Les coups de canons arrivaient en masse, les juges c'étaient fait désiré.
Boom, boom, boom. Déjà trois morts. Le combat avait commencé depuis moins de cinq minutes, et déjà trois morts. Les jeux avaient connu des départs plus sanglants mais ce n'était pas encore terminé, les bains de sangs duraient en moyenne quinze minutes.
Roxane se battait avec grâce et élégance, elle fendait l'air avec son épée et donnait un coup de pied quand il le fallait. Elle n'avait encore tué personne, mais ce n'était qu'une question de temps elle le savait. Elle aperçue le tribu qui avait perdu un bras plus tôt, et elle se jeta sur lui tel un démon. Il était déjà bien blessé, c'était une proie facile. Elle le tua froidement. Boom, et de quatre morts, le garçon du neuf en moins.
Soudain quelqu'un se colla à son dos, lorsqu'elle se retourna, elle découvrit le garçon du quatre, les joues creusées, les cheveux en bataille. Un garçon tout à fait charmant qui ne tarda pas à lui proposer une alliance. Chose qu'elle accepta, sur le ton de l'ironie :
- Et bien, de la compagnie, très cher, c'est avec joie que je l'accepte. Et elle fendit l'air pour planter son arme dans le ventre du garçon du district onze.
Et de cinq morts. En retirant son épée, elle remarqua que le garçon avec qui elle faisait équipe, Robie, si elle se souvenait bien, avait planté la sienne aussi. Ils avaient agit comme un seul et unique homme. L'alliance qui se profilait semblait parti pour détruire tous les obstacles qui s'imposaient entre eux. Pourvut qu'elle résiste un peu plus longtemps que l'alliance qui avait tenté de se dessiner l'année précédente.
Elle courut en direction du fond de la corne, Robie la suivait, il fallait qu'ils protègent les vivres. Et ceux au fond de la caverne était les plus intéressants mais aussi les plus risqués à prendre.
C'est pour cela qu'il fallait les défendre.
- Au fait, moi, c'est Roxane !
Personne n'osait les rejoindre, les deux carrières avaient dut les faire fuir. Roxane en profita pour remettre une mèche qui tombait sur son visage transpirant.
Armel, pour les patins, on repassera :*
La falaise était immense, elle débouchait sur une rivière en contre bas, à une vingtaine de mètres. Jimmy trottinait à quelques pas du vide. Il avait considérablement perdu en vitesse, mais il vivait des moments difficiles, il n'avait jamais courut plus loin que jusque dans la cuisine, alors avoir réussit a tenir sur plus d'un kilomètre à une vitesse tout à fait convenable était un exploit, un véritable exploit. Il pouvait s'en féliciter. S'il mourrait maintenant, il mourrait en héros. Enfin, selon son point de vue.
Chaque pas l'éloignait un peu des autres tribus et des coups de canons qui fusaient dans les airs, il en était conscient, il avait prit de l'avance, était tombé en apique d'une pente inclinée à plus de quarante degré sur une bonne trentaine de mètres et maintenant il longeait une falaise immense, assassine, l'eau qui coulait tranquillement au fond du gouffre semblait relativement large, mais la profondeur s'estimait avec peine, Le gros Jimmy avait toute la peine du monde a estimer si une chute serait fatale ou bénigne mais il n'avait en aucun cas l'intention d'aller vérifier.
Il marchait, reprenant peu à peu son souffle, il commençait à avoir faim, le pauvre, il avait prit l'habitude, les bons poulets rôtis du capitole, avec de la purée aux pommes de terres nouvelles et beaucoup beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de jus ! Et il y avait aussi les pommes caramélisées et les flans à la crème qui fondaient dans la bouche … Ho, Jimmy en avait l'eau à la bouche, il se mâchait machinalement la lèvre – petit pincement léger marquant à la fois l'envie et le manque. Chaque seconde qui s'écoulait dans cette arène était une seconde de survécut et une seconde de moins à tenir pour rentrer à la maison.
Le garçon du trois continuait de marcher, de plus en plus en plus lentement, alors que le soleil était encore à son apogée, imbibant chaque pas d'un rayon lumineux bordant et éblouissant.
Soudain, un craquement de feuilles parvint derrière lui, lorsqu'il détourna la tête pour voir d'où pouvait venir le bruit, il aperçu une furie blonde qui se ruait tout bonnement sur lui, ses cheveux étaient pleins de crasses et de boues, la carrière du un avait dut rouler dans la descente qui avait faillit tuer Jimmy, ses vêtements aussi étaient tâchés. Pauvre fille, regardez-la, elle était pourtant plutôt jolie, superficielle à souhait, mais jolie. Prostituée chérie du capitole, elle n'avait pas le droit de salir son image à un tel point, c'était dommage, ça alors ...
Elle courrait, le regard animé d'une lueur sombre et noire, presque inhumaine. Non mais c'est vrai quoi, on ne touche pas aux cheveux des figurines qui font la promo du capitole jusque dans les arènes des Hunger Games ! Sérieux ! Les juges étaient des incompétents, ils avaient placé une descente bien glissante juste sous ses pieds pour qu'elle glisse et s'affale dans la boue, les cheveux crépie d'une intense masse noirâtre et gluante par leur faute.
Jimmy se mit légèrement à sourire en la voyant, il savait qu'il n'avait aucune raison d'aller plus loin, elle le rattraperait, il était gros et incapable de semer quelqu'un. Il n'y avait qu'à voir, il était convaincu qu'aucun tribu ne parviendrait à le rattraper avant la tombée de la nuit. Cuisant échec pour le jeune garçon du trois.
Plus la carrière se rapprochait de lui et plus il attendait l'impact, pas avec impatiente, avec dégoût. Une carrière qui s'en prend au plus faible de l'arène ? Et bien, si ça ce n'est pas signe de lâcheté ! Et après ça, la pouffiasse superficielle lancée comme une fusée espérait encore recevoir des cadeaux des sponsors ? Mais quelle idiote, quelle terrible idiote !
Le garçon du trois écarta les bras, il attendait son adversaire, avant qu'elle ne lui rentre dedans avec la délicatesse de trois hippopotames lancés au galop sur la pointe des pieds – Car de un, elle n'était pas plus discrète et légère que ça, il faut se l'avouer, vous avez vu ces cuisses ? Et de deux, quelle démarche ridicule, la superficialité à son état brute, il dit :
- Pauvre chérie, regarde toi. Tu n'as pas encore compris que le capitole allait te tourner en ridicule, comme le frère de ton ami de district, tu sais, celui qui a prouvé encore une fois de plus que chez vous, dans le un, vous étiez blasé d'avoir tout ce que vous aviez, comme si votre vie était un calvaire, mais ma pauvre fill-
Jimmy fut projeter au sol, écrasait contre l'herbe humide, la tête heurtant la boue et lui brouillant la vue durant de précieuse seconde qui permirent à la carrière de le frapper à deux reprises dans la mâchoire, sans arme.
Bon point pour Jimmy, ils étaient au même niveau. Ni l'un ni l'autre n'avait le précieux avantage d'être armé ! Il devait réussir à jouer la dessus à défaut de pouvoir jouer sur sa démarche – puisqu'elle était désormais affalée dans la boue comme une petite truie.
Reprenant peu à peu conscience de la situation, Jimmy commença à remuer, à parer quelques coups, à en donner également, de pieds surtout (dont un qui se plaça entre deux côtes de la carrière).
La carrière fut prise d'un excès de rage, ses cheveux boueux et blonds se mouvaient à droite et à gauche, dévoilant sa colère extrême et toute son anxiété. Elle commençait à regretter l'attaque qu'elle venait de produire, le petit gros était un faible, mais pas un lâche, pas comme elle, il se battrait jusqu'à la mort et elle venait de le comprendre.
Elle tenta vaguement de mettre fin au combat en soufflant des mots traîtres tels que « Alliance, entraide, baiser ... » mais le gros Jimmy n'en laissa rien passer, elle venait de le mettre à terre, il allait la mettre SOUS-terre.
Il réussit à reprendre le dessus, passant au dessus de la blondinette fragile qui donnait de violents coups de dents, de pieds, de poings, de tête, de coudes … Il parvenait à ralentir toutes ces attaques mais pour ce faire il devait se concentrer totalement sur cette tâche et il ne la tabassait pas à bonne escient en retour. Elle finit par reprendre le dessus à nouveau, elle le tapait fort, sa vision se troublait, elle hurlait comme une furie, la main de Jimmy pendait dans le vide, il n'avait plus beaucoup de force, il était exténué. Il sentait la fin des Hunger Games pour lui, il les voyait déjà se terminer alors qu'ils ne venaient à peine de commencer.
Heu … Une minute, la main pendant dans le vide ? Le vide ? Quel vide ? Jimmy détourna brièvement la tête et aperçu la falaise à quelques centimètres d'eux, encore une roulade sur le côté et les deux tribus basculaient dans le vide à jamais. Comment n'avait-il pas put s'en rendre compte plus tôt ? Il avait été trop absorbé dans le combat. Et la blondasse aussi visiblement, elle se battait comme si le vide ne lui faisait rien.
Jimmy parvint par un miracle encore indéchiffrable à bloquer un énième coup de poing et à garder le bras de son adversaire dans sa main boudinée.
Il ne connaissait pas de prénom mais son acte allait lui apprendre quelque chose malgré tout : si l'eau était profonde, ou non.
Il roula encore une fois, suffisamment pour déstabiliser totalement son adversaire qui perdit l'équilibre et …
Un cri fendit l'air, de détresse ! Elle venait d’alerter tous les environs. Même dans la mort, elle était conne cette pauvre carrière. Certains sont vraiment pas aidés.
Le garçon la regarda tomber, elle ne heurta aucune paroi, seul le choc avec l'eau et l'éventuelle non profondeur aurait raison d'elle.
- Hé ! Rappelles moi, vous avez apprit à nager dans le un? Hurla Jimmy, satisfait de son combat et de lui même, il s'allongea quelques instants sur le dos, respirant à grands poumons et attendit. Aucun coup de canon, la carrière du un n'était pas morte.
Tant pis, tant mieux, il n'était pas un meurtrier. Il avait seulement survécut et avait dut l'amocher un peu. Et même s'il ne l'avait pas blessé, il l'avait au moins détruite à l'intérieur, son ego en avait prit un sacré coup. Gros Jimmy se releva, il était blafard et avait du mal à respirer.
Une crise d'asthme commençait pour lui, ce n'était vraiment pas la fin de la galère.
Il se remit à marcher malgré tout, conscient que la distance entre lui et les autres tribus n'était plus assez grande.
Il quitta ces chaussures afin de calfeutré ces pas, les autres tribus auraient plus de mal a le retrouver comme ça.
Ses problèmes respiratoires s'intensifiaient un peu plus chaque minute, mais il n'avait pas le droit de s'arrêter, il respirerait ce soir, même s'il devait en mourir.