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THE 100 - RPG (nouvelle version)
#51
Erin répéta son prénom, le formulant avec application (et Fred se fit la réflexion fugace que la manière dont elle l'avait prononcé ne lui déplaisait pas, bien que ce ne soit sûrement sans aucune intention cachée.) Le jeune homme contenta de s'en amuser, esquisser un léger rictus ironique.
-Je ne pensais pas qu'il y avait un physique type. Je dois manquer de tatouages et cicatrices pour être crédible, répondit Erin en souriant.
Fred se marra franchement et fit mine de regarder ses bras et sous son T-shirt.
-Merde alors, moi non je ne conviens pas à la dégaine du taulard, pourquoi je suis ici ? plaisanta-t-il ironiquement.
Au final, il n'avait jamais été contre le fait d'aller sur Terre. Il s'était imaginé la vie d'en Bas plus... anarch-
Des coups de feu le firent sursauter. Des cris et des rires s'élèverent presque aussitôt, et Fred suivit Erin qui s'était jetée dans la course effrenée de tous les gens du camp vers l'origine du raffut. 
Que se passait-il ?
-Je suppose que ce n'est pas vraiment une surprise. Mais ne vous inquiétez pas, personne ne sera blessé si vous faites ce qu'on vous dit. Apportez-moi Anastasia Kensley, et je ferai en sorte de pas détruire ce camp.  
Le gars qui disait ça était grand baraqué, blond, intimidant et un sempiternel air satisfait trônait sur son visage de vainqueur. Bien, Fred se fit la réflexion que les relations d'Anastasia étaient toujours aussi troubles qu'en 5ème sur l'Arche, mais il ne prit pas la peine d'intervenir. Et pour cause, le gars, malgré une satisfaction apparente, semblait très très très remonté contre Ana (qu'avait-elle encore fait pour se mettre à dos tout un tas de gens ensanglantés, armés jusqu'aux dents et apparemment très, très vindicatifs ? Cette fille était épuisante, et elle l'avait toujours été.)


Anastasia était donc debout dans sa tente depuis une trentaine de minutes avec S-J et s'était embarquée dans des explications passionnées de la terre telle qu'elle l'avait observée, quand des cris et des coups de feu résonnèrent dans le camp. Le premier réflexe qu'eut la jeune femme fut de sortir son arme et de la charger et elle sortit en trombe de sa tête. Là, elle était à peine dehors, qu'une personne du camp (qu'elle ne reconnut pas, très certainement du nouveau convoi) courait vers elle en criant des trucs inintelligibles entre des respirations haletantes :
-Y'a un groupe de gens armés qui viennent d'arriver dans la camp ! Y'a un mec qui demande à te voir ! 
Anastasia arrêta de courir et se figea pendant quelques secondes, livide. Elle n'eut pas besoin de se poser de questions, l'évidence la frappa avec violence : Sev était de retour.
Elle la sentit monter en elle, insidieuse, brûlante, dévastatrice comme un tourbillon de haine qui refaisait surface avec violence : la rage. D'un geste brusque, elle arracha le fusil que tenait l'un des gars près d'elle, le balança sur son épaule et se remit à marcher à une allure soutenue, les pieds martelant le sol, le visage (déjà dur et sérieux naturellement) crispé et fermé. Au fond d'elle, Anastasia était secouée par un mélange amer de colère, rancoeur, rage mais aussi de panique et d'excitation, aussi, au fond. Ce genre d'excitation qui vous faisait trembler des pieds à la tête, qui vous baignait dans l'adrénaline. Plus loin, elle aperçut Basile qui avait d'ores et déjà empoigné Sevastyan. Elle redressa son fusil qu'elle chargea. Si quelqu'un devait crever aujourd'hui, ce ne serait pas elle. 
-Basile, ordonna-t-elle d'une voix blanche de rage, décale toi tout de suite.
Le jeune médecin s'exécuta et Anastasia put enfin voir Sevastyan qui se tenait face à elle, l'air défiant et assuré. Comme toujours. Tout était comme avant, mais rien ne semblait réellement pareil. Les cheveux de Sevastyan étaient décoiffés, hirsutes et plein de boue. Son visage s'était émacié et ses traits creusés par la fatigue, ainsi que les balafres et les cicatrices qui déchiraient tous les corps des gens de son équipés. Ils étaient tous maculés si ce n'est baignés dans le sang, humide ou séché, c'était selon. Ce détail alarma Anastasia.
-Sevastyan, lâcha glacialement la blondinette qui avait détaché chaque syllabe du prénom, elle qui l'avait toujours appelé Sev. Que me vaut l'honneur de cette visite ? demanda-t-elle, cinglante, le regard noir et chargé de haine.
Tout en parlant elle se décala légèrement vers la gauche, juste à côté de Basile qui était fulminant, tendu comme s'il allait bientôt bondir. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais elle savait au fond d'elle que ce geste, cette proximité avec le médecin du camp, allait éperdument agacer Sevastyan (même s'il ne le montrerait jamais, forcément, mais elle le connaissait que trop bien.)
Elle détailla brièvement le groupe qui se dressait derrière lui ; une bande d'agités de la gâchette qui riaient grassement et commentaient l'action avec délectation, quelques mètres derrière. Une équipe presque exclusivement masculine, si ce n'était uniquement masculine. Anastasia n'avait pas un très bon point de vue sur tout le groupe, du fait de sa petite taille.

Bien heureux vous qui pleurez maintenant car vous serez dans la joie
Bien heureux serez-vous si les autres vous haïssent, s'ils vous frappent d'exclusion
et tressaillez d'allégresse
car votre récompense 
sera grande dans le ciel

 
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#52
Kaleb, parfaitement sérieux et assuré (en vérité il était mort de trouille mais son ego l'empêchait clairement de le montrer), fit signe à Hortensia de se taire (ça c'était un peu personnel), et l'attira contre lui, dans le buisson adjacent, sans trop réfléchir. S'en suivit alors tout un tas d'éclat de voix, et puis en particulier, des coups de feu, encore, toujours. Des hurlements aussi. Kaleb ne lâcha pas son arme, qu'il abaissa finalement contre sa jambe, toujours en restant parfaitement silencieux. Il savait pas ce qu'il se passait, du côté du camp, mais il savait déjà qu'il en pouvait plus de ce séjour sur Terre à la con. C'était tous des malades. À commencer par Hortensia, et d'ailleurs, il sentait son regard dans sa direction. C'était gênant, putain. Pourquoi elle le fixait ainsi ? Y'avait un logo "armée" sur sa veste (qu'ils aimaient tous TANT critiquer). C'était pas non plus une grosse surprise que de le voir sortir un flingue, quoi. Et puis, contrairement à tous ces abrutis, il savait très bien manier les armes. Très bien. Parfaitement bien, même. (#égocentrisme aveugle).
Lentement, finalement, Kaleb brisa un peu le silence (gênant).
- Bon. On va voir ce qu'il se passe, surtout, tu paniques pas. Affirma-t-il, en prenant un air sérieux et parfaitement calme. Faut surtout pas qu'ils nous remarquent. On va trouver un moyen de les prendre par surprise. Compris ? Kaleb ne chercha même pas à écouter sa réponse. En vérité, si elle avait compris ou pas compris : C'était pas le plus important. Les consignes étaient juste de la fermer, et de le suivre (et d'arrêter de le fixer comme ça aussi C'ETAIT GENANT BORDEL DE...). Bref. A fond dans le professionnalisme, Kaleb se mit à courir en direction du camp. En restant discret, évidemment. Ce n'est qu'une fois proche du groupe ennemi, caché derrière une partie de la muraille qui entourait le campement (toujours avec Hortensia évidemment il n'allait pas la laisser seule sans défense dans la forêt même si cette fille le faisait flipper il était pas un monstre hein), qu'il put découvrir les visages de ceux qui leur faisaient face, et qui n'avaient pas franchement l'air amicaux. Merde. En plus de pas avoir l'air de vouloir se taper l'amitié avec les autres, ils avaient tous des putains de faces de gros malades mentaux. On discernait à peine leurs visages, de là où Kaleb se trouvait, avec Hortensia. C'était quand même bien embêtant. Le brun plissa les yeux. Il fallait qu'il essaie de les identifier. D'ailleurs, il entreprit de faire un pas en avant, dans le buisson, histoire de regarder si on pouvait tirer quoi que se soit de leurs figures de tarés ensanglantés, mais voilà, l'un d'entre eux prit la parole. Kaleb pouvait pas voir sa tête (vu que la putain de muraille masquait sa vue, et une partie du groupe qui se trouvait déjà dans le campement), mais entendit sa voix. Et il appelait Anastasia. Kaleb en conclut que cet abruti devait la connaître, et poussa un soupir dépité.
Cette fille était épuisante.
Lentement, le Lieutenant (il se considérait toujours comme tel après tout), entreprit de faire un pas de plus en avant, prêt à sortir de sa cachette pour attaquer... Lorsqu'il se retrouva nez à nez avec un monstre.
Un monstre.
Une araignée de la taille de sa main, pourvut du plus gros corps qu'il ait jamais pu être amené à rencontrer de sa vie, et qui plus est, qui semblait prête à avancer dans leur direction.
- OH PUTAIN ! S'écria-t-il, en paniquant subitement, pour reculer, et attraper Hortensia par le bras. C'EST QUOI CA ? C'EST QUOI CA PUTAIN ????? Lâcha-t-il, en pointant du doigt la chose, et en cherchant visiblement une quelconque explication VALABLE de la part de l'intéressée. 
Il se foutait du bordel qui régnait dehors.
Tout ce qu'il voulait, c'était que ce truc dégage.
Aussi entreprit de serrer le bras d'Hortensia, de faire un autre pas en arrière, de trébucher sur une racine, et de lui tomber dessus (toujours caché derrière le buisson, qui devait simplement trembler de manière anormale).
Littéralement dessus. 

La première figure qui osa l'interpeller, fut l'une des plus familières : Basile. Sevastyan se redressa un peu, et entreprit de sourire, un sourire clairement sarcastique, bien loin de la rage qu'il pouvait éprouver à l'égard du brun -tout autant qu'à l'égard du reste du groupe. Il l'écouta, patiemment, sans prendre tout de suite la peine de parler. Au moment où Basile empoigna sa chemise, des flingues, dans le dos de Sevastyan, se posèrent sur le médecin. Les flingues de ceux qui se trouvaient de son côté, et qui évidemment, lui obéissaient aux doigts et à l'œil. Le sourire de Sevastyan s'étira. Il fronça les sourcils, d'un air faussement embêté, pour lever la main et leur faire signe d'abaisser leurs armes.
- Pas besoin d'en rajouter, je suis certain que Basile a beaucoup de choses à nous raconter, Ironisa-t-il, par pure provocation, en continuant de soutenir le regard du médecin. Ce fut ce que ce dernier entreprit d'ajouter, plus bas, ensuite, qui le fit légèrement tiquer. Son sourire ne se détacha pas de ses lèvres, mais fut moins convaincant, beaucoup moins amusé, aussi. Si tu considères encore que j'ai besoin de son approbation, c'est que t'as pas encore compris les enjeux. Affirma Sevastyan, sans détourner son attention du brun. On est différent, Basile. Et tu veux pas de problème.  Il allait ajouter autre chose, toujours dans le défi, lorsque deux voix percèrent le silence qui régnait, du côté de l'autre groupe. Les yeux clairs de Sevastyan dérivèrent dans leur direction. S'il y avait certainement des têtes inconnues, de l'autre côté, ces deux-là en faisaient partie. Pendant quelques secondes, il les fixa, parfaitement silencieux, pour affirmer, dans un nouveau sourire : "Oh, mais elle va venir. Vous en faites pas.". Ce fut la voix qui suivit, et qui sembla, d'ailleurs, interpeller la foule, qui confirma son pressentiment. Il connaissait Ana. Il la connaissait mieux que quiconque, à l'intérieur de ce foutu camp. Mieux que Basile, quand bien même cet abruti persistait à s'accrocher au contraire. Pas besoin d'être éclairé pour voir qu'il se faisait de nettes illusions.
Le blond ne recula pas, lorsqu'il aperçut, vaguement au départ, sa silhouette à travers la foule. Il ne se détacha pas de l'emprise de Basile, aussi, et encore une fois, par pure provocation. Son regard se reporta sur le brun, qui persistait toujours à se tenir juste devant lui, bêtement. Il savait déjà quelle serait l'issue de cet affrontement. Tout le monde le savait parfaitement. Alors, Anastasia demanda à Basile de reculer. Alors, le sourire de Sevastyan s'intensifia, quand bien même il crevait de rage. Ses poings se serrèrent sur son arme. Il porta ses yeux clairs en direction de la blonde, qui maintenant, lui faisait entièrement face. Peut-être que ses traits s'étaient durcis. Peut-être, aussi, que son regard était différent, que son visage n'arborait plus la même expression qu'autrefois, que la vie sur Terre lui avait finalement fait ouvrir les yeux. Elle n'avait pas changé, à première vue. Mais Sevastyan ne faisait jamais confiance aux premières impressions. C'était le genre de chose que son instinct lui refusait. Et il y avait un nombre conséquent de choses qu'il se retenait de faire, dés à présent.
- Tu me surprendras toujours, Ana, Lâcha-t-il dans une ironie perçante, amère et clairement significative. Même pas en train de t'inquiéter pour ceux que tu considérais autrefois comme tes alliés, Il éclata d'un léger rire, ne lâcha pas son arme, ni même son regard. "Les choses ont changé", pas vrai ? Il laissa la question en suspens, haussa les épaules, poussa un soupir faussement désintéressé. Enfin. On a des choses à se dire, tu le sais parfaitement, or j'ai moyennement envie de m'entretenir avec tes subordonnés. Et puis, il me semble que certains ont du mal à contenir leurs émotions. J'aimerai pas avoir à user de mes munitions.

 
 
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#53
Sevastyan s'était soumis au même examen d'elle qu'elle ne l'avait fait de lui. Anastasia sentait son regard translucide, insolent et arrogant, se balader avec insistance partout sur elle, dans la recherche poussée des changements que la vie sur Terre avaient opérés sur elle. Elle tenta tant bien que mal de ne pas se laisser déstabiliser par ce regard Clairement, Anastasia avait changé. Pas radicalement peut-être, mais la difficulté de la vie sur cette planète l'avaient marquée. Elle avait perdu la certaine innocence qui la laissait avoir foi en une justice et un ordre sans violence. Elle haïssait le reconnaître, mais elle s'était rapidement rendue compte que Sevastyan avait plutôt raison. Un ordre sans violence sur Terre n'équivalait apparemment jamais à rien de bon.
Quand Sevastyan lui reprocha de ne pas "s'inquiéter de ses anciens alliés" Anastasia sentit son coeur s'accélérer alors que sa rancune lui remontait le long de la gorge, brûlante et acide. Alors, au lieu de laisser éclater sa colère, elle se contenta d'un rire mauvais, sarcastique.
-Ne sont plus considérés comme alliés ceux qui m'ont délibérément trahie en prenant lâchement la fuite, son sourire ironique s'étira. Là est le propre de la trahison Sevastyan.
Elle ne lâcha pas le jeune homme des yeux, dont elle soutint avec hargne le regard menaçant. 
-Enfin. On a des choses à se dire, tu le sais parfaitement, or j'ai moyennement envie de m'entretenir avec tes subordonnés. Et puis, il me semble que certains ont du mal à contenir leurs émotions. J'aimerai pas avoir à user de mes munitions.
Anastasia se mordit les joues pour ne pas lui hurler qu'elle n'avait rien à lui dire. 
C'était vrai, pourtant. Qu'avait-elle à lui dire ? Elle ne voulait pas lui parler. Elle aurait préféré qu'il crève dans la forêt et qu'il ne revienne jamais foutre la merde dans ce camp. Elle se sentit presque pâlir de rage et passa une main fébrile sur son front pour écarter ses cheveux blonds qui lui collaient à la peau.
Ce qui l'énervait le plus n'était pas que Sev se retrouve face à elle, apparemment remonté à bloc et plus agressif que jamais, non, mais plutôt d'en ressentir une espèce de sentiment diffus et confus qui semblait vaguement apparenté à de la joie. Malgré tout ce qu'elle disait, et à quel point elle avait tenté de se raisonner, Anastasia s'était sentie fatalement seule quand Sevastyan l'avait soudainement lâchée. Il avait été la première personne depuis des lustres à qui elle avait accordé un tant soit peu de confiance et d'importance, malgré son caractère instable et sa personnalité à pleurer.
Et Anastasia était présentement au pied du mur : si elle n'acceptait pas sa proposition, elle savait qu'il n'hésiterait pas une seule seconde à autoriser son groupe d'enragés de tous les massacrer. Elle balaya l'équipe de Sev d'un regard méprisant et mauvais. Des chiens, ou plutôt des loups, bêtement aveuglés et domptés dans une doctrine tueuse qui ne leur apportait qu'une satisfaction malsaine et gonflaient leur égo en leur prétendant qu'ils étaient les plus forts. Des gens dénués de tout bon-sens ou de libre-arbitre. Elle serra les poings et sa mâchoire se crispa légèrement alors qu'elle prit la parole : 
-Tu as intérêt à tenir tes clébards en laisse le temps de notre discussion, persifla-t-elle d'une voix mauvaise.
Anastasia ordonna à ses propres "gardes" armés de rester dans les parages afin de surveiller les machines de guerre de Sevastyan. Histoire d'instaurer un statu quo qui leur assurerait la paix, au moins sur une courte période de temps temps. Ensuite elle se tourna vers Sev qui lui faisait toujours face, ce sempiternel air de victoire sur le visage, et elle lui intima d'un geste sec du menton de la suivre.
Anastasia marcha avant lui sans lui accorder un seul regard ni même une seule parole durant le trajet à travers le camp alors que tous les autres les suivaient des yeux et chuchotaient sur leur passage. Tout ce qui s'apparentait de près ou de loin à de l'excitation ou de la rage s'était instantanément évaporé pour laisser place à une espèce de peur latente, tapie au fond d'elle. Sevastyan l'avait toujours un peu effrayée, mais tant qu'elle l'avait su de son côté, elle ne s'était pas inquiétée outre mesure de ce qu'il pouvait lui faire. Maintenant que les choses avaient changé et qu'il n'était théoriquement plus son allié, Anastasia avait peur. Pire, connaissant ses sautes d'humeur conséquentes, elle craignait presque pour sa vie.
Avec dignité, elle rangea ses mains tremblantes dans ses poches jusqu'à ce qu'ils arrivent à sa tente. D'un geste sec elle ouvrit la toile et rentra dans le petit espace de vie d'Anastasia, qui était encombré d'armes, de feuilles éparses et carnets griffonés d'observations, ainsi que d'échantillons des curiosités qu'elle avait relevé dans la nature de la Terre, mais aussi les registres du camp. Anastasia resta debout, dos à Sevastyan, un long instant. Après une grande inspiration, elle se retourna vers lui. Les tremblements avaient cessés et elle dardait sur Sevastyan un regard froid, distant et analytique. Son visage était hermétiquement fermé. 
C'était lui qui avait des choses à lui dire, apparemment. Pas elle. Alors, les bras croisés, défiante, elle attendit qu'il daigne prendre la parole.
Bien heureux vous qui pleurez maintenant car vous serez dans la joie
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#54
Passé les soubresauts de l'atterrissage, le sas s'était ouvert, et la lumière naturelle vint éblouir l'intérieur de la capsule avec une force aveuglante. Le flot de personnes, un premier temps intimidé, finit par s'éparpiller dans la nature, laissant, derrière, assis sur un siège et dépourvu du moindre soupçon de motivation, Andrea.
L'air bovin, il s'appliquait depuis une dizaine de minutes à jauger d'un oeil moyennement intéressé la porte ouverte sur la Terre. Contrairement à une bonne partie des détenus, il n'avait absolument pas prévu dans ses bagages de se munir d'armes, de stratégie, de bouffe de réserve, ou de quoi que ce soit qui lui donne espoir de prolonger sa courte existence dans sa nouvelle maison.
En fait, il aurait théoriquement pu le faire. Théoriquement. Car oui ; élaborer deux trois stratégies pour s'assurer de sa bonne santé et de l'accomplissement du moindre de ses désirs égoïstes représentait en fait une importante partie de son emploi du temps. Mais si le théorique n'avait pas abouti au concret, ce devait être ni plus ni moins parce que la deuxième de ses occupations se trouvait être s'endormir de façon hasardeuse et imprévisible dans n'importe quel endroit / moment / position. Il s'était donc arrangé, encore dans l'Arch, pour que l'un des gardes se charge de lui apporter un calibre, juste avant le départ de la capsule ; mais à l'heure où son type était supposé lui donner l'arme, un sommeil lourd comme dix mammouths s'était abattu sur lui.
Il s'était réveillé dans le vaisseau en destination de la Terre. Andrea avait alors pensé emprunter durant un temps indéterminé l'arme de l'un de ses compagnons de tourisme, mais se rendant compte d'un coup d'oeil à sa montre que c'était l'heure de la sieste, il avait renoncé à cette idée.
Ce qui justifiait sa situation immédiate.
Les jambes engourdies, il émit un vague grognement en se remettant sur pied, avant d'étirer nonchalamment ses bras au-dessus de sa tête.
Bon. C'était quoi le deal ? Ah oui ; il fallait qu'il sorte, et qu'il imite patiemment toutes les têtes de cons qui s'émerveillaient devant la moindre merde de bousier par terre. S'il avait eu un tant soit peu la fibre écologique, curieuse ou même s'il n'avait pas été TOTALEMENT DÉSINTÉRESSE PAR TOUT CE QUI NE CONSTITUAIT PAS UN POTENTIEL PROFIT, il se serait sans mal soustrait à une activité aussi captivante.
Or, en l'état des choses, il avait juste envie d'un bon jacuzzi moussant et de coupe de champagne. C'était dur, d'avoir fréquenté la haute de l'Arch ; ça ne vous quittait jamais.
- EH TOI ! beugla un mec random, au physique difficile et à l'expression pitoyablement irritée. TU FOUS QUOI LÀ ? VA REJOINDRE LES AUTRES !
Andrea jaugea le jeune ingénu. Il le braquait. Bon. Le début des amabilités, bienvenu au club-med, on s'est reconverti dans le radioactif belliqueux, en espérant que vous profiterez de votre séjour.
L'espace d'un instant, Andrea se découvert une pointe de sensibilité à travers le désespoir qui lui déchira le coeur. Il n'était pas mécontent d'avoir quitté la prison, mais il venait d'entr'apercevoir un aspect de sa situation auquel il n'avait jusqu'alors pas pensé ; peut-être qu'il allait devoir porter des choses, monter la garde, ou inspecter des trucs...
Lorsque le terme exact se forma dans son esprit, il se glaça : peut-être allait-on l'obliger à TRAVAILLER.
- OH T'ES SOURD OU T'ES CON ?!, surenchérit l'autre, indifférent à l'effroi terrible d'Andrea.
L'intrépide garde se récolta un regard polaire.
Peut-être qu'il valait mieux qu'on lui tire dessus. Peut-être qu'il valait mieux mourir. Ou être blessé. Comme ça, on le prendrait en pitié et on le laisserait tranquille.
Mais alors qu'Andrea s'inclinait presque face à la mort, un autre garde aux yeux de morue entra dans son champ de vision.
- Qu'est-ce que tu fous mec ?, fit-il, s'adressant à son collègue. On t'attend pour s'occuper de... Eh !!, s'exclama-t-il, alors que ses yeux se posaient sur Andrea. Eh, mais c'est Mustang ! EHHH MUSTANGGG !!! ILS T'ONT SORTI DE TON BOX, ALORS ??
L’intéressé ne cilla pas. Pendant une seconde. Parce que celle d'après, il se précipitait or de la capsule à pas rageurs, bien loin de toute idées suicidaires.
Il allait se trouver des armes, devenir un pacha et les défoncer. Tous. Morue en premier. Non, en fait, tous en premier.
Il aperçut la file de fdp au sein de laquelle il était supposé se noyer comme tout bon mouton qui se respecte, et, mettant son honneur de côté, y consentit : il attaquerait par surprise. Mais alors qu'il était à un mètre de la file, une voix qu'il lui sembla reconnaître hurla sur son côté.
"OH PUTAIN ! C'EST QUOI CA ? C'EST QUOI CA PUTAIN ??????"
Il tourna brusquement la tête, irrité au possible. Etait-ce lui, que l'on désignait avec autant de mépris ? "Ca" ? Il allait les niquer. Il allait tous leur faire bouffer le sol.
Mais double surprise ; il n'était pas la cible de tous ces cris, et la t a p e t t e -hurlante se trouvait ni plus ni moins être Harrisson.
Andrea bugua. Harrisson. Harrisson, le bon chienchien de tous les généraux de l'Arch. Harrisson, ici ? Avec une femme ?
Ce qui impliquait deux propositions saugrenues : Harrisson s'était reconverti dans le banditisme, ce qui était déjà suffisamment décontenançant, mais pire encore : il aurait séduit ?????????
Andrea le toisa, un début de fétus de commencement d'esquisse de fou-rire sur les lèvres (qui n'aboutirait sans doute jamais à un vrai rire ; il ne possédait pas cette basse capacité humaine).
Mais l'objet des peurs d'Harrisson lui sauta aux yeux, lui ôtant vite toute envie de se marrer et se taper le cul par terre ; une araignée d'au moins 1 mètre de large sur 1 mètre de long.
Il se glaça.
-.........Harrisson., prononça-t-il, manifestant sa présence au passage.
Il leva un doigt vers la chose.
-.....................................Fais quelque chose., ordonna Andrea, faisant appel aux vieilles pulsions obéissantes et maniables du soldat.
Ca marchait pour les chiens quand il changeait de maître, alors ça devait bien marcher pour Kaleb Harrisson.
hey

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#55
Sevastyan aurait bien put lui répondre qu'elle l'avait enfermé, mais il savait pertinemment qu'Anastasia n'avait fait qu'obéir. Obéir à un groupe qui un temps, l'avait lâché à des principes idiots. Les choses s'étaient transformées. Il ne pouvait que le constater. Débattre sur qui était l'ennemi, qui avait trahi, ne les avancerait pas. Aussi se contenta-t-il de la suivre, en esquissant un sourire arrogant face à sa dernière remarque, pour faire signe aux autres de se tenir tranquilles. Et ils avaient compris, de toute évidence, qu'ils devaient se tenir tranquilles. Sevastyan ne déconnait pas, sur les ordres qu'il pouvait donner. On ne les discutait jamais. 
En la suivant, Sevastyan entreprit de garder son arme sous son bras droit, sans pour autant la tenir (c'était clairement inutile). Anastasia marchait devant lui, et il se contentait, simplement, de porter un regard faussement absent, dans sa direction. En réalité, il essayait de comprendre. Comprendre pourquoi est-ce qu'elle l'avait traité ainsi, des semaines plus tôt, et comprendre pourquoi, aussi, est-ce qu'il avait put être aveugle au point de lui faire confiance. Car pendant un temps, il lui avait fait confiance. Il avait crut, en somme, pouvoir compter sur son soutien, et s'était naïvement conforté dans l'idée qu'elle ne pourrait plus, ainsi, être une sorte de menace. Evidemment, ça avait été une erreur. Son unique erreur, bien qu'il essayait encore de négocier. Car s'il avait suivi son instinct, Sevastyan n'aurait pas chercher à parler. Il n'aurait pas porté son intérêt sur des négociations, et se serait simplement contenté de tirer sur la foule, à l'instant où il s'était trouvé en face de Basile. Parce qu'en l'état des choses, il n'avait rien à se reprocher. En l'état des choses, il n'arrivait pas encore à trouver d'excuse au comportement d'Anastasia, et s'efforçait de croire qu'il s'en foutait éperdument. Après tout, n'aurait-ce pas été normal ? Légitime ? N'aurait-ce pas été tout à fait logique, de sa part, que de s'éloigner de ces principes ridicules qu'elle avait porté sur lui, qu'elle lui avait presque fait assimiler, et qui illustraient parfaitement la situation actuelle ? Des négociations. Il n'aurait peut-être pas dut proposer cela, en premier lieu. Il aurait dut agir, comme son esprit lui soufflait toujours de faire. Utiliser la force avait toujours fonctionné. Il s'était fait respecter de la sorte, et on le respectait encore, aujourd'hui, du côté de ceux qui l'avaient lâché. Peut-être que cela se combinait à du mépris, du dégoût ou de la colère, mais la peur primait toujours sur le reste. Parce qu'en ces sentiments, il trouvait toujours un moyen de contrôler les choses. Et c'était ce contrôle, qui lui assurait la survie. C'était ce contrôle, qui au-delà de tout le reste, avait réussi à maintenir un bon nombre de ses principes debout. 
Et c'était ces principes, qu'Anastasia ne cessait de lui faire oublier. 
- J'ai pas pris la fuite, Articula le blond, en continuant de la suivre vers sa tente, tout sourire malgré tout. Ce n'était pas la première fois qu'il s'y rendait. Sûrement pas la dernière, et ça avait quelque chose de symbolique, dans un sens. Ça le perturbait. Sevastyan n'avait pas prévu cela. Il n'avait pas prévu cette sensation là, ce sentiment conflictuel, un mélange de rage, de haine, mais de curiosité. De satisfaction. Et s'il savait qu'elle craignait probablement les motifs de sa venue, lui aussi, un temps, avait redouté l'affrontement. Il comprenait maintenant pourquoi. Sinon tu m'aurais jamais retrouvé, Ana, Ironisa-t-il, dans un demi-sourire, en entrant à l'intérieur de la tente, pour s'arrêter, finalement. Et tu sais parfaitement ce que ça signifie. J'serai pas venu si c'était pas important, Son regard se détourna du sien, pour aviser la tente. D'un air pensif. Faussement amusé. C'est à propos de ce qu'il y a, dehors... De ce qu'on a subit, par votre faute, S'empressa d'ajouter Sevastyan, en commençant à marcher, un peu au hasard, juste par amusement, aussi parce qu'il essayait d'oublier le sentiment qui s'emparait déjà de lui. Vos murailles vous protégeront pas de ça.    
 
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#56


"Enfin. On a des choses à se dire, tu le sais parfaitement, or j'ai moyennement envie de m'entretenir avec tes subordonnés. Et puis, il me semble que certains ont du mal à contenir leurs émotions. J'aimerai pas avoir à user de mes munitions."




Basile brûlait carrément de rage. Sev l'avait toisé et le méprisé ouvertement. Il avait lu en lui clairement : "Tu ne fais pas le poids contre moi. Tu n'auras jamais Ana, elle ne te considère pas. Tu n'es qu'une misérable et chétive petite chose. ". Il serrait tellement les points que ses ongles étaient rentrés dans sa chair. Mais la douleur était infime face à sa haine. Il n'avait pas la carrure ? Il n'était un homme ? "On est différent, Basile. Et tu veux pas de problème." Certes ils n'étaient pas pareil, heureusement. Mais son intonation, sa manière de le dire comme pour lui signaler : tu n'es pas important, le révulsa. Avant, il essayait d'être diplomate, de toujours régler les problèmes sans qui est d'accro,  c'était une marque d'intelligence. Mais apparemment maintenant il fallait changer de mode opératoire. Un dicton disait qu'il fallait soigner le mal par le mal. Sev était un  cloporte qui ne marchait que par ses pulsions sanguinaires et sa violence. Basile allait jouer sur le même temps. Fini d'être gentil, d'essayer de parler. Il allait agir mais plus intelligemment. Il ne pouvait être sanguinaire  à l’extrême mais il savait être méthodique , froid et calculateur. Son regard furibond se reporta sur le groupe d'abrutis qui était aux ordres de cet pourriture, tous étaient des fins de race, inutile. Un auteur asiatique lui revint en mémoire Sun Tsu. Des citations défilèrent dans sa tête : « Qui ne réfléchit pas et méprise l’ennemi sera vaincu. » Basile sourit, non pas un sourire satisfait mais un sourire à glacer le sang. Il allait en premier lieu couper les racines de l'arbre. Basile partie vers Maël d'un pas détendue. Il lui glissa à l'oreille discrètement : Fait diversion. 





Maël était gêné par la réponse de Erin. Elle n'avait pas tort mais bon ça le mettait mal à l'aise. L'intervention d'un jeune homme le surpris car il ne l'avait pas vu. Il était plutôt mignon d'ailleurs. Cette pensée choqua Maël.. était il gay ? Enfin  ce n'était pas un problème. Mais quant était il de l'autre? 

Il n'eut pas le temps d'approfondir sa réflexion que Sev déboula et mis la pagaille. Puis son frère lui demanda de faire diversion. Il regarda le groupe de chiens enragés puis leva les yeux au ciel. Il s'avança doucement vers eux en levant les mains comme pour dire qu'il n'était pas armé. 

- Vous voulez quelques choses? 

La conversation allait être hautement intellectuel....





Hortensia n'en croyait pas ses oreilles. Il lui avait dit de ce taire pour qui il se prenait ? Elle le fusilla du regard savant pertinemment que ça le mettait mal à l'aise. Mais le plus drôle c'est qu'il lui dit de ne pas paniquer quand celui-ci cris comme une femmelette en voyant une énorme araignée en l'empoignant comme si elle allait faire quelque chose. Gros c'est qui qui a le pistolet ? Sérieusement. Mais cet empoté de première s'embronche comme un boulet et tombe littéralement sur elle et plus exactement SUR SA POITRINE, le nez niché entre ses seins. Pourquoi diable avait elle mis un débardeur. Quant elle s'aperçut de où sa tête était, elle vira rouge vif. Son souffle sur sa peau, le contact de ses lèvres légèrement humides sur son sein droite. Des sensations en bas de son ventre firent leur apparition. Sa déesse intérieur dansait le tchatcha. Oui, Kaleb même s'il était mou du cerveau était un putain de dieu physiquement quant on faisait abstraction de sa stupidité. Cet ignare complètement sonné ne bougeait pas d'un poil. Il croyait que ses seins étaient un oreiller mémoire de forme ou quoi? En plus, un autre type c''est pointé et ne faisait rien pour régler le compte de la bestiole. Les hommes ne servaient vraiment rien. Bon, c'était un boulot de femme. Elle poussa tant bien que mal Kaleb suivit d'un ''pousse toi'' car il était plus grand qu'elle et bien plus muscler ( huuuum) donc lourd. Fini caresse exquise. Sa déesse intérieur fit la moue. Elle attrapa une bûche et l'abattit sur l'araignée. Un crac . La bestiole était morte écrasée. C'était fini et immonde. Hortensia était encore rouge quand elle se retourna vers l'inconnue et Kaleb. Qu'est ce qu'elle devait faire? Elle était vraiment mal à l'aise, elle n'avait jamais ressenti ça.



Basile avait couru vers sa tente, sorti sa valise sur son lit. Il l'ouvrit pour en sortir un flacon avec du liquide translucide, un tube en bois qu'il avait minutieusement creusé à l'intérieur, des aiguillons qu'il avait pris sur des énormes cactus et de la corde. Il mis son glock dans sa ceinture et s'attela à tremper les bouts d'aiguillons avec rapidité. Quand il eut fini, il rangea le flacon et la valise. Il allait testé enfin son poison paralysant. Il sorti de sa tente, contourna la zone de conflit pour les prendre par derrière. Il se fonda dans la foule, sa main était serré autour de sa sarbacane. Maël faisait diversion comme prévu. Le timing parfait. Il fourra un aiguillon entre ses lèvres ( pas le coté empoisonné bien sur) . Il fallait qu'il vise la nuque et qu'il soit rapide. Il commença par le type le plus en arrière. Les aiguillons défilèrent et touchèrent avec brio chaque gars. Ils tombèrent comme des mouches sans comprendre ce qu'ils avaient. Parfait. Les gens autour le regardaient avec un oeil admiratif. Il attacha sans délicatesse les brutes et les laissa par terre tel des merdes. Ils allaient être endormi pendant 1 jours ou 2. Un nouveau Basile était né. Sev l'avait provoqué, il allait le trouver. Et aussi conquérir Ana. Il se dirigea vers sa tente, s'assit sur sa chaise en face de la porte, posa son glock à droite sur la table et continua ses études avec les 3 derniers poisons qu'il avait crée. Il prit également des fléchettes qu'il avait confectionné puis travailla comme si rien n'était passé. Il était satisfait. Il attendait. 

 
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#57
Une tension à la limite de l'insoutenable, Erin n'aimait pas ça. C'était pas l'objectif lorsqu'on les avait envoyé sur Terre qu'ils se bouffent le nez entre eux. Mais entre anciens détenus ça semblait naturellement inévitable, ce genre de projet est bancal depuis le départ. Et si l'Arche les avaient choisis c'est bien parce que leurs vies n'avaient pas tant d'importance.
Bref.
Anastasia et ce fameux Sevastyan s'éloignèrent en direction de la tente de la blondinette, tandis que le reste des 100 restaient pour surveiller le groupe qu'il avait laissé. Quelle ambiance. Erin se décida à enfin lâcher Saul-Junior qu'elle avait fermement tenu à l'épaule jusque là au cas où il aurait décidé de faire quelque chose de stupide.
"Va te cacher dans le camp et essaye de trouver de quoi te défendre. Ne reviens pas ici avant que ça soit réglé c'est compris?"
Elle n'était pas réellement inquiète, ces types n'étaient pas une véritable menace, en corps à corps elle saurait sans doute en maîtriser quelques uns. Mais ils semblaient avoir la gâchette facile, et ça, lorsqu'on est un certain jeune homme avec une certaine grande gueule ça ne donne rien de bon. S-J répliqua.
"Tu crois qu'ils me font peur?"
"Ils devraient oui, ils ont des flingues S-J. S'il te plaît."



Sérieusement, elle utilisait carrément un "s'il te plaît"? Ça n'arrivait jamais. Le jeune homme fixa encore un moment sa sœur avant de soupirer et tourner les talons. Grommelant. Il se balada au milieu du camp et comme pratiquement aucunes informations n'avaient filtrées à son sujet jusqu'à l'Arche, il se perdit rapidement. Enfin, il n'avait pas de destination particulière. Il se rendit compte qu'il était finalement assez étendu, il n'entendait plus les bruits de foule au loin. Près d'une tente il repéra une petite hache. Parfait comme arme ça. Assez petite pour être rangée sous sa veste tout en étant efficace. Il s'en approcha et pendant qu'il la ramassait il entendit des voix qui sortaient de la tente.
-J'serais pas venu si c'était pas important.
S-J se raidit. C'était le blond de tout à l'heure. Il serait arrivé à la tente d'Ana'? Sa curiosité piquée à vif, il s’accroupit derrière une caisse en bois posée à proximité de la tente, se faisant le plus petit possible. Il tendit l'oreille en essayant de capter les bribes de la conversation.
-C'est à propos de ce qu'il y a, dehors... De ce qu'on a subit, par votre faute. Vos murailles vous protégerons pas de ça.
A l'extérieur? Ça c'était encore plus intéressant. Tentant de retenir sa respiration, une main sur la bouche, S-J attendit la suite.


Du côté d'Erin, elle continuait de toiser le reste du groupe qui avait accompagné cet espèce d'envahisseur. Certains lui faisaient des gestes particulièrement obscènes. Charmant. Les conversations sur son potentiel viol faisaient bon train parmi le groupe d'une vingtaine de personnes. Attends... Vingtaine? Erin en avait compté trente à leur arrivée.
Soudainement un d'eux s'écroula. C'était quoi ce délire?! Fronçant les sourcils mais essayant de canaliser sa surprise, elle cherchait à trouver d'où ou de quoi ça venait. C'est alors qu'elle vit Maël tenter une conversation avec le groupe de Sev. Cela lui permit de réaliser que Blaise avait disparu. Où était-il... Il avait l'air d'avoir des raisons personnelles d'en vouloir à Sev. Ça ne lui plaisait pas, si c'était bien lui à quoi est-ce qu'il s'attendait? En agissant de la sorte très rapidement ils allaient le repér-
-Hé! Il manque Yan!
Tous en cœur ils se retournèrent, laissant apparaître Basile qui était effectivement derrière tout ça, en train de traîner le corps du fameux Yan. Et un peu plus loin ce n'était pas... Harrisson, Hortensia et... Un inconnu qu'elle avait vu dans la prison. Son surnom c'était Mustang ou Etalon, quelque chose dans ce goût là. Ni une ni deux un des membres du groupe s'écria.
-ILS NOUS ATTAQUENT PAR DERRIÈRE!
Le reste du groupe des 100 compris le danger et se dispersa dans le camp, certains en sortir même et allèrent dans la forêt. Erin regarda autour d'elle, pas d'arme à proximité, uniquement son couteau de survie avec elle. Le groupe commença à s'exciter et tira en l'air avant de se rugir sur les membres à proximité, à savoir Basile, Maël, Harrisson, Hortensia, Mustang et... Erin. Elle ne pourrait que se défendre elle même au corps à corps pour le moment, pas de moyen d'aider quelqu'un d'autre avant d'avoir récupéré une arme digne de ce nom.
 
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#58
ahahahaaa putain ça devient épique là j'adoreeeee

Fred avait suivi l'altercation avec une vague intérêt, inconscient du réel problème qui les guettait tous. Boah, que de vieilles querelles d'intérêt, le tout sur fond d'un goût rance d'ancienne alliance et de confiance trahie apparemment. Ça promettait de devenir rapidement socialement intéressant. Du genre guerres de clans, insurrections et tout le bazar ; car malgré ses grands airs, la demoiselle Anastasia semblait peu à son aise face à ce nouvel imprévu. Fred suivit les deux meneurs s'éloigner vers il ne savait où pour leur 'discussion' privée et son attention se détourna vers l'abruti de lieutenant qui, après avoir crié comme une pauvre tâche à la vue d'un insecte quelconque, s'était lamentablement vautrée sur la fille qui était avec lui. Pitoyable et à la fois hilarant, bref, ce genre de scènes à pleurer d'absurde dont il adorait se faire les gorges chaudes. Il s'approcha donc du petit groupe et posa son regard sur Hortensia qui était rouge comme une pivoine.
-Dis-moi, ta couleur préférée c'est le rouge, non ? lâcha-t-il négligemment en se grattant l'oreille avec une nonchalance assez comique. Blague à part, l'un de vous saurait m'expliquer ce qu'il se passe ? Du genre ce mec blond terrifiant au possible à en faire flipper un taulard récidiviste ?
Non, parce que Fred était à l'antithèse même de la témérité : ni vraiment peureux mais quand même pas courageux, il était de ces gens affables mais profiteurs qui restaient dans leur zone de confort à gratifier la société et les gens de leur commentaires désobligeants ; et le personnage de Sevastyan ne lui apparaissait comme rien de bon.
 


-J'ai pas pris la fuite. Sinon tu m'aurais jamais retrouvé, Ana. Et tu sais parfaitement ce que ça signifie. J'serai pas venu si c'était pas important. C'est à propos de ce qu'il y a, dehors... De ce qu'on a subit, par votre faute. Vos murailles vous protégeront pas de ça.
Sevastyan parlait par salves irrégulières, prenant le temps d'observer sans gêne les quelques mètres carrés qui composaient le peu d'espace personnel qu'Ana s'était aménagé dans ce camp de fortune. Ce foutu sourire ne l'avait pas quitté, et c'était bel et bien là ce qui agaçait le plus la jeune femme.
Pourtant, Anastasia était loin d'être idiote, et le discours de Sevastyan était aussi décousu que contradictoire : tantôt il penchait vers une rancune sans limites qui n'annonçait qu'une vengeance pure et simple, tantôt il retombait dans un intérêt pour la sécurité du camp. Il semblait partagé entre un désir de vengeance et de violence, et une volonté confuse de les aider à se protéger. Mais ce qui mettait Anastasia hors d'elle, c'était qu'il lui reproche d'être responsable de ce qu'ils avaient vécu après avoir déserté le camp.
Elle fit quelques pas et se détourna de lui, le dos tourné. Elle ferma ses yeux si fort que des lumières multicolores dansèrent sous ses paupières, alors qu'elle appuyait avec vigueur ses poings sur ses yeux, pour essayer de calmer la frustration qu'elle avait accumulé depuis des semaines et qui ne demandait qu'à sortir, hurlante, dans un mouvement de colère. Depuis quand, elle, l'érudite placide et analyste, était-elle devenue si instable ?
-Arrête. Arrête de me reprocher ces putains de trucs qui te sont arrivés parce que tu as décidé de quitter le camp. À la limite, que je sois à l'origine de ton départ, je veux bien l'entendre. Mais que vous vous soyez fait broyer par... par... par quoi d'ailleurs hein ? Ces ... choses dont tu parles, c'est pas ma putain de faute. C'est. Pas. MA. Faute. Elle se retourna vers lui, hors d'elle. Alors pour l'amour de Dieu Sevastyan, arrête ce comportement d'enfant dans le déni ET fais la part des choses, bordel de merde.
Elle se calma, prit une profonde aspiration, haletante et éperdument fatiguée. Elle ne dormait plus, ou presque. Elle n'en pouvait plus de lutter tout le temps, partout, pour tout, contre tout le monde.
-Pourquoi t'es revenu ici ? Tu veux quoi ? Tu viens pour te pavaner, te jouer de moi ? Tu es CONTRE nous ou tu es AVEC nous sans te l'avouer ? Tu n'es venu ici que pour me faire une visite de courtoisie toute en mitraillettes et menaces sous-jacentes seulement pour me prévenir d'un danger ? À quoi tu joues ? Tu m'emmerdes Sevastyan ! éructa-t-elle, s'emportant une fois de plus.
Sa colère s'incarnait de toutes ces interrogations qui se bousculaient dans sa tête, de toute cet agacement vainement contenu, de cette frustration qui l'empêchait de penser correctement. Elle avait plongé ses yeux bleus foncés par la colère et l'incompréhension dans le regard presque transparent et indéchiffrable de Sevastyan.
Puis des éclats de voix portèrent jusqu'à eux, des cris de mécontentement aussi. Anastasia attrapa ses armes et bondit sur ses pieds, et jaillit hors de la tente. Le chaos avait commencé : les troupes de Sev, qui avaient été attaquées par Basile (mais ça, Anastasia n'en avait strictement aucune idée) réagissaient déjà et réprimaient fortement cet affront en tirant à tout va. Les gens du camp, non préparés, tombaient par dizaines déjà. 
À cet instant, Anastasia perdit le contrôle. Pour la première fois de sa vie, son instinct, la partie la plus animale de son cerveau, prit le contrôle. Elle dégaina l'énorme couteau à dents crantées qu'elle portait toujours à la ceinture. Écumante de rage, elle ne chercha pas à comprendre si oui ou non Sev était au courant de ce qu'il se passait dans le camp, elle bondit sur lui, projetant tout son poids sur le grand corps du gars pour le faire basculer au sol. Avec une violence rare, elle leva le bras dans lequel elle tenait la lame, persuadée qu'il lui avait tout bonnement tendu un piège et d'avoir orchestré toute cette mise en scène de négociation pour leur planter un couteau dans le dos et les attaquer en interne.
-ESPÈCE DE FILS DE P.UTE, vociféra-t-elle, le visage déformé par la rage, TU M'AS EUE!!
C'était le point de non retour. Les yeux d'Ana, d'habitude brillants d'intelligence et de réflexion, n'étaient habités que par la haine.

Fred n'avait même pas eu le temps d'attendre la réponse à ses provocations, qu'un cri perça la "tranquillité" relative du camp : 
-ILS NOUS ATTAQUENT PAR DERRIÈRE!
C'était un de ceux du groupe du grand blond effrayant qui, apparemment, étaient la cible d'une des 100. Fred se raidit, putain que se passait-il ?! On avait bien parlé de rester tous calmes et chacun de son côté, non ?
Fred ne réfléchit pas vraiment, il jeta un bref regard autour de lui et aperçut Erin, la militaire. Il courut dans sa direction, il n'avait ni arme ni aucune intention de se battre, alors autant se ranger aux côtés des puissants, non?
-C'est quoi le putain de plan bordel de merde ? lui cria-t-il en courant avec elle.
Bien heureux vous qui pleurez maintenant car vous serez dans la joie
Bien heureux serez-vous si les autres vous haïssent, s'ils vous frappent d'exclusion
et tressaillez d'allégresse
car votre récompense 
sera grande dans le ciel

 
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#59
Rangerpopow as-tu Skype ?

Et donc Vicky servait de guide à un mec, brun, pas trop mal, un certain Josh. Elle lui faisait faire le tour du campement. 
- Ici c'est la tente d'Anastasia, la chef du groupe, déclara-t-elle sans le quitter des yeux. Il avait un regard particulièrement profond, et ça faisait un certain effet à Vicky. Ils continuèrent la visite et pour avoir un prétexte pour parler à Josh, elle commença à lui poser des questions.
- Et donc, toi t'as fait quoi pour te retrouver en prison ?
Josh la dévisagea avec un sourire en coin. Enfin, ils commençaient à parler de choses plus sérieuses. Il allait pouvoir s'amuser avec elle, puisqu'elle ne le reconnaissait définitivement pas.
- Je me suis battu avec un flic et l'ai blessé, rien de grave... Il la regarda, elle avait l'air à la fois effrayée et admirative. et toi ?, continua-t-il même si il savait parfaitement ce que la rousse avait fait, à savoir TUÉ DEUX DE SES POTES PUTAIN.
Celle-ci n'eût pas le temps de répondre car soudain une grande agitation se fit sentir dans le campement. Vicky suivit les quelques gens qui se dirigeaient vers la source de tout ce raffut en ayant prit le soin de récupérer ses poignards avant. Qui sait, peut-être que cela pourrait servir ? 
C'est avec effroi qu'elle découvrit ce qu'il se passait : Sevastyan était revenu. 
-Je suppose que ce n'est pas vraiment une surprise. Mais ne vous inquiétez pas, personne ne sera blessé si vous faites ce qu'on vous dit. Apportez-moi Anastasia Kensley, et je ferai en sorte de pas détruire ce camp.  
Oh
non
Ça promettait. Vicky, sous le choc, n'ouvrit même pas la bouche. Elle regarda les événements s'enchainer sans trouver la force d'intervenir. Quand Sev et Ana partirent s'entretenir dans une tente et que Basile neutralisa les sbires de Sevastyan elle commença à se dire qu'il fallait qu'elle fasse quelque chose. Et quand une meuf typée asiatique cria :
- ILS NOUS ATTAQUENT PAR DERRIÈRE !
Vicky dégaina ses couteaux/poignards très aiguisés et elle fit mine d'être prête à se battre.


(pendant ce temps Josh s'est cassé jsp ce qu'il fait je continuerais +tard)
avatar de xuu la tortue 
 
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#60
Basile n'avait pas vu qu'il en restait quelques un. Flute. Il utilisa ses aiguillons mais sa réserve n'était pas infini. Il restait encore quelques opposants. Il sorti alors son glock et tira dans les branchages qui tombèrent sur eux. Il ne voulait pas les tuer, juste les rendre inoffensif. Basile se tourna vers Maël pour voir s'il allait bien. A son grand soulagement tout le monde allait bien. Pour l'instant. Basile savait qu'il avait fait un pas vers le non retour mais qu'importe. 

Maël quant à lui, savait ce pensait Basile. Le lien entre des jumeaux est très fort. Il était triste mais il comprenait ses raisons et les soutenait pleinement. 
 
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