- ... Bienvenue à bord de la mission Atlantis.
Les yeux d'Elliot s'ouvrirent avec difficulté, lorsqu'enfin, il put reprendre conscience de ses faits et gestes. Sa tête lui faisait terriblement mal, et ses membres, engourdis, peinaient à bouger d'un seul millimètre. Où étaient les soldats qui avaient bien manqué de l'attraper ? Pourquoi est-ce qu'il n'était plus à Berlin ? Un regard confus autour de lui, suffit à lui démontrer en l'espace d'un instant à peine, qu'il n'était pas libre. Pas plus qu'il ne se trouvait en Allemagne, car dans les faits, l'environnement qui l'entourait avait tout de ce qu'il était possible de trouver, à l'intérieur des vaisseaux de la Fédération. Des chaises, par dizaines, s'étendaient à perte de vue dans son dos. Il n'était pas seul : plusieurs autres ombres encore floues se tenaient à ses côtés. L'endroit à l'intérieur duquel il se trouvait rassemblait à une gigantesque salle de réunion interstellaire, et un écran étendu en longueur, se trouvait juste en face de lui.
- ... Bienvenue à bord de la mission Atlantis... Continuait d'articuler la voix féminine et robotique d'un probable ordinateur qui semblait cracher ses mots des hauts-parleurs qui le surplombaient. Elliot fronça les sourcils. Il voulut passer une main sur son visage, remarqua, alors, le bracelet métallique qui se trouvait attaché à son poignet. Il n'était pas maintenu par des menottes. En revanche, impossible de savoir pourquoi est-ce qu'il ne se trouvait pas seul en cellule, lui qui s'était fait capturer dans une rue absolument déserte de la capitale allemande. La Fédération préférait interroger les mutants avant de les tuer ? Une nouveauté bonne à savoir, mais il ne collaborerait pas.
- Bienvenu à bord de la mission Atlantis. Persista la voix du robot, une troisième fois, avant de s'éteindre complètement.
- Hé ! Tenta-t-il, bêtement, à l'intention de ceux qui se trouvaient assis à la même rangée que lui. Des visages facilement distinguables, mais peu similaires : des personnes de tout âge, qui semblaient ne pas savoir, non plus, ce qu'elles fichaient à l'intérieur de ce cirque. Certains dormaient profondément, probablement assommés. D'autres s'agitaient sur leurs chaises, visiblement terrifiés. Il remarqua que quelques individus parlaient entre eux. Hé ! Quelqu'un sait ce qui se passe ?! Demanda-t-il, alors, en avisant son poignet, pour se mettre debout. Putain de Fédération à la con... Il remarqua, alors, que le bracelet en question clignotait tranquillement. Comme si une puce avait été injectée à l'intérieur. On essayait de le tracer ? C'est quoi votre problème ?! S'adressa-t-il, à l'une des nombreuses caméras de surveillance qui scrutaient la gigantesque salle.
- J'ai déjà essayé de les faire réagir. Soupira une brune, assise quelques sièges à sa gauche, en indiquant, d'un mouvement de la tête, la petite caméra. Elle entreprit de se mettre debout. En fait, je suis réveillée depuis trente minutes. Personne est venu nous expliquer pourquoi on est ici. Ne force pas. Apparemment, on s'est tous fait bien avoir. Déclara-t-elle, de son air las, insupportable aux yeux d'Elliot. Il ne la connaissait pas, et se foutait éperdument de ses intentions. En revanche, il ne souhaitait pas rester coincé ici avec ces gens pour le restant de ces jours.
- Tu m'apprends rien abrutie. Rétorqua Elliot, dans un tic agacé, en cherchant du regard une issue de secours, et de quoi se défendre.
La fille haussa les sourcils, dans l'ironie.
- C'est Vicktoria.
- C'est la même chose. Et je reste pas ici. S'empressa-t-il d'affirmer, en voulant se mettre à marcher hors des allées de chaises ridicules qui s'étendaient à perte de vue autour de lui. Néanmoins, Vicktoria se décida à l'arrêter en chemin.
- Attends ! S'exclama-t-elle, le visage dessiné en une expression illuminée. J'ai peut-être une solution. Et sur ces mots, elle entreprit de détacher les lacets de sa chaussure droite, rapidement.
Elliot, confus, ne répondit pas.
- Si on casse la caméra de surveillance, ils seront obligés de se ramener pour la réparer, et on pourra leur demander ce qu'ils veulent ! Affirma alors Vicktoria, pour, sans prévenir, littéralement lancer sa basket contre la caméra.
Elliot resta perplexe.
Non seulement l'entreprise fut vaine - l'engin fit, tout au plus, deux rotations sur lui-même dans un vacarme gênant -, mais en plus, la chaussure de la fille alla joyeusement frapper le crâne d'un mec lambda, à quinze mètres de là (Casey), pour rebondir sur le crâne d'un autre, brutalement (Aleksandei).
Aussi, Elliot voulut lui dire à quel point elle était ridicule à s'acharner de la sorte, mais une porte, au fond à droite, s'ouvrit à la volée. Un militaire entra à l'intérieur de la grande salle, visiblement profondément énervé.
- RESTEZ ASSIS TANT QU'ON VOUS A PAS DEMANDE DE BOUGER ! S'exclama Wayne, lorsqu'il fut enfin devant la foule de mutant qui attendait. Étrangement, et jusqu'ici, tout s'était déroulé à merveille : leur capture n'avait pas été bien difficile, et dans l'ensemble, aucun d'entre eux ne s'étaient montrés réticents au point de leur poser de trop gros problèmes. Bref : tous se trouvaient parfaitement disposés là où il fallait. Wayne ne souhaitait donc pas voir de si tôt les choses s'emporter. Vous savez parfaitement pourquoi est-ce que vous êtes ici. Il est donc préférable que vous obéissiez. Affirma-t-il, en souhaitant avoir l'air crédible.
- Ah, voilà le premier toutou de l'armée. Commenta un gamin blond (Elliot), à l'air trop assuré. T'aurais pas dû t'en prendre à moi.
Une seconde de silence suivie cette remarque, avant que l'expression sarcastique qui animait le visage du garçon, ne se transforme en un air confus. En voilà un qui semblait avoir voulu user de son pouvoir.
- Ton bracelet me protège. Lui expliqua Wayne, dans un sourire énervant, rien que parce que cet idiot lui tapait sur le système. Tes pouvoirs sont inutiles. Et pareil pour tous les autres : pas besoin d'essayer de vous battre, compris ? À peine eut-il déclaré ces derniers mots, que le mutant à qui il s'adressait s'empressa de secouer son poignet dans tous les sens, et de trouver un moyen de retirer la chose qui s'y trouvait rattachée. Bien évidemment, le tout échoua, et Wayne ne put que pousser un long, très long soupir. Son uniforme lui faisait crever de chaud, et il n'avait pas envie de perdre son temps en expliquant à ces gens, les raisons de leur présence ici. Ce n'était pas son rôle.
- Pourquoi on est là ? Trouva néanmoins utile de demander une fille, plus âgée que l'autre mutant blond (Vicktoria). D'habitude, les mutants, vous les tuez. Alors... Soupira-t-elle, à son tour, inquiète, visiblement, mais encore assez audacieuse pour prendre la parole.
- Vous demanderez ça à... Voulut lui répondre Wayne, en tournant son regard dans sa direction, avant d'être interrompu par une nouvelle entrée à l'intérieur de la salle.
- Bienvenue à bord de la mission Atlantis ! Chantonna un timbre sage et mesuré, pas celle d'un robot cette fois-ci. Wayne porta son regard vers la source du bruit, J'ose espérer que vous n'êtes pas trop bousculés par le voyage. Continua celui qui semblait être le Professeur Hodgkins, en rejoignant Wayne tranquillement. Il glissa, au passage, un bref "réveillez ceux qui ne le sont pas encore" à un homme en blouse blanche, tendu à sa droite. Ce dernier s'exécuta.
- Bien. Se contenta-t-il alors de sourire, en joignant ses mains pour aviser les visages des individus qui se trouvaient alors assis face à lui. Vous avez donc été introduit au général Brixton : inutile de vous le présenter. Il marqua un temps de pause, se contenta d'un sourire. Je suis le Professeur Hodgkins, initiateur de cette mission fédérale. Rassurez-vous cependant : je n'ai pas en tête de vous éliminer. Affirma-t-il, en hochant vivement la tête, justement.
- MENSONGE ! Vous allez faire quoi, alors ?! À un moment ou à un autre, ce sera le prix à payer. On n'est pas complètement c... L'interrompit Elliot, violemment, en se levant à nouveau.
- SILENCE ! Rétorqua Wayne, glacial. ASSIEDS-TOI !
- Ou sinon quoi ? Tu vas me tirer dessus ? T'es payé pour ça, après tout, pas vrai ? Susurra alors le blond, d'un air défiant, loin du regard apeuré que portait Vicktoria à l'ensemble de la scène. Pourquoi est-ce que je t'obéirais ?
- PARCE QUE... Voulut répondre Wayne, dans l'énervement, pour s'arrêter quand il vit l'expression du visage d'Elliot se défigurer en un rictus chargé de douleur. Les yeux sombres de Wayne vinrent alors se poser sur la silhouette du professeur, qui fixait le gamin patiemment. Il comprit alors que ce dernier était en train d'utiliser son pouvoir sur le mutant en question, et jugea bon de se tenir à l'écart : il n'avait pas reçu le droit de s'opposer à cette hiérarchie-là.
- Parce que je suis mutant, moi aussi, Elliot. Compléta donc le professeur, en esquissant un bref sourire. Pour tout te dire, je contrôle le calcium. C'est une capacité très utile, tu t'en doutes. Elliot sembla cependant soudainement se calmer. Hodgkins put donc reprendre son discours, en ignorant le garçon maintenant partagé entre une confusion intense et un choc certain. Seulement, et contrairement à toi, je ne porte pas de bracelet. C'est la raison pour laquelle tu devrais m'écouter, et il en va de même pour vous tous. Il lança son regard sur l'assemblée, pensif, avant de reprendre, en changeant habilement de sujet. Je conçois tout à fait votre confusion. Je suis l'initiateur de la mission qui a entraîné votre capture, il est donc juste de votre part de vous laissez aller à la colère. En revanche, je souhaite que vous sachiez au moins une chose : je ne suis pas responsable des conditions dans lesquelles vous avez été capturés. Ces clauses ne dépendent pas de moi, mais de la Fédération. Nous sommes deux entités distinctes : je ne représente pas la Fédération. Expliqua-t-il, alors, dans un calme serein, et dans un sourire rassurant. Et voyez-vous, je ne suis pas, non plus, un militaire. Je ne fonctionne pas selon toutes ces règles barbares.
Wayne, de son côté, détourna le regard, lassé et toujours agacé.
- C'est la raison pour laquelle, si vous le souhaitez, il vous sera permis de contacter vos proches, afin de leur annoncer votre départ en direction d'Epsilon.
- ... Pardon ?! S'exclama Vicktoria, que la terreur semblait déjà avoir envahi de toute part.
- Pour ce faire, vous aurez une journée. Continua le professeur, sans lui prêter attention, trop éloigné pour percevoir le son de sa voix. Le vaisseau engagera sa route demain, et c'est à partir de là que votre rôle sera crucial. Bien évidement, je compte vous l'expliquer, mais j'ai besoin de toute votre attention.