Ale déposa son regard Ally le temps de plusieurs longues secondes, le temps de se rendre compte, en réalité, que ce qui se déroulait sous leurs yeux actuellement n'était qu'un début. Et que ce début aurait bientôt une continuité, qu'ils ne pourraient pas persister ainsi longtemps, qu'ils ne pourraient plus faire face à des dangers pareils, sans en payer le prix. Et lui ne voulait pas la perdre. Il ne voulait pas perdre Haillie. Et Caden, aussi, quand bien même il avait du mal à s'y faire encore, mais que le trop plein d'événements qu'ils vivaient tous continuellement l'empêchait d'y prêter grande attention. Il était terrifié. Terrifié, parce que un nombre considérable de menace s'abattait sur eux, et qu'il ne pouvait rien faire. Terrifié parce que ça semblait trop gros pour être vrai, bien plus grave que ce que le groupe avait connu dans le passé. Si la douleur lui détruisait la jambe, et si il doutait que cette dernière ne puisse se rétablir entièrement un jour, il essayait du mieux qu'il pouvait de ne pas y faire attention. D'autres priorités étaient à prendre en compte, surement pas une pauvre balle qui s'était lamentablement enfoncée dans sa jambe à cause de cet enroulé de Dobson de...
- PUTAIN ! Gueula-t-il trop spontanément, lorsque l'alcool alla engloutir l'intérieur de sa blessure. Clairement, il allait perdre cette putain de jambe. Et clairement, aussi, il allait finir par être un putain de gros handicape. C'était pitoyable. Pitoyable, parce qu'il était pas foutu de défendre quoi que ce soit, avec cette blessure à la con.
Enfin, Ally interrompit le flot de pensées qui s'agglutinait dans sa tête, et Ale se contenta d'attraper sa main, pour la serrer fort, au moins assez fort pour être certain qu'elle ne s'en irait pas. Ça va. Répondit-il, alors qu'une grimace conséquente dessinait ses lèvres. Ça va, ouais.
- T'as plutôt intérêt à aller bien, Commenta Côme, sans réellement sourire, et à vrai dire, le blond ne savait pas lui-même si il s'agissait là d'un reproche ou de quelque chose d'autre. Parce qu'on risque pas d'aller loin avec un estropié. Il voulut ajouter un autre truc, une autre remarque pas forcément très agréable (il n'était pas d'humeur à déconner), mais une petite voix, dans son dos, l'interrompit. Il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour identifier Petra. Surtout lorsqu'elle déposa un baiser sur sa joue, et que, dans une tentative vaine, il essaya de tirer une expression impassible. Evidemment, son sourire un peu trop niais réussit sans grande difficulté à le trahir, et au final, ce fut une expression grognon et maladroite qui anima son visage fatigué.
- Merci Petroutrouche, Articula Ale, avec peine, en esquissant un sourire sans lâcher la main d'Ally, à qui il adressa un regard rassurant, pour finalement, se tourner vers Côme. L'estropié à l'air dans un bien meilleur état que toi, Côme. T'es tout rouge. Qu'est-ce qui se passe ? Ne put-il s'empêcher de balancer, parce qu'un bon gros pique ne lui ferait pas de mal.
- Je suis pas rouge. Rétorqua le blond, glacial au possible. Et personne vengeras personne, Son regard clair avisa Petra, il passa une main autour de sa taille, et à son tour, sans trop réfléchir, posa ses lèvres sur les siennes, ne pouvant s'empêcher encore une fois de sourire. Au moins, ça permettrait d'aider Blavatsky à se la fermer.
- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Interrompit quelqu'un d'autre, visiblement, le plus âgé des deux frères. Nick se rapprocha du groupe, en particulier d'Ale, et avisa la blessure qui ornait sa jambe. Il était crevé. Complètement crevé, complètement détruit, et complètement mort. Il avait même pas la foi d'essayer de comprendre pourquoi est-ce que Ale se trouvait allongé par Terre, et couvert de sang, à l'instant, une seule crainte hantait son esprit, une seule parmi des dizaines, mais la plus importante, surement. On peut pas laisser Jude. C'est hors de question que je laisse Jude. Et la plupart de la bonne humeur inhabituel qu'on aurait pu lui trouver, il y avait de cela à peine plusieurs heures, s'était totalement effacée. Seul subsistait une expression froide, de marbre et complètement impassible. Une figure qu'il avait arboré dans le passé, et qu'il continuerait très probablement à arborer, puisque les dangers ne cessaient de s'accumuler sur leur route, puisqu'aux prix d'une dizaine de sacrifices, on venait de détruire le peu d'espoir qu'il lui restait. L'Europe allait envahir les Etats-Unis, Drake Sheridan avait fait son retour, et Jude était parti. Ce n'était que le début.
Connor haussa les sourcils, esquissa un sourire amusé, pour finalement, porter son regard sur la route. Ils se trouvaient toujours à Dallas, mais dans la partie déserte de la ville. Pas de zombie, pas d'humain non plus, en bref, une zone en totale abandon, une zone qui autrefois, aurait pu être centrale. Il arrêta le véhicule entre deux immeubles. Les rayons du soleil pouvait déjà se faire ressentir sur son visage. Ça faisait longtemps qu'il était pas parti. Longtemps, parce qu'il aimait pas trop laisser K seul, de l'autre côté. Il détestait ça en réalité, parce qu'il s'imaginait toujours le pire : Rentrer et trouver personne. Ou trouver sa famille, au complet. Et le sourire de son père. Ce sourire dégueulasse. Ce sourire qui le hantait depuis des années.
- J'ai pas trop le choix, y'a une colonie de vacances qui a établi son campement chez moi depuis trois jours. Ironisa-t-il, en essayant de sourire, bien qu'il ne réussisse qu'à tirer une expression à la limite amusée, presque triste. Et tu as changé aussi, "Jill Foster". Il aimait bien répéter son prénom, dans la mesure où il savait pertinemment que derrière cette image là se cachait "autre chose". Et que ce "autre chose" lui plaisait bien. Un long silence s'en suivit, il resta plusieurs instant immobile, se contentant très simplement de fixer l'horizon, pensif au possible, avant qu'il ne se redresse, pour se tourner vers elle. Totalement, cette fois-ci. Allez, viens. On a la ville pour nous deux, autant en profiter. Lâcha-t-il, dans un sourire en coin, pour ouvrir la portière, et entreprendre, en grossissant chacune de ses manières, de faire le tour de la voiture, pour lui ouvrir, à elle-aussi. Après vous, Articula-t-il, en gardant son sourire en coin, pour la laisser passer et aviser le bâtiment qui se tenait à leur droite, un endroit abandonné mais encore à peu près intact, couvert d'un peu de végétation. Un vieux cinéma, sûrement. Attends, tu sais quoi "Jill Foster" ? Fermes les yeux et fais moi confiance, Commença-t-il, Faut que je te montre un truc, mais tu dois pas voir, sinon ça gâche la surprise. Compris ? Et fais moi confiance. Nouveau sourire. Je vais pas te manger.
- "Si tu ne le fais pas pour toi, fais le pour Jude au moins."
Si encore il arrive à me reconnaître.
- "... Pendant 13ans tu t'es battu pour Jude, t'as bravé toutes les apocalypses, toutes les tragédies et tous les dictateurs qui ont put te barrer le chemin. Ne me dis pas que tu vas laisser Drake se mettre entre toi et lui. "
C'était ça le problème. Il s'était déjà foutu entre Jude et lui, des années auparavant. Depuis qu'il avait quitté cette foutue planète, et depuis qu'il avait laissé un bordel pas possible derrière lui, un frère complètement brisé, et un gars qui malgré tout, avait réussi à taper dans l’œil de Nathan Ellidson dés le premier regard. Qu'est-ce qu'il avait été con. Qu'est-ce qu'il avait été con, d'y croire juste un peu. Se battre contre une armée de zombie c'était facile. C'était facile, comparé à une bataille contre l'indifférence de Jude Sheridan. Comparé à une bataille contre la folie de Jude Sheridan. Comparé à une bataille contre le grand frère de Jude Sheridan. Lui il aurait tout donné pour échanger cette merde avec dix milles zombies. Il aurait tout donné, ça aurait été même drôle, peut-être. Et puis Jude aurait trouvé ça drôle. Il aurait flippé au début, il aurait flippé et lui se serait un peu foutu de sa gueule, mais il aurait trouvé ça drôle. Parce que c'était comme ça quand ils étaient tout les deux. Ça avait toujours été comme ça, à tel point qu'il avait presque cru pouvoir effacer Drake Sheridan.
- "... Drake est dangereux pour lui."
Et c'était de sa faute, à lui, si Jude avait perdu son œil. C'était de sa faute, si Jude avait viré taré. C'était de sa faute, si Jude avait perdu son frère. Il n'y avait pas plus coupable dans l'histoire. Drake était peut-être un monstre, il n'avait pas fait une chose pareille. Pas une seule. Peut-être qu'il avait tué des gens, mais on ne comptait plus le nombre de personne qui étaient tombés sous les balles, depuis le début de l'Apocalypse. C'était le genre de truc qu'on oubliait, comme les connards qu'on rencontrait un soir dans un cinéma pourri de New-York.
- Tu devrais retourner voir les autres. Nate passa une main sur ses yeux, détacha son regard du sien, s'appuya contre le mur. Ça va aller. Il savait pas lui-même pourquoi il faisait le con, mais il arrivait même plus à parler avec cohérence. Il irait bien. Pandora irait bien. Le groupe entier irait bien, et on repartirait comme avant. C'était simple, tout était simple. Il suffisait juste qu'il arrête de ressentir cette merde qui lui trouait la poitrine depuis une heure, il suffisait juste qu'il réussisse à effacer ce sourire de con, qui hantait son esprit depuis des années déjà. C'était facile, il y arriverait sûrement.
Quand la patte de Fennec alla se déposer sur l'une de ses dernières clopes, Matthew manqua de dire un truc. A vrai dire, il ouvrit la bouche pour répliquer, pas réellement de bonne humeur dans la mesure où il savait absolument pas quelle était la suite du plan, lorsque finalement, il se ravisa. Parce que se foutre dans la merde avec le chef de la mafia était sûrement pas une très bonne idée.
- Pas trop vite, Rétorqua-t-il, dans un sourire en coin, prenant soin de ne pas tirer la gueule. Son regard se déposa sur le bus, là où devaient se trouver les deux Sheridans, et il poussa un soupire, laissant un nuage gris de fumée s'échapper d'entre ses lèvres. Déjà, on doit savoir ce que trament ces Européens à la con. J'ai pas prévu de me faire buter à cause des attardés de l'autre groupe. Je fais confiance à Drake à ce propos : Il leur a déjà échappé. Assura-t-il, en reportant son regard sur le blond. Enfin, dans tout les cas, tant qu'on aura pas des infos direct à leur sujet, ça sert à rien de... Temps de pause. Le tatoué fronça les sourcils, écrasa sa cigarette contre le mur, et se demanda alors, comment est-ce qu'il avait pu ne pas y penser avant. J'ai une idée. Ça va pas te plaire, mais j'ai une idée, qui consiste à aller parler au gros lourd là... Tom machin, le gars complètement pété qui nous a suivit à Matamaros -avec qui tu m'as enfermé sonar-. On va aller lui dire trois mots, à ce petit con.
Et Tom, finalement, quitta le salon à l'intérieur duquel s'était déroulée un véritable spectacle, spectacle auquel il n'avait pas participé, préférant l'ombre à la colère et au sang. En réalité, il n'arrivait pas à éprouver de l'empathie pour ces gens. Ça n'était pas normal. Ça n'était pas permis, aussi, et il savait bien qu'une seule personne réussissait seulement à enfreindre cette règle, à l'intérieur de ce groupe. C'était de sa faute, en même temps. Il l'avait cherché. Il regrettait, mais il savait pertinemment que se battre contre ça n'avait pas de sens. Tout perdait son sens, depuis qu'il était parti.
Le brun réussit, après une minute de marche dans le labyrinthe infernal qu'était l'appartement de ses deux frères, à trouver une pièce vide. Un endroit calme et désert. A première vue, ça ressemblait à une sorte de grenier. Des morceaux de bois s'y trouvaient empilés les uns sur les autres, des objets quelconques traînaient ça et là, des instruments surtout. Au centre, un miroir. Brisé en son centre, la rayure qui parsemait la glace descendait jusqu'à son extrémité droite. Un morceau manquait. Il traînait au sol, au milieu de la poussière et du moisi. Un morceau de verre que Tom attrapa, en s'abaissant doucement. Ça faisait des mois qu'il n'avait pas fait une chose pareille : Prier. Lentement, il rapprocha sa main droite de lame de fortune qu'il s'était trouvé par hasard. Son regard s'abaissa sur le trait noir qui encrait l'intérieur de sa paume, son centre, plus précisément. Un instant il cru croiser le regard de son frère. De sa sœur, aussi. Ceux de Katharina et Connor, lorsqu'il les avait retrouvé. La honte, la haine, l'indifférence. Et puis celui de son père. C'était différent. Son père ne lui avait jamais montré une quelconque marque d'affection, mais il avait ce regard qui lisait en quiconque, à n'importe quel instant et dans n'importe quelle circonstance. Et puis il y avait le sourire qui allait avec, ce sourire terrifiant, celui qui le forçait à s'entailler la main. Parce qu'il y était obligé. Il y était obligé, on le surveillait, son père le surveillait. Il était obligé de prier, d'y mettre du cœur, et d'y croire vraiment. En réalité, si il le terrifiait à ce point, c'était parce que Tom savait pertinemment quel impact son père avait sur lui. Avec quelle force, il pouvait agir sur lui, et le détruire.
Surtout comment il s'y prendrait pour le détruire.
- Toi, tu te ramènes et vite. On a pas que ça à foutre. Fit une voix extérieure, alors même que Tom allait entreprendre de couper sa paume dans le sens du tatouage qui s'y trouvait dessiné. Il ne les avait pas entendu. Il ne les avait pas vu arriver. Brusquement, la lame alla s'écraser au sol dans un bruit particulièrement désagréable. Tom tourna la tête vers eux, remarqua Matthew qu'il avait de toute façon déjà reconnu, puis Fennec.
Et son expression se transforma en un pâle sourire. Un sourire amusé, très légèrement déconcerté lorsqu'il aurait dû en être autrement. Il croisa le regard du blond, passa sa main gauche sur son autre main libre. Dissimula son tatouage dans un mouvement discret.
- Et je peux savoir la raison de votre venue ici ? Demanda sur un ton particulièrement solennel et ironique, Tom, en reprenant une expression confiante, secrète et assurée. Je te manque, c'est ça, Fennec ?
- J'en sais rien. Répondit Côme, à l'intention de Nick en se redressant. A vrai dire, il ne savait pas plus qu'eux ce qu'il en était de Drake Sheridan et de toute la quantité d'événements qui avaient précédé son arrivée. Il était juste certain que ça avait un rapport direct à des souvenirs pas très joyeux, mais la dose de souvenirs pas joyeux qu'il s'était tapé ces dernières semaines avaient suffit. Le blond allait ajouter quelque chose, lorsqu'il remarqué, à travers l’entrebâillement de la porte, la silhouette de la fille à qui il avait demandé de faire sortir Will. Elle le lâchait jamais, tout le monde le savait, mais cette fois-ci, le blond s'arrêta sur cette image. Parce qu'il se souvenait brièvement des ce qu'il avait pensé, plusieurs minutes auparavant, et qu'il se demandait si maintenant n'était pas le bon moment pour essayer de s'expliquer. Ou de rattraper les choses. Peu importe. Je reviens. Assura-t-il, en se redressant, pour marcher vers la sortie de ce qui servait de salon à ces abrutis de Bass, et rejoindre Bronwyn, un peu plus loin. Elle se trouvait toujours dans le couloir. Une fois à quelques mètres d'elle, et alors qu'elle allait rentrer à l'intérieur d'une pièce qu'il ne réussit pas vraiment à identifier, le blond l'arrêta. Hé, euh. Bon. Ce fut en articulant cette suite de mot, qu'il se sentit particulièrement stupide. Je pense que je te dois des explications, pas vrai ? S'en suivit un rire nerveux. Pas nerveux, plutôt maladroit. Le tout ponctué d'un vieux sourire gêné. Si il y avait bien une chose qu'il haïssait, c'était les "explications". Après tout, c'était ce qui lui valait de se faire démonter, dans le passé. Ou alors il était tout simplement à chier dans tout ce qui touchait aux excuses. Peu importe.
- PUTAIN ! Gueula-t-il trop spontanément, lorsque l'alcool alla engloutir l'intérieur de sa blessure. Clairement, il allait perdre cette putain de jambe. Et clairement, aussi, il allait finir par être un putain de gros handicape. C'était pitoyable. Pitoyable, parce qu'il était pas foutu de défendre quoi que ce soit, avec cette blessure à la con.
Enfin, Ally interrompit le flot de pensées qui s'agglutinait dans sa tête, et Ale se contenta d'attraper sa main, pour la serrer fort, au moins assez fort pour être certain qu'elle ne s'en irait pas. Ça va. Répondit-il, alors qu'une grimace conséquente dessinait ses lèvres. Ça va, ouais.
- T'as plutôt intérêt à aller bien, Commenta Côme, sans réellement sourire, et à vrai dire, le blond ne savait pas lui-même si il s'agissait là d'un reproche ou de quelque chose d'autre. Parce qu'on risque pas d'aller loin avec un estropié. Il voulut ajouter un autre truc, une autre remarque pas forcément très agréable (il n'était pas d'humeur à déconner), mais une petite voix, dans son dos, l'interrompit. Il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour identifier Petra. Surtout lorsqu'elle déposa un baiser sur sa joue, et que, dans une tentative vaine, il essaya de tirer une expression impassible. Evidemment, son sourire un peu trop niais réussit sans grande difficulté à le trahir, et au final, ce fut une expression grognon et maladroite qui anima son visage fatigué.
- Merci Petroutrouche, Articula Ale, avec peine, en esquissant un sourire sans lâcher la main d'Ally, à qui il adressa un regard rassurant, pour finalement, se tourner vers Côme. L'estropié à l'air dans un bien meilleur état que toi, Côme. T'es tout rouge. Qu'est-ce qui se passe ? Ne put-il s'empêcher de balancer, parce qu'un bon gros pique ne lui ferait pas de mal.
- Je suis pas rouge. Rétorqua le blond, glacial au possible. Et personne vengeras personne, Son regard clair avisa Petra, il passa une main autour de sa taille, et à son tour, sans trop réfléchir, posa ses lèvres sur les siennes, ne pouvant s'empêcher encore une fois de sourire. Au moins, ça permettrait d'aider Blavatsky à se la fermer.
- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Interrompit quelqu'un d'autre, visiblement, le plus âgé des deux frères. Nick se rapprocha du groupe, en particulier d'Ale, et avisa la blessure qui ornait sa jambe. Il était crevé. Complètement crevé, complètement détruit, et complètement mort. Il avait même pas la foi d'essayer de comprendre pourquoi est-ce que Ale se trouvait allongé par Terre, et couvert de sang, à l'instant, une seule crainte hantait son esprit, une seule parmi des dizaines, mais la plus importante, surement. On peut pas laisser Jude. C'est hors de question que je laisse Jude. Et la plupart de la bonne humeur inhabituel qu'on aurait pu lui trouver, il y avait de cela à peine plusieurs heures, s'était totalement effacée. Seul subsistait une expression froide, de marbre et complètement impassible. Une figure qu'il avait arboré dans le passé, et qu'il continuerait très probablement à arborer, puisque les dangers ne cessaient de s'accumuler sur leur route, puisqu'aux prix d'une dizaine de sacrifices, on venait de détruire le peu d'espoir qu'il lui restait. L'Europe allait envahir les Etats-Unis, Drake Sheridan avait fait son retour, et Jude était parti. Ce n'était que le début.
Connor haussa les sourcils, esquissa un sourire amusé, pour finalement, porter son regard sur la route. Ils se trouvaient toujours à Dallas, mais dans la partie déserte de la ville. Pas de zombie, pas d'humain non plus, en bref, une zone en totale abandon, une zone qui autrefois, aurait pu être centrale. Il arrêta le véhicule entre deux immeubles. Les rayons du soleil pouvait déjà se faire ressentir sur son visage. Ça faisait longtemps qu'il était pas parti. Longtemps, parce qu'il aimait pas trop laisser K seul, de l'autre côté. Il détestait ça en réalité, parce qu'il s'imaginait toujours le pire : Rentrer et trouver personne. Ou trouver sa famille, au complet. Et le sourire de son père. Ce sourire dégueulasse. Ce sourire qui le hantait depuis des années.
- J'ai pas trop le choix, y'a une colonie de vacances qui a établi son campement chez moi depuis trois jours. Ironisa-t-il, en essayant de sourire, bien qu'il ne réussisse qu'à tirer une expression à la limite amusée, presque triste. Et tu as changé aussi, "Jill Foster". Il aimait bien répéter son prénom, dans la mesure où il savait pertinemment que derrière cette image là se cachait "autre chose". Et que ce "autre chose" lui plaisait bien. Un long silence s'en suivit, il resta plusieurs instant immobile, se contentant très simplement de fixer l'horizon, pensif au possible, avant qu'il ne se redresse, pour se tourner vers elle. Totalement, cette fois-ci. Allez, viens. On a la ville pour nous deux, autant en profiter. Lâcha-t-il, dans un sourire en coin, pour ouvrir la portière, et entreprendre, en grossissant chacune de ses manières, de faire le tour de la voiture, pour lui ouvrir, à elle-aussi. Après vous, Articula-t-il, en gardant son sourire en coin, pour la laisser passer et aviser le bâtiment qui se tenait à leur droite, un endroit abandonné mais encore à peu près intact, couvert d'un peu de végétation. Un vieux cinéma, sûrement. Attends, tu sais quoi "Jill Foster" ? Fermes les yeux et fais moi confiance, Commença-t-il, Faut que je te montre un truc, mais tu dois pas voir, sinon ça gâche la surprise. Compris ? Et fais moi confiance. Nouveau sourire. Je vais pas te manger.
- "Si tu ne le fais pas pour toi, fais le pour Jude au moins."
Si encore il arrive à me reconnaître.
- "... Pendant 13ans tu t'es battu pour Jude, t'as bravé toutes les apocalypses, toutes les tragédies et tous les dictateurs qui ont put te barrer le chemin. Ne me dis pas que tu vas laisser Drake se mettre entre toi et lui. "
C'était ça le problème. Il s'était déjà foutu entre Jude et lui, des années auparavant. Depuis qu'il avait quitté cette foutue planète, et depuis qu'il avait laissé un bordel pas possible derrière lui, un frère complètement brisé, et un gars qui malgré tout, avait réussi à taper dans l’œil de Nathan Ellidson dés le premier regard. Qu'est-ce qu'il avait été con. Qu'est-ce qu'il avait été con, d'y croire juste un peu. Se battre contre une armée de zombie c'était facile. C'était facile, comparé à une bataille contre l'indifférence de Jude Sheridan. Comparé à une bataille contre la folie de Jude Sheridan. Comparé à une bataille contre le grand frère de Jude Sheridan. Lui il aurait tout donné pour échanger cette merde avec dix milles zombies. Il aurait tout donné, ça aurait été même drôle, peut-être. Et puis Jude aurait trouvé ça drôle. Il aurait flippé au début, il aurait flippé et lui se serait un peu foutu de sa gueule, mais il aurait trouvé ça drôle. Parce que c'était comme ça quand ils étaient tout les deux. Ça avait toujours été comme ça, à tel point qu'il avait presque cru pouvoir effacer Drake Sheridan.
- "... Drake est dangereux pour lui."
Et c'était de sa faute, à lui, si Jude avait perdu son œil. C'était de sa faute, si Jude avait viré taré. C'était de sa faute, si Jude avait perdu son frère. Il n'y avait pas plus coupable dans l'histoire. Drake était peut-être un monstre, il n'avait pas fait une chose pareille. Pas une seule. Peut-être qu'il avait tué des gens, mais on ne comptait plus le nombre de personne qui étaient tombés sous les balles, depuis le début de l'Apocalypse. C'était le genre de truc qu'on oubliait, comme les connards qu'on rencontrait un soir dans un cinéma pourri de New-York.
- Tu devrais retourner voir les autres. Nate passa une main sur ses yeux, détacha son regard du sien, s'appuya contre le mur. Ça va aller. Il savait pas lui-même pourquoi il faisait le con, mais il arrivait même plus à parler avec cohérence. Il irait bien. Pandora irait bien. Le groupe entier irait bien, et on repartirait comme avant. C'était simple, tout était simple. Il suffisait juste qu'il arrête de ressentir cette merde qui lui trouait la poitrine depuis une heure, il suffisait juste qu'il réussisse à effacer ce sourire de con, qui hantait son esprit depuis des années déjà. C'était facile, il y arriverait sûrement.
Quand la patte de Fennec alla se déposer sur l'une de ses dernières clopes, Matthew manqua de dire un truc. A vrai dire, il ouvrit la bouche pour répliquer, pas réellement de bonne humeur dans la mesure où il savait absolument pas quelle était la suite du plan, lorsque finalement, il se ravisa. Parce que se foutre dans la merde avec le chef de la mafia était sûrement pas une très bonne idée.
- Pas trop vite, Rétorqua-t-il, dans un sourire en coin, prenant soin de ne pas tirer la gueule. Son regard se déposa sur le bus, là où devaient se trouver les deux Sheridans, et il poussa un soupire, laissant un nuage gris de fumée s'échapper d'entre ses lèvres. Déjà, on doit savoir ce que trament ces Européens à la con. J'ai pas prévu de me faire buter à cause des attardés de l'autre groupe. Je fais confiance à Drake à ce propos : Il leur a déjà échappé. Assura-t-il, en reportant son regard sur le blond. Enfin, dans tout les cas, tant qu'on aura pas des infos direct à leur sujet, ça sert à rien de... Temps de pause. Le tatoué fronça les sourcils, écrasa sa cigarette contre le mur, et se demanda alors, comment est-ce qu'il avait pu ne pas y penser avant. J'ai une idée. Ça va pas te plaire, mais j'ai une idée, qui consiste à aller parler au gros lourd là... Tom machin, le gars complètement pété qui nous a suivit à Matamaros -avec qui tu m'as enfermé sonar-. On va aller lui dire trois mots, à ce petit con.
Et Tom, finalement, quitta le salon à l'intérieur duquel s'était déroulée un véritable spectacle, spectacle auquel il n'avait pas participé, préférant l'ombre à la colère et au sang. En réalité, il n'arrivait pas à éprouver de l'empathie pour ces gens. Ça n'était pas normal. Ça n'était pas permis, aussi, et il savait bien qu'une seule personne réussissait seulement à enfreindre cette règle, à l'intérieur de ce groupe. C'était de sa faute, en même temps. Il l'avait cherché. Il regrettait, mais il savait pertinemment que se battre contre ça n'avait pas de sens. Tout perdait son sens, depuis qu'il était parti.
Le brun réussit, après une minute de marche dans le labyrinthe infernal qu'était l'appartement de ses deux frères, à trouver une pièce vide. Un endroit calme et désert. A première vue, ça ressemblait à une sorte de grenier. Des morceaux de bois s'y trouvaient empilés les uns sur les autres, des objets quelconques traînaient ça et là, des instruments surtout. Au centre, un miroir. Brisé en son centre, la rayure qui parsemait la glace descendait jusqu'à son extrémité droite. Un morceau manquait. Il traînait au sol, au milieu de la poussière et du moisi. Un morceau de verre que Tom attrapa, en s'abaissant doucement. Ça faisait des mois qu'il n'avait pas fait une chose pareille : Prier. Lentement, il rapprocha sa main droite de lame de fortune qu'il s'était trouvé par hasard. Son regard s'abaissa sur le trait noir qui encrait l'intérieur de sa paume, son centre, plus précisément. Un instant il cru croiser le regard de son frère. De sa sœur, aussi. Ceux de Katharina et Connor, lorsqu'il les avait retrouvé. La honte, la haine, l'indifférence. Et puis celui de son père. C'était différent. Son père ne lui avait jamais montré une quelconque marque d'affection, mais il avait ce regard qui lisait en quiconque, à n'importe quel instant et dans n'importe quelle circonstance. Et puis il y avait le sourire qui allait avec, ce sourire terrifiant, celui qui le forçait à s'entailler la main. Parce qu'il y était obligé. Il y était obligé, on le surveillait, son père le surveillait. Il était obligé de prier, d'y mettre du cœur, et d'y croire vraiment. En réalité, si il le terrifiait à ce point, c'était parce que Tom savait pertinemment quel impact son père avait sur lui. Avec quelle force, il pouvait agir sur lui, et le détruire.
Surtout comment il s'y prendrait pour le détruire.
- Toi, tu te ramènes et vite. On a pas que ça à foutre. Fit une voix extérieure, alors même que Tom allait entreprendre de couper sa paume dans le sens du tatouage qui s'y trouvait dessiné. Il ne les avait pas entendu. Il ne les avait pas vu arriver. Brusquement, la lame alla s'écraser au sol dans un bruit particulièrement désagréable. Tom tourna la tête vers eux, remarqua Matthew qu'il avait de toute façon déjà reconnu, puis Fennec.
Et son expression se transforma en un pâle sourire. Un sourire amusé, très légèrement déconcerté lorsqu'il aurait dû en être autrement. Il croisa le regard du blond, passa sa main gauche sur son autre main libre. Dissimula son tatouage dans un mouvement discret.
- Et je peux savoir la raison de votre venue ici ? Demanda sur un ton particulièrement solennel et ironique, Tom, en reprenant une expression confiante, secrète et assurée. Je te manque, c'est ça, Fennec ?
- J'en sais rien. Répondit Côme, à l'intention de Nick en se redressant. A vrai dire, il ne savait pas plus qu'eux ce qu'il en était de Drake Sheridan et de toute la quantité d'événements qui avaient précédé son arrivée. Il était juste certain que ça avait un rapport direct à des souvenirs pas très joyeux, mais la dose de souvenirs pas joyeux qu'il s'était tapé ces dernières semaines avaient suffit. Le blond allait ajouter quelque chose, lorsqu'il remarqué, à travers l’entrebâillement de la porte, la silhouette de la fille à qui il avait demandé de faire sortir Will. Elle le lâchait jamais, tout le monde le savait, mais cette fois-ci, le blond s'arrêta sur cette image. Parce qu'il se souvenait brièvement des ce qu'il avait pensé, plusieurs minutes auparavant, et qu'il se demandait si maintenant n'était pas le bon moment pour essayer de s'expliquer. Ou de rattraper les choses. Peu importe. Je reviens. Assura-t-il, en se redressant, pour marcher vers la sortie de ce qui servait de salon à ces abrutis de Bass, et rejoindre Bronwyn, un peu plus loin. Elle se trouvait toujours dans le couloir. Une fois à quelques mètres d'elle, et alors qu'elle allait rentrer à l'intérieur d'une pièce qu'il ne réussit pas vraiment à identifier, le blond l'arrêta. Hé, euh. Bon. Ce fut en articulant cette suite de mot, qu'il se sentit particulièrement stupide. Je pense que je te dois des explications, pas vrai ? S'en suivit un rire nerveux. Pas nerveux, plutôt maladroit. Le tout ponctué d'un vieux sourire gêné. Si il y avait bien une chose qu'il haïssait, c'était les "explications". Après tout, c'était ce qui lui valait de se faire démonter, dans le passé. Ou alors il était tout simplement à chier dans tout ce qui touchait aux excuses. Peu importe.





