C'est long, pardon, jme remet à jour dans les posts, retardataire que je suis.
Lauryn dormait. En effet, la frénésie qui se mettait en place dehors ne semblait pas déranger son sommeil plus que ça.
Ses parents étaient déjà partis travailler depuis longtemps, sûrement vers le marché. A cette heure-ci, ils devaient déjà piailler pour vendre quelques minuscules babioles. C'est d'ailleurs les marchands, avec leurs hurlements qui la réveillèrent pour de bon.
C'était vrai, Lauryn dormait beaucoup mais pas éternellement non plus. Elle se leva du lit, non sans mal, encore un peu endormie.
Le soleil qui passait à travers les rideaux et qui se reflétait contre la fenêtre était particulièrement agréable. Lauryn l’ouvrit pour voir d’où venait vraiment ce vacarme. Du haut de sa fenêtre, elle ne pouvait voir que les rues avec les marchands s'entassant, où régnait une atmosphère inhabituelle et exaltante. Pourtant la grande part d'agitation ne semblait pas venir de là.
Lauryn se dépêcha d’enfiler ses vêtements de la veille, encore maladroitement plié au coin du lit. Puis, elle partit dans la cuisine, chercher de quoi manger sur la route. Elle voulait voir au plus vite ce qui se tramait dehors. Il fallait se dépêcher. La jeune fille récupéra vite-fait quelques fruits qu'elle s'empressa d'avaler rapidement.
À moitié prête, parfaitement réveillée maintenant, Lauryn déambula dans la rue au milieu des passants. Les marchands hurlaient à haute voix les bonnes affaires du moment. La foule de touristes autour des stands était, quant à elle, moins dense que d'habitude. C'est en essayant de se frayer un passage dans les allées bondées que Lauryn put entendre une bribe de conversation entre deux bonshommes plutôt rougeauds :
"Y'a pas mal de touristes au port, mon vieux""
"Paraît qu'ils ont attrapé une sirène sur l'rafiot qui vient d'arriver au port."
Avait-elle vraiment bien entendu? Une sirène? Ça semblait irréel. Ou pas vraiment habituel en tout cas. Mais ça ne lui coûtait rien d'aller voir ce qui se passait au port. Lauryn accéléra le rythme, le vacarme qu'elle avait dû entendre dans la matinée devait provenir du port. La sirène existait peut-être bien au final même si ça semblait plutôt peu plausible.
Une fois arrivée au port, la jeune fille put enfin constater l'activité qui s'y concentrait. Des masses et des masses de touristes s'attroupaient un peu partout. Il y avait toujours de l'animation sur le port, mais pas à ce point-là. Lauryn essayait, tant bien que mal de passer à travers la foule. L'étrange va-et-vient des passants sur le port était étouffant, presque autant que les coins les plus luxuriants de Karu. Et ils parlaient tous de la même chose. "Sirène", "Bateau", "Capturée". Une fois arrivée au niveau des bateaux, elle put enfin apercevoir le bateau qui faisait tant parler. Il n'avait rien de spécial, plutôt luxueux, sans plus, mais c'était un joli bateau venant apparemment de la Capitale.
L'envie d'aller voir à l'intérieur du bateau, pour confirmer les dires des passants était trop forte. Elle devait entrer dans ce bateau. Quoi que, c'était simple à dire. À première vue, les abords du bateau étaient bondés de groupes de touristes et de gardes contrôlant les entrées. Pourtant, ça ne devait pas être impossible de rentrer à l'intérieur. Elle aperçut quelque personne se glissant dans des groupes et essayant de se faire discret. Apparemment, ça pouvait le faire. Et c'était sûrement le choix le plus convenable.
Alors, Lauryn s’exécuta. Elle se plaça dans un groupe de touristes, tout en essayant de ne pas se faire voir ni remarquer. Sa petite taille lui servait pour une fois, les touristes étaient tous plus grands qu'elle, donc elle restait bien cachée à l'intérieur du groupe. C'était plutôt facile. L'entrée sur le bateau se fit rapidement et sans problème particulier.
À l'intérieur du bateau, elle se sépara du groupe des touristes et observa les lieux. Une salle luxueuse, comme l'extérieur du bateau. C'était plutôt animé et rempli de gens influents. Enfin, elle n'était pas venu pour ça.
Elle était venue pour voir la prétendue sirène capturée.
Les touristes s'étalaient un peu partout autour d'un gros bocal en verre. Alors elle existe vraiment?
Lauryn avança vers l'immense bocal et se faufila jusqu'à voir son contenu. Ce n'était pas une blague. Elle existait vraiment. Elle était là, sous ses yeux.
Ce n'était pas vraiment aussi exceptionnel que Lauryn l'avait imaginé. C'était juste une sirène dans un bocal, et pourtant nombre de gens autour d'elle avaient payé pour venir la voir.
Les gens autour d'elle étaient émerveillés. Pourtant la sirène n'avait pas l'air trop d'apprécier d'être pris comme un vulgaire poisson dans un aquarium. Avec la tête qu'elle tirait, on pouvait voir rapidement que le fait d'être montré en public comme ça ne lui plaisait pas beaucoup. En tout cas, ce n'était pas vraiment humain de laisser une pauvre créature de la mer dans un bocal comme ça. Elle n'était là qu'en temps de bête de foire. Écœurant.
Lauryn n'avait pas envie de rester une minute de plus à regarder cette pauvre fille enfermée. Elle décida d'aller faire un tour sur le bateau. Puis elle s'arrêta net quand quelqu'un commença à crier qu'il y avait une deuxième sirène. Une autre? Eh bien pour être inhabituel, c'était inhabituel. Lauryn se dépêcha de monter sur le pont pour essayer de la voir, ou encore pas mal de touristes était présente pour essayer d’apercevoir cette deuxième créature. Mais cette fois-ci, on ne voyait rien. Bon, une mauvaise blague, ce n'était rien de méchant.
Et pour agrémenter le tout, une jeune fille
(Phoebe) s'écria :
"-Eh ben ! Entre une hybride qui tire la gueule et une sirène invisible on se demande bien pourquoi personne ne demande le remboursement."
Eh bah, elle était franche celle-là, pensa Lauryn. En tout cas, elle avait raison dans un sens. Et les touristes avaient probablement écouté son conseil d'aller se faire rembourser puisque pour beaucoup ils quittèrent le pont sans rien demander de plus. Au moins, le pont était moins rempli désormais. Lauryn suivit les touristes en bas pour voir ce qui allait se passer maintenant. Ils gueulèrent qu'ils voulaient sortir et se faire rembourser contre les gardes essayant tant bien que mal de calmer les plus remontés. Et la pauvre sirène au milieu de ce vacarme, c'était déplorable. Lauryn continua à regarder la plupart des touristes partir. Le bateau était désormais beaucoup plus vide. Lauryn allait sortir à son tour, puisqu'elle avait déjà vu tout ce qu'il y avait à voir, mais de l'agitation semblait provenir du pont. Elle fit demi-tour et alla voir ce qu'il s'y passait.
Eh bien, encore une. Ce n'était donc pas une blague. Sur le pont, entourer de soldats et de personnes l'observant, une deuxième sirène avait été capturée. Elle était apeurée. La jeune fille
(Phoebe) qui avait gueulé plutôt fort tout à l'heure s'approcha d'elle et lui demanda son nom. Comme si elle allait répondre, c'était une perte de temps. Puis, un homme
(Reza) s'approcha à son tour. Apparemment, il gueulait des ordres aux soldats comme quoi ils devaient faire évacuer le bateau et se rapprocha de la créature marine peu après.
Il la regardait comme un pauvre animal et semblait content d'avoir pu attraper deux pauvres sirènes. Il tourna son regard vers l'autre imprudente et se remit à gueuler en demandant qu'est-ce qu'elle faisait encore là et que ça ne servait à rien de vouloir communiquer avec la sirène. Il lança d'ailleurs un bout de pain à la sirène en continuant disant qu'elle n'était qu'un animal et qu'elle ne mangeait pas la même chose que nous. Les soldats qui se trouvaient à ses côtés riaient de plus belle. Il termina son discours haineux par "Le spectacle est terminé".
En effet, y'avait plus grand chose à voir et puis dans un sens il avait raison. Lauryn allait encore partir, mais un autre événement se passa, une autre femme
(Rotten) enleva une cape noire et se mit à se présenter en tant que pirate recherchée. Puis elle lança son épée à terre et se rendit. Lauryn regardait les événements qui se passait un peu plus loin que les soldats, c'était franchement du grand n'importe quoi. Entre la sirène, l'imprudente, le soldat gueulant avec le bras mécanisé et la pirate recherchée, ça nous faisait un beau quatuor.
Retournement de situation, la sirène se mit à parler :
- Je comprends parfaitement vos mots. Je ne suis pas un animal. Ni une vermine comme vous l'êtes. Tous.
Elle comprenait donc ce qu'on lui avait dit? C'était impossible à croire mais vrai. Tout de suite, les réactions fusèrent de tous les côtés. C'est alors qu'une autre jeune femme
(Tallulah) fit son apparition et commença un discours en direction de Reza. Lauryn la regarda attentivement, elle avait un teint hâlé et de longs cheveux bruns, elle était sûre de l'avoir déjà croisée. Sur Karu sûrement. Mais elle ne l'a connaissait pas plus que ça. Sur le continent abandonné, elle ne connaissait personne. Lauryn était un peu comme une touriste, ou une passagère.
L'officier, entourée des trois présences féminines qui l'avaient toute un peu provoqué, commença à s'énerver et à dire à ses soldats de les enfermer. Lauryn se cacha où elle le put pour éviter qu'on l'enferme à son tour, mais maintenant le problème allait d'être de sortir de ce bateau sans problème.
Mais pour sortir, ce n'était pas pour tout de suite. Un homme cagoulé
(Drake) fit son apparition et se plaça au beau milieu du pont. Il tenait une sorte de cube noir dans les mains. Il commença à son tour un discours :
— Bon, alors écoutez-moi les poulettes, voici une bombe de la Capitale. Messieurs les gardes, vous devez connaître l'objet, non ? Oui évidemment ! Mais non. Lorsque vous me tirerez dessus, il me restera quelques secondes de répis pour appuyer sur la bombe. Et ne vous inquiétez pas, je le ferai. La femme de ma vie. Bon, alors messieurs les gardes, vous allez dégager d'ici, avec ou sans la Sirène, je m'en fiche en fait. Si vous dégagez, je vous promet de prendre soin de ce bateau. Juré, craché... Excusez-moi, je peux cracher ? Merci.
Bon, apparemment le moment était encore mal choisi pour partir. Lauryn sortit de sa cachette, de toute façon, maintenant, les gardes ne pourraient rien faire contre elle. Ils étaient tous occupés autour de l'homme qui venait de faire une apparition surprise et de sortir une bombe. Et ils étaient tous bloqués pour l'instant. En tout cas, l'ambiance commençait à être intéressante. Ils n'allaient pas s'ennuyer de sitôt.