12-06-2014, 21:26
(Modification du message : 12-06-2014, 21:36 par Claaudie.)
Il devait bien être cinq heures du matin. Peut-être un peu plus, ça faisait un temps déjà qu'il essayait plus de comprendre. Adosser à l'un des véhicules de l'autre troupeau de mafieux, Matthew fumait sa clope, en se demandant sérieusement comment ils allaient tous faire pour retrouver Greyson. Déjà que les informations que venaient de leur fournir l'autre malade mental étaient pas totalement fiables à ses yeux, il faudrait aussi prendre en compte les potentiels tarés de l'autre secte qu'ils croiseraient sur leur passage, et tout portait à croire qu'ils étaient nombreux.
En réalité, il se foutait bien des dommages que leur probable montée au pouvoir pourrait engendrer. Il y avait une très grande différence entre ce qu'ils comptaient faire de ce pays, et ce que l'Europe entreprenait depuis des années de l'autre côté de la planète. Et cette différence se trouvait dans le fait même qu'ils ne mentaient à personne, et qu'on saurait, évidemment, que l'arrivée du Mexique à Atlanta n'avait rien de pacifique. Il y aurait des révoltes, c'était certain et ça n'avait absolument rien de surprenant, mais comme pour toute dictature qui se respecte, les révoltes seraient très rapidement écrasées. La "Ligue" -puisque c'était le terme que Drake avait employé en lui expliquant tout l'intérêt de leur union-, dépassait tant en nombre qu'en ordre. Utiliser la force pour écraser toute rébellion n'aurait rien de difficile. Maintenir la stabilité sur un continent entièrement ravagé par une Apocalypse qui venait tout juste de reprendre ses droits, serait une partie bien plus compliqué. Ces Européens devaient se douter de leur entreprise, si ce n'était pas déjà qu'ils la prévoyaient depuis longtemps. Peut-être même qu'ils s'en étaient pris à Sheridan pour cette raison : Eviter les opposants. Lui n'avait pas été la cible de ces conneries parce qu'on ne le connaissait pas. De Fennec à Greyson, il n'avait absolument rien qui aurait pu porter atteinte aux plans de ces tarés, hormis peut-être les nombreuses qualités qu'il n'avait pas eu la chance d'utiliser à cause des fils de potes qui avaient trouvé bon, treize ans plus tôt, de le vider de son sang. Peut-être qu'il était chanceux, en somme. Il avait manqué des années de reconstruction, et n'avait pas eu la chance d'observer toute l'oeuvre de ses "alliés" sur les Etats-Unis. Son retour à la vie, aussi invraisemblable puisse-t-il l'être, l'avait rappelé dans un monde complètement détruit. Ici, on se démarquait que par la force. La force et l'intelligence, deux choses qu'ils semblaient, ensemble, déjà apte à manier à merveille. Il y aurait des différences d'intérêt, c'était évidant lorsqu'on voyait la gueule de Fennec lorsqu'il s'agissait de Sheridan, ou sa propre gueule quand il devait supporter le psychopathe qui tapait l'amitié avec l'autre mafieux, mais ça aurait ses effets positifs.
- J'dois parler aux Sheridans. Fit-il, à l'intention du mec qui semblait monter la garde, juste à côté. Si Matthew captait pas pourquoi les mafieux tiraient tous de vieilles gueules de psychopathes dans ce trou perdu qu'était devenu Dallas -y'avait pas une seule âme de vivante depuis le raz-de-marée des morts-vivants-, il savait aussi que ça aurait du bon : Éloigner l'autre groupe de bisounours qui créchait un peu plus haut dans le bâtiment d'en face, des alentours de l'extérieur. L'intéressé sembla juste hocher la tête. Peut-être que dans la mesure où il commençait à s'entretenir plus souvent avec leur chef, on lui faisait beaucoup plus confiance. Occupe-toi de retrouver Tom, et fous le dans une voiture (fais lui fermer sa gueule), j'pense qu'on va pas tarder à partir. L'intéressé se contenta d'un hochement de tête, fit signe à un autre, qui en fit de même, et ainsi de suite -encore une fois il cherchait plus à comprendre-. Matthew se dirigea vers le bus où dormaient les deux frères. Se serait peut-être pas la chose la plus intelligente à faire, mais il fallait bien qu'il sache si Drake voulait suivre ou pas. D'autant plus qu'il retardait leur départ depuis des heures.
- Hé, les deux frères, Coupa-t-il, en ouvrant la portière, un peu maladroitement, certes, mais clairement sûr de lui. On se barre à Atlanta. Y'a l'autre fou de l'Europe, là, on l'a interrogé et apparemment Greyson est en vie bref longue histoire. Balança-t-il, d'une traite, en posant son regard sur les deux bruns qui dormaient l'un sur l'autre. Encore une fois, ça n'avait rien d'anormal, il captait plus ou moins dans quel trip les Sheridans se trouvaient. Enfin leur relation avait rien de choquant, et Matthew était loin d'être quelqu'un de facilement impressionnable. Il connaissait Drake, il se souvenait de Jude, il avait rien contre eux dans la mesure où ils faisaient tout les deux partie de la case "alliés". Donc Drake faut qu'on parle si t'as le temps, Pas de réaction. Ils dormaient ou ils captaient rien. Sûrement la deuxième option. Soit on se barre sans toi et tu nous rejoins, soit on t'attend, mais vu la gueule des autres, j'pense qu'il vaut mieux qu'on se barre avant qu'ils pètent un câble. De toute façon t'auras pas de mal à nous trouver là-bas. Un sourire étira ses lèvres.
On entendrait bien vite parler d'eux.
Tom attendait, de l'autre côté de la rue, que quelqu'un vienne le chercher. Hormis l'énorme parking qui avait pris place juste sous ses yeux, et en face de l'immeuble, il n'y avait pas grand chose d'intéressant à faire, tout seul au milieu de nulle part. Et puis les zombies étaient rentrés dans les bâtiments déserts jusque là, et ne semblaient plus d'humeur à sortir. Alors il s'ennuyait, et il se demandait où était Fennec, aussi, parce qu'il n'avait pas oublié son idée, et que cette dernière consistait simplement à le faire abandonner cette mission stupide qu'il s'était planté à l'intérieur de son crâne de petit mafieux.
Fennec n'irait pas en Europe.
Et si Fennec décidait d'aller se battre contre l'Europe, et bien Tom l'en empêcherait.
- Hé ! Gueula un des hommes du blond, en se dandinant jusqu'à l'espèce de lit de fortune que Tom avait construit sur le trottoir (en fait il avait simplement pris la peine de s'allonger par terre et de fixer le ciel tout à fait tranquillement). Ramènes-toi ! La voix rauque et complètement bourrue qui l'interpella, lui fit froncer les sourcils. Il se redressa, passa une main sur son visage, et dés qu'il fut d'humeur à esquisser un sourire convaincant, la figure de son interlocuteur sembla se détruire en une expression glaciale, clairement agacée.
- Très bien, très bien j'arrive, Lâcha Tom, empruntant un ton faussement ennuyé. Pas besoin d'hurler. Et suivant ce qu'il disait, Tom se dressa tranquillement sur ses pieds, pour suivre celui qui venait de lui adresser la parole (donner un ordre sonnait mieux). Ce fut une fois qu'il dépassèrent les premiers véhicules, que le regard de Tom divagua d'une voiture à une autre. Ce n'était pas n'importe quel tas de ferrailles qu'il cherchait.
- Ici. Ordonna celui qui l'accompagnait, pour pointer du doigt l'intérieur d'une voiture quelconque.
- Je veux bien mais apportez moi un oreiller, mon brave, parce que cet endroit et au moins pire que le trottoir. Se plaignit Tom, en fronçant les sourcils, faussement agacé. Allez, allez, faites donc et vite s'il vous plait.
- TA GUEULE. Gueula l'autre, en le poussant violemment à l'intérieur, claquant la porte assez brutalement pour le plaquer de l'autre côté du véhicule.
- J'ai beaucoup d'amour pour toi aussi. Commenta Tom, en quittant ses manières et en se redressant pour chercher une issue de secours. Déjà, et vu ses premiers essais : Tout était fermé. Bien. Il devrait trouver un moyen de sortir, de toute façon, il n'avait pas le choix : Hors de question qu'il passe le trajet loin de Fennec. Lentement, Tom passa une main dans une de ses poches. Et il avait beaucoup de poches. Ça servait à cacher les explosifs, habituellement, mais il en avait plus. Alors quand il réussit à atteindre une petite épingle, son regard s'illumina. Si il avait toujours une longueur d'avance sur ses adversaires, ça n'était pas pour rien.
- Je vais bien mon amour ! Hurla-t-il, au mafieux qui gardait la voiture et qui lança un regard curieux dans sa direction. L'intéressé poussa un soupire las, détourna le regard, presque vexé. Il suffisait simplement de ponctuer ses phrases de surnoms affectifs pour faire fuir la mafia entière de Matamaros. C'était ce que Tom avait plus ou moins compris, au fil du temps. Un petit clic métallique se fit entendre, l'alertant qu'il avait réussit à ouvrir la porte, et lorsque son garde du corps rapprocha sa tête de la vitre dans un froncement de sourcils, il entreprit, avec autant douceur qu'il n'avait employé en l'envoyant valser en arrière, un peu plus tôt, de lui claquer la portière en plein dans le front.
En quelques secondes, le tatoué fut à terre, et tous ses muscles avec.
Tom, tranquillement encore une fois, sortit du véhicule. Il réajusta très rapidement le col de sa veste, pour attraper le corps inconscient du garçon qui était censé le garder, et pour le mettre sans grande peine à l'intérieur de la voiture. Ensuite, il claqua la portière, et entreprit de traverser l'espèce de parking ambulant, à la recherche de Fennec. Il suffisait de cacher son visage pour ne pas se faire repérer. Et puis, tout le monde le croyait enfermé, alors il lui semblait qu'on ne faisait plus vraiment attention.
- Bouh. Interpella Tom, en entrant dans la voiture du blond avec habilité, pour glisser son visage près de ses oreilles. J'arrivais mieux à dormir, hier soir, quand tu étais avec moi. Pourquoi est-ce que tu m'éloignes ? Il tira une moue, souffla contre son oreille, pour se décaler, en souriant. Je m'inquiète, Fennec. Je m'inquiète beaucoup.
Tout le monde devait dormir. Il savait plus trop quelle heure il était, mais c'était certain : Tout le monde dormait. Depuis plusieurs heures, Nate avait pas entendu un bruit. Peut-être qu'il avait vaguement compris quand Haillie avait dû rentrer. Il savait plus trop, en fait. Tout ce qu'il captait c'était qu'il faisait nuit, et que les zombies avaient fini par se lasser de taper contre le grillage qui lui faisait face. Peut-être qu'ils avaient une conscience, eux-aussi. Ou peut-être que son état leur donnait même pas envie. En même temps, il devait être pas mal pitoyable, bouteille à la main, adossé contre le mur. D'ailleurs, il avait trouvé le tout contre une poubelle. Une vieille poubelle, pour un vieux mec qui arrivait même plus à se lever. Et à cause de quoi, en fait ? D'un pauvre gars qu'il avait eut le malheur d'aimer. Ça faisait mal, ça aussi, putain. Il voyait déjà la gueule de Jude, quand il le trouverait. Sûrement qu'il le prendrait pour un con, si c'était pas ce qu'il s'était contenté de faire depuis le début. Sûrement, ouais, et puis il l'abandonnerait, de toute façon, ils en étaient plus vraiment à ça près. Ça faisait combien de fois, déjà, qu'on les empêchait d'être heureux ? La quatrième, au moins. La quatrième, et peut-être la dernière.
- Nate ? Fit une voix familière, au niveau de la porte qui menait vers l'intérieur. C'était pas difficile de reconnaître Ale, en particulier parce qu'il avait la voix tremblante. Et pourquoi elle était tremblante, sa voix ? Il avait rien fait de mal. Comme tout le monde, il subissait, et puis il se contentait de regarder le monde entier s'écrouler sous ses yeux, et de voir chacune des personnes qu'il aimait se barrer. Pour ça, ils étaient tous des putains d'experts. Nate baissa les yeux sur sa jambe. Il se forçait à tenir debout, apparemment, vu la main qu'il avait disposé sur le mur à sa droite, et vu sa position maladroite qui semblait être censée l'aider à mieux avancer vers lui. Ouais, je sais ce que tu penses : Je suis une merde. Mais en fait, Dobson m'a tiré dessus. C'était le bordel tout à l'heure. T'aurais pas dû rester seul. Nate ne répondit pas, alla porter sa bouteille à sa bouche, se contenta de fixer le grillage, encore, parce que ça n'avait même pas de sens, de répondre à une chose pareille. Il aurait fait quoi, si il était remonté ? Il aurait dit quoi ? Il les aurait rassuré, tous ? Il aurait voulu péter la gueule à Matthew, et aurait simplement dû supporter tout leurs regards plein de compassion ? Il en avait marre, de tout ça. Il en pouvait plus.
- Ouais. Répondit-il, la voix rauque, probablement parce qu'il avait pas dit un mot depuis des heures, et qu'il s’était carrément vidé de larmes comme un con, aussi.
- T'as pas de meilleure réponse que ça, vraiment ? Ironisa Ale, en s'asseyant à côté de lui avec peine, pour tendre la main et lui arracher sa bouteille des mains. Et c'est quoi cette merde ? Sérieusement, ça date de combien d'années ? Au moins dix ans... Tu te rends compte, t'es en train de boire une bouteille qui date de deux mille seize mon gars. Si j'étais pas en train de me vider de mon sang, je ferai pas confiance à ce truc. Et dans un sourire amusé, il en avala plusieurs gorgées. Nate eut envie de sourire, mais se contenta d'un rictus à peine convaincant.
- Les autres... Les autres ça va ? Réussit-il à articuler, sans le regarder, en se contentant de fixer un point invisible en face de lui, encore une fois, alors qu'au lieu d'un désert plat et trop calme, il imaginait la gueule de con de Sheridan, qui s'était probablement déjà barré, et qui devait être bien tranquille avec son frère. Avec celui qui avait bien faillit tous les buter.
- J'crois, tout le monde dort, là. Bon, le dit pas à Ally, mais je sais pas quand je pourrai remarcher. Et il disait ça avec le sourire, en plus. Nate haussa simplement les épaules. Arrêtes de t'enfermer, Nate. Il va revenir, il a juste besoin de temps.
Cette phrase jeta un silence profond. Du temps. C'était ce qu'on leur avait offert sur un plateau doré, après la mort de James. On leur avait offert du temps, du temps pour arrêter de fuir, et il s'était imaginé que Jude aurait jamais eu envie de fuir. Il s'était imaginé avec lui, paumé au milieu des Etats-Unis, et bien loin de tout ces problèmes. Il s’était imaginé à des kilomètres de Dallas, des dizaines de milliers de kilomètres de ce trou paumé, et pourtant, il était toujours assit par terre, à côté d'une putain de poubelle dans cette putain de ville qui de toute façon, n'était plus qu'un champ de ruine. Un peu comme sa vie, si il avait jamais commencé à la construire un jour. Un instant, son regard dériva sur Ale. Il compris très vite qu'il était inquiet. Y'avait de quoi, celui qui avait martyriser la fille qu'il aimait venait de revenir à la vie. Pourquoi il jouait la comédie, si il était incapable de la tenir ? Il avait peur, lui-aussi. Il était terrifié. Je sais que t'en as rien à foutre des leçons de morales mais vu tous les mecs qu'il y a dehors, la mafia et tout le bordel, ça m'étonnerait qu'il soit bien loin. Il partirait pas sans dire au revoir.
- Ça serait pas la première fois. Ironisa Nate, en lâchant un rire tremblant, nerveux, même plus assuré. Il m'a carrément oublié, l'autre jour, tu te souviens ?
Il avait trop bien vu toutes les merdes que lui avait infligé la mort de Drake. Il avait trop bien vu ce que ça avait entraîné, et ce qui avait suivi. Il avait été témoin de ça, alors maintenant que Drake était en vie, qui sait ce que Jude serait capable de faire, qui sait ce qu'il pourrait lui arriver, qui sait ce que lui, pourrait devenir.
- Mais après il s'est souvenu de toi... Tu sais bien qu'on a tous des putains de vies de merde, mais ça fini toujours par aller mieux. Affirma Ale, en reposant la bouteille entre eux.
- J'ai pas envie que ça aille mieux. Déclara finalement Nate, en l'attrapant à son tour, pour la porter à ses lèvres. J'ai juste envie que ça s'arrête.
Côme ouvrit très légèrement les yeux, en entendant une porte claquer. C'était rien à côté du boucan que les autres mafieux faisaient, devant le bâtiment, mais c'était quelque chose, parce que ça venait de l'intérieur. Il se redressa légèrement, compris alors que l'un des Blavatsky était sorti dehors. Il ne chercha pas à savoir pourquoi. Allongé sur le canapé, il sentit alors une présence, à quelques centimètres de son visage. Ce fut à cet instant précis, qu'un bref sourire étira son visage fatigué. Il se mit alors à fixer le visage complètement endormi de Petra, serein, peut-être pour la première fois de sa vie. Il savait parfaitement que ça ne durerait pas. Ça semblait bien trop beau pour être vrai, de toute manière. Il n'y avait qu'à voir la quantité de merdes qui leur tombait sur la gueule, tout les jours. Les autres avaient vaguement expliqué qui était l'intrus. Côme le reconnaissait, il n'était pas stupide, mais au début, il n'avait pas compris ce qu'avait pu faire Drake Sheridan à la plupart des membres du groupe. Là, il avait aussi compris que ce n'était pas la première fois qu'ils vivaient tous ce genre d'épreuve, et si un jour, quelques mois plus tôt, ne serait-ce qu'une année auparavant, on lui aurait affirmé qu'il ressentirait de la compassion pour quelqu'un d'autre que lui-même, il aurait rit. A l'instant, il se demandait vraiment comment est-ce qu'ils tenaient tous le coup. C'était seulement lorsqu'il reportait son attention sur Petra, qu'il finissait par trouver la solution à ses interrogations. Parfois, il doutait, et il se demandait aussi, ce qu'elle en pensait. De ce qu'ils faisaient. De ce qu'il s'était passé. De James. Il se demandait, et il finissait par abandonner, parce qu'affronter ce genre de questionnement au milieu d'un bordel pareil, n'était même pas supportable. Il avait pas oublié les regards qu'elle avait posé sur lui, et ce qu'il avait aussi pris la peine de lui dire, comme un con. Et ça non plus, il ne l'aurait jamais imaginé : Quand il l'avait embrassé, ça avait été quelque chose d'humainement nécessaire. Un déclic, un réflex stupide et naïf qu'il ne regrettait pas. Pour rien au monde.
- Oups, pardon désolé... Ahahahahaha...Fit une voix, au milieu du salon, une silhouette qui manqua aussi de se casser la gueule sur les autres qui dormaient autour. Certes, l'endroit ressemblait à un dortoirs humains, mais c'était pas une raison pour pas être discret.
Côme se redressa, en fronçant clairement les sourcils, et en plissant aussi les yeux pour mieux percevoir l'intéressé.
Will .
Il aurait dû s'en douter, aussi, quand le garçon se mit à marcher vers la porte pour entreprendre de sortir de l'appart, Côme se mit sur ses pieds avec un automatisme certain. Il ne supportait pas cet handicapé, mais il n'allait tout de même pas le laisser faire sa petite marche de santé à l'extérieur, alors qu'en plus des zombies, une bande de mafieux assoifé de sang zonait juste en bas du bâtiment.
Il ne réussissait pas à dormir. C'était énervant, mais depuis la nuit d'hier, Will ne cessait de se dire qu'il était un fardeau, et un risque, aussi, pour Bronwyn. Puisqu'il se sentait bête et coupable, il avait juste choisi de foutre le pied dehors, et de gambader tranquillement à l'extérieur. Au moins, si on comptait pas tout les mecs baraqués et tatoués qui attendaient de manière flippante autour du bâtiment, il était tranquille. Tranquille et certain qu'il tuerait personne, aussi. Parce que ça commençait à être ennuyant, ce genre de truc.
- Toi là ! Qu'est-ce que tu fou ici ?! Gueula une grosse voix aux accents mexicains, juste derrière lui. A peine avant qu'il ne décide de se retourner, Will compris qu'il était mal barré.
- Je... Je marche, je... J'viens de là-haut... Répliqua-t-il, alors, en pointant du doigt le lieu de vie des Bass, absolument pas crédible : Il devait avoir l'air fou. Enfin, tu m'as déjà vu, non ? J'suis le petit brun qui... Tu sais qui... Qui pète facilement des câbles pour pas grand chose et...
- Non. Non je t'ai jamais vu et on va aller demander aux autres ce qu'ils en pensent, hein, d'accord ? Rétorqua l'intéressé, hyper ironique, et surtout, hyper flippant.
Oh non. Jésus non. On allait l'envoyer face à l'autre malade, là. Fennec. Celui qui avait déjà essayé de les tuer au moins une bonne vingtaine de fois. Et en même temps, qui n'avait pas essayé de les tuer... MAIS QUAND MÊME ! Il voulait pas mourir. Pitié. Pitié pas Fennec. Pas Fennec. Pas Fennec. Pas Fennec. Pas Fennec. Pas Fennec. Pas Fennec. Pas Fennec. Pas Fennec. IL NE VOULAIT PAS SOUFFRIR.
- Dobson ! Gueula le gros tas de muscle qui se trouvait à sa droite, avant de faire signe à au mec en question de se ramener.
MERCI DIEU.
Et lorsque Will reconnu celui qui avait tiré en plein sur la jambe d'Ale, il manqua de faire une crise cardiaque. Et puis se ravisa, en se rendant compte qu'au moins, on l'emmenait pas voir Fennec. Il avait encore une chance de rester en vie. Le mafieux le terrifiait toujours, même si on l'avait laissé dormir à l'intérieur pendant plusieurs semaines. A force de côtoyer le groupe, Will finissait par comprendre que les ennemis restaient les ennemis, peu importe les circonstances. J'ai trouvé ça, tout seul, dehors, J'en fait quoi ?Et ce fut au tour du tatoué, de foutre un regard visiblement pas content du tout du tout de chez du tout, dans sa direction.
Bien.
En fait il allait vraiment mourir.
- Je sais pas, et je pense pas avoir une gueule à en avoir spécialement quelque chose à foutre putai...
- ATTENDEZ ! Hé ho !
Côme Anderson. Côme Anderson venait de sortir du bâtiment pour accourir dans leur direction. Le regard de Will s'illumina, et ses yeux se transformèrent en deux étoiles brillantes, pleine de joie et de vie. Il vivrait. Il vivrait sûrement.
- Bon écoutez, il s'est perdu, je pense pas qu'on doive en arriver à là, donc vous voulez pas plutôt que je m'occupe de le ramener à la maison, et puis vous vous débrouillez pour partir assez vite d'ici avant qu'on pète tous un...
- Woh, woh, woh, Anderson, tu vas ralentir là, je pige que dalle. Rétorqua Matthew, en passant une main visiblement lasse et très fatiguée sur son visage, pour lui faire signe de se stopper, et attraper son flingue, tout à fait naturellement. Je pige pas. Pourquoi on devrait laisser partir cet attardé alors qu'il gambade tranquillement sur nos terres ? Certes on doit se barrer bientôt, mais j'ai pas spécialement envie qu'il vienne se la jouer putain d'espion tout autour de nous, tu captes, sonar ? Temps de pause. Et puis donne moi une raison de ne pas te tuer maintenant.
Côme eut un tic agacé. Ah, tiens, lui aussi il captait pas grand chose. En même temps et depuis qu'il était parti avec le groupe, Will avait remarqué que leurs histoires étaient beaucoup trop compliquées. Et ce genre d'embrouille finissait toujours trop mal sans aucune raison.
- Mais je sais pas moi ! Il a une putain de gueule d'attardé mental, tu crois vraiment qu'il pourrait porter atteinte à tes plans, sérieux ?! Soupira Côme, agacé au possible. Et merde, mais putain pourquoi tu devrais me tuer, aussi ? Rah mais c'est pas possible, c'est un besoin de tirer sur tout ce qui bouge ici ou bien ?!
Mais Matthew ne fit même pas attention à ce qu'il disait. Clairement, il venait de piger un truc assez simple, pourtant, mais vu comment les choses avaient une trop forte tendance à partir en coquille, ces temps-ci, il finissait par assimiler avec plus de lenteur qu'à l'habitude.
James était en vie.
Son bras droit avec.
Et l'autre gamine aussi.
Alors tuer Côme Anderson n'était sûrement pas une bonne idée, et il voulait pas se faire défoncer les doigts parce qu'il avait fat une énorme connerie à cause de l'énervement et de la fatigue. Donc soit, il irait pas dire à Anderson que Greyson était de retour (il voulait pas que l'autre troupeau de pas-doués ne se ramène), mais il allait pas non plus le buter.
- D'accord, d'accord, d'accord, vous foutez le camp et vous faites pas chier. Grogna le tatoué, en passant une main sur son visage, au bord de la crise de nerf.
En fait cet endroit l'énervait. Il rêvait que d'une chose : Se barrer loin de ce trou à rat, loin de ces Bass de merde, loin de l'autre mec avec le trait sur la gueule, là, l'autre Katharina qu'il avait sûrement pas oublié et qui leur avait pas trop laisser le choix. Voilà il voulait se barrer loin de lui, entre autre.
Entre autre ouais.
- T'es complètement con c'est pas possible, t'es vraiment handicapé en fait.
- Putain... Grogna Nick, en entendant Côme, pour relever la tête, pile au moment où ce dernier débarquait à l'intérieur de la pièce, avec Will sous le bras. Et Will qui semblait bien complètement terrifié. Il se leva, entreprit d'aviser les autres, surtout Pandora, qui dormait à côté, mais n'allait surement pas tarder à se réveiller. Rapidement, il fit signe à Côme et Will en même temps, de la fermer, pour leur montrer la cuisine d'un signe de la main. Bon, ça semblait avoir servi de cuisine, mais ça ressemblait plus à rien maintenant.
- Il se passe quoi là ? Et c'est quoi cette tête ? Coupa court Nick, en s'appuyant contre le mur défoncé et par le temps, l'usure, mais aussi la végétation. L'appartement des Bass ressemblait à une sorte de mélange entre ce qu'avait été leur vie autrefois, avec les inconvénients des années qui défilaient trop vite. La végétation qui poussait de partout en faisait partie.
- Il a choisi d'aller faire un tour dehors, alors que la mafia a planté campement autour du bâtiment depuis des heures. Résultat ? Il a manqué de se faire buter...
Nick ne laissa pas Côme terminer sa phrase. Il fronça les sourcils, alla vers la première fenêtre qu'il pouvait trouver dans son champ de vision, pour l'ouvrir avec difficultés (elle était vieille elle-aussi), et se pencher vers la rue. Alors comme ça, Dobson et l'autre taré de Fennec avait choisi de les encercler alors que jusque là, ils leur avaient plus ou moins sauvé la peau ? C'était quoi ce gros bordel ? Et pourquoi il avait pas été mis au courant, du gros regroupement qui prenait place juste en face ?
- Mais qu'est-ce qu'ils foutent ?
- J'crois... J'crois qu'ils veulent partir... Enfin c'est ce que j'ai entendu... Ils veulent aller à Atlanta et...
- Atlanta ? L'interrompit Côme, tout de même assez bas pour ne pas réveiller les autres. En fait, Will avait vraiment fait l'espion. Bon inconsciemment, hein, parce qu'il était sûrement pas assez intelligent pour se rendre compte des informations précieuses qu'il leur livrait, mais quand même. Pourquoi Atlanta ?
Ça ne rappelait des bons souvenirs à personne, surtout lorsqu'il s'agissait de la ville qui avait de servit de centre à tout le pays durant la dictature de Greyson. Nick n'était pas con, il se doutait bien de ce qui pouvait traverser l'esprit de Côme.
- Putain, et ils vont faire quoi là-bas ? Hein ?
Will haussa les épaules. Lui, il voulait juste se balader tranquillement dehors. Il avait pas voulu rentrer dans leurs différents.
- Vous foutez quoi ? Ce fut la voix d'Haillie, qui entra à l'intérieur de la pièce en se frottant les yeux à l'aide de ses mains, qui les coupa dans leur discussion. Elle avisa Côme, se rendit compte ensuite qu'elle n'était peut-être pas la bienvenue dans cette discussion, puisqu'elle ne connaissait pas vraiment un seul des trois. Enfin Nick avait la même voix que son père, alors elle s'était imaginée qu'il était ici.
- A cette allure, tout le monde va se ramener et ça va être le bordel. Commenta Côme, en poussant un soupire. Et pour une fois qu'il se souciait des gens du groupe. Enfin c'était pour dire, la fille d'Ale et d'Ally devait bien avoir à peine treize ans, elle en faisait deux fois plus mentalement. Ce groupe était vraiment un attire-merde, dans le sens où ils n'avaient pas vécu un seul moment de répit depuis leur fuite.
- Y'a la mafia dehors, Coupa Nick, sans faire attention aux remarques visiblement pleines de reproches d'Anderson. Il savait même plus pourquoi il collaborait avec lui, alors de toute façon, pas besoin de chercher du sens à ce qu'il disait si la situation en elle-même n'en avait pas. Et ils prévoient d'aller à Atlanta.
Quand ils arrivèrent devant sa maison (parce qu'il s'agissait bien de son chez soit, et pas de celui du troupeau de vaches armées et tatouées de la tête au pied qui lui faisait face), Connor pu constater avec un grand plaisir (très grand, vraiment), qu'on leur bouchait le passage. Non, vraiment, il devait bien y avoir un énorme bouchon composé de chair humaine et de voiture toutes plus énormes les unes que les autres. Alors lentement, il déposa sa bouteille sur le côté, et fit signe à Jill de le suivre, un énorme sourire collé au visage. D'accord, d'accord, il était complètement défoncé mais c'était drôle, de voir un truc pareil devant chez lui. Ça faisait bien une semaine que y'avait pas eu ça, pour la simple et bonne raison que les zombies avaient repris du terrain, et qu'on avait fini par déserter la ville. Certes, d'ici à un mois au moins, tout le monde reviendrait (le prochain dictateur s'occuperait de dépolluer le pays comme l'avait fait Greyson), mais quand même, c'était drôle, alors il était un peu obligé d'aller leur parler.
- Hé toi ! Le petit gros là, ramènes-moi un mec avec qui je pourrai m'entretenir à propos de la grosse merde que vous avez foutu autour de mon territoire. Ça me plait pas, j'ai à lui parler. Gueula Connor, tout content de ce qu'il faisait, en tenant la main de Jill, pour carrément passer son bras autour de sa taille.
- Tu te fou de ma gueule... Commença le mec en question, en se rapprochant visiblement bien énervé (putain, ils avaient les nerfs en folie ces mafieux), pour que Dobson ne se pointe d'il ne savait pas où, l'air visiblement encore plus énervé que son compatriote mafieux.
- On va se barrer t'inquiètes pas, on prévoit d'aller à Atlanta, donc ferme ta gueule et rentre, Connor, fais pas chier, déjà que ton frère est pas vivable et que les abrutis qui te servent de potes arrêtent pas de traîner dans les parages... Tu voudrais pas me donner envie de t'éclater ta sale figure de sous-merde anti-système à la con.
Connor le fixa plusieurs instants, avant de passer une main sur sa bouche, et d'éclater de rire. Vraiment, cette fois. Et en plus de rire, il se mit à l’applaudir.
- Tu sais que t'as presque réussi à me faire peur, mais putain, quand t'es énervé, j'te jure que tu tire une gueule dégueulasse, Dobson, va falloir y remédier. Et pour en revenir aux faits, Déclara-t-il, plein de bonnes volontés, Vous êtes devant chez moi, vous foutez le bordel devant chez moi, et vous me pétez les coquilles (sauf toi, toi le gros je t'aime bien) sans même avoir l'air désolé. C'est difficile à pardonner, ça, Dobson. Surtout quand on sait que sans moi et "mon frère" comme tu dis, vous seriez déjà tous morts.
- Pardon ? Cracha Matthew, en se rapprochant de lui pour sortir son arme. Tu te fou de ma gueule là, sonar de Bass ? Tu crois que j'ai envie de déconner ? Et alors, il tira dans les airs. Comme ça, pour rien. Allez, on a plus qu'à attendre que tes potes se ramènent, et là on vous butera tous en douceur. Ça te dit ?
- Beaucoup, vraiment, Assura Connor, en continuant d'avancer, sans lâcher Jill, pour pousser un gars qui collait sa voiture, attraper la bouteille qui s'y trouvait, et se retourner vers Matthew, en la buvant. Mais j'ai d'autres plans en tête, comme aller dormir chez moi et vous regardez crécher dehors avec les zombies.