Et malgré le bordel, malgré ce que venait de balancer Connor à la cantonade et qui se révélait être terrifiant, malgré la tournure que prenait les événements, quelques uns fermèrent leur gueule alors que l'appel de la porte semblait attirer Nick. Il ne manquait plus que ça. Qui pouvait bien pouvoir se pointer maintenant ? Ils n'étaient pas une auberge, bordel, la ville entière n'allait pas passer par la baraque des Bass. Le regard d'Ally dériva donc vers l'entrée, pour froncer les sourcils, essayant de distinguer le visage de la personne qui venait de frapper, mais sa voix résonna avant même qu'il ne s'avance dans la lumière.
Et alors la brune se rendit compte qu'elle lui était étrangement familière, et que ce simple fait était à la fois détestable et dérangeant. Il lui fallut une poignée de secondes pour comprendre de qui il s'agissait.
Elle se figea. Non. Non, c'était une blague. Non, c'était impossible. Non, tout ça c'était des conneries, c'était les conneries de Matthew, mais ça ne pouvait pas être réel, ça ne pouvait tout simplement pas être réalisable, il était mort putain. Il était mort. Quand bien même elle en était la preuve du contraire, les morts ne revenaient pas à la vie comme ça. Il ne pouvait pas s'agir de lui, ils l'avaient tous vu crever, treize ans plus tôt, tout ça c'était de l'histoire ancienne, il ne pouvait pas faire de come back comme ça, parmi eux, après tout ce temps.
Après tout ce temps.
Drake.
- C'est une blague, hein..? Demanda-t-elle, la voix tremblante, sans savoir si elle était réellement audible.
Une immense blague, par pitié, mais pas la réalité. Comment il pouvait être là ? Comment il pouvait être vivant, comment il pouvait les avoir retrouvé, hein ? Il n'avait pas le droit. Quand bien même il voulait revenir parmi eux, il n'avait pas le droit. N'importe qui mais pas lui. Par pitié, pas lui. Pas ce mec là, avec sa nonchalance détestable, qui tenait debout, après ces années où il aurait du pourrir dans sa putain de tombe, ou dans les restes d'entrailles d'un zombie décomposé, à des milliers de kilomètres d'ici.
Elle n'avait pas oublié.
Elle n'avait rien oublié.
Aucune des merdes qu'il lui avait fait subir, aucun des coups qu'il lui avait donné, aucun des mots qu'il lui avait adressé, aucune des menaces qu'il avait proféré, et aucune des violences qu'il avait fait endurer à son corps. Elle se rappelait de cet enfer avec toujours autant de précision. Celle d'une gamine à qui on avait trafiqué la mémoire pour des conneries, des raisons inconnus, des choses dans lesquelles elle n'avait rien à voir, en entraînant Ale dedans, alors qu'il n'y était pour rien. Ouais, c'était exactement ça, c'était toujours cette putain de mémoire, qui superposait des choses qu'elle n'avait pas vécu, avec leur réel passé. Elle s'était efforcée d'oublier tout ce qu'il s'était passé à New York, avec sa mort, avec leur fuite, avec sa grossesse, avec toutes ces choses qui avaient creusé un fossé entre elle et cette partie de sa vie. Comme ils l'avaient fait à chaque coup dur, elle s'était refusée de s'attarder sur cet épisode.
Combien de temps son nom, ses actes, son visage, l'avait hanté ?
Combien de fois elle s'était réveillée en se demandant si tout cela était réellement terminé ?
Combien d'insomnies avait-elle enchaîné parce que rien ne se décidait à lui sortir du crâne ?
Elle ne savait plus les compter. Il y en avait juste eu beaucoup trop.
Si seulement ça lui était paru infiniment loin, si seulement il avait changé, peut-être qu'elle n'aurait pas eu autant mal qu'à cet instant précis, peut-être qu'elle aurait su refréner la terreur qui s'installait au fond d'elle, peut-être qu'elle aurait eu moins de mal à le dévisager. Mais il était resté exactement le même, une copie conforme de celui qu'ils avaient tous connu, sans doute grâce aux miracles de la conservation et de la résurrection, exactement le même, avec son sarcasme naturel, et son regard perçant, alors que la situation était totalement incongrue. Comme si son retour était normal.
Comme si il avait réellement quelque chose à foutre ici.
Comme si ils avaient eu besoin de son retour.
- C'est pas possible... Et sa voix était carrément inaudible. On t'attendais absolument pas, t'as rien à foutre ici, t'étais censé être mort putain ! Elle fit un pas, et s'arrêta, finalement incapable de se rapprocher de lui, incapable de faire quoi que ce soit, figée dans la réflexion de tout ce que son retour signifiait, horrifiée. Tu dégages, Drake, tu vires de là et tu laisses Jude tranquille, mais tu restes pas ici, t'as pas le droit de revenir, tu devrais être... La brune ne termina pas sa phrase, passa une main paniquée sur son visage, et essaya vainement de ne pas se taper une crise de nerfs, juste là, alors qu'elle n'était en face de lui que depuis une minute tout au plus, de ne pas aggraver les choses même si elles semblaient déjà bien enfoncées. N'importe où, n'importe où mais pas ici...
Il y eut une seconde de silence, puis la voix grave de Raphaël s'éleva juste derrière elle.
- Ouais. Ouais tu vas dégager maintenant, et personne va chercher Jude. Personne, bordel. Sinon je vous jure que je le trucide, et toi avec. Et d'ailleurs, je sais même pas ce qui me retient, tu sais quoi. Affirma-t-il, en essayant de canaliser toute la rage qui semblait exploser à l'intérieur même de son esprit, se retenant pour ne pas lui sauter à la gorge.
Drake allait devoir tourner les talons, et repartir de là où il venait. Personne ne voulait de lui ici, personne, et pas même Jude, certainement pas Jude. Pas après toutes ces années, pas après tout ce qu'ils avaient vécu. Il s'était reconstruit, il était heureux, il avait Nate, il avait Léo, il avait le groupe, il était stable et, plus que tout, il avait retrouvé une véritable vie. Après toutes les horreurs qu'il avait enduré, il était heureux. Heureux. Est-ce que quelqu'un pouvait seulement saisir le caractère crucial de ce mot ? Combien de personnes avaient une chance sur cette planète d'avoir droit au bonheur ? Jude faisait partie de ces personnes qui en avaient trop vu, trop vécus, qui avaient beaucoup trop souffert de ce monde merdique, trop supporté ces coups de pote que la vie leur offrait, des choses humainement insoutenables qu'il avait traversé ô combien de fois, et bordel il ne savait que trop bien à quel point il avait pu en pâtir, de ça et de tellement d'autres choses. Jude avait plus que n'importe qui le droit d'être heureux, putain, d'avoir une belle vie, de vivre son amour avec Nate, et Drake n'avait tout simplement le droit de détruire tout ce qu'il avait retrouvé depuis si peu de temps, au nom de son amour-propre.
Jude était passé à autre chose. Jude avait tiré un trait sur tout cela.
Jude n'appartenait pas à Drake. Plus jamais. Il n'était plus censé vivre ces conneries et se faire traiter comme une merde par son frère, et même si Raphaël connaissait la complexité de leur relation, de leur passé, de leur histoire, rien n'excusait ce qu'avait pu faire Drake, pendant toutes ces années. Et encore moins le peu qu'il avait pu observer lui-même lors de leur séjour à New York, et qui déjà n'en signifiait que trop. Et puis, ce type avait non seulement fait souffrir Jude, mais il les avait tous emprisonnés, avait plongé Pandora dans un état comateux, avait balancé Maya avec son ex, avait exploité Ale en tant que soldat, avait fait des choses indescriptibles au cerveau de Nick, avait violé tranquillement sa sœur comme si de rien n'était, avait tué de sang froid les sœurs de Jill sous leurs yeux, avait prévu de tous les buter sans rien cacher, et surtout, surtout, il avait éradiqué une bonne partie de la population mondiale.
Sa mort était la dernière chose qu'on attendait de lui, la dernière chose qu'on aurait pu lui souhaiter.
- Vraiment, Drake, retourne voir les merdes que t'as crée, elles attendent un repas dehors, et disparais pour de bon. Personne ne regrette ta mort, personne n'attendait ton retour, et absolument rien ne me dit que tu feras long feu ici, vu le nombre de personne qui te haïssent dans cette pièce. Alors nan, nan crois-moi tu tires une croix sur Jude, sur nous tous, et tu te barres, c'est tout. T'avais produit suffisamment de merde autour de toi, treize ans plus tôt, et personne n'en redemande. Reprit-il en s'avançant, les poings serrés, le regard fermé. A croire que ça te suffit pas, t'en veux toujours plus, hein ? Et il était dégoûté. Dégoûté, énervé, et amer.
Et Nate, hein ? Est-ce qu'on avait seulement le droit de lui faire ça, à lui ? Comme si il n'en avait pas vu, des vertes et des pas mûres. Comme si il n'avait pas souffert, durant toutes ces années, dans des contextes différents, des batailles différentes. Peu importe si ils n'étaient pas aussi proches que Raphaël l'aurait voulu, il le connaissait tout de même un minimum. Nate était Nate, et il avait lui aussi vu trop de conneries, trop de désastres, vécu trop de malheurs. Il avait déjà été séparé de Jude deux fois, et qu'est-ce que l'arrivée de Drake était censée signifier, mis à part une fêlure dans leur relation ? Personne n'avait le droit de briser le cœur, de détruire quelqu'un, sous prétexte qu'il était de nouveau parmi les vivants. Nate et Jude. Pas Drake et Jude. Ils s'aimaient, bordel, pourquoi est-ce que toutes les barrière du monde s'obstinaient à se mettre entre eux ? De quel droit ce mec se permettait de briser tout ça d'un claquement de doigt ? Depuis quand il se permettait d'exiger de voir Jude ?
Il irait se faire foutre.
Au nom de n'importe quelle personne qui avait souffert à cause de ce sonar, dans cette pièce, il irait se faire foutre.
- Va te faire foutre. Et fous-lui la paix, définitivement. Jude était son meilleur pote, et bordel ça ne se passerait pas comme Drake l'aurait décidé. Il n'avait pas la parole suprême. Seulement le don de se foutre là où il ne devait jamais être. Et Raphaël lui lança un long regard glacial, avant de finalement conclure. Et j'le répète, le premier qui prend l'initiative d'aller chercher Jude se prend mon poing dans la gueule. J'obéis à personne, pas même à Drake Sheridan.
Et alors la brune se rendit compte qu'elle lui était étrangement familière, et que ce simple fait était à la fois détestable et dérangeant. Il lui fallut une poignée de secondes pour comprendre de qui il s'agissait.
Elle se figea. Non. Non, c'était une blague. Non, c'était impossible. Non, tout ça c'était des conneries, c'était les conneries de Matthew, mais ça ne pouvait pas être réel, ça ne pouvait tout simplement pas être réalisable, il était mort putain. Il était mort. Quand bien même elle en était la preuve du contraire, les morts ne revenaient pas à la vie comme ça. Il ne pouvait pas s'agir de lui, ils l'avaient tous vu crever, treize ans plus tôt, tout ça c'était de l'histoire ancienne, il ne pouvait pas faire de come back comme ça, parmi eux, après tout ce temps.
Après tout ce temps.
Drake.
- C'est une blague, hein..? Demanda-t-elle, la voix tremblante, sans savoir si elle était réellement audible.
Une immense blague, par pitié, mais pas la réalité. Comment il pouvait être là ? Comment il pouvait être vivant, comment il pouvait les avoir retrouvé, hein ? Il n'avait pas le droit. Quand bien même il voulait revenir parmi eux, il n'avait pas le droit. N'importe qui mais pas lui. Par pitié, pas lui. Pas ce mec là, avec sa nonchalance détestable, qui tenait debout, après ces années où il aurait du pourrir dans sa putain de tombe, ou dans les restes d'entrailles d'un zombie décomposé, à des milliers de kilomètres d'ici.
Elle n'avait pas oublié.
Elle n'avait rien oublié.
Aucune des merdes qu'il lui avait fait subir, aucun des coups qu'il lui avait donné, aucun des mots qu'il lui avait adressé, aucune des menaces qu'il avait proféré, et aucune des violences qu'il avait fait endurer à son corps. Elle se rappelait de cet enfer avec toujours autant de précision. Celle d'une gamine à qui on avait trafiqué la mémoire pour des conneries, des raisons inconnus, des choses dans lesquelles elle n'avait rien à voir, en entraînant Ale dedans, alors qu'il n'y était pour rien. Ouais, c'était exactement ça, c'était toujours cette putain de mémoire, qui superposait des choses qu'elle n'avait pas vécu, avec leur réel passé. Elle s'était efforcée d'oublier tout ce qu'il s'était passé à New York, avec sa mort, avec leur fuite, avec sa grossesse, avec toutes ces choses qui avaient creusé un fossé entre elle et cette partie de sa vie. Comme ils l'avaient fait à chaque coup dur, elle s'était refusée de s'attarder sur cet épisode.
Combien de temps son nom, ses actes, son visage, l'avait hanté ?
Combien de fois elle s'était réveillée en se demandant si tout cela était réellement terminé ?
Combien d'insomnies avait-elle enchaîné parce que rien ne se décidait à lui sortir du crâne ?
Elle ne savait plus les compter. Il y en avait juste eu beaucoup trop.
Si seulement ça lui était paru infiniment loin, si seulement il avait changé, peut-être qu'elle n'aurait pas eu autant mal qu'à cet instant précis, peut-être qu'elle aurait su refréner la terreur qui s'installait au fond d'elle, peut-être qu'elle aurait eu moins de mal à le dévisager. Mais il était resté exactement le même, une copie conforme de celui qu'ils avaient tous connu, sans doute grâce aux miracles de la conservation et de la résurrection, exactement le même, avec son sarcasme naturel, et son regard perçant, alors que la situation était totalement incongrue. Comme si son retour était normal.
Comme si il avait réellement quelque chose à foutre ici.
Comme si ils avaient eu besoin de son retour.
- C'est pas possible... Et sa voix était carrément inaudible. On t'attendais absolument pas, t'as rien à foutre ici, t'étais censé être mort putain ! Elle fit un pas, et s'arrêta, finalement incapable de se rapprocher de lui, incapable de faire quoi que ce soit, figée dans la réflexion de tout ce que son retour signifiait, horrifiée. Tu dégages, Drake, tu vires de là et tu laisses Jude tranquille, mais tu restes pas ici, t'as pas le droit de revenir, tu devrais être... La brune ne termina pas sa phrase, passa une main paniquée sur son visage, et essaya vainement de ne pas se taper une crise de nerfs, juste là, alors qu'elle n'était en face de lui que depuis une minute tout au plus, de ne pas aggraver les choses même si elles semblaient déjà bien enfoncées. N'importe où, n'importe où mais pas ici...
Il y eut une seconde de silence, puis la voix grave de Raphaël s'éleva juste derrière elle.
- Ouais. Ouais tu vas dégager maintenant, et personne va chercher Jude. Personne, bordel. Sinon je vous jure que je le trucide, et toi avec. Et d'ailleurs, je sais même pas ce qui me retient, tu sais quoi. Affirma-t-il, en essayant de canaliser toute la rage qui semblait exploser à l'intérieur même de son esprit, se retenant pour ne pas lui sauter à la gorge.
Drake allait devoir tourner les talons, et repartir de là où il venait. Personne ne voulait de lui ici, personne, et pas même Jude, certainement pas Jude. Pas après toutes ces années, pas après tout ce qu'ils avaient vécu. Il s'était reconstruit, il était heureux, il avait Nate, il avait Léo, il avait le groupe, il était stable et, plus que tout, il avait retrouvé une véritable vie. Après toutes les horreurs qu'il avait enduré, il était heureux. Heureux. Est-ce que quelqu'un pouvait seulement saisir le caractère crucial de ce mot ? Combien de personnes avaient une chance sur cette planète d'avoir droit au bonheur ? Jude faisait partie de ces personnes qui en avaient trop vu, trop vécus, qui avaient beaucoup trop souffert de ce monde merdique, trop supporté ces coups de pote que la vie leur offrait, des choses humainement insoutenables qu'il avait traversé ô combien de fois, et bordel il ne savait que trop bien à quel point il avait pu en pâtir, de ça et de tellement d'autres choses. Jude avait plus que n'importe qui le droit d'être heureux, putain, d'avoir une belle vie, de vivre son amour avec Nate, et Drake n'avait tout simplement le droit de détruire tout ce qu'il avait retrouvé depuis si peu de temps, au nom de son amour-propre.
Jude était passé à autre chose. Jude avait tiré un trait sur tout cela.
Jude n'appartenait pas à Drake. Plus jamais. Il n'était plus censé vivre ces conneries et se faire traiter comme une merde par son frère, et même si Raphaël connaissait la complexité de leur relation, de leur passé, de leur histoire, rien n'excusait ce qu'avait pu faire Drake, pendant toutes ces années. Et encore moins le peu qu'il avait pu observer lui-même lors de leur séjour à New York, et qui déjà n'en signifiait que trop. Et puis, ce type avait non seulement fait souffrir Jude, mais il les avait tous emprisonnés, avait plongé Pandora dans un état comateux, avait balancé Maya avec son ex, avait exploité Ale en tant que soldat, avait fait des choses indescriptibles au cerveau de Nick, avait violé tranquillement sa sœur comme si de rien n'était, avait tué de sang froid les sœurs de Jill sous leurs yeux, avait prévu de tous les buter sans rien cacher, et surtout, surtout, il avait éradiqué une bonne partie de la population mondiale.
Sa mort était la dernière chose qu'on attendait de lui, la dernière chose qu'on aurait pu lui souhaiter.
- Vraiment, Drake, retourne voir les merdes que t'as crée, elles attendent un repas dehors, et disparais pour de bon. Personne ne regrette ta mort, personne n'attendait ton retour, et absolument rien ne me dit que tu feras long feu ici, vu le nombre de personne qui te haïssent dans cette pièce. Alors nan, nan crois-moi tu tires une croix sur Jude, sur nous tous, et tu te barres, c'est tout. T'avais produit suffisamment de merde autour de toi, treize ans plus tôt, et personne n'en redemande. Reprit-il en s'avançant, les poings serrés, le regard fermé. A croire que ça te suffit pas, t'en veux toujours plus, hein ? Et il était dégoûté. Dégoûté, énervé, et amer.
Et Nate, hein ? Est-ce qu'on avait seulement le droit de lui faire ça, à lui ? Comme si il n'en avait pas vu, des vertes et des pas mûres. Comme si il n'avait pas souffert, durant toutes ces années, dans des contextes différents, des batailles différentes. Peu importe si ils n'étaient pas aussi proches que Raphaël l'aurait voulu, il le connaissait tout de même un minimum. Nate était Nate, et il avait lui aussi vu trop de conneries, trop de désastres, vécu trop de malheurs. Il avait déjà été séparé de Jude deux fois, et qu'est-ce que l'arrivée de Drake était censée signifier, mis à part une fêlure dans leur relation ? Personne n'avait le droit de briser le cœur, de détruire quelqu'un, sous prétexte qu'il était de nouveau parmi les vivants. Nate et Jude. Pas Drake et Jude. Ils s'aimaient, bordel, pourquoi est-ce que toutes les barrière du monde s'obstinaient à se mettre entre eux ? De quel droit ce mec se permettait de briser tout ça d'un claquement de doigt ? Depuis quand il se permettait d'exiger de voir Jude ?
Il irait se faire foutre.
Au nom de n'importe quelle personne qui avait souffert à cause de ce sonar, dans cette pièce, il irait se faire foutre.
- Va te faire foutre. Et fous-lui la paix, définitivement. Jude était son meilleur pote, et bordel ça ne se passerait pas comme Drake l'aurait décidé. Il n'avait pas la parole suprême. Seulement le don de se foutre là où il ne devait jamais être. Et Raphaël lui lança un long regard glacial, avant de finalement conclure. Et j'le répète, le premier qui prend l'initiative d'aller chercher Jude se prend mon poing dans la gueule. J'obéis à personne, pas même à Drake Sheridan.




