Lorsqu'ils furent un peu plus éloigné, Lucien souffla à Kristie,
- Nous n'allons pas le tuer. J'ai demandé à ce qu'il soit enfermé dans l'infirmerie pour qu'il puisse réfléchir quelques temps.
Le jeune homme toussota, comme pour s'excuser de s'être fait passer pour des barbares. Ils avaient tout de même un poil de bonne manière -quoique- et ne s’entretuait surtout pas comme ça. Chacun d'eux étaient uniques, précieux. Ils se connaissaient tous. Impossible de se trahir.
La jeune sacrifiée semblait elle, être directement passé à autre chose et se posait d'autres questions.
- Pourquoi je suis ici? Pourquoi on me regarde comme si on m'attendait? Pourquoi...
Lucien et Kristie passèrent à côté du jardin intérieur. Des garçon entre 10 et 15 ans, arrosaient les plantes minutieusement, comptant la moindre goutte versée. Derrière eux, de petites lunettes rondes sur son nez, un garçon du même âge que Kristie observaient attentivement le moindre faits et gestes de ses apprentis.
Des lianes, des mini-pousses, mais surtout.. des fraisiers, des mures, et autres plantes utiles pour les réserves de nourritures.
Poussant un rideau de lierres, Lucien laissa passer la prisonnière devant lui.
Elle allait bientôt découvrir la réponse à toutes ses questions.
Dans cette partiel, de petites mains travaillaient. Les plus petits était là.
Tenant tous des crayons de couleurs entre leurs doigts serrés, ils cochaient des cases. On leur avaient demandé de faire ça, ils le faisaient sans trop y comprendre quelque chose.
Lucien s'agenouilla a côté d'eux, les regardant s'agiter devant leurs feuilles à remplir. Posant sa main sur l'épaule d'un des "ouvriers"... il lui tira la langue. Le petit garçon se mit à rire et lui renvoya sa grimace.
- Quelqu'un va t'aider aujourd'hui. Tu es fatigué et les autres m'on fait remarquer que tu te plaignais de douleurs à ta main.
Lucien tourna sa tête vers Kristie... puis se releva. Marchant vers le rideau de lierre, il écarta les feuilles d'un geste de la main et ajouta,
- C'est le plus petit d'entre nous.
avant de partir.
Le petit garçon, tout sourire, tendit le stylo a Kristie,
- Bonjour madame! Moi c'est Tim!
Pey, Mike, Ashely, Nathan, Alex, Eloise. Ils étaient déjà plus nombreux. C'était bien. Adrien fut soulagé de voir que certains se proposaient. Avant de sortir dehors comme tout le monde, le jeune homme partit faire un détour. Un tout petit hein.
Il les rejoignit quelques minutes plus tard.
Il était passé par la cuisine...
Sans trembler, Adrien offrit à chacun un couteau. S'arrêtant vers Eloise, il la regarda avec dureté.
- Je te donnes ce couteau à condition que tu ne te mettes pas plus en danger que ça et que tu écoutes bien les consignes.
En faisant la distribution de leur arme de fortune, le groupe était déjà arrivé à la frontière des arbres. Arbres que les dealers avaient grimpés la nuit dernière.
C'était là la limite. La frontière se jouait ici entre le territoire de la ferme et des enfants perdus.
Et bien, ils allaient voir qu'ils n'étaient plus seuls et qu'ils allaient devoir s'y faire.
Eloïse n'eu pas le temps de répondre a la demande d'Adrien, qu'en haut des arbres, une voix de gamin se mit à brailler,
- N'AVANCEZ PAS PLUS! C'EST NOTRE ZONE!
Quoi? Hein? Il avait quel âge ce gosse? Dix piges? Et ils devraient fuir devant lui?!
Adrien serra les dents et plissa les yeux pour essayer de le repérer dans les arbres. Impossible. D'en bas, il ne pouvait pas être vu. Bien caché n'est-ce pas?
Et comme si les paroles ne suffisaient pas, la voix décida de donner un avertissement un peu plus... parlant.
Une flèche fendit les airs.
Et vint effleurer l'oreille de Pei.
La flèche tomba dans l'herbe.