
Charlie avant remonté ses manches jusqu'au bout de ses doigts, frissonnant sous son pull un peu trop léger pour elle. Mauvaise idée que de se changer et d'oublier sa cape. Bien joué Charlie, songea-t-elle, encore une brillante idée. Elle enserra ses genoux de ses bras, portant la cigarette à ses lèvres tant bien que mal. La faute au vent froid qui mordait ses doigts. Les premières années, eux au moins, avaient du bien écouter les conseils de leurs parents, et gardé la lourde cape de l'école, qui était, on pouvait le dire, parfaitement inconfortable. Son regard croisa celui d'une de ses amies qui lui proposa le joint qu'elle tenait entre ses doigts, mais Charlie déclina avec un sourire : ce soir, elle devait rester attentive.
Elle avait rarement fait ça, couvé du regard des élèves, étant plus généralement occupée à boire ou danser durant les fêtes qu'on pouvait organiser dans l'école. Ce soir là, elle passait du côté responsable de la barrière, devant surveiller tous les élèves. De façon étonnante, cela lui plaisait bien plus que prévu. Perchée sur son rocher, elle avait une vue parfaite sur tout ce qui pouvait se passer durant cette « soirée » d'intégration. L'intégration, bien évidemment, passage désormais obligé de tout nouvel étudiant à Poudlard, avec des jeux de préférences sympathiques et innocents pour les enfants – bien présélectionnés à l'avance par les professeurs.
Et au beau milieu de tout ça, les préfets, bien loin de pouvoir s'amuser, devaient veiller au maintien de l'ordre et par dessus tout, à ce qu'aucun élève ne s'aventure trop loin du périmètre autorisé, ce qui était bien plus compliqué que prévu, étant donné qu'ils n'étaient que douze pour surveiller l'intégralité des étudiants. Si ce n'était pas merveilleux. Après un soupir qui fit se former devant elle une épaisse buée, Charlie se mit debout sur son rocher, tentant de repérer dans la foule les autres préfets, qui fort heureusement, faisaient tous un bon travail. Elle repéra quelque guignols qui s'amusaient avec des bouteilles – qui n'étaient clairement pas du coca – et soupira. Quelle intelligence. Ils semblaient forcer un pauvre gamin à boire, ce que n'appréciait pas mais alors pas du tout la jeune préfète. Elle s'empara de sa baguette qui se trouvait dans sa bottine, et lança un accio sur les bouteille qui se retrouva aussitôt dans sa main. Le garçon qui la tenait lui lança un regard stupéfait auquel elle répondit par un doux sourire. Un gryffondor à en juger par l'écharpe autour de son coup. Super.
Charlie se rassit tranquillement sur son rocher, profitant de la confisquation de la bouteille - de rhum coca soit l'une des plus belle invention du monde - pour en boire de longue gorgées.

La fête d'intégration.
Génial.
Sans doute le meilleur moment de l'année.
Le summum du fun.
Quelle connerie ce truc.
Laura ne put retenir un long – très long – soupira alors que ses doigts jouaient nerveusement avec un gobelet en plastique – que de modernité chez les sorciers. Elle ne savait même pas ce qu'elle fabriquait à cette soirée. L'intégration ? Qu'est-ce qu'elle pouvait en avoir à faire au fond. Elle ne s'était jamais vraiment intégrée sauf dans l'équipe de Quidditch (et encore). Alors intégrer les nouveaux petits serpentards ? Très peu pour elle. Elle préférait boire son coca. C'était suffisamment bien le coca. Elle renfonça ses écouteurs dans ses oreilles, ne souhaitant pas vraiment entendre le bruit ambiant, et lança un regard en direction de la forêt. Ils n'étaient pas bien loin d'elle, à quelque dizaines de mètres, et rare étaient les occasions ou l'on pouvait s'aventurer aussi près d'elle – en dehors bien sûr des heures de colles.
Maintenant qu'elle y réfléchissait, elle n'y était jamais entrée. Pas même un pied dedans.
Et si...
La jeune fille détourna les yeux. Non, elle n'irait pas. Contrairement à pas mal d'entre eux, Laura savait bien que s'il y avait des interdictions, elles n'étaient pas là pour embêter les élèves et autres amateurs de théories du complot, mais bel et bien pour protéger les élèves.
Elle baissa les yeux vers ce qui restait de son gobelet, brisé en milles morceaux.
Non, elle n'irait pas dans la forêt.
Pas même un pied.
Pourtant, son regard se porta de nouveau sur la lisière, et elle mordilla l'intérieur de sa joue. Son pied commença à s'agiter, et elle regarda autour d'elle. Elle avait, comme d'habitude, l'impression d'être invisible. Même Ariane ne la voyait pas, occupée, étrangement, à surveiller les autres élèves, et plus particulièrement ce qui semblait être une bande de Gryffondor enragés se diriger vers l'autre
head girl, qui semblait trouver amusant de se la jouer Rafiki en haut de son rocher. Ridicule pour Laura.
Sans que son cerveau n'aie eu l'air d'ordonner quoi que ce soit, la jeune fille se retrouva sur ses jambes, et après avoir vérifié encore une fois que personne ne la voyait, elle se dirigea dans la pénombre, le cœur battant. Ses pas, peu à peu, malgré une petit voix dans son crâne qui lui murmuraient que c'était une – très très très – mauvaise idée, la portèrent vers la lisière de la forêt. Et, doucement, Laura s'y enfonça. Elle sagrippa à sa baguette, qui émettait une faible lumière bleutée, pour se repérer dans la pénombre de la forêt. Elle ne voyait rien. L'endroit semblait désert, aucune trace de vie ne semblant pouvoir subsister au milieu de ces arbres crochus et morbides. Du moins, c'était ce qu'elle semblait voir au milieu de la nuit.
Petit à petit, elle n'entendit plus que les battements de son cœur alors que s'éloignait le vacarme de la fête.

Un verre de soda – un peu plus que du soda – à la main Maina éclata de rire en entendant les idioties que pouvaient raconter ses amis. Ses bracelets s'entrechoquèrent alors qu'elle se faisait légèrement bousculer par des amis, ce qui la fit sourire. Du coin de l’œil, la jeune fille guettait tout de même son petit frère, vérifiant bien qu'aucun ne se décide à lui faire un mauvais traitement. Ça avait l'air de relativement bien se passer, aussi la jeune fille fût soulagée : elle ne voulait pas que ça se passe pour son plus petit frère comme cela s'était passé pour son cadet l'année précédente...
Car, l'année précédente, du haut de leur quinze ou seize ans et leur connerie manifeste, une bande d'étudiants dans un états second avaient décrété qu'il serait amusant de faire boire une potion concoctée sur l'instant, et de la faire boire à Rajeev, lequel avait immédiatement commencé à se changer en une chose monstrueuse et difforme, que madame Pomfresh avait eu toutes les peines du monde à retransformer en l'adorable petit garçon qu'il était. Des maux de ventres l'avaient assailli les deux semaines suivantes, et fort heureusement, les sombres idiots responsables de cette catastrophe avaient fait perdre un nombre incalculable de points à leur maison. En plus de cela, ils avaient essuyé une crise de nerfs phénoménale de la part de la petite gamine de treize ans qui ne supportait pas qu'on touche à ses petits frères, ainsi qu'une interdiction formelle de se présenter à toutes les autres fêtes pendant plusieurs mois.
Et même si c'était particulièrement jouissif pour la jeune fille de voir des étudiants de sixième année filer la queue entre les jambes lorsqu'ils la croisaient dans un couloir, Maina n'aurait jamais voulu revivre les semaines de terreur à ne pas savoir si son petit frère pourrait ou non redevenir « humain ». Jamais de la vie elle ne voudrait revivre cela.
Mais cette fois ci, tout avait l'air de bien se passer. Rajeev et Naveen étaient collés l'un à l'autre, l'air de s'entendre parfaitement avec les premières années de leurs maisons respectives, laissant Maina profiter de la soirée, contrairement à ce qu'elle aurait pu penser. Elle lâchait prise, s'autorisant à rire tranquillement avec ses amis, une dernière fois sans avoir en tête cette fois ci le cours de potion du lendemain, ou son devoir d'histoire de la magie à rendre. Parce qu'elle savait que ça viendrait bien assez tôt et elle refusait d'y penser pour le moment. Surtout pas. Quelle horreur, rien que d'y penser, elle frissonnait déjà.
Peut-être était-ce aussi le vent, qui la faisait ainsi trembler. Elle avait du prêter sa cape à son petit frère, qui avait abîmé la sienne, et qui refusait de sortir sans, pour sa plus grande joie. Malheureusement, ce n'était certainement pas la petite robe noire et l'étole émeraude au dessus de ses épaules qui allait lui tenir chaud. Elle remis ses cheveux en place, qui avaient le don de s'échapper malgré le bijou qu'elle portait sur la tête. Du bout des doigts, la jeune fille caressa le bindi sur son front, tout en souriant. Ce bindi, c'était devenu comme un rituel pour elle, à chaque événement important, elle l'apposait avec soin sur son front. Sa mère lui avait toujours dit qu'il lui porterait chance, et jusqu'ici, elle n'avait pas vraiment menti. Au contraire, chaque fois qu'elle l'oubliait, ce qui arrivait de plus en plus rarement, la jeune fille se voyait témoin ou victime de quelque chose de désagréable, aussi, se faisait elle un devoir de le placer parfaitement. Bien que quelque part au fond d'elle même, elle se doutait bien qu'il ne s'agissait que de quelques superstitions transmises par sa mère, savoir que ce petit point ornait son front lui redonnait le sourire. De plus, revendiquer ainsi ses origines lui donnait l'impression d'être resplendissante, et cela, elle l'était.
Maina fit un pas sur le côté, bousculée par un ami, et heurta de plein fouet quelqu'un qui avançait. La quasi totalité de son verre se renversa alors sur le tee shirt du nouveau venu, sous les yeux horrifiés de Maina, qui vit une large tâche se répandre sur la personne devant elle.
« – Oh mon dieu je suis désolée je suis trop idiote, s'exclama-t-elle. »
Elle éloigna son verre de la personne qu'elle venait de heurter, complètement paniquée.
(me foutez pas un vent piité :'( )