Satisfait de son discours, Coll entreprit de marquer un temps de pause, pour regarder l'heure... Et il était déjà tard. À force de s'attarder à répondre à chacun des mutants, Coll venait au moins de perdre une bonne heure de son après-midi, et pourtant, il avait un emploi du temps chargé. Tous les jours, autour de dix-huit heures - soit dans environs trente minutes -, il avait l'obligation de faire un compte-rendu de la journée des mutants au sein de la Mission aux représentants de la Fédération. Le comportement de chaque mutant serait donc passé au crible au cours de ces sessions quotidiennes. Le sien aussi, très probablement, mais il n'était pas impressionné.
Coll aurait été mort de peur, s'il ne se savait pas déjà grandement apprécié dans les rangs des politiques de la Terre. Bien évidemment, certains ne lui faisaient pas encore confiance - un humain s'étant "transformé" lui-même en mutant n'attire pas toujours les sympathies, au sein de la Fédération. Néanmoins, Coll ne pouvait que garder toute son assurance, quand il s'agissait de s'adresser aux dirigeants terrestres. Il faisait ce métier depuis des lustres. Ce n'était donc pas un banal compte-rendu scientifique qui allait le terrifier, et dans la mesure où on ne venait pas empiéter sur son travail, tout allait pour le mieux. La Fédération pouvait bien vivre, tant qu'elle savait où s'arrêtaient ses prérogatives draconiennes.
Enfin, il voulut mettre fin à leur entretien, lorsque Tehena s'adressa à lui. À l'ensemble de la salle, dans les faits, mais Coll jugea bon de ne pas l'interrompre, trouvant alors qu'il était tout à fait dans son intérêt, d'observer la scène avec attention. Elle essayait d'user de son pouvoir, et contre lui, visiblement. Coll ne cilla pas, malgré l'air névrosé qui animait le visage de la jeune fille. Il faisait confiance aux bracelets qui se trouvaient attachés aux poignets de ces mutants. S'il y avait bien une chose qu'il ne pouvait remettre en cause, c'était ce bracelet, la science, celle qui lui avait permis, d'ailleurs, d'en arriver là aujourd'hui. Alors, si le bracelet fonctionna à merveille, Coll put voir des particules noires s'agiter autour des bras de Tehena. Ce devait être normal : son pouvoir n'était pas plus puissant que les autres, et des effets secondaires pouvaient très vite faire l'apparition, si ces mutants gardaient leur pouvoir sous contrôle trop longtemps.
Aussi, il l'écouta avec attention, toujours, pour répondre, en gardant le sourire, malgré les accusations adressées à son égard. Il ne s'en souciait pas vraiment, et n'allait pas garder contre elle ces paroles ridicules.
- Vous aurez la possibilité de vous détacher de ces bracelets plus tard. Voyez-vous, je ne peux pas me permettre de vous les retirer si vous persistez à vouloir me tuer. Soupira Coll, avant d'aviser la porte. J'ai terminé, pour ma part. Et alors qu'il allait continuer, Asriel prit la parole. Coll retira sa main de son épaule, en l'entendant exprimer quelques délicatesses à l'égard de la Fédération. Il détourna le regard de la foule de mutant assise face à eux, et avisa le garçon, qui parlait, à première vue avec assurance, mais Coll put percevoir son hésitation sans mal, lui qui le connaissait très bien. Son discours ne lui plut pas entièrement. Coll ne partageait pas son opinion sur la Fédération. Asriel le savait, et jamais le garçon ne l'avait trahi à ce propos. La fidélité d'Asriel au système terrestre était sans bornes, pourtant, Coll savait qu'il pouvait exercer sur lui une pression sans limite. À un point où même Asriel, ce mutant parfaitement entraîné au service de la Fédération, ne s'était jamais permis de trahir sa parole. Coll sourit.
- Il est vrai qu'il est dans votre intérêt de ne pas aller à l'encontre de cette mission. La Fédération contrôle ce vaisseau. Vous risqueriez d'y perdre la vie. Déclara Coll, en essayant de ne pas passer pour un véritable tyran à la solde de la Terre, comme aurait pu laisser paraître les mots d'Asriel - il ne lui en tiendrait pas rigueur, mais ce dernier le mettait dans une position délicate. S'il voulait convaincre ces mutants de l'aider, il ne pouvait adopter un discours cruel et menaçant. Une relation de confiance ne se basait pas sur de la haine et du mépris, quand bien même certains d'entre eux faisaient naître en lui, du mépris plutôt que de l'intérêt. Coll soupira. Il voulut continuer de prendre la parole, mais un garçon la lui coupa, très vite. Il posa son regard sur Aiden. Son calme étonna Coll, qui ne put que l'écouter attentivement malgré son impatience. Il était finalement rare de faire face à un interlocuteur assez détendu pour ne pas l'insulter, ou tenter de le tuer. Coll garda son sourire, même lorsqu'il comprit qu'il ne s'était visiblement pas fait comprendre malgré son long discours. On ne devait pas l'avoir écouté, ou bien... Son regard tomba sur trois mutants, plus loin. Il connaissait leurs noms.
Vicktoria.
Lucian.
Alexa.
Ces derniers s'animaient autour de la première, et le seul garçon du trio agitait vigoureusement une chaussure.
- Je dérange ? Lança Coll enfin, dans un certain agacement. Il n'attendit pas de réponse de leur part, reporta son regard sur Aiden, le garçon qui s'était courageusement adressé à lui. Coll n'était pas du genre à noter ce genre de qualité, néanmoins, prendre la parole devant une vingtaine de personnes était courageux. Aiden, comme beaucoup d'autres, n'avait pas hésité à le faire. Intéressant.
"-Vous dites vouloir nous défendre, tout du moins nous... Nous protéger, et nous aider à maîtriser au maximum nos pouvoirs. Cependant, qui vous dit que l'on va accepter ? Je veux dire, vous l'avez dit vous-même, le seul objectif justifiant notre présence aujourd'hui, c'est nous envoyer sur Epsilon pour batailler dans une guerre qui nous concerne pas. Et par-dessus tout, vous tentez de nous convaincre que cela sera fait dans les règles de l'art et que notre bien-être et notre confort passent avant tout. Mais dans les faits, on va quand même se retrouver sur Epsilon, qui je le rappelle, a accueilli nos ancêtres plus ou moins longtemps auparavant suivant les personnes, avec comme seule arme nos pouvoirs. "
- Je n'ai pas dit ça. Mon but n'est pas seulement de vous envoyer bêtement dans un charnier contre une planète que vous ne connaissez que de nom. Je le répète : je n'ai évidemment pas pour objectif de construire une armée à la solde de ces politiques véreux de la Fédération, mais de créer une génération de mutants capable de se battre pour défendre ses intérêts, nos intérêts. Son regard, par réflexe, dériva sur une des caméras éteintes, au-dessus de sa tête. Heureusement qu'il s'était appliqué à demander au général Brixton de fermer ces appareils dangereux. Je n'ai aucun intérêt à détruire ce que vous êtes, ce que je suis, en vous envoyant les yeux fermés dans une guerre certainement perdue d'avance, si vous n'apprenez pas à vous défendre à temps. Affirma d'abord Coll, d'une traite, en répondant du mieux qu'il le pouvait, à la première partie de son discours. Quant à votre lien avec Epsilon, sachez qu'il n'est dû qu'à une incohérence génétique. Vous n'êtes pas plus épsilonien que vous n'êtes humains. Personne n'est venu vous chercher, quand la Terre a choisi de s'attaquer à vous. Jamais Epsilon n'a émis ne serait-ce que la volonté de venir en aide aux mutants. Jamais, d'ailleurs, n'a été évoqué votre sort, dans les négociations qui ont déjà été engagées entre la Terre, et cette planète. Jamais. Ajouta-t-il, plus froidement cette fois-ci, en choisissant les bons mots. Bien entendu, il ne s'agit là que de ma parole, mais il me semble qu'elle vaut bien plus que l'inaction et le silence d'Epsilon sur les massacres qui ont été perpétrés à notre égard. Cette guerre n'est pas une guerre contre nos ancêtres ou notre histoire, car Epsilon n'a jamais fait partie de nous. Le lien que nous entretenons avec cette planète n'est autre que le résultat d'une simple erreur génétique, et cette erreur nous a coûté bien assez cher. Comprenez donc ici, que vous êtes la troisième force de ce monde bipolaire, où jamais aucun Empire ne vous a estimé à votre juste valeur. Vous êtes le dernier espoir d'une génération d'êtres injustement condamnés par des dirigeants désespérés par le pouvoir, qui ne vous reconnaissent pas, ne l'ont jamais fait, et ne prévoient pas de le faire. Vous êtes les seuls à pouvoir inverser le sort auquel on semble vouloir vous astreindre depuis des siècles. Continua-t-il, plus sérieusement. S'attaquer à la Fédération lui plaisait, lui qui ne s'était jamais senti à la solde de cet État vieilli, aux normes archaïques et ridicules. Coll, depuis ses débuts en tant que scientifique, s'était appliqué à grimper les échelons hiérarchiques avec succès. Devant la Fédération, il jouait la loyauté. Dans l'arrière du décor, il ne souhaitait qu'une chose : éliminer ce système miséreux, et construire un monde où les mutants pourraient régner en maîtres. Le cycle de l'évolution humaine trouvait son apogée en l'apparition de l'espèce mutante, et l'humain ne pourrait survivre en son état d'être fragile et dérisoire. À ses yeux, la mission Atlantis représentait une opportunité personnelle. Il se souciait très peu du sort de ces gamins, mais ces derniers lui garantissaient, de par leur existence, la possibilité de pouvoir, un jour, détruire le système de la Fédération, et en construire un nouveau, bien plus grand, bien plus adapté. Je ne devrais pas le dire, mais mon travail consiste, sur le papier, à aider la Fédération. Mes intérêts en sont tout autres. Les vôtres aussi. Si vous estimez encore que je vous oblige à participer à cette mission, je préfère vous assurer que je ne serais pas celui qui viendra vous chercher, si vous choisissez de fuir. Mentit-il, mais avec le sourire. Sachez seulement que si votre combat ne prend pas place aujourd'hui, ou dans le cadre de cette mission, il aura lieu ailleurs, dans d'autres circonstances, mais il prendra place quelque part, et vous ne serez pas aussi bien préparés qu'avec mon aide. Car un jour viendra où Epsilon se lancera dans une attaque contre la Terre, et où la Terre trouvera les moyens de contrer les armes épsiloniennes. Ces deux mondes s'affronteront, tôt ou tard, et vous en serez certainement la première cible. Fuyez cet affrontement maintenant si vous le souhaitez, mais sachez qu'il est inévitable. Mon rôle est de vous préparer à y survivre. Il marqua un temps de pause, pour se mettre à marcher en direction de la porte, préférant mettre fin à la discussion là où elle aurait dû s'arrêter quelques minutes plus tôt. Je n'ai pas à m'en justifier plus longtemps. Asriel ? S'enquit-il, toujours froidement. Fais leur visiter les locaux. Il ouvrit la porte, s'arrêta sur le pas, pour aviser le garçon, en se gardant de laisser paraître ses émotions. Et j'aimerais que tu viennes me voir ensuite. J'ai à te parler. Déclara-t-il, finalement, en quittant la grande salle.
Elliot s'était finalement tût, préférant le silence à la provocation, en sachant pertinemment que même s'il essayait de faire croire qu'il se fichait de ce que disait ce scientifique bidon, les choses lui apparaissaient finalement comme une évidence difficile à avaler : sa meilleure option, pour le moment, était encore celle de rester sur ce foutu vaisseau. En fuyant, il finirait par se condamner à mort. Et mort, il serait inutile.
Aussi inutile qu'avec ce bracelet stupide au poignet.
- C'est quoi le plan, du coup ? Cracha-t-il, désagréable au possible, à l'intention garçon fragile qui s'était tenu à côté d'Hodgkins, et semblait porter le nom d'Asriel. Tu nous fais la visite ? Et après on aura le droit de choisir nos chambres et on fera une partie de cache-cache dans le vaisseau ? Je veux dire, à ce stade, on dirait plus qu'on fait partie d'une colonie de vacances que d'une mission de la Fédération, mais ces abrutis m'étonneront toujours. Se lâcha Elliot, maintenant que l'autre docteur s'en était allé. Et si on choisit de tous te casser la gueule, tu comptes utiliser ton pouvoir ? C'est quoi, d'ailleurs, ton pouvoir ? Il se mit debout, entreprit de descendre les gradins, dans la provocation. Parce qu'il était énervé, et que la vision de ce mec, rempli de fidélité à l'égard de la Fédération, lui donnait envie de gerber. Tu sais faire quoi, à part sucer les boules de ce sonar(il parle de Coll) qui nous tient tous enfermés ici ? Continua-t-il, comme s'il n'avait pas écouté un mot de ce qui avait été dit par le professeur Hodgkins - et quand bien même ce dernier se présentait comme un allié, plutôt que comme un ennemi. Toujours est-il qu'Elliot voulut continuer, quasiment à hauteur du garçon, lorsque quelqu'un lui coupa furieusement la parole.
- "Toi !" Entendit-il un autre gars (Aleksandei) crier, à plusieurs mètres de là.
- C'est ma chaussure ! S'exclama Vicktoria, joyeusement, en voyant qu'un garçon la lui tendait, quelques mètres plus loin.
Vicktoria avait pu le voir, grâce à l'aide de sa voisine (Alexa), qui lui avait indiqué le garçon d'un geste du doigt. Les gens étaient donc très gentils, par ici. Cette pensée la rassura un peu. Un instant, elle avait vraiment eu peur de s'être retrouvé avec des tarés issus de la rébellion anti-Fédération. Ce n'était pas que Vicktoria défendait tant que ça la Fédération, bien au contraire, mais ces extrémistes lui faisaient un peu peur.
Indifférente aux discours de chacun, Vicktoria entreprit de se mettre à avancer vers le garçon, en bousculant une autre fille au passage (Dana), à qui elle adressa un petit sourire désolé. Loin de se rendre compte, d'ailleurs, qu'elle mettait son sauveur de chaussure (Lucian) dans l'embarras, elle ne vit pas tout de suite le regard du professeur Hodgkins, rivé sur eux. Ce ne fut que lorsque ce dernier prit la parole, qu'elle sursauta violemment.
N'empêche, elle se trouvait déjà à hauteur de Lucian, et en profita pour attraper sa chaussure, dans sa stupeur.
- "Je vous dérange ?" Put-elle comprendre, sans oser fixer le professeur.
- Non ! Non pas du tout, enfin... Je voulais juste récupérer ma...
Vicktoria voulut terminer sa phrase, mais remarqua qu'on ne l'écoutait déjà plus, et entreprit donc de s'asseoir à une place libre juste à côté de Lucian, en jugeant qu'il était préférable qu'elle se taise et qu'elle s'enfonce dans la masse de mutants qui l'entourait.
- Merci. C'est la honte. Grommela-t-elle, à Lucian, en réajustant sa basket à son pied, pour entendre l'une des personnes qu'elle avait interpellé (James) lui adresser la parole. Elle leva la tête vers lui, sourit un peu. Ahah t'es marrant !! Commenta-t-elle, mal à l'aise, pour comprendre que l'homme en question ne rigolait pas trop. Ou semblait très sérieux. Dans les faits, ce gars semblait vraiment vouloir sa chaussette.
Vicktoria se remit donc tout naturellement à flipper.
- Je crois qu'il veut manger mon pied... Soupira-t-elle à Lucian, terrifiée, en cachant sa tête derrière les autres mutants, morte de honte, pour attacher ses lacets. Il veut vraiment me manger le pied, putain...
- "Toi !" Hurla une voix masculine, que Vicktoria ne prit pas la peine de remarquer directement.
- Si ça se peut ça a un rapport avec son pouvoir, et... Voulut-elle continuer, terrifiée, avant de se faire interrompre une énième fois.
- Je crois qu'on te parle, Vicktoria. Fit le blond qui l'avait traité de conne, plus tôt (Elliot). Vicktoria fronça les sourcils.
- De quoi ?! S'exclama-t-elle, en sursautant de nouveau, pour lever la tête, et tomber nez-à-nez avec un des garçons qui s'était pris sa chaussure. Il se trouvait deux chaises à sa droite.
Quelle idée de s'asseoir à côté de Lucian, aussi. Evidemment que son sauveur-de-basket devait se trouver à côté des garçons qu'elle avait maladroitement visé, tout à l'heure. Sinon, il n'aurait jamais pu mettre la main sur sa chaussure.
Qu'est-ce qu'elle était débile.
Et le garçon, en plus d'être follement en colère, devait très sûrement s'être fait toucher par un dieu, vu sa carrure, son visage, et son attitude, qui relevait plutôt de celle d'Hercule que d'un être humain normalement constitué. En se faisant cette réflexion, Vicktoria sentit ses joues partirent sur du rouge pivoine - elle en était certaine, elle devait ressembler à une tomate maintenant -. Elle se trouvait avec des mutants. Le pouvoir de ce gars (Aleksandei) devait avoir un rapport avec son physique. C'était pas possible d'être aussi beau.
- Hein ? Trouva-t-elle bon de prononcer, en se retournant, comme si le garçon ne la visait pas directement du doigt. Vicktoria choisit donc de prendre quelqu'un d'autre à parti, et de faire comme si de rien n'était. Elle porta son regard sur un adolescent visiblement mal en point (Tom). Est-ce qu'il me regarde ? Chuchota-t-elle, au garçon qui semblait à deux doigts de vomir. Hé !!! Aide-moi je t'en supplie, je crois qu'il veut me tuer... Est-ce que le gars énervé me regarde ?!
- "Je crois que je vais vomir. Faut que je sorte d'ici."
Vicktoria fronça les sourcils, et en déduisit que l'autre taré-croisé demi-dieu (=Aleksandei) le regardait bel et bien.
- ATTENDS ! Je suis désolée ! S'exclama-t-elle, alors, terrifiée à l'idée de se faire tuer sur place. Je visais la caméra ! PAS TOI ! LA CAMERA ! Je te jure !
- Je vrais vraiment finir par défoncer cette vitre. Grommela Wayne, dans sa barbe, quand il dut rester calme face à la mutante Tehena qui usait de son pouvoir. Ou tentait de le faire. Dans tous les cas, leurs vies à tous étaient en jeu, et il haïssait déjà le professeur Hodgkins pour les avoir mis dans cette situation.
- PERSONNE BOUGE ! S'exclama-t-il, en perdant son sang-froid, quand certains soldats trouvèrent bon de marcher vers la porte. Elle peut pas utiliser ses pouvoirs. Personne ne peut le faire. Alors calmez-vous. Le professeur sait ce qu'il fait. Articula-t-il, comme pour se convaincre lui-même qu'Hodgkins n'était pas en train de faire une gigantesque connerie.
Alors qu'il s'apprêtait donc à exploser sous la tension énorme qu'il devait supporter à cause des risques que prenait Hodgkins, Wayne remarqua une autre présence, à l'intérieur de la pièce.
Ce fut à ce moment précis, que son regard tomba sur Cybèle. Détourné de la vitre, il s'approcha de la petite, en essayant d'avoir l'air vraiment vraiment vraiment très très très énervé, chose difficile, compte tenu du regard adorable de la petite.
Bon sang, mais qu'est-ce qu'il devenait niais.
Chassant cette pensée de son esprit, Wayne s'accroupit à sa hauteur.
- Ecoutes, Cybèle, c'est vraiment pas le moment pour...
- Général !!! L'interrompit une femme qui observait la vitre avec attention. Monsieur !!!
Wayne l'ignora, et concentra son attention sur la petite mutante qui se trouvait face à lui. Elle faisait partie d'un programme destiné à l'entraînement des jeunes comme elle, et ce, depuis son plus jeune âge. Wayne connaissait donc bien Cybèle, et essayait tant bien que mal de ne pas avoir l'air trop "gentil" avec elle, dans la mesure où il était quand même censé, plus tard, les considérer comme des membres de l'armée à part entière.
C'était néanmoins difficile de passer outre sa petite bouille mignonne, et...
Wayne passa une main sur son visage.
Il devenait vraiment extrêmement niais, ça lui donnait envie de pleurer.
- C'est très important ce qu'on fait, je peux pas perdre mon temps à parler, tu comprends ? Tu peux pas rester ici, et... Prononça-t-il, à l'attention de Cybèle.
- Général !! Le professeur Hodgkins a quitté la salle !
- Pardon ?! Sursauta Wayne, en se mettant debout. Il ne l'avait même pas vu s'en aller.
- Il vient de quitter la salle. Je pense qu'il a terminé. Les mutants vont être pris en charge par Asriel.
- Bien, attendez ici je vais m'entretenir avec lui et...
- Pour la petite, monsieur, on... Le coupa un soldat, en visant Cybèle du regard.
- Elle m'accompagne. J'irais la ramener à Ram tout à l'heure, mais elle va rejoindre Asriel pour le moment. Répondit Wayne, dans la précipitation. Viens Cybèle !
Les soldats observèrent leur supérieur de leurs airs intrigués, mais ne dirent rien pour le contredire, tandis qu'il se dirigeait vers l'extérieur. Ces derniers n'avaient pas le pouvoir de le faire, de toute façon.