Baron regrettait presque d'avoir posé sa question. Si certaines réponses l'avançaient un peu plus vers la compréhension, comme celle de Stephen, ou encore celle d'Eden (oui oui c'était étonnant), le comportement d'autres gosses pourris gâtés lui donnaient juste envie d'écraser leur tête sur la magnifique et propre table basse. Il apporterait ainsi une touche personnelle à la déco, mélange de sang et de bouts de cerveau. (ce post vous est proposé par "toi aussi, décore ta maison avec deux mains gauches")
Les imaginer réduits au silence le satisfaisait au plus grand point. C'était comme ça qu'il calmait la plupart de ses crises de colère imminentes : imaginer tout le mal qu'il pourrait faire à l'autre, jusqu'à-ce que mort s'ensuive si possible, c'était aussi efficace que s'il le faisait réellement.
Il eut donc une forte envie de foutre une claque à Stan, qui apparemment ne savait que se plaindre. Qu'ils s'en aille, ce nain à la couleur de cheveux plus que douteuse !
Il ne jeta pas un regard à Déborah quand elle se leva. Il ne l'aimait absolument pas. Ça lui faisait les pieds, à cette potasse des beaux quartiers ! Son petit Jeffreynounet n'était plus là pour s'occuper d'elle, c'était fort triste bouhouhou, pleurons tous bien fort. S'enfuyait-elle comme une mauvaise actrice d'un mauvais film pour se faire remarquer ? Cette tête de chien battu lui donnait envie de se suicider à coup d'enveloppe. De dégoût. Pas de compassion. Il n'avait aucune pitié pour personne en général (sauf peut-être les gens de moins de douze ans), et pour les Overtowniens encore moins. Ils étaient de la pire espèce, ceux qui se plaignent sans rien savoir de ce qui peut vraiment faire du mal, élevés chez papa-maman depuis toujours, nourris et blanchis sans aucun problème, et que je vais à une suuuper soirée où je vais m'arroser de champagne et jeter de la bouffe par la fenêtre en même temps que les billets de 100 de mon petit papa chéri pendant que sous mes pieds, une population crève de faim et d'ennui.
Ils lui inspiraient tous mépris et dégoût. Jamais il ne s'abaisserait à aller aider une de ces personnes. Qu'ils crèvent. Tous.
Le pire fut l'intervention ô combien utile d'Aiden. (en fait je savais même pas de Camila avait des frères et soeurs mais passons) Quel petit trou du cul.
L'imaginer entrain de se tordre de douleur ne lui paraissait pas suffisant, en ce moment même. C'est pour ça que, sans vraiment y réfléchir, il attrapa la première chose qu'il avait sous la main (c'est à dire la télécommande de la télévision écran plat, qui ô bonheur était lourde et encombrante. Sinon il avait le choix avec Stan.) et le lui lança dessus. Il ressenti à nouveau une extrême satisfaction à la voir (et l'entendre) le percuter au visage. Bien fait pour sa gueule.
- Vous êtes vraiment une bande de pauvres connards. Il le dévisagea d'un rictus malveillant. Bien sûr que si, t'es sur la liste noire, gros con, alors arrête de prendre ton air de bourgeoise irritée, sinon ça va mal se finir, ok ? C'est fini pour toi, le temps où t'avais un nom (quoique, est-ce que t'avais seulement un nom, où tu t'imaginais juste être populaire ? 'mon avis, c'était plutôt un fantasme...) et où tu pouvais sucer des culs pour te faire bien voir, pauv' gland. Maintenant t'es au même niveau que tout le monde, oui oui, t'as bien entendu, que tout le monde, donc au même niveau que moi, qu'eux, et que tous ces putain de déchets qui viennent d'en dessous. Alors j'te conseille de ravaler ta fierté vite fait, sinon tu risques de te chier dessus. Et au pire casse-toi et fais-toi tuer, ça ira plus vite et ça m'empêchera de devoir le faire. J'aime pas me salir les mains avec des trucs qui n'en valent pas la peine.
Il se leva sans lui donner le temps de répliquer (et de toute manière, quoi qu'il puisse dire, il doutait fortement que ça l'affecte beaucoup. Et il se foutait éperdument de ce que pouvait penser un type comme lui.) et s'en alla dans la cuisine.
ils me font chier putain je vais les tuer je vais les
anéantir comment c'est possible d'être
égoïste à ce point je vais les tuer je les hais je les hais je les
hais qu'ils s'en aillent qu'ils se cassent bande de connards tous des
pourritures qu'ils se fassent tuer c'est tout ce que je leur
souhaite qu'ils meurent qu'ils crèvent c'est tout ce qu'ils
méritent je les hais je les hais je les hais
JE LES HAIS
D'un apparent calme olympien, mais tremblant d'une rage intense, résultat d'une haine non refoulée envers ces sales bourges, il ouvrit un placard au hasard. Il fallait qu'il s'occupe. S'il retournait à bas les mains vides, il allait en empoigner un et l'étrangler, l'étrangler, l'étrangler, ah oui, il le tuerait et puis il tuerait les autres.
Dans ce placard il découvrit un paquet de chips. Parfait. Parfait de chez parfait.
Et s'il connaissait bien Aurora, dans le frigo il y aurait...
Bingo. Un casier de bières. Le nec plus ultra du consommable, ça. Elle pouvait bien faire la maligne avec ses toast et sa bouffe raffinée, au fond d'elle se terrait une chose avide de bière et d'hamburgers, de musique lourde et de fin de soirées dans un quartier miteux de l'Undertown à taguer les murs et faire des paris stupides, pour ensuite se retrouver le lendemain affalée sur le sol d'un endroit inconnu en compagnie d'autres gens tout aussi paumés.
C'était pour ça qu'il ne la considérait pas vraiment comme une Overtownienne. Elle, elle pouvait très bien se détacher de ses habitudes de gosse pleine de fric et faire une descente dans l'Undertown sans crainte de se faire prendre. Enfin bon, peut-être pas, sans conscience du danger plutôt, vu qu'elle était quand même un peu stupide sur les bords. Mais elle avait dépassé le stade des soirées mondaines et des cocktails branchés, et ça c'était cool.
Sur cette pensée absolument inutile qui servait juste à faire plus de lignes comme ça ça faisait meuf inspirée alors que j'écris de la merde depuis tantôt, il retourna dans le salon avec les bières, les chips, et l'infime impression que la soirée allait tout à coup radicalement changer.
- Bon la grosse désolé tes toast sont bien mignons mais voilà i'm'faut autre chose moi t'sais bien donc bon, j'me suis servi tu m'en veux pas je sais bien.
Il posa le casier sur la table (et ça fit un bruit bizarre style "je suis entrain de me casser en deux muahaha")
- Et vous les emmerdeurs, dit-il en faisant un geste du menton vers les Overtowniers, allez vous chier du champagne ou un truc du genre, les bière c'est pas pour vous.
Même si la main d'Eden sur sa tête le surprenait fortement, il ne se dégagea bizarrement pas. Étrangement, il lui semblait qu'il était préférable qu'il reste bien calme. Peut-être pour la bonne entente générale. Va savoir.
Ces gens l'ennuyaient terriblement.
- Ça vous dirait pas de fermer vos gueules un peu pour voir ? On s'en fout de qui vous êtes, d'où vous venez et encore plus du fait que vous soyez pas content de c'qu'i s'passe en ce moment. ON S'EN FOUT, VOUS PIGEZ CA ?! Vous êtes pathétique, tous autant que vous êtes, y en a pas un pour rattraper l'autre. Vous pensez pas qu'on a des problèmes un peu plus importants que de savoir si on a une notoriété assez importante pour pas se faire chopper par des poulets, et de s'engueuler pour ça, putain ?! MAIS MERDE, ouvrez les yeux, bande d'enfournés, on est tous dans une putain de merde et tout ce qui vous importe c'est pas de savoir quand les flics vont arriver et nous trouer de balles, mais bien de à qui la faute ! RÉVEILLEZ-VOUS BANDE DE PÉDALES, C'EST FINI LES VACANCES LA !
Il attrapa une bière, la décapsula contre le bord du casier et s'appuya contre le canapé.
Chad... heu, on va dire qu'il mangeait.