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Placebo - rp - Version imprimable

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RE: Placebo - rp - Raguy - 03-08-2015

Bendetto, si il n'y avait pas eu tant de nuages la vue du monde d'en dessous aurait été magnifique. Ou particulièrement effrayante cela dépendait des personnes. Dans le cas de Gabriel c'était tout bonnement un plaisir de quitter le bateau. Le groupe eut tôt fait de quitter le port pour se diriger au centre du village et de contacter le maire qui leur fit le topo. 1)Il y a des monstres 2) il faut les tuer... Une mission assez simple pour la plupart d'entre eux qui était déjà expérimentés et les PNJ contrôlant les créatures n'étaient eux aussi qu'un mince problème. Tout ce qui manquait à l'équipe était un bon équipement car, lors de leur dernière mission, la moitié de leur stuff avait était abîmé voir détruit et le seul moyen de se réapprovisionner était dans les petits magasins que l'on trouvait dans les villes et villages. Gabriel se souvenait que dans une villes assez modeste comme celle dans laquelle ils se trouvaient, il y avait toujours au moins deux magasins d'armes, l'un assez cher mais vendant des armes neuves et de niveau élevées et l'autre vendant surtout des armes d'occasions peu coûteuse mais pouvant allez de l'épée magique légendaire, relique vieille de 200 ans, au couteau à beurre du bon vieux Michel qui habite au coin de la rue. Gabriel fouilla un peu dans son sac pour ressortir la carte de Kadsburry qui traînait au fond de sa sacoche depuis un bout de temps déjà. Il examina minutieusement le plan pour retrouver le chemin le plus court, vers l'une des deux boutiques. La carte n'était pas réellement nécessaire, ils auraient pus faire le tour du village en trente minutes, mais d'une Gaby était particulièrement fier de celle ci surtout parce-qu'elle était magique et permettait de zoomer ainsi que d'afficher des informations sur les lieux à visiter. Le plus proches était le magasin d'occasion ce qui arrangeait Gaby en fait, car même si la compagnie venait de recevoir une belle somme de la part du maire, leurs économies n'étaient flamboyantes.
-Hey, tout le monde on devrait....
Gabriel fut soudain interrompu par l'arrivée impromptu d'une nouvelle joueuse. Alix qui était arrivée pas plus tard qu'hier venait d’atterrir au milieu du groupe à genou et en pleure. Gabriel sourit, c'est vrai que l'arrivée à Ethnolia était souvent dure mais il était toujours heureux quand quelqu'un de nouveau débarquait. Surtout qu'il n'avait pas encore eu l'occasion de lui parler et aurait été ravi de faire plus ample connaissance.
Après que Clarence, avec son tact et sa délicatesse légendaire, ait remit sur pieds et mouché la jeune demoiselle, Gaby attrapa Alix par la main et la tira appelant par la même occasion le reste du groupe.
-Bienvenue à Ethnolia toi, tu vas voir on est bien !
Il lui lança un grand sourire et tout les résidents du manoir se dirigèrent avec plus ou moins d'enthousiasme dans la petite échoppe deux rue plus bas. C'était une boutique qui ne payait vraiment pas de mine, son enseigne était grise de poussière et à moitié décrochée, menaçant de tomber sur le premier passant venu, on y distinguait tout de même les inscription suivantes :
« Au bazar du bizarre. »
Poussant la porte, des dizaines de carillons tintinnabulèrent avec le vent qui s'engouffra d'un coup dans la pièce sombre et basse de plafond. A peine le petit guide eut il passé la porte que des lampes à flamme bleue s'allumèrent dans une aura mystique. Les murs étaient recouvert d'étagères couvertes de toutes sortes de flacon contenant tantôt d'étranges mixtures tantôt des petites créatures mortes ou vivantes, et de bibliothèques chargée de vieux grimoires et de livres de recette. Au milieu de la pièce, on pouvait voir de grandes tables en bois abîmées de coups sur lesquelles étaient disposés de nombreuses lames rouillés, de haches grossières et de dagues tordues. Une petite femme qui dormait derrière le comptoir entrouvrit un œil mauvais, indiquant aux aventuriers qu'ils feraient mieux de se tenir à carreau s'ils ne voulaient pas être maudit sur 600 génération, et le referma aussitôt. Gaby se plaqua contre le mur laissant le reste de la compagnie s'engouffrer dans le magasin et referma la porte derrière eux.
-Equipez vous comme vous le pouvez, mais faites vite... S'il vous plaît.
Gaby était impatient de commencer la mission, lui ne se battait pas vraiment mais il adorait voir les autres combattre.



RE: Placebo - rp - Blouzblanche - 03-08-2015

Le vent froid de l'archipel volant de Bendetto avait soufflé dans les cheveux bleus de Lee et caressé l'air dur de son visage, ses sourcils froncés, sa bouche cerise crispée. Et pourtant, ses yeux avaient brillé d'une lueur qui ne leur était pas familière.
Elle avait été secouée par le charisme du maire Johnny Poitou, comme une déferlante l'engloutissant d'un violent coup, la laissant papillonnant des yeux et le rouge aux joues. Bon, certes, ce gros et grand noir haletant, bafouillant et suant n'était pas exactement son genre favori, mais ce n'était pas un crime que d'être sensible aux adonis du quotidien, et ce maire faisait incontestablement partie des grands ce de monde.
Ou pas, mais c'était une question de goût.
Songeant encore un peu à ce héros si furtivement entrevu, elle suivit le groupe en comptant rêveusement ses flèches. Elle ne prêta même pas attention à Clarence qui se rendait une nouvelle fois ridicule en tentant de rassurer une frêle jeune fille avec ses manières de bûcheron. Elle jeta un coup d'oeil à Alix, à sa robe et ses cheveux couleur de ciel d'orage, et, repartant à ses flèches, bien moins légère, elle repensa à son premier jour sur Ethnolia. Au choc d'avoir une vue précise. Au sentiment d'allégresse mêlé de terreur, de cette émotion qui l'avait prise à la gorge, de cette angoisse persistante que ce monde n'était pas la réalité et avait un prix. Cette peur annulait presque l'effet placebo car, à chaque fois que la session la rendait plus légère -le rendait plus léger-, elle se sentait encore plus déprimée qu'avant.
C'était comme descendre la pente du Tartare en ayant régulièrement droit à un trajet en deltaplane. La sensation de voler était grisante, jusqu'à-ce qu'on retrouve le sol, toujours plus bas, et donnant sur les ténèbres éternelles.
Elle était toujours perdue dans ses pensées lorsque Gabriel eut fini de les guider et les fit entrer dans le Bazar du Bizarre. La réalité la rappela brusquement lorsqu'elle se prit une dizaine de carillons dans la tête et poussa un faible cri de surprise, du genre:
-BLeuuuARGH...?!
Elle se dépêtra des carillons dans un concert de GLING GLING GLING MODAFUCKA puis se hâta de se réfugier dans un coin, haletante et méfiante. 
Elle discerna des sourires passer sur les visage de ses équipiers et sentit le rouge lui monter aux joues. Plissant ses yeux noircis de khôl, elle se détourna pudiquement et se mit en quête d'équipement.
-Pour les necromarki, si les fées sont assez fatiguées, ils sprinteront sur deux mètres puis ils seront crevés, alors je vous laisse leur fendre la gueule d'un coup de masse, marmonna-t-elle, plus à elle-même qu'aux autres. En revanche, pour les dragons, j'ai intérêt à avoir de quoi les dérouiller sévère. Mmh, voyons...
Elle fouilla dans les étagères, croisa quelques arcs enchantés et un arc d'ébène luisant d'une aura mystérieuse. Après avoir consulté son prix, elle sentit ses yeux s'étrécir et le reposa instantanément.
-Trop cher. Beaucoup trop cher; à ce prix-là, c'est obligé que j'en aie pas besoin, oui oui oui.
Un des multiples yeux aveugles de la vielle bique se releva et ses iris vitreux se tournèrent vers Lee sans la voir.
-Cet arc est maudiiiit, geignit-elle de sa bouche quasiment édentée à la perfection. Je vous le cède la moitié de son prix, si vous m'en débarrassez.
-Que voulez-vous que je fasse d'un arc maudit? répliqua Lee. Que je me gratte le dos avec?
-J'ai tiré une fois avec, dans ma jeunesse de guerrière, répliqua la gérante en repartant dans le creux de ses bras parcheminés. Depuis, ma santé s'est dégradée comme la vie de la bête que j'avais soufflée.
-Ouais, non, ça c'est l'arthrose, c'est pas pareil, marmonna Lee en contemplant l'arc de plus près. Heureusement que vous avez pris votre retraite, j'aurais pas voulu me prendre une de vos flèches dans le cul par erreur.
-Petite pleutre insolente, grinça la vieille folle. Je vous le fais au tiers de son prix si vous me promettez de vous en servir et de perdre vous aussi l'usage de vos yeux.
Lee se figea et regarda la vieille dame, qui lui refléta son air mauvais dans ses deux grands yeux verdâtres et vitreux. Elle sentit le regard des autres peser sur elle et une expression de défi passa sur son visage.
-Vous savez quoi, vieille chouette? Je vous le prends. Votre rabais, vous vous le prenez dans le cul, et ne venez pas vous plaindre quand vous gratterez le fond de votre tiroir en quête d'argent pour finir le mois, pendant que je me repaîtrai de la délicieuse et énorme bête que j'aurai abattue avec cet arc. Oh, et je vous prends vingt-cinq flèches aussi. Allez, aboulez.
Elle sortit sa bourse et jeta des demi-lingots à la vieille, avant de chausser l'arc dans l'arrière de son dos.
Les yeux encore luisants de défi, elle se détourna de la vieille qui se hâtait d'enfouir les lingots derrière le comptoir.
Et puis le doute commença à l'envahir, et, hésitante, elle croisa le regard d'Octavie, et lui envoya une moue un peu paniquée.
Elle avait besoin de son avis, parce qu'aussi peu enthousiaste qu'Octavie fut, elle avait au moins la tête sur les épaules et possédait un minimum de sagesse. 
Ce que Lee ne possédait pas, dans aucune de ses formes.



RE: Placebo - rp - Mayskurar - 03-08-2015

Octavie suivit Gabriel à la trace, manquant presque de lui rentrer dedans lorsqu'il s'arrêta devant une échoppe, possédant le doux nom du « Bazar du bizarre ». Admettons. Octavie franchit la porte, ne retenant une grimace à l'entente du tintamarre fortement désagréable des carillons – pas qu'elle détestait ce son, mais avec modération tout de même – avant de s'enfoncer dans la boutique qui lui rappela non sans un frisson les échoppes visibles dans les différents Harry Potter. Il ne manquait plu que le professeur Rogue s'élevant de derrière le comptoir pour les mitrailler de son regard tueur, le tableau aurait été parfait.
Malheureusement, ce ne fût qu'une silhouette courbée, qui se redressa à peine pour accueillir les clients, les jaugeant d'un œil mauvais. Octavie soupira, lança un regard encore plus méchant et glacé que celui offert par la vieillarde, et celle ci s'en retourna à son somme. Elle entendit Lee grommeler dans sa barbe, et Octavie leva les yeux au ciel.

«  – Pour les necromarki, si les fées sont assez fatiguées, ils sprinteront sur deux mètres puis ils seront crevés, alors je vous laisse leur fendre la gueule d'un coup de masse.
– Sans blague ?
cracha Octavie, à voix basse, comme si on était pas au courant... »

Elle les prenait pour des imbéciles ?

Elle aurait mieux fait de rester à sa place, elle qui était arrivée deux semaines plus tôt. Mais bon.

Elle s'enfonça un peu plus dans la boutique, du côté des épées, dagues et autres. Ce n'était pas ses armes de prédilection, mais mieux valait en posséder de bonne facture lorsqu'elle n'avait pas le temps de lancer de sorts. Après les avoir comparés, et à raison du budget que leur avait signifié Antigone, elle choisit une épée lui semblant plutôt robuste, ainsi qu'une petite dague qu'elle glisserait sans doute dans sa botte, comme à son habitude. La sienne, qu'elle conservait depuis un moment déjà, avait été perdue lors de leur dernière mission, pour son plus grand malheur.

La jeune fille remonta un peu, s'arrêtant auprès des grimoires et autres parchemins, qu'elle commença à lire avec application. L'un d'entre eux attira tout particulièrement son attention, un lourd livre noir à la reliure de cuir qui semblait ne pas avoir été ouvert depuis des millénaires. Elle épousseta la couverture, passant timidement ses doigts sur les inscriptions que le temps avait effacées. Elle jeta un coup d’œil vers la vieille femme, laquelle semblait malheureusement se disputer avec Lee pour un sujet quelconque – un arc maudit ou quelque autre idiotie du même genre. Octavie baissa les yeux sur le livre, résignée, et entreprit de l'ouvrir.

Les pages jaunies craquaient entre ses doigts, prêtes à être réduites en poussière. Le temps n'avait guère épargné le livre, et certaines pages étaient déchirées sans que cela n'impacte en rien la lecture du livre. Octavie parcourut rapidement les écriture, pour se rendre très vite compte qu'il s'agissait de magie noire. D'une fascination mêlée de crainte, elle redessina du bout des doigts les runes qui se trouvaient sur les pages, ainsi que leurs descriptions, doucement, craignant presque que cela ne déclenche un cataclysme. Elle eût un léger sourire, proprement tentée de tout tester là, tout de suite. Elle jeta un coup d’œil vers le petit encart qui indiquait le prix du livre, et sourit en voyant que c'était tout à fait dans ses moyens. Elle referma l'ouvrage, récupéra d'autres livres et parchemins qui l'intéressaient, avant de se diriger vers le comptoir, prête à payer.

Au moment même ou elle arriva, elle entendit Lee injurier de la façon la moins délicate possible la vieille femme, ce qui fit grincer des dents Octavie : quelle intelligence de s'en prendre à celle qui fixe les prix ! Mais visiblement, la diplomatie et Lee n'étaient définitivement pas compatibles.

Mais la jeune fille sembla se rendre compte extrêmement rapidement de l'intelligence suprême dont elle avait fait preuve, lançant à Octavie un regard décontenancé, paniqué presque, semblant lui demander de l'aide. Elle secoua la tête, d'un air de lui dire de ne rien ajouter puis avec un grand sourire, elle s'excusa auprès de la vieille, déposant calmement ses articles sur le comptoir.

« – Les malédictions n'existent pas madame. Seulement la fatalité, malheureusement. Même si elles existaient, je suis certaines qu'elles peuvent être brisées. »

Elle déposa ses lingots sur le comptoir, attendit que la sorcière lui rembourse, et entraîna Lee qui semblait avoir fini ses achats, un peu plus loin dans la boutique. La sentant quelque peu effrayée tout de même, elle se sentit obligée de la rassurer, après s'être assurée que personne ne pouvait les entendre.

« – Ne t'inquiètes pas, souffla-t-elle d'une voix calme. Les malédictions n'ont pas court sur nous dans ce monde. Nous ne sommes pas réels, nous n’obéissons pas aux mêmes lois que les habitants, Rixon s'en est assuré. »



RE: Placebo - rp - Blouzblanche - 04-08-2015

– Les malédictions n'existent pas madame. Seulement la fatalité, malheureusement. Même si elles existaient, je suis certaines qu'elles peuvent être brisées. Ne t'inquiètes pas. Les malédictions n'ont pas court sur nous dans ce monde. Nous ne sommes pas réels, nous n’obéissons pas aux mêmes lois que les habitants, Rixon s'en est assuré. 
Lee souffla un grand coup et se balança sur ses talons. Soudainement, elle se sentait très idiote.
-C'est logique, fit-elle en tripotant ses mains gantées de mitaines en cuir. Cela dit, cet arc a vraiment une aura cheloue, ajouta-t-elle en le reprenant et en le faisant rouler entre ses doigts. Regarde, on dirait qu'il vibre et qu'il ricane de l'intérieur. Peut-être que quelqu'un a cru que c'était une excellente idée de piéger une quelconque âme dedans, genre un bon gros dragon de gouffre qui aspire ton énergie vitale en mode Détraqueur. 
L'arc étant assez long, elle put le poser par terre et s'y accouder, puis croisa ses pieds et considéra son équipe en se grattant le nez.

-Si il possédait la bénédiction d'un prince dieu, ça m'arrangerait, marmonna-t-elle. Surtout si ce dieu était très beau gosse et qu'il se matérialisait pour me chuchoter des mots doux.
-Je sens votre aura, intervint la vieille tenancière d'une voix mauvaise et mesquine. Quelque chose me dit que vous aimez plutôt les femmes, espèce de dégénérée.
Lee n'avait vraiment pas envie de lutter contre l'homophobie dans un monde médiéval. Elle prit son nouvel arc d'un bout et étendit son bras, chatouillant la pomme d'Adam de la vielle à deux mètres de là avec l'autre extrémité pointue. 
-Croyez-moi, princesse déesse de la ménopause, vous eussiez préféré que j'aimasse les femmes. D'ailleurs, en allant de la douce Antigone à ma chère Octavie en passant par nos sublimes Gaïa et Rhéa, je suis magnifiquement bien entourée. Quant à notre petite Alix, c'est notre petit flocon de neige parfait. En définitive, vous n'imaginez pas à quel point j'aime les femmes, sourit-elle.
C'était dans ces moments-là que le véritable Lee réapparaissait. Un sourire goguenard se glissait sur ses lèvres et sa voix se faisait plus grave et plus idiote, et il devenait également un peu plus lourd. 
Mais bientôt la Lee d'Ethnolia reprit le dessus; ou plutôt, elle arrêta de déconner.
-Bon allez, filez vous étouffer avec votre dentier. Octavie, reprit-elle en se tournant vers elle, merci, vieille. Tu m'as rassurée. T'as un don pour ça, tu sais. C'est peut-être parce que t'es une boule d'éther sur pattes, et ça doit être pour ça, l'air, euh, anesthésié, que t'as des fois.
Elle sentit qu'elle s'empêtrait et passa une main dans ses cheveux inégaux.
-Je sais que je peux être un peu lourd, des fois, murmura-t-elle au masculin. Mais, euh... ça veut... ça veut... ça veut pas dire que je t'apprécie pas.
Elle était en train d'exprimer de l'affection pour un menhir glacé au regard ennuyé et irrité. Excellent choix, Lee.
-BON ALLEZ, VOUS AVEZ FINI? s'exclama-t-elle au groupe d'une voix aiguë. Non parce qu'on va pas prendre racine, on a des baleines volantes à chevaucher, nous! Hein! Allez! Le peps!



RE: Placebo - rp - Wenka - 04-08-2015

Coucou, ici Camille

Le visage de Lee exprimait le dépit, fatalement, comme si elle se rendait soudainement compte de l'improbabilité de la situation. Bien qu'être virtualisés au beau milieu d'un jeu vidéo (en mode Code Lyoko) lui semblait quelque peu plus improbable qu'une histoire d'arc maudit, Octavie trouvait cela particulièrement ridicule de commencer à s’inquiéter pour un oui ou pour un non. C'était du virtuel, un jeu vidéo, rien de plus.
« – C'est logique. Cela dit, cet arc a vraiment une aura cheloue. Regarde, on dirait qu'il vibre et qu'il ricane de l'intérieur. Peut-être que quelqu'un a cru que c'était une excellente idée de piéger une quelconque âme dedans, genre un bon gros dragon de gouffre qui aspire ton énergie vitale en mode Détraqueur. 
– Et bien une malédiction, ça se lève
, lança Octavie en haussant les épaules. J'ai de quoi le faire là-dedans, lança-t-elle en indiquant ses livres, et il nous reste une bibliothèque entière à lire, la bestiole sera heureuse et pourra exercer sa vengeance à l'égard de ceux qui l'ont capturée. Les détraqueurs ne sont pas biens sorciers à chasser. »
C'était vrai, dans Harry Potter ils faisaient ça presque en claquant des doigts. Un souvenir heureux, une formule magique, et hop, la chose était réglée. En quoi cela serait plus compliqué pour eux ?
Elle chassa une bête qui volait non loin d'elle, fronçant les sourcils, agacée. Elle aimait beaucoup les vieux magasin, avec une préférence toute particulière pour ceux qui étaient bien entretenus, n'attirant pas moult créatures plus disgracieuses les unes que les autres – visiblement ce n'était pas le cas de cette échoppe.
« – Si il possédait la bénédiction d'un prince dieu, ça m'arrangerait, grommela Lee. Surtout si ce dieu était très beau gosse et qu'il se matérialisait pour me chuchoter des mots doux.
– Ça ne m'étonnes que peu... Imagine un peu la bénédiction de Rixon
, grimaça Octavie. »
Voilà qu'elle s'essayait à l'humour désormais. Pas glorieux, vraiment pas. Elle se retourna vivement lorsque la vieille chouette se mit à leur adresser la parole de nouveau.
« – Je sens votre aura. Quelque chose me dit que vous aimez plutôt les femmes, espèce de dégénérée. »
Octavie soupira, irritée de tomber sur une vieille intolérante superstitieuse fort peu agréable à regarder, et remis en place les quelques mèches violettes qui avaient décidé que le temps était venu de prendre leur envol, tandis que Lee remettait en place la vieillarde. Octavie commençait presque à regretter de lui avoir donné de l'argent.
Elle reposa les yeux sur Lee lorsque cette dernière l'interpella, le visage semblant déformé par la gêne.
« – Tu m'as rassurée. T'as un don pour ça, tu sais. »
Allons bon, voilà qu'elle semblait se lancer dans de formidables déclarations d'amour.
« – C'est peut-être parce que t'es une boule d'éther sur pattes, et ça doit être pour ça, l'air, euh, anesthésié, que t'as des fois.  »
Elle haussa un sourcil incrédule, mais dans sa tête, tout bouillonnait sans que son visage ne la trahisse.
Anesthésié ?
Dans son esprit se dessinait son image, caricaturée, aussi expressive et réactive qu'une Kristen Stewart après quelque joints, image peu flatteuse qui eût tôt fait d'agacer profondément Octavie.
Si Lee espérait marquer des points en parlant du plus profond de son petit cœur, c'était définitivement et considérablement manqué. Mieux aurait fallu utiliser son cerveau, mais visiblement, c'était trop compliquée.
« – Je sais que je peux être un peu lourd, des fois. »
Si peu, retint de justesse Octavie
« – Mais, euh... ça veut... ça veut... ça veut pas dire que je t'apprécie pas.
– Ce n'est pas réciproque, ne commence pas à t'imaginer que je t'aime bien parce que je t'ai dis le fond de ma pensée
, lâcha Octavie d'un ton glacial. J'aurais fait pareil avec n'importe quel membre du groupe. Et si tu t'attends à ce que je me pendes à ton cou en hurlant comme une collégienne qui viens de trouver son meilleur ami gay c'est raté.
Peut-être aurait-elle pu être plus gentille, mais cette histoire d’anesthésie lui restait en tête, froissant l'amour propre d'Octavie. Elle prévint les autres qu'elle les attendrait dehors, ne pris pas la peine de saluer la vieille et sortit en évitant la mélodie des carillons, avant d'aller s'adosser contre un mur. Elle sortit l'un des livres de poche qu'elle avait acheté, commençant à la lire avec assiduité. Elle en préféra un sur la magie blanche, pas vraiment certaine qu'on la laisse tranquille si elle commençait à lire des traités de magie noire.



RE: Placebo - rp - Okero - 04-08-2015

HS: He je poste depuis le fin fond de l'Espagne, reput +3 svp haha
(+ j'ai pas trop le time sur internet donc je fais un peu simple, mmmsorry)

Durant le discours -sans doute passionnant- d'oncle Bens, Milo avait éprouvé autant d'attention et de concentration qu'un rat mort dans un couloir du métro. Il fixait d'une manière égarée et obstinée le bouton de chemise du maire ; un peu rouge, bien rond comme on les aime, ni trop propre ni trop sale, juste parfait. Un bien beau bouton. Mmmm il aurait voulu  toucher ce bouton. Un petit bouton un peu dur, qui se laisse faire, qui s'attacherait de surcroit à tout les trous de boutons inimaginables, et propices dans toutes occasions ; mariage, barmitzvah, ballade printanière, sirtaki avec un cavalier.. Le meilleur ami de l'homme quoi, après le chien. Le bouton occupait une place trop basse dans la hiérarchie sociale de nos jours. Que ferait-on sans ? On serait nue, le bide à l'air, c'est tout.  Il avait du en vivre des choses, il était vraiment cool ce bouton. Ca fait réfléchir.
Mmm, réfléchir..
Ne jamais trop réfléchir. La réflexion amène souvent à prise de conscience, et a l'incohérence du déni et de l'acceptation. Pour sa part, la réflexion ça rend faible. Ca brise la coquille de l'insensible et souvent la réalité est trop amère à accepter. Le vice, toi, elle, la maladie, moi. Surtout la maladie, et moi. Comment l'avait-il appelée déjà ? Oui, Aggripa. Ce concept inconnu, qu'il n'expliquait pas. Ce qui l'avait rendu vide, faible, sensible, désintéressant, malade. Qu'on trouvera peut-être un jour, qu'on éradiquera sans doute dans les décennies à venir. Il avait pourtant tout essayé pour s'en défaire, mais s’était sans doute brulé les ailes. Enfin c’était le Milo d'avant ça. Le Milo « intelligent », faible.
Aggripa.. c’était un peu le nom en lui-même ; Aggripa, un nom vraiment moche et bizarre, si bizarre qu'on pourrait pas définir ce que ça fait et d'ou ça vient. Un peu comme un bouton. Bouton, bouton, bouton... Ouai les deux mots sonnaient d'un air étrange. Comment maman avait surnommée déjà Aggripa ?  L'hypoch..L'hypoquoi ?

...Jm'en souviens plus, tu réfléchis un peu trop la. Allez, arrete tes conneries.

On s'en bat les coquilles, c'est plus facile, haha..
Le temps d'un crush sur le bouton rouge et l'ami Poitou avait fini son discours. La troupe s’avançait vers un bouiboui un peu louche à 30 mètre dans les ruelles du village. Milo n'avait même pas remarqué Alix qui pour une fois pouvait aligner deux mètres sans rouler en fauteuil et faire la gueule.
« Au bazar du bizarre ». Ouai, ça c’était du nom de boutique ; Un peu perrav sur les bords, tellement ringard que c'en était intéressant. Plus qu'une quincaillerie ou une épicerie ; un bordel, un bazar. On imaginait bien le gros monsieur de l'Auvergne profonde qui avait trouvé son nom entre deux sauciflard et trois litres de cidre brute. Il passa le seuil de la porte en découvrant les lieux avec la grâce d'un enfant de 8 ans. La porte s’ébranla jusqu'au gonds et craqua le bois de l'infrastructure.
La gérante se retourna d'un œil mauvais et scruta Milo arracher le respect de sa boutique à mains nues.
"-Mais c'est vintage ici !"
Milo n'avait pas vraiment l'oeil pour repérer l'important. Pourquoi acheter le nécessaire quand on peut trouver des cochonneries inutiles ?
Sur les murs décrépis coulaient armements et chiffons qui avaient habillés la femme et l'homme de l'ancien temps, voir des origines du monde. Il y en avait pour tout les gouts ; de l'attirail brutal de la cheetah du zoo de Beauval en passant par la mystique Bérangère du hameau de St Maur les Fossés, sans oublier les dictionnaires Vidal et soupes à l'ail du Gandalf de la maison de retraite,  pour peu d'être un poil aveugle et kitch sur les bords, tout le monde y trouvait son compte. Il s'attarda dans les allées de déstockage massifs (les plus drôles et surprenantes, toujours imitées jamais égalées) pour constater la présence d'une Barbie vaudou étranglés aux parties, qui se mariait à merveille avec sa voisine d'étagère, soit la recette de la pâte à modeler playdo qui  tronait sur l'étalage.
Bon, si on est mal équipés au moins on pourra dire qu'on est oldschool.
Le seul problème était que la boutique ne proposait pas de matériel chimique de haute qualité. A part des mélanges d'outres-tombes, du sel et du poivre. Sympa. Pas que le jambon de hyenne albinos et que le gaspacho enchanté ne l’émerveillait pas, juste que les potions de changement de sexe et de minceur ne seraient pas forcément adaptées a combattre l'opposant quoi -enfin je crois-.
Néanmoins il acheta 4-5 mixtures pour ses concoctions d'explosifs, du matériel ba-b.a d'infirmier, et vola le sel et le poivre . Parcque c'est toujours bon pour les tambouilles, et puis parcqu’ « acheter » du sel et poivre c'est pour les femmes au foyers, les fins gourmets ou les bouffons.
Vive le système débrouille.

Il sorti et evita de justesse Octavie et Lee qui semblait s'être pris une gourdin orale en pleien tête. Octavie, nous aussi on t'aime tu sais, silteplait, sors ce refrigirateur de ton cul, on sait tous qu'au fond t'es cool. Et toi Lee, stop le babtou fragile silteplait.

Il croisa le regard de Clarence, et lui adressa un sourire simplet en lui montrant ses emplettes, dont le sel et le poivre dérobé au magasin.
- "Ca en jette non ?"



RE: Placebo - rp - MoZ - 06-08-2015

L'étrange épisode Alix passé, Clarence repartit à son activité préférée : ne rien faire de précis et regarder les autres de loin. Tout le groupe s'était mis en branle en direction de l'armurerie (d'après ce qu'il avait compris) aussi, d'un pas lourd, distrait, il les suivit en silence. Cet intermède d'achat d'armes était, pour lui, assez superflu étant donné qu'il suffisait de soulever son manteau pour révéler une douzaine de lames plus ou moins fines, un ensemble de dagues soigneusement aiguisées et un ensemble d'obscurs gadgets d'assassins. Sous ses vêtements, que ce soit aux cuisses ou aux avant-bras, étaient ficelés et camouflés d'autres fins couteaux de secours. Mais Clarence était faible face aux armes, et une nouvelle dague par là ou une nouvelle cimeterre par-ci ne se refusaient jamais.
Malheureusement pour lui et son mètre quatre-vingt douze, les îliens d'Ethnolia étaient réputés pour leur petite taille. Un homme qui mesurait plus d'un mètre 70 était un véritable géant à Bendetto, ce qui en plus de lui attirer des regards impressionnés et curieux de la part des gens qu'ils croisaient, était en soi assez problématique : leurs habitations étaient évidemment elles aussi petites. Étant le plus grand du groupe, Clarence fut le seul à rencontrer un sérieux problème dès lors qu'ils entrèrent dans la boutique. Même Lee, qui était la plus grande, avait une marge confortable d'une dizaine de centimètres entre sa tête et le plafond. Lui, absolument ravi, était obligé de courber l'échine pour cheminer dans la boutique, au risque de se cogner la tête. Alors qu'il songeait à quel point ce séjour sur Bendetto promettait d'être inconfortable et comment il devait être ridicule, il sentit cheminer sur lui le regard pesant et inquisiteur de la vieille dame fripée qui était debout derrière un comptoir. Crispée, ses deux mains parcheminées agrippés au bois éraflé de son étal, elle semblait prête à bondir au moindre geste suspect de leur équipe. Il se dirigea immédiatement vers les armes, et écouta (ou plutôt entendit) d'une oreille désintéressée l'altercation entre la commerçante et Lee.
Avec un entrain limité, il jeta son dévolu sur un énième couteau papillon, alors que Milo lui sautait littéralement dessus en s'exclamant :
-Ça en jette, non ?
Clarence entraperçut dans les petites mains du gars quelques objets très certainenement dérobés -en plus d'être toxico ce gosse était complètement klepto- et roula des yeux.
-Cache moi donc tes conneries avant que l'ancienne ne saute par dessus son comptoir pour jeter une malédiction sur ta putain de salière... genre t'auras beau rajouter du sel dans ta bouffe, tu sentiras aucun goût, mais ce sera tout autant mauvais pour ton corps quoi. Clarence marqua une pause, méditatif. Son esprit sur Ethnolia semblait fonctionner différemment que sur terre, et semblait plus axé sur des questionnements du genre stupide. Tu préfèrerais quoi tiens, ressentir toute ta vie tout de façon extrêmement salée, ou pas avoir de goût du tout ? Tout compte fait range moi cette putain de salière, le fossile nous regarde de travers.
Milo était une véritable corvée. En fait, Clarence l'aimait bien. Ce mec avait toute la dose de non-prise de tête et de chill que lui n'avait pas. Ils étaient le jour et la nuit, et par on ne sait quel miracle, ils arrivaient pourtant à bien s'entendre. Flirter avec les deux mètres engendrait un appétit difficilement satisfait, et bouffer tout un tas de médocs avait pour effet de couper toute sensation de faim ; ils avaient donc trouvé assez rapidement un compromis confortable. Partenaires en crime, Clarence usait de son réseau (du fait de son ancienneté, il avait toutes les infirmières dans la poche) pour permettre à Milo de subtiliser des cachets à l'infirmerie pour avoir sa dose, en échange de quoi le jeune toxico lui refilait entrée et dessert à chaque repas.
L'ancienne sembla enfin tiquer quand elle aperçut les objets hétéroclites que cachait Milo dans ses manches. Sa voix à la fois nasillarde et usée par les années tonna dans leurs dos :
-HEP VOUS, n'croyez pas que j'vous ai pas vu ! Rendez-moi ce que vous m'avez volé !
Ses mains creusées par l'âge, barbouillées par la vieillesse dont ressortait d'énormes veines violacées se tendaient déjà vers Milo, menaçantes. Cinq doigts recroquevillés s'emparèrent du bras maigre de son camarade alors que Clarence observait la scène, stupéfait.
Merde, Clarence. Bouge ton cul, ou ce con de Milo va faire foirer toute la mission.
Brusquement, Clarence arracha à Milo le sel et le poivre qu'il avait volé, et leva son bras hors de la portée de la dame furieuse.
C'est malin ça, Clarence. Tu fais quoi maintenant ?
Les petites yeux de la commerçante semblèrent s'étrécir alors qu'une lueur de peur s'allumait dans son regard. Allons bon, que se passait-t-il encore?
L'air s'alourdit soudainement alors qu'elle le fixait, ses yeux tout écarquillés, et commençait à parler d'une voix monocorde.
-Je savais que vous n'étiez pas normal. Votre trop grande taille et votre aura souillée par le crime me donnent la nausée depuis que vous avez passé cette porte. Rendez-moi mon dû, ou je vous dénonce à l'Inquisition ainsi qu'aux Chasses Sorcières.
La lampe à huile qui éclairait l'étrange boutique de l'apothicaire explosa soudain, comme une réponse à la tension qui avait figé tout le monde (ou un pouvoir obscur de cette dame trop superstitieuse pour être honnête). Pas clean, la mamie, songea Clarence.
-Je vous déconseille d'y retoucher maintenant, répliqua-t-il cependant d'une voix mécanique et froide, parce que j'ai maudit ce truc.
Autant rentrer dans son jeu. La grand-mère tituba en arrière, scandalisée et blanche comme un linge. Sa fine bouche peinte d'un rouge à lèvre qui filait dans ses ridules tremblèrent quelques secondes, avant qu'elle ne réussisse à articuler d'une voix étranglée :
-A-Allez vous en. Tous ! FOUTEZ LE CAMP DE MA BOUTIQUE! MAINTENANT !
Clarence, qui ne s'attendait pas vraiment à ça, consulta du regard le reste de ses coéquipiers, et d'un même mouvement ils déguerpirent de la boutique sans demander leur reste. Une fois à nouveau sous la lumière claire du jour, loin de l'ambiance étrange de cette armurerie tenue par une vieille sénile, Clarence rendit à Milo ses objets volés, et le gratifia d'une tape derrière la tête.
-En plus d'être toxio t'es un putain de klepto gars. Arrête deux secondes tes conneries un jour.
Il soupira -leur mission se compliquait dès le début, et se mettre les habitants du coin à dos était généralement une assez mauvaise idée pour entraîner un succès final- et se tourna vers les autres.
-Après ce fiasco à l'armurerie, je propose qu'on aille direct au cœur du problème, qu'on dératise cette foutue ville et qu'on dégage pronto. On s'est déjà beaucoup trop fait voir.
En fait Clarence, t'es surtout juste deg qu'on t'ait traité comme un truc bizarre seulement parce que t'es grand. T'y peux en rien en plus, si tu pouvais perdre une p'tite demie-douzaines de centimètres, ce serait pas de refus, mais bon. La vie est une p.ute, et c'est comme ça.



RE: Placebo - rp - WendyDarling - 17-08-2015

Le bazar du bizarre, cocktail bringuebalant qui grince on ne sait trop comment, un poil labyrinthique, juste le temps de s'y perdre et d'en ressortir le regard hagard et la bourse un peu trop légère. Antigone remet une mèche rouge derrière son oreille de nacre et replace l'argent qui caresse sa hanche avec un peu trop d'empressement. Elle n'a pas le temps de parler qu'en un coup de vent ; bam, tout le monde a disparu parmi les allées un peu glauque de l'armurerie.

Si on peut appeler ça une armurerie.
Elle marche lentement ; sans trop savoir où aller. Faut dire qu'elle a toujours l'air un peu perdue, Antigone, un peu paniquée  qu'il y ait plusieurs choix et d'effleurer des possibilités. Elle fini par se retrouver au milieu d'étalages d'amulettes et de grigris en tout genre. Toujours flanquée de sa fameuse interrogation dans le regard. S'il n'en tenait qu'à elle, elle aurait voulu apprendre chacune de leurs histoires ; jusqu'à la plus insignifiante des tiares présentes dans cet amas qui brille à faire danser de petits points lumineux sur sa peau blanche.

Antigone en saisie une – la plus terne et la plus laide, qui n'a de belle qu'un quartz rose luminescent– et la fait tourner entre ses doigts blancs. Ces triangles qui se chevauchent... Elle penche la tête et quelques mèches s'élancent dans le mouvement. Elle les écarte avec un soupir exaspéré. Elle a déjà vu cette amulette quelque part. C'est là ; c'est tout près, presque palpable et pourtant. Pourtant, ça lui échappe.
Et dieu seul sait comme elle hait lorsque le monde se fait mystère.

Quelques éclats de voix cueillent son attention et elle se détourne. Lee et Octavie, puis Milos et Clarence. Oh oh. La vieille sorcière qui tient l'armurerie piaille et elle a pas besoin d'entendre pour savoir que l'autre timbré a encore fait des siennes. Et Clarence... Clarence, c'est triste à dire mais en général tout s'empire par sa seule présence.

« Allez Antigone, elle marmonne entre ses dents. C'est à toi de jouer. Comme d'habitude. »

Elle se compose un sourire et s'approche du comptoir où la vieille sorcière n'a pas fini de pester. Les veines sont à la limite d'éclater sous sa peau parcheminée par le temps et ses ongles se promènent dans le bois comme pour y laisser sillage. La jeune-femme retourne sa paume et y concentre une once d'énergie positive à base de buée et de magie qu'elle lance discrètement sur la vieille. Juste de quoi l'apaiser ; la douceur dans la voix fera le reste.

« Je suis désolée pour mes compagnons, ils ne savent pas ce qu'ils font, ce n'est qu'une bande de gamins insolents. » Elle pose sa main aux ongles rouges écrevisses sur le bois, puis fait tinter sur le comptoir la somme de tous leurs achats ; même un peu trop, d'ailleurs. Elle aimerait lui poser des questions sur le médaillon rouillé, mais ça ne sert à rien. Plus tard. « Veuillez accepter nos plus plates excuses, en espérant que vous ne nous tiendrez pas rigueur. »

Ses dernière paroles ne servent à rien, le bruit des pièces sur le bois ont suffi à effacer toutes les frasques de Milos. Antigone soupire, soudain très lasse. Elle se rabroue et se dit que la neurasthénie ne peut pas l'avoir suivi dans le jeu. Elle a plus le droit de se laisser à la fatigue.

« Qu... que je ne reprenne plus ces petits CHIARDS DU DIABLE à me v... VOLER où vous aurez de MES NOUVELLES et je... » mais son attention se perd dans le miroir jaune de la recette du jour.

Antigone s’apprête à tourner les talons et se rend compte qu'avec toutes ces conneries, plusieurs armes ont été oubliés – négligemment abandonnées au sol ou sur le comptoir. Elle les ramasse avec un nouveau soupir et part rejoindre les autres. La lumière du jour la frappe et elle titube avant de glisser une main hésitante entre elle et le soleil.

« C'est la dernière fois que je nettoie derrière vous pour une quelconque affaire de ce genre, je vous préviens. » Elle laisse tomber et comme d'habitude sa voix douce n'effraie personne. « Milos la prochaine affaire de ce genre et je te fais avaler tout le sel de l'internat jusqu'à ce que t'en fasse une hypertension artérielle, et je rigole pas avec toi. » Elle se détourne et finit par mettre en évidence les couteaux et dagues qu'elle tient dans ses bras. La lumière solaire courent sur les lames avec un éclat menaçant. « Au fait, Clarence. »

Avec une précision étonnante pour une aquamancienne elle jette les trois armes vers le jeune-homme. Elles déchirent l'air droit vers le torse de leur propriétaire. Antigone ne s'en fait pas pour lui.
On est assassin ou on ne l'est pas.

« Allez, tout le monde, on s'en va avant de s'attirer d'autres ennuis dans la région et dieu seul sait à quel point c'est dangereusement possible avec Milos la catastrophe dans les parages. »



RE: Placebo - rp - MoZ - 19-08-2015

Comme d'habitude, Antigone fut celle qui tenta de calmer les tensions et de réparer les pots cassés. Un peu bougon, Clarence s'était renfrogné quand il avait croisé le regard plein de reproches d'Antigone. Bon, ces yeux mécontents étaient majoritairement destinés à Milos, il en était conscient, mais depuis le temps qu'ils se côtoyaient, Clarence avait compris qu'il était, dans la tête d'Antigone, un déclencheur de catastrophes. Alors il prit le reproche quelque peu personnellement, et son mauvais caractère et sa susceptibilités mal placée firent qu'il était extrêmement agacé par la situation, ce qui n'allait pas en s'arrangeant plus la petite aquamancienne montait en réprimandes.
Elle entama ensuite une petite distribution des effets personnels et autres achats oubliés qui s'amoncelaient dans ses petites mains. Soudain, sa voix fit se retourner Clarence :
-Au fait, Clarence.
Les lames sifflaient déjà dans l'air à peine la première syllabe de son prénom avait-elle été prononcée. Le corps de Clarence réagit plus vite que son cerveau pour ingérer l'information ; et d'un geste instinctif mais fluide, il attrapa les trois couteaux au vol sans problème. L'expérience qu'avait Clarence dans son domaine était indéniable ; et plus de six ans à jouer lui avait permis de maîtriser son alter-ego d'Ethnolia à la perfection, et évidemment d'en exploiter au maximum toutes les capacités spéciales.
-La prochaine fois que tu essaies de faire un truc dangereux productif, m'appelle pas avant, railla-t-il, toutefois léger.
Satisfait, un sourire en coin fendit ses lèvres alors qu'il croisait le regard tout aussi satisfait d'Antigone.
La jeune femme, qui s'improvisait comme souvent maman officielle du groupe les contraignit à bouger afin d'éviter de se faire remarquer davantage, et ils se mirent enfin en branle vers les lieux indiqués de la mission. Là-bas, ils firent le point sur leur matériel, leurs capacités respectives et mirent au point un plan d'attaque. Clarence rappela l'aspect spécial de la mission du fait que les monstres et vols impliqués apparaissaient surtout en soirée, voire à la tombée de la nuit. Le soleil brillait encore assez haut dans le ciel, et l'heure devait avoisiner dix-huit heures. Après une longue délibération commune où les débats furent vifs, mais restèrent tant bien que mal courtois, il fut décidés qu'ils se répartiraient par binômes ou trinômes, selon leur capacités (et surtout selon un tirage au sort car personne ne tomba d'accord sur les groupes à définir) et se cacheraient tous en embuscade à des points plus ou moins éloignés autour de la zone concernée. Il s'agissait souvent de centaines de mètres, ce qui rendrait la communication pour le moins difficile ; et il allait falloir jouer fin et synchronisé étant donné que dans le pire des cas l'attente pourrait durer plusieurs heures.
Le tirage au sort, mouvementé et rapidement remis en cause par la majorité du groupe, décida pour eux qu'ils se composeraient de quatre binômes : Lee/Milos ; Octavie/Gabriel ; Clarence/Antigone ; Drew/Alix et Rheia/Gaïa.
Ironiquement, Clarence se fit la réflexion que 1) le hasard devait être sacrément hétéronormé car il leur avait pondu quatre binômes mixtes sur cinq et que 2) le destin était d'une fatalité à toute épreuve perverse et irréfutable à l'assembler avec Antigone dans les circonstances les plus embarrassantes du monde. Passée la frustration due au hasard qui faisait les choses pour n'arranger (presque) personne se posa la question de la répartition des groupes. Accompagné de Lee, Clarence dessina une carte sommaire des lieux dans le terrain sablonneux à l'aide d'une branche. Vu comme ça, ils donnaient l'image d'un général et d'une maréchale de la Seconde Guerre Mondiale qui briefaient leurs troupes avant le champ de bataille. Clarence suggéra qu'ils sifflent dès que l'un d'eux localiserait ou entendrait approcher le premier monstre ; dès lors l'attaque débuterait et leur assaut lancé.
-Bon, déglutit-il enfin, digérant toujours difficilement l'annonce de son binôme. Personne n'a rien à redire ? Si tout le monde est prêt, on y va.
A regrets (pour Clarence) l'équipe se dispersa puis tout le monde se sépara dans des directions différentes. La première priorité était de trouvé un endroit à couvert, où il y avait possibilité de planquer en étant assis ou allongé sur le ventre. Silencieux, le jeune homme marcha plusieurs foulées devant Antigone. Il n'avait rien à lui dire, et ne comptait pas vraiment lui parler de quoique ce soit qui ne concerne pas une nécessité immédiate ; chacune de leurs conversations (ultimement rares proportionnellement au temps qu'ils avaient passé ensemble, ou dans un rayon de dix mètres l'un de l'autre) s'étaient soldés par un échec cuisant ou un moment passablement embarrassant que Clarence aurait préféré éviter.
Ils se mirent toutefois d'accord sur l'endroit où ils s'installeraient, préparèrent leur planque de leur initiative personnelle chacun de leur côté et puis l'attente, silencieuse et assez pesante quand même, commença. Clarence ne l'aurait avoué pour rien au monde, mais il aurait donné tout ce qu'il avait dans la vie pour être avec Milos à ce moment précis, voire même Drew ou encore Octavie.
Être avec Antigone était si... compliqué. Et cela semblait être le cas uniquement pour lui, parce qu'en fait, Antigone n'était une fille compliquée pour personne au pensionnat. Elle était gentille et attentionnée avec tout le monde, elle était juste bizarre et dans son monde. Mais c'était pas si difficile de lui parler apparemment, puisqu'elle était quasiment en permanence en contact avec les autres gens.
Ennui ou réflexe compulsif, Clarence jeta un coup d'oeil à son binôme qui était assise non loin de lui. Elle semblait tuer le temps comme elle le pouvait, et faisait tourner entre ses doigts ciselés une banale amulette sans éclat. Avant de détourner le regard, le jeune homme se prit à un examen plus poussé du pendentif, qui n'avait rien d'exceptionnel excepté une pierre de quartz rose.
Clarence était un véritable novice en minéraux et pierres précieuses, mais il sut instinctivement quand il vit cette amulette qu'il s'agissait de quartz rose, et de rien d'autre. Ce fut comme une évidence, une vieille comptine qui ressurgit de nulle part -un savoir si ancien qu'on se demande pourquoi on s'en souvient encore, et même quand on l'avait appris. Dubitatif, confus, Clarence se dit que ce bijou lui était bien plus familier que n'importe quel autre ; et à voir les yeux pensifs et troublés d'Antigone, la jeune femme semblait partager son sentiment. Pourtant, il était incapable de savoir d'où il connaissait cet objet, mais il était persuadé que ce truc était important.
-C'est quoi ? Tu l'as trouvé où ? Demanda-t-il soudain.
Il n'avait pas parlé depuis pas mal de temps, au moins une heure, et sa voix se modula bien plus gravement qu'il ne l'avait voulu. Après quelques secondes de blanc, il se dit qu'il avait sûrement paru un peu intrusif, voire agressif.
-Je te demande juste comme ça, parce que ce truc me dit vachement quelque chose. J'ai l'impression de l'avoir déjà vu.
Troublé, Clarence continua à observer l'amulette, et il s'était inconsciemment même penché en avant pour mieux la détailler. Il y avait un truc qui clochait, avec ce bibelot.



RE: Placebo - rp - Blouzblanche - 19-08-2015

La lumière avait déjà commencé à décliner et les deux lunes d'Ethnolia mûrissaient déjà à l'horizon, alors que le groupe s'était assis en tas dans un champ pour discuter de leur tactique. L'ambiance était un mélange de tension, d'excitation, et de maîtrise les faisant garder leur calme. Les discussions, qui auparavant étaient arrosées de blagues et d"exclamations enjouées, avaient viré aux chuchotements sérieux et même aux éclats de voix lorsqu'il fut le temps de dissocier l'équipe en petits groupes. 
Lee ramassa les petits dessins représentant sa tête et celle de Milo et ne dit rien; ça lui allait. Cependant, tandis que ses ongles rouge sang faisaient passer sa figure entre ses doigts, elle jetait un oeil circonspect à Clarence et Antigone. Elle se demanda si Clarence n'avait pas usé de ses relations au manoir pour faire entrer un nouveau code dans le simulateur, l'entraînant à être toujours dans un rayon de moins de deux mètres d'Antigone.
Ils n'eurent même pas le temps de casser la croûte que déjà, ils devaient repartir. Ils étirèrent leurs membres engourdis par l'attente et se dispersèrent tous, se souhaitant bonne chance et rectifiant une dernière fois la synchronisation de leurs montres.
Lee coupait à travers un champ, talonnée de Milo, écartant les pousses de blé qui lui chatouillaient le nez. Elle tenait à la main la carte qu'elle avait dessinée avec Clarence.
Cette courte expérience avait été emplie de plissements d'yeux pour tenter de discerner l'horizon alors que Clarence lui tapait sur le système en lui intimant furieusement d'aller plus vite, de grognements et d'exclamations irritées lorsque la pointe du crayon de Clarence se brisait, et de quelques secondes coupables où Lee se perdait dans ses jolis yeux et reculait en toussant et en se rappelant que ses organes féminins temporaires ne lui donnaient en rien le droit de sauter au cou de son compagnon. Et puis de toute façon, elle avait un minimum de maîtrise d'elle-même.
Pour l'heure, elle et Milo étaient assis dans les branches d'un arbre dans lequel ils avaient grimpé et attendaient patiemment leur heure. Ils passaient le temps en disant des âneries, faisant rouler entre leurs doigts des bombes à écran de fumée qui leur permettrait de tuer leurs assaillants en moitié moins de temps qu'à la loyale.
-Octavie et Gabriel? répéta Lee, à l'ombre dans le feuillage de l'arbre, ses grosses bottes reposant sur l'écorce brune. Ca ne marchera jamais. Il se fera laminer par la froideur de Miss Glaçon. En fait, je me demande juste si on va pas devoir contacter SOS Mental Brisé pour mon pauvre petit colocataire une fois rentrés. Par cooontre, reprit-elle avec un sourire, une flèche courant entre ses doigts, Drew et Alix, ça pourrait être le couple le plus mignon de la création. Ma petite princesse...
Elle sourit et s'étendit un peu plus dans l'arbre, voyant sous ses yeux fermés la silhouette gracile de la pauvre petite Alix, si frêle et si mignonne.
Au loin, des cris et des glapissements retentirent. Possédant des réflexes aiguisés à merveille, Lee les ignora et laissa plutôt leur cible se rapprocher, laissant Milo les remarquer.