Ce message fait la taille de la statue de la Liberté je suis désolée c'est la balise rp qui fait ça au pire lisez en diagonale si vous avez la flemme les lapins (j'ai essayé d'introduire quelques persos mais c'est chaud parce que c'est que le début). TOUT LE MONDE peut se ramener youhihou !!! Fin en gros moi je suis open-bar.


Reza avait faim. Ce n'était pas un mensonge, ni un caprice : il mourrait de faim.
Après avoir passé quatre heures entières à garder les entrées et sorties à l'intérieur du bateau où il se trouvait, le soldat venait de développer une dalle des plus atroces, et son estomac aimait à le lui rappeler, toutes les dix secondes, dans une mélodie plutôt réjouissante. Les gargouillements que dégageait son ventre étaient tellement forts, que Reza lui-même se demandait si une bande de monstres ne s'était pas accordée pour prendre possession de ses intestins. Des monstres, comme la femme qui se trouvait dans le gros bocal, à seulement dix mètres de lui (Eve).
Si on lui avait dit, cinq jours plus tôt, qu'il assisterait en personne à la capture d'une sirène, Reza se serait très sûrement contenté de vomir l’entièreté de ce qui lui servait d'organes vitaux. Pas qu'il avait développé, à la naissance, une peur stupide à l'égard des poissons, mais plutôt qu'il n'était pas habitué à voir un buste humain fini par une gigantesque queue de sardine. Compréhensible. Reza n'était, après tout, qu'un simple homme.
- MAMAN ! Regarde le bras du monsieur !!! Reza, qui se trouvait planté comme un piquet dans un coin de la gigantesque salle luxueuse où étaient accueillies comme des rois toutes les personnalités les plus importantes du continent, fit l'erreur de tourner légèrement la tête juste à sa gauche, en direction du petit qui s'agitait en tenant la main de sa mère. Doux jésus. Un enfant. Quelle magnifique atrocité. Waou !!! C'est trop bien !!! "Oui, génial", aurait pu approuver Reza en sautillant lui aussi sur place comme un demeuré. Cela aurait eu lieu, en effet, si ce garçon d'une dizaine d'années, complètement chiant, ne s'était pas trouvé sur son passage, encore plus s'il n'avait pas tiré cette gueule de profond abruti, toujours plus s'il n'avait pas été en possession de ce sourire béat complètement insupportable. Alors, Reza resta de marbre, à la grande déception du garçon. Hors de question qu'il ne se mette en scène. D'ailleurs, ce n'était pas le moment, puisqu'un discours prenait place à l'intérieur de la salle, et les gens commençait à affluer en masse autour de lui. Reza se contenta donc de les observer discrètement, et remarqua, en particulier, la présence d'une grosse dame à l'allure excentrique, au milieu de cette même foule (Jackie). De longues secondes, il s'arrêta sur l'apparence de cette dernière, dans les faits littéralement ahuri par l'aura qui en émanait, en se disant qu'il avait bien de la chance de ne pas y avoir été confronté. Enfin, il se reprit, tout en prenant soin de ne pas trop bouger pour autant.
En vérité, il grimaça un peu. Son bras constituait sa seule arme, et l'humidité qui se dégageait des murs semblaient le faire planter. En d'autres termes, Reza sentait des fourmis infernales lui ronger les doigts, et cela signifiait, sans aucun doute, que son bras fonctionnait mal. Très mal. Pour sûr, s'il se risquait à trop bouger, son membre entier finirait par le lâcher.
En essayant d'avoir l'air calme, Reza resta sagement debout sur ses pieds, l'air las, ennuyé, le regard rivé sur le poisson qui bougeait dans son gros bocal, juste en face. Et bon sang, ce qu'elle avait l'air chiante, pour un poisson. D'ailleurs, si Reza ne se trompait pas, cette sombre idiote était en train de parler. Ou de crier. Il ne savait pas grand chose, et n'avait pas envie de savoir : on lui avait raconté trop de conneries à propos des sirènes, pour qu'il ne se risque à s'attarder trop longtemps sur ce détail. Reza était un homme de valeur, et ce genre de rumeurs à propos du chant des sirènes -et de leur capacité à tuer leurs victimes en les mangeant -ne lui faisait pas peur.
- Je suppose que vous avez bien mérité cette promotion, La voix qui interpella Reza, alors qu'il se trouvait en pleine contemplation du bocal géant, suffit à le faire sursauter violemment, et il dut passer discrètement sa main gauche sur son bras métallique droit pour l'empêcher de bouger. Bordel. Reza connaissait un bon nombre de soldats qui, comme lui, possédait des armes comme son bras, mais était bien le seul abruti à devoir subir ce genre de bug -à savoir, perdre partiellement le contrôle d'une partie de son corps de la sorte.
- Monsieur, Salua-t-il, calmement, en portant son attention sur son supérieur, un militaire bien plus gradé que lui, ignorant le bocal en face de lui et la sirène qui gesticulait frénétiquement à l'intérieur.
- Cette sirène nous revaudra de l'or, une fois à la Capitale, et vous pouvez vous venter de faire partie des heureux élus, qui ont eu la chance de participer à cette mission.
Reza hocha la tête, en acquiesçant assurément tout ce que disait le général qui lui faisait face. Beaucoup d'hommes étaient morts, lors de l'expédition qui les avait menés à la découverte de cette créature. Noyés, pour la plupart.
- J'espère qu'elle tiendra le coup jusque-là. Nota Reza, sérieusement, en faisant référence à la multitude d'individus qui encadraient le bocal en tirant des gueules émerveillées, ce qui, en soit, devait participer à dépayser la bête qui se tenait à l'intérieur.
- De toute façon, si elle décide de faire la forte tête et de se rebeller, on s'en prendra à ses amies. Rétorqua le général, dans un sourire parfaitement assuré. Après tout, on sait où se cachent ses sœurs. Elle doit déjà savoir que si elle refuse de se soumettre à nos ordres, elles en subiront toutes les conséquences.
Reza haussa les épaules. De toute évidence, la sirène qui se trouvait dans ce bocal devait bien être au courant des termes de sa capture. Bien entendu que si elle refusait de collaborer, elle en payerait le prix. Il voulut ajouter quelque chose, mais une voix l'arrêta bien rapidement dans son élan.
- REZA ! Le héla un individu qu'il sembla reconnaître rapidement. Viens voir dehors ! On a besoin de toi ! Reza hésita plusieurs secondes, et avisa son supérieur, qui d'un hochement de tête lui indiqua qu'il pouvait disposer.
Dans un dernier regard blasé en direction de la créature qui se trouvait toujours dans sa prison de glace, il s'éloigna en maintenant fermement son bras (qui bugait toujours) pour rejoindre celui qui venait tout juste de l'interpeller. Il s'arrêta une fois à sa hauteur, dans l'un des nombreux couloirs intérieurs du bateau, couloir qui voisinait la salle qu'il venait de quitter.
- C'est pour quoi ? Demanda-t-il, à l'intéressé.
Ce dernier poussa un soupir. Il rangea son arme, et lui fit signe de le suivre, ce que Reza ne tarda pas à faire, sans poser de question.
- On a attrapé un trafiquant, et il refuse de nous dire où il a trouvé sa marchandise. Lui indiqua le soldat, en marchant jusqu'au pont du bateau, l'air hésitant.
- Vous avez son nom ?
- On nous a dit qu'il s'appelle Kamran. Là, il veut nous faire croire qu'on s'trompe de personne.
Reza fronça les sourcils sans répondre, pour esquisser un sourire largement sarcastique. Il monta les escaliers intérieurs qui menaient au point à toute vitesse, pour, une fois à l'extérieur, chercher du regard le prisonnier dont on lui parlait. Cette histoire lui servirait de distraction, au moins le temps que sonne l'heure du repas.
- Il est là ! Le soldat tendit son doigt en direction d'un groupe armé quelques mètres plus loin. En effet, en suivant son regard, Reza constata une forme humaine entre les armures de ses collègues. L'homme en question portait une chemise blanche tâchée de poussière, et un simple pantalon en tissu marron. En somme, pour un trafiquant, il n'avait pas l'air particulièrement riche.
- Je m'en occupe, Assura Reza, en se rapprochant du groupe, tout sourire, ignorant les civiles qui occupaient le reste du pont et ne cessaient de monter sur le bateau.
- Combien de fois je vais devoir vous le dire ? J'suis innocent. Articula le prisonnier, en essayant de se dégager de l'emprise des soldats qui lui tenaient fermement les épaules. Reza s'arrêta à sa hauteur, sans lâcher son sourire. Il fallait croire que le "Kamran" dont on lui avait parlé avait tout d'un parfait cliché. Avec ses cheveux longs et son air d'aventurier, il réussissait sans mal à animer le sourire de Reza, qui peinait à cacher son amusement. Après tout, des discours comme celui que ce prisonnier lui servait, il en avait entendu par millier. Inutile de dire qu'il n'en croyait pas un mot.
- C'est amusant, justement, parce que tu m'as tout l'air d'un gars qui a pas mal de truc à se reprocher. Commenta Reza, tout en sachant pertinemment que cette remarque ne servait à rien, à part à provoquer son interlocuteur. D'ailleurs, ce dernier se contenta de lui servir un regard glacial, sans ciller. Enfin. Là n'est pas la question. Tu t'appelles Kamran donc. Et ton nom de famille ? Demanda Reza, juste pour la forme. Rien ne lui garantissait que cet inconnu s'amuserait à lui dire la vérité.
- Bradford. Se contenta de mentir l'intéressé, sans détacher son regard de celui de Reza, par pure provocation.
- Tu m'as pas vraiment l'air d'un Bradford. Assura ce dernier, dans un éclat de rire bientôt suivit par les soldats qui l'entouraient. Ce "Kamran" semblait bien plus étranger au continent abandonné qu'il ne le laissait croire. Ses yeux marrons et son teint hâlé suffisaient largement à prétendre cela.
- Ça te pose un problème ?
Face à cette réponse pleine de haine, Reza haussa de nouveau les sourcils, clairement amusé.
- Oh non pas du tout, Répondit-il, dans l'ironie. C'est à toi que ça va poser un problème, Keran.
- Kamran. Le réctifia l'intéressé, toujours aussi froidement.
- Kamran, oui, c'est ça. Je suis pas né de la dernière pluie, Kamran. Donc on va pas passer par quatre chemin et tu vas me dire ce qu'il en est de... Reza voulut terminer sa phrase, mais le dit "Kamran" l'interrompit brusquement.
- C'EST LUI ! C'est lui qui m'a vendu les médicaments ! Alors arrêtez-le lui-aussi ! Se mit-il à gueuler, à tort et à travers, en montrant du menton deux individus, pas loin de là (Saul & Tallulah). Reza poussa alors un long soupir. Ce mec était soit profondément stupide, soit extrêmement naïf. Dans les deux cas, ses faux airs d'aventuriers n’arrangeaient pas du tout sa situation, et son attitude raviva les rires des soldats qui l'accompagnaient.
- T'es encore plus stupide que je ne me l'étais imaginé. Affirma joyeusement Reza, en animant les rires de ses compagnons, et pour recevoir comme unique réponse, la figure bourrée de rage de son interlocuteur. Enfin. Fouillez-le. Ordonna Reza, aux soldats qui s'activèrent dans un automatisme certain. Non, attendez... Retirez-lui ses vêtements. Si cette dernière remarque semblait loin d'être ironique, elle suffit à interroger les soldats, qui lancèrent des regards interloqués à Reza. Le prisonnier en fit de même, et alors qu'il allait protester, Reza se reprit. Je veux dire sa chemise. Retirez-lui sa chemise. Se corrigea-t-il alors, peu à l'aise. Il avait voulu dire "chemise", et sa parole l'avait dépassé. C'était dérangeant. Néanmoins, les autres soldats se remirent à la tâche, et très vite, le prisonnier se retrouva torse-nu sur le pont. Inutile de dire que les civils qui se trouvaient dans les parages ne pigeaient pas du tout ce qui se tramait, de leur côté. J'ai cru comprendre qu'une tradition avait été joliment entretenue chez les pirates, au fil des années, et cette tradition consiste à ce que chaque pirate de cette foutue planète partage un signe distinctif commun. Expliqua Reza, aux autres, en avisant le bras de Kamran, qui s'était apparemment appliqué à le retourner. Un tatouage. J'ai réussi à attraper bon nombre de ces tarés grâce à ce rite stupide. Et joignant le geste à la parole, il attrapa le poignet de Kamran. Voyons voir si nous n'avons pas affaire à l'un d'entre eux... Reza n'attendit pas plus longtemps pour retourner le poignet du prisonnier... Et à la stupeur de chaque soldat qui se trouvait sur place, un tatouage noir était incrusté sur sa peau. Une tête-de-mort, symbole quelque peu cliché -cela suffit à faire de nouveau sourire Reza qui essayait de masquer sa satisfaction-, et un gigantesque bateau. Un bateau pas comme les autres. Le bateau des Di Stefano. Il faut croire qu'on n'échappe jamais vraiment à la criminalité, n'est-ce pas Kamran Di Stefano ? C'est amusant, je pensais que l'équipage avait été décimé. Fit Reza, en se satisfaisant du petit effet qu'il venait de créer grâce à sa découverte. Enfermez-le avec les autres prisonniers. Ordonna-t-il, alors, juste avant de rapprocher son visage de l'oreille du pirate, pour murmurer un bref : Peut-être que tu vas finir pendu, toi aussi.
Cela suffit à interpeller Kamran, qui se figea dans un automatisme certain, pour porter son attention sur le soldat, planter son regard dans le sien, et répondre, glacial :
- Ou peut-être que je trancherai la gorge bien avant, qui sait ? Et avant même que Reza n'ait pu répondre, on l'éloignait déjà violemment.