19-05-2014, 19:47
(18-05-2014, 4:36)3lectros a écrit : Moi je rage tellement car vous possédez la swagance ultime ( osef , ce mot existe pas).
Donc je continuerais de lire vos pavé trop cool en secret comme je sais si bien le faire.
kiss .
sur ce,
Vous pouvez continuer~
T'es un mamour toi
Omg comment arrives tu à capter le sujet
Même moi je m'y perds
Tiens pour la peine je te dédie ce post de Drake (lol c'est une boutade tkt pas mdmr ça fait meuf qui se la joue ghhehehzi)
J'ai pas répondu à chacun pardonnez moi
2h de ds demain à 8h, dernier de maths de l'année, j'ai des impératifs :c :c :c :c :c
Drake entendait, distinctement, chacun des mots que la meute s'était mise à brailler avec un ensemble parfait, l'air tout aussi hargneux les uns que les autres. De manière générale, ils se répétaient. Ils lui mettaient sous les yeux tous ses forfaits du passé, probablement avec l'intention de lui faire ressentir un genre de honte ou de culpabilité, d'obtenir réparation, simplement de vider leur sac; peu importait, Drake n'en avait rien à foutre.
Ils pouvaient lui répéter cinquante fois combien il avait pillé, tué, violé. Combien il avait manipulé, torturé, ravagé.
Tout ça, il le savait. Il s'en rappelait avec une précision de métronome et une clarté lumineuse. Tous ces actes étaient encore plus proches pour lui que pour eux. Eux avaient vécu treize ans, treize putain d’années pour digérer leurs menues contrariétés et s’en forger de nouvelles, treize années pour changer, pour évoluer, pour vieillir, treize années pour vivre, tout simplement, et treize années avec Jude. Lui n’avait rien eu.
Alors ils l’avaient tué pour ce qu’il leur avait fait. C’était compréhensible. Ils l’avaient tué et ils avaient emmené son frère. Il avait largement l’impression d’avoir purgé sa peine. Alors qu’ils lui rabâchent, encore et encore, ce qu’il savait déjà, n’avait pour effet que d’exciter sa colère naissante.
Et si, pour changer, ils lui disaient quelque chose qu’il ne savait pas déjà ?
Comme par exemple, ce qui était arrivé à la santé de son frère. A son intégrité, à son beau regard bleu, à la force sa jeunesse. Entre ses bras, maintenant, il semblait aussi fragile qu’à ses cinq ans.
Drake semblait à deux doigts de se lever, ici et maintenant, pour aller répondre personnellement à chacun de ces connards pontifiants, dont la moitié gémissaient sur leur sort comme des mioches de 19 ans qu’ils n’étaient plus, et l’autre moitié lui intimant de manière plus ou moins directe de retourner droit dans son cercueil. Mais il avait Jude entre les bras, de bonnes résolutions plein la tête, et tellement plus de choses à dire à son frère qu’à ces abrutis. De manière, pas une seconde à perdre avec eux.
- J’ai tous les droits, enroulés. A commencer par le droit du sang, adressa-t-il simplement à la populace, sans relâcher son étreinte autour des épaules de son frère.
Sans attendre que l’un ou l’autre trouve bon de contester, Drake releva son frère, avec tous les soins qu’on aurait pris avec une poupée de porcelaine, tant Jude était secoué de tremblements, avec un « viens Jude. On s’arrache ».
Ensemble, ils tournèrent le dos à la foule pour se diriger vers la porte par laquelle Drake était entré. Et ils la franchirent sans un mot.
Sans un regard supplémentaire en arrière, qui aurait été superflu.
La foule des zombies dehors était bien moins dense que celle des connards en intérieur. Les frères Sheridan n’eurent aucun problème pour se frayer un passage jusqu’au bus, toujours parqué là, silencieux. Un coin bien plus tranquille que la planque des Bass, pour se retrouver vraiment, sans interférences. Une fois à l’abris de ses vitres blindées, Drake assit Jude à l’arrière du bus, doucement, comme s’il craignait de le briser au moindre écart. Il avait de nouveau l’air vulnérable de lorsqu’ils étaient enfants, l’air perdu, tellement, tellement faible, qu’il en arracherait des larmes d’amertume à son aîné.
Il déposa ses mains de chaque côté de son visage, sondant son visage avec une attention fébrile, fiévreuse, comme s’il cherchait à détecter le moindre des dommages qu’il avait bien pu recevoir en son absence. Et se qu’il voyait l’amenait à se mordre la lèvre jusqu’au sang.
Son absence qui avait, tout de même, duré 13 ans. Il l’avait laissé seul treize ans, après l’avoir blessé pendant vingt ans. Il ne savait pas s’il devait se sentir plus coupable de l’avoir laissé, de ne pas l’avoir fait plus tôt, ou d’être revenu.
Il avait réussi à blesser la seule personne au monde qu’il voulait protéger. Il avait beau rejeter la faute sur tous les autres, il avait aussi sa part dans l’état de Jude.
Il ne l’avait pas tué sans motif.
Comment, un jour, pourrait-il racheter tout ça ?
- J’suis désolé, Jude, je suis tellement, tellement désolé, murmura-t-il, la voix rauque, les yeux plantés dans le seul œil valide de Jude, au dessous duquel s’étendait un aigle noir d’encre. Je sais même pas comment le dire. Pardon pour tout, depuis le début, pardon. J’ai merdé, j’ai fait que ça, je te demande pardon…




