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Farewell † [rpg]
#41
(18-05-2014, 4:36)3lectros a écrit :  Moi je rage tellement car vous possédez la swagance ultime ( osef , ce mot existe pas).
Donc je continuerais de lire vos pavé trop cool en secret comme je sais si bien le faire.
kiss .

sur ce,

Vous pouvez continuer~

T'es un mamour toi
Omg comment arrives tu à capter le sujet
Même moi je m'y perds
Tiens pour la peine je te dédie ce post de Drake (lol c'est une boutade tkt pas mdmr ça fait meuf qui se la joue ghhehehzi)


J'ai pas répondu à chacun pardonnez moi
2h de ds demain à 8h, dernier de maths de l'année, j'ai des impératifs :c :c :c :c :c


Drake entendait, distinctement, chacun des mots que la meute s'était mise à brailler avec un ensemble parfait, l'air tout aussi hargneux les uns que les autres. De manière générale, ils se répétaient. Ils lui mettaient sous les yeux tous ses forfaits du passé, probablement avec l'intention de lui faire ressentir un genre de honte ou de culpabilité, d'obtenir réparation, simplement de vider leur sac; peu importait, Drake n'en avait rien à foutre.
Ils pouvaient lui répéter cinquante fois combien il avait pillé, tué, violé. Combien il avait manipulé, torturé, ravagé.
Tout ça, il le savait. Il s'en rappelait avec une précision de métronome et une clarté lumineuse. Tous ces actes étaient encore plus proches pour lui que pour eux. Eux avaient vécu treize ans, treize putain d’années pour digérer leurs menues contrariétés et s’en forger de nouvelles, treize années pour changer, pour évoluer, pour vieillir, treize années pour vivre, tout simplement, et treize années avec Jude. Lui n’avait rien eu.
Alors ils l’avaient tué pour ce qu’il leur avait fait. C’était compréhensible. Ils l’avaient tué et ils avaient emmené son frère. Il avait largement l’impression d’avoir purgé sa peine. Alors qu’ils lui rabâchent, encore et encore, ce qu’il savait déjà, n’avait pour effet que d’exciter sa colère naissante.
Et si, pour changer, ils lui disaient quelque chose qu’il ne savait pas déjà ?
Comme par exemple, ce qui était arrivé à la santé de son frère. A son intégrité, à son beau regard bleu, à la force sa jeunesse. Entre ses bras, maintenant, il semblait aussi fragile qu’à ses cinq ans.
Drake semblait à deux doigts de se lever, ici et maintenant, pour aller répondre personnellement à chacun de ces connards pontifiants, dont la moitié gémissaient sur leur sort comme des mioches de 19 ans qu’ils n’étaient plus, et l’autre moitié lui intimant de manière plus ou moins directe de retourner droit dans son cercueil. Mais il avait Jude entre les bras, de bonnes résolutions plein la tête, et tellement plus de choses à dire à son frère qu’à ces abrutis. De manière, pas une seconde à perdre avec eux.
- J’ai tous les droits, enroulés. A commencer par le droit du sang, adressa-t-il simplement à la populace, sans relâcher son étreinte autour des épaules de son frère.
Sans attendre que l’un ou l’autre trouve bon de contester, Drake releva son frère, avec tous les soins qu’on aurait pris avec une poupée de porcelaine, tant Jude était secoué de tremblements, avec un « viens Jude. On s’arrache ».
Ensemble, ils tournèrent le dos à la foule pour se diriger vers la porte par laquelle Drake était entré. Et ils la franchirent sans un mot.
Sans un regard supplémentaire en arrière, qui aurait été superflu.
La foule des zombies dehors était bien moins dense que celle des connards en intérieur. Les frères Sheridan n’eurent aucun problème pour se frayer un passage jusqu’au bus, toujours parqué là, silencieux. Un coin bien plus tranquille que la planque des Bass, pour se retrouver vraiment, sans interférences. Une fois à l’abris de ses vitres blindées, Drake assit Jude à l’arrière du bus, doucement, comme s’il craignait de le briser au moindre écart. Il avait de nouveau l’air vulnérable de lorsqu’ils étaient enfants, l’air perdu, tellement, tellement faible, qu’il en arracherait des larmes d’amertume à son aîné.
Il déposa ses mains de chaque côté de son visage, sondant son visage avec une attention fébrile, fiévreuse, comme s’il cherchait à détecter le moindre des dommages qu’il avait bien pu recevoir en son absence. Et se qu’il voyait l’amenait à se mordre la lèvre jusqu’au sang.
Son absence qui avait, tout de même, duré 13 ans. Il l’avait laissé seul treize ans, après l’avoir blessé pendant vingt ans. Il ne savait pas s’il devait se sentir plus coupable de l’avoir laissé, de ne pas l’avoir fait plus tôt, ou d’être revenu.
Il avait réussi à blesser la seule personne au monde qu’il voulait protéger. Il avait beau rejeter la faute sur tous les autres, il avait aussi sa part dans l’état de Jude.
Il ne l’avait pas tué sans motif.
Comment, un jour, pourrait-il racheter tout ça ?
- J’suis désolé, Jude, je suis tellement, tellement désolé, murmura-t-il, la voix rauque, les yeux plantés dans le seul œil valide de Jude, au dessous duquel s’étendait un aigle noir d’encre. Je sais même pas comment le dire. Pardon pour tout, depuis le début, pardon. J’ai merdé, j’ai fait que ça, je te demande pardon…

http://www.elle.be/fr/wp-content/uploads/2013/10/petite-sir%C3%A8ne.gif
 
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#42
Pandora fixa Drake avec une expression béate. Comment osait-il dire qu’ils n’avaient pas pris soin de Jude pendant son absence. Comment osait-il le leur reprocher alors qu’il avait disparu de sa vie pendant tout ce temps. Oui, des explications ne seraient pas trop de refus. Genre, depuis combien de temps était-il vivant? Comment était-il revenu d’entre les morts? Et la grosse question, fallait-il le tuer tout de suite? Parce que franchement, laisser un con comme lui gambader dans la nature, c’était du suicide.
- Droit du sang de mon cul ouais. Lâcha-t-elle, énervée. Elle allait continuer dans sa lancée, mais la lointaine cacophonie de la rage de Nate parvint à son oreille. Du verre cassé, des cris, des coups, des pleurs. Tout le monde sembla oublier pendant quelques secondes la vraie victime dans l’histoire, celui à qui on venait de briser le coeur. Comme si Drake venait de le lui arracher de sa poitrine et de le planter sous ses yeux. Comment Nate pouvait-il se retenir de le tuer à main nues, là, tout de suite.
Pandora lâcha son arme par terre, et piqua un sprint jusqu’à lui. Elle ne pouvait pas le laisser seul, pas maintenant. Pas quand toute sa vie venait de s’effondrer sous ses yeux. Si seulement il n’y avait pas Jude. Si seulement il n’y avait pas tout ce monde, tous ces regards, les lois morales. Sinon, elle n’aurait pas hésité une seule seconde à mettre une balle entre les deux beaux yeux de l’aîné Sheridan. Un meurtre de sang froid, pas de sentiments. Oh, si seulement.
Elle regarda Nate, horrifiée. Il y avait du verre partout et ses poings étaient en sang à force d’avoir tapé partout. Elle s’accroupit près de lui et prit son meilleur ami dans ses bras. Elle sentit ses larmes mouiller son épaule. Et surtout, elle ne sut que dire. Que dire dans ces moments-là.
Drake est un sonar, tu t’en fous de Jude, tu t’en fous d’eux, on est là pour toi.
https://38.media.tumblr.com/251a003d524428d3deade94cbdff5602/tumblr_n4c9psY7NK1qhtowuo1_250.gif
Is that a mirror in your pocket? 
Cause damn I can see myself in those pants.
 
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#43
je vous aime tout le monde je vous aime tous fort voilà

Will se contentait, activement, d'éponger la blessure d'Ale d'où le sang s'écoulait à une vitesse hallucinante. Il était mort de peur, mais il lui sembla l'espace de quelques secondes que ce n'était même pas dû à la présence du liquide rouge, partout autour de lui. En vérité, il était mort de peur parce qu'il ne connaissait pas ce Drake Sheridan, mais qu'un simple regard de son côté avait suffit à lui foutre les jetons.
Et ça n'avait rien de bon.
- Bon Will, tu le tiens et j'enlève la balle, ok ?
- Hein ? Quoi ?! J'fais quoi ?! S'égosilla l'adolescent, en essayant de faire du mieux qu'il le pouvait, vraiment, mais trop maladroitement pour véritablement panser la plaie. Un long filet de sang alla s'écraser sur sa main, qu'il rapprocha nerveusement de son visage pour dégager ses cheveux, avant qu'il ne se fige. Comme ça, violemment.
Et c'était reparti pour une crise.
- PUTAIN LES GARS VOUS FOUTEZ QUOI J'AI PLUS DE JAMBE PUTAIN ! Gueula Ale, en posant ses deux mains sur sa cuisse. La douleur lui arrachait des grosses insultes, même si il les pensait pas vraiment. En vérité, il était complètement paumé, et il captait rien, absolument rien à ce qui se déroulait sous ses yeux. A ajouter à cela la peur, la panique, la colère et la haine, en un mot : Spectaculaire.
- Mais qu'est-ce que tu fou ? WILL ?! Coupa Côme, en voyant l'abruti commencer à perdre peu à peu toute mesure de ce qui se déroulait autour de lui. Et en effet, Will avait les mains couvertes de sang, et le regard qui se dirigeait sur ces dernières ne lui disait rien qui vaille. Vraiment. Elle est où la gamine qui te suis tout le temps là... Putain... Brontruc... Bronwyn ???? S'empressa de gueuler Côme, en la cherchant du regard. Bronwyn, ramènes-toi, sors-le de là. Articula-t-il, sans réellement savoir ce qu'il foutait. Clairement, il était en train de soigner l'un des gars contre qui il s'était battu, autrefois, et voilà qu'il s'adressait directement à la fille qu'il semblait avoir plus ou moins rendu orpheline. C'était peut-être pour cette raison, en réalité, qu'il s'était jusqu'ici appliqué à ne pas lui parler.
- Quelqu'un peut m'aider à le tenir ?! Trancha-t-il, au final, en lançant un regard aux autres, espérant qu'ils laisseraient tous faire ce qu'il y avait à faire, du côté de Jude. Côme avait bien entendu parler de Drake Sheridan, mais à l'instant présent, il pouvait pas non plus se permettre de laisser crever le mec qu'il s'était porté volontaire pour aider. On parlait de vie ou de mort, et vu comment sa blessure pissait le sang, ça se jouait à pas grand chose.

Nick ouvrit la bouche pour répliquer, mais absolument rien ne s'échappa d'entre ses lèvres. Rien. Un néant total, parce qu'il arrivait pas à trouver les mots. Jude avait pas le droit de se barrer. Il avait pas le droit de faire ça, et en même temps, qui aurait pu le lui reprocher ? Le blond le connaissait trop bien, et peut-être aurait-il préféré que ça ne soit jamais le cas, dans la mesure où ça faisait bien plus mal.
- PUTAIN ! Gueula-t-il, en frappant violemment contre le mur. JUDE !! Ça changerait rien de l’appeler, ça changerait strictement rien, mais peut-être que ça aurait un impact, peut-être que ça lui ferait prendre conscience.
- Arrêtez de couiner, Blavatsky, c'est pas ça qui va le faire revenir. Ironisa Matthew, avant de manquer de se prendre un poing dans le visage.
- Va te faire enculer, Dobson. Va te faire profondément enculer.
Matthew répliqua, dans un réflexe habile, en pointant son arme vers le blond.
- Pas de ça entre nous. J'ai déjà bien assez entendu le petit frère gueuler, si tu veux mon avis. Il éclata de rire, fit un pas en arrière, ne lâcha pas son arme, persistant à viser le Blavatsky dans un sourire particulièrement agaçant. Oui, c'était lâche, mais efficace. Et de toute façon, avec Jude de son côté, ce groupe de sous-merde tenterait rien. Enfin, le tatoué avisa rapidement Fennec, le temps d'une micro-seconde, en se demandant lui-même comment est-ce qu'ils allaient faire pour le récupérer, lui-aussi, pour finalement se mettre à suivre les deux frères, l'arme toujours en main. Arme qu'il se décida à ranger une fois certain d'être assez loin des autres. Vu le regard qu'il venait de tenir au mafieux, ce dernier avait compris toute l'étendue de ce qu'il avait à lui dire. Et l'importance de la situation, aussi.
Ce fut à la voiture de Drake, qu'ils finirent par se retrouver, et Matthew, dans un geste proche de la lassitude, s'appuya contre un mur, assez loin du véhicule pour les laisser tranquille, afin d'entreprendre d'allumer une cigarette. Il lui en restait pas beaucoup, et ça, c'était vraiment chiant. Quand les deux tourtereaux auraient fini niveau retrouvailles, il entreprendrait de leur parler de ce qu'il faudrait faire ensuite. Histoire qu'ils sautent pas tous dans la gorge de ces connards d'européens là, sans réfléchir un peu. Et puis Drake était doué pour la réflexion. Alors ça irait comme ça.

Haillie ne trouva rien à dire, en particulier lorsque Jude Sheridan fut traîné en dehors de la pièce, en particulier parce que son père venait de se prendre une balle dans la jambe, en particulier parce que sa mère était en train de pleurer, là, juste à côté d'elle.
Et Connor venait de partir, alors elle n'avait plus grand monde auprès de qui aller se réfugier.
- Haillie... Commença Ale, en grimaçant histoire de pas se remettre à hurler une énième fois, rien qu'à l'idée de savoir qu'on allait lui fouiller la jambe pour retrouver une putain d'arme. Vas plus loin, reste pas ici, sérieusement, vas pas...
- Mais papa je peux très bien endure...
- Non, ok ? Non ! Tu sors de ce truc, et tu restes à l'écart le temps qu'on règle les problèmes.
Haillie hésita trois secondes, pour se mettre à marcher vers sa chambre, et entreprendre d'entrer à l'intérieur. Sans gueuler, sans même chercher à répliquer. De toute façon, ça faisait plusieurs jours qu'elle ne parlait plus vraiment. Qu'elle voit deux mecs se faire bouffer vivant, ou qu'elle se retrouve en plein milieu d'une fusillade du matin : Tout devenait habituel.
Cette pensée lui arracha un sourire. Puis un léger rire. Un rire nerveux, juste avant qu'elle n'éclate en sanglots.

Connor ne sentit pas directement la pression de la main de Jill, sur sa manche. Il ne comprit pas non plus de suite, pourquoi est-ce qu'elle le traînait dans une autre pièce, se contentant de suivre, incapable de ressentir plus d'émotions qu'il ne le faisait déjà. Et en même temps, tout autour de lui semblait perdre peu à peu de son sens. La présence du groupe, à l'intérieur de l'appartement. La discussion qu'il avait eu avec Tom, K, Matthew et Fennec, au sujet de sa propre famille. L'arrivée de Drake Sheridan, et toutes les merdes que cela avait entraîné.
Est-ce qu'on avait prévu de lui laisser ne serait-ce qu'une seule seconde de répit ?
Cette question resta en suspens dans son esprit, que Jill plaquait déjà ses lèvres sur les siennes, et alors, il lui rendit son baiser, passa ses mains autour de sa taille, mais s'arrêta, seulement lorsqu'il comprit quelle erreur il persistait à faire. S'attacher aux gens. S'attacher aux gens à tord et à travers et cela, malgré les conséquences que chacun de ses faits et gestes impliquait.
- T'es sûre que... Mais finalement, il s'arrêta, en ouvrant les yeux et en croisant son regard clair. Juste quelques secondes. Le temps de se rendre compte qu'il arriverait de toute façon pas à éviter sa vie entière. Et que y'avait des choses qui en faisait pas encore parti, mais qui lui semblait difficile de repousser. Alors il rapprocha son visage du sien l'embrassa à nouveau pour s'arrêter après un long instant, et planter son regard sur son visage presque aussi éteint que le sien.Tu veux pas sortir d'ici ?

Nate cru entendre un bruit de ferraille, juste dans son dos. Il cru capter des pas, aussi. C'était pas grand chose, mais ça faisait plusieurs minutes qu'il fixait les zombies, juste en face de lui. Plusieurs secondes qu'il avait le regard rivé sur un point invisible, et qu'il n'écoutait rien d'autre que le râle bruyant des monstres, de l'autre côté. Alors, évidemment, remarquer Pandora ne fut pas difficile. Ça ne fut pas difficile, ce fut cependant l'étreinte de ses bras autour de ses épaules, qui le fit éclater en sanglots. Il ne lui en fallut pas plus pour se tourner légèrement dans sa direction, et s''écrouler dans ses bras. Il ne lui en fallut pas plus pour passer ses mains autour de ses épaules et fermer les yeux, le visage déchiré par la tristesse.
- ... Tu crois que j'aurai pas dû m'attacher à lui ? Réussit-il à articuler, avec trop de peine, la voix encore rauque et tremblante, pleurant toujours comme il ne l'avait jamais fait. C'est de ma faute, pas vrai ? C'était trop difficile d'essayer de voir les choses autrement, et de se contenter de croire que tout cela n'était qu'un parfait hasard. Drake aurait dû mourir. Il ne l'avait jamais été. Et si Jude s'était retrouvé séparé de son frère, ça n'avait été que par sa faute, à lui, celui qui pendant longtemps s'était rendu coupable de la mort du pire monstre de la planète, mais qui ne se rendait compte que maintenant qu'il aurait dû le tuer, de ses propres mains. Le tuer, et l'empêcher de revenir, d'aller chercher Jude et de le lui enlever. J'aurai jamais dû m'attacher à lui. Il aurait jamais dû le chercher, s'amuser à le pousser à bout ce soir là, dans le cinéma. Il aurait même pas dû essayer de le retrouver, y'avait déjà cinq ans. Il aurait dû rien faire : Jude aurait été en vie, il aurait été dans un bien meilleur état. Treize ans c'était long. C'était trop long. Et en treize ans, il ne lui avait suffit que d'un seul regard, un seul coup d’œil, un seul sourire, pour tomber complètement amoureux.
 
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#44
Et parmi le chaos, Bronwyn crut entendre son nom. Une fois, deux fois. C'était bien elle qu'on appelait, visiblement, et ce fut suffisant pour que son regard inquiet ne se dirige vers la source de l'appel, à savoir Anderson. Côme Anderson. Celui qui lui avait clairement balancé la vérité à propos de ses parents, et il devait en savoir un rayon là-dessus, étant donné qu'il était également le responsable de leurs morts, si on en croyait ses paroles. Depuis ce moment-là, elle ne lui avait pas adressé un mot. Et c'était facile, parce qu'elle n'avait pas adressé un mot à qui que ce soit, quasiment, depuis le temps qu'elle était là. Oh, oui, on la considérait comme un membre du groupe, évidemment. Mais elle était invisible, et elle préférait cette option à n'importe quelle autre. Elle voulait rester cette gamine rousse qui évoluait dans son coin.
Le groupe lui faisait peur. Il n'y avait que Will qui ne lui faisait pas peur, ici.
Sauf quand il avait une de ses crises, et évidemment à ce moment précis il fallait qu'on l'appelle parce qu'il en faisait une.
- J'suis là. J'suis là. Affirma-t-elle en s'approchant de son frère, évitant de regarder Ale et sa jambe couverte de sang, pour lui prendre le bras et le forcer à reculer, sans violence, parce qu'elle n'avait pas envie d'aggraver les choses. Elle le connaissait bien. Et ses crises commençaient à devenir familières, quand bien même elle en avait une peur bleue. Hé, Will ? Regarde-moi, tout va bien, d'accord ? Tu t'en fous du sang, regarde pas tes mains, tu restes concentré sur moi, et on sort d'ici, on sort maintenant. Assura l'adolescente en l'entraînant avec lui, sans un seul regard pour Côme, parce qu'elle n'avait pas la force ni le courage d'aller chercher un affront, et qu'elle ne voulait plus avoir affaire à lui au moins pour les dix prochaines années. Tout en murmurant des mots apaisants, elle entra dans une pièce qui ressemblait plutôt à une salle de bain, quelque chose dans le genre, et attrapa rapidement les mains de son frère pour les nettoyer sous l'eau. Faire disparaître le sang, parce que c'était ça qui le faisait paniquer, en partie. Et tant pis si elle devait s'en mettre partout, personne d'autre ne le ferait à sa place de toute façon. Elle pouvait bien s'occuper de lui, en retour du nombre incalculable de fois où il avait pris soin d'elle, et ce depuis des années.
- Ça va un peu mieux ? Demanda-t-elle finalement en levant ses yeux vers lui, ses mains toutes dégoulinantes d'eau, sur le ton de la petite maman. Oui, Bronwyn était une toute petite maman, en fait, même si elle passait bien plus souvent pour une gamine effrayée que pour quelqu'un de gentil. Hé, tu m'entends, Will ? Répéta-t-elle prudemment, en cherchant l'existence de la moindre goutte de sang, du premier détail inquiétant ou stressant, comme si elle avait voulu détruire chaque chose susceptible de l'effrayer, ou d'aggraver son début de crise. En fait, c'était exactement ce qu'elle faisait.
Et elle aurait voulu réussir, pour une fois.

Drake. Jude. Drake. Jude. Drake. Jude. Drake. Jude.
Raphaël était passé au stade supérieur dans la découverte de lui-même. Sa capacité à encaisser les chocs semblait s'être miraculeusement améliorée depuis tout ce temps, mais peut-être qu'il aurait préféré ne pas réussir à tenir debout à ce moment-là. Il était juste stupéfait. Hébété. Comme un boxer qu'on aurait mis K.O. Assommé, incapable d'articuler un mot, alors que les deux frères s'en allaient, comme ça, sans dire au revoir. Sans même un regard.
Jude se barrait sans même un regard, putain. Et lui il était là, comme un gland, comme un putain de poireau, à les regarder sans trouver la force de bouger, d'ouvrir la bouche et de vomir sa haine encore une fois. Nick hurlait, lui, au moins. Il réagissait. Et Nate, il souffrait, il souffrait bien plus que n'importe qui ici.
Et Jude, lui, il se barrait sans même un regard.
Comme ça. Sans ajouter quoi que ce soit. Il leur tournait le dos. Rien que ça.
Le brun resta une vingtaine de secondes sans réagir, au moins, puis une immense lassitude s'empara simplement de lui. Il abandonnait la partie, il quittait le navire, et il ne voulait plus y penser. Alors il se tourna vers les autres, le regard vidé de toute émotion particulière, en mode pilote automatique, parce qu'il n'était plus bon qu'à ça. Tout allait bien dans le meilleur des mondes, comme on dit. Le meilleur des mondes, oui. Raphaël aurait franchement aimé que les choses se passent réellement bien, mais à cet instant précis il n'y pensait même plus. Il faisait des choses, sans doute, mais il ne s'en rendait pas compte.
Il croisa le regard baigné de larmes de sa sœur, un instant, sans se rappeler du moment où il était allé la voir, pour lui dire quelque chose, de se calmer, ou que c'était fini, sûrement. Peut-être qu'il l'avait pris dans ses bras. Peut-être que c'était lui qui l'avait fait asseoir, pas loin d'Ale. Est-ce qu'il lui avait réellement demandé de ne pas regarder ça ? Il n'en savait rien. Il était Raphaël Weaver, et il ne savait même plus à quoi rimait ce qu'il s'efforçait de faire à ce moment précis.
- J'm'en charge. Est-ce que c'était froid ? Ou neutre ? Désintéressé ? Je le tiens, et tu t'occupes du reste.
Il faisait ça pour quoi, au juste ? Pour aider, sûrement. Ou parce qu'il s'agissait du copain de sa sœur, du père de ses neveux, et qu'Ally pleurait. Ou parce qu'il n'était pas réellement lui-même, et qu'il n'était même pas conscient qu'il maintenant fermement le brun, le regard perdu dans le vague. Comme ça, tout simplement. Insensible à ce qu'il pouvait cracher comme insultes sous le coup de la douleur. Insensible à tout ce qui l'entourait.
Il aurait pu passer sa vie à tenter de se soustraire à la réalité, et peut-être bien que c'était préférable au monde de douleur dans lequel ils semblaient tous s'agiter, comme des petites marionnettes, rattachées à de minuscules fils transparents. Peut-être bien que c'était préférable à leur vie bourrée de peines et de malheurs, comme si avant même de crever ils devaient expier toutes leurs fautes, comme si ils n'en avaient pas déjà vu assez.
Comme si ils n'en verraient finalement jamais assez.
Farewell

ʻʻBullshit fakers, enchanted kingdoms.ʼʼ
-
C H A T A I G N E
I G E
 
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#45
Pandora secoua la tête, les sourcils froncés.
- C’est pas ta faute. Dit-elle en caressant affectueusement son dos. Que dire à quelqu’un qui a le coeur brisé. Dans la pièce, elle entendit Nick gueuler comme un fou, et puis il y avait Ale aussi, qui hurlait de douleur, et les autres, qui cédaient un à un à la panique. Finalement, la résurrection de Drake aura bouleversé tout le monde. Abandonne pas maintenant, je t’en supplie. Dit-elle en resserrant son étreinte. Tu t’en fous de Drake. C’est un mort. Elle le redressa pour le regarder droit dans les yeux. Si tu tiens à Jude, si tu veux passer le restant de tes jours avec lui, si tu l’aimes, bats toi. Drake est mauvais pour lui. Il est comme la peste. Jude est trop bien pour lui.
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#46
D'un regard entendu, entre d'autres nombreux baisers, Jill avait suivit Connor, l'âme éperdument vide et le cœur bien plus lourd qu'il ne l'avait jamais été. Si elle souhaitait réellement partir, rien n'était moins sûr, et de longues réflexions l'auraient certainement convaincu de rester finalement, et de supporter une fois de plus les horreurs qui noyaient sa vie. À l'instant présent, cependant, le choix n'aurait même pas eu à se risquer dans des prolongements de souffrance puisque la blonde n'aspirait plus qu'à une chose : oublier. Oublier cette vie paradisiaque qui avait longtemps été son seul Graal à atteindre et oublier toutes ces personnes, aussi méprisables soient-elles, avec qui elle avait malgré tout vécu les pires épreuves de sa vie. Oublier Nick et le trésor qu'elle avait pu découvrir une fois la clé du mystère qu'il émanait trouvée. Oublier Jude, surtout, et tout ce qu'il avait pu représenter pour elle, toutes les premières fois qu'il avait décochées chez elle sans aucun effort : il était l'originel de tout ce qu'elle demeurait aujourd'hui. Et une bonne fois pour toute, oublier Drake et toutes les malédictions qu'il leur avait lancées. À jamais.
Connor lui avait indiqué le chemin, l'entraînant doucement par le poignet pour parvenir jusqu'à un bolide plus ou moins en état, et qui apparaissait comme un miracle aux yeux de Jill. Partir. Partir comme Jude le faisait au même moment, sans dernier regard, sans dernière promesse, sans derniers murmures complices et sans dernier adieu. Elle n'avait plus d'autre option, plus d'autre choix envisageable, tout du moins, aucun d'une moins grande sévérité que celui pour lequel elle avait opté -sur un coup de tête stupide, sans doute. Elle n'avait envie de rien d'autre, que de couper chacun des liens qu'elle avait pu partager avec eux tous, avec lui. Elle voulait détruire cette mémoire qui faillait déjà à son tenir bon, elle voulait ne jamais plus avoir à entendre parler de cet autrefois qu'elle chérissait tant. Elle allait s'en aller, avec cet homme aux lèvres plus bénéfiques et à même de consolation qu'elle ne l'aurait imaginé. Aussi, assise du côté passager, le regard plus éteint que jamais et la voix faible et fatiguée, elle suffoqua :
-Je veux aller loin.
Et d'un "S'il te plaît." qui se voulait des plus sincères, la voiture avait démarré, et la nuit noire avait obscurcit d'autant plus le visage de la blonde. Au milieu de grognements rauques, de bruits effrayants dans les rues, Jill s'était éteinte dans des larmes silencieuses.
Cito Longe Tarde, talisman contre la Peste.
Pars Vite et Reviens Tard.
(je me devais de faire une référence à ce livre sisi
Damas mon chéri..)
 
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#47
c'est court et nul pardon :c

L'immobilité de Jude ne s'était altérée que lorsque Drake s'était finalement décidé à écourter son attente,- elle avait duré treize ans, et c'était long, treize ans, assez long pour en devenir fou et entendre des voix- et s'était penché vers lui, comme il en rêvait chaque nuit, pour l'emprisonner de ses bras. Il en eut le souffle presque tronçonné, et, comme un malade fébrile, s'accrocha à sa nuque, enserrant ses cheveux, le tissu de ses vêtements entre ses mains tremblantes. Le visage dans son cou, les yeux fermés, la bouche entrouverte et grelottante.
Sa peau, contre sa peau.
Sa peau contre sa peau pour la première fois depuis une éternité obscure. Jude eut l'impression de vivre un lever de soleil, dans toute son intensité, toute sa puissance et toute sa chaleur, un lever de soleil dont une unique personne au monde pouvait être l'orchestre. Des années de glaciations chassées d'un seul geste par son frère, contre lui. Chaque caresse de ses mains sur son dos réconfortait les maux dont il était victime. Et les mèches de ses cheveux qui effleuraient son front ne le rendaient que plus vivant. "T'es là", "t'es là", articula encore des dizaines de fois Jude, mais sa voix était cette fois-ci était sans doute trop hachée pour que quiconque ne parvienne à l'entendre.
Autour de lui, on parlait, on l'appelait, mais il n'était pas sûr. Il n'était certain de rien, sinon que si l'étreinte qui l'envelopper venait à s'évanouir, il ne serait plus jamais nécessaire d'espérer le tirer vers le haut. Si Drake était là, s'il était bien là, il n'autoriserait plus qui que ce soit à le séparer de lui, que ce soit des humains ou des dieux.
On ne parlait plus, on hurlait, mais le rayonnement de l'effet que lui procurait Drake était suffisamment submergeant pour ne plus se faire poser aucune question à Jude. Son frère le souleva, et ce fut toujours aussi fébrilement, que le tatoué chercha ses marques sur le sol.
Et il l'entraîna, et Jude n'en avait que faire, qu'il l'emmène où il le souhaitait, tant qu'il ne le lâchait pas, tant qu'il lui permettait une minute de plus d'être tout contre lui, et tant qu'avec ses bras l'entourant, il lui donnait encore l'impression enivrante de le vouloir à ses côtés. Ses larmes continuaient de s'écouler silencieusement le long de ses joues, tandis qu'il se laissait à l'aveuglette guider par les volontés de Drake. Ils sortaient, dans la nuit, laissant derrière eux les voix pour les substituer aux râles de quelques morts. Et l'instant suivant, ils entraient dans un sanctuaire, Jude n'observa pas même lequel, parce que ses yeux s'étaient ouverts, et que leur volonté indépendante était désormais de ne plus se détourner de Drake. Plus jamais pendant encore une éternité.
"Drake", appelait-il fiévreusement, la voix éteinte et n'attendant pas de réponse. Juste pour personnifier ce nom un peu mieux. Juste pour lui redonner une signification, et pour réaliser qu'il y avait de nouveau un sens à le prononcer. Qu'il avait un écho. Que l'articuler inlassablement n'était plus une folie de plus de sa part.
Et finalement, ils se retrouvèrent tout deux, parqués sur la banquette arrière d'un bus de fortune, éclairés aléatoirement par les grésillements du lampadaire le plus proche et le halo blanchâtre de la lune, sur un siège effrité par les usages du temps.
Jude secoua la tête obstinément, lorsque les mots de Drake lui parvinrent, jusqu'à ce que celui-ci ne se taise. Il refusait que son frère veuille s'excuser auprès de lui, alors que lui-même avait voulu le tuer. Ses fautes étaient immensément plus grandes, et immensément plus impardonnables. Incapable d'articuler le moindre mot, il plongea finalement son regard dans ses yeux maritimes, pris d'une nouvelle vague de larme étouffée tant ceux-ci lui paraissaient proches et bien vivants. Il était vivant.
Les mains de Drake sur son visage.
Sa peau contre sa peau.
Il eut un sanglot, et posa en définitive son front contre le sien, ses paumes faiblement aimantées à sa nuque. Il n'y avait aucune place qui ne soit plus adaptée à Jude Sheridan que celle qu'il occupait en ce moment, auprès de son frère et de son sang, et les battements tambourinant de son cœur n'en attestaient que trop bien.
-Je veux pas que tu me laisses, parvint-il à articuler, infantile, la voix cassée jusqu'au plus profond de la gorge et estropiée par ses sanglots qui ne tarissaient pas. Drake...
"Je veux plus te quitter".
hey

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#48
Le temps s’était arrêté. Juste pour eux, juste ce soir, juste sur ce bus blindé éclairé par la lumière froide d’un réverbère.
Il y avait le front de Jude, brûlant contre le sien, il y avait son regard plus incandescent encore, à quelques centimètres de ses yeux à lui, dont Drake jamais ne pourrait se dégager à nouveau. Il y avait son souffle, irrégulier, saccadé, incertain, qui venait caresser son visage. Il y avait l’odeur salée de ses larmes, il y avait ses mains qui effleuraient sa nuque. Sa présence contre lui, comme autrefois, comme ça n’avait pas été depuis treize interminables années, comme ça n’aurait jamais dû cesser d’être. Jude qui était de nouveau devant lui, sur cette banquette minable d’un bus qui avait trop roulé.
Les frères Sheridan, réunis envers et contre tout.
Réunis comme plus jamais ils n’auraient dû l’être.
Et pourtant, malgré la mort de l’un, malgré les blessures de l’autre, malgré leurs années sombres et malgré le monde entier qui tentait de se dresser entre eux, ils étaient là. Une chance pour Drake de rattraper toute la merde qu’il avait pu causer, de bander chacune des blessures qu’il avait pu faire à son frère, de faire acte de pénitence pour toutes les fois où il avait pu déconner. Et déconner, il l’avait fait. Il aurait continué à le faire, si Jude ne l’avait pas ramené brutalement à la terre ferme, s’il n’avait pas brisé d’un coup de poignard la bulle de folie dans laquelle il s’était enfermé. Au ventre il portait encore une cicatrice, et au cœur, un milliard d’autres. Une pour chaque coup qu’il avait asséné à son précieux frère, dans l'aveuglement qui avant été le sien.
Il avait tellement à rattraper.
Tellement à se faire pardonner.
Et pas assez d'une vie pour s'excuser suffisamment.
Chaque seconde qu’il passait, les mains encadrant délicatement le visage de son frère, au plus proche de lui, faisait surgir en lui un nouveau remord, un nouveau regret à amender. Puisque Jude lui accordait cette grâce. Puisqu’il était resté le même, qu’il pouvait le pardonner, même si ce qu’il avait fait était impardonnable. Drake voulait y croire.
Il voulait croire qu’il pouvait être de nouveau le grand frère protecteur qu’il avait été pendant leurs quinze premières années. Qu’il pourrait faire cesser ses sanglots, sécher ses larmes, apaiser ses tremblements.
- Je pars plus, Jude, répondit-il tout bas, avec dans la voix une résolution inébranlable. Je ne te laisse plus. On reste ensemble, toujours, je te le promets.
Doucement, il caressa du pouce la joue de son frère, son front toujours rivé au sien, sans pouvoir se résoudre à ciller.
- Parce que je t’aime, ajouta-t-il dans un souffle d’un ton doux et pourtant empreint de la ferveur d’une prière.
Et alors, lentement, il brisa les quelques centimètres qui séparaient leurs deux visages, pour refermer ses lèvres sur celles de son frère avec une douceur infinie.
Tout pourrait recommencer.
Ils pourraient être de nouveau ce qu'ils avaient été par le passé. Etre plus sains, être plus mesurés que par le passer. Ils pourraient mettre fin à leurs excès et ne garder que leur amour.
Ils pourraient repartir depuis l'instant où ils s'étaient quittés. Depuis le dernier je t'aime, le dernier baiser.
Et tout le reste, ils pourraient l'oublier.
Ils pourraient se le faire oublier.

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#49
Nate essayait, il essayait vraiment d'entendre ce que disait Pandora, mais rien ne semblait calmer les sanglots qui le secouaient de part en part. Parce que ça faisait trop mal, de se dire que pendant trop de temps, après trop d'épreuves, et face à trop de menaces, il avait fini par tout perdre. Ça avait été complètement con de s'imaginer un seul instant qu'il aurait pu avoir la chance d'être aimé au dessus de tout le reste. Au dessus de Drake Sheridan, parce que si il y avait bien une chose qui le tuait, c'était ça. C'était de savoir qu'il l'avait laissé avec lui, que Jude était avec lui, et qu'il n'avait rien fait pour l'empêcher de partir. Il devait être bien loin, maintenant. Il devait être bien loin, et c'était tant mieux si, finalement, il décidait de ne plus l'attendre. De toute façon, Nate n'avait plus envie de participer à ce jeu stupide. Il n'avait plus envie de continuer sur ce chemin, en étant certain que leur histoire n'aurait pas de suite. Comment est-ce qu'elle aurait pu avoir une suite, alors que cette dernière avait débuté au beau milieu d'une Apocalypse ?
Pandora attrapa son visage, planta son regard dans le sien, et même ça, même ce simple geste suffisait à lui faire trop mal. Jude était parti. Il pouvait plus se battre. Il y arriverait pas, la question ne se posait plus. Il s'était déjà bien trop battu contre toutes ces merdes qui les avaient continuellement suivit, depuis ces treize putains d'années. Il l'avait bien trop fait, et maintenant, ça n'en valait plus la peine.
- Mais moi j'en peux plus... Articula-t-il, en passant une main sur son visage pour détacher son regard de celui de la blonde, et serrer les poings. Comme si c'était un cauchemars, et que ce geste le réveillerait. Ça fait déjà treize ans que je me bats pour Jude ! Treize putain d'années, et il a tout balayé, même mort, son sonar de frère a tout balayé ! Nate, brusquement, se redressa, pour attraper une pierre et l'envoyer valser contre la barrière métallique qui les séparait de la horde de zombie. Et je sais que j'arriverai pas à l'abandonner, ça me tue, ok ?! Ça me tue, parce que j'y arriverai pas, du coup j'vais être putain d'obligé d'essayer de le résonner encore une fois, et même ça, j'suis pas certain d'en être capable putain !


Will réussit à capter la voix de Bronwyn. Puis son visage, un peu flou au début, mais finalement net, quand la douleur qui lui déchirait le crâne sembla s'estomper. Tout était beaucoup plus calme. Il entrevit les tâches de sang qui ornait parfois ses mains, d'autrefois ses vêtements, mais peu à peu, sa respiration saccadée devint plus douce et assuré.
- Ça va... Réussit-il à articuler avec peine, en passant un peu d'eau sur son visage, puisqu'un robinet se trouvait à sa droite. Ça va... Et... Mh, j'suis désolé. Un long temps de pause s'en suivit, temps de pause durant lequel il n'osa pas briser un seul instant de silence. Peut-être parce qu'en voyant Bronwyn à côté de lui, dans cet état et par sa faute, il commençait à se demander où est-ce qu'ils allaient finir, tout les deux. Parce que Bronwyn était innocente, vulnérable à première vue, et qu'il n'était rien de plus qu'une grenade, une bombe à retardement. Est-ce que toi ça va, au moins ? Je veux dire, ça fait pas mal de temps que... Que tu parles plus beaucoup. Et elle avait bien toutes les raisons du monde d'être terrifiée. Tu sais que tu peux me parler, si ça va pas.


- A trois. Un. Deux. Trois. Et Côme arracha la balle de la jambe d'Ale, dans un geste brusque et violent : Il savait comment faire, ça faisait partie des nombreuses choses qu'il avait appris sur le terrain. Le brun hurla de douleur, serra les poings, poussa un soupire.
- Faites... Moi... Penser... A... Arracher les coquilles de Dobson. Articula-t-il, en grimaçant, pour percevoir les sanglots d'Ally, non loin à côté de lui. Il fut pris d'un haut le cœur.
- En attendant évites de trop bouger. Soupira Côme, réellement consterné, mais un très léger sourire animant ses lèvres. Un sourire amusé, quand même.
- Ally... T'inquiètes pas, ça va aller. Ça ira dans quelques jours, et puis j'irai lui péter la gueule, tu me connais. Affirma-t-il, pour se redresser un peu et lui attraper la main. Et puis t'inquiètes, on va se barrer loin d'ici. Quand ça ira mieux, évidemment, mais on va se barrer, et voilà. Parce qu'en y réfléchissant, rester à côté de tout ces problèmes ne feraient que les enfoncer un peu plus. Peut-être, au final, qu'il valait mieux les éviter.

Les pneus crissaient sur la route. Ils allaient où ? Connor savait pas vraiment, à vrai dire. Il avait pas prévu de partir longtemps, encore moins de laisser K seul à l'appart sans plus d'explications, il souhaitait juste et simplement s'éloigner de tout ces problèmes, de tout ce bordel qu'était sa vie, et s'assurer, quelques heures seulement, qu'il était loin de ça. Que jamais ses années de fuites ne se suffirait à un retour en Russie, que leur père les trouverait jamais, malgré ce qu'on disait sur eux. Si il avait voulu les trouver, il l'aurait fait bien plus tôt.
- Ça va aller ? Interrompu-t-il, à l'intention de Jill, en tournant la tête dans sa direction, pour esquisser un bref sourire. Je sais que t'étais attachée à ce Sheridan, mais je suis sûr que ça ira mieux plus tard. C'est le choc des retrouvailles, et puis il va bien finir par se rendre compte des conséquences de ses actes. Affirma-t-il, en essayant d'être convaincant. Il ne savait pas quelle était la source du conflit, mais si ça pouvait aider, alors il s'en priverait pas. Finalement, sa main se posa sur la main de Jill, il rapprocha son visage du sien, tenant le volant de l'autre sans aucun problème, pour l'embrasser assez rapidement, et retomber sur son siège. Tout ça, en l'espace de quelques secondes, avant en réalité, que sa main droite n'attrape une bouteille. On est pas là pour y penser. Ok ? Fit-il, à l'intention de la blonde, avant d'en avaler plusieurs gorgées, pour reporter un regard pensif sur la route, juste en face.
 
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#50
Bronwyn esquissa un petit sourire en le voyant reprendre des couleurs, et égoutta ses mains pleines d'eau au-dessus du lavabo alors qu'il parlait. Il avait le regard clair, il semblait être retourné à la réalité, il lui disait qu'il allait bien, et personne ne pouvait prétendre connaître le soulagement qui l'envahissait à ce moment précis. Parce que ses crises lui faisaient peur, c'était vrai, mais surtout elle était terrorisée à l'idée qu'il lui arrive quelque chose, que quelqu'un lui veuille du mal parce qu'il ne se contrôlait plus dans ces moments-là. Will était toute sa famille, tout son univers, et elle avait bien trop peur de le perdre, bien trop peur de finir toute seule dans ce monde où elle n'avait absolument pas sa place. Il était plus important que n'importe qui, mais il était infecté, et ça entraînait toujours des problèmes, malgré lui.
Alors elle ne savait pas si elle allait bien.
Les zombies sont revenus, on ne retournera jamais chez nous, j'ai appris que mes parents étaient morts et tués par quelqu'un qui fait partie du groupe, j'ai peur en permanence qu'il t'arrives le moindre pépin, les gens ici se foutent tout le temps de ta gueule comme si tu valais moins qu'eux, je me suis fait mordre et j'ai manqué mourir y a deux jours, je sais même pas comment on va finir, on prend plus de risques en restant ici qu'en toute une vie, on fait face à une guerre civile dès que quelqu'un frappe à la porte, je suis totalement invisible et contrairement à tout le monde je n'ai trouvé aucune utilité, je suis terrorisée, tout le temps, par tout ce qu'on subit, par tout ce qu'il se passe, et à chaque fois que j'ai envie de parler de mes problèmes j'ai l'impression de me victimiser. Alors non je vais pas bien.
- T'inquiètes, j'vais bien. Je me fais discrète, c'est tout ! Lança-t-elle joyeusement, avec un sourire lumineux, un sourire à la Bronwyn, parce qu'ils avaient suffisamment de soucis sur les bras pour qu'elle n'en rajoute une couche. Et puis, t'es là, ça me suffit ! Elle lui lança un dernier regard soulagé, et sortit finalement de la pièce. Tout allait bien, maintenant. Tout allait bien.

- On ira loin d'ici, ouais. Loin de ces connards. Et on rendra la pareille à Matthew avant de se barrer, répondit Ally, stressée à la vue du sang qui coulait encore et encore de sa jambe, en serrant longuement sa main dans la sienne. J'suis désolée, je suis vraiment vraiment désolée. Assura-t-elle en essuyant ses joues humides de larmes avec la paume de la main, alors qu'elle plongeait ses yeux dans les siens.
- Ça devrait aller, faut juste désinfecter, par contre tu risques d'avoir mal pendant un moment, intervint Raphaël en se penchant au-dessus de la blessure, en lançant un vague coup d’œil à Anderson, qui avait fait du bon boulot. Il avait du apprendre ce genre de trucs avec Greyson, tiens. Prouve-nous que t'es un warrior, Blavatsky. Fit-il en prenant de l'alcool et un linge propre, avant de verser lentement le contenu de la bouteille sur sa jambe, et de nettoyer un peu le sang qui coulait abondamment, l'esprit vide. Chacun de ses gestes était mécanique, et il était totalement détaché du reste de la planète, ça lui permettait de ne pas tenir compte de la douleur du brun, qui devait pourtant être intense.
Il appela sa sœur pour qu'elle vienne l'aider à bander le reste, et recula finalement pour jeter un coup d’œil à Ale. Son boulot était terminé. Et il n'aurait jamais cru devoir l'aider, lui.
- Ça va ?
Ouais.
Regard en direction d'Ally, qui s'était manifestement rendu compte du problème.
- Et toi ?
Vers son copain, cette fois.
Rien d'étonnant. La routine. Drake et Jude. La routine, oui. Le pétage de câble. Routine de leurs races.
Farewell

ʻʻBullshit fakers, enchanted kingdoms.ʼʼ
-
C H A T A I G N E
I G E
 
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