09-05-2014, 3:10
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Ma tête en lisant ce post : ERROR 404 ERROR 404
Bref sinon je rajoute des choses qui ne se sont pas rp mais on va faire genre hein, bonne lecture.
Le regard morne de Jill dériva lentement sur Nathan, qui désertait le couloir d'un regard significatif à l'égard de Jude, et à peine fut-elle seule à seule avec ce-dernier, qu’il lui sembla perdre l’infime reste de sa crédibilité, et de son assurance. A un rien près, elle aurait aimé être coulée dans un bain de ciment par le prochain dictateur ou être attaquée sauvagement par une bande de demi-vivants assoiffés de sang, plutôt que de devoir affronter ce regard plein de dédain. L’unique œil de Jude Sheridan la jugeait, et il était grande tentation de vouloir s’y plonger, malgré le transpercement glacial de tout son corps qu’il obligeait. Et réfrénant le monceau d’émotions qui lui parcourait son être, elle osa reprendre la parole, quoi qu’on pût distinguer dans sa voix, une ultime hésitation.
-Les choses sont claires pour ceux qui te disent qu’elles le sont, mais pour toi ? S’entendit-elle prononcer, leurs deux regards bleus ancrés l’un dans l’autre, et celui de la blonde aux bords des larmes. Sa prise de parole aurait pu être entendue comme lassée et moralisatrice, en réalité, elle le lui demandait sincèrement. Je te demande simplement de me laisser te donner mes propres explications, rien d’autre.
Leurs regards s’échangèrent encore quelques instants, sans que ni l’un ni l’autre ne cille, et finalement, Jill entreprit de marcher la première vers l’une des portes du couloir, tandis que Jude à sa suite, semblait plus impatient, blasé et énervé au fur et à mesure des minutes.
-J'ai parfaitement conscience de ce que tu penses ou de ce que tu ressens, tout de moins, je le devine avec... ta façon de me juger du regard, mais s’il te plaît crois-moi, je suis en aucun cas partie par envie comme vous avez tous l’air de le croire, commença-t-elle pressée, connaisseuse du peu de temps qu’il lui accorderait. Elle crut ouïr un cliquetis semblable à un tic agacé, mais essaya de passer outre, encore une fois, elle n’avait pas l’éternité devant elle. Elle n’avait plus l’éternité qu’ils s’étaient promise. Jamais je n’ai choisi ce pseudo-camp de vainqueurs par lâcheté, et je ne prétends d’ailleurs pas non plus être courageuse mais… Elle n’y arrivait plus. Elle ne pouvait tout bonnement plus soutenir ce regard rude sur elle. Aussi baissa-t-elle le regard, s’empêchant de relever les yeux une fois de plus, ne profitant non pas de ce corps parfait tout près d’elle, mais de son unique présence, pour évacuer enfin les sordides idées qui la tourmentaient. A peine ais-je sus la guerre déclarée que j’ai commencé à paniquer. J’ai eu peur des conséquences, peur de ce qu’on nous réserverait ; on m’annonçait déjà la défaite, on me demandait de fuir. Elle soupira longuement, l’histoire il la connaissait parfaitement pour en être le premier concerné, cependant, elle n’arriva pas à trouver la force de s’arrêter, et c’est sans doute la plus longue tirade de sa vie qu’elle bredouilla, loin de ces grands discours d’oratrices habituels. J’avais peur, Jude. Je ne sais pas si tu te souviens de lui, Snyder, c’était le chef de la brigade de nuit à Berestford, il m’a assuré l’escorte jusqu’à Toronto, et je suis allée le voir. C’était sans doute absurde de ma part, mais je me disais qu’il pourrait m’aider. M’aider à garder ce que je voulais garder : vous. Je lui ai promis absolument tout, aussi bien les choses qu’il était assuré d’avoir, nos richesses et nos armées, que mon savoir sur Estbury et mon corps. Je me suis donnée à lui, en échange de vos vies. Un rictus de gêne arbora son visage, tandis que ses yeux fuyaient toujours la haine dans ceux de son frère. J’ai aucune idée des raisons qui m’ont poussée à faire ça tu sais, je ne réfléchissais plus, ou mal. Il s’est engagé à respecter ma demande, qu’il a finie par rompre rapidement. Et ce que je croyais être une habile ruse de ma part s’est retournée contre moi. J’ai commencé à entendre des rumeurs courir, «Jill Foster abandonne les siens», «Jill Foster la traîtresse», «Jill Foster maîtresse de Greyson : elle avait tout prévu», j’étais piégée et incapable de réagir. Les jours ont passé, de longues journées, et on m’a amené à ton corps, Jude. Je te voyais devant mes yeux, souillé de crasse. On te crachait dessus, on t’humiliait devant moi, et je ne le supportais pas. On m’avait appris la défaite et la mort de Nick un peu avant cela, et même si je n’avais pas son corps rouge de sang devant moi, je me suis laissé à croire à ce qu’on me disait. J’ai compris que j’avais tout perdu. J’avais perdu notre guerre, j’avais perdu notre pays, j’avais perdu mon honneur et je vous avais perdu vous. Elle s’arrêta, déglutissant lentement, les yeux toujours fixés sur un point dans le vide. A partir de là, il m’a semblé inutile de me voiler la face, continuer à croire en des idéologies tordus de vengeance. Et pourtant j’ai essayé, j’ai prévu mille plans d’assassinat, je voulais le détruire, et j’aurais réussi, si je l’avais vraiment voulu. A quoi bon ? Et après ? Vous n’auriez pas été de nouveau là avec moi. J’ai continué de travailler pour lui, pendant cinq ans j’ai fait semblant d’avoir oublié, je continuais de jouer, je continuais de tout lui donner. Je pense que j’aurais eu trop mal, de me retrouver seule une fois qu’il serait mort. Il était, en quelque sorte, mon dernier lien avec vous. J’étais déjà morte, de toute façon. Puis j’ai rencontré Sally, et j’ai su très vite qu’elle serait ma dernière attache avec moi-même. Mon véritable moi. Et un jour, Jude, un jour j’ai compris que tout ce en quoi j’avais cru pendant toutes ces années, que tout ce qu’on m’avait affirmé, prouvé même, était faux. Tu étais vivant, et je t’ai revu. Tu n’imagines même pas ce que j’ai ressenti, à l’instant où je t’ai vu bien en chair et en os devant mes yeux. Je hurlais de joie, je retrouvais l’espoir, et je revoyais notre famille déjà reconstituée. Un semblant de sourire perça ce visage triste et vide. Tu m’as regardé, et ces sentiments ont disparu. Je me suis senti coupable tout de suite, complètement stupide d’avoir fait une chose pareille. Tu étais au courant, de ce qu’on racontait, je le savais, et tu les croyais tous. Tous ces mensonges Jude, tu les as crus. Ceux qui disaient que l’Azur avait été trahi, que je vous avais abandonné pour toujours être plus puissante. Pour toi, je ne suis plus rien. Pour toi, je ne suis plus qu’une sale traitresse. Et pourtant, elle releva difficilement ses yeux mouillés vers lui, c’est faux, Jude. Crois-moi, je t’en supplie….
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Bref sinon je rajoute des choses qui ne se sont pas rp mais on va faire genre hein, bonne lecture.
Le regard morne de Jill dériva lentement sur Nathan, qui désertait le couloir d'un regard significatif à l'égard de Jude, et à peine fut-elle seule à seule avec ce-dernier, qu’il lui sembla perdre l’infime reste de sa crédibilité, et de son assurance. A un rien près, elle aurait aimé être coulée dans un bain de ciment par le prochain dictateur ou être attaquée sauvagement par une bande de demi-vivants assoiffés de sang, plutôt que de devoir affronter ce regard plein de dédain. L’unique œil de Jude Sheridan la jugeait, et il était grande tentation de vouloir s’y plonger, malgré le transpercement glacial de tout son corps qu’il obligeait. Et réfrénant le monceau d’émotions qui lui parcourait son être, elle osa reprendre la parole, quoi qu’on pût distinguer dans sa voix, une ultime hésitation.
-Les choses sont claires pour ceux qui te disent qu’elles le sont, mais pour toi ? S’entendit-elle prononcer, leurs deux regards bleus ancrés l’un dans l’autre, et celui de la blonde aux bords des larmes. Sa prise de parole aurait pu être entendue comme lassée et moralisatrice, en réalité, elle le lui demandait sincèrement. Je te demande simplement de me laisser te donner mes propres explications, rien d’autre.
Leurs regards s’échangèrent encore quelques instants, sans que ni l’un ni l’autre ne cille, et finalement, Jill entreprit de marcher la première vers l’une des portes du couloir, tandis que Jude à sa suite, semblait plus impatient, blasé et énervé au fur et à mesure des minutes.
-J'ai parfaitement conscience de ce que tu penses ou de ce que tu ressens, tout de moins, je le devine avec... ta façon de me juger du regard, mais s’il te plaît crois-moi, je suis en aucun cas partie par envie comme vous avez tous l’air de le croire, commença-t-elle pressée, connaisseuse du peu de temps qu’il lui accorderait. Elle crut ouïr un cliquetis semblable à un tic agacé, mais essaya de passer outre, encore une fois, elle n’avait pas l’éternité devant elle. Elle n’avait plus l’éternité qu’ils s’étaient promise. Jamais je n’ai choisi ce pseudo-camp de vainqueurs par lâcheté, et je ne prétends d’ailleurs pas non plus être courageuse mais… Elle n’y arrivait plus. Elle ne pouvait tout bonnement plus soutenir ce regard rude sur elle. Aussi baissa-t-elle le regard, s’empêchant de relever les yeux une fois de plus, ne profitant non pas de ce corps parfait tout près d’elle, mais de son unique présence, pour évacuer enfin les sordides idées qui la tourmentaient. A peine ais-je sus la guerre déclarée que j’ai commencé à paniquer. J’ai eu peur des conséquences, peur de ce qu’on nous réserverait ; on m’annonçait déjà la défaite, on me demandait de fuir. Elle soupira longuement, l’histoire il la connaissait parfaitement pour en être le premier concerné, cependant, elle n’arriva pas à trouver la force de s’arrêter, et c’est sans doute la plus longue tirade de sa vie qu’elle bredouilla, loin de ces grands discours d’oratrices habituels. J’avais peur, Jude. Je ne sais pas si tu te souviens de lui, Snyder, c’était le chef de la brigade de nuit à Berestford, il m’a assuré l’escorte jusqu’à Toronto, et je suis allée le voir. C’était sans doute absurde de ma part, mais je me disais qu’il pourrait m’aider. M’aider à garder ce que je voulais garder : vous. Je lui ai promis absolument tout, aussi bien les choses qu’il était assuré d’avoir, nos richesses et nos armées, que mon savoir sur Estbury et mon corps. Je me suis donnée à lui, en échange de vos vies. Un rictus de gêne arbora son visage, tandis que ses yeux fuyaient toujours la haine dans ceux de son frère. J’ai aucune idée des raisons qui m’ont poussée à faire ça tu sais, je ne réfléchissais plus, ou mal. Il s’est engagé à respecter ma demande, qu’il a finie par rompre rapidement. Et ce que je croyais être une habile ruse de ma part s’est retournée contre moi. J’ai commencé à entendre des rumeurs courir, «Jill Foster abandonne les siens», «Jill Foster la traîtresse», «Jill Foster maîtresse de Greyson : elle avait tout prévu», j’étais piégée et incapable de réagir. Les jours ont passé, de longues journées, et on m’a amené à ton corps, Jude. Je te voyais devant mes yeux, souillé de crasse. On te crachait dessus, on t’humiliait devant moi, et je ne le supportais pas. On m’avait appris la défaite et la mort de Nick un peu avant cela, et même si je n’avais pas son corps rouge de sang devant moi, je me suis laissé à croire à ce qu’on me disait. J’ai compris que j’avais tout perdu. J’avais perdu notre guerre, j’avais perdu notre pays, j’avais perdu mon honneur et je vous avais perdu vous. Elle s’arrêta, déglutissant lentement, les yeux toujours fixés sur un point dans le vide. A partir de là, il m’a semblé inutile de me voiler la face, continuer à croire en des idéologies tordus de vengeance. Et pourtant j’ai essayé, j’ai prévu mille plans d’assassinat, je voulais le détruire, et j’aurais réussi, si je l’avais vraiment voulu. A quoi bon ? Et après ? Vous n’auriez pas été de nouveau là avec moi. J’ai continué de travailler pour lui, pendant cinq ans j’ai fait semblant d’avoir oublié, je continuais de jouer, je continuais de tout lui donner. Je pense que j’aurais eu trop mal, de me retrouver seule une fois qu’il serait mort. Il était, en quelque sorte, mon dernier lien avec vous. J’étais déjà morte, de toute façon. Puis j’ai rencontré Sally, et j’ai su très vite qu’elle serait ma dernière attache avec moi-même. Mon véritable moi. Et un jour, Jude, un jour j’ai compris que tout ce en quoi j’avais cru pendant toutes ces années, que tout ce qu’on m’avait affirmé, prouvé même, était faux. Tu étais vivant, et je t’ai revu. Tu n’imagines même pas ce que j’ai ressenti, à l’instant où je t’ai vu bien en chair et en os devant mes yeux. Je hurlais de joie, je retrouvais l’espoir, et je revoyais notre famille déjà reconstituée. Un semblant de sourire perça ce visage triste et vide. Tu m’as regardé, et ces sentiments ont disparu. Je me suis senti coupable tout de suite, complètement stupide d’avoir fait une chose pareille. Tu étais au courant, de ce qu’on racontait, je le savais, et tu les croyais tous. Tous ces mensonges Jude, tu les as crus. Ceux qui disaient que l’Azur avait été trahi, que je vous avais abandonné pour toujours être plus puissante. Pour toi, je ne suis plus rien. Pour toi, je ne suis plus qu’une sale traitresse. Et pourtant, elle releva difficilement ses yeux mouillés vers lui, c’est faux, Jude. Crois-moi, je t’en supplie….




