
SANDRO BENCIVENNI "Fennec" & JUDE SHERIDAN
Parmi les paradoxes que Jude Sheridan avait eu du mal à intégrer durant sa courte existence, celui-ci figurait en tête de liste : pourquoi était-il en vie ? Découlant de cette problématique, plusieurs autres questions surgissaient : où était-il, pourquoi ne reconnaissait-il rien de sa bonne vieille Amérique anéantie, et pourquoi l'avait-on (visiblement ?) soigné. Magie momentanée des rpgs opérant, ces quelques questions ne le tourmentèrent néanmoins pas outre mesure. Il était en vie ; ce constat heureux méritait célébration. Ses yeux clairs se posèrent sur l'enseigne d'un bar à la devanture aux imitations de pubs. Jude n'avait jamais eu l'habitude de côtoyer ce type de bistrots, y préférant des troquets autrement moins bien fréquentés. Mais il avait fort envie d'une bière pour réchauffer ses membres encore engourdis.
Il poussa la porte vitrée du pub, et y entra.
Ne prenant pas la peine de regarder qui l'entouraient, Jude traça tout droit vers un bout de comptoir esseulé, et y pris place.
— Eh !, interpella-t-il le barman, beuglant. Une pinte.
— C'est 3,50, lui répondit l'autre.
« Ah, ouais », marmonna Jude, en enfonçant ses mains dans chacune des poches qui composaient sa tenue... Avant de se rendre compte qu'il y avait, en fait, un problème monétaire à sa venue ici.
— Merde. Euh, j'ai ma vieille montre, j'te l'échange pour deux pintes. Tu fais bonne affaire, elle a de la valeur.
Le barman le lorgna, gravissant de nombreux stades de scepticisme plus les secondes passaient.
— Attends., s'interrompit Jude, atterré. M'dis pas que ça marche plus, le troc ??
Le whisky avait toujours eut cette fâcheuse tendance à faire pisser Fennec 13 fois par heure. Il remonta sa braguette, et sortit de sa cabine de chiotte, maussade. L'automne lui donnait le cafard. Le vent, les feuilles mortes, la brise matinale, il léguait bien volontiers toutes ces conneries poétiques aux écrivains écorchés morts dans l'apocalypse. Lui, avait toujours été favorable au réchauffement climatique. Il se lava les mains en reniflant. Connerie de pays du nord.
Fennec remonta au maximum le zip de sa polaire. Il s'agissait somme toute d'un habit bien peu digne de lui, mais aux grands maux les grands remèdes ; on ne luttait pas contre l’antarctique à coup de chemises grandes ouvertes, comme il avait pu en porter à Matamoros.
Il sortit un cigare de sa vieille boîte héritée d'il ne savait plus quel oncle rital. Mais avant de l'allumer, Fennec dû reprendre place aux côtés de ses deux collègues, James Greyson et Matthew Dobson, dont il subtilisa sans pudeur le briquet.
« Fennec en dit quoi », qu'il disait, l'autre. Fennec en disait qu'il voulait rentrer au Mexique, et basta. Parfois, il lui prenait l'envie de s'autoriser des arrêts maladie de septembre à début avril. Mais il avait trop de conscience professionnelle, et il se serait vite ennuyé. Il n'y avait rien de mieux que de savoir que quelques fous leur résistaient encore, pour motiver Fennec à sortir de son lit. Il expira la fumée foncée de son cigare, en s'imaginant quelques nouveaux moyens d'éliminer ses cafards d'opposants.
— C'est des Américains... ?, demanda-t-il mornement, en s'enfonçant dans sa banquette, pour appuyer ses talons sur la table.
Et le premier serveur qui le rappelait à l'ordre, il en faisait sa nouvelle prostituée.
Il poussa la porte vitrée du pub, et y entra.
Ne prenant pas la peine de regarder qui l'entouraient, Jude traça tout droit vers un bout de comptoir esseulé, et y pris place.
— Eh !, interpella-t-il le barman, beuglant. Une pinte.
— C'est 3,50, lui répondit l'autre.
« Ah, ouais », marmonna Jude, en enfonçant ses mains dans chacune des poches qui composaient sa tenue... Avant de se rendre compte qu'il y avait, en fait, un problème monétaire à sa venue ici.
— Merde. Euh, j'ai ma vieille montre, j'te l'échange pour deux pintes. Tu fais bonne affaire, elle a de la valeur.
Le barman le lorgna, gravissant de nombreux stades de scepticisme plus les secondes passaient.
— Attends., s'interrompit Jude, atterré. M'dis pas que ça marche plus, le troc ??
Le whisky avait toujours eut cette fâcheuse tendance à faire pisser Fennec 13 fois par heure. Il remonta sa braguette, et sortit de sa cabine de chiotte, maussade. L'automne lui donnait le cafard. Le vent, les feuilles mortes, la brise matinale, il léguait bien volontiers toutes ces conneries poétiques aux écrivains écorchés morts dans l'apocalypse. Lui, avait toujours été favorable au réchauffement climatique. Il se lava les mains en reniflant. Connerie de pays du nord.
Fennec remonta au maximum le zip de sa polaire. Il s'agissait somme toute d'un habit bien peu digne de lui, mais aux grands maux les grands remèdes ; on ne luttait pas contre l’antarctique à coup de chemises grandes ouvertes, comme il avait pu en porter à Matamoros.
Il sortit un cigare de sa vieille boîte héritée d'il ne savait plus quel oncle rital. Mais avant de l'allumer, Fennec dû reprendre place aux côtés de ses deux collègues, James Greyson et Matthew Dobson, dont il subtilisa sans pudeur le briquet.
« Fennec en dit quoi », qu'il disait, l'autre. Fennec en disait qu'il voulait rentrer au Mexique, et basta. Parfois, il lui prenait l'envie de s'autoriser des arrêts maladie de septembre à début avril. Mais il avait trop de conscience professionnelle, et il se serait vite ennuyé. Il n'y avait rien de mieux que de savoir que quelques fous leur résistaient encore, pour motiver Fennec à sortir de son lit. Il expira la fumée foncée de son cigare, en s'imaginant quelques nouveaux moyens d'éliminer ses cafards d'opposants.
— C'est des Américains... ?, demanda-t-il mornement, en s'enfonçant dans sa banquette, pour appuyer ses talons sur la table.
Et le premier serveur qui le rappelait à l'ordre, il en faisait sa nouvelle prostituée.
hey








