Atlanta.
Ça faisait, à tout compter, deux jours entiers qu'ils roulaient ? Matthew s'y était fait. Depuis des mois, les voyages à droite et à gauche sur la carte des Etats-Unis se faisaient beaucoup plus fréquents. Fallait croire qu'en même temps, les choses avaient commencé à devenir plus sérieuses quand il avait trouvé Fennec. C'était plus maintenant qu'il fallait faire marche arrière, d'autant plus qu'il était pas près à abandonner, surtout après ce qu'on lui avait fait subir, en particulier parce qu'il leur devait bien quelque chose, à ces connards d'Européens. Depuis qu'ils leur avaient collé au cul l'autre abruti de Tommachintruc, on pouvait dire qu'une sorte de ressentiment hyper-puissant s'était formé au fond de sa gorge. Personne savait d'où sortait ce malade, mais on avait l'air de lui faire confiance, depuis l'épisode Bass. D'ailleurs Matthew avait bien capté l'autre fils de pote, qui s'était tranquillement permis de le fixer un peu trop longtemps, quand il s'était apprêté à se barrer (après avoir faillit se faire oublier par Fennec sur le bord de la route). Il était parti, ce sonar était loin, et ça le faisait chier, dans la mesure où en une semaine entière passée chez ces petits merdeux, il avait en quelque sorte réussi à apprécier les moments où on lui offrait le loisir de rouer sa gueule tatouée de coups. Il était peut-être terriblement chiant, terriblement énervant, et terriblement con, il avait, en quelque sorte, réussi à l'occuper. Et c'était un peu un exploit, vu l'état de sa lassitude actuelle.
Enfin, et malgré tout, on lui avait confié une mission. Des plus banales, vue toute l'étendue du bordel qui régnait en ville, mais une mission de la plus haute importance tout de même : Chopper James Greyson dans le trou à rat que leur avait indiqué Tom, en plein centre d'Atlanta, et faire en sorte de lui trouver un entretiens avec le grand Fennec. Pas du genre à abandonner aussi facilement, Matthew n'avait pas refusé. Et puis il avait pas trop eu le choix, non plus. Un coup d’œil du côté de ceux qui l'entouraient, suffisait à lui faire comprendre que refuser une opportunité pareille n'était probablement pas une très bonne idée. Il tenait à la vie, évidemment. Il tenait à la vie, et si se faire démonter par une foule en furie dans les ruelles de la ville n'était pas non plus l'un des grands objectifs de sa longue (très longue) existence, il préférait ne pas crever à cause de la mafia Mexicaine, en particulier sous la patte de ce Fennec. Alors Matthew s'activait. Matthew s'activait, et présentement, il pouvait constater le chaos qui régnait aux alentours, avec une très grande précision. Parce qu'on s'était arrêté devant le bar où était censé se trouver James Greyson, et que la mafia, cette magnifique organisation qu'il rêvait d’émietter avec passion et tendresse depuis qu'elle avait manqué de le buter un bon nombre de fois, s'était gentiment proposée de lui offrir le sale boulot, celui d'aller lui-même (accompagné de son très bon ami : L'attardé mental (Tom)), chercher James Greyson. Après tout, on était jamais assez prudent. Leur arrivée à Atlanta avait été ponctuée d'émeutes, de combats de rue, de fusillades et d'autres joyeusetés. Il semblait, par ailleurs, que de vieux gangs s'étaient apriori emparés de la ville, et qu'ils ne prévoyaient pas de la lâcher de si tôt. Alors l'arrivée en masse de la mafia Mexicaine sur le secteur avait plus ou moins suffit à mettre au clair, les intentions de la prochaine petite dictature qui s'installerait très bientôt à l'intérieur du territoire. En gros, un dicton qui se résumait dans son entier d'un simple : Soit vous collaborez, soit on vous bute.
Mais bon, comme les connards d'Atlanta n'avaient pas l'air très perspicaces, la plupart d'entre eux venaient le faire chier en le regardant soit un peu trop longtemps, soit d'un peu trop près, soit juste un peu trop mal. Et ça, ça avait le don de le foutre sur les nerfs. D'autant plus qu'on l'avait envoyé en direction de ce foutu bar, avec pour seule et unique arme : Un flingue. Un flingue et quelques munitions. Tom ? Matthew ne voulait même pas savoir ce que ce psychopathe portait sur lui, couteaux ou pas couteaux, dynamites ou pas dynamites : Il était fou, on pouvait pas lui faire confiance.
- Qu'est-ce que tu regardes toi ? Lança-t-il, assez violemment, à l'enfourné qui, adossé contre le mur à côté de la porte du bar, se contentait, dans un croisement de bras, de les jauger de haut en bas. Il était petit, gros, absolument pas baraqué, et tatoué de la tête au pied. En somme, il était pas plus utile que la plupart des déchets humains qui zonaient sur la grande place, et il semblait pas prêt de s'arrêter de les fixer. D'ailleurs, Matthew eut même pas le droit à une réponse, simplement à un regard un peu plus insistant, et à une analyse un peu plus précise de son accoutrement. Il voulait quoi, le fils de pote ?
- Matthew, mon beau Matthew, Fit l'autre fleur en chaleur, avec un sourire bien trop long, bien trop accentué, à vrai dire, bien trop chiant, pour que le tatoué ne puisse réprimer une envie de dégueuler assez puissante. Sois discret, on est observé, et tu sais aussi bien que moi qu'ils laisseront personne entrer ni sortir sans conséquences.
- Rien à foutre. Ta famille : Tes problèmes. Cracha le tatoué, en évitant d'épiloguer, parce que partir dans un débat avec cet imbécile suffirait seulement à faire tuer leur seul indice contre l'Europe. Pas très concluant, donc. En particulier si Tom mentait pas en affirmant qu'ils étaient observés, et que la dite famille se trouvait pas loin. Matthew comprenait rien à ce trip de famille, et à vrai dire, il cherchait pas à comprendre, mais encore une fois : Il tenait à sa vie. Pas besoin d'attirer l'attention des tarés dans sa direction.
- Tu servirais mieux si tu évitais de parler, en réalité.
- Pardon ? Tu peux répéter où j'ai mal compris le messag... Mais Matthew s'arrêta, parce qu'handicapé-mental entreprit d'ouvrir la porte, et de se jeter dans la cage aux lions, en étant putain d'inconscient et complètement con, au passage. Sans parler du bruit qui ressortait de l'intérieur du vieux pub, fallait aussi compter les énormes racailles qui traînaient dedans (le genre chelou), et en posant un pied dans le bar, Matthew manqua réellement de se tirer une balle dans la tempe. Ça semblait être une bonne initiative, dans la mesure où il finirait forcément par crever, maintenant qu'on lui collait l'autre pédophile en tant que compagnon de route. Enfin. Il souffla longuement, essaya tant bien que mal de garder ses nerfs en place, manqua, à trois reprises, d'éclater le crâne de ceux qui lui fonçaient dedans, mais se contint du mieux qu'il le pouvait. Ce fut seulement quand Tom s'arrêta en face du bar, qu'il posa en face de lui et de manière tout à fait calme et raisonnée, l'éventualité de lui déchirer le crâne à l'aide de ses mains.
- T'es venu ici pour te payer un verre ou pour trouver Greyson ? Lâcha-t-il, en poussant la gueulante un peu loin, puisqu'en moins de deux, plusieurs regards divergèrent dans leur direction.
- Chaque chose en son temps. Soupira Tom, sur un air faussement ennuyé (amusé, surtout), un air que Matthew aurait bien aimé lui faire bouffer avec le reste des conneries qu'il semblait leur cracher jours après jours. Il n'en eut cependant pas l'occasion, puisqu'un homme de quinze mètres de haut et dix de large, entreprit de se poser devant eux. Une cicatrice barrait la moitié de son visage, il lui manquait un œil mais un bandeau noir dissimulait sans mal ce très léger détail, et il avait le crâne entièrement rasé. Oh tiens aussi ! Quelques couteaux gambadaient ça et là à hauteur de sa ceinture. Charmant. Tom rapprocha son visage du sien, grommela des merdes qui incluaient : "Sang", "Sateh" (ou un mot équivalent dans tout les cas ce fut ce qu'il comprit), "Victoire" et "Mort". Le regard de Matthew divagua de l'un à l'autre. Il hésita plusieurs secondes, voyant alors, trois options se poser très concrètement sous ses yeux :
1) Il entreprenait de dégager de ce trou à rat bidon en envoyant chier et Drake, et Fennec, et toute la mafia de Matamaros,tout en prenant le risque de se faire émasculer avec tendresse au passage.
2) Il revenait sur ses pas en abandonnant Tom au milieu de sa "gentille petite famille" et retournait auprès de Fennec en lui avouant qu'il avait pas trouvé James, et que Tom était en train de taper l'amitié à un building humain, mais dans le cas présent, on finirait par douter de sa parole, on irait dans le bar, on constaterait, sûrement, qu'il avait tord, et on finirait aussi par lui arracher ses coquilles, au pire, par lui les faire bouffer pour le mensonge.
3) Il attendait avec patience et sérénité, en croyant en la parole d'un mec de vingt piges qui en faisait huit et qui lui apparaissait plus comme un pédophile en chaleur que quoi que se soit d'autre de concluant.
Matthew allait partir. Vraiment. Il allait partir. Mais Tom entreprit de faire quelque chose d'étrange, soit d'attraper un couteau, et de se tailler la main, en dessous du tatouage qui se trouvait dans le creux de sa paume. Ce fut sûrement à ce moment précis que sa lassitude fut poussée à un stade tellement profond, et tellement lointain, qu'elle réussit à piquer sa curiosité, et qu'il ne trouva plus la force de quitter ce foutu bar. Ou tout simplement qu'il avait rapidement pesé le pour et le contre, et qu'il s'était rendu compte qu'Europe ou pas Europe : Il tenait à ses coquilles. Dans tout les cas, Tom venait littéralement de se trancher le poignet, il pissait plus ou moins le sang, mais personne dans le bar n'y prêta grande attention, et le barman, après cela, lui fit un signe de la tête très bref, vers l'un des coins de la pièce, un coin à l'écart, plongé dans l'ombre.
- Il est là. Se contenta de grommeler le minotaure sur pattes, avant de disparaître dans une pièce à l'arrière. Tom attrapa un morceau de tissus qu'il déchira sur l'une des serviettes disposées très brièvement sur le comptoir, pour le presser sur sa blessure. Et Matthew, juste à côté, se demanda profondément si il n'était pas tombé en plein cauchemars, ou tout simplement, si cette religion ne consistait pas simplement à faire chier la Terre entière. Parce que quoi d'autre que ce dernier prétexte pouvait expliquer ce qu'il venait de se passer ? Pourquoi Tom avait perdu son temps à se trancher la main (loin qu'il ne s'en soucie réellement mais c'était stupide et il devait se l'admettre), alors qu'il aurait tout simplement était BEAUCOUP PLUS intelligent de fouiller le bar de fond en comble pour trouver Greyson, assit tranquillement devant une table, à siroter un putain de jus de fruit de merde ?
- Si on s'était contenté de partir à la rechercher de la cible, on aurait attiré le soupçons. Et je doute qu'attirer les soupçons de l'Europe entière soit vraiment ce que tu recherches, Matthew Dobson. Répondit Tom, en lisant tranquillement et sans impunité ses pensées. Il était pas si con que ça, finalement, mais il lui donnait juste envie de vomir, alors ça n'était pas très important. Allez, fais pas cette tête là. Je vois très bien ce que tu penses. Pas facile de cacher tes émotions avec une expression pareille.
- Ta gueule ? Je vois pas de quoi tu parles ? Rétorqua le tatoué, en le suivant de près, alors qu'ils avançaient vers la table qu'on leur avait indiqué. Et plus ils avançaient, plus les choses devenaient claires. Plus ils avançaient, plus une silhouette venait se dessiner autour de cette table. Plus ils avançaient, et plus un James Greyson en chair et en os, s'imposait à eux... Ou tout simplement une pâle copie de celui qui l'avait été dans le passé, puisque le James Greyson qui leur faisait maintenant face, n'avait rien de ce qu'il avait pu être autrefois.
Quand deux silhouettes, aussi inintéressantes soient-elles, se présentèrent à lui, James ne pris pas la peine de lever la tête dans leur direction, se contentant de rester lourdement adossé à son siège, le visage penché en direction du verre qui lui faisait face. A quoi bon chercher à comprendre lequel de ces malades mentaux avaient pris la décision de s'adresser à lui. Dans cette ville, personne ne semblait être un minimum sain d'esprit. Ou peut-être était-ce propre à cette auberge, de toute évidence, on ne l'avait pas envoyé ici par hasard, et sûrement que quelque chose qui, de près ou de loin, avait un rapport avec cette foutue Europe, avait fait en sorte de grandement participer au piège à l'intérieur duquel il se trouvait. Il n'était plus d'humeur à se battre. Ça faisait longtemps, déjà, qu'il avait abandonné ce combat. La recherche du pouvoir, de la vengeance, la recherche d'autre chose qu'une vie misérable dans les quartiers les plus ridicules du pays. Il l'avait connu, cette existence, et il s'en était lassé. A quoi bon, de tout façon, se battre contre quelque chose perdu d'avance ? Il avait perdu Petra. C'était terminé.
- James Greyson, j'me trompe pas ? Fit la voix grave d'un abruti quelconque, alors que James se contentait de sourire, sans réellement y faire attention. Qu'est-ce qu'il se foutait, de la plupart d'entre eux. Il se foutait de savoir ce qu'il en était de cette Europe, cette masse qui lui était littéralement passée à la trappe, ce truc bien plus gros qu'on n'aurait pu le croire, et qu'il n'avait même pas remarqué. C'était sa défaite, mais des défaites, il en avait par millier, ce n'était même pas important. Petra était importante, ça, il l'avait oublié. Petra l'avait toujours été, et pourtant, elle avait fuit et probablement pour de bon. Alors qu'il parle. Qu'il lui propose le plus beau marché du monde. Il n'était plus James Greyson. Il n'avait plus rien à voir avec James Greyson. James Greyson n'était rien d'autre qu'une erreur, une utopie, quelque chose de complètement malsain, et quelque chose qui avait bientôt fini par se faire détruire. Il n'était pas ça. Hé, ho, j'te parle ! Alla surenchérir l'autre imbécile, avant de lourdement s'asseoir à côté de lui. James remarqua rapidement les traits de son visage, une cicatrice barrait son œil, et il portait une multitude de tatouages, des tatouages bien différents de ceux qu'il rencontrait depuis des semaines, pourtant.
- Je t'ais connu plus poli, James. Laissa échapper une autre voix, juste à la droite de son interlocuteur, une voix qu'il connaissait parfaitement bien, et pourtant, une voix qu'il aurait préféré garder tapis au fond de sa mémoire. Ne vas pas croire que je t'ai vendu à qui que se soit, j'ai simplement des amis qui aimeraient s'entretenir avec toi. James releva la tête dans leur direction, son regard balança de l'un, à l'autre, mais il s'arrêta tout particulièrement sur Matthew, en affichant le même sourire ironique qu'il avait porté depuis son arrivée. Il le connaissait. De près ou de loin, son visage lui disait quelque chose. Des traits qu'il avait cru rencontrer, dans le passé. Quelques mois plus tôt néanmoins, et trop vaguement pour que ça ait quelque chose d'important, seulement James savait à quel point les détails pouvaient être primordiaux, dans ce genre de situation. Il n'avait pas fait tout ce chemin pour se faire vulgairement tromper par l'apparence banal de l'un de ses interlocuteurs. Ce mec sortait pas de nulle part. Il l'avait déjà vu.
- Et qu'est-ce que vous voulez ? S'entendit-il dire, la voix plus rauque et fatiguée qu'il ne l'aurait voulu, visiblement. Il savait que leur présence ici n'avait absolument rien d'un hasard. Après tout, la mafia ne se serait jamais déplacée aussi loin si l'attrait du pouvoir n'avait pas joué derrière, et enfin, ils se trouvaient à Atlanta. Dire que la ville n'avait rien de symbolique aurait été se mentir à lui-même. C'était lui, qui avait instauré la capitale, redonné une image à ce pays, et fait en sorte que chaque individus qui traversaient ses frontières, ne puissent qu'être témoin de sa puissance. Il avait reconstruit cette ville sur de nouvelles valeurs, légitimes ou pas, il en avait fait un véritable symbole. Si aujourd'hui, plus rien ne le poussait à aller se racheter auprès de ses bons concitoyens (ceux qui détruisaient son oeuvre à l'heure actuelle), il n'était pas naïf au point de croire que la mafia n'avait pas trouvé son statut intéressant. Peut-être n'était-ce qu'une affaire de minutes, finalement, avant qu'on ne l'élimine vraiment. C'était ce qu'il se serait contenté de croire, si il avait été stupide. Seulement une pièce manquait au puzzle : La présence de l'européen, juste à côté. Et il était évidant que la mafia de Matamaros ne se serait jamais alliée à une organisation pareille, alors mieux valait être attentif.
- On a quelque chose à te proposer. Commença le tatoué, sur un ton bien maladroit, et bien trop assuré. En somme : Il avait rien d'un chef. Et de toute façon, James avait déjà rencontré le chef. Charmante rencontre, d'ailleurs. Si il y avait bien une personne à qui il devait son état présent, c'était lui. Enfin sa jambe s'était plus ou moins soignée d'elle-même (peu importe ce que l'autre européen avait fait), et était très loin d'être sa première préoccupation. Et tu sais aussi bien que moi que le choix t'es pas vraiment donné, en vue des circonstances... Tout Matamaros garé devant le bar, ce genre de truc. Ah, il faisait de l'ironie ? James l'aurait presque applaudi, si il en avait eu la force. Tu vois, on a quelque problème avec l'Europe. Rien de bien grave, dans la mesure où on prévoit déjà de les buter, mais...
- Tu viens pleurer mon aide ? C'est adorable vraiment.
- Ok alors qu'on soit bien clairs : Soit tu fermes ta putain de grande gueule soit je fais en sorte de te la faire boucler rapidement, dans tout les cas : Tu me laisses parler. Compris ? James éclata de rire et visiblement, cela n'arrangea en rien l'état de son nouvel allié. Tu vas nous aider à détruire cette merde, en échange, tu retrouveras toute ta gloire d'antan, et le bordel qui allait avec.
- J'ai une tête à aller me battre contre un continent entier sous-prétexte que vous me l'avez demandé ? Et puis t'es qui, au juste ?
- Matthew Dobson. Nouveau fou rire de James. Et putain de merde... Tu sais, on m'avait parlé de toi, mais si j'avais su que ta gueule aurait plus l'état d'un déchet humain, je me serai pas fait chié à venir ici.
- Mais ne t'en fais pas pour moi, Matthew Dobson. Je vais parfaitement bien. Répondit James, sur un ton sarcastique, royal foutage de gueule. Mais l'intention est très touchante. Vraiment.
.- Ok t'as gagné je vais t'éclater ta... La main de Matthew manqua d'attérir sur le visage de l'ancien dictateur. Fort heureusement, Tom attrapa son poignet à temps, en poussant un long soupire ennuyé.
- Du calme les enfants, du calme. Grommela-t-il, avant d'aviser Matthew. Il serait peut-être temps que tu l'introduise (ou le ré-introduise) à notre ami Fennec. Allez. Commenta Tom, en croisant les bras, haussement d'épaules et sourire en coin plaqué sur les lèvres. Il n'était pas stupide, il savait parfaitement ce que Fennec avait fait endurer à Greyson, et il savait aussi que sa présence aurait sûrement plus d'impact sur l'ex-dictateur que celle de Dobson.
- Ouais, c'est ça, toi ta gueule. Lui répondit Matthew, avant de se redresser. Certes, il était pas un chien, mais il devait bien se l'avouer : James Greyson lui pétait les coquilles. Il voulait pas avoir à le buter, lui-aussi. Réfléchis bien pendant que j'vais Le chercher, Assura Matthew, tout sourire, à l'intention de leur cible commune. Parce qu'il me semble que cette histoire implique aussi ta petite copine là : Petra, et crois-moi, t'as même pas envie de savoir pourquoi.
James se figea à l'entente de se prénom, fronça les sourcils, s'enfonça dans son siège en évitant de porter son regard sur l'autre européen. Petra ? Petra n'avait rien à faire dans cette histoire. Petra était parti, il l'avait laissé partir parce qu'il savait pertinemment qu'elle ne serait jamais en sécurité à ses côtés. Elle était parti, pourquoi est-ce qu'il évoquait son nom ?
- Qu'est-ce que tu veux dire ? S'empressa-t-il de demander, sans trouver de réponses : Matthew se barrait déjà. RÉPONDS !
- Doucement, James. Tu vas abîmer ta jambe. Commenta Tom, dans un sourire, toujours assit en face de lui, spectateur de la figure complètement détruite du grand James Greyson. Il s'arrêta d'ailleurs sur ce détail, seulement quelques instants.
Si l'évocation d'un unique prénom pouvait faire autant de ravage, qu'en était-il de tout le reste ?
Mêmes regards, mêmes figures insupportables, mêmes rituels chiants et toujours cette même envie d'aller tabasser le moindre abruti qui se foutait sur son chemin : En somme, Matthew était vraiment, vraiment en colère. Tout ces connards commençaient sérieusement à lui détruire les coquilles, avec leurs petites exigences à deux balles. Il n'était pas reconnu, pas encore tout du moins, certes, mais il avait fait un long chemin, avant d'en arriver là. Il avait passé un bon nombre d'obstacle, mais il s'était battu, contrairement à beaucoup d'autres. Alors qu'on vienne pas le faire chier à cause de son nom. Il brillait plus que la plupart d'entre eux.
- Allez chercher Fennec, c'est bon, on l'a trouvé. Fit-il, à deux mecs qui se trouvaient devant le bar -précaution, très sûrement-. Et dépêchez-vous, parce que cet endroit à pas l'air hyper clean.
C'était le cas de le dire. Il était pas James Greyson, mais il était intelligent, lui. Il savait voir quand les emmerdes débarquaient, et là, ça puait l'Europe à 200%.