17-06-2014, 11:25
Eden fixait un point, loin derrière, sur un mur, attendant tout simplement qu'Arno finisse par se calmer. A compte les secondes, lourdes, et il avait l'impression que sa détresse redoublait chaque fois que l'un d'entre elles passait. Eden étouffa un soupir, se contentant d'attendre. Arno articula quelque chose qu'Eden peina à comprendre.
Puis, les bras d'Arno retombèrent, et le plus jeune pensa qu'il allait définitivement se détacher de lui, mais non. Il gardait son visage enfoui contre son torse, et le tatoué devait clairement avouer que ça le mettait très mal à l'aise. Même plus que ça. Il déglutit, tournant légèrement la tête, histoire de voir si oui ou non quelqu'un pouvait arriver. Parce que d'un autre côté, c'était pas comme si c'était mal vu de traîner dehors dans les rues overtownienne en pleine nuit.
« - J'avais oublié... »
Oublié ? Oublié un meurtre ?
Non. Ça, c'était impossible. Eden le savait très bien, trop peut-être même. Chacun de ses propres meurtres lui revenaient avec une netteté effroyable. Chaque mort revenait le hanter, chaque nuit.
Le premier, sa tête fracassée contre un mur alors qu'Eden avait à peine quinze ans, parce qu'il avait osé l'humilier, lui hurler qu'il était un monstre, un monstre, un clochard, sans mutation qui plus est. Il revoyait clairement son visage stupéfait alors qu'il envoyait sa tête claquer contre le mur après l'avoir roué de coup, ses yeux affolés alors que son sang quittait son corps pour s'échouer aux pieds d'Eden. L'effroi, l'incompréhension, la fuite, le visage de tous les autres qui l'observaient sans comprendre.
Il ne pourrait jamais l'oublier. Pas même s'il le voulait. Les yeux verts écarquillés, les mèches blondes maculées de sang rouge. Le boche entrouverte, comme pour murmurer quelque mots, encore, même après sa mort.
C'était gravé en Eden. Et jamais l'intensité de ce moment ne pourrait s'affaiblir dans son esprit.
Certainement pas.
Oublier que l'on a ôté la vie de quelqu'un, c'était impossible.
« - Comment tu peux oublier un truc pareil ? grommela-t-il plus pour lui-même qu'autre chose. »
Il reposa ses yeux sur Arno, sourcils froncés, le lâchant subitement. Ouais bon, il avait merdé sur ce coup, certes. Et il aurait sans doute du se taire. Ne pas lui demander son nom, ça lui aurait évité de se retrouver avec un légume sur les bras. Mais bon. De toute façon, il ouvrait toujours sa grande gueule.
Puis, les bras d'Arno retombèrent, et le plus jeune pensa qu'il allait définitivement se détacher de lui, mais non. Il gardait son visage enfoui contre son torse, et le tatoué devait clairement avouer que ça le mettait très mal à l'aise. Même plus que ça. Il déglutit, tournant légèrement la tête, histoire de voir si oui ou non quelqu'un pouvait arriver. Parce que d'un autre côté, c'était pas comme si c'était mal vu de traîner dehors dans les rues overtownienne en pleine nuit.
« - J'avais oublié... »
Oublié ? Oublié un meurtre ?
Non. Ça, c'était impossible. Eden le savait très bien, trop peut-être même. Chacun de ses propres meurtres lui revenaient avec une netteté effroyable. Chaque mort revenait le hanter, chaque nuit.
Le premier, sa tête fracassée contre un mur alors qu'Eden avait à peine quinze ans, parce qu'il avait osé l'humilier, lui hurler qu'il était un monstre, un monstre, un clochard, sans mutation qui plus est. Il revoyait clairement son visage stupéfait alors qu'il envoyait sa tête claquer contre le mur après l'avoir roué de coup, ses yeux affolés alors que son sang quittait son corps pour s'échouer aux pieds d'Eden. L'effroi, l'incompréhension, la fuite, le visage de tous les autres qui l'observaient sans comprendre.
Il ne pourrait jamais l'oublier. Pas même s'il le voulait. Les yeux verts écarquillés, les mèches blondes maculées de sang rouge. Le boche entrouverte, comme pour murmurer quelque mots, encore, même après sa mort.
C'était gravé en Eden. Et jamais l'intensité de ce moment ne pourrait s'affaiblir dans son esprit.
Certainement pas.
Oublier que l'on a ôté la vie de quelqu'un, c'était impossible.
« - Comment tu peux oublier un truc pareil ? grommela-t-il plus pour lui-même qu'autre chose. »
Il reposa ses yeux sur Arno, sourcils froncés, le lâchant subitement. Ouais bon, il avait merdé sur ce coup, certes. Et il aurait sans doute du se taire. Ne pas lui demander son nom, ça lui aurait évité de se retrouver avec un légume sur les bras. Mais bon. De toute façon, il ouvrait toujours sa grande gueule.





