BON ON PASSE LA NUIT LES N'ENFANTS.
Christa ouvrit faiblement les yeux, les posant sur un plafond blanc. Elle geignit à cause de la lumière, posant ses mains sur ses yeux, avant de soupirer très longuement. La jeune fille s'assit en tailleurs dans le lit, se massant les temps, tentant de se souvenir de la veille. Il y avait eu l'accident, les hurlements lorsque l'autre fou avait lâché Isaac, le soulagement, avant qu'ils ne soient tous embarqués sans même leur demander leur avis chez Déborah.
Ils s'étaient tous effondrés, morts de fatigue, sitôt qu'on leur eût indiqué des chambres. La terrible journée les avait tous exténués, et tous dormirent plus ou moins bien jusqu'au petit matin. Christa elle, avait dormi tel un bébé dans ce lit on ne pouvait plus confortable – hormis le sien évidemment mais elle se contentait de ce qu'elle avait en cet instant. La jeune fille secoua la tête, passant une main dans ses cheveux blonds, avant de soupirer longuement, et repousser la couverture. Elle songea qu'elle était encore en robe de soirée, mais s'en contrefichait à vrai dire, elle n'avait pas eu la force de faire autre chose que plonger dans le lit qu'on lui avait indiqué. Néanmoins, Christa n'aurait pas été contre un bon bain, mais bon, pour le moment, être en vie, songeait-elle, c'était déjà bien.
Christa enfila les chaussons que l'on avait glissé aux pieds de son lit, et doucement, à pas de loups, descendit les escaliers, jusqu'à se retrouver dans le grand salon.
Gaïa se leva dès les premières lueurs de l'aurore, éveillée grâce aux rayons du soleil qui vinrent caresser ses paupières. La jeune femme se leva, et en dix minutes, s'était déjà douchée, maquillée, coiffée et habillée, prête pour son service. Elle sortit de sa chambre à pas de loup, observant bien attentivement autour d'elle, quelquefois que le gros et gras petit bonhomme qui lui servait de patron ne débarque encore une fois en hurlant trop fort « Clegane viens ici immédiatement !! ». Tout ce que Gaïa haïssait, des ordres, et son nom de famille.
Une fois que la jeune fille eût constaté qu'il n'y aurait aucun petit bonhomme gros et gras pour lui hurler quoi faire, elle se glissa silencieusement dans la chambre des deux garçons qu'elle avait – pourquoi elle ne le savait pas – aidés la veille. Elle ouvrit les volets, ce qui arracha à l'un des deux un grognement significatif.
« -
D'bout, j'ai pas qu'ça à faire ! »
Gaïa leur lança leurs vêtements sur le nez, avant de récupérer la couverture qui les recouvrait pour la lancer dans un panier ou irait tout le linge sale, avant d'inspecter la chambre, satisfaite. Puis elle se jeta sur un des deux garçons, le secouant tel un poirier.
« -
Allez merde, bougez vous êtes pas censés êt'là ! »
Eden soupira, agacé, se débarrassant de la furie qui voulait absolument les faire bouger.
« -
Tu connais la délicatesse ?
- Ici c't'inutile. Bougez votre gros cul de ce lit avant que j'vous en sorte, j'ai b'soin des draps moi. »
Et avant qu'Eden n'aie pu bouger le petit doigt, Gaïa l'empoigna par le bras pour le sortir du lit, s'emparant de son oreiller et le lançant dans le panier de linge.
« -
Vous avez l'choix, soit vous dégagez d'ici quinze minutes soit vous payez la chambre plein pot. »
A ces mots, Eden retrouva toute sa vivacité, prêt à quitter l'hôtel dans la seconde s'il le fallait. Puisque, après tout, ce n'était pas comme s'ils avaient de l'argent.
Et j'ignore comment on fait pour Alyss et Peter.