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Transphobe
#1
Bon alors voilà

Récemment, dans une discussion, j'ai dis un truc qui laissait sous-entendre que je pensais que le transsexualisme était une maladie mentale, dans le sens où on se prend pour quelque chose qu'on n'est clairement pas, et que ça ressemble à un trouble de l'identité, ou un truc du genre.

Et là, j'ai vu que des gens me considéraient comme transphobe pour ça ; je peux le comprendre, mais c'est un peu rapide de braquer un mot en -phobe dés qu'on met en doute le bien-être mental de certaines personnes. Je ne souhaite pas de mal aux trans, qui sont avant tout des humains comme les autres, et je n'ai pas particulièrement envie d'éradiquer le transsexualisme, c'est juste que je garde à l'esprit que c'est techniquement une anomalie, contrairement à ce que des délires comme la théorie du genre avancent. 

Du coup je considère comme une erreur qu'on essaye de normaliser le transsexualisme, comme si c'était quelque chose de normal et de sain, alors que derrière ça, il y a un trouble suffisamment grave pour que 40% des trans tentent de se suicider au moins une fois au cours de leur vie. Je pense qu'ils ont besoin d'une aide autre que la normalisation du transsexualisme.

Et maintenant, je suis curieux et j'aimerais savoir ce que ce forum pense du transsexualisme, et de la tendance croissante à vouloir banaliser ça dans les médias. Histoire de savoir si je suis le seul qui a des réserves là-dessus
Comme ça, dans 10 ans, quand Christopher Nolan dira que j'ai été sa principale source d'inspiration, tu pourras affirmer fièrement "j'y étais".
 
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#2
Personnellement, étant étudiante en journalisme je touche parfois à ce genre de sujets en cours et les avis sont très très mitigés.

À partir du moment où une personne fait un choix, décide de quelque chose, dans ce cas là par exemple d'être femme ou d'être homme ou bien autre, je suis pour laisser la personne vivre sa vie comme elle entend de le faire.

En ce qui concerne ton exemple du taux de suicide, quand tu regardes les raisons de ces suicides, tu peux lire harcèlement à l'école ou au travail, un docteur a refusé de l'examiner ou encore victime de violences sexuelles. Je ne vais pas tous les énumérer mais les raisons principales ne sont en aucun cas la faute de la personne mais celle de la société. Je n'ai pas lu tout le dossier donc évidemment qu'il doit y avoir d'autres causes.

Donc quand tu considères que banaliser la transsexualité est une erreur, je ne suis pas d'accord car aujourd'hui, les personnes devraient pouvoir être libre d'être ce qu'il veut et la société malheureusement n'est pas encore au point en ce qui concerne la liberté de ces personnes là... Je pense notamment à Julia, une femme trans qui s'est faite agressée à Paris il y a quelques temps. Depuis son agression, elle a fait le tour des médias afin de défendre sa communauté.

Pourquoi devrait-on négliger une communauté fière et heureuse sous-prétexte qu'elle soit différente des autres ?

Voilà je pense avoir tout dit... Smile

Petite modification : évidemment je ne veux pas parler au nom de cette communauté ! je ne sais absolument pas ce qu'ils peuvent ressentir au quotidien etc. je cherche juste à les défendre d'une certaine façon avec le peu de connaissance que j'ai Smile
 
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#3
(Je m'excuse à l'avance si je dis des bêtises ou quoi, je ne m'y connais pas beaucoup mais je voulais quand même répondre, si je me trompe sur certaines choses je serai ravie qu'on me reprenne pour m'expliquer pourquoi je me trompe / dis des bêtises etc.)

Je ne m'y connais pas beaucoup sur ce sujet, j'ai une fois entendu des amis en discuter et j'avais l'impression qu'ils tenaient quelque chose :
D'un point de vue purement biologique, on nait fille ou garçon, selon les organes qu'on a. Autour de ça, la société a développé des sortes de "normes" de ce que veut dire être une fille ou être un garçon (par exemple, une fille a le droit de mettre des robes, un garçon doit être viril etc.). Mais je ne pense pas qu'il y ait une norme "absolue" de ce que veut dire être une fille ou un garçon (à part la distinction biologique).
Du coup, j'ai l'impression que lorsque des transgenres disent ne pas se sentir fille / garçon, c'est dans le sens où ils ne se retrouvent pas dans la norme imposée par la société. Mais cette norme n'a pas de fondement logique / absolu (encore une fois on met à part le côté biologique) : en poussant un peu à l'extrême, dire "je ne me sens pas fille" aurait aussi peu de sens que de dire "je ne me sens pas rousse" pour un brun. Dans le sens où c'est une différence biologique, mais ensuite tout ce qui est comportemental est en quelques sortes imposé par la société.

Je ne sais pas si j'ai été très claire, je pourrais essayer de reformuler si besoin, mais en bref, pour moi, le sexe et le comportement sont deux choses différentes : le premier est purement biologique et on n'y peut rien (comme la couleur des yeux, cheveux etc.) tandis que dans le deuxième on peut être un peu ce qu'on veut. Si la société n'imposait pas des normes quant à ce que veut dire être une fille / un garçon, je ne pense pas qu'il y aurait de personnes transgenres, puisqu'elles seraient libres de se comporter comme elles le veulent sans être enfermées dans une norme relative à leur sexe.
https://i.imgur.com/J28CbjI.png
https://i.imgur.com/4ROz6zA.png
Poppy et
Froggy Frog
veillent sur
vous


50
Armeo Catalena

 
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#4
Alors, déjà, "transsexualisme", ça ne se dit pas. Pour plusieurs raisons, mais la principale étant que ça renvoie à la maladie mentale justement, à l'époque où c'était considéré comme une pathologie. Le terme "transidentité", serait plus approprié.

Ensuite, je vais être formelle : ÊTRE TRANS N'EST PAS UNE MALADIE MENTALE. Il ne faut pas oublier qu'on vit dans une société extrêmement patriarcale et genrée, où les hommes doivent être virils, ne pas montrer leur sentiments etc, et où les femmes doivent être douces et réservées. C'est extrêmement malsain, car ça pousse à des oppressions pouvant entraîner parfois de conséquences graves (on le voit avec la culture du viol par exemple). Et être trans ce n'est pas se retrouver dans l'une des deux catégories auxquelles on a été assigné à la naissance. Parce que se conformer absolument à ce que l'on attend de nous, ça pousse à refouler sa vraie personnalité, et ça nous empêche d'être nous-même. Et pour être pleinement soi, il est parfois vital de transitionner pour ne plus être perçu pour quelque chose que l'on est pas. Ca va parfois jusqu'à entamer une prise d'hormones ou le processus d'opérations chirurgicales pour se rapprocher du genre auquel on s'identifie, et ne plus être appelé "monsieur" ou "madame" dans la rue. Même si toutes les personnes trans ne veulent pas forcément transitionner, je le rappelle.

Être trans, ce n'est pas non plus un choix. Tout le monde préférerait être cisgenre (l'inverse de transgenre) et ne pas se manger de la transphobie dans la gueule tous les jours. Nombre incalculable de personnes trans sont assassinées pour le seul fait d'être différentes, et y'a aussi toutes les discriminations à l'embauche, administratives, les personnes qui refusent de sortir avec une personne trans parce que c'est bien trop dégoûtant, etc... Sans compter que transitionner est un véritable parcours du combattant, coûte cher et peut prendre parfois des années. Alors que pour ce personnes, il s'agit de quelque chose de vital. Et je précise que si de nombreux trans se suicident, ce n'est pas parce qu'ils sont trans, mais à cause de la transphobie constante dans laquelle ils vivent ! Je n'ai plus les statistiques, mais j'avais vu quelque part que les personnes trans soutenues par leur famille ne se suicidaient généralement pas. Conclusion : si on ne veut plus que les personnes trans vivent mal, il faut au contraire les encourager dans leur transition plutôt que de les rejeter.

Enfin, je tiens à préciser que le genre ne se cantonne pas aux deux cases "homme" et "femme". Le genre, c'est plutôt un spectre en fait. Y'a plein de personnes qui s'identifient comme "non-binaire", c'est à dire n'être ni un homme ni une femme, les deux, ou parfois de temps en temps un homme ou de temps en temps une femme. Vouloir à tout prix qu'il n'y ait que deux genres, c'est s'enfermer dans une idée fausse car ça n'a jamais été comme ça. La preuve en est avec les personnes intersexes qui naissent avec des organes génitaux pas 100% féminins ou masculins. Et je-ne-sais-plus quel pays reconnait 5 genres. La transidentité existe depuis la NUIT DES TEMPS et n'est pas une déviance, et il serait temps de l'accepter.

Pour finir, je vous laisse avec les chaînes de plusieurs personnes transgenres qui sauront expliquer mieux que moi ce qu'est la transidentité.

https://www.youtube.com/user/16000gothiste
https://www.youtube.com/channel/UCREQUCvi8eBCuamHuwiH9eA
https://www.youtube.com/channel/UCBh39c5r_0buH7_mE8Q26RA
https://www.pixenli.com/image/AjwIUfvz

Plus connue sous le pseudo de Catz63.
Lakienne depuis 2008 qui aime discuter avec anciens comme nouveaux.

La réponse à la vie.
 
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#5
Bonjour à toi, 

Ca fait très longtemps que j’ai pas posté sur ce Forum mais j’avoue que j’ai pris l’habitude de souvent regarder un peu ce qui s’y fait, par nostalgie. Je t’avoue que là je me suis senti un peu obligé de répondre à ton post, et répondre à toutes les personnes qui se posent cette question. Pour commencer, je précise que je ne suis pas une personne trans moi-même, mais un membre très actif de l’association LGBTQI+ d’une grande ville de France, et donc, sensibilisé et au fait de ces questions. 

Je trouve juste que tu manques un peu d’informations sur le sujet, c’est là le problème. Pour déjà répondre les bases, il faut définir ce qu’est l’identité de genre, qui est différente de ce qu’est l’orientation sexuelle, ou l’expression de genre. 

L’identité de genre, c’est comment la personne se caractérise par rapport à son genre, binaire ou non. Expression de genre, c’est comment tu présentes et comment la société te perçois selon ses codes à elles. J’ai l’impression que c’est ce que tu confonds quand tu dis « on se prend pour quelque chose qu'on n'est clairement pas ». Les personnes trans ne se prennent pas pour quelqu’un qu’ils ne sont pas, c’est l’inverse, elles sont quelqu’un qu’elles ne sont pas depuis le début de leur vie. L’OMS a d’ailleurs retiré la transidentité de la liste des troubles mentaux depuis 2018.

Ce qu’on appelle la Dysphorie de genre, (et non le transsexualisme, transsexuel n’étant plus un terme utilisé) n’est pas une maladie mentale (je cite wikipedia qui le définit très bien) : la non-conformité de genre elle même n'est pas un trouble mental. Ce qui caractérise la dysphorie de genre est la présence d'une souffrance clinique significative associée à la non-conformité de genre. 

C’est la Dysphorie de genre, elle même, qui entraine ensuite des possibles troubles, et c’est comme ça que tu as fait le raccourci de : taux de suicide élevé = maladie mentale. 

Ce qui pousse les personnes transgenre au suicide ? Le rejet, le dégoût de soi qu’impose la société, « vivre dans le mauvais corps depuis son enfance ». Entre 5 et 10% des jeunes LGBT ont fait une tentative de suicide selon Le Centre de ressources sur la prévention du suicide. C’est 1.5 ou 3 fois plus grand que les ados hétéros, et là je te cite des sources que je trouve à la volée mais pas besoin d’aller chercher plus loin. Est-ce que tu considères alors que toutes les formes d’orientations sexuelles (en plus des identités de genre) sont des anomalies ?

(J’ai pas cherché les chiffres exacts pardon mais il y a aussi un pourcentage énorme de personne trans assassinées chaque jour dans le monde, encore, discriminations etc)

Ensuite j’aimerais juste préciser qu’en tant que personne visiblement conforme à ton genre assigné à ta naissance, je ne pourrais que trop te conseiller de faire un pas vers les personne trans et à te renseigner sur le sujet. Il est facile de tomber dans le jugement et de faire des raccourcis faciles. Je te conseille d’écouter ce que ces personnes on a dire plutôt que d’essayer de leur expliquer ce qu’elles sont.

Je te link plusieurs articles, je suis sur que tu vas les lire attentivement : 

 
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#6
Je sors de mon tombeau pour venir répondre un peu!
Effectivement la théorie de la maladie mentale a des relents de transphobie. C'est pas un gros mot, c'est comme dire que la théorie de la taille des crânes pour différencier les races est raciste. Si tu veux, il y a un article ici qui explique en détail pourquoi (en se basant sur une étude récente).
Un des aspects qu'on peut classer comme trouble c'est la dysphorie de genre : la détresse de la personne transgenre face à un sentiment d'inadéquation entre son sexe assigné et son identité de genre. Au fur et à mesure des révisions de ce manuel, les expressions transsexualisme, incongruence de genre puis dysphorie de genre ont été successivement utilisées. Depuis 2013, l'APA insiste sur le fait que « la non-conformité de genre elle même n'est pas un trouble mental. Ce qui caractérise la dysphorie de genre est la présence d'une souffrance clinique significative associée à la non-conformité de genre. » (je cite wikipedia lol j'avais la flemme de chercher un truc plus universitaire)
Je sais que ça peut sembler être la même chose mais c'est en vrai assez différent. Dans un cas, tu dis que toute l'identité d'une personne est un trouble mental. Dans l'autre, tu dis que son mal-être par rapport à son corps en est un.
La transidentité a longtemps été considérée comme un trouble mental (le trouble de l'identité de genre), ce qui donnait lieu à plein de trucs sympas comme des thérapies de conversion etc.
Pour moi le soucis est le même que si tu théorisais comme ça : un des instincts primaires de l'être humain c'est celui de la reproduction. On pourrait donc dire (et des gens se gênent pas) que l'homosexualité c'est contre-nature, que c'est une maladie puisqu'elle va envers l'ordre naturel (sous-entendu normal) des choses. Encore une fois, c'est pas tant étirer que de faire cette comparaison puisque l'homosexualité a été considérée comme maladie mentale par l'OMS pendant plusieurs décennies. 
Tu cites le chiffre des suicides : il est effectivement effarant mais comme dit plus haut je crois que tu vois la causalité au mauvais endroit. En effet, le mal-être viennent de la disposition à être : harcelé, agressé sexuellement, nié par sa famille, rejeté par sa famille, isolé. C'est le réaction de rejet des gens voire la haine (dans les cas d'agressions) qui est cause de la majeure partie du mal-être. Si les personnes trans étaient acceptées (et je sais qu'avec des si on refait le monde) et si l'accès à l'opération était facilité je peux garantir que les taux de suicides chuteraient de manière considérable. On peut aussi dire qu'encore une fois, les taux de suicides sont plus élevés pour les gays, lesbiennes et bis, non pas à cause à proprement parler de leur orientation sexuelle mais des violences qu'ils subissent.

Quant à mon avis perso : 
Je pense que le genre et le sexe n'ont pas grand chose à voir. Nous sommes la seule espèce à avoir des notions de genres, et celles-ci varient de cultures en cultures, ce qui montre bien que c'est culturel et non naturel. En tant que société, nous avons fait le choix d'associer un genre par organes génitaux, et ça entraîne tous les codes qui vont avec. Une personne transgenre ne se reconnait pas dans son genre parce que les codes ne lui correspondent pas (c'est un peu ce que dit Catalena). Mais là où je diffère un peu, c'est que ça peut être impossible pour des personnes de pouvoir s'identifier pleinement aux codes de l'autre genre, parce que c'est incrusté dans notre tête qu'il faut un corps type pour pouvoir le faire. Sans compter le fait que socialement une transition ça change la vie. Avoir ce qu'on appelle un "passing" (être perçu comme le genre désiré) ça facilite beaucoup la vie des personnes trans, parce que moins ça se voit qu'on est trans, moins on a le risque d'être agressé, plus on a de chances de trouver du travail, etc.

Il y a aussi le fait qu'il y a plein de gens qui ne ressentent pas l'envie de faire une transition médicale, ni même sociale. Par exemple, il y a plein de gens non-binaires qui présentent une expression de genre très féminine ou très masculine, pas androgyne, et qui sont à l'aise avec ça.

Je pense aussi que le genre c'est au final plus compliqué que s'identifier aux codes, ou du moins plus ancré. Moi je suis une femme. Et je le sais pas parce que j'ai les cheveux longs ou que j'aime me maquiller ou que j'ai des seins. Et c'est pas remis en question par le fait que j'aime les concerts qui font du gros bruit ou que je pourrais regarder Die Hard trois fois d'affilée. Je ne suis pas l'archétype de la meuf parce que personne ne l'est. Je le sens juste au fond de moi.

Et enfin, une autre chose qui fait que je suis convaincue que le genre et le sexe sont différents sont les cas d'enfants intersexes, il y a une vidéo Brut fatalement courte qui aborde rapidement le sujet si tu veux.

Je rajouterai enfin que je suis pas sûre de ce que tu désignes en parlant de la théorie du genre, mais au cas où : si c'est le même truc qu'utilisé par la manif pour tous, ça n'existe pas.
Pour faire simple : la théorie du genre si on devait désigner quelque chose ce serait juste celle que le genre est mental et social et non pas biologique (Différence homme/femme et mâle/femelle). Encore une fois, je pense qu'on peut dire sans trop se mouiller en regardant les autres espèces animales ainsi que les sociétés qui avaient des genres différents des nôtres qu'il s'agit bien d'une idée culturelle.
Il n'y a pas une théorie du genre, il n'y a pas de volonté secrète de transformer tous les gens cis en blougiblouga de genre. Il y a des études qui sont faites, il y a des chercheurs qui travaillent sur la notion de genre, il y a des sociologues qui réfléchissent à ce que ça implique, mais LA théorie du genre, ça n'existe pas. C'est un discours bigot et une espèce de théorie du complot. Un texte long et bien sourcé qui retrace l'arrivée de cette idée de la théorie du genre en France.

Je te recommande cette chaîne (souvent sous-titrée français) d'une femme trans qui fait des vidéos sur bien des sujets et c'est très complet et assez abordable je trouve pour quelqu'un qui n'est pas branché féminisme ou questions lgbt parce qu'elle inclut beaucoup de points de vues et j'aime beaucoup cette vidéo même si elle n'a pas tant à voir avec le sujet du topic je trouve qu'elle montre bien le travail de recherche et de théorie qu'elle fait.

Enfin, même si je sais que ça peut sembler abusé d'entendre dire qu'on est transphobe, j'espère que tu peux prendre un moment pour essayer de réfléchir à pourquoi tes propos sont assez violents envers une personne concernée. Je sais qu'il est facile lorsqu'on nous fait des reproches de se braquer et de partir dans les délires de "special snowflakes". Je pense aussi que c'est bien que tu sois venu poster pour voir ce que les gens en pensaient et ça montre que tu es ouvert aux autres opinions, et j'espère que j'ai pu t'apporter des points de vue différents.

Je crois que j'ai fait le tour et je m'excuserais bien pour mon pavé mais vous savez quoi j'y ai passé du teMPS ALORS VOILA
Music
 JIMDO! 
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#7
Oh quel gros raccourci tu fais là groovix :O 

J'ai eu très récemment une situation similaire avec des arguments un peu pareils, et j'aimerais résumer cette rencontre en une petit bd. Alors voilà ça c'est fait. 

Rapprocher des éléments vaaaguement ressemblants ensemble pour en faire une réflexion qui semble sensée c'est un réflexe que beaucoup ont. Mais c'est une façon dangereuse de penser car c'est un biais cognitif. C'est un peu comme dire que vu qu'on a pas pu allumer son barbecue samedi passé à la fête de famille, c'est impossible que notre-dame ait pu brûler alors que "mais c'est du bois pareil pourtant tu vois!" 

C'est ignorer (volontairement ou pas) des connaissances nécessaires pour en parler et faire des raccourcis. Bref. On cause pas maladie mentale quand y a un truc qu'on comprend pas. C'est facile et dangereux comme réflexe. Si tu as des sources, avance les, mais on ne peut pas croire sur parole quelqu'un parce qu'il "pense que..." et du coup encore moins valider son argument.  

Et en plus c'est un peu considérer que "oh mon dieu les maladies mentales = pas normales/monstrueux t'es pas comme moi t'es malade alors faut pas que tu parles faut te muter t'as tort". Ta réflexion est chargée de raccourcis :/ 

ça c'est un vécu personnel donc vala peut-être moins intéressant Afficher/Cacher
Après pour la question trans... je peux pas trop dire que je ne parle pas en tant que non-concernée. Je n'aime pas trop faire de la théorie, en plus les autres l'ont assez bien fait. Et là je prends un certain risque en le disant mais bon, vivons dangereusement:

Ça me concerne. Je crois. Je suis dans une phase de réflexion depuis un long moment déjà et je me considère plutôt "non binaire" pour l'instant. Peu de gens sont au courant, car c'est juste que je n'en parle pas (ou n'ose pas réellement en parler autour de moi, je suis pas totalement out vu que mon environnement n'est pas ultra-safe et ouvert  Dodgy ).

Parce que oh tiens, "ça ne se voit pas". Bah euh non bien sûr que ça ne se devine pas forcément mais souvent les gens partent du principe que oui. Donc il m'arrive de me retrouver dans des situations... comment dire... délicates. Je ne sais pas quoi dire aux gens quand ils arrivent à des conclusions, après un long argumentaire comme quoi "les gens comme eux [les personnes trans] sont un problèmes, ils cherchent l'attention et à détruire notre société" alors même que je suis à côté et concernée et qu'ils le savent pas. Bref, par défaut je suis "normale"*, malgré tous les messages que j'essaie de faire passer... sans succès. Mais que je dis rien parce que chez eux, RIEN ne leur fera changer d'avis. Et ça, bah c'est dur. Plus que de savoir que je ne suis pas forcément "comme les autres"* ça encore je m'en fiche un peu, les gens sont différents par nature, je l'ai intégré assez vite donc que je soit "différente"* ne me fait rien. D'ailleurs on peut me genrer avec les deux pronoms sans que ça ne me gêne plus que ça. 

*Ces termes ne veulent absolument rien dire pour moi, c'est juste que c'est ce que j'entends ça tel quel dans la bouche des gens que je côtoies. 

Et j'aimerais préciser: les mots très rudes sont une forme de violence. 
Vu que j'ai connu le harcèlement scolaire plus jeune (pas du tout pour cette raison par contre) et que ça a mené à une dépression quand j'étais enfant... j'ai une GROSSE sensation de déjà-vu dans ce que je ressens face à des mots très rudes que je dois subir encore et encore. J'ai pu forger une carapace avec le temps peut-être, maintenant je comprends que ce n'est pas ma faute, je me suis renseignée, beaucoup d'arguments soulevés par les gens "contre" la transidentité sont souvent biaisés, pas informés etc. Maintenant oui je le sais alors je me sens bien. Mais je dois quand même continuer à subir des discours assez limites qui sous-entendent un peu qu'on aimerait bien m'éliminer dans de l'acide ou je ne sais par quel moyen grotesque  Facepalm . Ou qu'on m'enferme parce que je délire. Non mais oh??
Mais j'espère avoir un jour le courage de m'outer tout à fait pour être un peu plus moi-même, et que tout ça se fasse avec bienveillance  Rolleyes .

J'aimerais ajouter: il y a peut-être des personnes que tu côtoies qui sont un peu dans le cas, où ils n'osent pas forcément le dire. Alors évite peut-être de parler de  transsexualisme ou de maladies mentales face à des gens que tu ne connais pas :/ ça peut aussi peut-être même implanter dans la tête de certains cette idée fausse que trans= maladie mentale.

Et vu que c'est factuellement faux... ben c'est de la désinformation. Et la désinformation baaah c'est pas très cool 37 

Aussi tant qu'on en parle, je pense que beaucoup d'idées fausses circulent sur les personnes trans car beaucoup en donnent une image erronée avec les réseaux sociaux. Souvent ce qu'on appelle les combats ordinaires, c'est résumé à de la simple pinaillerie de bas étage, ou à des combats de chats sauvages. Si quelqu'un pense ça, qu'il ouvre ses chakras, parce que les réseaux sociaux pour s'informer souvent c'est pas le must, j'ai trouvé parfois du bon et du très bon, mais parfois (trop souvent) du mauvais, voire du très dangereux. Il y a beaucoup de personnes -concernées ou non- qui sont prêtes à informer de manière pédagogique/bienveillante, il ne faut pas s'arrêter sur l'image d’écervelé (ou les hommes de paille) que certains cherchent à faire passer pour ne pas chercher à comprendre... voire même pour faire passer des idées liées à des idéologies dangereuses. La théorie du genre en est un exemple: c'est un homme de paille dont les détracteurs se sont servi pour faire PEEEUUUR. Et on sait que l'humain il est facilement manipulable dans ses idées quand il a peeeeur  Dodgy . (hein les antivax, on vous voit) C'est un autre sujet  tout aussi passionnant mais on ne va pas s'étendre, ça serait hs.  Angel 


Voilà ce que j'avais à dire là dessus. 
Modérateur... en vacances !
 https://bit.ly/2N7t9I4  Spooky Sushi  https://bit.ly/2N7t9I4

https://bit.ly/31A7Eor https://bit.ly/2N7t4nK

Lakien depuis 2008


https://media.giphy.com/media/M9IhDwDdUUsLcdFLlt/giphy.gif
 
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#8
Dit moi dans quel univers tu penses que la société essaye de "normaliser" le transsexualisme.
http://image.noelshack.com/fichiers/2019/10/2/1551808367-oie-amqetkbuvskn.gif
 
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