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KINGDOMS. - Version imprimable

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RE: KINGDOMS. - WendyDarling - 29-08-2014

Je t'aurais.
Un film passe en accéléré sous ses yeux. Elle revoit pleins d'images un peu éparpillés dans sa mémoire. La mer, d'abord et toujours, qui engloutie tout. Elle se revoit appuyée sur le bastingage ; et son revolver pointe dans le vide. Elle revoit le bateau pirate et son drapeau sombre qui claque le vent, la silhouette du capitaine sur le pont – sa cible -, la brume épaisse qui les avale et les digère. Elle tire et la balle part, caresse l'homme seulement puis se perd dans l'écume amère. Elle rugit.
Son rugissement fut comme un signe à l'apocalypse.
Et les canons rugirent à sa suite.

Je te retrouverais.
Shéhérazade lève la tête au moment où les écailles se dispersent et se perdent dans sa peau. Elle le voit tout droit sorti des catacombes des abysses. Alors elle titube dangereusement sur le sol qui lui semble un instant trop dur ; pas assez stable ; trop vrai ; trop concret. C'est lui ; le pirate qui lui a échappé il y a deux ans, et cette vision comme le sol est trop dur et trop concrète. Elle lui jette son regard marécage à la gueule en même temps qu'un grognement.
« Scabb. (aussi dit Scabb « le crabe catcheur) » Elle dégaine son revolver auparavant caché sous son pull couleur nuit et le pointe sur lui sans plus de cérémonie. « Scabb qu'est-ce que tu fous là. » C'est même pas une question car elle s'en fout, au fond. Elle veut juste lui ouvrir le ventre et laisser pourrir ses entrailles à l'air. Elle ne veut pas croire qu'il puisse représenter un royaume. Tout sonne en lui comme un souvenir ; sa dégaine de gorille son œil torve sa barbe de cent jours ses fringues délavées sa peu décapée par le sel. Elle revoit son propre échec et ça lui brouille l'esprit.

Je te traquerais.
Elle revoit le bateau qui se fait happer par les vagues. L'apocalypse qui se joue entre ciel et mer.
Elle revoit surtout Scabb qui s'enfuit.
Vivant.
Bel et bien vivant.

Shéhérazade fait sauter la sécurité et son index tremble sur la détente. Elle hésite et se mordille les lèvres. Quelques mèches rouges viennent s'échouer sur ses joues et s’emmêler dans ses cils déjà trop longs et bien trop encombrants. Elle baisse peu à peu l’œil tueur. Ce ne serait pas prudent de le tuer ici et maintenant. Mais bon dieu ce que c'est tentant. « Je répète, Scabb, qu'est-ce que tu fous là ? » Sa voix se fait plus menaçante, plus grave et plus percutante.
Elle perd sa dégaine de gamine. C'est ça. Elle redevient la chasseuse.

Et cette fois, je te jure que je te tuerais.



RE: KINGDOMS. - Shaytan - 03-09-2014

Ambroise se laissa tomber sur un fauteuil, et poussa un long soupir ennuyé. Elle se trouvait au sein d'une équipe de sauvages, ou tout du moins d'originaux. Elle haussa les épaules. Faire en sorte que tout le monde s'entende bien était visiblement une tache un peu trop compliquée, voir impossible pour elle, et elle n'avait pas l'intention de se fatiguer à endosser le rôle de l'idiote optimiste qui apprécie le monde entier. Les différences culturelles et caractérielles étaient impitoyables : ils étaient trop éloignés les uns les autres. Elle se contenterait de se faire quelques amis histoire de ne pas mourir seule, et au moins elle n'aurait pas à faire semblant d'apprécier Naël, ou même de supporter sa présence. Ce dernier la fixa d'ailleurs un instant au milieu de ce tableau burlesque. Il avait un oeil insistant qui aurait gêné n'importe qui, mais Ambroise était habituée à tout type de regard de la part de tout type de personne, et ce n'était pas le regard lubrique d'un déviant sexuel qui allait la désarçonner. Elle se contenta donc de lui lancer un sourire partagé entre le mépris et le sarcasme, puis reporta ses yeux sur la scène. Elle ne retint pas un second soupir. Un nouvel arrivant avait débarqué de manière pour le moins fortuite. Il semblait être une vieille connaissance de la sirène au nom exotique puisqu'elle lui avait littéralement sauté dessus et pointait désormais une arme sur son visage en lui réclamant le motif de sa présence. De quoi nouer d'emblée des liens d'amitié et instaurer un climat de confiance.
La Bataille serait longue.
Son regard se posa sur Sevastyan. Le pauvre garçon était bien mal en point et s'était visiblement transformé en feu d'artifice ambulant. C'était le seul à n'avoir quasiment rien demander à personne, et il semblait dans un pétrin assez conséquent désormais. Elle tourna la tête vers lui.
- Tu as besoin d'aide pour sécher tes... trucs ? dit-elle sur un ton qui se voulait amical mais qui était peut-être un peu trop monocorde pour l'être.
Voilà, s'il refusait son aide, elle ne proposerait plus aucun service, à aucun d'entre eux. Il y avait des limites à être diplomate.



RE: KINGDOMS. - LucasBravo - 29-09-2014

Avant

La première détonation fit se lever toutes les têtes. Le premier craquement de la coque fit grouiller le pont du bateau comme une fourmilière. L’équipage de Matt devenait littéralement fou, aucun capitaine n’avait assisté à un tel désastre depuis bien longtemps. Certains pointaient leur fusil vers l’horizon, ne trouvant pas plus de cible qu’un mirage lointain, d’autres tenaient fermement des canons vides, trop apeurés pour réaliser que les boulets gisaient à leurs pieds.
La seconde détonation fut plus forte encore, et le navire qui tentait de les couler se dessinait dans la brume. Une troisième explosion vint rompre la carcasse du vaisseau pirate à quelques mètres seulement de Matt, qui sauta pour éviter la boule de métal crachée par le monstre de bois.
Le jeu prit alors une tournure totalement différente, Matt ne tentait plus de remporter la victoire, ni même de sauver son équipage. Il voulait simplement s’en sortir vivant. Il arracha un fusil à l’un de ses hommes et s’empara du sabre d’un malheureux dont le cadavre d’étendait déjà sur le pont. En une poignée de secondes, il était prêt. Son bateau coulait. Matt sauta.
Ses jambes s’écrasèrent sur le pont de ses assaillants, à quelques mètres à peine de la capitaine. Shéhérazade était reconnaissable d’entre toutes les femmes. De longs cheveux rouges lui coulaient sur les épaules porcelaines. Et ses deux révolvers souriaient au pirate. Elle tira deux salves avec chacune de ses armes. Matt était agile, mais humain. Il évita les deux premiers tirs. Le troisième vint lui arracher un morceau d’oreille. Le dernier lui transperça la main sans plus de difficulté.
Matt tira à son tour, plus pour faire fuir la chasseuse que pour la tuer. Il courait en direction des canots qui lui assuraient peut-être sa seule possibilité de survie. Deux de ses hommes s’étaient frayés un chemin sur le bateau et le suivaient. Quand Matt parvint jusqu’aux bateaux suspendus au-dessus de l’eau, l’un des deux était déjà mort. Matt utilisa son sabre afin de trancher la gorge du second.
Le cadavre qui lui servait de bouclier humain absorba deux nouvelles balles de la Chasseuse avant que les cordages ne soient tranchés. Le bateau chuta pendant une longue, très longue seconde, avant de s’écraser dans les vagues. Lorsque Matt leva la tête, Shéhérazade le visait encore. Ses armes n’avaient pas une portée suffisante pour qu’elle puisse savoir avec précision où ses projectiles s’écraseraient, mais elle tira quand même. Ses deux balles prirent l’eau, et Matt rama rapidement dans la direction opposée au navire, une main en sang.
Il vit le feu grimper sur le pont de son bateau, il vit ses hommes se jeter à la mer. Il vit Shéhérazade capturer vivant plusieurs de ses moussaillons. Quel que soit le sort que la sirène réservait à ses prisonniers, Matt préférait mourir en mer que d’avoir à le subir. La fatigue et la douleur le firent s’effondrer. Matt ne rouvrit les yeux que plusieurs heures plus tard, vivant.

Maintenant

Matt ne quitta pas le regard de Shéhérazade. Il savait qu’il avait survécu une fois. La prochaine fois qu’ils s’affronteraient, l’un d’eux rejoindrait le monde des morts. En une fraction de seconde, il accepta de mourir sur l’instant, au milieu de ses parfaits inconnus, à l’intérieur de l’édifice le mieux protégé de tout l’Empire. Cela aurait été une belle mort au final.
« Scabb qu'est-ce que tu fous là ? » Il ne répond pas. D’abord, parce que le nom de Scabb ne lui est pas plus familier que celui de Matthew. Tout le monde l’appelle Matt, simplement Matt, il n’a plus de nom de famille. Il n’a plus de famille de toute façon. Ensuite, parce qu’il n’en a pas vraiment une idée précise. Il sait qu’il est là parce que tel était le prix à payer pour les crimes qu’il avait commis dans le Royaume des Neiges. Ils auraient pu simplement le libérer, le délivrer, mais en avaient décidé autrement.
Un sentiment de malaise s’installa en Matt. Shéhérazade ne répétait jamais ses questions. La chasseuse demandait, et si on ne lui répondait pas, elle tirait. C’était aussi simple que cela. Mais la fille qu’il avait devant les yeux ne tirait pas, au lieu de ça elle semblait vouloir une réponse. Scabb leva son bras vers la chambre qu’il venait à peine de quitter et lança, nonchalant : « Il faut croire que le pirate que je suis vient d’hériter de la Couronne du Nord ».
Avant que le sarcasme ne vienne presser la détente du révolver, l’Empereur était de retour. Tout le monde cessa ce qu’il était en train de faire pour se concentrer sur ce que le gros chef d’Etat avait à dire. « Bien. Je vois que tout le ‘Conseil’ est enfin là. Je vois aussi que vous avez commencé à tisser des liens. » Son rire gras et à peine forcé pesait sur la patience de tout le Conseil fraichement formé.
L’empereur guida tout le petit groupe dans une salle où une gigantesque table ronde trônait seule, entourée de sept chaises. « Le Conseil de guerre a trois jours pour statuer sur la manière d’empêcher la menace envahissante de conquérir tout l’Empire. Chaque Royaume a une voix. » Il fit une pause en observant Sevastyan. « Si le Royaume d’Acier tombe sous les mains des Volcans avant la fin de ces trois jours, il est évident que nous siégerons ce Conseil à six. »
Une fois le ton donné, tout le monde put prendre place. Les discussions durèrent trois longs jours. Le Royaume d’Acier ne fut pas annexé et Sevastyan garda sa place autour de la table. Le plan était relativement simple. Sans doute trop simple même, releva Naël, mais à six contre un il fut voté, et personne n’écouta les complaintes du jeune homme.
Lorsque les troupes des Volcans auraient pris la capitale de l’Acier, ils se dirigeraient tout logiquement vers l’Est, afin de trouver la capitale de l’Empire et de renverser le pouvoir. Alors, l’armée impériale serait placée comme un mur, un rempart d’hommes empêchant les ennemis de se frayer un chemin. Le plan n’avait aucune raison de ne pas fonctionner.

Après

Les six membres du Conseil avaient campé pendant deux jours déjà sur la ligne que l’Empereur s’était fait un plaisir d’appeler le « Mur de Théodore », en son propre honneur. Deux jours sans que le moindre soldat ennemi ne vienne, pas même un éclaireur. On avait envoyé un message au seul membre qui ne s’était pas déplacé, et la réponse de l’empereur fut presque immédiate.
« Allez vers le Sud, entraînez-vous, faîtes croire aux Royaumes que vous servez à quelque chose et que vous avez réellement une chance de les sauver. Je n’ai pas besoin d’un peuple en panique en plus d’une guerre. » Les mots avaient été grattés rapidement à l’encre, certaines ratures n’avaient même pas été effacées. C’est à ce moment précis qu’Ambroise réalisa que le Conseil de Guerre n’avait rien de bien important, finalement.
Le groupe alla donc vers le Désert avec quelques membres de la Garde Royale, où ils étaient supposés s’entraîner au combat. Une sorte de véhicule motorisé ultra rapide, tout droit sorti du Royaume de Sevastyan, les amena à l’entrée du désert avant que les moteurs ne soient brusquement coupés. Les gardes s’échangeaient des murmures paniqués. Matt se permit de jet un regard dehors. La quasi-totalité de l’armée des Volcans se tenait là, avançant vers le Sud, marchant sur le sable chaud du désert. Qu’est-ce qu’ils pouvaient bien faire dans le Royaume des Dunes ?
Le véhicule s’apprêtait à faire demi-tour quand un projectile vint s’écraser contre le moteur, l’arrachant littéralement de la carcasse de métal qui formait la carrosserie. Tout le monde sortit en urgence avant qu’un deuxième tir ne vienne faire exploser la voiture. Tous se mirent à courir en direction du Sud-Est, vers les profondeurs arides, mais Naël fixait l’armée. A chaque que ses coéquipiers faisaient pour échapper à la vue des hommes en noir, Naël s’en approchait. Sa peau se changea lentement en métal, et le garçon se mit à charger.
Ambroise laissa s’échapper un cri de surprise mais tout le monde personne n’alla aider Naël. Le garçon s’était sacrifié, offrant une diversion parfaite afin que la troupe puisse se fondre dans le sable du Désert.
La nuit tomba sans que Naël ne soit revenu. Le campement fut posé sans un bruit. Matt décida de briser le silence. « Qu’est-ce qu’ils viennent foutre dans le Désert, bordel ? »