Loan s'était vautré sur une chaise, enfin soigné, et balancé aussi sec dans la salle d'interrogatoire. Non mais sérieusement ? Un blessé en salle d'interrogatoire, on se foutait d'eux là, c'était clair. Le jeune homme poussa un soupir d'agacement, observant l'officier au nom imprononçable face à lui qu'il allait décider d’appeler Jacky. Jacky donc, qui dissertait avec lui même sur les riches et les pauvres, l'overtown et l'undertown, joyeusement, monologue que Loan aurait préféré ignorer. Il eût un sourire en coin avant de lever les yeux sur Jacky, croisant les bras.
" -Bon les enfants, je me présente, moi c'est Jackson Strugatsky, je pense que vous avez déjà entendu parler de moi et de mes capacités poussées en tout ce qui concerne les interrogatoire, alors on va faire vite : Le Serpent, tu te signales maintenant l'ami, comme ça je pourrai finir ma journée plus tôt ans avoir à gérer le gros bordel que t'as foutu dehors."
Sauf que bien sûr, et ça, Loan le savait depuis qu'il était dans le camion, le serpent n'avait aucunement l'intention de se dénoncer, mais c'était un pauvre pigeon qui allait le faire à sa place. Loan lança un regard en coin audit pigeon, qui jetait lui même un discret coup d’œil au Serpent. Sentez l'ironie, et Loan jeta un coup d’œil vers Jacky qui les observait un par un, ne semblant pas avoir remarqué ce coup d’œil. Loan soupira.
Lorsque le pigeon se leva, Loan haussa les yeux au ciel devant ce petit manège. Bon. Intéressant toutefois. Tout ce qu'il voulait c'était sortir de cette pièce, dormir et ne plus jamais revenir. En fait, surtout dormir. Loan était épuisé. Mais pour pouvoir dormir, il devrait attendre que le pigeon parle, ce qui ne tarda pas.
" - C'est moi le Serpent."
Puant d'hypocrisie, certes. Mais presque attendrissant aux oreilles du jeune homme. Loan soupira avant qu'un long silence ne se mette en place, coupé légèrement lorsqu'il bailla à s'en décrocher la mâchoire. Puis, réellement, par Arno.
" - Bon, c'est fort émouvant, on peut y aller nous maintenant ? J'ai des choses à faire moi..."
Comment casse une ambiance, songea Loan, mais néanmoins il hocha la tête en baillant de nouveau.
Alyss entendit le couteau siffler et ne bougea pas d'un poil. Elle se figea. Comment... elle n'avait rien vu venir. Rien entendu, rien percuté, et, étonnamment, ça ne lui faisait pas grand chose.
Cela l'agaçait. Elle toisa l'inconnu, sourcils froncés, croisant les bras.
" - Ça t'arrive souvent de demander à des gens s'ils vont bien après leur avoir lancé un couteau dessus ? Dis tu serais pas un peu con par hasard ?"
Alyss et la délicatesse, c'était une grande histoire d'amour.