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Pseudo la Cartoonerie : Keei
02-06-2014, 0:09
(Modification du message : 02-06-2014, 0:59 par Xuu.)
poste de cannelle :
Les sens de Drake lui revinrent progressivement.
Très, très progressivement.
Ça devait bien faire depuis sa majorité qu'il avait pas autant dormi.
Tout d'abord, il sentit sous lui le plaid qui grattait qui recouvrait leur pieu. Il avait l'impression d'être noyé dans le coton, tout engourdi. Contre lui, il sentit un museau s'enfoncer dans son torse, provoquant chez lui un sourire pâteux. Ça ne pouvait être que Jude, cette damnée marmotte,qui avait pas assez de toute la couette qu'il tirait à lui pour se chauffer. Il rabattit son bras autour de ses épaules, d'un geste approximatif.
Il était bien. Comme il avait pas été bien depuis longtemps. Il y avait même un petit rayon de soleil qui venait lui chatouiller le dos. C'était curieux qu'il n'y ait pas quelques merdes qui viennent troubler son...
Oh, wait.
Un rayon de soleil.
Il était quelle heure ?
Il se redressa brusquement dans les couvertures, très réveillé soudain.
Huit heures six.
Huit PUTAIN d'heures PUTAIN de six.
Deux heures plus tard que leur réveil habituel. Partagé entre la catastrophe et l'ahurissement, il baissa les yeux sur son frère le félon qui ne l'avait pas réveillé.
Il puait la vinasse.
Tout lui revenait d'un coup.
La conférence de la veille, la serviette avec un numéro de portable, la soirée de Jude, le suçon à son cou qui n'avait pas été de son fait. Oh, le fils de Pénélope de sa mère la pote de sa race.
-LEVE TON CUL, RACLURE, gueula Drake en guise de bonjour en bondissant du lit et foutant un coup de pied dans la masse informe que constituait son frangin.
Gueule de bois ou pas, il allait devoir se bouger le gras. Pas question de rater une journée de cours sous prétexte qu'il s'était déchiré la veille. La même pour lui, il avait besoin de ce damné boulot, putain, un retard comme ça ne passerait pas inaperçu. Il commença à s'habiller frénétiquement, invectivant simultanément son glandu de frère qui luttait apparemment contre sa cuite.
Il le traîna jusqu'au bus sans cesser de lui cracher sa bile à la gueule, mêlant les superlatifs péjoratifs et les comparaisons issues du règne animal pour qualifier l'attitude de Jude la veille, et sa mollesse du matin même.
-Et si tu recommences, ne serait-ce qu'une fois, ne serait-ce que par la pensée, jte fais greffer une puce électronique dans le gras du cou et dès que tu t'éloignes de cinq pas de la maison jte fais avaler ton acte de naissance par le cul, t'as pigé ? conclut-il, en arrivant face aux grilles du lycée.
Jude avait le dynamisme d'une limace et la texture d'une éponge, et avait l'impression de se dégorger des méandres de son existence dès qu'on l'obligeait à utiliser ses muscles. Chose que Drake ne manqua pas de faire, car après tout, Drake énervé avait plus de poids réuni qu'une gueule de bois et une flemme immémoriale de se lever le cul. Aussi, avec la conviction et l'habileté d'un poisson mort, parvint-il à se flanquer la tête sous l'eau glacée pendant plusieurs minutes, puis à trouver au pif des sapes propres qu'il enfila les yeux clos.
Drake hurlait, et la tête de Jude le pilonnait. Il eut même le courage de gémir un instant, mais se ravisa vite, lorsqu'en écho à sa faible intervention se déchaina à côté de lui L'Ouragan Sheridan.
Alors il ferma sa gueule, alternant entre poser ses paumes fraiches pour rafraichir ses tempes et les virer la seconde d'après parce qu'elles lui oppressaient le crâne, tandis que les soubresauts du bus lui donnaient des envies mortuaires/de gerbe.
En fait, s'il n'avait pas encore fait pipi dans sa culotte face à Drake le déchaîné, c'était pour la seule bonne raison que le mal qui lui assaillait la tête était des plus absorbant.
-Maismaismaisonmaforcé, articula-t-il en posant inutilement une main sur ses yeux, ébloui par le soleil matinal. Promis moi, je enfin, tu sais, enfin, je fais rien de mal derrière ton dos et tout, continua Jude dans sa lancée, bien décidé à mener à terme son raisonnement incroyablement bien construit.
Il zieuta autour d'eux, mais il n'y avait pas un chat ; tout le monde était déjà en cours, apparemment.
Alors, prenant de façon mitigée en compte le consentement de l'autre parti, il se dressa sur ses pieds, et déposa un baiser rapide sur les lèvres de son frère (boouuuuuuh enfant damné).
-Je veux pas que tu me fasses pas confiance, conclut-il à voix basse, non pas pour se donner un style, mais simplement parce que le simple fait de parler lui martyrisait le crâne.
Et ne sachant que très peu quoi tirer du manque de réactivité de son frère, sur ordre de ce dernier de se bouger le cul et de rejoindre sa salle, il s'en fut, plutôt malheureux, et vraiment très malade.
Ainsi, Jude déambula-t-il assez au hasard dans les grands couloirs de ce grand lycée. D'après le vieux papier emploi du temps dans la poche de son jean, il devait avoir cours d'éco avec un mec qui s'appelait Greyson en C311, soit.
.........Et si Jude ne comprenait pas où est-ce qu'il avait pu merder dans le long parcours de la vie, (peut-être lorsqu'il s'était mis à coucher allégrement avec un membre de sa famille, peut-être), une chose était sûre : quelqu'un lui en voulait, là haut. Claironnantes, il reconnut les voix d'Ellidson et Hooper, tandis qu'il traversait la cours, avant d'aviser leurs silhouettes, de dos, et d'assister à leur entrée par effraction dans ce qui semblait être l'une des chambres de l'internat.
Et de ce qu'il discerna de leur visage, ils avaient tout deux un sourire qui chantait la vie.
Inconsciemment, Jude ralentit le pas. Ils avaient passé la nuit ensemble...? Cette pensée le déséquilibra un peu. De deux choses l'une : si, bourré, il se souvenait vaguement s'être fait à cette idée, sobre, il fallait de nouveau la digérer.
Et sans l'aide d'alcool, quand bien même Jude ne voyait-il pas bien en quoi ça pouvait le concerner, la tache était ardue. Peut-être simplement était-ce la futilité des relations humaines, qui lui cassait allégrement les boules. Ouais, ça devait être ça.
Ainsi, désormais malheureux, malade et de mauvaise humeur, repartit-il, à travers les couloirs.
C311. C'était là.
Il frappa vaguement à la porte (outch atch itch dans son crâne c'était la fanfare), et entra. Oh merde, c'était le mec qui l'avait collé une semaine. Et tout le monde lui visait la gueule avec des yeux de paparazzis fouines. Avec sa gueule de trois mètres de long, son teint de gerbe et ses cernes qui lui descendaient plus bas que le visage, il devait être beau à voir, tiens.
-'Scusez moi m'sieur j'suis en retard fin j'ai subi des événements impondérables indépendants de ma volonté et...
L'horloge sonna, répandant un grand driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing dans tout le bâtiment.
Et le cerveau de Jude de danser la macarena dans son crâne. En lâchant un gros "PUTAIN", il porta ses deux paumes à ses oreilles.