Salut, voici ma participation ! (j'ai mis l'histoire en spoiler sinon ça va faire super long.)
Spoiler!
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Erik était auparavant très dynamique, jovial et populaire auprès des élèves du collège. Mais également très sportif et pratiquait l'athlétisme. Il se voyait un bel avenir dans ce domaine, jusqu'à ce que sa vie bascule:
La dernière semaine avant la rentré en 4e, il jouait chez lui avec Mika au ballon, quand il l'a accidentellement envoyée sur l'ordinateur de Niko, son frère aîné, qui est très studieux. Les touches de l'appareil éclatèrent partout sur la table, et l'écran se cassa. Furieux, Niko se leva, engueulant sévèrement les deux jeunes garçons, ces derniers reculèrent afin de ne pas se prendre des cris à la figure, s'excusant en vain. Toujours sur les nerfs, Niko répondit en leur hurlant dessus, et les poussa par colère , oubliant l'existence des escaliers derrière son petit frère et de son ami. Mika glissa sur quelques marches, mais le pauvre Erik fit une violente chute dans ces 25 marches. Il cria et gémis de douleur, du sang coulait le long de son front, incapable de bouger. Paniqué, Niko prit la fuite. Mika, terrifié par cette scène de violence, accouru au chevet de son ami. Sa mère étant médecin urgentiste, lui a transmis les gestes de premiers secours. Il retira son tshirt et compressa la plaie sur le front d'Erik, tout en veillant à ne pas le bouger. En entendant Erik se plaindre de douleurs au dos, il parti chercher son téléphone sur la table du jardin, quand une violente douleur au genou l'attaqua. Probablement à cause de la chute, impossible de monter les escaliers. Il boita faiblement, jusqu'à tomber sur un passant, qui, alerté par ses cris de détresse, appela les urgences. Deux véhicules prirent en charge chacun un des deux garçons. Et c'est à ce moment là que Erik perdit connaissance. Sa vision était floue, il vit en pointillés les spots de lumière du plafond, avant de tomber dans une longue phase de vide. Quelques heures plus tard, le bruit des machines lui fit ouvrir les yeux. Ses pupilles parcouraient faiblement la chambre. Il entendu des voix familières: sa mère qui était tout près de lui à sa gauche et Mika, assis sur une chaise, à sa droite. Ce dernier s'en sorti avec une simple entorse au genou. Mais Erik n'a pas eu cette chance là lorsque le diagnostique tomba:
-2 côtes cassées.
-3 vertèbres fracturées où des bouts d'os ont touché des nerfs de la moelle épinière.
-Traumatisme crânien bénin.
-Fracture du fémur et tibia fêlé sur la jambe gauche.
Frustré, le jeune garçon fut obligé de rester alité pendant presque 2 mois à l'hôpital, sentant les journées s'éterniser, sans pouvoir faire grand chose. Mika lui rendait visite presque tous les jours après l’école, tendis que ses parents se relayaient pour rester proche de leur fils. Sauf que, au fil du temps, Erik senti que Mika lui cachait quelque chose… En effet, plus les jours passaient, moins il souriait, utilisant toujours l’excuse de la fatigue, jusqu’à ce que Erik remarque des traces sur le bras de son ami, telles des scarifications. Il le questionna, mais Mika refusait de répondre, se montrant agressif. Les deux amis se disputèrent avant de se faire la tête, Mika reparti chez lui sur-de-champ. Le lendemain à la même heure, Erik fut terriblement inquiet. Habituellement après une dispute, Mika vient toujours s’excuser le lendemain. Mais là, plus aucune nouvelle, pas un SMS, pas un appel, aucune réponse. Dès qu’il vit son père arriver, étant toujours incapable de se lever, Erik le supplia d’appeler la maman de son ami, n’ayant pas son numéro, pour lui demander ce que fait Mika. Cette dernière, ne comprenant pas ce qui se passe, rentra chez elle en urgence pour découvrir une scène d’horreur: son fils s’était pendu.
Il a été sauvé de justesse, étant entre la vie et la mort en soins intensifs.
En apprenant ce tragique événement, Erik culpabilisa à mort et se mit très en colère contre son frère. «Si cet enf**ré ne nous avait pas poussés, rien de tout ça ne serait arrivé !» pensa t-il, fou de rage. Son état de santé se dégradait, de terribles douleurs au dos se faisaient sentir, toujours inapte à changer de position. Les médecins doublèrent alors la dose de morphine, mais Erik s’affaiblissait de plus en plus, il se sentait limite partir et vomissait tout ce qu’on lui donnait. Une infirmière découvrit qu’il faisait une allergie à la morphine. A cause de ça, Erik perdit une dizaine de kilogrammes. Pendant ce temps, la mère de Mika, toujours aussi bouleversée, cherchait ce qui a poussé son fils à commettre l’irréparable. En parcourant le téléphone de ce dernier, elle y trouva des messages affolants de la part de numéros inconnus: des menaces, des insultes, incitations au suicide. Et en repensant à ses résultats en baisse, sa «fatigue», ses absences sans explication: Cela ne faisait aucun doute: Mika était victime de harcèlement scolaire. Enragée, elle parti prendre rendez-vous avec le principal, qui ne savait strictement rien de ce qui se passait, ni les professeurs, ni les surveillants n’avaient remarqué quoi que ce soit d’anormal. Mais voyant cette situation inadmissible, la mère et le principal réussirent avec la police à localiser les expéditeurs de ces SMS anonymes. Ils furent convoqués au commissariat, la mère ayant porté plainte. Une vidéo venant de ces mêmes agresseurs a été retrouvée sur les réseaux sociaux:
Ils étaient à 4 à avoir tagué avec des insultes le casier de Mika, dans le genre «p*d*» «suicide toi, personne ne t’aime :-)» «t’es une fille ou un mec ?» «tupu lol». Le jeune garçon était là, pétrifié par ce qui était écrit.
_Alors, répond à notre question, t’es une fille ou un mec ? Demandait l’un des agresseurs.
_On va vérifier tient ! Comme ça plus personne ne se trompera ! Rétorquait un autre, voyant que Mika ne répondait pas.
Tendis que l’un filmait, 2 des complices plaquèrent Mika au sol, ce dernier se débattant en vain, ses adversaires étant tellement plus forts que lui. Le dernier des agresseurs baissa le pantalon, puis le slip du pauvre Mika, impuissant, fondant en larmes. Ses parties intimes étant bien visibles sur la vidéo. Il ne pouvait rien faire, à part maudire son corps si faible et si efféminé. En effet, Mika ne pensait pas que son apparence androgyne pouvait lui apporter des ennuis pareils.
_Félicitations ! C’est un garçon ! S’exclama le cameraman. La vidéo s’arrêtant là.
Les agresseurs furent renvoyés définitivement du collège, mais trois des leurs avaient moins de 13 ans et ne pouvaient pas aller en prison, alors que le quatrième encouru une amende et une indemnisation que les parents devront payer à la famille de la victime, ainsi que d'une obligation pendant 6 mois de faire une formation civique avec interdiction de fréquenter les réseaux sociaux.
Erik se sentait mal pour son ami en apprenant cette histoire. Il aurait tant voulu être là pour le soutenir, pour qu’il ne reste plus seul.
Mika se réveilla quelques jours après les procédures judiciaires. Erik fut soulagé et sa santé s’améliorait en restant aux côtés de son ami. Ce dernier s’excusait pour ce qu’il avait fait, se sentant coupable. Mais sa mère et Erik lui assurèrent que rien de tout ça n’était de sa faute.
Maintenant qu’Erik avait meilleure mine, il pouvait procéder à une rééducation, réapprenant à marcher. Il avait espoir de pouvoir reprendre l’athlétisme, sa seule motivation à procéder aux douloureuses séances. Mais à cause de la douleur qui persistait et la difficulté à bouger correctement sa jambe gauche, en deux semaines, Erik n’arrivait qu’à se lever de son lit pour aller aux toilettes à 2 mètres de lui et à se déplacer maladroitement en se tenant au mur.
Après un bilan de santé et neurologique, les médecins ont eu le regret de lui annoncer qu’il ne pourra plus jamais faire de sport.
Condamné à boiter et à supporter d’atroces douleurs dans le bas du dos toute sa vie, Erik sombra dans un désespoir total. Voir ses rêves se briser à cause d’un stupide accident le rendait dingue. Ses parents étaient fous de rage après Niko, la mère effondrée de voir sa famille se déchirer ainsi, et le père dévasté qu'une telle chose ai pu arriver. L’aîné fut contraint de quitter la maison et de partir vivre chez la grand-mère maternelle qui n’est pas au courant de ce qu’il a fait. Les parents lui ont seulement expliqué qu’ils étaient dans une situation financière compliquée avec les frais des soins d’Erik. Compréhensive, elle accueilli Niko.
Mais la famille avait décidé cela afin d’éviter de rendre l’ambiance pesante à la maison.
Mika avait développé une phobie scolaire, refusant de sortir de chez lui par peur de croiser le regard des autres. Même si la mère lui proposait de changer de collège, de l’inscrire sur Paris, vu qu'ils habitaient Clamart, une ville de proche banlieue, il refusait. En effet, la vidéo s’était sûrement propagée. Rien que d’entendre les mots « collège », « école », ou autre termes dans le même champ lexical, des sueurs froides coulaient de son front, et des frissons parcouraient son corps. Même sortir chercher le pain à la boulangerie en bas de sa rue lui semblait impossible. En voyant qu’il était inutile d’insister, et que les séances avec le psy ne faisaient rien, Mika eut recourt au CNED afin de poursuivre sa scolarité.
Du côté d’Erik, il devait se reposer encore 3 semaines avant de reprendre les cours. Mais ces 3 mois de retard allaient être difficiles à rattraper, alors pendant ce temps il revit l’essentiel du programme de 4e avec un professeur particulier. Et après les vacances de Noël, il fut scolarisé dans un collège privé de sa ville, où les professeurs ont été tenus informés de ce qui s’est passé et ont pu lui garantir un bon suivit pour qu’il ne soit plus en retard. Il a pu se faire de nouveaux copains, sans réellement s’y attacher, mais il a pu trouver un nouveau passe temps : les MMORPG où chaque week-end il y jouait avec ses potes en ligne. Lors de la dernière année de collège, Mika s’était inscrit dans le même qu’Erik. Leur année s’est bien passée et ont obtenu leur brevet avec mention.
Aujourd’hui, Erik est au lycée, et pour des raisons de secteur et d’orientation, il s’est retrouvé dans le même lycée que son frère avec qui il a coupé les ponts depuis un an et demi. De plus il était rentré au foyer familial car sa grand-mère ne pouvait plus l’héberger à cause de sa retraite trop faible. Les parents avaient mieux digéré l’histoire avec le temps, mais Erik a toujours une très forte aversion envers lui et tente de l’ignorer.
De plus, même si Erik a 15 ans, sa mère refuse qu’il sorte tout seul à cause de son handicap actuel. Même après deux ans de réhabilitation, il a toujours des douleurs dorsales qui continuent à faire rage, ayant du mal à prendre les escaliers. Elle s’inquiète tout le temps lorsqu’il prend les transports tout seul, imaginant le pire à chaque fois et refuse de le laisser faire quoi que ce soit. Son père quant à lui, aimerait qu’il surmonte ses faiblesses, même si il lui laisse plus d’indépendance, il lui arrive de lui mettre un peu la pression.
Mais avec deux avis opposés qui s’affrontent quotidiennement, Erik n’as pas la sensation d’avancer et n’a aucune idée de métier d’avenir. Il sait juste qu’il fera un Bac S avec ses facilités dans les matières scientifiques.
Il y a une chose qui frustre le jeune garçon : les remarques inappropriées sur son « handicap invisible ». En effet, à première vue, on ne peut pas remarquer qu’il a du mal à tenir debout trop longtemps, (mis à part qu’il lui arrive de boiter), et s’est parfois fait mal voir en prenant les places prioritaires dans le bus. Une dame de 58 ans avec une béquille lui a demandé de lui laisser la place, Erik a tenté de lui expliquer en lui montrant sa carte prioritaire. Mais la bonne femme l’eut très mal pris et cria «je sais que tu l’as piqué à ta grand-mère ! Feignant de jeune ! Puis un mal de dos chronique à son âge, non mais j’hallucine !». Intimidé par les regards et ne sachant que faire, il descendit au prochain arrêt pour attendre le bus suivant sans prendre de place assise, résistant à la douleur.
Pour finir, ce que Erik ne saura jamais, c’est que Niko s’en veut à mort depuis le début et ne sait pas comment se faire pardonner, et qu’aux yeux de ce dernier, c’est peine perdue. Alors que la famille pense qu'il a fuit lâchement, étant incapable d'assumer ses actes, il y avait 2 ambulances qui étaient arrivées sur les lieux du drame, il était rentré à la maison pour appeler les urgences, mais il ne l'a pas dit car personne ne voulait le croire. Les parents ne s’occupent pas de lui, à part pour les démarches administratives du lycée que doivent faire le responsable légal. Ils savent qu’il a d’excellents résultats et le laissent se débrouiller jusqu’à la terminale. Ils feront juste en sorte qu’il ai un logement pour ses études et si possible, un job à temps partiel. Même si ce qu’il a fait à son petit frère est inadmissible, ils veulent quand même qu’il ai un avenir et essayent de l’éloigner au maximum tout en restant dans l’éthique.