Chupakat, j'aime beaucoup, même si j'aurais rajouter un peu plus de descriptions dans le premier paragraphe, l'histoire à l'air sympa, on se pose pas mal de question, ce qui veut dire que ton texte marche bien,
Écriture fluide et sympa, mais j'aurais poussé la carte du patoie encore plus loin, et donner peut être un peu plus d'indication de temps, parce qu'on est encore un peu dans le flou. ^.^
Désolée si je développe pas plus, je suis nulle quand il faut donner son avis :X
Je poste ça qui est mon invention de bac ^.^
Fenêtre
Les bruits de la ville m'arrivent étouffés, perçus au loin comme des murmures incessants, m'empêchant de me concentrer sur mon travail. Je me lève pour aller fermer la fenêtre, oubliant quelques instants les études. Je place la main sur la poignée de fer de ma fenêtre en bois.
Une ambulance passe, me torturant les tympans. Mes yeux se posent sur la rue et c'est accoudée à la fenêtre que je finis par observer ce petit monde, ce théâtre de la vie qui se déroule sous mes yeux.
Les acteurs y sont peu nombreux et mes yeux, tout autant que mes pensées, vagabondent.
Une seule rue est visible de ma fenêtre, tortueuse et minuscule, ou serpentent les pavés et s'accrochent les trottoirs. Aussi sombre qu'une une boîte close, le soleil ne passant pas avec les immeubles trop haut.
Quelques passants au pas rapide et sec, au prise avec leur vie et leur routine "metro-boulot-dodo "
Personne ne se regarde, ils n'en ont pas le temps. Leur travail les attend, plus loin, dans les bureaux aux grand open-space identiques et impersonnels.
Ils sont gris et ternes comme de triste charbons. Trop calcinés, trop abîmés. Ils apparaissent et disparaissent, engouffrés dans la gueule de la ruelle suivante. Je soupire, depuis quand le monde est-il si gris ?
Ce petit matin d'hiver à un goût d'amertume. Le froid me mord les joues et je ferme la fenêtre. Je colle mon front contre la vitre fraîche. A gauche, les immeubles s'élèvent telle une enceinte de prison. A droite, les échoppes commencent à s'ouvrir, doucement, lentement, comme engourdies par un froid trop mordant.
Et tout à coup, le silence qui avait pris place une fois la fenêtre fermée, est rompu.
Des éclats de voix tout d'abord. Puis une vague de bruits, voiture et voix, musique de ville. L'école en face de chez moi reçoit ses premiers élèves.
La rue calme devient fourmilière.
Les bambins tout sourire qui braillent à l'oreille de parents mal réveillés. Les enfants qui courent, cartable à la main. Qui décroche un bisou fugace sur la joue des adultes.
Voici la lumière.
J'aperçois la cour, bientôt noire d'enfants, noyée sous les cris, étouffée de couleurs. Les petits êtres solaires sortent alors leurs armes, quelques billes et bonbons pour des jeux dont eux seuls maîtrise les règles. Les robes des filles sont bleues, vertes, roses et amènent un arc-en-ciel à cette ruelle couleur nuage. Tout leur semble simple à ces enfants. Facile et sans contraintes. Ils sont libres. Je repense alors à mon enfance, paisible, sereine et douce, où ma plus grande préoccupation était de savoir ce que je mangerais le midi. Aujourd'hui, dans mon avenir incertain, mon passé tel un pilier me rappelle avec mélancolie le calme, la paix et le bonheur.
Puis les maîtresses frappent dans leurs mains, et les enfants se ruent vers les classes, comme un cortège de personnages joyeux, un carnaval de cris et de rires heureux. Et les voix s'amenuisent, et le silence redevient roi, conquérant la ruelle, et mon cœur, et mon âme, et mes pensées. Le silence et les passants gris, le silence et les immeubles ternes, le silence et l'obscurité.