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Placebo - rp
-Clarence.
Antigone. Malgré la grande douceur de sa voix, Clarence sursaute quand même. Il ne s'est pas vraiment préparé à gérer un "moment Antigone" à ce moment-là. La panique monte rapidement en lieu, comme toujours, comme un geyser brûlant et irrépressible.
-Tu aurais du feu ? demande-t-elle avant de s'asseoir paisiblement à côté de lui.
Clarence aurait bien aimé l'envoyer se faire voir, rester seul à continuer de broyer du noir. Il l'aurait fait pour n'importe qui d'autre : Rheia, Lee, Milos... Mais c'était d'Antigone dont on parlait. C'était pas pareil, jamais pareil, quand c'était elle.
Tout en sortant son briquet qu'il tend à sa camarade sans lui lâcher un mot ni un regard, le gars se demande ce qui a pris à Antigone. Ça doit être en lien avec tout ce qui s'est passé dans le jeu l'après-midi même, moments pendant lesquels la promiscuité avait rendu difficile le camouflage d'émotions et sentiments un peu encombrants. Rien que d'y penser, Clarence en avait à la fois des fourmis au creux du ventre et un sorte d'embarras rampant.
Antigone allume sa cigarette, lui rend son briquet, et fume en silence. Les yeux rivés vers l'immensité de l'océan plongé dans l'obscurité nébuleuse de la nuit, Clarence se dit qu'Antigone reste silencieuse pour lui.Elle sait bien qu'il est pas très bavard, pas très doué avec les banalités. Qu'il est lui, quoi. Nul, grognon, pas très loquace, irrité et irritable.
En fait, il a toujours eu l'impression qu'Antigone savait lire les gens aussi bien que ses vieux bouquins, et plus particulièrement lui. Mais, même si elle lui offre sa compagnie silencieuse en essayant sûrement de se persuader elle-même que ne rien dire ne la dérange pas, il sait qu'elle n'est pas à sa plus grande aise.
Pourtant, les cheveux qu'il sent balancés par le vent glisser sur sa clavicule, puis caresser ses épaules paraissent à ce moment aussi intimes qu'une chaleureuse accolade.  Au final, c'est lui qui en arrive à être gêné par le silence qu'il a lui même instauré comme une règle tacite, sacrosainte, tenace.
-"Faits comme des rats de laboratoire" c'est la sensation au goût amer qu'une mort ethnolienne me laisse dans la bouche. Tu vois, je déteste crever dans ce jeu à la con, parce que ça me fait encore plus prendre conscience que je suis entre la vie et la mort. Genre, trop près de l'un mais trop loin de l'autre. On est coincés ici sans autre issue qu'une mort qui tarde à venir. Ça fout la haine.
Il s'arrête. Ça faisait longtemps qu'il avait lâché une si longue tirade en vrai. Puis, réalisant le ridicule de la situation (sa vie ? ce moment précis ? être avec Antigone et lui vomir sa rancoeur de suicidaire peureux? il ne savait pas vraiment) il rit et se laisse tomber dans l'herbe, allongé sur le dos.
-On est vraiment des rats de laboratoire. Sans passé, sans présent, sans avenir.
Mine de rien Clarence, tu captes que ça fait du bien d'ouvrir les vannes, de balancer ta rancune du monde à quelqu'un qui s'en fout peut-être pas mal, ou qui a vécu pire que toi.
À peine t'as fini de parler et de plomber l'ambiance que la pluie commence à tomber. Une petite bruine au début, puis une averse, un véritable torrent. 
Clarence jette sa cigarette, se relève, prêt à courir vers le manoir. Mais Antigone. Tu l'as presque oublié, Clarence, abruti. 
Chevalier dans l'âme (c'est le seul truc stupide qu'il trouve à faire, en fait), il lui balance son veston d'uniforme sur la tête et les deux pensionnaires courent l'internat à travers la pelouse boueuse qui éclabousse leurs pantalons. La traversée du jardin est un véritable périple, et quand ils se ruent à l'intérieur du hall face à quelques élèves hagards et surpris, ils sont trempés et dégoulinant de pluie, les chaussures pleines de boue.
Bien heureux vous qui pleurez maintenant car vous serez dans la joie
Bien heureux serez-vous si les autres vous haïssent, s'ils vous frappent d'exclusion
et tressaillez d'allégresse
car votre récompense 
sera grande dans le ciel

 
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Maux de tête.

La sensation d'être aspiré depuis des abysses jusqu'à reprendre contact avec son visage comme s'il portait un masque.

Froncements de sourcils, crispation de la bouche, crispation des paupières. 

Et puis Lee ouvrit les yeux.

...

ET PUIS LEE OUVRIT LES YEUX.

Lee fronça les sourcils. Il les sentit se tendre et un grommellement naître dans sa gorge. Il ouvrit les yeux. Il ouvrit les yeux. Il ouvrit les yeux il ouvrit les yeux il ouvrit les yeux il ouVRIT LES YEUX IL OUVRIT LES YEUX IL OUVRIT LES YEUX IL

POURQUOI TOUT RESTAIT-IL NOIR? 

Il sentait ses paupières se mouvoir, ses cils battre l'air, et son blanc glisser et changer de position. Il clignait des yeux, battait des paupières, bougeait la tête, la penchait. Et pourtant, tout restait noir. TOUT ETAIT PUTAIN DE NOIR. Etait-il enfermé dans une pièce sombre? Était-il dans un cercueil, dans le néant? Etait-il... OU ETAIT-IL? Il bougea et sentit les ressorts de son matelas tressaillir. Bougeant la main, il sentit, quelques dizaines de centimètres plus loin, un contact chaud, irréel.
La chaleur de la lumière amplifiée par la vitre de l'infirmerie lui caressa la main. Quand il bougeait, cette chaleur l'abandonnait, puis le reprenait dès qu'il se replaçait là où elle tombait. 
Il y avait de la lumière. Mais il ne la voyait plus.
Par contre, il sentait les larmes couler, oh oui. 
Il enfouit son visage dans ses mains et éclata en sanglots. Il fut presque surpris de sentir ses doigts sur ses joues tant il ne les avait pas vues venir. S'enroulant dans ses draps, il hoqueta, sentant les gouttes ruisseler le long de son nez. Et puis comme pour accompagner ses larmes, il sentit les gouttes de pluie tambouriner contre la porte. Tant de choses qu'il ne verrait plus jamais. 

*

A part quelques visites de courtoisie, Lee avait été laissé complètement à l'abandon à l'infirmerie. Il n'en voulait pas à son groupe; ils devaient probablement ignorer où il était. 
Il inspira longuement. L'infirmière ouvrit la porte et il sut que devant lui se prolongeait un long couloir lambrissé. Contre les fenêtres, la pluie de la veille s'était muée en un véritable orage tambourinant et sifflant. 
Lee serra dans sa main moite la laisse de son nouveau compagnon. 
Son magnifique labrador au poil noir et luisant, racé, élégant.
Ou du moins c'est ce que lui avait assuré une infirmière toute apitoyée sur le sort du jeune homme, heureuse qu'il ne puisse pas lire l'inscription CANICHE sur la fiche d'identité de Bobby.
Lui aussi, il aurait pu se douter que c'était chelou qu'un labrador ait le poil frisé. 
Inspirant profondément, Lee imprima un petit mouvement à la laisse, et Bobby se mit aussitôt à marcher.
Et ainsi commençait la nouvelle vie de -
-AH!
Il s'était pris la porte.
Lee en avait déjà marre. 
Massant son nez, il se dit que, putain.
Il avait besoin de se défouler.
Faire une connerie.
Il avait hâte de retrouver les autres; il avait besoin de mettre Clarence mal à l'aise et de dire des bêtises avec Milo.
Il avait juste vraiment, vraiment besoin de ses potes.

*

Quelques-uns des plus jeunes baissèrent le nez la note manuscrite qu'ils avaient trouvé dans leur dortoir.

"RNDEBNZ VUOS DSNSS EL COURILO DU DIEUXIEME EGATGE"

Apparemment l'auteur avait un peu du mal à écrire sans vue. Les enfants tendirent l'oreille. Ils entendirent un crissement: comme une succession très rapide de griffures de pattes de chien sur un parquet.
Et puis, la porte du fond du couloir s'ouvrit à la volée, et un chien bondir, langue au vent, traînant son propriétaire hurlant et riant:
-CACHE-CAAAAACHE! LE DERNIER TROUVÉ AURA UN BAISER DANTIGONE, ET LAVANT DDERNIER UN BAISER DE MOIIIIIIIIIIII
Et, le suivant, les hurlements des surveillants retentirent. Ils posaient sans cesse la même question, hurlant toujours:
QUI A DÉPASSÉ LHEURE DU COUVRE-FEUUUU?

T H I S L I F E C O U L D B E T H E L A S T

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A N D W E ' R E T O O Y O U N G T O C A R E
 
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Octavie

C'était la grosse ambiance à table. Énorme. Merveilleuse. Jamais elle ne les avait vu aussi motivés, aussi heureux, jamais la table n'avait été aussi animée.
On aurait dit une armée de mini Octavie déprimé,e cette table.
La jeune fille soupiré, éloignant l'assiette fade loin d'elle. Clarence était parti, rejoint par sa Juliette, Lee avait disparu. Restait les deux nouveaux et leur balai dans le cul à la place des deux autres emmerdeurs. Restait que malgré tous les défauts de Lee, il avait au moins le mérite d'animer un peu leur table. Là, l'animation était aussi mouvementée qu'une partie de bridge chez mamie.
Octavie soupira, but son verre d'eau avec les pilules qui lui laissèrent un goût amer dans la bouche. Elle se leva, sous le regard désespéré de la surveillante face à ces élèves qui n'avaient rien à faire de son autorité et des règles instaurées. Octavie grimpa les deux étages qui la séparaient de sa chambre, dont elle claqua la porte. Elle ouvrit la fenêtre, indifférente à la pluie qui s'échouait sur le bureau, ou même à l'odeur d'orage qui s'infiltrait dans la chambre. Elle attrapa un livre corné, abîmé de toutes façons possibles, aux pages jaunies par le temps. Même si elle les connaissaient par cœur, les aventures de Peter Pan évoquaient toujours en elle un frisson, une joie immense, dès qu'elle retrouvait les premières lignes du roman. Alors, elle s'effondra sur son lit, et plongea au pays imaginaire, un petit, tout petit sourire sur les lèvres.
Clochette venait à peine d'attenter à la vie de Wendy, qu'elle entendit un vacarme terrible provenir du couloir. Octavie se redressa, furieuse, et une voix familière raisonna à ses oreilles.
« – CACHE-CACHE !!
– sonar !
vociféra Octavie. »
Elle ouvrit la porte de sa chambre à la volée, manquant d'éborgner un gamin au passage, pour trouver un Lee souriant, avec, gambadant à ses côtés, un ridicule caniche qui jappait.
« – LE DERNIER TROUVÉ AURA UN BAISER D'ANTIGONE ET L'AVANT DERNIER UN BAISER DE MOI, beugla-t-il tout fier.
Lee, hurla Octavie, tu pense vraiment que c'est le... HÉ !! »
Le temps qu'elle ne s’époumone contre l'autre énergumène, un gamin s'était précipité dans sa chambre et était allé se planquer dans l'armoire en rigolant.
« – Sors d'ici tout de suite, s'exclama la brune en allant le déloger. Et toi, rugit-elle en retournant vers Lee, tu penses vraiment que c'est le moment pour ça ? Tu fais chier tout le monde espèce de crétin ! »
Bien que « tout le monde » se résumait finalement à la seule et royale personne d'Octavie Deveaux, c'était largement suffisant pour hurler, et faire remonter l'affaire à Rixon, et qu'il vire enfin Lee. Son arrivée avait transformé la vie de l'orphelinat – tout du moins d'Octavie – en cauchemar permanent.
Derrière eux, les surveillants étaient déjà dépassés par la marée humaine qu'avait soulevé le jeune homme.




Kalei
Kalei finit son repas dans le silence pesant de la salle.
Ça commence bien dis moi.
Il vit la jeune fille noire se retirer dans un tourbillon de mauvaises ondes. Ne pas respecter les règles semblait décidément, semblait être une habitude chez ce groupe. Il n'allait certainement pas s'en plaindre.
Une fois son repas fini et une fois qu'ils furent autorisés à quitter la table, Kalei retourna dans sa chambre, roula un joint qu'il fuma assis dans l'encadrement de la fenêtre ouverte. Son regard tomba sur le lit, vide, de Tom, et son cœur se serra. Il baissa les yeux, tâchant de ne pas penser à tout ça, recrachant la fumée qui encrassait ses poumons et libérait son cerveau. Il ferma les yeux, espérant s'évader quelques secondes, mais fût incapable de maintenir ses paupières closes. Il les ouvrit au bout de quelques secondes, et resta assis, à fumer, jusqu'à ce qu'un hurlement à l'étage du dessous ne le fasse sursauter. Il entendit les rires des enfants, certains se précipitaient dans l'escalier, ce qui titilla la curiosité du jeune homme. Terminant son joint, le jetant dans un cendrier caché dans un faux fond de tiroir, il prit un chewing-gum et sortit de la pièce. Des enfants couraient un peu partout dans le couloir, et Kalei en interpella un, qui devait avoir six ans et était paralysé.
« – On fait un cache-cache, s'exclama-t-il tout content.
Je vois, sourit le jeune homme. Et tu trouves où te cacher ?
Pas trop
, grimaça-t-il. Le fauteuil ne passe pas.
– Viens avec moi, on a des supers cachettes avec Phyllis.
 »
L'enfant le suivi, et comme promis, il le guida avec lui dans un recoin de l'orphelinat ou les gens pensaient rarement à aller en cas de cache cache. Il y avait un petit recoin, juste avant la bibliothèque, bien suffisant pour cacher un enfant et son fauteuil. Il la montra à l'enfant, qui lui dit de se trouver également une cachette où Lee allait l'attraper. Avec un grand et innocent sourire, le gosse lui dit que s'il était trouvé en dernier, il aurait un baiser d'Antigone. Kalei lui sourit, promettant d'éloigner Lee de cet endroit s'il était trouvé avant lui. Pour faire plaisir au petit garçon, il alla se dissimuler dans un recoin non loin, derrière une grande plante qui le cachait complètement.
 
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T'es debout dans le couloir depuis à peine cinq minutes, hagard, dégoulinant et un peu désorienté qu'un véritable vacarme secoue les couloirs de l'internat. C'est Lee, qui revient, accompagné d'un caniche grisonnant. Tu peux pas t'empêcher de te marrer un peu en voyant l'aveugle se pavaner gauchement comme un coq en jouant avec la laisse de son clébard. Lui qui rêvait et n'avait que de mots depuis son arrivée de son grand labrador pure race noir, il était décidément gâté. Finalement, le sourire gagné à la vue de Lee et de son cabot disparaît bien vite quand le gars, génie des super bonnes idées, s'emballe et decrète qu'il était l'heure pour le manoir de fourmiller de l'agitation d'une grande... partie de cache-cache.
Lee étant ce qu'il était décida de pimenter, à sa manière très personnelle (à savoir la méthode habituelle : prendre à partie des gens -lui-même, Antigone et toi, Clarence- et décréter d'enjeux foireux) :
– LE DERNIER TROUVÉ AURA UN BAISER D'ANTIGONE ET L'AVANT DERNIER UN BAISER DE MOI !
Tu roules déjà des yeux, prêt à filer dans ta chambre. Tous les petits (et les moins petits) du pensionnat courent dans tous les sens, ça crie, ça rit. Bref, Lee a lancé un véritable ouragan dans le manoir (comme d'habitude)et il y a du bruit. Genre, beaucoup de bruit. Et toi Clarence, ben, si y'a bien un truc dont t'as horreur c'est le bruit. Alors, après une dernière oeillade à une Antigone un peu dépassée par les évènements, tu entames ton plan de fuite. 
Mais déjà, t'entends les voix reconnaissables entre mille, tu sais celles qui ont rythmé ton enfance à la place de celles de tes parents, du vieil Émile et de la grosse Garance : si les pensionnaires sont sur le qui-vive, les surveillants sont d'ores et déjà sur le point.
Merde, t'es coincé. Te faire goaler ici Clarence, c'est le bureau de Rixon assuré et l'enfer paternaliste pour des heures. Et ça, comme, ben, t'es toi, ça craint. Tu te retournes donc, pour te prêter au jeu du cache-cache. Quitte à choisir, tu préfères l'infantilisation aux discours de Rixon. Face à toi se trouve ce brave Lee... face contre un mur, l'air complètement désorienté. T'as beau dire que t'aimes personne dans cet internat, mais vivre sans arrêt avec d'autres gens forge malgré toi une certaine solidarité fraternelle. Sans réfléchir, alors que les pas de la grosse Garance semblent au détour du couloir, tu attrapes le poignet de ton pote, le chien glapit de surprise, et tu l'entraînes dans le corridor opposé. Par le poignet, comme pour Antigone, parce que tenir les mains des gens c'est pas trop ton délire. Ça te rappelle un peu trop que t'as été un bon grand frère, il fut un temps. Et t'aimes pas trop te souvenir de ça, en fait.
Mais Lee, avec sa nouvelle cécité, galère et ne se laisse pas faire.
-Mec, lâche un peu la grappe et fais confiance à ton putain de caniche et à moi par la même occasion, tu ronchonnes en continuant de tirer. Un cache-cache avec un aveugle, je te jure... Dommage qu'on soit tous aussi fucked up dans ce manoir, on ferait sûrement un best-seller en regroupant nos histoires de merde dans le monde réel.
Le reste de ta phrase se termine en grommellement (une de tes façons préférée de communiquer) et tu continues à cheminer dans l'internat à la recherche d'une planque valide pour ton foutu mètre quatre-vingt-douze, Lee et ses gambettes pas mal grandes aussi et son clébard. Après de longs instants où t'entends l'agitation du manoir, et un certain agacement qui commence à poindre, tu optes pour une cachette facile et tu balances Lee, son chien et ton corps dégingandé sous un bureau d'angle.
T'as genre vingt ans, tu joues à cache-cache plié en quatre sous un table avec ton camarade aveugle et son chien. Et là, tu questionnes soudainement le sens de ta vie et sa vraisemblance.
 
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Tout le monde courait dans tous les sens, c'était merveilleux. Lee riait à pleines dents. Plutôt rapide, comme rétablissement. Mais se morfondre sur son sort ne le ferait pas recouvrer la vue plus vite. Alors, pour l'heure, il se délectait du capharnaüm d'informations autour de lui qui faisaient saturer ses sens comme les lignes téléphoniques un premier de l'an.
Ça courait, ça criait, ça riait, ça poussait, les mômes se marchaient dessus et sifflaient à travers leurs dents manquantes, exhalant et crachotant, bousculant Lee de leurs petites mains et faisant japper son magnifique labrador racé et noble (haha u thought so u lil bitch lmao.)
Et puis soudain, une main s'agrippa à sa manche.
-Mec, lâche un peu la grappe et fais confiance à ton putain de caniche et à moi dans la même occasion.
-C'est un putain de labrador et ni son poil crépu ni ta voix voluptueuse ne me convaincrez du contraire, bégaya Lee en essayant de suivre, pendant que Clarence grommelait dans sa barbe.
Le faisant taire, Clarence le fourra sous un bureau, et Lee se retrouva coincé entre l'haleine nauséabonde de Bobby et le souffle chaud de celui qui venait de lui sauver les miches.
Lee sentait son coeur battre contre ses côtes, et caressa fébrilement la tête de Bobby, qui cessa aussitôt de lui expirer des croquettes gazeuses à la figure et qui s'étala contre ses jambes. Il tourna ses yeux aveugles vers ce qu'il croyait être Clarence, et fut triste de constater qu'il ne voyait rien d'autre que le pur néant.
Les pas précipités des enfants s'éloignèrent un peu et la respiration de Lee se calma. Pourtant, il sentait encore l'air sortir du nez de Clarence contre son épaule, et son coeur ne ralentissait pas.
-Hem... It's just u and me, babe, j'imagine, dit-il enfin. Je, euh...
Il tapota fébrilement ses maigres genoux, faisant la moue, avant de relever autant la tête que le bureau le lui permettait. Il aurait aimé croiser le regard de Clarence. Au lieu de ça, il fixait devant lui en se demandant s'il rougissait.
-Ca te dérange si... hésita-t-il. Je veux dire, j'ai pas encore l'habitude...
Et, gêné à l'extrême, Lee tendit ses doigts et se mit à tapoter peureusement devant lui. Il sentit la vieille matière du pull rugueux, le col froissé de sa chemise, les cheveux piquants, puis finalement, avec presque un sursaut, il rencontra la peau de la joue de Clarence. Il tenta de faire aussi vite que possible: ouais, il y avait toujours un nez entre les deux yeux, et des pommettes au-dessus des joues, hors de question de toucher la bouche. 
Il retira sa main comme s'il s'était brûlé et grommela:
-Les doigts, c'est bien, mais c'est trop épais comme membrane. 
Il sentit le feu lui brûler le visage et compris qu'il n'y avait plus que deux éventualités: 
a) il avait la tête coincée dans le Mordor
b) il rougissait comme une collégienne.
-Fais-moi plaisir, vieux, débrouille-toi pour finir avant-dernier, ça me simplifierait les choses. Ha ha. ha.
Lee avait à présent un concert privé de Cornes de Brumes & the gang derrière les oreilles, avec WHY THE FUCK DID U SAY THIS U IDIOT en guest star.
-Parce que figure-toi que niveau membrane, la peau de la bouche est beaucoup plus fine, et donc beaucoup plus sensible, et ainsi- oh et puis merde, abandonna-t-il en reprenant son sérieux. Mec, Clarence, c'est dur de pas s'attacher à certains types de gens ici quand tes potes se comptent au compte-goutte et que c'est le loto pour savoir qui durera plus d'un mois. Moi, à ce niveau, j'en suis réduit à apprécier ceux qui sont vivants, et putain, t'es carrément vivant, et je... Quand on part en aventures ensemble... Et quand je t'emmerde, je... Putain, tu vois ce que je veux dire. Enfin, peut-être pas. Mec, je...
Lee ramena ses genoux contre lui et enroula ses bras autour de ses jambes, y enfouissant aussi sa tête.
-J'espère juste vraiment que t'arriveras avant-dernier.
Bien sûr, il ne voyait plus qu'en noir, mais ses cheveux bleus et son visage rouge écrevisse formaient un feu d'artifice de couleurs.

T H I S L I F E C O U L D B E T H E L A S T

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Après quelques minutes dans le silence le plus complet pendant lequel t'es aux aguets, prêt à bondir, Lee recommence à dire des conneries. Ouais, c'est Lee quoi, une petite pause et ça repart. T'as commencé (malheureusement) à t'y faire. Après avoir caffouillé une phrase un peu bizarre, Lee, sans prévenir, est en train de tâtonner ton visage. T'es surpris, ouais, mais tu te crispes surtout parce que le contact physique c'est décidément pas ton truc. Genre pas du tout. T'es tellement rattrapé par cette hantise que t'as à peine le temps de te demander ce qui arrive à ton pote et, pire, de comprendre la situation un peu bizarre et embarrassante.
-Fais-moi plaisir, vieux, débrouille-toi pour finir avant-dernier, ça me simplifierait les choses. Ha ha. ha.
Avant dernier. Quoi, avant-dernier ? Avant-dernier de quoi ? Tu réfléchis à vive allure, t'es complètement perplexe mon pauvre Clarence, avant de te souvenir des enjeux fixés par Lee au début du jeu. Dernier, un baiser d'Antigone. Avant-dernier, un de Lee. Tu réfléchis à toute vitesse face au visage un peu rougeaud de ton pote, et tu comprends tout. À l'envers, mais ça tu le comprendras plus tard.
Attends. Se pourrait-il que Lee soit amouraché d'Antigone ? 
L'enflure.
Agacé, tu te renfrognes un peu, maintenant crispé. Ta tête est emplie d'insultes qui tournent en rond dans ton cerveau. Genre, tu sais pas trop pourquoi (au fond de toi, si, tu le sais gros, mais t'es pas prêt de l'avouer) tu kiffes pas trop la nouvelle. Alors que tu grinces un peu des dents, rageur, Lee continue bravement :
-Parce que figure-toi que niveau membrane, (...) quand on part en aventures ensemble... Et quand je t'emmerde, je... Putain, tu vois ce que je veux dire. Enfin, peut-être pas. Mec, je... --J'espère juste vraiment que t'arriveras avant-dernier.
Peut-être que t'es pas très finaud Clarence, mais il te faut de longues minutes pour comprendre ce que Lee est en train de te chanter. En fait, t'as tellement pas d'estime de toi-même qu'il te faut du temps pour contempler la possibilité qu'une autre personne en ait pour toi. Donc, sceptique, tu réfléchis longuement à ce que Lee vient de te dire. 
Et quand tu comprends, enfin! espèce de blaireau, c'est carrément le ciel qui te tombe sur la tête.
Ou pas, en fait.
Le seul truc qui t'estomaque dans toute cette histoire, c'est toi. Genre, qu'on t'aime. Toi. Le reste, que ce soit Lee, vaguement ton pote, un mec et la personne avec qui tu partages présentement 50 centimètres carrés c'est juste des petits détails un peu inattendus. Après, tu le regardes, recroquevillé sur lui-même, le visage visiblement rouge malgré la pénombre, et t'as un peu pitié. Tu salues le courage néanmoins ; toi ça fait cinq ans que tu traînes tes sentiments en plastique comme des vieilles casseroles, que tu les rumine et les laisse s'accumuler sans jamais les avouer. 
-Désolé mon pote, si j'avais le cran, je viserais plutôt la dernière place. C'est pas contre toi, mais je suis déjà absorbé.
La fin de la phrase a été chuchotée. T'es gêné de dire un truc pareil dans des circonstances pareilles.
Y'a ensuite un silence. Normal, tu viens de rejeter quelqu'un pour la première fois de ta misérable vie.
-Même si je les hais, t'as intérêt à continuer à me faire tes blagues vaseuses. Et no hard feelings bro, je dois embrasser comme un pied, ma dernière expérience s'étant barrée en courant. Traumatisée à dix ans.
Après ces banalités pour t'assurer que ça devienne pas bizarre entre toi et Lee tu te dis que, mine de rien, t'as beaucoup parlé aujourd'hui. Et que, fichtre, c'est fatiguant d'être bavard.
Bien heureux vous qui pleurez maintenant car vous serez dans la joie
Bien heureux serez-vous si les autres vous haïssent, s'ils vous frappent d'exclusion
et tressaillez d'allégresse
car votre récompense 
sera grande dans le ciel

 
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La mort dans l'âme et le moral dans les orteils, Drew faisait pour la troisième fois le tour du propriétaire. Le manoir Rixon lui semblait étrangement, mais définitivement, mort. C'était sûrement du à l'absence de Lee (Il avait bien pensé à allé le voir mais il n'était pas très doué pour ce genre de... Situation.) ou à la pluie qui avait noyer la joie de tout le monde sous une vague, ou que les visites d'halloween approchait et que, comme d'habitude, personne ne viendrait rendre visite à personne. Règle immuable de l'orphelinat n°1 : Si tu es ici c'est que tu personne en dehors de ces murs ne tient vraiment à toi. Ça n'aidait pas forcement à insuffler la joie sur les visages rebondis des jeunes pensionnaires.
 
Et soudain.

L'idée du siècle !

Le trait de génie !

Drew pouvait presque sentir la petite ampoule apparaître au-dessus de sa tête alors qu'un énorme sourire espiègle se dessiner sur ses fines lèvres. Ni d'une ni de deux, il galopa tel une gazelle jusque dans sa chambre. Fort heureusement, il n'y trouva pas son colocataire acariâtre, qui l'aurait sûrement encombrer plus qu'autre chose. Jetant un dernier coup d'oeil dans le couloir désert, il se dirigea près de son lit, mais au lieu de s'y allonger tel la larve fatiguée qu'il était, il s'accroupit et y tira d'en dessous, à l'aide de son unique bras maigrichon, une malle plate en cuir. Il y attrapa furtivement tout le matériel dont il avait besoin et quitta la pièce aussi vite qu'il y était entré et commença sa quête pour la joie de vivre. Il croisa quelques joyeux lurons qui étaient venu courir entre ses jambes. 
« DREW !!! On fait un cache-cache tu peux pas rester là !!! Lui lança le petit Luca tout en tirant sur son bras paralysé.
- Easy peasy petit Lu, j'ai quelque petites choses à faire avant. En attendant va te cacher dans la bibliothèque, personne n'y met les pieds. Si on me demande si je t'ai croisé, je serai muet comme une tombe ! » Il ébouriffa les cheveux de blés du petit garçon avant de le pousser vers un couloir adjacent. Cette partie de jeu tombait à point nommé, il allait pouvoir préparer sa petite "fête surprise" sans que personne ne le remarque.

***

« Non Monsieur St-Jaïme, nous ne mettrons pas de fausses araignées en réglisses dans le pain au viande de ce soir ! Maintenant fichez moi le camp ! »
« MAIS PUISQUE JE VOUS DIS QUE CE SONT DES FAUSSES! GOUTEZ SI VOUS ME CROYEZ PAS ! »
« DEHORS ! »
Et sans autres formes de procès Drew fut jeter en dehors de la cuisine. Fichtre, en voilà des manières. Pour ce qui était de la nourriture piégée, c'était raté. Tout ça à cause d'un fichu cuisinier dont le sens de l'humour se rapprochait de la confiture de jambon, c'est à dire, inexistant. Pour se réconforter, il fourra dans sa bouche une grosse poignée de fausses araignées dans sa bouche et commença à les mâcher avec la grâce d'une vache. Lui qui avait presque finit tout ses préparatifs voilà qu'on lui refuser l'un de ceux dont il était le plus fier. Si sa bouche n'était pas pleine de réglisses à moitié mastiqué, il aurait sûrement poussé un soupir digne d'Octavie. Mais malgré ça, Drew St-Jaïme n'était pas du genre à se laisser abattre pour si peu, son cerveau farceur trouverait bien une alternative. Il se dirigea vers ses guirlandes, le moment fatidique était enfin arriver, il attrapa les deux prises et les rapprocha l'une de l'autre.

1

2

3

Il les emboîta ensemble et... Et rien.
Les guirlandes de citrouilles et autres fantômes restèrent obstinément éteintes, comme pour le narguer. Pas une once de lumière ne s'en dégageait. Un petit cri de frustration se fit un chemin à travers à sa gorge, et d'un geste rageur il jeta le tout au sol.
Fatale erreur.
Dans un enchevêtrement de « pshiiiit » entre deux « fchuhuuuut » et « bzziziittt » les lumières de tout le manoir se mirent à clignoter dangereusement, avant de rendre l'âme et de plonger le monde qui l'entourait dans le noir total.
Merde.
Flûte.
Zut.
On n'y voyait pas à deux mètre aussi il était incapable de retrouver les fautifs de cet accident malencontreux et de tout réparer avant qu'un surveillant ne vienne lui rouler dessus. Si il ne c'était pas agit d'une de ses conneries, pour changer, Drew aurait sûrement applaudit. Mais là, il avait plongé la propriété Rixon dans une nuit d'encre, entre-coupée d'orages et tonnerres assourdissants. Et on était le 31 octobre.
Bravo Drew.
Vraiment.
Bravo.
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Tell me, Atlas.
 What is heavier
The world or its people’s hearts ?
 
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Non, Rheia n'avait plus faim du tout. A vrai dire, elle venait d'avaler une demi douzaine de gâteaux sans goût et trois pilules, donc elle avait presque envie de vomir. Et puis de toute façon il n'y avait personne ici avec qui elle aurait pu parler, et la moitié de son groupe était déjà parti vaquer à ses occupations. Elle se leva, chancelante, et se dirigea en titubant jusqu'à la sortie du réfectoire, en s'efforçant d'ignorer les regards moqueurs des autres pensionnaires. En chemin, elle se cogna contre la rambarde de l'escalier. Ça c'était l'effet de sa pilule bleue (combinée à son envie de vomir mdr) qui lui donnait un peu le tourni. Elle pressa le pas, car elle n'avait pas spécialement envie de régurgiter ses muffins sur le sol du premier étage, quoique ce n'était pas son étage après tout donc au pire ça ne l'embêterait pas trop.
Malheureusement quand elle arriva dans sa chambre elle remarqua que celle-ci était déjà occupée par sa colocataire, Octavie Deveaux, une dépressive que Rheia n'arrivait toujours pas à cerner. Elle avait ouvert la fenêtre sans faire attention à la froideur des lieux et à la pluie qui commençait à attaquer le bureau, et Rheia voulut la fermer mais elle se ravisa au dernier moment car à vrai dire elle avait un peu peur d'Octavie. (lol)
Bon. Il faut réfléchir là. Est-ce que je vomis dans la salle de bain de la chambre, mais avec le stress de sentir la présence d'Octavie à côté de moi, ou est-ce que je vomis sur le sol du premier étage ?
Je sais pas.
Bon on va voir dehors.
Rheia commencait à dévaler les marches toujours en se tenant à la rambarde quand elle aperçu les plus jeunes du manoir sautiller de partout en riant discrètement. Elle en arrêta un dont elle ne se souvenait jamais du nom pour lui demander ce qu'il se passait.
"On fait un cache-cache dans le manoir !", brailla-t-il. Bon, c'était clair que la discretion et lui faisaient quarante-douze et qu'il ne tarderait pas à se faire attraper, mais au moins il lui avait appris quelque chose de très intéressant. Si elle n'avait pas été barbouilée c'est clair qu'elle serait déjà en train de chercher une cachette, mais pour une fois elle devait rester calme. Il lui restait deux marches et enfin elle serait au premier étage, et normalement si elle se rappelait bien il y avait tout au fond des toilettes que personne n'utilisait où elle serait tranquille. Un pas, deux, et là d'un coup, la lumière du bâtiment se mit à vaciller, avant de s'éteindre totalement. Et il faisait à présent noir. 

Il y avait deux choses dont Rheia avait peur plus que tout : le noir et les orages. 
Manque de chance, ce soir là, la nuit était plus sombre que jamais, et le tonnerre était tellement fort qu'il semblait provenir du centre de la terre.

La première chose qui traversa son esprit était de pleurer. Evidemment ce n'était pas la solution appropriée. La seconde idée fut de s'accrocher à le première personne qu'elle croiserait et ne plus la lâcher.
Elle attendit quelques minutes quand enfin, elle sentit une présence. Elle agrippa le bras de la personne avec une force qui lui était inconnue, et elle s'efforça de ne pas lâcher prise. Comme elle voulait quand même savoir qui elle tenait elle essaya de deviner, c'était drôle. Des bras très fins et les cheveux de la personne qui lui allaient dans le visage, c'était forcément Antigone.
- Euh... commença-t-elle pour justifier son geste. Je... j'ai un peu peur du noir enfin je vois rien et bref... euh... je vais te suivre, ça sera bien comme ça, enfin si ça te dérange pas bien entendu, bafouilla-t-elle sans pour autant lâcher le bras d'Antigone.

voilà voilà je me relirais demain mais au moins j'ai posté !!!!
avatar de xuu la tortue 
 
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Hihi jsuis contente que le cache-cache vous motive les keupains <333

Le vent sifflait et hurlait contre les fenêtres et semblait se démener pour pouvoir rentrer dans les couloirs et tout déchirer sur son passage. Le manoir en grinçait presque. Le nez entre ses genoux, Lee fixait le noir devant lui. 
-Désolé mon pote, si j'avais le cran, je viserais plutôt la dernière place. C'est pas contre toi, mais je suis déjà absorbé. Même si je les hais, t'as intérêt à continuer de faire tes blagues vaseuses. Et no hard feelings bro, je dois embrasser comme un pied, ma dernière expérience s'étant barrée en courant. Traumatisée à dix ans.
Lee enfouit un peu plus son visage dans ses bras, et sentit que la honte lui faisait tourner la tête. Son visage le brûlait et était rouge tomate. Il sentit Bobby se douter de quelque chose et venir frotter son museau humide contre sa jambe, entre sa chaussette montante et son pantalon trop court. Il passa fugitivement ses doigts dans les curieuses frisettes de son magnifique labrador noir comme la nuit.
Il n'en voulait pas à Clarence. Dammit, il était juste trop adorable pour qu'on lui en veuille. Et pas de manière mignonne: bien sûr, Lee trouvait sa gaucherie terriblement attendrissante, mais il pensait plutôt à toute la gêne que Clarence évitait en passant à dix kilomètres de ce qu'on attendait de lui. "No hard feelings." 
Clarence était vraiment juste trop cool.
Bon. Lee s'était pris un stop et n'allait pas s'éterniser. Il avait beau être un peu romantique, il était surtout joueur, et il eut tôt fait de se rapporter à son occupation principale: 
LA MODDAFUCKIN PARTIE DE CACHE CACHE LE SOIR DE HALLOWEEN
Lui et Clarence étaient bien cachés et ne se faisaient pas de souci. Par contre, les autres enfants, eux, pouvaient.

*

Les lattes du plancher grinçaient. Le noir complet demeurait toujours. Soufflant par le nez, Griselda, la doyenne des surveillants, marchait de son pas lourd et menaçant le long des couloirs. Dans ses mains crispées, une ceinture luisait à la faible lumière que les éclairs produisaient parfois. Dès que l'un d'entre eux déchirait l'air, la silhouette brusque et effrayante de Griselda se découpait sur les murs, comme déchirée à la faux.
Elle passa devant une porte et s'immobilisa. Aussitôt, tout bruit disparu. Un sourire fauve passa sur ses lèvres tirées. Elle posa la main sur la poignée et écouta.
Dedans, terrés sous leur lit, Billy et Johnny cessèrent de respirer. Leurs yeux se remplissaient peu à peu de larmes de peur, tandis que leurs petits coeurs battaient à toute allure. 
Le temps sembla se figer. 

QU'ARRIVERA-T-IL A BILLY ET JOHNNY? A VOUS, LES ENFANTS <3
-En vrai ça me fait trop rire qu'on s'invente une histoire d'horreur comme ça. VENEZ ON LE FAIT VRAIMENT A LA EDGAR ALLAN POE! Allez bisous

T H I S L I F E C O U L D B E T H E L A S T

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A N D W E ' R E T O O Y O U N G T O C A R E
 
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Octavie

Octavie serra les poings à s'en faire blanchir les jointures.
Elle avait été ignorée de la plus belle des manières. Lee n'avait pas eu le temps de lui répondre que Clarence l'avait empoigné et embarqué se cacher dieu savait où, le sauvant d'une crise de nerfs de la part de la petite vipère. Verte de rage et emplie de honte de s'être ainsi faite oublier, Octavie fit volt-face et s'enferma dans sa chambre pour continuer sa lecture, tentant de supporter les hurlements dans le couloir. Les gamins n'avaient visiblement pas compris le principe d'un cache cache. L'objectif était bien de se taire semblait-il, néanmoins les enfants dehors ne paraissaient pas l'avoir compris. L'agitation resta un long moment, puis petit à petit, s'éteignit pour la plus grande joie d'Octavie, qui put reprendre sa lecture tranquillement.
Malheureusement pour la jeune fille, sous les coups répétés de l'orage, l’électricité se coupa, arrachant un juron à la jeune fille. Elle ouvrit sa porte à la volée, bien décidée à hurler sur le premier surveillant qui passait : ce n'était pas du tout le genre de choses qui devaient arriver !
Très vite, une armée de mioches apeurés remplirent le couloir certains paniquant tous seuls, d'autres riant comme des fous, comme si tout cela était la plus grande expérience qu'ils pourraient vivre. Octavie se massa les tempes, plus qu'énervée par tous les cris des gamins, et constata, une fois sa vision adaptée au noir, qu'elle était l'une des seules adultes dans les environs. Elle soupira, posa une mains sur ses hanches et fouilla dans sa poche à la recherche de son briquet. Elle l'alluma, illuminant un peu le couloir.
« – SILENCE ! »
Des petits cris apeurés fusèrent, mais très vite les gamins se turent, effrayés par la mine sévère d'Octavie, à moitié grignotée par le noir. Elle soupira, songeant que mieux valait qu'ils aillent dans la salle commune plutôt que de tous les laisser dans le couloir.
« – Bien. Maintenant vous allez vous ranger deux par deux, et vous me suivez on va descendre. »
Se transformant l'espace de quelques instants en adulte responsable et protectrice, Octavie fit descendre les enfants en vérifiant bien que chacun suive, qu'aucun gamin ne chute dans les escaliers, avec une attention toute particulière pour les enfants ayant des difficultés pour marcher, les plaçant juste derrière elle. Arrivé dans le réfectoire éclairé par la lune pleine, elle fit asseoir les enfants autour des tables, leur défendant formellement de s'approcher des fenêtres sans trop savoir pourquoi. On lui avait toujours répété, sans relâche, qu'il ne fallait pas s'approcher de ces fenêtres lors des soirs d'orage. En tout cas, les enfants étaient terrorisés, et les surveillants paniqués lui demandèrent de veiller sur eux pour son plus grand malheur. Ils allumèrent des bougies autour des tables, et ceci fait, Octavie se laissa tomber dans un grand fauteuil, autour duquel s'était rassemblé les enfants. Voyant que l'agitation repartait, la jeune fille se pencha vers eux, et avec un enthousiasme factice qui lui aurait valu la palme d'or, demanda s'ils voulaient qu'elle leur raconte une histoire. La joie des gamins suite à cette proposition lui fit presque peur à voir. Elle s'enfonça profondément dans le fauteuil, une chandelle entre les mains, se maudissant dès lors d'avoir proposé une telle chose.
Elle plongea dans sa réserve quasi inépuisable de contes pour enfants, et opta, puisqu'elle le lisant plus tôt, pour Peter Pan. Il était suffisamment long pour les tenir sages pendant un bon moment, et le connaissant par cœur, elle n'aurait pas trop de problèmes à le raconter.
« – Il était une fois, commença-t-elle, un gras monsieur qui portait le nom de Monsieur Darling... »
Elle se laissa finalement portée par le rythme de l'histoire, souriant presque à mesure que les mots prenaient vie dans le noir, elle ne prenait même plus garde aux enfants, ni aux allers retours des surveillants, ni même les plus grands qui se rendaient dans la salle, ou leurs airs ébahis en observant cette scène abracadabrante. Parce que conter des histoires à d'horribles petits mioches, c'était pas franchement le genre d'Octavie.

 
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