Gil
24 ans - Maître coq - Île Karu
Née sur l'île Karu, passant son temps à vagabonder a travers la nature, Gil à toujours été une jeune fille hyperactive, passant son temps à courir dans tous les sens, épuisant tous les adultes qu'elle croisait. Emplie d'amour pour sa précieuse nature, Gil passait son temps à grimper sur tout ce qu'elle trouvait, arbre, rochers, bâtiments, tout ce qui était possible d’apaiser sa soif d'aventures. Seule ou en compagnie des autres, Gil passait son temps dehors à courir, jouer, crier. Lorsqu'elle grimpait, Gil était dans son élément : elle aimait les sensations des prises sous ses pieds nus, ses mains écorchées à trop grimper, la vue qu'elle avait sur le monde lorsqu'elle se retrouvait tout en haut. Ses yeux pétillaient chaque fois et elle songeait qu'un jour, plus grande, elle prendrait tous ses amis avec elle et ensemble ils parcourraient le monde.
Très vite, la petite fille se mit à connaître les moindres recoins, les moindres détails de l'endroit où elle vivait, mais ne s'ennuyait pas. Elle sortait très souvent avec ses nombreux amis, et la petite fille se sentait parfaitement heureuse dans le meilleur environnement possible. Elle allait grandir ici, mourir ici, songeait-elle.
En parallèle, la petite possédait une seconde passion, qu'elle partageait avec son père, laquelle était celle de la cuisine. Gil adorait cuisiner, et c'était peut-être l'une des seules activités ou elle était capable de rester en place plus de cinq minutes. Elle préparait, en compagnie de son père, toute sorte de petits plats pour sa famille, sans cesse, et bien que ce fût spartiate, tous s'en contentaient. Gil continua à développer cet amour de la cuisine et des hauteurs, ce jusqu'à l'adolescence. Son enfance était parfaite.
A l'aube de ses quatorze ans, la jeune fille obtint enfin l'une des choses qu'elle désirait plus que tout au monde : l'autorisation de venir voyager en compagnie de sa mer marchande. Bien évidemment, la jeune fille ne put tenir en place jusqu'au jour fatidique, ne dormant pas des nuits durant, rêvant de ce futur voyage. Le grand jour arriva, et la jeune fille s'empressa sitôt de bateau parti, de grimper tout en haut des mâts pour voir s'épanouir devant ces yeux, cette vaste étendue d'eau qui la fascinait temps.
Ce jour-là, Gil tomba amoureuse de l'océan. Elle aimait le vent dans ses cheveux et elle pouvait passer des journées entières à grimper dans les filets sans jamais tomber, simplement assise sur les mats, à observer la mer, l'océan gigantesque qui lui semblait infini. Fermant les yeux, elle savait déjà que plus tard, elle s'engagerait sur les flots.
Et cette idée ne la quitta jamais.
Le petit monde parfait de Gil s'effondra quatre ans plus tard. Le navire de ses parents, parti pour un long voyage en direction de l'île Saba, ne revint jamais. Pas plus qu'il n'arriva à destination. Gil apprit plus tard par des rescapés que le bateau s'était retrouvé pris dans une tempête, puis avait fait naufrage aux abords de l'île Mizu. Ses parents et une grande partie de l'équipage n'étaient plus.
A partir de cet instant, commença sa déchéance. Ivre de rage, abandonnée et sans repère, cette grande enfant commença à enchaîner méfaits sur méfaits pour survivre. Elle n'était douée en rien, hormis cuisiner et grimper, mais malgré ses recherches, et ses efforts, personne n'accepta de l'embaucher. Gil commença à maigrir, dormant dans les rues, volant sa nourriture pour s'en sortir, se servant de ses talents de grimpeuse pour s'échapper lorsque tout cela tournait mal. Il y avait bien un vieil ami de ses parents qui lui offrait de temps à autre de la nourriture, mais Gil refusait d'être un fardeau pour le vieil homme. Par dessus tout, elle avait peur de s'attacher.
Au bout de six mois, alors qu'elle végétait sur l'un des ports, tentant de passer tant bien que mal la journée, une conversation entre deux hommes attira son attention. Ils parlaient d'un équipage, qui semblait recruter des membres. La promesse qu'elle s'était faite enfant resurgit subitement, et ni une ni deux, la jeune fille se jeta sur eux, leur arracha tous les renseignements nécessaires et s'en alla aussi vite qu'elle était venu en direction du fameux équipage. Là-bas, le cœur battant, tremblante de toute part, elle s'était retrouvée face au second, lequel l'avait jaugé de haut en bas. Il n'avait pas parlé pendant un bon moment, avant de regarder une autre femme proche de lui, clamant « engagée ». Les yeux de Gil scintillèrent, probablement, et avant de s'en rendre compte, la jeune femme se trouvait déjà sur le navire. Gil s'était ainsi engagée sur un navire pirate. Mais finalement, elle s'en moquait quelque peu.
La jeune fille se trouva très rapidement à sa place auprès du vieux pirate se chargeant de la cuisine. Il la prit sous son aile, lui apprenant tout ce qu'il savait, et bien qu'au début Gil fût quelque peu méfiante, la jeune fille trouva rapidement en lui un ami, et un mentor. Elle se lia d'amitié avec d'autres membres de l'équipage également, lesquels lui apprirent rapidement à se battre. Gil était agile, et bien qu'elle ne fût pas très forte physiquement, son endurance, sa rapidité et son agilité en faisaient une adversaire coriace. Elle s'amusait également de son environnement, l'utilisant pour prendre l'avantage. Elle prit très vite goût au combat, et se mit à apprécier sa nouvelle vie au sein du navire, s'intégrant rapidement. On lui confia même l'intégration d'un nouvel arrivant sur le navire, un jeune homme amputé d'une main répondant au nom d'Altaïr. Et depuis ce jour là, on les trouvait très rarement l'un sans l'autre, les deux s'étant lié d'amitié. Gil continuait désormais de se battre aux côtés de ces pirates, et sen sentait bien.
A vingt-quatre ans, désormais pirate, Gil se sentait de nouveau heureuse.
Kellan
25 ans - île Mizu
Né sur l'île Mizu, le petit Kellan fût toujours un petit garçon terriblement peureux, peu enclin à faire de nouvelles rencontres, au grand dam de ses jeunes parents. Tout jeune déjà, une certaine timidité le faisait se démarquer des quelques autres enfants de son âge, malgré des parents très extravertis, toujours prêts à porter secours à quiconque. Si l'éducation que ses parents lui octroyèrent auraient pu le pousser à être extraverti, il n'en fût rien. L'enfant s'enfermait désespérément dans un mutisme le poussant à couper toutes relations sociales avec qui que ce fût.
Kellan grandit donc seul, sans réel ami ni fréquentations autre que sa famille. Ses parents et sa petite sœur étaient un cercle de fréquentations parfaites pour lui, et le jeune homme ne nécessitait guère plus. Les moindres personnes tachant d’entamer la conversation avec lui se heurtaient à un mur froid, l'enfant refusant de parler à quiconque.
Grandissant, si cette tendance s’adoucit quelque peu, le jeune homme n'était toutefois pas particulièrement enclin à discuter de choses et d'autres avec des personnes qu'il ne connaissait pas. Sa sœur semblait tout son contraire : joyeuse et toujours prête à aider ou faire de nouvelles rencontres, Cordelia rayonnait au cœur de Mizu. La jeune femme tâchait tant bien que mal d'entraîner son frère, lequel ne lui répondait que par des regards noirs. Et les attentions de sa sœur, bien qu'il sache qu'il s'agissait de bons égards, ne tardèrent pas à l'agacer. Énormément. Il ne comprenait pas cette nécessité de devoir parler aux gens quant se contenter de les ignorer, leur parlant en cas d'urgence extrême. Il n'avait pas besoin de relations sociales, se contentant de vivre en ermite reclus chez lui.
Malheureusement, ses parents ne voyaient pas cela comme lui le voyait, et ses parents commencèrent bientôt à s'ajouter à sa sœur, désirant qu'il observe, qu'il apprenne, et surtout tisse des liens avec d'autres personnes, ce qui ne plût pas du tout au jeune homme. Ce besoin constant qu'avait sa famille de se préoccuper de lui, de ce qu'ils pensaient bon pour lui, agaça très vite Kellan. Au bout d'un moment, à force d'entendre sans cesse rabâchées les même choses à propos de lui, à propos de ce qu'il faisait, de qui il était, le rouquin fini par décider de prendre les choses en mains. Un matin, il se décida à partir de l'endroit ou il vivait, lassé des disputes incessantes avec ses parents, ou sa sœur. Il erra une semaine sur l'île, incapable de comprendre le fonctionnement de leur société, avant de retourner penaud chez lui, à seize ans.
Deux ans plus tard, un accident avait raison de sa petite sœur. Elle et Kellan étaient sortis quelque instant, et pour quitter chez eux, devaient passer par de dangereux chemins. Kellan marchait devant, rapidement, se préoccupant peu de sa petite sœur qui se hâtait derrière lui.
Il n'entendit que le cri strident de sa petite sœur.
Se retournant, elle n'était plus là. Elle avait chuté du chemin de glace qu'ils empruntaient, et Kellan, horrifié, ne pouvait plus la voir. Il resta un long moment terrifié, sur le haut du chemin. Les secondes coulaient comme des heures, tandis qu'il ne pouvait que voir le vide sous ses pieds, tremblant. Surtout, ne plus entendre la voix de sa petite sœur, qui parlait constamment.
Ce jour là, Kellan perdit la notion du temps. De longues heures plus tard, le jeune homme se remit en route, en direction de chez eux, et ce fût paniqué, terrifié qu'il tomba dans les bras de sa mère, tremblant comme une feuille.
Rien ne fût plus jamais pareil. L'absence de Cordelia sonnait comme un lourd fardeau, et chaque fois que Kellan croisait le regard de ses parents, les lourds reproches fusaient, tels des éclairs sortis des yeux de ses parents. Depuis ce jour, plus un seul rire ne fusa dans la demeure. Il n'y avait plus que la haine, la rage et l'abandon.
Peu à peu, Kellan tâcha de se reconstruire. Mais les disputes incessantes d'avant la mort de sa sœur s'accentuèrent, les cris et pleurs remplacèrent très vite les rires. La simple vue de la glace devenait un cauchemar pour Kellan, et le froid semblait une prison dont il ne pouvait s'échapper.
Durant plus de six ans, il vécu dans cette ambiance morose. Finalement âgé de vingt-quatre ans, Kellan se décida à quitter son île, quitter son passé définitivement. Il n'aurait plus à affronter le regard accusateur de ses parents, ni à subir les souvenirs qui le hantaient dès qu'il regardait dehors. Kellan embarqua alors sur un navire marchand, partant pour le continent abandonné.
Eda
17 ans - sirène
Jeune sirène de dix-sept ans, Eda est née près de l'île Kogo. Eda ne connût jamais sa mère, capturée par des hommes alors qu'elle n'avait que trois ans. Elle manifesta dès sa plus tendre enfance une certaine curiosité qui la poussa à chercher de nouvelles choses partout, à tout découvrir. Coraux, poissons, grottes sous-marines, épaves, rien n'avait plus de secrets pour elle. La jeune sirène passait des heures et des heures à explorer les moindres recoins de l'océan. Elle voulait tout connaître, qu'il s'agisse des profondeurs des océans... où de ce qui se passait au dessus d'elle. Le monde d'en haut commença à présenter un intérêt pour Eda une fois que l'océan fût trop répétitif pour elle. Les plus anciens lui décrivaient comme un monde très étrange, ou personne ne pouvait flotter hors de l'eau, ou les gens marchaient sur ce qu'ils nommaient des jambes, sans pouvoir nager dans ce qu'ils appelaient l'air.
Enfant déjà, elle s'amusait à nager toute proche de la surface, et bien que, par peur, mais surtout car son père le lui défendait, elle ne franchisse pas la frontière entre eau et air, elle riait, suivant les lents bateaux, au grand dam de sa famille. De nombreuses fois, elle s'était fait surprendre à monter trop haut, mais rien de tout cela ne l'empêchait d'assouvir sa curiosité.
Puis, un jour, alors qu'elle regardait le ciel de sous l'eau, Eda décida de faire ce qui lui avait toujours été interdit à elle et sa sœur. Timidement, presque effrayée, elle sortit sa tête hors de l'eau.
L'air emplissant ses poumons lui procura une sensation qu'elle n'oublia jamais. Le vent d'été soufflait légèrement sur sa peau humide, lui arrachant quelques frissons. Il faisait frais, en comparaison à l'eau chaude des mers du sud. Ses cheveux ne semblaient pas flotter autour d'elle, mais lorsqu'elle baissa les yeux, elle les vis, troublés, formant comme un étrange cercle autour d'elle. Elle ne voyait plus son corps correctement. Sortant sa main palmée de l'eau, elle constata que ses écailles irisées semblaient briller légèrement. Un sourire étira ses lèvres et un léger rire brisa le calme et le silence du lieu, faisant sursauter la jeune fille. Même ça, c'était différent. Eda leva les yeux au ciel, et ce le ciel orageux la marqua à jamais.
Ça n'avait duré qu'une minute, peut-être deux, mais les sensations que ressentit la jeune fille la firent se sentir merveilleusement bien, et Eda se promis aussitôt qu'elle y retournerait.
Ce qu'elle fît, fréquemment, au départ lorsqu'elle était seule, puis petit à petit, loin des bateaux, avant d'oser se montrer tout proche d'eux. Elle observait, discrète, les affluences sur ceux-ci, écoutait les bruits des hommes et les chants de marins, étrangement fascinée par tout ce qu'elle voyait. Elle aimait tout ça. Mais si cela se limitait au débuts aux grands bateaux, restant dans les angles morts des marins, Eda s'attaqua par la suite aux autres bateaux, plus petits, d'où on pouvait la voir. Elle s'amusait, tournant autour avant de sortir la tête de l'eau. Restant néanmoins méfiante, elle s'arrangeait pour ne pas être à la portée des marins, s'éloignant dès que ceux ci s'avançaient. Elle ne sortait jamais complètement de l'eau, ne leur parlait pas, se contentant d'observer ces hommes d'un regard bleu perçant. Au moindre signe d’agressivité, Eda prenait la fuite.
Un beau jour, un marin lui demanda, de loin, de chanter pour eux, malgré les protestations de ses compagnons. Intriguée, la jeune sirène hasarda quelque notes, s'avançant près du bateau, et voyant qu'ils semblaient apprécier, continua de chanter. La barque chavira alors qu'ils tentaient de la rejoindre dans l'eau, comme attirés subitement. Eda, terrorisée, cessa immédiatement de chanter pour se réfugier dans les profondeurs. Elle apprit plus tard que certaines sirènes usaient de ces charmes, de ce chant enchanteur pour pousser des hommes à les rejoindre, les attirant au plus profond des océans pour les dévorer. Horrifiée, la jeune sirène se promis que jamais elle n'utiliserait ce pouvoir si elle n'était pas en danger.
Eda continua ses escapades de nombreuses fois, et si elle savait que sa sœur était au courant et désapprouvait sa conduite, n'y prenait pas garde. Il ne lui était jamais rien arrivé après tout, les humains étaient des créatures pacifiques.
Ce fût un beau jour ou elle avait passé un certain temps à tourner autour d'un grand navire voguant dans ses eaux, qu'Eda manqua de se faire capturer. La jeune fille s'était approchée du navire, quine présentait, selon elle aucun danger. Il n'y avait que des marins amusés auprès d'elle, et elle ne se méfiait pas. Elle décida alors de s'approcher bien plus près du bateau, intriguée. Ce fût alors qu'elle vit se déployer au dessus d'elle un grand filet, et la jeune sirène, tétanisée, ne pût bouger un seul muscle. Elle ne dût son salut qu'à une personne qui, l’agrippant par le bras, lui ordonna de s'enfuir immédiatement. Eda reconnût aussitôt sa sœur, et, déboussolée, se retrouva sous l'eau, libre. Se retournant, elle ne pût voir que sa grande sœur se débattre dans les mailles d'un grand filet. Le temps qu'Eda se jette sur elle, tâchant de l'aider à se défaire, les marins avaient déjà remonté leur prise, semblant fière d'eux.
Elle ne pût, effrayée, que s'enfuir comme le lui avait ordonné sa sœur.
Eda se jura toutefois de la sortir de cet horrible endroit. La jeune fille décida de suivre le bateau, réfléchissant à un moyen de sauver sa grande sœur.
Elle le suivit jusqu'à ce que le navire ne s'arrête finalement dans un port. Celui du continent abandonné.
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