Hi hi bon alors ça s'appelle du posage de cojones de pavé de sa mère allez plein de bisous chez vous
A la voir déambuler avec assurance dans les rues du Chemin de Traverse ou remonter les couloirs des plus obscurs du Ministère de la Magie, on pourrait facilement prêter à Rowena une prometteuse carrière, des diplômes reluisants et d'extraordinaires talents pour les charmes et sortilèges. Elle a l'allure et la confiance de l'élève modèle, fraîchement sortie de Poudlard, prête à devenir une citoyenne fonctionnelle et un élément actif de la communauté magique britannique. Et pourtant, la brunette, du haut de ses vingt printemps, n'a que ses yeux sombres pour charmer et sa silhouette gracile aux articulations fines pour ensorceler.
Car Rowena n'a jamais touché une baguette magique de sa vie.
Enfin, si, ça a dû lui arriver une fois. Son patron avait fait tomber la sienne de sa poche alors qu'elle le déposait en voiture devant le Parlement britannique, pour une audience avec le Premier Ministre moldu. Elle l'avait sympathiquement ramassée pour lui en lâchant le volant d'une main. Une habile technique, permettant à la fois de montrer ô combien elle était serviable et ô combien son décolleté était vertigineux. Peut être un peu dépassé, comme technique, mais cette promotion va pas se décrocher toute seule.
Alors oui, il se peut que la jeunette soit familière avec ces branchettes travaillées, pompeusement nommées baguettes. Mais dès qu'il s'agit de faire jaillir des étoiles et des paillettes, de faire danser les meubles dans les airs ou de faire la vaisselle sans se mouiller les mains, elle sort complètement de sa compétence.
Car Rowena, n'ayons pas peur du terme, est une Moldue.
Et pourtant, ce n'est pas pour ça qu'elle a les deux pieds dans le même sabot, comme aurait dit sa grand-tante. C'était par ailleurs une charmante vieille femme, d'origine israélienne, qui possédait tous les atouts d'une mamie modèle: amatrice de tricot, experte en crochet, agent du Mossad et excellente cuisinière. Durant ses jeunes années, elle avait été un agent clef dans certaines des missions les plus discrètes du service secret israélien: celles traitant des relations avec le monde magique. Et puis, suite à une vilaine rencontre avec un sortilège Doloris, elle avait été contrainte de prendre sa retraite précipitamment. Restée paralysée de la moitié du corps, elle n'avait pourtant pas perdu son amour éperdu pour le monde magique, et s'était appliquée à bercer sa petite nièce de contes ensorceleurs sur l'univers magique. Et malgré tous les efforts de la mère de Rowena, cette dernière s'était engagée au service de la nation britannique dès qu'elle en avait eu l'âge, afin d'assurer la liaison entre le gouvernement moldu et le Ministère de la Magie. Un travail de bureau, essentiellement; transbahuter des ministres, porter des dossiers, faire du café. Rien qui ne donne à la jeune femme l'occasion de faire montre de la totalité de ses capacités. Elle n'a encore jamais été placée dans une situation où elle pourrait démontrer son talent certain pour le krav maga, ou utiliser l'élégant Beretta qu'elle garde précieusement caché à sa ceinture. Elle n'est ni plus ni moins qu'une secrétaire/stagiaire/pigeon voyageur tenue au silence, sous peine d'accusation de Haute Trahison. Mais au contact des sorciers, auprès de cette magie dont elle entend parler depuis sa plus tendre enfance,elle trouve sa dose quotidienne d'adrénaline. Elle a l'impression de vivre une autre réalité que cette existence grise et terne des Londoniens moyens, et ça suffit à réchauffer un peu ses veines.
Maintenant l'orage couve, et le sang de Rowena n'a jamais été aussi près de bouillir.
Zeke avait toujours été très méthodique dans sa turbulence.
Tout petit, déjà, sur le chemin de l'école primaire moldue où ses parents l'envoyaient, il renversait méthodiquement chaque poubelle qu'il croisait. Toutes, dans l'ordre. Sans jamais en oublier une. Il les connaissant toutes par coeur.
Il avait passé le plus clair de ses jeunes années caché sous des bâtiments publics après l'heure de fermeture ou à démonter des alarmes incendies. Toujours seul, et toujours efficace. Très rationnel, quelque part.
Certes, cette attitude lui a valu l'inquiétude de ses parents, pendant une longue période. Particulièrement parce qu'il ne faisait montre d'aucun signe révélateur d'une quelconque aptitude pour la magie, tant et si bien que Mr et Mrs Young se sont longtemps demandé s'ils n'auraient pas mis au monde un turbulent Cracmol. Ce qui, bien sûr, ne leur aurait pas posé de problème, tout engoncés qu'ils étaient dans leur tolérance maladive. En bons Poufsouffles de génération en génération, ils avaient l'esprit aussi ouvert que les jambes d'une sixième année en manque. Un fils un peu difficile, même s'il était Cracmol, aurait tout de même été choyé jusqu'à en avoir la nausée. Pourtant, peu après son dixième anniversaire, il avait fait exploser la cabane de jardin de ses parents - d'une belle explosion verte et rose, immanquablement magique, et ses parents avaient malgré tout été comblés de bonheur.
A la vérité, Zeke haïssait silencieusement chacun des aspects de sa vie. Il haïssait l'école moldue où on le forçait à aller, tout autant que les gamins sorciers avec qui on le forçait à jouer, pas moins que l'attention étouffante de ses parents, et jusqu'à ce surnom ridicule,
Zeke, raccourci du non moins détestable Ezekiel. Et on ne lui avait même pas fait la grâce de lui accorder un deuxième prénom qui puisse rattraper l'ignominie du premier, derrière lequel il aurait pu se cacher. Il avait décidément été gâté.
Et il avait décidé de gâter pareillement ses parents.
Dès son entrée à Poudlard, ils durent essuyer déception sur déception. Tous étaient persuadés qu'il entrerait à Serdaigle; il faisait montre d'une application et d'une créativité trop grande pour qu'il finisse à Poufsouffle comme l'aurait voulu la tradition familiale. Ezekiel, lui, savait pertinemment ce qu'il en serait réellement. Et c'est arborant le vert et l'argent qu'il retourna visiter ses parents l'hiver de sa première année.
A Serpentard, il put exprimer librement son ingéniosité et laisser libre cours à son ambition. Et pourtant, là non plus, il ne se sentait pas à sa place. Pétris de stéréotypes, réduits au rôle de disciples de la figure montante du Seigneur des Ténèbres, ses petits camarades ne lui étaient pas une agréable compagnie. Ils n'appréciaient pas particulièrement sa tête rousse, sa discrétion ou ses ascendances de Poufsouffle. Quoique Sang-Pur, il dut faire face à un certain nombres d'escarmouches et d'embuscades au sein de sa propre maison - sans parler de celles tendues par les autres maisons, avides de jouer des tours à ces foutus serpents.
Pourtant, ils étaient là, les perles rares, les élus de sa génération, les rares Serpentard que Zeke appréciait. Ils étaient discrets et silencieux, mais astucieux et brillants; à tel point que quelques Serdaigles se joignaient à eux, lors de leurs longues discussions à la lumière de la bougie dans l'une des nombreuses salles secrètes de l'école. Ils refaisaient le monde. Ils parlaient politique. Ils dissertaient littérature. Ils rêvaient à leurs ambitions et leurs rêves; et parmi eux, Zeke ne faisait pas pâle figure.
Car il avait décidé de devenir un Animagus.
Chaque minute qu'il ne passait pas à éviter les Gryffondor, à bâcler une dissertation de Potions ou à essuyer les reproches de Slughorn pour une paire de règles enfreintes, il les passait enfermé avec tous les livres qu'il avait pu rassembler sur le sujet. Plusieurs années durant, au détriment de tout le reste, amis, devoirs et famille, il s'était acharné avec la méthode et l'obstination qui lui étaient coutumières.
Il était près de réussir, au cours de sa septième année. Mais autour de lui, tous ses proches se radicalisaient. Les plus proches membre de son cercle de penseurs qui se voulaient éclairés quittaient l'école pour aller grossir les rangs de Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom.
Il vint un moment ou Zeke fut acculé par certains de ses proches amis; ils lui proposaient des positions élevées, à hautes responsabilités, ils lui proposaient des opportunités de refaire le monde pareilles à nulles autres. Ce ne fut pas par haine pour les Sang de Bourbe qu'Ezekiel rejoignit alors le Seigneur des Ténèbres. Ce ne fut pas particulièrement par conviction profonde ni par fanatisme. Ce fut par carriérisme, par facilité, par stratégie et un peu, tout au fond de lui, par peur.
Et aussi, partiellement, pour faire chier ses parents.
Maintenant le tonnerre gronde, et Ezekiel n'a jamais été aussi peu rassuré.
Est-il encore besoin de le présenter?
Ladies and Gents, i give you Remus Motherfucking Lupin, aka Jean-Loup McGarou
Lunard de son surnom
Balafré de son état
et Maraudeur de son statut