- Tu vois, Cybèle ? Tous ces gens sont des mutants. Et le professeur Hodgkins, cet abrut...
Wayne se trouvait dans la grande salle, et observait les mutants tandis que ces derniers quittaient la pièce machinalement. Il en voulait toujours à Hodgkins pour l'avoir mis dans une situation gênante, quelques minutes plus tôt, aussi était-il encore particulièrement énervé. Néanmoins, cela ne valait pas la peine de se mettre en danger, en révélant son agacement à une gamine de dix ans.
Aussi, Wayne se rattrapa, avant d'avoir pu prononcer l'entierté de sa phrase.
- Herm, Toussota-t-il. Et le professeur Hodgkins veut qu'on les répartisse dans le vaisseau. Le problème, c'est que c'est un peu dangereux pour toi, toutes ces choses-là, Assura Wayne, l'air faussement embêté, en tentant d'avoir l'air un peu sympa. Il ne regardait pas Cybèle (trop occupé à compter les mutants en question), mais ne voulait pas l'effrayer. C'est pour cette raison que je préfère que tu suives le programme, et que tu retournes dans tes appartements, comme prévu. On t’appellera pour les entraînements, d'accord ? Et tandis qu'il prononçait ces derniers mots, son regard voulut se reporter sur la petite.
La petite, qui, dans les faits, ne se trouvait absolument plus à sa gauche, et même absolument nulle part autour de lui.
Elle s'était barrée.
Il avait perdu Cybèle.
- Cybèle ?! Lâcha-t-il, sentant un désarroi profond l'envahir, tandis qu'il cherchait la gamine du regard. Merde, putain de merde... Grommela-t-il, sans réussir à contenir la foulée de vulgarité qui lui venait maintenant à l'esprit.
Rapidement, Wayne entreprit alors de se diriger vers la sortie de la salle, prenant, instinctivement, un chemin différent de celui des mutants.
- Monsieur, vous ne... L'interpella un soldat, que Wayne n'écouta pas.
- MERDE ! Répondit-il, simplement, laissant l'intéressé en plan sur le côté d'un couloir, qu'il entreprit de traverser à toute vitesse. Cybèle ? Cybèle ? S'entêta-t-il à répéter en regardant tous les coins possibles et imaginables, allant même jusqu'à penser que la gamine aurait pu se planquer dans une poubelle vide.
Après plusieurs minutes de recherche acharnée, Wayne s'arrêta.
Il poussa un long soupir, afin de se calmer.
De toute façon, Cybèle ne pouvait pas être allée bien loin, et se trouvait forcément à l'intérieur du vaisseau.
- Merde... Souffla-t-il, en passant une main sur son visage, comme si ce mot était le seul qu'il se trouvait encore à même de prononcer.
En soit, les choses n'auraient pas été si grave que cela, si le vaisseau de la mission Atlantis ne faisait pas la taille de trois métropoles. Et si Cybèle n'avait pas été Cybèle, soit une des mutantes les plus précieuses du professeur Hodgkins, soit un des trophées les plus importants de la Fédération.
Alors que Wayne s'imaginait donc avoir vécu le pire, une voix, tonitruante, l'interpella.
- BRIXTON.
S'il y avait bien un timbre que Wayne ne pouvait pas omettre de reconnaître, c'était celui d'Annabeth Joechin. Car Annabeth Joechin, n'était autre qu'une des militaires les plus appréciés du moment, et pour ainsi dire, une des perles rares de l'armée, que la Fédération aimait à couvrir de lauriers depuis maintenant plusieurs années. Aussi, il ne pouvait pas ignorer Annabeth Joechin, ce qui aurait pu, en soit, être une issue convenable à la situation merdique à l'intérieur de laquelle il se trouvait actuellement.
L'énervement de Wayne s'accentua doucement.
De plus, depuis que cette fille avait été intégrée à la mission Atlantis, Wayne faisait absolument TOUT pour l'éviter, et cela, pour plusieurs raisons :
1) il ne la supportait pas.
2) elle le contredisait dés que l'occasion le lui permettait.
3) il ne la supportait pas.
4) elle ne pouvait s'empêcher de vouloir toujours avoir raison.
5) il ne la supportait pas.
6) la dernière fois qu'ils s'étaient adressés la parole, ils avaient fini par se hurler dessus.
7) et enfin, il ne la supportait pas.
- Ah, bonjou... Voulut-il la saluer, tout sourire, comme si de rien n'était - après tout, l'hypocrisie n'était maintenant plus une inconnue pour lui.
Annabeth ne lui laissa pas le temps de continuer sa phrase - son mot -, pour reprendre, plus violemment que jamais.
- Est-ce que je peux savoir ce qu'il vous passe par la tête ? Que-ce qui a pu vous faire penser ne serait-ce qu'un millièmes de secondes qu'il était avisé d'éteindre les caméras ?!
- Alors en fait, figurez-vous que la raison pour laquelle j'ai fait ça et très logique. Commença Wayne, en hochant la tête, las et certain qu'il allait se prendre un mur dans la figure d'ici à quelques secondes, mais pas encore assez lâche pour se la fermer complètement. Le professeur Hodgkins m'a demandé de...
- Et où est Cybèle ?!
- Cybèle ? S'exclama Wayne, en fronçant les sourcils. Il hésita à mentir, puis jugea que cet argument ne plairait sûrement pas à la blonde, qui risquerait de finir par le tabasser - son regard en disait long sur sa rage, et Wayne n'avait pas le temps de l'écouter l'insulter de tous les noms. Soldats !! Lança-t-il, à une unité qui passait-là, comme si de rien n'était - comme s'il n'était pas impliqué DU TOUT dans la disparition de la petite. Vous avez vu Cybèle ?
- Non monsieur. Répondit un premier, visiblement troublé de se faire interpeller de la sorte par un de ses supérieurs.
- Je crois qu'elle était dans la salle de réunion, avec les mutants. Compléta un second, et Wayne se saisit de cette réponse pour essayer de se débarrasser d'Annabeth. Elle est partie avec eux, et Asriel, voir les chambres.
- Ah ! Vous voyez ! Se réjouit Wayne, en se mettant à marcher en direction des dortoirs, espérant qu'Annabeth ne le suive pas. Il en oublia, d'ailleurs, de remercier le soldat l'ayant aidé. Elle est pas loin. Maintenant, arrêtez de me faire... Il manqua de se vautrer dans une foulée de grossièreté, et s'arrêta juste à temps. Encore une fois. Mieux valait pour lui qu'il garde ses pensées de son côté, au risque de devoir supporter, encore, toujours, les sermons de cette fille qu'il ne pouvait pas encadrer. Je vais la chercher. Inutile d'hurler.
j'édite le reste après manger