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Sauvegarde des cartoon de Lak : ...


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Placebo - rp
#1
Toutes les inscriptions sont les bienvenues, que vous soyez un ancien (présent sur l'ancienne version) ou un nouveau joueur qui souhaite s'ajouter à la partie !

TOUTES LES INSCRIPTIONS SONT ENCORE OUVERTES, MÊME SI L'HISTOIRE A COMMENCÉ, ON TROUVERA TOUJOURS UN MOYEN DE VOUS INTÉGRER NO WORRIES!!!!!!





P   L   A   C   E   B   O


http://image.noelshack.com/fichiers/2014/25/1403354810-epic.jpg

L'équipe courut à travers les couloirs de marbre du grand palais baigné dans la puissante lumière de la mi-journée.
"On se replie ! Protégez-vous, il nous reste plus que quelques minutes!" hurla leur meneur en courant à travers la pluie de flèches qui croulaient sur eux. 
La bataille avait tourné à leur désavantage. Dans la panique, les combattants quittèrent l'enceinte du palais et traversèrent la cour, dans l'émeute ambiante que créaient les gardes qui les poursuivaient. 
"Continuez à courir ! On y est presque !" beuglait leur chef de file.
Ils s'aventurèrent à travers les rues pavées et escarpées de la ville d'Ethnolia jusqu'à la grande avenue du Vide. Ils enjambèrent les murets qui délimitaient les limites de la cité volante et, une fois debout sur le muret, leur meneur les pressa de sauter. Ce fut une longue chute libre, comme une descente aux enfers à travers le ciel bleu qui entourait l'île volante.

Puis tout devint noir.


***


Salle de réveil - Heathery Mansion 19:03.

Toutes les lumières retombèrent et le moteur des générateurs arrêta de ronfler et s'évanouit. Le poids de la réalité, de la misère et de la maladie retomba sur les épaules des adolescents qui retiraient leurs masques. On amena déambulateurs, chaises roulantes et antalgiques. 
Dans le silence des machines de jeu qui s'étaient mises à dormir, la vérité reprenait ses droits, faite de douleur et de désillusion.
Un sourire paisible s'étira sur les lèvres de l'homme en redingote noire et aux cheveux poivre et sel.
-Ce n'est pas grave pour aujourd'hui. Vous réessayerez demain... Après tout, vous avez toute une vie pour écrire votre histoire.


***


Contexte :
Vous êtes des adolescents et jeunes adultes, âgés de 15 à 27 ans, mis en convalescence dans un manoir coupé de tout dans les terres Écossaises. Votre pathologie étant parfois incurable ou très lourde, et donc trop coûteuse pour vos modestes familles, vous avez été pris en charge par un étrange Lord écossais, Maximus. D. Rixon, qui s'est porté garant de vos soins. Selon les théories de cet homme, il faut croire en des méthodes parallèles afin de curer les plus grands maux. Persuadé que le mental est très impliqué dans la maladie, Rixon se repose sur le fait que l'esprit, quand il est stimulé positivement à l'aide de faux médicaments notamment, permet une nette et soudaine amélioration de l'état de santé. 
Ce phénomène est appelé l'effet PLACEBO.
Et vous en expérimentez un aspect étrange : la guérison par réalité transposée.
Le principe est simple : Rixon a mis au point une machine qu'il a appelée le Deus ex Machina. Cette pièce miracle de technologie, qui consiste en des masques et gants magnétiques reliés à des boîtiers eux-mêmes tous interconnectés, fait de vous des aventuriers qui arpentent un univers parallèle : votre réalité virtuelle.
Là-bas, dans un monde que vous avez décidé d'appeler Ethnolia, le champ des possibles s'en voit élargi à l'infini. Aussitôt connectés dans l'Autre Monde, votre maladie, vos ennuis, vos faiblesses, vos handicaps s'envolent : vous pouvez tout faire. Littéralement tout. Aventuriers, mercenaires, illusionnistes, mages, sorciers, spadassins, ninjas... Rien n'est impossible. Pas même de voler, de changer d'identité, de sexe, de physique.
Mais attention, votre présence dans ce monde peut totalement en chambouler l'ordre originel et souvenez-vous : toutes les souffrances qui vous amochent dans l'autre monde, se répercuteront d'une manière ou d'une autre dans la vraie vie. N'oubliez pas que, comme tout médicament, Deus Ex Machina peut devenir votre addiction : l'onirisme est bien plus doux que la réalité, n'est-ce pas ? 
Plus vous restez dans l'Ethnolia, plus vous vous en accommoderez.
Et le réveil n'en sera que plus dur.
L'effet placebo existe-t-il vraiment ? 


***


Remarques À LIRE : 

1) Vous pouvez vous inscrire librement, mais j'attends de vous beaucoup de motivation et une certaine habitude de rp, donc une aisance dans l'écriture (tranquille quand même, j'attends pas de vous d'être Flaubert). Je ne demande pas des pavés de 1600 lignes à chaque post, loin de là, juste des posts dynamiques, avec des personnages impliqués et SURTOUT des joueurs qui n'hésitent pas à prendre des initiatives. Je suis consciente que le scénario peut sembler assez lourd, mais c'est tout demême très libre donc il va falloir cravacher pour le faire tenir debout ! Tout est possible. 
Si vous vous inscrivez, n'hésitez pas à donner votre skype pour qu'on puisse faire une conversation pour discuter des évènements à venir, du scénario sur long-terme.

2) Vous pouvez être ce que vous voulez dans l'autre monde mais expliquez brièvement dans votre présentation qui vous êtes, comment vous êtes dans la vraie vie ET comment vous devenez dans le monde (changement de caractères acceptés tant qu'ils sont pas trop radicaux).

3) Je suis partie dans l'esprit RPG TRÈS Fantasy : donc je ne veux PAS d'images de gens réels. Faites un tour sur Deviant'art ou (mieux) allez sur Zerochan dans la catégorie 'Pixiv Fantasia' (cliquez, j'ai mis des liens) ; vous trouvez très certainement votre bonheur en personnage illustratifs, qui seront très inclus dans l'univers Heroix Fantasy que je veux donner à ce rp. Je ne vous demande pas deux images, donc si vous trouvez qu'une image de votre personnage quand il est en mode guerrier de l'autre monde, et que vous voulez qu'il soit différent en apparence dans la vraie vie, hésitez pas à le décrire dans votre présentation !



4) Ajoutez moi sur Skype : ele.faure80 pour qu'on puisse vous ajouter à la conversation skype du rp, ce qui nous permettra de planifier ensemble un peu l'histoire, les liens, les personnages!!


PERSONNAGES



Antigone (Wendydarling)
Drew (Edeen)

Hunter (Edeen)
Lee (Blouzblanche)
Sierra (Mayskurar)
Alix (0asis)
Clarence (MoZ)
Gaïa (IndianCloud)
Rheia (Oxari)

Respirez. Connectez-vous. Laissez-vous porter.
Jouez. Vivez.


http://image.noelshack.com/fichiers/2014/25/1403355285-rpguerriers.png
Bien heureux vous qui pleurez maintenant car vous serez dans la joie
Bien heureux serez-vous si les autres vous haïssent, s'ils vous frappent d'exclusion
et tressaillez d'allégresse
car votre récompense 
sera grande dans le ciel

 
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#2
http://image.noelshack.com/fichiers/2014/25/1403470727-antiiiii.png
pour toi ce sera
antigone
& c'est tout
neurasthénie légère - aquamancienne (sirène) en jeu - parano - rêveuse - asociale

Elle se cache par-dessus les murs comme si elle espérait être un caméléon.
Toi, tu es là. Et puis, tu l'as vu. Faut dire qu'elle passe pas inaperçue. Dieu l'a pas voulu mimétique avec ses longs cheveux trop rouge, sa peau trop blanche et son sourire trop grand. Elle n'est pas magnifique, elle n'est pas remarquable. Elle ne transcende pas ta vue lorsque tu la vois. Mais elle a cet aura étrange, ce mélange un peu glauque un peu doux un peu réconfortant un peu mystérieux et aussi un peu inquiétant à la fois. Ce charme qui fait qu'elle attire et écarte en même temps.

Elle repousse une mèche écrevisse derrière son oreille dans un geste maladroit tandis que son pull glisse le long de son épaule maigrelette.

T'as capté son prénom au détour d'une conversation.
Elle s'appelle Antigone et déjà là, y'a un truc qui bloque.
Antigone, c'est un prénom étrange. Elle aurait pu s'appeler Camille, Laura ou Elsa. Elle aurait pu s'appeler Andromaque, Iseult ou Antéchrista. Ça tombe bien, en quelque sorte, qu'elle s'appelle comme ça. Antigone, elle est de ceux qui sortent à l'aube juste histoire de voir le monde déshabillé de ses couleurs ; elle est de ceux qui étrangle l'espoir ; enfin, elle est de ceux qui ne s'aveugle pas ; elle est de ceux qui voit les choses telles qu'elles sont et telles qu'elles se présentent. Elle est de ceux qui disent la vérité ; de ceux qui ne se cachent pas ; de ceux qui aiment leur solitude mais qui ne sont pas seuls.

Antigone a 19 ans, un monde imaginaire qui lui bouffe la vie et une maladie mentale qui lui mange l'esprit. Antigone, c'est la fille avec une longue chevelure rouge pétant cinq fois trop épaisses pour elle, c'est aussi celle qui sursaute au moindre bruit suspect ; bruit de cravache, portes qui claquent, pneus sur l'asphalte. Elle est toujours en alerte. Antigone elle est trop maigre, Antigone elle est un peu trop pale et c'est peut-être parce que son alimentation se compose principalement de neuroleptiques antalgiques et autres hics. Antigone, elle a une psychose et des bouffées délirantes. Elle aime lire ; toujours là, quelque part, tapie derrières les rayonnages de la grande bibliothèque de l'institut. Elle remonte ses genoux contre sa poitrine et bouffe les livres comme si elle voulait foutre son âme entre deux pages. Contes de fées romans mythologies religion tout ce qui lui tombe sous la main.

Antigone a peur des germes des microbes de la saleté, elle porte toujours des gants en latex et a toujours une petite bouteille de gel hydroalcoolique sur elle. Elle a un peu peur du contact humain. Elle sursaute dès qu'on la touche. Antigone est douce, déconnectée, dans la lune. Elle est matinale ; elle vagabonde, explore le monde lorsqu'il n'a plus de couleurs. Elle est imprévisible, et jamais personne ne pourra prédire où elle va ce qu'elle fait ce qu'elle deviendra ce qu'elle était.

J'ai jamais été comme les autres.
Oubliez Antigone la folle, voici Antigone l'aquamancienne. Antigone la sirène.
En un sens c'est triste. J'me sens enfin réelle dans un monde virtuel.
oh you're a princess ? but i'm the queen, bitch

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#3
J'arrive les enfants (ce soir j'espère sinon dans une semaine dsl dsl dsl)


Drew St.Jaime

http://image.noelshack.com/fichiers/2014/25/1403366298-drew.jpg

"You know what's so hard about being strong ? "

Drew St. Jaime. T'a toujours été un gamin un peu perturbateur. Pas foutu de tenir en place 5 secondes. On te l'a souvent dit, de te calmer, d'arrêter de parler aussi vite, de faire plus attention à ce que tu fais, que manipuler tout tes jouets c'était dangereux. Mais tu t'en fiche. La vie t'a déjà baisé dans tout le sens possible. Elle t'a déjà brûlé les ailes alors  que-ce que ça peut lui faire si tu joue avec le feu ?

T'avais que 11 ans. Déjà là, tu cherchais les embrouilles. T'étais parti en montagnes avec tes parents, dans un petit chalet, histoire que tu puisse te défouler dans la nature, et tu t'en est donné à coeur joie. T'a du l'offenser. Tu sais pas comment, vu tout les sonar qui lui pisse dessus, mais c'est sur toi qu'elle c'est vengé. Vous étiez en pleine balade, rien de bien méchant. Tu courrais devant, comme toujours. Puis t'a entendu un bruit étrange au-dessus de toi. Comme un éclair qui aurait déchirait la montagne. T'étais pas si loin finalement. Une avalanche t'es tombé sur la face. 

Quand tu t'es réveillé, t'étais seul. T'a voulu te levé mais t'a pas réussi. T'avait mal partout, ta vision était trouble, t'entendait comme dans un bulle, tes jambes et tes bras voulaient pas bouger d'un orteil. T'étais en larmes tu comprenais pas. Peu après, les médecins sont arrivés avec ton père. Il était bien amoché lui aussi, il avait une tête de déterré, une jambe de le plâtre et pas mal de blessures un peu partout. Mais c'était trois fois rien maintenant que t'y pense. Ils t'ont diagnostiqué une hémiplégie du côté droit lié à un AVC, et un tympan percé. En résumé le côté de droit de ton corps était partit en vacances avec ton tympan. 

Quand t'a demandé à voir ta mère, ton père t'a regardé avec un regard vide. T'étais pas débile, loin de là, t'a vite compris. T'avais offensé mère nature alors elle t'avait prit la tienne. Au début t'étais détruit mentalement et physiquement, mais t'a finit par te reconstruire. T'es plutôt doué en bricolage après tout, alors t'a ramassé tes pièces brisées et t'a revissé le tout avec les moyens du bords. Ta paralysie a reculé, paraît que ça arrive de fois, jusqu'à ne te laisser qu'un bras complètement mort, et parfois ton oeil qui se fige. Mais c'était quand même trop pour le padre. Salut fiston dit bonjour à ta nouvelle maison. C'est comme ça que t'es arrivé au manoir à 14 ans. Maintenant t'en à 16 et tu lui en veut pas vraiment, mais tu te dis qu'il aurait pu si prendre autrement. 

T'a une peur bleu de devenir complètement sourd, alors tu parle tout le temps. Même aux gens qui veulent pas t'entendre. Tu rigole beaucoup, le rire c'est les vices qui soutiennent ta santé mental. Tu continue à courir partout, t'essaye de continuer à construire tes inventions étranges, même avec un bras en moins. Et puis au manoir, y'a cette machine. Elle t'a permit de retrouver une ouïe complète et un bras fonctionnel. Plus que ça. T'a poussé jusqu'à te faire un bras robotique, optimisé au maximum qui résiste à tout. Parce que tu le perdra pas de fois, ça non. Surtout vu les bestioles que tu dresse, tes dragons tant aimés que rien ne peut ébranler. C'est débile mais tu les admire. 

T'es heureux là-bas. Mais des fois...

Des fois tu te regarde dans le miroir, et tu te dis que la vie est une chienne. Une pote mal baisée. Une Pénélope qu'en veut toujours plus.Tu l'insultes de toutes tes forces. Silencieusement.

Des fois tu te regarde dans le miroir et tu te dis que t'aimerais bien être de ces mecs qui ressentent rien, ou de ceux qui peuvent frapper pour se défouler, t'aimerais bien ne pas être toi. 

Des fois tu te regarde dans le miroir et tu te dis que t'aimerais extérioriser ta haine et ta tristesse autrement que par les pleurs. Mais tu peux pas, tu le sais. T'es juste toi. Une petite chose fragile que la vie prend et jette quand bon lui semble.

Des fois tu te regarde dans le miroir, et t'a des pensées des noires. Des pensées noires dégoulinantes d'amertume, d'humiliation et de douleur. 

Des fois tu te regarde dans le miroir et tu te dis que si tu faisais exploser cette petite tête bouclée, tout irait mieux. 

Puis tu te souviens. Drew St.Jaime. Le nerd qui passe sa vie dans sa chambre, à bidouiller tout un tas un truc qu'il est le seul à trouver intéressant. Le clown de servir. Celui qui fait rire tout le monde, des fois même sans le vouloir. C'est ce que t'es. 

C'est ce que t'es censé être aux yeux de tout le monde. 

Alors tu ravales tout ce que tu pense, tu l'enterre au plus profond de toi. T'efface tes larmes. T'efface ta face de dépressif, parce que qui voudrait être ami avec un dépressif ? Déjà que t'en a pas beaucoup. 

A la place, tu te colle un sourire un peu stupide et moqueur sur le visage.Tu ferais sûrement un bon acteur si t'étais pas à moitié détruit physiquement. Déjà qu'il est pas super de base, ton physique. T'es petit. T'es pas très musclé non plus. Du coup tu nage dans tes vêtements.Tes boucles brunes retombent sur tes yeux noirs, tes cheveux sont indomptables, on dirait que t'a pas vu de coiffeur depuis 5 ans. T'es clairement pas un coup en or, et tu le sais. Mais tu joue la comédie, parce que un gamin qui se plaint de plus ou de moins, le monde est pas à ça près. 

Alors tu reprend tes esprits. Tu recommence ton manège, tu redeviens l'inventeur fou espiègles que tu es. Et puis tu pars à la rencontre du monde extérieur, qui pour toi se résume au manoir et à Ethnolia. C'est pas grand chose mais ça te va quand même. C'est vrai que c'est pas que de la comédie, sur Ethnolia t'es vraiment heureux. T'a pas un charisme de fou c'est vrai, t'aurais pu, mais en vrai tu t'en fiche un peu de ça. Tant que tu peux enfin vivre pour de vrai. Partir à l'aventure, dresser des dragons, inventer des machines incroyable, ça te va. 

De toutes façons, y'a toujours moyen de faire pire. T'espère juste que ça t'arrivera pas à toi. Pourquoi tu régresserais encore, pourquoi la vie déciderait de t'arracher encore un peu plus ce qui te rend heureux ? Y'a aucune chance que ça arrive, t'a déjà assez donné.

Ouais. Aucune chance, c'est ce que tu te dis. 

Mais au fond de toi, t'y crois pas une seconde. 


" It's that nobody might care to aks if you're hurt '


William Fetherstonhaugh
Hunter

http://image.noelshack.com/fichiers/2015/35/1440435820-william.png

Une peau blanche de craie, sur la quelle des cernes semblent s'être tatouées à l'encre noir, parsemée de tâches de rousseurs sur chaque centimètre carré. Des cheveux bruns, aux légers reflets roux, lisses, coupés courts et des yeux chocolat surmontés de sourcils broussailleux, indomptables. Un visage qui a grandit trop vite, un sourire fatigué et bienveillant à la fois peint à jamais sur ses lèvres fines. 

Ça fait bien longtemps que William n'a pas vu ce spectacle dans le miroir. Presque 15 ans. Le souvenir de son propre visage s'efface peu à peu de son esprit, pourtant aux yeux du reste du manoir , il n'est partit que depuis 3 ans. Des fois il se demande ce que Rixon à bien peut inventer. Est-il mort ? A-t-il fugué ? Ou bien n'existe-t-il tout simplement plus ?
 
Il se souvient vaguement de qui il était, au manoir. Le leader, il recueillait les oisillons perdus qui ne savait pas comment s'intégrer au groupe. Le médiateur, il réglait les embrouilles qui éclataient régulière à l'heure du goûter. L'aventurier, il ne disait jamais non à une escapade hors couvre-feu. Le garçon au système immunitaire tellement inexistant qu'au moindre coup de vent il risquait la pneumonie,  dont la moindre de ses coupures devaient être désinfectés dans la seconde pour ne pas tenter le diable. Il se souvient de son sommeil agité chaque nuit. Il se souvient de la petite Antigone, de Clarence et de Gabriel aussi. 

Maintenant il est juste ombre de lui même. Chevalier du roi le jour, inquisiteur du mal la nuit. Pantin mécanique, animé par un désire de vengeance qu'il ne pourra jamais assouvir. Lui qui était la définition de la joie de vivre aborde désormais un regard bleu, glacial et sans pitié. Le visage qui l'attend désormais dans le miroir chaque matin et celui d'un homme qui a vécu plus de choses qu'il n'aurait du. Il est devenu plus fort, plus froid, plus cruel même. Et il le sait, il a vécu cette métamorphose comme un déchirement. Il abandonné l'enfant souriant qu'il était pour son armure de vétéran. 

Si la magie existe, elle serait pourtant incapable de réparer le miroir dans lequel son reflet d'adolescent insouciant se dessinait. Pourtant... Pourtant de temps en temps, cette étincelle enfantine se remue en lui. 

De temps en temps une vague lueur d'espoir lui traverse l'esprit.

De temps en temps il rêve encore de revenir au manoir.

De temps en temps il rêve encore de redevenir William. 
http://image.noelshack.com/fichiers/2016/24/1466084580-zouzou-2.png

Tell me, Atlas.
 What is heavier
The world or its people’s hearts ?
 
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#4
Alors oui voilà allons-y.


http://img10.deviantart.net/88b6/i/2015/040/d/1/blue_hair_by_gretlusky-d7aodh6.png


Lee Tusspot
18 ans


Avoir grandi dans une petite ville de bord de mer de l'Angleterre, sur papier, c'était mignon. A quatre ans, Lee pouvait lier à pied sa petite bicoque de parents fauchés et le cottage de sa grand-mère. Ce qu'il adorait, c'était grimper sur ses genoux, lui toucher les joues, et regarder avec une curiosité presque morbide ses yeux, ses deux petits yeux, enfouis dans des conques rougies, comme deux graines dans un fruit trop charnu, et contempler ses pupilles qui, avec le temps, passaient du noir au blanc.


C'était comme un oeuf qui cuisait, s'était-il dit, agrippé aux joues flétries de sa grand-mère qui protestait du mieux qu'elle le pouvait. Il collait son nez à ses pommettes ridées et plongeait dans cette piscine noire qui s'opacifiait, lentement, comme si l'on tendait un suaire par-dessus sa rétine. Et plus les mois passaient, et plus ce noir s'estompait, s'éloignait, reculait, jusqu'à ce que Lee ne puisse plus que le saluer distraitement de la main alors qu'il partait se réfugier derrière son drap opaque.


Et en quelques mois, sa grand-mère était devenue aveugle.


Il avait suivi avec une délectation presque perverse, curiosité de l'âge tendre, cet air de panique, qui s'était lentement inscrit dans les pauvre deux petits yeux écarquillés de sa grand-mère. Son intérêt s'en était vu décuplé lorsqu'il avait réalisé la chance qu'il avait de ne pas être dans son cas. Lorsqu'il bondissait sur ses genoux, et qu'il se collait à ses cils blancs, il se retenait de murmurer de bonheur, de savourer sa chance comme une ambroisie qui lui laissait un goût de victoire dans la bouche.


Lorsque la vielle eut lâché son dernier soupir et fut partie fixer sans le voir le bois de son cercueil, il avait jeté une motte de terre sur son souvenir et avait continué sa vie. Sa petite perversion, il l'avait gardée au fond de lui. Il avait tout gardé au fond de lui d'ailleurs; ses pensées, il les taisait, ses irritations, il les calmait, n'offrant au monde qu'un air détendu et vaguement curieux. 
Jusqu'au jour où, un matin, en se réveillant, il se dit que son plafond n'était pas le même que dans ses souvenirs. Et puis, en se levant, ses pieds lui avaient semblé différents. En vérité, tout lui avait semblé, plus grossier. Plus...


Plus quoi?


Plus flou.


Alors, avec horreur, il avait arraché ses draps, titubé sur son linge sale, claqué la porte de sa chambre. Il s'était jeté comme un forcené sur la poignée de la salle de bains, et s'était agrippé au lavabo, pour lever les yeux, et se scruter dans la pupille...


Et alors, sentant son sang se glacer, il avait cru défaillir, alors qu'au plus profond de ses yeux, dans le noir de son âme, il l'avait vu.


Le linceuil que sa grand-mère étendait calmement sur sa rétine. Une cataracte, voilant le miroir de son esprit, lui rappelant avec un doux rire sardonique le bonheur de l'hérédité.


Tout s'était suivi comme une avalanche, un déroulement d'événements liés qu'il n'avait vu passer que comme un spectateur désintéressé. Ses parents s'étaient alarmés, les rendez-vous avaient été pris, les têtes avaient été secouées, les papiers signés déchirés, les coups de fil s'étaient multipliés, puis avaient décru, lentement, ironiquement, comme de la vapeur d'eau...


Et puis ses parents, lui répétant qu'ils l'aimaient, avaient fait sa valise. Lui embrassant le front, lui avaient promis qu'il n'y avait rien de mieux. Lui passant une main dans les cheveux, l'avaient poussé dans le train et, agitant vaguement la main, s'étaient hâtés de lui tourner le dos, ne lui laissant guère plus dans les doigts qu'une paire de lunettes noires, comme s'ils étaient trop pressés de dire au-revoir à ses yeux.


En Lee, tout s'éteint peu à peu. Chaque jour qui passe, la lumière devient plus terne, les formes plus grossières, la flamme des bougies n'est plus qu'une petite main ronde qui lui fait au-revoir avec une mélancolie dénuée de regrets. Peu à peu, il a perdu le contact avec le monde; il n'est guère plus qu'un vase vide, qu'il essaie de remplir avec les histoires des autres, devenant de ce fait un des meilleurs confidents du manoir dans lequel tant d'autres on trouvé refuge. Ses cheveux, il a eu tôt fait de les teindre en bleu; un moyen de rattraper les couleurs qui peu à peu le quittent. 

Lorsqu'il se connecte au Deus Ex Machina, il a l'impression de revoir comme au premier jour; et tout ce qui est en lui sort, décuplé, amplifié, sublimé; il n'est plus un jeune homme trop mince et trop silencieux, il est une femme, il est fort, explosive; il devient elle, une guerrière aux cheveux bleus, tatouée comme si on l'avait aspergée d'encre à grands traits, qui crie, qui hurle, qui ne tolère plus rien et qui détruit tout ce qui s'oppose à elle. La lumière, elle la reçoit, oui. Mieux. 
Elle irradie.

Et chaque jour où Lee ôte précautionneusement le casque du Deus Ex Machina, il cligne des yeux, ses yeux rougis, vitreux, abîmés, pour se rendre compte que le monde n'en est que plus flou et plus sombre.

T H I S L I F E C O U L D B E T H E L A S T

http://image.noelshack.com/fichiers/2015/29/1437309174-tumblr-n5qi1fgmis1talk0xo1-5002.gif

A N D W E ' R E T O O Y O U N G T O C A R E
 
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#5
http://image.noelshack.com/fichiers/2015/29/1437318288-sierra.jpg

Octavie Devaux

19 ans

Depuis toujours, la vie d'Octavie ne fût qu'une succession d'emmerdes. Profondes. Nettes. Toujours les mêmes.
Parce que la vie d'Octavie est, de son point de vue, l'une des pires qui puisse exister. Déjà, elle est hémophile. Merci papa, cracherait-elle sans aucune délicatesse. Oh certes, ce n'était qu'un hémophilie mineure et elle pouvait vivre avec. Pourtant, aux yeux d'Octavie, ce problème était le pire jamais créé dans l'univers. Et bien sûr, ça tombait sur elle.
Toute son enfance, la petite Octavie fut surprotégée. Toujours. Elle n'avait pas le droit d'aller dehors, gambader gaiement avec les autres enfants. Elle aurait pu tomber, se blesser, bien sûr. Elle n'avait pas le droit de faire de sport. Pas le droit aux objets tranchants. Jamais. Trop dangereux.
Le monde entier était dangereux, à les écouter, ses géniteurs.
Peu à peu, Octavie se mit à en vouloir au monde entier. A mère nature, pour tous les sales cadeaux qu'elle lui avait fait, à ses parents, pour l'avoir conçu, au monde entier pour être normal quand elle était malade. Bien sûr qu'il y avait pire, mais Octavie s'en fichait.
Malheureusement pour elle, la belle et douce dame nature n'avait pas fini de lui offrir tous ses cadeaux de Noël. Se penchant sur son lit, transformée en fée Carabosse, elle lui offrit le plus beau, le plus magique de tous les dons.
A dix-sept ans, les premiers symptômes du trouble comme diraient plus tard ses médecins, apparurent. Comme ça, d'un coup. Un matin, éveillée, Octavie se sentit débordant d'énergie, prête à faire plein de choses. Soudainement, elle parlait de tout et de rien, soudainement, ses pensées s'accéléraient à tel point qu'elle même ne les comprenait plus. Elle parlait, constamment, sans répit. Sans comprendre pourquoi.
Et, un matin, elle s'éveilla, fatiguée. Sans envie de rien faire. Elle voulait se rouler en boule sous ses couvertures pour ne jamais, plus jamais en sortir. Le moindre effort la déprimait. Elle voulait mourir.
Deuxième phase du trouble.
C'était ce que le médecin lui avait annoncé. Elle était bipolaire disait-il. Elle aurait des cycles. Des phases. De manie, de dépression. Elle serait heureuse, puis plus malheureuse que jamais. Et elle ne se souviendrait même pas réellement l'avoir été. Un enfer, en quelque sorte.
L'annonce plongea Octavie dans une grande dépression. Trop pour pouvoir le supporter. Alors, à peine un an plus tard, ses parents l'expédièrent au manoir Rixon. Ils se débarrassaient d'elle. Définitivement.
Tant mieux. Elle ne voulait plus d'eux. Tout était génétique, c'était leur faute tout ça.
Alors, finalement ce n'était peut-être ps plus mal de pouvoir s'évader. Partir, ailleurs. Loin, très loin.
Ethnolia, c'était loin. Si lointain que ce monde n'existait même pas. Mais en même temps... c'était presque trop réel. Malgré cela, une rupture complète avec le monde réel. Parce qu'elle le déteste. Elle déteste le monde réel, elle déteste les gens et en un sens, elle déteste Ethnolia un peu.
Par dessus tout, elle se déteste elle-même.
Octavie Devaux.
Déchet.

 
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#6
http://img11.hostingpics.net/pics/400561qfzgerth.jpg
http://img11.hostingpics.net/pics/940430drftg.jpg

ALIX
la musicienne

L'archet glissait sur les cordes, les faisait grincer, gémir, crier, murmurer, s'affoler, frémir, vibrer, chuchoter. L'opéra de Saint Saens n'avait jamais été aussi sublime qu'entre les mains fragiles de l'enfant qui tenait l'instrument. Les lumières comme les yeux étaient rivés sur elle, tandis que ses yeux à elle étaient clos. Concentrée sur la mélodie, le crescendo. Respiration, l'air décélérait pour mieux repartir en vagues musicales, tsunami de notes qui venait s'échouer sur l'attention tendue de l'auditorium. C'était presque la fin, tout le monde attendait le dernier revers d'archet, la dernière palpitation du corps, le dernier soubresaut de mélodie. Plus personne ne respirait.
La dernière note ne vint jamais.

"La chute du prodige"
Alix jeta le journal dans le feu. Elle savait la suite de l'article. Le bout de papier, contenant le récit de son incompétence, rejoint le violon déjà en train de brûler. Elle avait toujours été la meilleure, elle avait battu tous les violonistes, plus âgés qu'elle. Elle avait joué comme personne, réinventé les notes, imaginé les sons d'une autre façon, refaçonné les rythmes. Elle était le prodige, la virtuose, comparée aux plus grands, l'enfant-reine.
Elle ne pourra plus jamais jouer.
"...maladie de charcot, c'est pour ça que tu ne peux plus tenir ton archet, mais on peut retarder ta maladie tu.."
Alix n'écoutait déjà plus. Elle ne jouera plus jamais. Elle avait été passionnée, travailleuse, joyeuse, magicienne des notes. Elle avait joué sur les plus grandes scènes du monde, avec les plus grands orchestres, tout ça accompagnée de son petit violon, si léger. Si lourd à présent qu'elle ne pouvait plus le porter. Elle perdait peu à peu l'usage de ses membres, jusqu'à devenir entièrement paralysée et de mourir, puisque même son coeur ne sera pas assez fort pour battre. Alix avait 13 ans, et déjà son corps devenait peu à peu celui d'une grand-mère. Sa vie était foutue. Son corps était foutu. Tout le monde s'était bien foutu d'elle. "Tu verras Alix, un jour, tu seras la meilleure." Foutaises.

Les années qui suivirent furent les années les plus sombres de sa vie. Elle ne parlait plus, ne mangeait plus, et sa mère était obligée d'aller voir dans sa chambre pour s'assurer qu'elle respirait encore. Alix était traumatisée, sans cesse tremblante, contemplant petit à petit son corps frêle l'abandonner. Elle n'avait aucune idée de l'étendue des dégâts, elle passait son temps allonger dans son lit à lire des histoires. Elle ne sortait plus, ne riait plus, ne vivait plus. Elle ne supportait plus écouter de la musique. Elle ne fermait les yeux que pour dormir, ne bougeait que pour tourner les pages. Elle ne faisait que tourner les pages, saisir un autre livre, et tourner de nouveau les pages. Elle n'avait aucune idée de quelle partie de son corps était infirme. Alix ne tournait pas la page de la vie, de sa vie qui l'abandonnait cellule par cellule.
Vint le jour où sa mère, n'en pouvant plus de voir sa fille mourir avant l'heure, l'envoya en thérapie dans ce manoir étrange. Alix arriva en fauteuil, les yeux fermés, quittant sa vie pour aller dans un endroit où sa vie la quitterait quand même. Quittant sa famille qui la quittait pour ne plus avoir à supporter son malheur. Quittant tout ce qui lui restait pour sentir ses dernières forces la quitter. Elle aurait voulu tout quitter, pas mourir à petit feu. Elle s'enfermait dans ses livres, rêvait de redevenir la musicienne qu'elle était, s'entraînait à tenir l'archer, hurlait dés qu'elle entendait deux notes, laissait tout tomber, et allait lire. Lire, pour échapper à sa vie qui lui échappait aussi, aimant contre aimant. La première chose qu'elle dit quand la roue du fauteuil qui la trainait pénétra sa nouvelle chambre, c'était 
"Je veux mourir dans cet endroit moche. 
J'ai 18 ans, et je veux mourir. 
En silence."

IN GIRUM IMUS NOCTE
ET CONSUMIMUR IGNI

 
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#7
J'éditerai ce soir (ou demain)
 
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#8

http://image.noelshack.com/fichiers/2014/25/1403362114-perso2.png

Clarence

On t'a dit que tu t'appelais Clarence, car Clarence c'est un beau prénom. Un truc de dandy l'époque victorienne apparemment, parce qu'on t'a aussi dit que tu serais un bien beau garçon, qui serait beau et élégant comme pour deux. Parce que à ce qu'il paraît, tu devais avoir un jumeau, à la base. Mais en fait, si t'as tout bien compris, ton jumeau, tu l'a «absorbé» avant la naissance.
C'est un beau départ dans la vie ça, de manger son jumeau dans le ventre de sa mère, non ?
Tu te dis que t'aurais préféré ignorer ce détail, histoire de t'épargner cette vague culpabilité rampante pour un truc auquel t'y peux pas grand chose.
Alors, pour des parents qui auraient pu en avoir deux mais doivent se contenter d'un seul, tu deviens l'enfant choyé et adoré d'une famille sympathique et confortable.
Mais tu as quand même compris assez vite qu'il y'avait un truc qui clochait avec toi. À regarder les copains aux genoux éraflés qui tiraient la grimace dans la cour de récré et à voir les filles qui pleuraient quand tu leur envoyais des coups de pieds, alors que toi tu ressentais pas ce genre choses, tu vivais sans grimaces, sans heurts et sans pleurs.

Le jour où Walter, que t'aimais pas trop parce qu'il disait des trucs sur les filles qui te mettaient mal à l'aise, t'as cassé le nez avec un upper-cut plutôt surprenant pour gamin de huit ans, t'as vraiment commencé à te poser des questions, parce l'infirmière Juliet, elle était plutôt paniquée alors que c'était pas grand chose pour toi. Elle a même appelé les pompiers, et t'as fait ta première visite à l'hôpital.
Dans l'ambulance, tu sentais ton nez faire des petits craquements sous tes doigts curieux posés dessus, alors que le pompier urgentiste te priait d'arrêter d'y toucher, tout en te regardant, un peu horrifié.
Finalement, t'es rentré fier comme un paon avec ton pansement de guerrier sur le pif, alors que Papa et Maman s'étonnaient du peu de douleur que tu manifestais.
Et puis toi aussi, tu t'étonnais. Alors t'as commencé ton enquête. C'était innocent, pour toi, de te déchirer la peau et la chair du bras avec un couteau. C'était juste histoire de comprendre ce qu'on te reprochait. Etait-ce censé faire mal ? Était-ce interdit de se faire ce genre de choses ?
Il faut croire que oui, car quand Papa et Maman t'ont surpris avec leurs beaux couteaux de cuisine et ses bras ensanglantés, il y a eu beaucoup de cris, de panique et d'empressement. Tu es retourné à l'hôpital, mais on t'a transféré dans un département hospitalier différent de la dernière fois.
Les médecins ont posé beaucoup de questions, t'as fait pleurer ta mère et crier ton père, et c'en était fini de plein de choses, parce qu'on venait de te diagnostiquer une analgésie congénitale.
Enfin un truc du genre, avec des grands mots. On t'a expliqué que t'étais pas comme les autres petits garçons, parce qu'il te manquait un capteur sensoriel important : la douleur. On t'a aussi dit que ce qu'on appelait la douleur c'était ce qui faisait grimacer tes copains aux genoux éraflés et tes copines en jupes qui n'aimaient pas les coups de pieds.
T'as pas trop compris pour Papa et Maman ont ensuite commencé à paniquer, parce que c'était plus ton histoire. C'était ton problème, mais c'était plus à toi que les médecins s'adressaient, parce que tu «étais trop jeune pour comprendre»
Quoiqu'il en soit, tu grandissais, tes parents t'imposaient un 'check-up' corporel tous les soirs, et les visites aux urgences se multipliaient.
Et toi, tu te demandais si la douleur allait revenir un jour, parce que c'était pas juste quand même, tous les copains l'avaient sauf toi. Alors tu continuais tes expériences pour abreuver ta curiosité, sur tes bras, tes jambes, tes doigts et même tes ongles.
Apparemment, Papa et Maman ne trouvaient pas ça très éducatifs, car l'aile psychiatrique de l'hôpital devint quelques temps ta nouvelle maison, avant que les médecins déclarent qu'à quelques exceptions près tout allait bien pour toi, et qu'ils te renvoient chez toi.
Mais tes parents, en fait, ils avaient peur de toi, ça y est, t'avais atteint le point de non retour. Se sentant délaissés par la médecine traditionnelle, ils ont opté pour autre chose. Alors on t'a dit de faire des énormes valises, de prendre toutes tes affaires, puis vous avez fait un très long voyage en voiture, puis en bateau. T'as cru qu'on partait en voyage, en famille, pour se détendre.

Faut croire que tes parents, ils avaient une autre façon de concevoir la détente.

T'avais même pas douze ans quand ils t'ont laissé là, dans ce hall mal éclairé d'un gros manoir victorien, perché au bord d'une falaise qui ressemblait à celles écossaises.
On t'a dit que ça durerait six mois au plus. Qu'ils viendraient te voir tous les samedis.
Alors, tous les samedis, t'es allé attendre aux grilles de la propriété. Mais personne n'est jamais venu.
Et au bout de quelques samedis et une foule de nouveaux pensionnaires, ça faisait déjà presque huit ans que t'étais là.
T'avais été jeté comme un chien plein de puces qu'on aime plus, et ça tu l'as jamais digéré. Alors tu vomis sans arrêt ton mépris sur quiconque t'approche, et même ceux qui le font pas d'ailleurs.
C'est un peu comme si t'en voulais à la terre entière. T'es un pauvre garçon sans repère, qui déteste sourire, qui déteste les autres pensionnaires, qui déteste Sir Rixon et encore plus son jeu vidéo pseudo-réel.
Y'a des fois où tu t'es dit que tu devrais sauter de cette falaise sur laquelle est établie ta prison dorée, t'as même essayé plusieurs fois. Mais t'es qu'un pauvre mec, paumé et haineux, alors t'as jamais eu le cran de le faire. Donc tu restes là à compiler ta haine du monde, et tes relents de violence ont fait de toi un Assassin d'office dans la Deus ex Machina.

Tu t'appelles Clarence, t'es pas si beau que ça, t'as rien d'élégant, t'as bouffé ton jumeau avant la naissance puis la nature t'a puni en te livrant une maladie qui te rend aussi vif qu'un mort, et tes parents t'aimaient apparemment pas tant que ça.
Bien heureux vous qui pleurez maintenant car vous serez dans la joie
Bien heureux serez-vous si les autres vous haïssent, s'ils vous frappent d'exclusion
et tressaillez d'allégresse
car votre récompense 
sera grande dans le ciel

 
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#9
je m'inscrirais bien mais j'ai peur de ne pas avoir le niveau Sad((((( 
et puis je pars en vacances dans deux semaines je sais pas si c'est dérangeant :/
avatar de xuu la tortue 
 
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#10
(19-07-2015, 20:14)Oxari a écrit :  je m'inscrirais bien mais j'ai peur de ne pas avoir le niveau Sad((((( 
et puis je pars en vacances dans deux semaines je sais pas si c'est dérangeant :/

mais siiiiiii viennnnnsssssss! on a fait des grosses présentations parce qu'on kiffe mais t'es pas obligée d'en faire autant t'inquiète, y'a pas d'histoire de niveau! tlm peut rp  Blush Blush Blush
Bien heureux vous qui pleurez maintenant car vous serez dans la joie
Bien heureux serez-vous si les autres vous haïssent, s'ils vous frappent d'exclusion
et tressaillez d'allégresse
car votre récompense 
sera grande dans le ciel

 
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