Forum de la Cartoonerie
Post mortem - Version imprimable

+- Forum de la Cartoonerie (https://forum.lacartoonerie.com)
+-- Forum : Les cartooneurs parlent aux cartooneurs (https://forum.lacartoonerie.com/forumdisplay.php?fid=22)
+--- Forum : Jeux en pagaille (https://forum.lacartoonerie.com/forumdisplay.php?fid=27)
+---- Forum : Role Play (RP) (https://forum.lacartoonerie.com/forumdisplay.php?fid=35)
+---- Sujet : Post mortem (/showthread.php?tid=1609)

Pages : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10


RE: Post mortem - TheoC - 08-10-2016

http://img4.hostingpics.net/pics/252402Alexandre.jpg
Alexandre n'est pas rentré à Paris. Alexandre n'a pas pu prendre un avion pour regagner la France à moins de quarante euros. Il a voyagé jusque dans le Connecticut. Il a réussi à trouver un travail dans un petit café d'infortune et s'est trouvé un hôtel miteux ou il dort pour une bagatelle.
En bref, depuis qu'il a rejoint les Etats-Unis pour une sois disant retrouvaille avec son petit-ami, sa vie s'est considérablement dégradée. Il a toujours son téléphone et par chance ses parents le lui paye à sa place. Mais il n'est pas encore prêt à leur dire qu'il vit désormais comme un vulgaire chien.
- Un latte machiato s'vous plait. Crache presque un gros bonhomme qui vient de s'installer au comptoir du bar.
Alexandre se rince rapidement les mains dans l'évier et entreprend de faire le café. Il réfléchit beaucoup depuis quelques jours. Il ne peut pas rester comme ça indéfini, pas avec son accent anglais moyen et son vocabulaire réduit. Il ne peut pas non plus se permettre de rester en Amérique. Et il doit par dessus tout récupérer ces vêtements qui sont restés dans la villa de son ex.
Il fait glisser la table sur le comptoir et récupère l'argent que lui donne le chauffeur de camion à la chemise rouge et noire en face de lui.
Il profite qu'aucun client ne lui commande quoi que se soit pour sortir son téléphone et envoyer un SMS à Emilien. "Il faut qu'on se voit. Le plus tôt possible." Envoie-t-il. Emilien l'a emmené ici, et ils ont des projets à mettre à jour tous les deux. Si Alexandre était venu avant tout pour son petit-ami, il était aussi venu pour un projet spécial. Des petits français qui devaient être enlevés rapidement. Et il comptait bien mettre son plan à exécution.



http://img15.hostingpics.net/pics/351736Litto2.png
Pablo continue de regarder Cassiope avec la plus grande des tendresses dans le regard. Ce petit bout de femme en face d'elle, qui n'avait rien, au départ, pour rejoindre cette famille. Pas l'étoffe, pas forcément le charisme. Ce même petit bout qui n'avait pas les doigts plongés dans le sang, ni dans la merde. Et encore moins dans les affaires sales. Une jolie blonde qui à présent dévisage Pablo à son tour. Et Pablo comprend.
Il entrouvre la bouche, mais aucun son ne sort malgré la volonté qu'il met pour décrocher un mot. Il regarde sa belle-soeur dans le lit, comme se dédoubler de son corps. Comme si elle prenait conscience, peu à peu, que le combat était fini.
L'assistance respiratoire s'ébranle, et le pouls passe à zéro. Cassiope, ou plutôt son âme, se retire de la vie, pour rejoindre la mort.
Une fois qu'elle est complètement partie, elle flotte. Elle regarde Pablo encore quelques instants puis se jette dans ses bras. Les deux fantômes s'enlacent et se retrouvent de la pire des manières. Cassiope vient de mourir, et Pablo ressent une pointe de satisfaction à pouvoir enfin retrouver la jolie blonde avec lui.
Cassiope, s'était sans doute le vent de fraicheur parmi cette famille de fous. C'était l'éclaircie dans le tempête. C'était celle qui permettait à Brennan de garder les pieds sur terre, et pourtant. Elle est là. Avec Pablo. Morte.
Les deux bouts de plasma s'étreignent encore quelques instants, puis Cassiope disparait, elle a compris : elle doit faire ses adieux à Brennan. Et lui permettre de se réveiller.

Pablo regarde le corps sans vie de la défunte Cassiope. Il s'approche du cadavre dépourvu d'âme, et arrive à déplacer une mèche de cheveux qui était coincée entre ses lèvres.
La scène est vide, calme. Mortifère. Puis, tout s'accélère.
Deux infirmiers rentrent, s'approchent tantôt de Cassio tantôt de l'assistance respiratoire. Le pouls de la jeune femme est nul. Elle est morte. Mais il reste peut-être un espoir. Son état était stable. Elle n'avait aucune raison de mourir maintenant.
Ils sortent un défibrillateur et appellent un médecin.
La pièce s'active, les aides-soignants vont vite, il faut tout faire pour ramener cette jeune femme à la vie. "Elle ne peut pas mourir, elle a accouché de jumeaux", pense l'un. "Pauvres enfants ...", pense l'autre.
- Dans trois, deux, un ... Décharge !
Le corps de Cassiope rebondit sur le matelas. Elle reste vide de toute substance. Pablo se sent comme aspiré par la scène, il veut y croire. Il ne sait pas comment l'âme de Cassiope va revenir, mais il veut y croire.
- Trois ... Deux ... Un. Décharge !
Pablo ne peux plus quitter la scène des yeux.
Le corps de Cassiope rebondit une nouvelle fois, Pablo ne comprend plus ce qu'il se passe, ce qui lui arrive. Puis elle ouvre les yeux. Inspirant une profonde bouffée d'air frais. Et elle reprend vie. Ou plutôt il.



http://img15.hostingpics.net/pics/351736Litto2.pnghttp://img15.hostingpics.net/pics/419528Cassiope.jpg
Pablo n'a pas réellement eu le temps d'assimiler tout ce qui venait de se passer. C'était comme si le défibrillateur l'avait aspiré pour l'injecter dans le corps de Cassiope. Comme un vaccin. Ou comme un virus. Pablo ne comprend pas. Il tend son bras valide et regarde avec minutie chacun de ces doigts. Ils sont fins, longs. Avec un peu de vernis sur les doigts.
- Je ... Je suis en vie ... Souffle-t-il.
Les médecins regarde Cassiope avec satisfaction. Ils ont réussi leur travail, ils ont ramené la jeune femme à la vie. Ils ont réussi leur mission.
- Je suis vivant. Continu de s'émerveiller Pablo.
Puis il comprend avec effroi que son corps n'est pas le sien. Il comprend qu'il a volé la vie de Cassiope. Comment va-t-il se sortir de ce faux pas ?
Le garçon sait ou est partie la vraie Cassiope. Il doit la retrouver. Il doit rentrer en contact avec elle.
- Je dois voir Brennan. Dit-il aux médecins tout en se levant.
On essaye de le retenir mais il repousse violemment les aides-soignants et se met à courir. Il court vite, il a de longues enjambées. Il a conservé sa force d'homme et sa vélocité masculine. Mais il est dans l'enveloppe charnelle de la belle Cassiope. Son bras qui a reçu des balles il y a deux semaines le fait souffrir, mais il avance.
Il sait ou se trouve la chambre de Brennan, il y est allé plusieurs fois lorsqu'il était un fantôme. Pouvoir courir à nouveau lui provoque des frissons dans tous le corps. Il ne s'est jamais senti aussi vrai, aussi réel.
Il pousse la porte de son frère et est devenu son petit-ami. Et il ne voit personne. Il regarde Brennan qui a les yeux ouverts. Puis fait demi-tour et se remet à courir. Des médecins le suivent. Il doit aller vite.
- Cassiope ! Cri-t-il dans les couloirs. Cassiope !
Puis il pousse la porte de la nurserie et il la voit. Elle est là. Pablo, en temps qu'ex-fantôme, peut la voir.
Il comprend qu'il a désormais un double avantage, il est revenu à la vie, et il voit les morts.
- Cassio ... Je ... Il sait qu'elle ne voit rien d'autre que son propre corps en face d'elle. Cassio ... C'est Pablo.



RE: Post mortem - PiouLak - 01-11-2016

http://img4.hostingpics.net/pics/297519Cassiope.jpg

C A S S I O '


Cassio' caresse le front d'Eol pour calmer ses hurlements. Ce n'est rien. La peur de l'inconnu seulement. Il a tout à apprendre, et tout à comprendre. L'héritage qu'elle lui a laissé possède encore beaucoup de questions sans réponses. Il va falloir se battre... mais maintenant elle sait qu'elle sera présente à ses côtés.
Dans le lointain, la jeune femme croit entendre crier son prénom. Cela n'a plus grande importance maintenant.
La porte derrière elle s'ouvre. C'est normal, forcément les hurlements du bébé ne sont pas passé inaperçu.
- Cassio', je...
Quoi. Cette personne la voit? Sait qui elle est? Et.. cette voix.. cette voix lui dit quelque chose, on dirait..
Se retournant, Cassio' se fige.
- Cassio', c'est Pablo.
Cassio' sent sa tête tourner à une allure ahurissante. Se retrouver face à soit même n'a absolument rien de réjouissant... surtout lorsque l'on est morte. La vie lui laisserait t'elle une seconde chance? Une bouffée d'espoir remonte jusqu'à Cassio'. Celle-ci se sent happé dans le corps en vie en face d'elle.
Cassio' rouvre les yeux, la sensation est très désagréable mais elle a l'impression que ça a marché. Elle est de retour. Elle est en vie, dans son propre corps. Si on lui avait parlé de résurrection quelques minutes auparavant, elle n'y aurait pas cru. La jeune femme sent son coeur palpiter à mille allures. Elle se sent vivante!! VIVANTE!!!! Prenant son bébé, elle sort du dortoir et se met à courir dans les couloirs. Courir c'est la meilleure façon de penser le moins possible et de n'écouter que son corps. Son corps veut se dépenser, prouver qu'il existe.
Personne ne l'arrête. Pourtant quelqu'un de joyeux courant dans un hôpital ça à de quoi surprendre.
Brennan, elle veut rejoindre Brennan. Elle veut rentrer dans sa chambre, l'embrasser, et lui dire qu'ils sont tous là, tous en vie. La porte de la chambre n'est plus qu'a quelque pas. Le bébé dans ses bras reste silencieux.
Et soudain, tout re-bascule à nouveau. Cassio' sent une mystérieuse force la retirer de son corps. Ne voulant pas y faire attention, la jeune femme résiste du mieux qu'elle peut. Mais cette force insiste d'une telle puissance. Cassio' ferme les yeux, la sensation désagréable reprend à nouveau. Une impression qu'on la pousse avec des milliards de petites épines à sortir de cette enveloppe corporelle. Il faut éviter d'hurler pour ne pas effrayer le bébé.
Cassiopée rouvre les yeux... elle est à nouveau dehors.
Alors c'est donc vrai..? Son corps ne lui appartient plus? Son corps est à.. Pablo?
D'accord. Cette vérité est inacceptable. Il va falloir réfléchir calmement.
Son retour n'était pas du tout prévu. Son départ avait été amorti. La Cassiopée en face d'elle n'a pas le droit d'être ici.
Cassio' regarde froidement Cassiopée.
- Il faut que tu partes. C'est lui qu'ils ont voulu tuer. Pas moi. Ce bébé est destiné à devenir spécial... je..ne sais pas encore très bien. Mais il faut que vous partiez, ensemble. Loin et vite.  
Evidemment, plus question de voir Brennan. Il est trop tard. Le temps des retrouvailles est révolu. Néanmoins, un dernier point reste à résoudre. Cassio' vient tout de même de réussir à prendre possession de son ancien corps. Aurait t'elle donc des "droits" de morte? L'emprunt est t'il autorisé? Il va falloir creuser la question.
- Essaye de sortir d'ici sans te faire remarquer. Il faut que tu sois le plus discret possible. Je descend te trouver un taxi.
Il faut partir rapidement à la recherche de réponses.
Cassio' ferme les yeux, lorsqu'elle les rouvre elle est en bas de l'hôpital, dans le parking.
Une voiture arrive, le conducteur n'a pas encore conscience de ce qui va lui arriver mais Cassio' mentalement se prépare déjà. Dans quelques instants, il n'aura plus possession de rien et deviendra le chauffeur de taxi idéal.



RE: Post mortem - TheoC - 03-11-2016

http://img15.hostingpics.net/pics/351736Litto2.pnghttp://img15.hostingpics.net/pics/419528Cassiope.jpg
Pablo regarde le fantôme de Cassiope quelques instants avec deux yeux vivants. Il se sent de nouveau humain. Il prend conscience de ne plus être qu'un vague morceau d'ombre et d'illusion. Son corps s'anime à nouveau. Il regarde la jolie blonde dans le allo blanchâtre et cristallin qu'elle est, puis soudain elle disparaît, et il se sent comme devenir rien, il se sent comme mourir à nouveau, mais pas comme la première fois, pas en devenant un fantôme, pas en quittant le monde des vivants pour rejoindre celui des morts, non, cette fois, Pablo disparaît et s'éteint.
Tout s'accélère autour de lui, il se sent voyager, il se sent porter par une force invisible, il est impuissant, mais il est toujours là, quelque part. Il a l'impression de porter un enfant dans ces bras. Mais tout est vague.
Puis Pablo est à nouveau tiré vers la vie. Son âme reprend possession d'un corps qui n'est pas le sien, et voilà que Pablo rouvre les yeux. Un bébé dans les bras.
- Je ... Quoi ?
Le corps de l'enfant est celui dont Cassiope a accouché. Et il s'est comme matérialisé dans ces bras.
Il regarde le bébé quelques instants sans comprendre. Il a aussi changé d'endroit. Puis il comprend. Le fantôme de Cassiope a récupéré, l'espace de quelques instants, son enveloppe corporelle, mais n'a pas pu la conserver plus longtemps.
Le garçon, tenant un bébé dont il n'a pas accouché mais qui est désormais le sien, n'a pas le temps de se perdre dans ses pensées plus longtemps que le fantôme de Cassiope lui parle directement.
- Il faut que tu partes. C'est lui qu'ils ont voulu tuer. Pas moi. Ce bébé est destiné à devenir spécial... je..ne sais pas encore très bien. Mais il faut que vous partiez, ensemble. Loin et vite.
Pablo comprend. Et Pablo sait qu'il doit s'exécuter. Mais comment faire ? Il n'a pas le temps d'y réfléchir très longtemps que la vraie Cassiope reprend :
- Essaye de sortir d'ici sans te faire remarquer. Il faut que tu sois le plus discret possible. Je descend te trouver un taxi.
En tant que vivant, Pablo ne peut plus se téléporter. Il doit se dépêcher de courir.
L'enfant dans les bras, le garçon accélère dans les couloirs et avance à l'aveugle. Il ne sait pas se repérer dans le dédale de couloirs mais il fait au plus vite. A chaque médecin qu'il croise, il tente de faire profil bas. Cassiope a une tête d'innocente, elle n'attire pas les soupçons.
Une fois que personne ne se trouve à proximité, il se remet à courir.
Il descend des escaliers et se perd plusieurs fois. Il ne demande pas son chemin, il sait pertinemment que c'est le pire moyen pour s'en sortir.
Il suit les panneaux sortie de secours et il finit par sortir derrière un local à poubelle. Il est perdu.
Il ne peut pas jeter l'enfant. Cassiope ne le lui pardonnerait jamais. Il aime Cassiope. Il ne veut pas la décevoir. Et un bébé-poubelle n'est pas un bébé sain.
Pablo se met à courir et rejoint la route.
Il n'a pas le temps de rechercher un taxi ou une voiture à voler qu'un taxi se gare devant lui. Il suffit de croiser le regard du chauffeur pour comprendre : Cassiope.
Il s'enfourne avec l'enfant côté passager et le véhicule démarre aussitôt.
Deux vivants. Mais pour combien de temps. Que va-t-il se passer quand le réel chauffeur du taxi reprendra possession de son corps ?
Pablo ne parle pas. Il sait que Cassiope a actuellement besoin de toute sa concentration pour pouvoir garder le contrôler d'un corps humain qui ne lui appartient pas (ou qui ne lui appartient plus).
Il a peur. Il a volé son corps. Il a volé sa vie.
Jamais elle ne lui pardonnera.
Et pourtant, ils sont désormais lié jusque dans le sang, jusque dans les veines.
Jusqu'à ce que la mort les séparent, réellement.



RE: Post mortem - PiouLak - 04-11-2016

http://img4.hostingpics.net/pics/297519Cassiope.jpg

CASSIO'


Cassio' se concentre. Pablo vient de rentrer dans la voiture. Elle ne doit absolument pas libérer le chauffeur... mais cela arrivera bien forcément. Plissant les yeux, la jeune femme essaye de rentrer en lien avec les pensées du chauffeur. Peut être arriverait t'elle a le persuader inconsciemment de les aider! Mais impossible. Soit elle n'est pas encore assez forte pour rentrer dans les esprits, soit elle n'en a pas le droit.
Etant jusqu'alors resté muette, Cassio' jette un regard a Pablo tout en continuant de fixer la route. Repensant à tout ce qu'il a du assister après sa mort, la façon dont il a du comprendre qu'il a toujours été méprisé par sa famille.. Cassiopée se retient de lui lancer une petite phrase de soutien. Si ils étaient tous de grosses ordures, Pablo était l'ordure la plus innocente de tous. Mais voila, ce n'est ni le lieu ni le moment. Et la rancoeur de Cassio' face à lui est encore beaucoup trop forte.
La jeune femme fouille dans sa poche et en sort un portable qu'elle tend à Pablo.
- Trouve le numéro de sa femme.
La voix grave du chauffeur surprend Cassio', qui se ressaisit aussitôt pour continuer,
- Il faut lui envoyer un texto avec l'adresse d'où nous sommes.
D'un geste de la tête, Cassio' montre le tableau de bord du taxi où se trouve le gps et le nom de la rue qu'ils traversent.
Il faut faire vite, la jeune femme commence déjà à ressentir la résistance. Elle a bien fait de donner rapidement le portable à Pablo.
Les secousses intérieurs commencent. Finalement Cassio' ne préfère pas lutter plus, c'est douloureux autant pour l'un que pour l'autre. Prenant le bébé que Pablo tenait encore dans ses bras, elle le posa sur la banquette arrière. Pablo allait devoir rapidement prendre le relai.
Ouvrant la portière, Cassio' se détache et se jette hors de la voiture.
Il faut juste espérer que l'atterrissage ne sera pas trop brutal... mais Cassio' ne sera plus là pour en juger. Sortit du corps, elle retourne dans la voiture, pour regarder Pablo un peu effrayé tenter de reprendre le volant.
Voila une bonne chose de faite. Si Pablo a fait le job, la femme du chauffeur viendra bientôt le chercher. Il aura perdu une voiture et sera peut être viré de son boulot, mais il restera en vie.
Derrière, le bébé glousse. Peut être n'a t'il pas conscience de la situation, mais visiblement elle le fait assez rire.
Cassio' se replace une mèche de cheveux sur son front en sueur (ou seulement a t'elle une fausse impression qu'il soit en sueur?). Et maintenant? Il ne reste plus qu'a rouler.
Au même moment, dans l'hôpital, un bébé se met à pleurer.
Un jumeau vient d'être abandonné, sans le savoir, par sa mère.



RE: Post mortem - TheoC - 04-11-2016

http://img15.hostingpics.net/pics/351736Litto2.pnghttp://img15.hostingpics.net/pics/419528Cassiope.jpg
La voiture roule à vive allure. Pablo tient dans ses bras l'enfant. L'enfant prodige. Le miraculeux. Le miraculé. Mais il le tient sans le regarder. C'est avec une certaine force qu'il retient le bébé dans entre ces mains, mais il garde les yeux rivés sur l'horizon, sur la route. Cette chose qu'il tient n'est pas à lui. Et il s'en veut de l'avoir si injustement volé. Mais il se tait. La voiture file à vive allure dans une longue ligne droite entre deux rangées d'immeubles. Une des artères principales de la ville, bizarrement inanimées pour un début de soirée.
Il se contente de laisser la vraie Cassiope devenu chauffeur de taxi moustachu conduire et se concentrer. Puis elle lui tend un téléphone et se contente d'ordonner sèchement :
Trouve le numéro de sa femme. Il faut lui envoyer un texto avec l'adresse d'où nous sommes.
En même temps qu'elle indique le GPS incrusté dans le tablo de bord, Pablo relève leur localisation.
Merde. Un code à six chiffres. Il en essaye un au hasard, six fois le zéro, la succession des chiffres de un à six. Mais aucune des deux combinaisons ne marche. Puis Cassiope lui enlève l'enfant des mains. Pablo regarde le bébé se laisser doucement déposer sur la banquette arrière en gazouillant. Puis un courant d'air.
Le garçon - devenu fille en revenant à la vie - entend ensuite le bruit de la ceinture qu'on détache. Il regarde le corps possédé par Cassiope convulser légèrement, puis s'apprêter à sauter par la fenêtre. Il aimerait hurler que non, mais son instinct prend le dessus.
Il prend le téléphone en main, appelle un numéro d'urgence (il n'y a pas de code pour les numéros d'urgence), et détache aussitôt sa ceinture. Tout s'enchaine, il sent la voiture s'alléger et regarde le corps s'écraser lourdement contre le bitume.
Pablo récupère le volant avec difficulté mais n'a pas accès aux pédales de freins. Il aurait dû. Il observe en contre-bas un virage à quatre-vingt-dix degrés.
Il doit se débrouiller pour freiner.
- 911, quelle est votre urgence ?
Le téléphone que Pablo a calé entre son épaule et sa joue vient de le mettre en relation avec une jeune femme à la voix douce. Il tente de répondre tout en passant du côté passager à celui du chauffeur, en gardant la main sur le volant et sans perdre son calme. La voiture commence à slalomer dangereusement.
- Je roule le long de Beverly Boulevard, un homme est au milieu de la route. Il ne bouge pas.
Pablo parvient à s'asseoir sur le fauteuil ou se trouvait il y a quelques secondes le corps dudit chauffeur désormais étaler quelques dizaines de mètres plus haut.
La voix au téléphone tente d'analyser la situation au plus vite.
- Très bien madame, Pablo croit s'étouffer lorsqu'on l'appelle madame, puis se souvient de qui il est désormais, prenez son pouls et dîtes moi s'il est encore en vie. Je vous envoie une ambulance.
Pablo continue de rouler, il a réussi à reprendre les commandes du véhicule et stabilise de nouveau sa trajectoire, mais lorsqu'il va pour passer une vitesse, le téléphone glisse a ses pieds et il ne parvient à le récupérer en tendant le bras.
Il doit faire demi-tour pour vérifier si l'homme n'est pas mort. Mais il doit mettre le bébé en sécurité. Il doit faire un choix. Il a volé la vie de Cassiope, il ne peut voler son enfant.
Il se penche pour récupérer le téléphone et garde d'une main mal-habile le volant. Il le récupère et tout en se redressant répète simplement :
- Beverly Boulevard.
Puis il lance le téléphone par la fenêtre et reporte à nouveau son attention sur la route.
La voiture percute alors violemment un camion de livraison qui avait mis ses warnings au milieu de la voie. Et alors que Cassiope se heurte lourdement contre le volant, elle entend un bruit sourd derrière elle. Le bébé.
Le coeur de Pablo s'arrête, son sang se fige dans ses veines et il reprend ses esprits quelques secondes. Il ouvre violemment la portière et se rue à l'arrière du véhicule. Il récupère le bébé qui ne chantonne plus. Il le regarde les yeux pleins de larmes.
Il prend son pouls. L'enfant respire. Mais il ne peut pas l'emmener à l'hôpital.
- Vous ! Hurle un homme aussi grand que large depuis le magasin de cigarette électronique à la droite de la jeune fille. C'est mon véhicule que vous venez de percuter !
Pablo hésite. Regarde le chauffeur, puis l'enfant qu'il tient à nouveau dans ces bras, cette fois inerte, puis réalise que ses bras sont en réalité bien frêles à comparer de son ancien corps d'homme. Alors il répond froidement :
- Ce n'est pas ma voiture.
Et il se met à courir, le plus vite possible. Abandonnant le taxi d'infortune et tout ce qui s'en suivait. Avec pour seul objectif en tête : sauver le bébé.



RE: Post mortem - PiouLak - 05-11-2016

http://img4.hostingpics.net/pics/922552Adrien.jpg

Adrien


Adrien pousse la porte de l'hôpital. Une jeune femme tenant un bébé passe et le bouscule. Surpris, Adrien se retourne. La maman et son enfant ont disparu. 
Adrien soupire. Voila deux semaines maintenant qu'il est partit de chez lui pour s'occuper d'Armelle, hospitalisée. Est-ce que ses deux amis, Thomas et Alice ont finalement accepté de participer à l'émission? Le jeune homme n'a pas encore vraiment eu l'occasion de les joindre, trop occupé par la paperasse que lui donnait l'administration de l'hôpital et de son hôtel. 
Rentrant dans la salle d'Armelle, Adrien la regarde avec pitié. Elle est encore allongé, un appareil respiratoire lui cachant la moitié du visage. Eloise est resté à l'hôtel. Maintenant qu'elle a reprit ses forces, elle repartira le plus tôt possible en France... ce voyage entre fille aux Etats-Unis était décidément une bien mauvaise idée.
Soudain, Daisy, l'infirmière ayant accueillit Adrien lors de sa première visite, débarqua du couloir, en hurlant,
- Vous n'avez pas vu une jeune femme s'enfuir à l'instant?!! 
Et merde.
Adrien hoche la tête devant une Daisy complètement paniquée. Visiblement, la maman ne devait pas être prête à se remettre sur pied et se tailler de l'hôpital sans rien demander. Se levant, le jeune homme se met à courir. Il n'est pas encore trop tard pour rattraper la malade. 
Dehors, il fait moche. Comme d'habitude en fait. 
Au loin, Adrien croit voir une voiture démarrer sur les chapeaux de roue. Le parking est quasiment vide, ça ne peut qu'être elle.
Sortant du parking, Adrien se met à brailler pour arrêter la première voiture qu'il croise, étant venu lui, en transport en commun. 
Oui, il va a fond. Mais quelque chose le pousse à rattraper la jeune femme. Son devoir de citoyen? Pas seulement. Son instinct lui dit que cette femme prend un véritable danger à sortir de l'hôpital. Derrière lui, Daisy l'infirmière arrive en haletant. 
Voyant qu'aucune voiture ne réagit, Adrien se plante alors sur la route, motivé de trouver une voiture quitte à bloquer la circulation. 
Une voiture arrive. Elle klaxonne. Puis s'arrête. 
Sans rien demander Adrien rentre à l'intérieur.
Juste avant de partir, Daisy lui hurle par sa fenêtre:
- S'il vous plait!! Si vous ne la retrouvez pas je perd mon job!!!
Voila une motivation de plus pour la retrouver le plus rapidement possible.


http://img15.hostingpics.net/pics/670676Emilien.jpg

Emilien


- Non mais ça va pas bien dans votre tête, vous?!!
Un gars vient de rentrer dans la voiture d'Emilien sans aucune autorisation. Le gars semblant complètement paumé, lui répond dans un anglais pas super correct qu'il faut suivre la voiture là bas, au loin.
Reconnaissant l'accent qu'Augustin avait ramené de sa dernière visite à Paris, Emilien soupire tout en redémarrant la voiture,
- 'taain, pourritures de français...
Accélérant au max, Emilien secoue la tête, dépité. Plus vite le français aura ce qu'il veut, plus vite il le lâchera. Mais quand même... le rêve Américain c'est pas faire comme dans les films en chopant une caisse d'un tour de main.
Fixant la voiture que le français lui pointe en hurlant, Emilien doit bien avoué que celle-ci semble un peu louche.
Zigzaguant maladroitement, il semble se passer quelque chose à l'intérieur. 
Et en effet, alors qu'ils étaient sur le point de les dépasser.. un homme sort de la voiture côté conducteur.
Surpris, Emilien pousse un énorme coup de frein pour ne pas l'écraser. 
L'homme s'écrase lourdement sur le sol en hurlant. 
Lançant une vague d'injures, Emilien se tourne vers le français.. veut t'il vraiment continuer à suivre cette dangereuse voiture ou bien a t'il eu son compte?
Mais déterminé, le français continue d'hurler de rouler. 
Grimaçant, Emilien accélère de nouveau.
Si seulement ce merdeux de français savait ce qu'Emilien était actuellement en train de faire et ce qu'il cachait dans le fond de sa bagnole, il changerait peut être d'avis et sortirait immédiatement de la voiture...






http://img4.hostingpics.net/pics/902041Elouan.jpg


Elouan


Elouan est sonné. Complétement étourdi, il somnole dans un endroit confiné. Jusqu'alors, tout était resté relativement calme. Mais soudain, une secousse suivit d'une accélération fit sursauter le corps d'Elouan. Il se passe quelque chose dehors.
Elouan ouvre un oeil, son cerveau n'est pas encore allumé. Il n'a conscience de rien, hormis d'être dans un noir peu rassurant.
Dans le lointains, des cris. A nouveau, un virage fait valser Elouan de l'autre côté du coffre. Etre secoué comme un pruneaux de rallument pourtant pas les neurones du jeune homme, qui referme son oeil. 
A l'extérieur, la voiture passe à côté d'un accident. 
La caisse qu'avait emprunté Cassiopée est rentré dans un camion. 
Le chauffeur, furieux et un peu perdu par les événements, hurle par où s'est enfuit la maman. A pied, il est plus facile de rattraper une proie. 
Rapidement, la petite voiture où se trouve coincé le breton coince la jeune femme dans une petite ruelle.
Les phares l'éclairent trop et ne laissent apparaître que sa silhouette découpée dans le noir. Emilien n'a donc pas encore le temps de reconnaître Cassiopée... Arrivera t'elle à se sortir de cette mauvaise passe avant?
C'est tout le bonheur qu'on lui souhaite.



RE: Post mortem - TheoC - 08-12-2016

http://img15.hostingpics.net/pics/351736Litto2.pnghttp://img15.hostingpics.net/pics/419528Cassiope.jpg
Cassiope court comme elle n'a jamais couru, et pour cause : c'est Pablo qui court à sa place. Il maintient le bébé dans ses bras comme il le peut, mais l'enfant glisse et il ne peut pas aller à la vitesse qu'il souhaiterait. Il entend le chauffeur derrière lui hurler mais la voix s'atténue peu à peu. Pablo le sème et il le sait. Mais il ne ralentit pas. Il n'a pas le droit. Mais il faut que vous partiez, ensemble. Loin et vite. Les paroles de la vraie Cassiope font échos dans la tête de Pablo. Putain de merde. Il sait qu'il doit faire vite. Il se jette dans des petites ruelles. Des ruelles made in L.A. qui ne devraient pas être empruntées si on ne les connait pas parfaitement. Mais ça, Pablo ne le savait pas et son seul objectif était de fuir. Il court il court puis remarque une voiture qui le suit.
Il commence déjà à s'essouffler. Courir est plus fatiguant lorsqu'on est vivant que lorsqu'on est mort. Et Pablo en est la preuve vivante. L'enfant toujours dans ses bras, Pablo continue d'avancer sans roncher, mais sa course se stoppe bien plus vite que prévue. Il est dans une impasse ... Il s'apprête à faire demi-tour lorsque la voiture qui le poursuivait fait irruption face à lui.
- Comm-... Commence-il avant de se taire et de resserrer l'enfant contre lui.
Quelqu'un sort de la voiture mais Pablo ne distingue pas de qui il s'agit ... Il fait quelques pas en arrière mais son dos s'heurte contre le mur qui le bloque. Il est fait comme un rat.
Je suis désolé Cassio, pense-t-il tout en cherchant un moyen de sortir de là.
Il repère un escalier de service à sa droite, mais pour y accéder il doit d'abord gravir une petite échelle, mais il ne peut pas le faire avec un enfant dans les bras. Il devrait prendre le risque de caler l'enfant dans son tee-shirt ou de grimper à une main, mais il ne connait pas suffisamment le corps de Cassiope pour se risquer à de telles expériences.
L'homme se rapproche ... Tout espoir semble perdu. Et pourtant.
- Par là, psst, par là ...
Cassiope tourne vivement la tête, et découvre alors une bouche d'égout entre ouverte, et, laissant dépasser sa tête, un petit enfant que Pablo ne connaît pas.
Tom.

http://img11.hostingpics.net/pics/786367Tom2.png
Tom a bien compris l'imminence du danger, et même s'il ne comprend pas trop les enjeux de cette course poursuite, il a décelé la détresse dans l'attitude de cette jeune femme. Et lorsqu'il l'interpelle et qu'elle tourne la tête vers lui, il comprend aussi qu'elle le voit.
Bon sang, une vivante qui sait que j'existe. Il faut que je l'aide. Il faut que je fasse tout ce qui est en mon pouvoir.
Tom se laisse fondre dans les égouts en même temps que la silhouette de la jeune femme se dessine au dessus de lui et commence à descendre. Elle a calé l'enfant entre ses seins et le maintient avec ses bras fragiles tout en descendant les barreaux de l'échelle.
- Dépêche toi, je les sens arriver.
Oui, les. Il sent comme plusieurs présences et ça ne le rassure pas une seconde. Il commence à avoir de plus en plus peur mais il se sent dans l'obligation de sauver cette fille. Et puis, il n'a rien à perdre, il est déjà mort, pas vrai ?
Une fois qu'elle est en bas, elle s'arrête et le regarde. Tom inspire et du haut de ses quatre ans cytoplasmifié il tente de trouver une solution.
- Par là, indique-t-il tout en se mettant à courir.
La blonde le suit. Il n'a pas le temps de se présenter ni d'essayer d'apprendre à la connaître. Il faut l'aider.
Ils longent un courant d'eaux, de pipi et de caca, mais Tom prend l'habitude, il vient régulièrement ici depuis son ... autre vie. Il n'a nul part ou aller et ici il ne croise pas d'enfant lui rappelant tout ce qu'il n'a plus. Quoi de pire quand on a quatre ans de ne pas pouvoir jouer sur un toboggan quand on en voit un ? Il a essayé, mais le toboggan a commencé à se mouvoir étrangement et tous les autres enfants ont hurlé. C'était comme s'il te pouvait s'asseoir sur quelque chose sans qu'il ne se déplace ou se brise. Alors il s'était terré ici, ici il ne craignait rien.
Tom continuait d'avancer aux côtés de Cassiope et du bébé.
- Ou est-ce que tu veux ressortir ? Demanda brièvement l'enfant entre deux respirations.
Cassiope hésita un instant, puis cracha complètement à bout de souffle :
- Emmène moi à Bel Air, à Via Verona. On a un Bunker là-bas, je pourrais y abriter l'enfant.



RE: Post mortem - PiouLak - 22-04-2017

1  AN PLUS TARD




http://img15.hostingpics.net/pics/670676Emilien.jpg

Emilien



- ANH, ANH, ANH, ANH, ANH, ANH.
Emilien rouvre les yeux. Plongé dans ses pensées, il en avait oublié ce qu'il était en train de faire. A travers ses lunettes teintés, le jeune homme observe la blondasse se donner tout son mal pour lui donner du plaisir. 
Peine perdu, il n'est finalement pas d'humeur. 
La dégageant d'un coup de bras, Emilien se lève et se dirige vers une des fenêtres du jet privé. 
Des mois que la grande casse du siècle s'est terminé. 
Dans un bain de sang, certes, mais Emilien avait réussis à y sauver sa peau. Il avait tout gagné à présent. Il était loin de toutes recherches et avait dérobé assez de richesses de tout ces milliardaires pour se baigner dans de l'or tout les matins. Ca avait fonctionné. 
Depuis quelques jours. Un mal de tête effroyable le prend. Il se voit rester les yeux dans le vague quelques minutes avant de reprendre ses esprits. Parfois même, des brides d'images lui parviennent... l'autre jour, le jeune homme est resté un bon quart d'heure devant son miroir sans rien dire, persuader d'y avoir vu bouger et s'y refléter autre chose que son propre reflet. 
Bordel, qu'est-ce qu'y ne tourne plus rond chez lui?! 
La demoiselle nue s'est plaint quelques minutes, essayant de le ramener à la raison (et surtout au lit), puis capitulant elle s'est finalement saisit d'une robe de chambre verte pomme puis a claqué la porte de la chambre pour aller grignoter un peu. Après tout elle s'en fiche, au moins elle sait se rendre compte de sa chance. C'est vrai qu'avec ce gars elle a tiré le gros lot. Ce qu'elle sait moins, c'est que sa relation avec Emilien est un contrat à durée déterminé et que dans quelques jours, si ce n'est demain, elle devra récupérer le très peu d'affaires à elle pour foutre le camp sans rien demander. 
Emilien regarde a travers le hublot. Il ne sait même pas quelle océan il est en train de survoler. Remarque cela ne change pas vraiment de d'habitude finalement. 
Soudain, un spasme le prend. Sa tête bascule en arrière, sans lui demander son avis. Ses lunettes tombent par terre, laissant apercevoir des yeux totalement effrayé. Des gouttes de sueurs perlent sur son dos nu. 
Essayant de marcher, Emilien renverse tout autour de lui. Il ne contrôle plus son corps. 
Emilien n'essaye plus de lutter et se laisse s'écraser contre un mur. Son corps et son visage sont figé contre le mur.. seul sa main droite tremble... et se projette violemment sur la table à côté de lui pour se saisir d'un crayon. 
Sa main et le crayon se mette alors à dessiner de large mouvement sur la paroi de l'avion. 
Emilien essaye d'hurler.. il ressent alors une sensation d'étranglement horrible à la gorge. Le jeune homme se sent partir... il va mourir?
A quelque pas derrière lui, la blondasse a essayé de rentrer dans la chambre, mais voyant la porte fermée et sentant que quelque chose derrière était en train de mal se passer, s'est mit à y donner des coups frénétique en hurlant le prénom d'Emilien. Une goulée de sang remonte dans la bouche de celui-ci qui recrache tout dans un énième spasme. 
Soudain, un instant de répit, tout semble se calmer le temps de quelques secondes. Dans ce bref instant de lucidité, Emilien croit apercevoir une femme devant lui. Il ne la reconnait tout d'abord pas, "il y en a tellement eu" se dit t'il. Puis.. le regard de la silhouette le frappe. 
Cassiopée. 
Cassiopée ouvre la bouche. Cassiopée hurle d'un cri si puissant et monstrueux qu'il assène comme un coup au jeune homme qui tombe par terre et s'évanouit. 

Au réveil, quelques heures plus tard, c'est le silence complet dans le jet privé. La blondasse a finalement capitulé en haussant les épaules et s'est endormit sur un des divans à côté de la chambre.
Emilien essaye de se rappeler se qu'il vient de vivre. Même avec les plus fortes drogues, il n'avait jamais connu une telle chose. C'était tellement fort.. tellement absu..
Emilien s'arrête. 


VIA VERONA BEL AIR

Sa main n'a rien écrit au hasard. Le jeune homme ramasse le stylo qu'il avait projeté par terre et le repose sur le bureau. Au milieu des chaises renversées, il se fraye un chemin jusqu'au message. 
Via Verona, Bel Air. 
Entendu.




C'est seulement quelques jours plus tard que Emilien se retrouve devant le bunker. Attendant, et prenant son air des plus gros dealer pour masquer son angoisse.



RE: Post mortem - TheoC - 28-04-2017

http://img15.hostingpics.net/pics/351736Litto2.pnghttp://img15.hostingpics.net/pics/419528Cassiope.jpg
- Chhhh ... Chuuut ... Ca va aller, ça va aller ...
Pablo berce le bébé dans ses bras doux et délicats de femme. Il l'a gardé précieusement au plus prêt de lui pendant un an, comme l'héritier d'un enfant maudit. Non seulement Pablo a retrouvé la vie, mais il se doit aussi de conserver celle qu'on lui a déposé entre les mains. Pas seulement sa vie donc, pas seulement l'enveloppe charnelle de la belle Cassiope, mais surtout la vie de l'être que la blonde a enfanté avant d'expirer son dernier souffle.
Pablo a trouvé refuge dans le bunker qu'ils avaient construit pour leur enlèvement géant visant les enfants des personnes les plus influentes de la planète. Une expérience qui s'est révélée sordide et baignée dans le sang. Sang que Pablo sent tous les jours entre ses murs. Comme si les esprits des défunts l'entourés constamment.
L'enfant s'est endormi et Pablo le dépose délicatement dans le berceau avant de quitter la pièce en prenant soin d'allumer la petite veilleuse en forme de lapin. Il rejoint ensuite ce qui sert de salon (comprenez la pièce principale dans laquelle les détenus avaient été retenus pendant plusieurs mois) et s'affale lourdement sur le canapé.
Il sait que les esprits ne peuvent pas venir le tourmenter ici, car les murs du bunker sont trop gros, car les fantômes peinent à vivre dans un lieu isolé de toute fréquence numérique. Mais il se sent si espionné. Il s'en veut d'être contraint de s'enfermer ici au point d'empêcher Cassiope de voir son propre enfant grandir de là où elle est. Mais il ne peut pas sortir. Le bébé vaut trop cher, il est trop précieux, trop d'enjeux gravitent autour de lui.
On frappe alors à la porte du bunker en haut des longs escaliers en colimaçon. Pablo s'enveloppe dans un cardigan noir et se rue dans les marches pour les monter quatre à quatre.
Il sait qu'Emilien est derrière la porte. Il est tellement content d'enfin rompre la solitude.
C'est ainsi. Emilien passe de temps en temps à intervalle régulier, l'équivalent de une à deux fois par mois, pour les ravitailler en nourriture. Pablo sait qu'il n'a pas le droit de sortir. Parfois il se dit qu'il préférait être mort. Il arrive un peu essoufflé en haut des escaliers et déverrouille chaque sécurité avant d'ouvrir la porte.
Le visage crispé et la mâchoire serrée d'Emilien apparaisse alors. Pablo sourit. Il peut se le permettre, il sait à quel point le sourire de Cassiope était radieux. Il prend le garçon dans ses bras.
- Salut cousin. Leur étreinte dure quelques secondes puis Pablo se recule et récupère un des trois sacs en plastique chargé de nourriture que lui apporte Emilien. Je vais juste prendre l'air quelques minutes avant de redescendre. C'est terrible, en bas.
Et si le cousin de Pablo ne lui rend visite que une à deux fois par mois, c'est aussi le nombre de fois que Pablo à l'occasion de voir la lumière du soleil. La règle d'or est de ne surtout pas remonter. Ni au rez-de-chaussée, ni même dans les étages supérieur de l'immeuble. Immeuble duquel se sont d'ailleurs jetés deux membres de l'enlèvement de l'année dernière.
Pablo inspire profondément. Chaque fois qu'il a l'occasion de mettre le nez dehors, il en profite pour inhaler le maximum d'air, comme pour le garder avec lui le plus longtemps possible. Comme si se remplir les poumons jusqu'à la limite de l'explosion lui permettait de continuer de respirer un peu d'air frais même une fois renfermé à l'intérieur et dans les profondeurs du bunker.
Il récupère une feuille d'arbre puis se tourne vers Emilien.
- On peut redescendre, dit-il avec la voix fluette de Cassiope.
Il laisse passer son cousin d'abord puis referme la porte derrière eux. Les esprits ne tarderont pas à les rejoindre, s'ils trainent trop à l'extérieur. Heureusement que le bébé ne remonte jamais jusqu'ici. Il serait une proie bien trop facile désormais.
De retour au salon, Pablo vide le contenu des sacs sur la table. Quelques légumes frais, un peu de fruits, mais surtout des conserves et des pâtes. Il faut que leurs provisions puissent durer le plus longtemps possible, au cas où Emilien ne pourrait venir les ravitailler un jour ou l'autre. Et il faut à tout prix se débrouiller pour que Pablo tienne le plus longtemps possible sans avoir à sortir de lui même, risquant de mettre en péril la vie du bébé.
Pablo retire son cardigan puis récupère un peu d'eau. Seule ressource illimitée ici.
- Je te sers quelque chose ? Un thé ? Un café ?
L'alcool est prohibé ici. Un soir de dépression Pablo pourrait boire plus qu'il ne le devrait et risquer de porter atteinte au bébé d'une quelconque manière.
Emilien sait que Cassiope n'est plus Cassiope et qu'elle a rejoint le monde des défunts. Pablo l'a mis dans la confidence dès qu'il l'a pu. Il n'a pas voulu garder le secret auprès de son cousin. Il voulait partager non seulement sa renaissance, mais aussi le décès de son amie.
Depuis, ils se sont jetés corps et âmes pour s'entraider et protéger l'enfant de la blonde. Pablo sourit, regarde Emilien, qui semble tiraillé par le mal, puis il demande :
- Qu'est-ce qu'il se passe Emilien ? Il est arrivé quelque chose ?



RE: Post mortem - PiouLak - 30-04-2017

http://img15.hostingpics.net/pics/670676Emilien.jpg

Emilien


Emilien retire ses lunettes de soleil. Il fait nuit, mais le jeune homme préfère rester discret. A quelques pas de lui, il fixe la grosse tâche sur le trottoir laissé par le corps écrasé d'Elouan. Le coin n'était autrefois fréquenté que par les dealers. Cette affaire avait définitivement mit fin au lieu de rendez vous, à présent, il n'y avait pas un chat. Jamais.
Le jeune homme s'apprêtait à saisir le premier code pour rentrer... lorsqu'il remarqua une ombre derrière lui. 
Emilien se retourne aussitôt et aperçoit une silhouette le fixant. Dans la pénombre, on ne distingue alors que son oeil, brillant. Emilien ne bouge plus. La silhouette non plus.
Emiien cligne des yeux. La silhouette a eu le temps de se rapprocher de deux pas.
L'inconnu n'a pas la carrure de Cassiopée et semble au contraire bien robuste. Autrement dit, Emilien ne ferait pas le poids si cela devait se résoudre sous les coups. 
Mal à l'aise, le jeune homme tente de rompre le silence,
- Belle soirée n'est-c..
- Cassiopée veux son bébé. 
Emilien fronce les sourcils. L'inconnu penche la tête de côté. 
Cette vision de film d'horreur commence sérieusement à angoisser Emilien. Il faut absolument en parler à Pablo pour que tout cette histoire cesse. 
- Ecoute, tu vas commencer par arrêter de te mêler de ce qui te...
- CASSIOPEE LE REPRENDRA. 
La silhouette s'est rapprochée... et a laissé apparaître une immense paire de ciseau de jardinage. Emilien recule et perd totalement ses moyens..
- D'accord, d'accord... attends je.. il doit y avoir une erreur je... mec, ne pense pas que...
L'inconnu se met alors à rire. Emilien ne voit alors plus rien... et tentes de trouver la porte du bunker. Seulement les rires résonnent de partout. Devant, derrière, en haut, en bas.. comme si l'inconnu s'était démultiplié.
Son rire s'arrête quelques instants, puis il ajoute, 
- Transmet à Pablo qu'il a rompu le deal, que Cassiopée reprendra son enfant.
Emilien tombe sur la poignée de porte, tape a toute vitesse le code, et se jette à l'intérieur du bâtiment.
Le jeune homme arrive essoufflé, le visage crispé.
- Salut cousin. Je vais juste prendre l'air quelques minutes avant de redescendre. C'est terrible en bas.
Emilien, après avoir serré dans ses bras Pablo, tente de rattraper son cousine pour le retenir, pour l'empêcher de retourner dehors... mais il est encore en état de choc.
Quelques  minutes plus tard, son cousin revient sans visiblement n'avoir eu affaire à aucun fantôme
- Il est arrivé quelque chose?
Emilien sort de sa poche sa petite bouteille de vodka personnelle et en tire une grosse goulée. Il a reprit des couleurs. Les choses dans sa tête se clarifie.
- Depuis combien de temps n'as tu pas eu affaire à Cassiopée?
Le jeune homme s'essuie la bouche d'un revers de manche.
- Elle devient folle en haut. Elle m'envoie des messages. Elle m'envoie des gens. Elle se fiche complètement des risques qu'il peut courir maintenant. Elle ne désire qu'une chose, revoir son enfant. Il faut trouver un autre endroit Pablo. Un endroit ou elle pourra veiller sur lui, elle aussi. 
Ce bunker était décidément un endroit bien maudit par les événements.
Dehors, la nuit noir et froide. Dans le silence, des cliquetis résonnent.
L'inconnu ayant fait passer le message à Emilien quelques minutes plus tôt est en train de grimper sur le bâtiment à l'aide de deux paires de gants de jardinages collants. 
Son but est simple: atteindre le toit. 
Dans sa tête, la voix de Cassiopée résonne. 
- Hauteur. Prend de la hauteur. Hauteur. Hauteur.
Son cerveau déjà instable, avait complètement craqué à l'écoute de la voix de Cassiopée. Peu à peu, il avait laissé l'esprit rentré dans sa tête et lui dicter tout les ordres qu'il souhaitait.
Après tout, il avait été complètement abandonné par ses anciens patrons. Il n'avait plus personne, plus rien ou se raccrocher... a part cette voix.
scouich, scouich. Lentement mais surement, le jardinier grimpe.

Aussi, pendant qu’Émilien prévient Pablo de la folie qui s'est mit à posséder Cassiopée voulant récupérer son bébé, Krypton l'ancien jardinier monte discrètement sur le toit pour préparer la revanche.