Erin répéta son prénom, le formulant avec application (et Fred se fit la réflexion fugace que la manière dont elle l'avait prononcé ne lui déplaisait pas, bien que ce ne soit sûrement sans aucune intention cachée.) Le jeune homme contenta de s'en amuser, esquisser un léger rictus ironique.
-Je ne pensais pas qu'il y avait un physique type. Je dois manquer de tatouages et cicatrices pour être crédible, répondit Erin en souriant.
Fred se marra franchement et fit mine de regarder ses bras et sous son T-shirt.
-Merde alors, moi non je ne conviens pas à la dégaine du taulard, pourquoi je suis ici ? plaisanta-t-il ironiquement.
Au final, il n'avait jamais été contre le fait d'aller sur Terre. Il s'était imaginé la vie d'en Bas plus... anarch-
Des coups de feu le firent sursauter. Des cris et des rires s'élèverent presque aussitôt, et Fred suivit Erin qui s'était jetée dans la course effrenée de tous les gens du camp vers l'origine du raffut.
Que se passait-il ?
-Je suppose que ce n'est pas vraiment une surprise. Mais ne vous inquiétez pas, personne ne sera blessé si vous faites ce qu'on vous dit. Apportez-moi Anastasia Kensley, et je ferai en sorte de pas détruire ce camp.
Le gars qui disait ça était grand baraqué, blond, intimidant et un sempiternel air satisfait trônait sur son visage de vainqueur. Bien, Fred se fit la réflexion que les relations d'Anastasia étaient toujours aussi troubles qu'en 5ème sur l'Arche, mais il ne prit pas la peine d'intervenir. Et pour cause, le gars, malgré une satisfaction apparente, semblait très très très remonté contre Ana (qu'avait-elle encore fait pour se mettre à dos tout un tas de gens ensanglantés, armés jusqu'aux dents et apparemment très, très vindicatifs ? Cette fille était épuisante, et elle l'avait toujours été.)
Anastasia était donc debout dans sa tente depuis une trentaine de minutes avec S-J et s'était embarquée dans des explications passionnées de la terre telle qu'elle l'avait observée, quand des cris et des coups de feu résonnèrent dans le camp. Le premier réflexe qu'eut la jeune femme fut de sortir son arme et de la charger et elle sortit en trombe de sa tête. Là, elle était à peine dehors, qu'une personne du camp (qu'elle ne reconnut pas, très certainement du nouveau convoi) courait vers elle en criant des trucs inintelligibles entre des respirations haletantes :
-Y'a un groupe de gens armés qui viennent d'arriver dans la camp ! Y'a un mec qui demande à te voir !
Anastasia arrêta de courir et se figea pendant quelques secondes, livide. Elle n'eut pas besoin de se poser de questions, l'évidence la frappa avec violence : Sev était de retour.
Elle la sentit monter en elle, insidieuse, brûlante, dévastatrice comme un tourbillon de haine qui refaisait surface avec violence : la rage. D'un geste brusque, elle arracha le fusil que tenait l'un des gars près d'elle, le balança sur son épaule et se remit à marcher à une allure soutenue, les pieds martelant le sol, le visage (déjà dur et sérieux naturellement) crispé et fermé. Au fond d'elle, Anastasia était secouée par un mélange amer de colère, rancoeur, rage mais aussi de panique et d'excitation, aussi, au fond. Ce genre d'excitation qui vous faisait trembler des pieds à la tête, qui vous baignait dans l'adrénaline. Plus loin, elle aperçut Basile qui avait d'ores et déjà empoigné Sevastyan. Elle redressa son fusil qu'elle chargea. Si quelqu'un devait crever aujourd'hui, ce ne serait pas elle.
-Basile, ordonna-t-elle d'une voix blanche de rage, décale toi tout de suite.
Le jeune médecin s'exécuta et Anastasia put enfin voir Sevastyan qui se tenait face à elle, l'air défiant et assuré. Comme toujours. Tout était comme avant, mais rien ne semblait réellement pareil. Les cheveux de Sevastyan étaient décoiffés, hirsutes et plein de boue. Son visage s'était émacié et ses traits creusés par la fatigue, ainsi que les balafres et les cicatrices qui déchiraient tous les corps des gens de son équipés. Ils étaient tous maculés si ce n'est baignés dans le sang, humide ou séché, c'était selon. Ce détail alarma Anastasia.
-Sevastyan, lâcha glacialement la blondinette qui avait détaché chaque syllabe du prénom, elle qui l'avait toujours appelé Sev. Que me vaut l'honneur de cette visite ? demanda-t-elle, cinglante, le regard noir et chargé de haine.
Tout en parlant elle se décala légèrement vers la gauche, juste à côté de Basile qui était fulminant, tendu comme s'il allait bientôt bondir. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais elle savait au fond d'elle que ce geste, cette proximité avec le médecin du camp, allait éperdument agacer Sevastyan (même s'il ne le montrerait jamais, forcément, mais elle le connaissait que trop bien.)
Elle détailla brièvement le groupe qui se dressait derrière lui ; une bande d'agités de la gâchette qui riaient grassement et commentaient l'action avec délectation, quelques mètres derrière. Une équipe presque exclusivement masculine, si ce n'était uniquement masculine. Anastasia n'avait pas un très bon point de vue sur tout le groupe, du fait de sa petite taille.
-Je ne pensais pas qu'il y avait un physique type. Je dois manquer de tatouages et cicatrices pour être crédible, répondit Erin en souriant.
Fred se marra franchement et fit mine de regarder ses bras et sous son T-shirt.
-Merde alors, moi non je ne conviens pas à la dégaine du taulard, pourquoi je suis ici ? plaisanta-t-il ironiquement.
Au final, il n'avait jamais été contre le fait d'aller sur Terre. Il s'était imaginé la vie d'en Bas plus... anarch-
Des coups de feu le firent sursauter. Des cris et des rires s'élèverent presque aussitôt, et Fred suivit Erin qui s'était jetée dans la course effrenée de tous les gens du camp vers l'origine du raffut.
Que se passait-il ?
-Je suppose que ce n'est pas vraiment une surprise. Mais ne vous inquiétez pas, personne ne sera blessé si vous faites ce qu'on vous dit. Apportez-moi Anastasia Kensley, et je ferai en sorte de pas détruire ce camp.
Le gars qui disait ça était grand baraqué, blond, intimidant et un sempiternel air satisfait trônait sur son visage de vainqueur. Bien, Fred se fit la réflexion que les relations d'Anastasia étaient toujours aussi troubles qu'en 5ème sur l'Arche, mais il ne prit pas la peine d'intervenir. Et pour cause, le gars, malgré une satisfaction apparente, semblait très très très remonté contre Ana (qu'avait-elle encore fait pour se mettre à dos tout un tas de gens ensanglantés, armés jusqu'aux dents et apparemment très, très vindicatifs ? Cette fille était épuisante, et elle l'avait toujours été.)
Anastasia était donc debout dans sa tente depuis une trentaine de minutes avec S-J et s'était embarquée dans des explications passionnées de la terre telle qu'elle l'avait observée, quand des cris et des coups de feu résonnèrent dans le camp. Le premier réflexe qu'eut la jeune femme fut de sortir son arme et de la charger et elle sortit en trombe de sa tête. Là, elle était à peine dehors, qu'une personne du camp (qu'elle ne reconnut pas, très certainement du nouveau convoi) courait vers elle en criant des trucs inintelligibles entre des respirations haletantes :
-Y'a un groupe de gens armés qui viennent d'arriver dans la camp ! Y'a un mec qui demande à te voir !
Anastasia arrêta de courir et se figea pendant quelques secondes, livide. Elle n'eut pas besoin de se poser de questions, l'évidence la frappa avec violence : Sev était de retour.
Elle la sentit monter en elle, insidieuse, brûlante, dévastatrice comme un tourbillon de haine qui refaisait surface avec violence : la rage. D'un geste brusque, elle arracha le fusil que tenait l'un des gars près d'elle, le balança sur son épaule et se remit à marcher à une allure soutenue, les pieds martelant le sol, le visage (déjà dur et sérieux naturellement) crispé et fermé. Au fond d'elle, Anastasia était secouée par un mélange amer de colère, rancoeur, rage mais aussi de panique et d'excitation, aussi, au fond. Ce genre d'excitation qui vous faisait trembler des pieds à la tête, qui vous baignait dans l'adrénaline. Plus loin, elle aperçut Basile qui avait d'ores et déjà empoigné Sevastyan. Elle redressa son fusil qu'elle chargea. Si quelqu'un devait crever aujourd'hui, ce ne serait pas elle.
-Basile, ordonna-t-elle d'une voix blanche de rage, décale toi tout de suite.
Le jeune médecin s'exécuta et Anastasia put enfin voir Sevastyan qui se tenait face à elle, l'air défiant et assuré. Comme toujours. Tout était comme avant, mais rien ne semblait réellement pareil. Les cheveux de Sevastyan étaient décoiffés, hirsutes et plein de boue. Son visage s'était émacié et ses traits creusés par la fatigue, ainsi que les balafres et les cicatrices qui déchiraient tous les corps des gens de son équipés. Ils étaient tous maculés si ce n'est baignés dans le sang, humide ou séché, c'était selon. Ce détail alarma Anastasia.
-Sevastyan, lâcha glacialement la blondinette qui avait détaché chaque syllabe du prénom, elle qui l'avait toujours appelé Sev. Que me vaut l'honneur de cette visite ? demanda-t-elle, cinglante, le regard noir et chargé de haine.
Tout en parlant elle se décala légèrement vers la gauche, juste à côté de Basile qui était fulminant, tendu comme s'il allait bientôt bondir. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais elle savait au fond d'elle que ce geste, cette proximité avec le médecin du camp, allait éperdument agacer Sevastyan (même s'il ne le montrerait jamais, forcément, mais elle le connaissait que trop bien.)
Elle détailla brièvement le groupe qui se dressait derrière lui ; une bande d'agités de la gâchette qui riaient grassement et commentaient l'action avec délectation, quelques mètres derrière. Une équipe presque exclusivement masculine, si ce n'était uniquement masculine. Anastasia n'avait pas un très bon point de vue sur tout le groupe, du fait de sa petite taille.
Bien heureux vous qui pleurez maintenant car vous serez dans la joie
Bien heureux serez-vous si les autres vous haïssent, s'ils vous frappent d'exclusion
Bien heureux serez-vous si les autres vous haïssent, s'ils vous frappent d'exclusion
et tressaillez d'allégresse
car votre récompense
sera grande dans le ciel
car votre récompense
sera grande dans le ciel




