Le soleil commençait déjà à descendre dans le ciel lorsque Finn immergea du sommeil. Dormir était pour le jeune homme une activité extrêmement... Reposante. C'était en réalité les seuls moments de sa journée où aucune émotion ne venait l'assaillir. Il n'avait pas à se concentrer en permanence pour analyser chacune d'entre elles, pas plus qu'il ne ressentait le besoin de les distiller partout autours de lui afin de s'en soulager.
Pourtant, dès qu'il s'éveilla, son pouvoir le rattrapa. Fatigue, ennui, impatience. Un nouveaux flux émotionnel le gagna et il chercha du regard son labrador. Mozart était un chien intelligent. Pas autant qu'un homme, mais suffisamment pour ressentir des embryons d'émotions. Le jeune homme posa sa paume sur la tête de l'animal et sentie aussitôt ses propres émotions se faire moins mordantes. Il poussa un soupir de soulagement et se cala contre le mur de sa chambre, le regard dans le vague. La veille, ils avaient tous eu droit au traditionnel discours d'entrée de la directrice, ainsi qu'au tout aussi traditionnel discours de bienvenue d'Amanda Williams.
Finn aimait bien cette nana. Elle était un véritable émetteur de jalousie et d'hypocrisie. En fait, ces deux émotions étaient tellement omniprésente chez la jeune fille, que cela lui conférais une sorte d'immunité face à toutes les autres émotions que Finn pouvait tenter de déverser sur elle. Si bien que malgré qu'Amanda soit l'une des filles les plus hypocrites de cette planète, elle était finalement étrangement sincère avec Finn, car ses réactions étaient totalement indépendantes de la volonté du jeune homme.
Elle n'était d'ailleurs pas la seule, il y avait beaucoup de pestes à Saint Auguste, pas mal de forts tempéraments... Et d'autres qui ne l'étaient au contraire absolument pas. Le jeune homme se remémora avec amusement la scène de la veille, lorsque la petite esclave personnel d'Amanda s'était retrouvée recouvert de café de la tête au pied. La jeune rouquine avait alors dégagé un puissant mélange de honte et de contrariété. Si il l'avait voulu, Finn n'aurait eu absolument aucun mal à la faire se sentir incroyablement bien et détendue, à lui redonner toute sa confiance en elle. Seulement ce n'était pas dans ses habitudes d’interférer de la sorte. Il avait préféré rester au loin, goûtant avec délectation les émotions nouvelles qui se vaporisaient dans l'air. Bon, ce n'était pas très cool, mais l'ennui était une des émotions qu'il arrivait le moins à maîtriser, et tous les prétextes étaient bon pour s'amuser un peu.
Il se redressa et se dirigea vers sa salle de bain, se préparant pour l'une des habituelles fête d'Amanda. Celle-ci en particulier était très importante, presque obligatoire même pour tous élève de Saint Auguste qui se respecte. Le jeune homme se saisit d'un de ses smoking sur-mesure qu'il enfila rapidement avant de passer en vitesse se rafraîchir le visage dans sa salle de bain. A peine vingt minute plus tard, il était prêt à se jeter dans la fosse aux lions où un véritable bouillon d'émotions l'attendait. Ça allait être un festin. Au menu ? Joie, désir, fébrilité, anxiété, plaisir et évidemment, une bonne louche de jalousie.
Il était dans les premiers à atteindre l'appartement gigantesque et clinquant de la plus peste des élèves de Saint Auguste. Celle-ci leur ouvrit la porte, débordante de fierté et d'un tas d'émotions narcissiques très exotiques. Finn lui adressa un immense sourire, se détachant de la foule fébrile derrière lui. La fébrilité était une émotion un peu trop commune à son goût, il devait y faire attention. Les émotions étaient parfois comme du chocolat : Quand tu en mange trop, tu te tape une putain de crise de foie et tu deviens malade comme un chien, à pleurer que plus jamais tu en bouffera avant de t'y remettre dès le lendemain.
▬ Ahhhh Amanda Williams. Souffla-t-il en arrivant à sa hauteur.
Mon bouquet d'émotions préféré.
Le jeune homme avait soudain hâte que la fête décolle, un fort sentiment d’impatience le gagna tant il était avide de goûter à toutes les nouvelles émotions qui pouvaient se retrouver dans l'une des célèbres fêtes d'Amanda Williams. Il se fit la réflexion qu'il devait avoir l'air d'un toxico en manque.