Salut, c'est un très long post qui meuble et tout ça pour rien dire bisous
Elle ouvrit les yeux brusquement, suffoquant presque. Elle inspira profondément, refermant les yeux quelques secondes, s'asseyant doucement. Elle se laissa aller quelques minutes, le temps que le vertige qui la prenait ne passe. Ceci fait, elle rangea son poste, jeta un coup d’œil à l'état de son alter ego. Elle se permit également de télécharger le grimoire qu'elle avait acheté au magasin de la vieille. Elle attendit patiemment que le transfert soit terminer avant de tout éteindre. Puis, Octavie se releva tranquillement, rattacha ses cheveux, et quitta la pièce. Elle vit, du coin de l’œil, les autres semblant paniqués de la disparition de Clarence. Octavie se souvint l'avoir vu chuter à terre, puis plus rien.
Bah, elle s'en fichait. Elle entendit vaguement quelqu'un proposer de l'attendre, mais ce fût la dernière chose qu'elle entendit une fois qu'elle eût quitté la pièce. Elle évita l'une des infirmières qui s'occupait des cas extrêmes lors des réveils – elles étaient sans doute là pour Alix – claqua la porte du couloir pour s'enfoncer dans le manoir vers sa chambre. Elle attrapa des vêtements propres, puis se dirigea vers la salle d'eau pour prendre une bonne douche, son rituel une fois revenue d'Ethnolia. Bien que ce ne fût qu'une impression, elle avait toujours l'impression d'être pleine de transpiration, sale, pleine de boue ou autre joyeusetés. Elle s'assit dans la cabine, laissant l'eau rouler sur sa peau brune, collant ses cheveux à son visage. Et, doucement, les larmes commencèrent à couler sur ses joues.
Elle resta une bonne dizaine de minute sous l'eau, avant de se décider à se bouger. Elle sortit, attrapant une serviette pour sécher ses cheveux noirs, croisant au passage son regard dans la glace.
T'es laide
Elle ferma ses yeux rougis, passa son uniforme, et retourna directement dans sa chambre. Là, elle s'empara de son ordinateur, et dévora jusqu'à l'heure du repas son grimoire.
Rendue dans le réfectoire, elle s'assit sans douceur à sa place habituelle, avec autour d'elle, les visages inquiets des autres. Le nom de Clarence était sur toutes les lèvres, lui qui étincelait de par son absence. Octavie attrapa son verre d'eau, le faisant tournoyer. Ce n'était pas tellement l'absence de Clarence qui l'intéressait elle, mais la présence d'un nouveau couvert sur leur table. Pas pour Alix : la jeune fille étant attablée entre Antigone et Drew. Et tout le monde était là, hormis Clarence.
La réponse à sa question ne se fit pas attendre, puisqu'Octavie vit une... personne, dont elle n'aurait su dire avec certitude si elle avait été homme où femme, se laisser tomber sur la chaise libre, joyeusement, saluant toute la tablée d'une voix grave.
Garçon ?
Sans doute. Elle l'avait déjà vu traîner au détour des couloirs maintenant qu'elle y repensait, l'un des rares qui ne portait pas son uniforme constamment – monsieur devait être trop rebelle pour ça.
Déjà, elle sentait qu'il allait être insupportable. Il semblait être l'une de ces personnes niaises et stupides qui souriait constamment – un cauchemar. Octavie poussa un profond soupir, se servit un peu en légumes, et entreprit de les manger lentement. Très lentement. Elle n'avait même pas faim. Elle releva les yeux seulement en entendant des ricanements, légers, étouffements étouffés.
Tu m'étonnes, songea-t-elle.
Devant eux, cramoisi, marchant avec autant d'assurance qu'un pingouin auquel on aurait fiché un balai dans le cul, se tenait Clarence, vêtu de son uniforme et au dessus, d'un délicat caleçon agrémenté de fleurs et de jolies petites taupes. Elle avait complètement oublié. Le spectacle ne lui tira même pas un demi sourire.
Quel intérêt de voir Clarence se dandiner avec un caleçon aussi moche ? Pas grand chose selon elle.
Elle retourna, morose, à ses flageolets, les piquant avec le moins d'entrain du monde.
Ce matin-là, il s'était réveillé maussade. Ces derniers temps, rien n'allait bien pour son équipe. Entre la mort de Tom, le transfert dans un hôpital d'Abigail, les disputes incessantes qui prenaient tout le monde, il n'en pouvait plus. Hier encore il avait menacé de frapper Riley, lequel avait passablement énervé toute l'équipe – c'était bien la première fois qu'ils étaient d'accord depuis trois semaines. Depuis le décès de leur camarade, qui tenait fermement les rênes de l'équipe, plus rien n'allait. Il n'avait pas envie d'aller sur Ethnolia ce jour-ci, pas avec leur équipe.
Cela faisait deux semaines qu'il avait demandé à être transféré dans un autre groupes. Deux semaines, et tout ce qu'étaient capable de lui répondre l'administration de ce foutu manoir c'était « votre demande est en court de traitement, on vous recontactera bientôt ». Sourire, merci au revoir, suivant.
Bien sûr.
Il posa ses yeux sur le lit, vide, de son camarade. Trois semaines déjà, et se réveiller seul le surprenait toujours. Il revoyait encore Thomas le secouer parce qu'ils étaient tout deux en retard, les escapades nocturnes, la manière qu'il avait de le couvrir lorsqu'ils faisaient une connerie tous les deux, ou lorsqu'il sortait le soir voir sa famille dans le village voisin. Puis le leader qu'il était sur Ethnolia, celui qui avait porté leur groupe parmi les plus connus d'Ethnolia.
Du jour au lendemain, il n'y avait plus rien. Plus de Thomas, plus de connerie, la complicité donc ils avaient fait preuve pendant bientôt cinq ans s'éteignit. Comme ça, sans prévenir. Le silence.
Kalei ferma les yeux quelques instants, puis se redressa, bien décidé à prendre son petit déjeuner avant que tous les autres n'arrivent. Il avala le tout rapidement, sortant ensuite le plus vite possible. Il y avait un vieux terrain de basket sur le site de l'institut, ou il passa presque la journée, jusqu'à ce qu'une infirmière ne le trouve, lui annonçant que l'un des secrétaire du manoir désirait lui parler de son transfert.
Et c'était accepté.
Kalei ouvrit des yeux béants, un sourire fendit son visage. Enfin. Il bougeait. Le secrétaire lui expliqua qu'il serait introduit à son nouveau groupe dans la soirée, ces derniers étant partis sur Ethnolia et devant avoir besoin de repos le soir. Il s'en foutait de quand est-ce qu'ils allaient être présentés, tout ce qui comptait, c'était qu'il partait. Plus de ce groupe, et plus d'engueulades surtout. Ils étaient le seul groupe à être aussi peu soudés, et ça, tout le monde le savait – l'entendait surtout, à cause de leurs disputes incessantes.
Ce fut radieux qu'il sortit du bureau. Mais ce bonheur apparent retomba immédiatement lorsqu'il entraperçut Phyllis. La seule personne de son groupe avec qui il était capable d'avoir une conversation calme, voire agréable, depuis la mort de Tom. La jeune blonde fit pivoter son fauteuil, et se jeta sur lui, visage inquiet et furieux, les yeux assassins.
« –
T'étais où ? le harponna-t-elle.
On t'as cherché nous ! On avait besoin de toi dans le jeu, !
– J'voulais pas venir, grogna-t-il.
J'en ai marre de cette ambiance.
– T'aurais au moins pu me le dire! rouspéta la petite blonde.
Oh... mais... dis, tu faisais quoi avec le secrétaire ?
– J'ai demandé à être transféré dans un autre groupe.
– Oh... »
Le visage de la jeune fille vira à l'écarlate. Elle se tût quelques secondes, puis eût un petit sourire.
« –
Je comprends... c'était mieux lorsqu'on était tous les trois.
– Ouais... j'en peux plus de tout ça. C'est... c'est plus pareil.
– Je voulais demander la même chose. »
Ils continuèrent à parler un long moment, allant se balader au bord de la falaise, comme ils le faisaient avant. Depuis un mois, ils n'en avaient plus trop eu le temps. Phyllis et son énergie sur Ethnolia lui manquerait, c'était certain, mais au moins, il pourrait la voir hors des séances. Ce n'était pas comme s'il partait pour de bon.
Ils passèrent leur après midi au bord de la falaise, ne rentrant que lorsque quelques gouttes de pluie vinrent grignoter leur peau. De toute manière, il était presque l'heure d'aller manger. Il accompagne Phyllis jusqu'à sa table, ébouriffa les cheveux de la jeune fille avec un sourire, avant qu'une aide soignante ne lui montre ou était sa nouvelle table. Il jeta un coup d’œil à l'ancienne, où sa pauvre amie tentait d'instaurer une ambiance calme, inondant cet endroit horrible de sa bonne humeur et de ses sourires, sans que la moindre personne n'y fût réceptive. Il soupira. Le temps qu'il tourne la tête, l'aide soignante avait déjà disparu. Personne pour le présenter donc ? Il battit des cils, ne comprenant pas vraiment, puis se para d'un large sourire et se dirigea vers la table.
« –
Bonsoir, lança-t-il d'une voix joyeuse. »
Il fit rapidement le tour des visages. Certains, il les avait déjà vus, notamment la jeune fille aux cheveux flamboyants et indomptables dont il n'avait jamais réussi à retenir le nom.
« –
Hm... j'm'appelle Kalei, j'ai été euh... transféré dans votre groupe. Enfin je crois. C'est ce que ma dis monsieur Adamowitz en tout cas. Bref, je suis ravi d'être là! »
T'es nul Kalei. Y avait-il plus mauvais comme façon de se présenter ? Sûrement pas. Il s'assit très vite à la place que lui avait indiqué l'aide soignante, soudainement, presque intimidé devant ces gens qui le regardaient. Il sentit le regard noir et tueur de la petite noire de l'autre côté de la table, et presque nerveusement, chercha du regard Phyllis, qui était de l'autre côté de la pièce. Qui ne le regardait pas. Chouette. Si seulement elle avait pu être transférée avec lui...
Mais elle n'était pas là. Phyllis n'était pas là pour le sortir d'affaire cette fois-ci, et Thomas non plus. Il se sentait mal soudainement, lui qui d'habitude sociabilisait si facilement. Il eût un sursaut, tandis que dans son crâne, sa tumeur martelait frénétiquement.