03-07-2014, 3:13
(Modification du message : 03-07-2014, 4:01 par Claaudie.)
Et lorsque sa main vint se rapprocher de son visage, Haillie eut clairement un geste de recule, lâcha le couteau qu'elle venait d'attraper, pour lever le regard dans sa direction. Elle n'aurait probablement jamais dû faire une chose pareille, en particulier parce qu'à la seconde où son regard croisa le sien, ce fut des souvenirs qu'elle avait jusqu'ici fait en sorte de renvoyer loin dans son esprit, qui lui éclatèrent en pleine figure. Il ne souriait pas, mais ça ne changeait rien. Son regard ne changeait pas, aussi entreprit-elle de faire un pas en arrière.
- Si j'étais pas là, tu serais toujours à Dallas. Rétorqua-t-elle, glaciale malgré sa voix qui tremblait très clairement, pour affirmer, cette fois-ci en se rapprochant et en se décidant à repartir dans la découpe de cette foutue tomate. En vérité, elle n'en savait trop rien. Elle avait juste fait en sorte que son père ne le tue pas, et elle avait aussi prit soin de ne pas révéler au monde entier ce qu'il s'était passé durant leur petite escapade. Peut-être qu'elle aurait dû, finalement. Et je te dois rien, je sais me défendre. C'est pas de ma faute si ton pote s'est reconverti au cannibalisme. J'aurai pu me débrouiller toute seule, j'avais pas besoin de ton aide, Elle manqua de se couper, peut-être parce qu'elle tremblait bien plus qu'il ne l'aurait fallut. J'en ai encore moins besoin maintenant. Et peu importe ce qu'il se serait passé autrement, rien est arrivé. Rien, absolument rien. Ses parents savaient pas : Ils avaient pas besoin de savoir. Alors si tu permets : On a de la cuisine à faire.
Nate, en entendant parler Pandora, sentit une colère assez puissante monter en lui. Alors il se redressa, avec difficultés, certes, mais il réussit à se mettre debout sans tomber et en se tenant au mur. C'était déjà pas mal. Le brun avisa la blonde, serra les poings, l'écouta parler jusqu'à ce qu'elle ne termine, sur une comparaison qui n'avait rien à voir avec tout le reste. C'était faux, complètement faux, il abandonnait pas, il était pas lâche, il refusait juste d'avoir à subir cette machine infernale qui s'était mise à tourner depuis le début de l'Apocalypse. Depuis qu'il avait vu Jude, et depuis que ses lèvres avaient rencontré les siennes. Il était pas comme tout ces connards, d'ailleurs, il l'avait jamais été.
- Et qu'est-ce que je suis censé faire, hein ?! Me battre ? Encore ? Faire en sorte que tout redevienne comme avant, alors que son putain de frère s'est pointé dans ma vie comme un putain d'enroulé ?! C'est ça que je suis sensé faire ?! Passer le reste de ma vie comme je l'ai fait pendant cinq putains d'années ?! Se mit-il à gueuler, en lui faisant face, complètement fou de rage, et il n'arrivait même pas à savoir contre quoi. J'en veux plus de tout ces merdes ! J'en veux plus de cette existence à la con, y'a pas eu un seul moment ou j'ai pas eu peur de le perdre ! Ou j'ai pas eu peur de tous vous perdre, putain... Sa voix alla dérailler dans le fond de sa gorge, il passa une main sur son visage, détourna brièvement le regard, sentit son expression se défigurer en des sanglots étouffés. On est tous condamné à finir au fond du trou ! Pourquoi personne le voit, hein ?! J'en ai marre d'espérer pour des conneries, j'en ai marre, j'arrête moi ! C'est terminé : J'arrête... J'arrête de faire comme si tout allait bien, ok ? Ça va pas. On aura jamais le droit au répit, et toute notre putain de vie sera basé sur la fuite. Drake Sheridan est en vie, Matthew Dobson est en vie, la mafia toute entière a prévu quelque chose qui nous dépasse encore une PUTAIN de fois, et on va faire quoi, nous, en attendant ?! SUBIR COMME DES CONS ! Et sa voix alla se répercuter en écho dans tout le bâtiment. Il s'était tellement rapproché de Pandora, qu'il avait presque manqué de littéralement la frapper. Et ce fut à ce moment précis qu'il comprit qu'il dépassait les bornes, et qu'il se figea littéralement sur place, pour que, d'un moment à l'autre, toute sa haine n'aille s'évanouir avec tout le reste. Alors la culpabilité lui monta à la gorge, les larmes se mirent à rouler avec force le long de ses joues, et sans prévenir, il alla se jeter dans les bras de sa meilleure amie.
Et Côme déposa Will sur le côté, contre un mur. Il allait s'occuper de la prisonnière, qui d'ailleurs, se trouvait toujours au milieu de la salle et semblait aussi prise par la dispute entre Ally et Jill, mais une Petra sauvage lui sauta dessus (plus précisément : alla rebondir sur son dos).
- PROMIS J'Y VAIS PAS PROMIS J'Y VAIS PAS AHHJK... Et Côme alla, avec grâce, s'étaler au sol. Et Petra lui tomba dessus, aussi, donc ce fut lui qui eut le bonheur de se prendre le sol en pleine face. Magnifique. Il allait se taper la honte. Oui, parce que c'était un peu la honte, quoi. Enfin il était pas entouré de n'importe qui, quoi. Enfin merde, c'était les mecs qu'il avait pourchassé pendant des années, déjà que l'un d'entre eux lui avait sauté dessus, l'autre jour, c'était étrange, enfin c'était bizarre quoi. BREF. C'était juste bizarre. Tu m'écrases, Petra à l'aide........... !!!! Osa-t-il prononcer, dans un sourire : Un LÉGER sourire tout amusé. Bon en fait il avait envie de rire, vraiment, mais c'était étrange, voilà.
Connor s'en alla en courant (enfin retourna à côté d'Ale), quand il manqua presque de se faire arracher la peau par Jill. Et Ally, aussi, vu qu'elles se battaient toutes les deux, et que clairement : Les ongles, ça faisaient très mal. Pourquoi il en avait pas, lui ? Enfin c'était utile, visiblement, vu comment ils souffraient (on l'avait griffé, en haut à droite, au niveau de l’œil).
- C'était vraiment utile. Assura Ale, à l'intention de Connor, qui revenait se placer entre lui et Lexi (Anderson l'avait laissé ici sans raison apparente), comme si de rien n'était (comme si, d'ailleurs, elle ne faisait pas partie de la case : Ennemis).
- Va te faire. Rétorqua Connor, dans un sourire, malgré sa petite blessure (ça faisait mal quand même) à la joue.
- Elles sont toujours comme ça ? Demanda Lexi, tout à fait posément, juste à côté, en haussant les sourcils, autant intéressée par la scène qu'ils ne pouvaient l'être (on l'a considérait même plus comme une prisonnière d'ailleurs, mais comme il lui semblait avoir capté Till, elle considérait qu'elle avait pas à partir pour l'instant. D'abord, elle irait lui parler. Ensuite, elle aviserait.).
- Ally ? Ouais. Firent Ale et Connor, en même temps et dans un écho parfait, en éclatant de rire.
- Attends, c'était pas censé être la prisonnière, ou quelque chose dans ce genre là ? Remarqua Ale, épuisé, et même plus d'humeur à chercher la cohérence dans cette situation.
- On s'en fou pour le moment. Soupira Connor, avant de tourner la tête vers Lexi. Tu prévois de t'enfuir ?
- Pas encore, non. Assura la brune, en haussant les épaules, presque aussi détachée qu'ils ne l'étaient. Mais je vous ferai signe quand l'idée me viendra.
- Alors tout va bien dans le meilleur des mond... Connor n'eut cependant pas le temps de terminer sa phrase, que K débarquait en furie dans la salle, gueulait une multitude de truc (très utiles jésus), et, en moins de deux secondes, réussissaient à écarter les deux filles, plus rapidement qu'aucun d'entre eux n'auraient pu le faire.
- Ton frère, donc ? Katharina, c'est ça ? Lâcha Ale, en avisant le tatoué, les yeux plissé, vivement intéressé.
- T'as tout bon. Mais Connor, très franchement, n'était même pas d'humeur à chercher à comprendre ce qu'était parti foutre K avec Jill. Déjà : Ally allait les buter d'une minute à l'autre. Y'avait ça à contenir, aussi. Rah merde.
- J'dois avouer qu'il est doué. Commenta Lexi, en dégageant une des mèches de ses cheveux, malgré les menottes.
- Il tient ça de moi. Assura Connor, dans un sourire.
Ale arrêta de sourire, quand il capta juste l'état d'Ally, et se précipita alors dans sa direction, à ce moment précis. Oh merde. Une Ally pas contente, et une Ally qui, en plus, pissait le sang. Merde, merde, merde. Ale tira le plus beaaaaaaau sourire du monde. Oui, il n'était pas intervenu. Oui, il avait eu peur. Et Alors ? Ally l'aurait tué si il avait agi.
- C'était un peu mignon, ce que tu viens de faire, mais très franchement, Ally, c'était pas si utile que ça... Et t'as manqué de tous nous tuer. Lâcha le brun, en esquissant un long sourire, pour finalement, et sans trop réfléchir, l'embrasser. La solution miracle contre une Ally complètement énervé, en somme. Il la connaissait depuis assez longtemps pour l'avoir compris.
Plusieurs secondes, James resta parfaitement silencieux, parfaitement silencieux alors qu'il s'enfonçait dans son siège pour écouter attentivement ce qu'avait à lui dire "Fennec". Et ce qu'il disait n'était pas stupide. Vraiment pas stupide. On l'avait descendu au plus bas, et ce gamin lui offrait sur un plateau doré, une opportunité de rêve. L'accomplissement, en somme, de ce qu'il avait commencé. L'assurance aussi, que cette entreprise ne s'écroulerait pas. A trois, et grâce à des noms pareils, ils auraient très vite la main-mise sur le pays entier. Certes, il y aurait révolte, certes, et encore plus après qu'on ait entendu les rumeurs à son sujet, mais ces dernières seraient rapidement matées. En quelques mois, la situation des Etats-Unis en serait revenue au point de départ, et aucune autre puissance, en tout cas, aucune autre puissance censée et réfléchie, n'aurait ne serait-ce que l'audace de s'opposer à eux.
Il était vrai qu'un bon nombre de chose les protégeait de l'Europe. Tout d'abord l'Océan, barrière naturelle, barrière pour le moment infranchissable (tout du moins, par une armée entière). Il doutait évidemment, que ces Européens aient trouvé un quelconque moyen de locomotion autre que les leurs, et qu'ils aient ne serait-ce que la possibilité de traverser la frontière en avion, par exemple, mais il était vrai que cette alternative n'était pas à minimiser. Après tout, l'Europe avait bien changé.
Ensuite, la culture. Peu d'entre eux seraient prêt à rejoindre une secte comme cette dernière, en particulier après les derniers événements qui avaient secoué le pays. Les coalitions deviendraient trop forte, trop nombreuse, trop dispersée, pour qu'on ne puisse les maîtriser.
Enfin, et pour finir, la très probable menace qu'il pourrait former, ensemble. Une menace bien plus importante que quiconque n'aurait pu l'imaginer, et bien plus imposante, aussi. Un véritable mur à toute tentative d'invasion : Difficile de ne pas accepter.
Ce ne fut cependant pas ces arguments, qui retinrent son attention. Non. Ce fut la dernière phrase que prononça le blond, inévitable, puisqu'il l'avait prédite. Ce fut celle-ci qui occupa alors toutes ses pensées, celle-ci qui, à peine eut-elle était prononcée, réussit à le faire réfléchir, et bien plus encore. James n'était pas naïf. Il savait de qui on lui parlait, de qui il s'agissait, et qui était visé par ces sous-entendus. Il le savait, il essayait simplement de lutter contre ce sentiment. Lutter, parce qu'il savait pertinemment que dés l'instant où il en aurait les moyens, retrouver Petra deviendrait sa priorité. Il le savait, il en était certain, il lui avait même demandé, stupidement, de fuir. Bien évidemment : Il regrettait. Il regrettait, maintenant qu'il se rendait compte, que sa vie n'avait pas pris fin à Matamaros. Il regrettait, et à la fois, se haïssait d'imaginer, ne serait-ce qu'un seul instant son retour. De pouvoir se permettre d'espérer qu'elle revienne, alors que, pendant trop d'années, il lui avait pourri l'existence. Elle devait fuir, elle devait partir, s'éloigner, faire en sorte de ne pas le trouver. Mais elle devait rester proche. Il devait pouvoir être certain de la revoir. Elle ne devait pas le quitter.
- En admettant que j'accepte, Commença-t-il, en se redressant, pour passer une main sur son visage. Et crois-moi, c'est très bien parti pour, Il esquissa un sourire en coin. Qu'est-ce qui m'assure que toi, ou même ce Drake Sheridan, En vie, visiblement ? Le frère de Jude Sheridan, qui plus est. Il y avait des choses qu'on oubliait pas. James en était conscient. Ce qu'il avait fait subir à Jude, aurait des répercussions sur les événements à suivre. Mais à quoi bon faire dans les sentiments ? Jude Sheridan avait été, à ce moment précis de son règne, un accident de la route, l'un des nombreux dommages collatéraux qui avaient ponctué sa montée au pouvoir, et sa descente aux enfers. Vous aurez pas envie de me buter, à la moindre occasion ? Comment je peux être certain que je peux vous faire confiance ? Il haussa les épaules. Tu comprends : Certains détails risqueraient très probablement d'entacher nos relations. En particulier à cause de son frère.
- Ouais, tu lui as démonté l’œil, ça on sait. Cracha Matthew, assez violemment, planté comme un piquet à côté de Fennec, les bras croisé, visiblement un peu trop énervé pour avoir la foi de peser ses mots.
"On est trois, à moins que t'ai des délires dont j'ai pas connaissance, à pas vouloir s'mettre à leurs rituels de merde et leur dieu d'mon cul."
Oui, c'était certain, lui n'existait pas. Il n'avait jamais été là. Vraiment, que se soit sur la route ou avec ces enfournés de Bass et chez les autres connards : Non. Pas là. Jamais.
"On est trois, à moins que t'ai des délires dont j'ai pas connaissance, à pas vouloir s'mettre à leurs rituels de merde et leur dieu d'mon cul."
Qu'est-ce qu'il avait foutu de sa vie, après tout, hormis se faire chier à faire un aller-retour direction Matamaros pour convaincre le chef de la mafia de rejoindre l'alliance ?
"On est trois, à moins que t'ai des délires dont j'ai pas connaissance, à pas vouloir s'mettre à leurs rituels de merde et leur dieu d'mon cul."
Et puis il avait pas de nom, ça c'était certain, il avait pas de nom, alors évidemment, on le foutait avec les boulets du coin, type le mec complètement ouf fils de Jésus en Europe qui s'amusait à faire chier son monde en se la jouant gros-gays au milieu de la plus grosse mafia du pays. On avait manqué de l'oublier sur la route, et on l'avait, par ailleurs (il s'en souvenait vraiment de ça putain) foutu dans le coffre avec cet handicapé-mental. Donc voilà, il avait pas de nom : On le foutait en dehors du trip. EVIDEMMENT. James-Greyson-la-grosse-chienne qui chialait sur son sort telle une sous-merde avait le droit, par contre, à toute la gloire. C'était normal, c’était légitime : Il était James Greyson. Rah putain. Le poing de Matthew se serra. Il aura frappé Katharitrucdemerde Bass pour moins que ça. Alors putain, ce fils de pote, il avait vraiment de la chance, d'avoir Fennec juste en face. Sinon les coquilles : disparues. Disparues avec cette putain d'Europe de merde, et son régime à la con. Voilà ce qu'il en pensait très concrètement de cette merde, puisqu’apparemment ça intéressait VRAIMENT quelqu'un.
Fais chier.
Putain.
Il allait tous les buter.