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Placebo - rp
HS: dac Pas grave, enfaite je me "désinscrit" parce que il y a beaucoup trop de niveau pour moi et je trouverais pas le temps pour pouvoir écrire autant désolé x)
J'emprunte le compte secondaire de Pioulak temporairement ;P
Je suis schizophrène, et moi aussi.
https://33.media.tumblr.com/tumblr_m8ht89TykH1rap7lgo1_500.gif
https://akk.li/pics/anne.jpg
RIP je t'ai aimé ..



 
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La bataille finale a été terrible, car plusieurs éléments de leur équipe sont restés en retrait, apparemment fatigués ou vidés de tout esprit guerrier. Clarence, lui, s'est battu et débattu comme un beau diable, s'en donnant à cœur joie pour trancher, couper, sabrer, bref faire tout un tas de trucs violents et souvent bien dégueulasses. Il commençait à trouver le temps long quand, enfin, le dernier monstre est abattu. Aussitôt, après le silence hébêté qui signait la fin des hostilités, il entend la voix rauque et essoufflée d'Octavie s'élever sur le champ de bataille :
–Mission accomplie, on peut y aller.
Y aller. Clarence aurait bien aimé, y aller.
Mais à peine eût-il commandé à son corps de bouger qu'une sensation étrange lui traverse l'abdomen, comme un courant d'air au moins aussi glacial que la voix de sa camarade. Dans les derniers instants, il a à peine le temps de baisser les yeux vers son ventre, puis de les tourner vers un necromarki qui s'était relevé et qui venait de lui perforer les intestins dans un dernier sursaut de vie.
Puis il tomba mollement, genoux à terre, et enfin s'écrasa au sol.

Noyade.

Nausée.

Asphyxie.

Bip. 
Bip.
Bip.


La réalité est à nouveau là. Oppressante, froide, désagréable.
Avec le plafond en plaqué qui lui fait face, Clarence comprend qu'il vient de mourir dans le jeu. Incapable de bouger, le corps ankylosé, le cœur au bord des lèvres, il se fait une fois de plus la réflexion que cette métaphore est terrible. Mourir dans Ethnolia, le monde parfait où tout est possible, pour revenir à celui réel, plein de souffrance et d'ennui.

La chargée des morts -un peu leur croque-mort à eux?-, Esmeralda, arrive à son chevet.
-Tiens Clarence, ça faisait longtemps que je t'avais pas eu ici. Au moins trois ou quatre ans! Tout va bien ? Je t'adore, tu sais, parce que t'es le seul pensionnaire qui dort pendant quatre heures après sa mort virtuelle. Les autres pleurnichent de douleur, ou font des crises d'angoisse. T'es pratique, toi. 
Le gars grommelle vaguement. Avec ce mal-être diffus, cet inconfort qui s'efface peu à peu et ce poids qui lui écrase toute la cage thoracique, parler était un effort trop coûteux qu'il n'a pas envie de risquer.
Après une trentaine de minutes, un grand verre d'eau et un craquage consciencieux de chaque os qui lui venait à l'esprit, Clarence est à nouveau debout.
Il quitte la salle de réveil, et tombe nez à nez avec l'équipe -inquiète ? depuis quand faisait-on dans les sentiments à Heathery Mansion ?- et surtout de Lee qui l'attend, les yeux brillants et un sourir si grand qu'il semble bien s'étirer d'une oreille à l'autre.
Sans autre forme de procès, il lui tend un magnifique caleçon à fleurs et coquettes petites taupes.
« Drew l'a choisi avec amour » comprend Clarence qui louche sur l'hideux morceau de sous-vêtements.
-Plutôt crever. Laisse tomber tes conneries, je ne porterais pas ce truc.

***

19h12. Les pensionnaires déjà attablés se jettent sur les plats copieux disposés devant eux, d'autres prennent tranquillement leur place habituelle.
Trône, sur l'extrémité droite de la table de leur équipe, la chaise vide de Clarence.
Qui apparaît enfin à l'entrée de réfectoire, son uniforme agrémenté d'une coquette touche... champêtre. (quelque peu contrariée par la haine du monde qui assombrit son visage alors qu'il marche sous les regards ébahis de tout le manoir, guindé et crispé.)
Bien heureux vous qui pleurez maintenant car vous serez dans la joie
Bien heureux serez-vous si les autres vous haïssent, s'ils vous frappent d'exclusion
et tressaillez d'allégresse
car votre récompense 
sera grande dans le ciel

 
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Salut, c'est un très long post qui meuble et tout ça pour rien dire bisous

Octavie

Elle ouvrit les yeux brusquement, suffoquant presque. Elle inspira profondément, refermant les yeux quelques secondes, s'asseyant doucement. Elle se laissa aller quelques minutes, le temps que le vertige qui la prenait ne passe. Ceci fait, elle rangea son poste, jeta un coup d’œil à l'état de son alter ego. Elle se permit également de télécharger le grimoire qu'elle avait acheté au magasin de la vieille. Elle attendit patiemment que le transfert soit terminer avant de tout éteindre. Puis, Octavie se releva tranquillement, rattacha ses cheveux, et quitta la pièce. Elle vit, du coin de l’œil, les autres semblant paniqués de la disparition de Clarence. Octavie se souvint l'avoir vu chuter à terre, puis plus rien.
Bah, elle s'en fichait. Elle entendit vaguement quelqu'un proposer de l'attendre, mais ce fût la dernière chose qu'elle entendit une fois qu'elle eût quitté la pièce. Elle évita l'une des infirmières qui s'occupait des cas extrêmes lors des réveils – elles étaient sans doute là pour Alix – claqua la porte du couloir pour s'enfoncer dans le manoir vers sa chambre. Elle attrapa des vêtements propres, puis se dirigea vers la salle d'eau pour prendre une bonne douche, son rituel une fois revenue d'Ethnolia. Bien que ce ne fût qu'une impression, elle avait toujours l'impression d'être pleine de transpiration, sale, pleine de boue ou autre joyeusetés. Elle s'assit dans la cabine, laissant l'eau rouler sur sa peau brune, collant ses cheveux à son visage. Et, doucement, les larmes commencèrent à couler sur ses joues.
Elle resta une bonne dizaine de minute sous l'eau, avant de se décider à se bouger. Elle sortit, attrapant une serviette pour sécher ses cheveux noirs, croisant au passage son regard dans la glace.
T'es laide
Elle ferma ses yeux rougis, passa son uniforme, et retourna directement dans sa chambre. Là, elle s'empara de son ordinateur, et dévora jusqu'à l'heure du repas son grimoire.
Rendue dans le réfectoire, elle s'assit sans douceur à sa place habituelle, avec autour d'elle, les visages inquiets des autres. Le nom de Clarence était sur toutes les lèvres, lui qui étincelait de par son absence. Octavie attrapa son verre d'eau, le faisant tournoyer. Ce n'était pas tellement l'absence de Clarence qui l'intéressait elle, mais la présence d'un nouveau couvert sur leur table. Pas pour Alix : la jeune fille étant attablée entre Antigone et Drew. Et tout le monde était là, hormis Clarence.
La réponse à sa question ne se fit pas attendre, puisqu'Octavie vit une... personne, dont elle n'aurait su dire avec certitude si elle avait été homme où femme, se laisser tomber sur la chaise libre, joyeusement, saluant toute la tablée d'une voix grave.
Garçon ?
Sans doute. Elle l'avait déjà vu traîner au détour des couloirs maintenant qu'elle y repensait, l'un des rares qui ne portait pas son uniforme constamment – monsieur devait être trop rebelle pour ça.
Déjà, elle sentait qu'il allait être insupportable. Il semblait être l'une de ces personnes niaises et stupides qui souriait constamment – un cauchemar. Octavie poussa un profond soupir, se servit un peu en légumes, et entreprit de les manger lentement. Très lentement. Elle n'avait même pas faim. Elle releva les yeux seulement en entendant des ricanements, légers, étouffements étouffés.
Tu m'étonnes, songea-t-elle.
Devant eux, cramoisi, marchant avec autant d'assurance qu'un pingouin auquel on aurait fiché un balai dans le cul, se tenait Clarence, vêtu de son uniforme et au dessus, d'un délicat caleçon agrémenté de fleurs et de jolies petites taupes. Elle avait complètement oublié. Le spectacle ne lui tira même pas un demi sourire.
Quel intérêt de voir Clarence se dandiner avec un caleçon aussi moche ? Pas grand chose selon elle.
Elle retourna, morose, à ses flageolets, les piquant avec le moins d'entrain du monde.

Kalei


Ce matin-là, il s'était réveillé maussade. Ces derniers temps, rien n'allait bien pour son équipe. Entre la mort de Tom, le transfert dans un hôpital d'Abigail, les disputes incessantes qui prenaient tout le monde, il n'en pouvait plus. Hier encore il avait menacé de frapper Riley, lequel avait passablement énervé toute l'équipe – c'était bien la première fois qu'ils étaient d'accord depuis trois semaines. Depuis le décès de leur camarade, qui tenait fermement les rênes de l'équipe, plus rien n'allait. Il n'avait pas envie d'aller sur Ethnolia ce jour-ci, pas avec leur équipe.
Cela faisait deux semaines qu'il avait demandé à être transféré dans un autre groupes. Deux semaines, et tout ce qu'étaient capable de lui répondre l'administration de ce foutu manoir c'était « votre demande est en court de traitement, on vous recontactera bientôt ». Sourire, merci au revoir, suivant.
Bien sûr.
Il posa ses yeux sur le lit, vide, de son camarade. Trois semaines déjà, et se réveiller seul le surprenait toujours. Il revoyait encore Thomas le secouer parce qu'ils étaient tout deux en retard, les escapades nocturnes, la manière qu'il avait de le couvrir lorsqu'ils faisaient une connerie tous les deux, ou lorsqu'il sortait le soir voir sa famille dans le village voisin. Puis le leader qu'il était sur Ethnolia, celui qui avait porté leur groupe parmi les plus connus d'Ethnolia.
Du jour au lendemain, il n'y avait plus rien. Plus de Thomas, plus de connerie, la complicité donc ils avaient fait preuve pendant bientôt cinq ans s'éteignit. Comme ça, sans prévenir. Le silence.
Kalei ferma les yeux quelques instants, puis se redressa, bien décidé à prendre son petit déjeuner avant que tous les autres n'arrivent. Il avala le tout rapidement, sortant ensuite le plus vite possible. Il y avait un vieux terrain de basket sur le site de l'institut, ou il passa presque la journée, jusqu'à ce qu'une infirmière ne le trouve, lui annonçant que l'un des secrétaire du manoir désirait lui parler de son transfert.
Et c'était accepté.
Kalei ouvrit des yeux béants, un sourire fendit son visage. Enfin. Il bougeait. Le secrétaire lui expliqua qu'il serait introduit à son nouveau groupe dans la soirée, ces derniers étant partis sur Ethnolia et devant avoir besoin de repos le soir. Il s'en foutait de quand est-ce qu'ils allaient être présentés, tout ce qui comptait, c'était qu'il partait. Plus de ce groupe, et plus d'engueulades surtout. Ils étaient le seul groupe à être aussi peu soudés, et ça, tout le monde le savait – l'entendait surtout, à cause de leurs disputes incessantes.
Ce fut radieux qu'il sortit du bureau. Mais ce bonheur apparent retomba immédiatement lorsqu'il entraperçut Phyllis. La seule personne de son groupe avec qui il était capable d'avoir une conversation calme, voire agréable, depuis la mort de Tom. La jeune blonde fit pivoter son fauteuil, et se jeta sur lui, visage inquiet et furieux, les yeux assassins.
« – T'étais où ? le harponna-t-elle. On t'as cherché nous ! On avait besoin de toi dans le jeu, !
– J'voulais pas venir
, grogna-t-il. J'en ai marre de cette ambiance.
– T'aurais au moins pu me le dire!
rouspéta la petite blonde. Oh... mais... dis, tu faisais quoi avec le secrétaire ?
– J'ai demandé à être transféré dans un autre groupe.
– Oh...
 »
Le visage de la jeune fille vira à l'écarlate. Elle se tût quelques secondes, puis eût un petit sourire.
« – Je comprends... c'était mieux lorsqu'on était tous les trois.
– Ouais... j'en peux plus de tout ça. C'est... c'est plus pareil.
– Je voulais demander la même chose.
 »
Ils continuèrent à parler un long moment, allant se balader au bord de la falaise, comme ils le faisaient avant. Depuis un mois, ils n'en avaient plus trop eu le temps. Phyllis et son énergie sur Ethnolia lui manquerait, c'était certain, mais au moins, il pourrait la voir hors des séances. Ce n'était pas comme s'il partait pour de bon.
Ils passèrent leur après midi au bord de la falaise, ne rentrant que lorsque quelques gouttes de pluie vinrent grignoter leur peau. De toute manière, il était presque l'heure d'aller manger. Il accompagne Phyllis jusqu'à sa table, ébouriffa les cheveux de la jeune fille avec un sourire, avant qu'une aide soignante ne lui montre ou était sa nouvelle table. Il jeta un coup d’œil à l'ancienne, où sa pauvre amie tentait d'instaurer une ambiance calme, inondant cet endroit horrible de sa bonne humeur et de ses sourires, sans que la moindre personne n'y fût réceptive. Il soupira. Le temps qu'il tourne la tête, l'aide soignante avait déjà disparu. Personne pour le présenter donc ? Il battit des cils, ne comprenant pas vraiment, puis se para d'un large sourire et se dirigea vers la table.
« – Bonsoir, lança-t-il d'une voix joyeuse. »
Il fit rapidement le tour des visages. Certains, il les avait déjà vus, notamment la jeune fille aux cheveux flamboyants et indomptables dont il n'avait jamais réussi à retenir le nom.
« – Hm... j'm'appelle Kalei, j'ai été euh... transféré dans votre groupe. Enfin je crois. C'est ce que ma dis monsieur Adamowitz en tout cas. Bref, je suis ravi d'être là! »
T'es nul Kalei. Y avait-il plus mauvais comme façon de se présenter ? Sûrement pas. Il s'assit très vite à la place que lui avait indiqué l'aide soignante, soudainement, presque intimidé devant ces gens qui le regardaient. Il sentit le regard noir et tueur de la petite noire de l'autre côté de la table, et presque nerveusement, chercha du regard Phyllis, qui était de l'autre côté de la pièce. Qui ne le regardait pas. Chouette. Si seulement elle avait pu être transférée avec lui...
Mais elle n'était pas là. Phyllis n'était pas là pour le sortir d'affaire cette fois-ci, et Thomas non plus. Il se sentait mal soudainement, lui qui d'habitude sociabilisait si facilement. Il eût un sursaut, tandis que dans son crâne, sa tumeur martelait frénétiquement.
 
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La bataille fut rude et les necromarki toujours plus nombreux. Rheia, elle, ne savait plus où donner de la tête, et la seule chose qui lui permettait de rester motivée c'était de se dire que ses sous-vêtements resteraient sous ses vêtements ! 
Après avoir tué une bonne dizaine de necromarki, Rheia jugea qu'elle avait assez bataillé et elle décida de se retirer du combat. Elle se posa dans un arbre, et elle attendit que tout le monde meure, ce qui ne devrait pas tarder à arriver. Quand il ne resta que deux ou trois monstres, elle revint en sautillant puis elle tua le dernier Necromarki, histoire de dire qu'elle s'était bien battue aux côtés de ses carmarades. Seulement le monstre eut le temps de tuer Clarence avant, et quand il mourut devant ses yeux, Rheia ne put se retenir d'éclater de rire en l'imaginant avec un slip à coeurs par dessus son pantalon. Ensuite elle prit son épée et tua tranquillement le necromarki qui restait.
- Pour Clarence, dit-elle avec un sourire en coin tout en réprimant un fou rire.
- Mission accomplie, on peut y aller, déclara ensuite Octavie d'une voix glaciale.


Rheia se réveilla en sursaut. Elle n'arrivait toujours pas à s'habituer à ce retour si brusque à la réalité, et chaque fois qu'elle quittait Ethnolia pour regagner le manoir les larmes lui montaient aux yeux. Elle retira les capteurs qui étaient accrochés à elle, puis elle se leva en titubant. La sensation d'être à nouveau petite et frêle était totalement désagréable, et chaque fois qu'elle retournait à cette réalité si dure, Rheia se demandait comment elle faisait pour tenir le coup. Elle avait probablement dû être une super-héroïne dans une autre vie !
Elle regagna sa chambre où Octavie prenait une douche, puis quand cette dernière eut fini, Rheia se fit couler un bain. Elle détacha ses cheveux et se plongea dans l'eau chaude, comme chaque fois qu'elle revenait d'Ethnolia. Pourtant cette fois elle n'avait pas envie de rester trop longtemps, aussi elle se frotta rapidement puis elle se sécha : elle avait extrêmement hâte de voir Clarence. Et accessoirement de manger. Pour changer.
Elle rejoint son groupe et s'assit à sa place habituelle puis elle prit un cookie et le goba. Elle vit ensuite débarquer Clarence, et elle se rua vers lui.
- Clarence ! Waaa le beau gosse ! Ça te dirais de faire un selfie avec moi ? Ah non mince, j'ai pas de téléphone, c'est vrai. En tout cas, super le look !
Elle sourit, puis elle retourna s'asseoir. 
- Hm... j'm'appelle Kalei, j'ai été euh... transféré dans votre groupe. Enfin je crois. C'est ce que m'a dit monsieur Adamowitz en tout cas. Bref, je suis ravi d'être là !
Rheia se tourna vers la personne en question. C'était un homme, plutôt jeune, avec des cheveux longs. Rheia n'aimait pas trop les hommes au cheveux longs, mais il pouvait quand même être sympa (hahaha j'aime sa mentalité) ! Kalei paraissait gêné, ce que Rheia comprenait entièrement puisqu'elle avait aussi été nouvelle, et elle avait aussi du se présenter, ce qui n'était pas très facile.
- Enchantée, moi c'est Rheia, lui répondit-elle en souriant. Tu verras, ici on est tous super sympas, enfin... ça dépend qui, mais en règle générale tout le monde est gentil, déclara-t-elle. Enfin, tu verras par toi même ! 
 
avatar de xuu la tortue 
 
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Combien d’heures s’étaient écoulées depuis qu’il était entré dans ce bureau? Finn en avait perdu le compte. Un homme d’une cinquantaine d’années était assis juste en face de lui, le bout des doigts joints, tel un général allemand dévoilant à l’espion américain son plan machiavélique. Il ressemblait à un scientifique fou à lier bourré de thune. Ses rides semblaient avoir taillé dans son visage une perpétuelle expression de pure folie. Ouais, il était très intimidant, avec son costard super propre, ses cheveux gris parfaitement peignés en arrière et sa barbe noire comme les ténèbres, qui ne faisait qu'accentuer sa mâchoire anormalement carrée. Le rouquin évita son regard transperçant, et baissa les yeux vers la plaque dorée qui ornait son bureau en bois verni, marquée d’un simple «Nixon». Il parlait très lentement, avec méthode et classe. Dommage, Finn ne l’écoutait pas vraiment. Il était en train de lui expliquer le fonctionnement de l’établissement, et surtout, comment agissait son traitement «révolutionnaire». Cette histoire de placebo et de réalité virtuelle, il l’avait entendue maintes et maintes fois. Sa grand-mère avait pris soin de tout lui expliquer en détails sur le chemin, lui martelant qu’il se sentirait beaucoup mieux, que le contact avec d’autres jeunes de son âge et dans sa situation lui ferait le plus grand bien, etc.
- Tu as des questions, Finn?
Il releva la tête vers son interlocuteur, les mains cramponnées aux accoudoirs de son siège. Il espérait montrer que son cas n’était pas si désespéré que ça en fin de compte.
- Est-ce que tout ça me guérira?
Nixon esquissa un petit sourire, comme si il attendait cette question depuis des lustres, même si il devait l’avoir entendue une bonne centaine de fois.
- Je te le garantis.
Finn fronça les sourcils. Était-ce là la seule réponse qu’il pouvait lui fournir? Il n’était pas si con que ça.
- Et comment pouvez-vous me le garantir? Avez-vous déjà guéri des personnes? Sont-elles sorties du manoir maintenant? Et si quelqu’un succombe a sa maladie? Ce serait un échec, non?
L’homme eut l’air surpris pendant un millième de seconde, mais son visage redevint neutre aussi soudainement. Il semblait chercher une réponse adéquate. Finn sourit intérieurement. Il l’avait bloqué sur ce coup-là.
- Non, dit-il avec la voix la plus posée du monde, pour l’instant, personne n’a été guérit. Il poussa un long soupir, comme si il se trouvait face à un enfant de 6 ans. Ne savait-il donc pas que le jeune homme en face de lui aurait put faire la même chose que lui, et même en mieux, si il n’était pas tombé malade? Il se pencha, les coudes sur ses genoux. Tu sais, ce genre de choses prennent du temps. Le corps humain est une machine très fragile, un seul atome peut faire toute la différence. Merci Captain Obvious. Il se redressa, cette fois-ci le dos un peu plus droit qu’avant, comme pour lui signifier sa supériorité. Mais personne n’est mort ici. C’est déjà un bon début, non? Pas de taux de réussite pour l’instant, mais aucun échec. Nous travaillons dur.
Il sembla très fier de sa réponse, tellement qu’il ne le remarqua sans doute pas quand Finn leva les yeux au ciel.
- Lève-toi, ton groupe est en train de dîner, je vais te présenter.
Ah, voilà le moment qu’il redoutait. Le contact social avec des inconnus. Devoir leur expliquer sa maladie, et sûrement toute sa vie. Il revêtit son plus bel habit de sarcasme, et leva son derrière recouvert de tâches de rousseur. Il s’appuya sur l’accoudoir, et attrapa sa béquille. Un tremblement terrible le prit, si bien qu’il faillit vaciller en se hissant sur ses deux pieds. Evidemment, Nixon fit mine de ne pas le remarquer. Qu’allait-il faire, lui demander si il voulait un câlin?
Il le suivit dans ce qui semblait être un labyrinthe sans fin, composé exclusivement de vieux couloirs flippants, avec des tableaux moches et des grandes fenêtres qui procuraient une quantité tout à fait insuffisante de lumière. Ils entrèrent dans la fameuse salle de dîner, où plusieurs jeunes personnes étaient attablées. Franchement, leurs têtes ne faisait pas envie du tout. Ils avaient tous l’air aussi malades les uns que les autres. Enfin, Finn ne pouvait pas en dire autant. Il devait ressembler à un vieux clochard, avec ses habits trop larges mais pas assez longs qui pendaient sur ses épaules. Ajoutez à ça une barbe de 3 jours, un teint aussi pâle que les fesses d’un bébé et une béquille qui ne ressemblait plus vraiment à un équipement médical. Nixon de racla la gorge pour attirer l’attention de son jeune et faible public.
- Je vous présente votre nouveau co-équipier, Finn Cadigan, qui nous vient tout droit des banlieues de Dublin! Accueillez-le comme il faut.
Sans plus de cérémonies, il quitta la pièce tel un éclair, comme révulsé par la transformation de son beau château en hôpital expérimental.
- Euhhhh bonjour, il a tout dit hein, balbutia-t-il rapidement en allant poser son cul sur la première chaise vierge qui n’attendait que lui pour être déflorée.
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Is that a mirror in your pocket? 
Cause damn I can see myself in those pants.
 
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Ses cheveux rouges flottent dans le vent au rythme de la bataille et des armes qui se cognent les unes contre les autres, s'épousent et se séparent, Roméo et Juliette. Antigone reste à bonne distance alors que les plus résistants s'engagent au corps-à-corps. Les mages balancent leurs invocations et Antigone transforme le champ de bataille en volcan enragé en montagne ébranlé puis en patinoire géante alors que ses éléments se déchaînent et se croisent. Elle y trouve toujours une lueur d'apocalypse dans les batailles Ethnolienne, appuyée contre son bâton qui change de halo comme d'élément. Elle a le regard dans l'vague et ses incisives mordillent ses lèvres comme pour les déchiqueter. Elle rêve dans une bataille comme une condamnée à vivre et elle perçoit ni le cri de Clarence, ni la dégringolade de ce dernier dans les tréfonds de la mort virtuelle. Au lieu de ça, elle se sent tomber et dans sa chute elle se sent décortiquée. Comme si un par un on lui enlevait ses épaulettes ses bottes d'aventurières son sceptre brindille par brindille ses exploits sa beauté sa robe de mage pour la propulser dans un nouveau corps ; son corps. Son corps ensevelie sous des vêtements trop grands pour elle histoire de cacher ses cotes apparentes, ses creux et ses angles là où on s'attend d'ordinaire à trouver courbes et déliés.

Elle arrache les capteurs et sans un regard en arrière elle quitte la salle. Ses doigts blancs s'aventurent dans ses cheveux qu'elle noue en chignon approximatif alors qu'elle arpente les couloirs d'un air décidé.

~~~

Le repas du soir est souvent le moins joyeux de tous.
Coup du sort ; Clarence a apparemment décidé de foutre un peu de confettis au menu en se pointant avec un caleçon (que l'on qualifiera de dégueulasse) délibérément porté par-dessus son pantalon. Elle lève les yeux du livre qu'elle dévore – à défaut d'avoir faim... et éclate de rire – de ce vrai fou rire trop bruyant trop encombrant et très différent de ses manières habituelles - en tapant dans ses mains comme une gamine de douze ans. Elle en oublie presque d’être féminine. Elle jette un regard amusé à Rheia – celle qui a pratiquement laissé crever Clarence sur l'Ethnolia. T'aimes bien Rheia et ses yeux qui brillent tout le temps alors qu'il y a juste un voile sur les tiens.

« Oh Clarence, tu devrais t'habiller tous les jours comme ça. Cette couleur te va tellement bien au teint. » Antigone lui lance avec une lueur taquine dans le regard. « Je connaissais pas ta passion pour les taupes. » Ça explique l'intermède de la crevasse dans l'sol, comme ça. Elle baisse les yeux sur ses ongles écrevisse et les relève seulement lorsqu'une voix inhabituelle passe au-dessus d'elle.
« Bonjour. Hm... j'm'appelle Kalei, j'ai été euh... transféré dans votre groupe. Enfin je crois. C'est ce que m'a dit monsieur Adamowitz en tout cas. Bref, je suis ravi d'être là! » Elle lève ses grands yeux à nouveau pour accueillir un gars aux cheveux longs. Ce mec, elle l'a déjà vu errer par-ci par-là comme toutes les âmes en peine. Il est pas nouveau ; puis c'était le grand pote de Thomas, un gars sympa avec tout le monde qui foutait la merde un peu partout.
Mort y'a trois semaines de ça. Antigone frissonne et lui lance un regard de commisération.
Parce que son Thomas, c'est un peu sa Cléo à elle.

Antigone a pas vraiment le temps de parler qu'un vrai nouveau (à croire que c'est définitivement la saison) vient les rejoindre à leur table, flanqué d'un Rixon toujours très agité. Elle évite – comme d'habitude – le regard du quinquagénaire et se focalise sur le rouquin. Finn Cadigan, c'est ça ? Elle enfoui son menton dans sa main droite et le détaille de sa manière habituelle ; troublante. Elle se fait un peu rêveuse parce que lui, c'est un vrai roux, avec les origines et la constellation sur l'visage qui va avec. Pas comme elle et ses racines trop souvent apparentes. « Bienvenue à vous deux, moi c'est Antigone » dit-elle avec un petit sourire malgré ses ongles qui tapotent le bois avec nervosité. « J'espère que vous vous plairez avec nous, on a de vrais petits rigolos dans l'équipe. N'est-ce pas Clarence ? ». Elle retourne à son bouquin en laissant les autres piailler et leur faire la conversation. Ils sont bien plus doués qu'elle pour avoir l'air joyeux surexcité et pleins d'enthousiasme. T'es pas très forte pour ça, hein, Antigone ? Toi t'éponges un peu les larmes quand y'a personne d'autre pour le faire et tu te fais douceur sur le rivage.

Mais l'agitation, les cris, le capharnaüm.
Ça t'fais plus peur qu'autre chose.
oh you're a princess ? but i'm the queen, bitch

https://38.media.tumblr.com/2c30f8067f4bc403c2a4240f80fb5707/tumblr_mkasr2h9FR1rfj55oo5_250.gif https://38.media.tumblr.com/bcde124a3b5d26f43f5cb88d72ddddd3/tumblr_mkasr2h9FR1rfj55oo2_250.gif https://38.media.tumblr.com/e6123c6fb1f4e42f5c3d3747e4893dff/tumblr_mkasr2h9FR1rfj55oo4_250.gif
 
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On ne va pas s'éterniser sur la bataille. Le travail d'archère était très répétitif, surtout quand on était excellente, voire la meilleure. Lee avait décoché une pluie (prononcer peuleu-uie ça me fait rire svp) de flèches dans les corps en putréfaction avancée et titubants des necromarki. Elle avait bien senti un des macchabées brandir son épée et l'abattre sur son plastron de cuir, mais c'était avant que la tête du zombie ne quitte son torse et s'en aille filer libre comme l'air, sous les yeux tueurs et emplis de délectation d'un des membres de son équipe. Peut-être Gaïa. Ou Clarence. Quelqu'un avec une lame.
La seule chose qui démotivait Lee était que les sous-vêtements de Rheia restaient sous ses vêtements. Tirant mécaniquement dans les necromarki, elle se laissa même mélancoliquement distraire par son imagination, au milieu d'un champ de hurlements et d'effusions de sang.
Un râle s'éleva derrière Lee. Elle se retourna d'un geste, ses cheveux bleus mi-longs volant devant son visage, ses deux yeux concentrés sautant sur leur cible, ses dents serrées et sa bouche carmin crispée. Alors, dans un hoquet, elle vit Clarence se faire transpercer l'abdomen par un necromarkus. Elle vit s'envoler dans les airs ce qui appartenait à Clarence, des gouttelettes qui étaient censées rester à l'intérieur. C'était toujours un peu traumatisant de voir un pensionnaire se faire tuer, surtout quand son avatar lui ressemblait. Plus tard, on le croisait et on pouvait lui dire, "je sais ce à quoi tu ressemblerais si tu te faisais ouvrir le ventre par une lame de deux mètres et je pourrais même retrouver la teinte de ton intestin grêle."
Elle s'était bien évidemment élancée vers son cadavre dans un sursaut d'inquiétude, mais Lee n'était pas vraiment la personne à qui on pensait quand Clarence était dans la merde. Bien sûr, tout le monde s'attendait à ce qu'Antigone s'échoue sur son cadavre, ses longs cheveux rouges et romantiques balançant avec son effort, mais celle-ci préférait recréer le mordor et- ah, elle était morte. Et ironiquement, alors que Lee doutait qu'on lui laisse le temps de s'agenouiller auprès de Clarence, elle sentait déjà son esprit se dématérialiser et son faux corps plonger dans le noir infini.
Elle se sentit tourner, de plus en plus vite, sûrement parce que c'était ce que ses études scientifiques lui avaient appris à attendre d'une chute libre, jusqu'à ce qu'elle percute imaginairement le sol de la salle du Deus Ex Machina avec une violence terrible. 
Il ouvrit et referma ses mains. Retrouver ses sensations était un mélange de familiarité forcée et de déception. C'était ce corps, le sien. Il ne voulait pas tomber dans une dépression mêlée de folie comme tant de pensionnaires avant lui, qui n'avaient plus vécu que pour Ethnolia, passant leur vie branchés même en cachette, jusqu'à en oublier leur traitement et à se laisser dépérir, enfilant, bienheureux, les combinaisons et les capteurs sur leurs corps rachitiques et malades, jusqu'à en crever, ironiquement, au bout d'un cordon ombilical de fibre optique.
Alors, inspirant et sentant sa respiration trembler, Lee ouvrit les yeux, et reçut comme un poids sa vision floue, encore plus floue peut-être, et plus sombre aussi. Moins de lumière passait, lui semblait-il. Le flou persistait. Son cristallin s’épaississait, rendant sa mise au poins plus paresseuse, inefficace et grossière.
Il enleva soigneusement les capteurs, fit attention à Alix qui ne s'était pas encore remise de se retrouver dans son nouveau corps, et sortit, sans vanne, sans blague, sans sourire.

Le lendemain, à l'heure du déjeuner. Tout le monde était prêt. Ne manquait que Clarence. Enfin, Lee manquait aussi à l'appel, mais lui n'avait pas d'excuse.
Il avait attendu impatiemment, au bout du couloir, le coeur battant contre sa gorge. Devant lui, la grande porte. 
Les grandes portes du réfectoire s'ouvrirent. Tout le monde eut une exclamation devant la tenue de Clarence. Lee se mit à courir. Il se sentait fébrile. 
Clarence referma la porte du réfectoire, le visage cramoisi. Lee finit sa course endiablée, resta devant une porte qui lui était fermée, sachant que derrière se trouvait l'être dont il rêvait le plus au monde. Celui qu'il avait tellement hâte d'aimer.
Des rires fusèrent devant l'accoutrement de Clarence. Les blagues s'élevèrent.
Un étage plus haut, à l'opposée du bâtiment, Lee ouvrit la porte massive en bois, les joues rouges et le coeur cognant contre ses côtes. Il passa la tête dans la pièce, et, haletant encore, appela:
-Bobby?

T H I S L I F E C O U L D B E T H E L A S T

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A N D W E ' R E T O O Y O U N G T O C A R E
 
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La marche de la honte sembla durer des heures. Des jours, même. Le pensionnat entier semble se gausser de son accoutrement, et pour la première fois de sa maigre existence, Clarence est une bête de foire et un amusement général à défaut de faire crier les filles et taper ses co-pensionnaires.
Cramoisi, il se traîne à leur table sans un regard autour de lui ; et à sa grande surprise c'est Antigone qui rit le plus fort, les joues enflammées, les larmes dans les yeux et tout le corps transporté par une frénésie inhabituelle. À ce moment, à la vue de sa camarade si éclairée alors qu'il avait finalement compris qu'elle détestait le marasme caractéristique du repas du soir, Clarence trouve sa situation 2% plus sympa;.
Ça a rire Antigone, c'est déjà ça. Après s'être brièvement arrêté sur sa précieuse camarade -un réflexe, une habitude- il contourne la table pour se diriger à sa place habituelle, celle qu'il avait accaparée depuis au moins six ans.
Qui était occupée.
Occupée.
Sa. Place.
-T'es à ma place, grogne-t-il à Kalei -qu'il connaissait de vue uniquement. T'as exactement sept secondes pour lever ton cul et dégager de cette chaise.
C'était amical, sympathique, compréhensif et ça invitait très évidemment au dialogue. Du grand Clarence, quoi. Alors qu'il attend impatiemment qu'on lui retourne son trône, il sent une grosse main tomber sur son épaule. Il a pas besoin de se retourner qu'il comprend que c'est Rixon, parce que ça fait sept ans qu'il lui fait ça et que ça fait sept ans que Clarence déteste ça.
-Bonsoir Clarence. C'est un nouveau hobby de malmener tes camarades en caleçon ?

Le jeune homme a seulement le temps de lever les yeux au ciel et de serrer les dents que, toujours aussi extravagant et dans son agitation coutumière, Rixon leur présente en grandes pompes leur nouveau camarade. Clarence en enregistre uniquement le prénom, le reste relevant de son point de vue du détail. Sans se soucier de la présence de leur directeur et de la phrase d'accroche quasi pitoyable du nouveau, il attrape Kalei par la chemise, bien décidé à l'éjecter de sa place. À peine quelques secondes dans son entreprise, qu'il se retrouve lui même trimballé par la chemise puis assis de force sur une place disponible sur un des bancs, entre Antigone et Rheia. Silencieux, Rixon lui adresse un grand sourire faussement chaleureux pour seule forme de procès. La connaissance que le pensionnaire a de son directeur lui permet de décrypter la menace sous-jacente qui brille dans les yeux du vieil homme. Immédiatement après, la fille aux cheveux rouges se met à parler d'une voix qu'elle voulait apparemment enjouée et affable :
-Bienvenue à vous deux, moi c'est Antigone dit-elle avec un petit sourire malgré ses ongles qui tapotent le bois avec nervosité. J'espère que vous vous plairez avec nous, on a de vrais petits rigolos dans l'équipe. N'est-ce pas Clarence ?
[align=justify]Lequel se contente de jeter un regard assassin à sa pourtant estimée camarade, puis aux deux nouveaux. Comme l'enfant capricieux qu'il était, furieux d'avoir été traité comme tel, la seule réponse qu'il leur donne est de terminer son verre d'une traite, de se lever et de quitter le réfectoire.
C'est là un de ses nombreux mouvements d'humeur. Plus puissant et plus inattendu qu'à l'accoutumée, alimenté surement par l'agacement crée par sa mort virtuelle. Après un saut à sa chambre pour attraper son paquet de cigarettes, il quitte le bâtiment principal, escalade les grilles qui fermaient le jardin de la propriété, puis part s'asseoir sur le bord des falaises, les jambes ballantes dans le vide. #lemecdarktoutseul
Clarence ne compte plus vraiment les fois où il avait fait ça, cette espèce de crise personnelle qui lui arrive de temps en temps. Des nombreuses fois il s'était assis là, sa vie parfois périlleusement suspendue dans le vide, il n'en avait jamais guère tiré plus qu'une insatisfaction plus grande envers lui-même. La tentation de sauter, de se laisser tomber et d'en finir avait été forte. Elle l'est toujours, omniprésente en lui, juste tapie dans l'ombre. Mais il n'a jamais eu le courage de sauter définitivement le pas.
Trois choses catalysent ces pensées noires chez Clarence : ses anniversaires : celui de naissance et celui de son arrivée ici, puis les morts virtuelles ou déceptions du genre.
Souvent Clarence, tu te demandes si ta vie aurait été comme ça si t'avait pas absorbé ton infortuné jumeau à la naissance. La vie était-elle rancunière à ce point ?
Bien heureux vous qui pleurez maintenant car vous serez dans la joie
Bien heureux serez-vous si les autres vous haïssent, s'ils vous frappent d'exclusion
et tressaillez d'allégresse
car votre récompense 
sera grande dans le ciel

 
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Kalei

C'était presque incroyable.
Cette nouvelle équipe semblait être un concentré pur de bonne humeur. Des rires, partout, ponctué de piques amicales, à l'attention du type qui pour une mystérieuse raison, à décider de se la jouer superman bas-de-gamme. Plutôt amusant pour le garçon qui ne pût s'empêcher de sourire, jusqu'à ce qu'une ombre ne vienne assombrir le tableau. Une voix remplie de haine et de mépris claqua dans l'air, à son intention, il en étais certain.
« – T'es à ma place. T'as exactement sept secondes pour lever ton cul et dégager de cette chaise.
– Sept secondes ? Trop aimable de la part de votre altesse, railla-t-il. Ça te prends souvent des crises de pouvoir comme ça ? »
Il fût interrompu par l'arrivée de Rixon qui avec son sempiternel sourire aux lèvres, et surtout sa lourde main posée sur l'épaule du petit prince, coupé court à toute tentative de réplique.
« – Bonsoir Clarence, lança-t-il d'une voix chaleureuse. C'est un nouveau hobby de malmener tes camarades en caleçon ? »
Kalei ne put s'empêcher de sourire, malgré le regard noir et tueur de Clarence.
Ça commence vachement bien dis moi, songea-t-il.
Il eût une petite pensée pour le jeune homme aux côtés de Rixon, nouvelle tête encore jamais vue. Bienvenue au manoir, pensa Kalei, va falloir t'habituer mon gars.
Finalement, c'était au moins aussi intéressant que son ancien groupe. Génial.
Le jeune homme allait retourner à sa nourriture lorsqu'il sentit une main se serrer autour de sa chemise, et il se sentit tiré hors de la chaise. Il jeta un regard assassin vers Clarence, agrippant le poignet de celui qu'il désignerait désormais comme une sale petit con, le broyant de toute sa force. Fort heureusement pour Clarence – où pour lui, après tout qu'en savait-il – le directeur s'empara de la chemise du brun, et le tira jusqu'à une place sur un banc – grands dieux, le petit prince sur un banc ! – où il l'obligea à s'asseoir entre deux charmantes demoiselles. La grimace de Clarence tira un sourire à Kalei, qui remercia d'un mouvement de tête Rixon, bien que ce dernier n'en eût visiblement rien à faire. Après un silence gêné, la jeune fille rousse à la droite de Clarence prit la parole, détendant immédiatement l'atmosphère.
« – Bienvenue à vous deux, moi c'est Antigone. J'espère que vous vous plairez avec nous, on a de vrais petits rigolos dans l'équipe. »
Je suis jouasse, songea Kalei.
« – N'est-ce-pas Clarence ? »
En retour, Antigone n'eût droit qu'à un regard de gamin mécontent qui maudissait tout le monde. Il lança ce même regard à Kalei et au pauvre nouveau qui n'avait rien demandé, avant de finir son verre et de quitter le réfectoire comme le vilain rebelle qu'il était. Kalei entendit un soupir agacé et théâtralement exageré provenir de l'autre bout de la table, de la part d'une jeune fille qui respirait la joie de vivre, Octavie si ses souvenirs étaient bons. L'une des bêtes noires de Thomas.
« – Quel accueil, ironisa-t-il. Dites moi, il fait toujours des crises comme ça où j'ai un traitement de faveur ? A moins que ce ne soit l'effet caleçon ? »
 
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A vrai dire, Antigone, elle est un peu frustrée.
Pourquoi faut-il que Clarence soit si compliqué ?
Elle le regarde partir et son regard rêveur le suit jusqu'à ce que les portes du réfectoire ne se soient refermées sur sa silhouette fatiguée. Elle ferme son livre d'un coup sec et éparpille tout son petit monde imaginaire, à croire qu'le monde réel ne peut se passer d'elle. Elle lance un regard mi-malice mi-calice à Kalei et répond à son trait de frustration d'un haussement d'épaule blanc.

« Un peu de tout j'imagine, puis une mauvaise journée surtout. Ne t'en fais pas, ça t'est pas spécialement destiné

Antigone avale sa dernière pillule et se lève. Une douce tornade rouge et quelques pas chaloupées qu'elle a quitté le brouhaha des conversations. Le couloir l'accueille avec un silence qui sonne fantomatique, un poil faux. Son regard se perd contre la grande fenêtre dont la crasse se pose insolemment sur le ciel nauséeux de la nuit. Quelques nuances d'un soleil couché traînent encore ici & là comme pour empêcher l'obscurité de tous les avaler jusqu'au dernier. Elle devine Clarence et la falaise aussi ; celle qui a accueilli tant de morts en son sein. Elle a cet amusement un peu morbide un peu insensé ; celui de deviner qui tombera le prochain le premier et le dernier.
La jeune-femme dévale les escaliers en pierre qui l'amène au parc. Elle fouille dans les replis de son pull beaucoup trop grand et y subtilise son paquet de cigarettes. Elle en glisse une entre ses lèvres tremblantes et se demande si elle fait bien d'aller le déranger dans ses interrogations perpétuelles. Elle secoue sa chevelure et se dit qu'à toute éternité il devrait avoir une fin ; et sans doute que ses questions sans réponses ont assez durées. Il y en a assez de laisser des bouts de pensées nous pourrir jusqu'à nous effriter.

« Clarence. » Elle s'annonce avec douceur à croire que l'effrayer pourrait le faire chuter. « Tu aurais du feu ? » et c'est dans sa bouche que cette phrase de merde se mue en l'début d'une histoire de contes de fées.

Elle ne voit de lui que son dos et écarte la peur qu'elle a toujours lorsqu'elle s'adresse à Clarence. Il n'a pas le choix, elle s'imposera. Elle s’assoie à coté de lui et ses mèches rouges viennent caresser l'épaule de son camarade.

Si tu veux pas parler, on parlera pas.
Tu sais très bien que moi ça m'dérange pas.
oh you're a princess ? but i'm the queen, bitch

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