage de vivre et il avait juste envie de lui sauter au cou pour l'étrangler sous son étreinte.
Mais il ne le ferait jamais, il le savait. Il le savait pertinemment. Alors, il n'y avait que ces regards, perdus tous deux, qui semblaient s'affronter pour vouloir se dire tellement de choses, et en même temps, rien du tout.
" - Hey."
C'était nul.
Mais c'était le seul mot qu'il était capable d'articuler.
Dans l'ombre de son grand frère, il y avait les jumeaux. Jeremiah, dont les doigts bougeaient nerveusement et qui semblait plus calme que jamais, et Carter. Vide de toute émotion. Comme s'il était très loin.
Et, cramponnée à la main de Jeremiah, Eva-Luna.
Le cœur d'Eden se serra à leur vue.
Ses cadets, ses petits anges qu'il avait appris à aimer et à détester en même temps, il allait les perdre.
Ou plutôt, ils allaient le perdre.
C'était ce à quoi il songeait lorsqu'il le servit un sourire hurlant que tout devrait normalement aller bien, mais que rien n'irait bien. Un sourire qui fit exploser le cœur d'Eva-Luna, qui s'échappa de l'emprise de Jeremiah pour se jeter sur Eden en pleurant, alors qu'il refermait ses bras sur elle. Et Eva-Luna s'effondra en sanglots, tremblant de tous ses membres, pendant qu'Eden la serrait contre lui plus fort qu'il ne l'avait jamais fait. Ses yeux étaient clos, retenant des larmes de rage, de culpabilité. Il allait la laisser, sa petite princesse. Pas toute seule, certes. Néanmoins il allait partir, l'abandonner, égoïstement.
Il déposa un baiser sur les boucles rousses d'Eva-Luna qui hurlait, sa voix étouffée contre la poitrine de son grand frère, maudissant le monde entier. Jusqu'à ce que sa gorge ne la fasse souffrir, jusqu'à ce que son souffle s'épuise et qu'elle n'aie plus que la force de pleurer.
Impuissant, Carter observait la scène. Il avait aussi envie d'aller étreindre Eden, une dernière fois, avant qu'il ne parte à jamais. Et c'était horrible de songer que c'était la dernière fois qu'il voyait ses yeux fatigués, sa tignasse brune désordonnée, ce sourire mutin qui l'avait bercé toute son enfance, ses grandes mains de bassiste, ses tatouages si particuliers que Carter n'aimait pas. Qu'il entendait sa voix souriante en permanence, et pourtant rocailleuse à force de trop fumer, de trop chanter. Qu'il ne pourrait plus l'emmerder tandis qu'il jouait guitare ou basse, qu'il ne pourrait plus lui demander de chanter avec son groupe pour la soirée d'anniversaire de Jeremiah et lui, qu'il ne l'emmerderait plus jamais, ne lui sortirait plus de blagues stupides et inutiles. Plus jamais. Il n'avait plus qu'une heure, peut-être un peu moins, une heure ou il pourrait voir son frère.
Et s'en rendant compte, Carter eût un vertige. Il s'accrocha au poignet de Jeremiah à ses côtés, autant pour le soutenir que pour être soutenu.
Il se mordit la lèvre, dans le silence, brisé de pleurs.


C'EST LE RPG DE LA JOIE YOUHOUH !
 
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#30
Le bateau tanguait. Trop. Beaucoup trop. Elle qui avait toujours eu le mal de mer, elle était ravie. Elle essayait de regarder le large en priant pour qu'ils arrivent avant qu'elle régurgite son déjeuner, lorsqu'elle décida d'observer les passagers. Il y avait des femmes, des hommes, des enfants. Et ils avaient l'air pour la plupart normaux. Ils avaient un unique point commun, ils avaient le regard incroyablement vide. Comme des vaches qui iraient à l’abattoir.

Bon sang, elle avait l'air d'une touriste avec ses valises. Lorsqu'elle croisa le regard d'une gamine, qui avait l'air encore plus abattue que les autres, elle détourna immédiatement les yeux comme si la mer était beaucoup plus intéressante que les passagers. Peu après, ils purent voir les bâtiments de l'île. Tous très beaux, très imposants. Elle prit quelques photos. Le bateau arriva enfin, et elle n'avait jamais été aussi heureuse de poser les pieds sur terre.

Elle suivit tout le beau monde à l'intérieur d'un des grands bâtiments blancs de l'île, et arriva enfin à ce qui semblait être l'accueil. Gardée par une grosse femme aussi chaleureuse qu'un ours. Elle demanda où était sa « chambre », et la grosse femme lui donna une paire de clefs. Une pour la salle de bain, une pour les toilettes. Comme un hôtel. Enfin, comme un hôtel jusqu'à c'qu'on ouvre la porte. Des murs gris et moches, et un petit lit inconfortable. Super.
Enfin bon, elle était pas là pour une décennie, donc elle fera avec.
 
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