![]() |
|
Placebo - rp - Version imprimable +- Forum de la Cartoonerie (https://forum.lacartoonerie.com) +-- Forum : Les cartooneurs parlent aux cartooneurs (https://forum.lacartoonerie.com/forumdisplay.php?fid=22) +--- Forum : Jeux en pagaille (https://forum.lacartoonerie.com/forumdisplay.php?fid=27)+---- Forum : Role Play (RP) (https://forum.lacartoonerie.com/forumdisplay.php?fid=35) +---- Sujet : Placebo - rp (/showthread.php?tid=1463) |
RE: Placebo - rp - WendyDarling - 22-08-2015 C'est l'intimité de la pénombre qui, nuit après nuit, nous dévoile nous creuse et nous jette nus sur nos carcasses d'avant. Antigone était serpent, dans un sens. Ceux qui avaient vécu assez longtemps à l'internat avaient tous constaté son évolution. Une enfant renfermée et noiraude ramenée un soir de novembre, avec des cheveux corbeaux emmêlés qui retombaient sur son visage uniquement pour contraster avec son teint blafard presque cadavérique. Elle sursautait quand on l'approchait ; elle se renfrognait et puis elle marchait pas droit. Elle avait l’œil fuyant et le sourire rare.
Puis un jour ; aube de ses seize ans, quelque chose comme ça, elle avait envoyé valser son allure de gamine renfermée pour devenir un peu plus femme ; un peu plus belle ; un peu plus elle. Elle était revenue au manoir avec son air doux et une nouvelle chevelure rouge et plus personne n'avait compris quel changement s'était fait ni qui elle était exactement. Elle avait laissé derrière elle sa peau-mue abandonnée pour aller conquérir le monde du bout de son nouveau sourire.
Antigone était presque devenue belle et c'est triste à dire mais jamais le monde ne l'avait autant aimé.
Elle repense à tout ça histoire de pas penser au torse de Clarence qui gonfle et retombe contre le sien ; à croire qu'à en enlever la peau on pourrait presque voir leurs deux cœurs s'entrechoquer. Elle ne veut plus mourir. La mort sur Ethnolia a de tragique qu'elle est exactement comme la mort terrienne ; sauf qu'après, on ne te fout pas la paix. Y'a pas de grand silence ; de paradis ou autre lubie. Y'a juste les bips de la salle de réveil qui se déversent sur ta gueule et l’œil torve de Rixon qui te dit que tout va bien t'es pas mort tu peux continuer à vivre ta vie de merde youpi c'est pas génial tu en as de la chance. Antigone l'a vécu deux fois, cette mort'là. Deux fois de trop ; deux fois de bips ; deux fois d'panique.
Clarence passe un bras hésitant autour de son corps et elle s'affole légèrement. Elle se demande si il peut sentir ses cotes ; si elle est trop maigre ; personne n'est attirée par les filles trop maigres. Puis elle se rappelle qu'elle est sur Ethnolia et qu'ici et seulement ici, elle a un corps de rêve. Alors son poul se laisse faire et elle ferme les yeux tandis qu'elle sent les monstres passer leur chemin.
« Au fait, désolé d'avoir rejeté ton goûter. Enfin. Il y a cinq ans, quoi. Je m'en suis voulu, après » fait la voix hésitante de Clarence et il remue en elle un souvenir qu'elle avait cherché à annihiler. Le sourire de la jeune-femme s'évapore dans le noir et elle cherche à dire quelque chose de pas trop con, de pas trop alarmant. « Y'a pas de soucis. » Pause. « J'ai toujours préféré croire que tu es allergique aux raisins. » Dis-moi que tu l'es, plutôt que d'm'avouer que tu as rejeté mon goûter à cause de c'que j'étais.
Antigone finit par se relever légèrement et jette un regard discret au-dehors de leur cachette. Après avoir vérifié qu'il n'y a plus de danger, elle se hisse lentement jusqu'à la terre ferme. Elle appelle Clarence qui sort à sa suite et dans un accord tacite leur distance de sécurité se remet en place. Pourtant le regard qu'ils se lancent n'a jamais été aussi intense. C'est vrai qu'entre eux il y a cette tension un rien éclectique, un rien magique. Un lien un peu plutoïde qui trône depuis maintenant cinq ans, des cheveux rouges et un pain au raisin abandonné dans la cour de récré.
« Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ? » Aider les autres, tuer des monstres, remplir leur mission ?
T'as jamais été trop douée pour les grandes décisions.
Alors tu t'raccroches aux branches des arbres qui vous entoure et tu te dis que ce que tu viens de vivre avec Clarence, c'est vachement bizarre quand même. RE: Placebo - rp - 0asis - 22-08-2015 Alix fixait Drew comme si le monde en dépendait, comme si il avait les clés des portes, les réponses, les espoirs. La pauvre gamine qu'elle est se trouve juste dans un monde qu'elle ne connait pas, avec des gens qu'elle reconnait à peine, face à des choses qui n'ont ni sens, ni réalité. Alix fixait Drew, debout, les mains sur les hanches sans pour autant avoir une quelconque expression faciale. Elle le fixait, pourtant elle ne le connaissait pas, et, comme si cela venait de soi, d'ailleurs, de lui, elle aurait voulu que Drew lui apprenne, lui explique, la rassure, l'emmène, la...
-"Jolis cheveux. Ça te va bien. J'aime bien la couleur ! Alix tressaillit, manqua de vaciller, le quitta des yeux et fit le vide. Avant de se rendre compte qu'elle n'avait aucune idée d'à quoi elle ressemblait. Si ce monde la faisait marcher et courir, qui c'est à quoi elle ressemblait. Elle défit ses cheveux, jusque là tenus en chignon qu'elle avait maladroitement fait en arrivant, un peu précipitamment pas très soigneusement, quand elle était un peu dans sa transe. Entre ses doigts blancs filaient ses mèches, blanches, fuyantes : pas très humaines. Elle avait les cheveux beaucoup plus longs qu'en réalité, elle avait du les couper à cause de sa maladie n'ayant plus la force de les coiffer. Elle contempla encore les mèches couleur de lune couleur de neige, passa ses mains entre les fils argent : jamais elle n'avait été plus vivante, ses mains paraissent presque roses à côté des cheveux ivoire. Puis elle releva les yeux, sortant de sa contemplation candide, et, ingénue, renoua ses cheveux en un chignon tout aussi mal fait que le premier, reprenant son sérieux. Ne pas paniquer, ne pas frémir, l'obliger à expliquer. -"Je préférerai mille fois te montrer le monde dans le quel on se trouve, te méprend pas surtout hein, mais là tout de suite ça va pas être possible." Alix hésita entre enchérir de suite, prier supplier, l'obliger à lui répondre, ou accuser durement le refus. Elle balança son regard rapidement aux alentours, s'arrêtant, se perdant presque dans les courbes dociles du paysage, puis reposa en regard dur sur Drew. Elle ne lâcherait pas, elle voulait être ferme, lui faire comprendre qu'elle avait besoin qu'on lui parle, elle aurait voulu hurler, faire comprendre que justement, elle ne comprenait rien, puis.. -"Pas que j'ai pas envie ! J'ai très envie ! Enfin ça me dérangerait pas !" Puis elle se ravisa. Son visage s'adoucit, elle s'approcha de lui, voulu l'effleurer, le persuader ou calmer les hésitations hasardeuses de sa voix, ou calmer le feu de ses joues à elle. Mais elle n'en eut pas le temps. Encore. -"C'est juste que là maintenant on doit d'abord aider les habitants du village de se débarrasser de nuisances et-" Pause. Un cri, strident, déchirant les vents parvint jusqu'à eux. Alix n'osait pas bouger, ses yeux s'agrandirent, elle oublia tout ce qui venait de se passer et restait figée, paralysée. Etait-ce le cri d'un enfant? D'une bête? D'une "nuisance"? Elle ouvra la bouche, voulu parler, ne fit que balbutier des mots, jetait des regards partout autour, et sans s'en rendre compte, attrapa la manche de Drew. Qui s'échappa. -"Attends DREW ! Me laisse-" -"Essaye de trouver un endroit où te mettre à l'abri, de manière à ce qu'aucun monstres ne puisse d'atteindre !" "-..pas." Alix restait figée, fixant la silhouette qui s'éloignait d'elle à grands pas. S'éloignait d'elle. La laissait seule, là, au milieu de.. Quoi, au juste ? Il sortit de son champ de vision. Un abri, il lui fallait un abri. Elle fit courir ses yeux partout autour, mais elle n'avait pas fait un pas. Quel genre d'abri ? Et puis, d'abord, pour s'abriter de quoi ? Elle fit -enfin- trois pas en arrière, se projeta contre un arbre, essayait en vain de calmer les battements irréguliers de son coeur trop plein, essayait de calmer les questions qui venaient heurter son crâne inlassablement comme des vagues contre la falaise, essayait de se rassurer, de se convaincre que tout ça était irréel, qu'elle allait se réveiller dans la chambre sombre du pensionnat. A peine eut-elle fermer les yeux pour se ressaisir que, déjà, une bête fonçait sur elle. Elle rouvrit les yeux, juste à temps pour avoir un réflexe-miracle de se dégager de là. Elle se mit à courir, ne sachant ni où elle allait, ni ce qu'elle fuyait, ni vraiment non plus pourquoi elle était là, pourquoi elle se laissait pas juste attraper. Elle jeta un ultime regard en arrière, et ne fit que reprendre sa course, qui devint encore plus effrénée. Elle était à bout de souffles, à bout de coeur, à bout tout court. Il fallait que ça s'arrête, que.. Le choc. Elle venait de rentrer dans quelqu'un, brutalement. Elle s'agrippa de toutes ses forces à un bras, péniblement, reprenant un peu son souffle, quand elle distingua une cascade de cheveux rouges, elle leva les yeux. Antigone. Elle put enfin souffler, et désigna d'une main tremblante (était-ce la main qui tremblait ou l'ensemble de son corps?) la bête qui s'était arrêtée, à quelques mètres d'elle. RE: Placebo - rp - MoZ - 22-08-2015
Après cette phrase balancée au gré d'une pulsion étrange, Clarence fait face au silence pesant d'Antigone. L'hésitation de la demoiselle ne dure qu'une poignée de secondes, qui paraissent suffisamment longues à Clarence pour qu'il commence à regretter d'avoir dit ça.
Puis enfin, salvateurs -comme souvent-, les mots d'Antigone percent le silence : -Y'a pas de soucis Pause. J'ai toujours préféré croire que tu es allergique aux raisins. Clarence, d'habitude si absorbé qu'il ne saisit que les mots et guère le ton sur lesquels ils sont prononcés, reste confus car il sent une légère rancoeur peinée. Bien enfouie sous le fard détaché qu'adopte Antigone. -Ouais, répond-il finalement. J'ai jamais fait bon ménage avec les raisins. Après cette déclaration ils se replongent chacun pudiquement dans le silence, jusqu'à ce qu'Antigone se contorsionne pour lancer un regard dehors. Elle se lève finalement, et Clarence peut enfin respirer normalement -pas que l'aquamancienne soit lourde, loin de là, il est juste soulagé de rompre cette promiscuité un peu trop angoissante. Leur espace personnel rétabli, les bonnes vieilles habitudes sont reprises : pas moins d'un voire deux mètres entre eux. Mais quelque chose a changé, Clarence le sait, et il est le premier effrayé. Alors quand, une fois sortis, ils s'échangnt un regard d'une ou deux secondes de trop, il rompt le contact dans une vaine tentative de s'apaiser. -Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ? Demande Antigone. -On rejoint les autres, réplique un peu sèchement Clarence en dégainant ses armes. Ils étaient sortis de ce trou, ils repartaient en laissant derrière eux cette cavité étrange, cette bulle d'intimité où s'était à nouveau emmêlé leur 'fil rouge'. Pour Clarence, il fallait reprendre les distances d'antan, repartir comme avant, car dans son petit cerveau étriqué incapable d'aimer correctement, il n'y avait que comme ça qu'ils pouvaient fonctionner. Les poignards et autres armes à peine empoignés, Clarence se fait bousculer, sent son bras griffé par une main et redoute l'apparition d'autres monstres qu'il se met en position de combat. Mais ce n'est qu'Alix, que l'instinct vient de projeter comme un boulet de canon sur son seul repère fiable : Antigone. L'horreur pure danse dans les yeux écarquillés de la nouvelle, alors que son doigt tremblant se lève vers quelque chose derrière l'assassin. Dans un sursaut, Clarence s'est retourné et, campé sur ses appuis, prêt à faire face au monstre qui grogne en face de lui. Sans attendre, il s'élance, et fait danser ses sabres avec une assurance certaine. Ça fait au moins trois ans qu'il n'est pas mort sur Ethnolia, et son personnage, riche de toute l'expérience qu'il a acquise, est précis et doué de bonnes capacités lorsqu'il s'agit de combat. Au prix d'une bataille plutôt violente, qui vaut à Clarence une sérieuse griffure qui lui parcoure tout le bras, le monstre est mis hors d'état de nuire, et retombe au sol. En plusieurs morceaux. Sur Ethnolia, il détestait être blessé. Déjà parce que la douleur était un bien pénible indicateur, mais aussi car une fois revenu sur Terre, il était le seul qui ne ressentait plus rien. Il était le seul qu'on ne venait pas inspecter après chaque séance de jeu, car on savait qu'il n'en avait pas besoin. Une simple griffure sur Ethnolia lui rappelait à quel point son corps ne tiendrait pas longtemps sans douleur. Un peu chancelant et boitant légèrement -cette foutue bestiole lui avait allègrement écrasé le pied dans l'affrontement- il revint vers les Antigone qui tenait toujours une Alix complètement paniquée. Le gars roule des yeux, songeant qu'il avait maintenant à charge deux personnes. Il soupire, et se dit qu'il faut faire quelque chose avant de repartir vers les autres. -C'est bon, fit Clarence en se penchant vers Alix, tout en conservant une distance raisonnable. Arrête de paniquer. Il voit Alix reculer presque imperceptiblement. Il tente de ne pas s'en préoccuper et continue. Sérieux, calme-toi. Ça va aller. T'es sur Ethnolia, c'est un jeu, t'es pas vraiment ici mais t'es plutôt ton alter ego. Alix est en train de se faufiler derrière Antigone alors que Clarence lui parle. Le gars serre les dents, essaie de dé-froncer les sourcils histoire d'avoir l'air paisible. Raté. Écoute, on est en pleine mission, il y a des monstres partout qu'on doit chasser, et si tu paniques trop tu vas nous faire remarquer. Il faut que te tu calmes, et qu'on tue les monstres et ce sera fini. Sa voix n'a rien de trop agressif, Clarence est juste concis, laconique et un peu sec comme à son habitude. Mais apparemment, Alix ne l'a pas compris de cette manière, parce que lorsqu'il termina sa tirade, elle était tout à fait planquée derrière Antigone. -OK !! s'exclame Clarence en se retournant. Laisse tomber, j'abandonne, Antigone tu la gères. On y va, suivez moi. Le ton était, là, plus froid, un peu agacé. Clarence se met en route, excédé, et laisse aux filles la seule vision de ses épaules larges qui tanguent alors qu'il marche d'un pas rageur et rapide. Clarence n'était pas fait pour s'occuper des gens. Antigone seule était déjà beaucoup trop à gérer, alors avec Alix qui venait de s'ajouter au tableau, le garçon se retrouvait totalement dépassé. Après une dizaine de minutes à alterner marche et course, à décimer les monstres un peu trop avenants, Alix, Antigone et Clarence tombent enfin sur le groupe composé d'Octavie, Lee, Gabriel. -Vous en avez eu beaucoup ? Demande-t-il, soulagé quand ils se retrouvent enfin. Lee, toi qui passe ta vie dans les arbres, monte là-haut pour nous faire un point sur la situation. Je ne pense pas qu'il reste beaucoup de monstres, reste à trouver les enflures qui les ensorcèlent. RE: Placebo - rp - WendyDarling - 22-08-2015 Antigone sourit de ce sourire-vague qui dissipe l'écume de ce qui ne va pas. Faut dire que c'est drole de voir Clarence se débattre pour avoir l'air rassurant. C'est tout aussi marrant de voir Alix se cacher derrière la longue chevelure rouge qui fait qu'on se souvient d'elle un peu partout où elle va. Antigone secoue sa chevelure et laisse le jeune-homme énervé prendre la tête. Il a pas fait deux pas qu'il les déjà a presque semé et Antigone se tourne vers la jeune-fille aux cheveux argentés.
Longues oreilles pointues qui se faufilent à travers les fils lunaire ; plus vraiment humaine mais pas totalement irréelle. Malgré sa nouvelle forme, Alix ressemble davantage à un petit chaton effarouché qu'à une vaillante princesse Ethnolienne. Elle sait pas trop pourquoi. Peut-être la lueur qui dansent dans ses yeux horrifié. L'expression perdue et son regard qui fouille partout à la ronde comme pour trouver quelque chose à se raccrocher. Antigone met un peu de douceur dans le ton de sa voix avant de parler et de plonger ses yeux dans les siens. - Tu ne devrais pas avoir peur de Clarence, dit-elle à l'autre. Il fait pas mal d'efforts pour pas t'effrayer, et c'est rare qu'il en fasse. Antigone l'entraine avec elle. Elle aperçoit Clarence dans l'horizon, toujours aussi remonté, qui écarte les branches comme s'il avait pour ambition de déraciner les arbres. Elle se lance à sa suite avec la petite Alix. - Tu es perdue et c'est normal ; ça fait toujours ça, à Ethnolia quand on arrive la première fois. Tu finiras par t'habituer ; tu deviendras un peu plus guerrière, et puis t’ira tuer des méchants, tu participeras aux quêtes. C'est cool, Ethnolia. Elle se sent un peu nauséeuse d'faire la propagande à ce point mais merde ; pas la peine de lui dire que ça ne remplacera jamais sa vie pourrie ; que cette expérience placebo ne rend que les crachats de la vie plus acides encore ; que certains sont devenus fous à force de confondre leurs réalités. Tu détesteras cet endroit au même moment qu'il deviendra ton seul plaisir coupable. Non, tu lui dis pas ça. Surtout pas. Elles finissent par rejoindre Clarence qui a lui-même retrouvé Octavie, Lee et Gabriel. A voir leur visages fatigués, il semblerait qu'eux non plus n'ait pas eu un parcours tout à fait paisible. - Quels genre de monstres vous avez eu, vous ? Demande-t-elle en s'adressant aux trois compères. Dragons, chimères, baleines, monstres millénaires ? RE: Placebo - rp - Blouzblanche - 24-08-2015 En proie aux imposants poissons assoiffés de sang et volants, Lee, tapie dans son arbre, avait décoché flèche sur flèche jusqu'à ce que l'une d'entre elle vienne enfin se loger dans la trachée du requin déjà blessé. Du coin de l'oeil, elle surveillait le reste de son groupe, mais le sang qui lui battait aux tempes ne laissait guère de place à la distraction.
Finalement, avec un travail acharné et un Milo des plus utiles, ils parvinrent à abattre les deux derniers squales. Tachés de sang, haletants, fourbus, ils virent arriver les autres groupes en trottinant. Lee essaya de s'essuyer le front, mais ne fit qu'étaler un peu de sang sur sa sueur. -Bla bla bla, trucs super importants, ouah on est gentils avec Alix, et on a tué des monstres. Lee approuvait gravement. -Vous en avez eu beaucoup ? Lee, toi qui passe ta vie dans les arbres, monte là-haut pour nous faire un point sur la situation. Je ne pense pas qu'il reste beaucoup de monstres, reste à trouver les enflures qui les ensorcèlent. Toujours perchée dans un arbre? Lee fronça les sourcils et tenta de se remémorer la dernière fois qu'elle s'était écorchée les genoux sur l'écorce rude et pleine de fourmis d'un arbre. Clarence devait sûrement juste faire semblant de vachement bien connaître Lee pour mieux lui donner des ordres. Ah, un leader né. -Dis-moi, t'es sexy quand tu donnes des ordres, dit-elle d'un ton sarcastique mais sans vraiment sourire, descendant de l'arbre et massant ses genoux endoloris. Par contre, j'ai beau voir loin et être une bonne archère, je suis pas des plus souples, moi. En vérité, je suis, ahh... Elle s'étira longuement, tandis que tout un groupe se massait sur Alix et la choyait comme la petite princesse qu'elle était, au moins dans leurs coeurs. Dieu que Lee aimait Alix, même s'ils ne se connaissaient que depuis moins de vingt-quatre heures. -...Aussi souple qu'une grand-mère. Tiens, d'ailleurs, en parlant de grand-mère, t'as du sang sur le visage... Lee s'approcha de Clarence, sortir un mouchoir de tissu blanc de sa poche en un glissement sec, puis l'humecta de bave et lui bondit dessus afin de frotter frénétiquement sa joue, comme une véritable madonne un peu poule. -Mon petit, reprit-elle en roulant les r, tu es plein de cochoncetés... Quelqu'un dans l'assistance lui fit la très pertinente remarque que la joue de Clarence était immaculée, seulement entachée par quelques poils de barbe vaillants et surtout très mal rasés. -Oh, c'est vrai. Je vais rectifier ça. Lee se pencha et déposa sur la joue de Clarence un gros bisou, laissant une bonne vieille marque rouge sang de rouge à lèvres. Elle lui envoya une claque virile dans le dos; un clin d'oeil du vrai Lee, bien évidemment ravi de l'embarras dans lequel il mettait son compère. -Oh au fait, Antigone, on a dérouillé trois requins volants. Maintenant, je monte, je monte. Elle se détourna et sautilla jusqu'à l'arbre où elle se hissa de nouveau d'une traction des bras. Quelques branchages écartés et une feuille dans l'oeil plus tard, elle se hissait à nouveau au-dessus de la plaine. -Leegolas! murmura-t-elle à elle-même. Que voient vos yeux d'elfe? Elle plissa les yeux. Elle n'eut nullement besoin de dire quoi que ce soit; l'odeur de putréfaction leur chatouillait les narines depuis longtemps. -Je vois une armée de Necromarki et une demi-douzaine d'enchanteurs qui les manipulent! dit-elle. Et ils viennent vers nous! Cool... Elle banda une flèche, inspira, expira lentement tout en ayant visé, et attendit. -Ecoutez-moi bien! s'écria-t-elle avec un nouveau sourire goguenard. Celui qui me ramènera le plus de têtes aura droit à un doux baiser sur la joue de ma princesse Alix. (Oui c'était arbitraire. Non Alix n'appartenait à personne. Oui cela faisait kiffer Lee.) Le second aura droit à un poutou de ma part. Et celui qui se fera tuer devra porter ses sous-vêtements par-dessus ses fringues demain au manoir! Donnez tout ce que vous avez! Je tire à votre signal! bonjour - colory - 25-08-2015 ![]() Finn Cadigan 19 ans
Jeune irlandais originaire de Dublin, il avait tout pour réussir : des amis formidables, une famille parfaite, un cerveau de surdoué, des notes qui dépassaient toutes les espérances de ses professeurs, etc. Bref, il était promis à un avenir radieux. Il a même été accepté à Oxford dans l’une de leurs formations les plus prestigieuses, et surtout les plus chères. Mais ses capacités hors normes lui ont valut une généreuse bourse d’études. Et puis à 17 ans, ses mains commencent à trembler, il a du mal à tenir une simple fourchette, écrire se transforme en un calvaire et marcher normalement devient de plus en plus difficile. Le diagnostic tombe. Syndrome de Fahr. Calcification des noyaux gris centraux. En gros, des cailloux se développent dans son cerveau. Les médecins eux-mêmes étaient très surpris, c’est une maladie très rare qui normalement ne touche que les personnes âgées. Mais Finn n’a jamais été vraiment normal. La bourse pour Oxford servira à financer son traitement ainsi que d’innombrables séances de rééducation, toutes aussi inutiles les unes que les autres. On lui dit que la maladie ne fera que s’aggraver, et qu’il en mourra éventuellement dans quelques années. Il perd espoir et se replie sur lui-même. Envolé son bel avenir, envolés ses amis, qui maintenant le prenaient en pitié, et puis finissaient par l’ignorer, parce qu’il ne pouvait pas se déplacer sans béquilles. Et puis ils étaient nuls aussi. Finn n’avait pas besoin d’amis au final, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Il s’isola de sa famille également, qui semblait incapable de comprendre ce qu’il ressentait. Il abandonna son traitement, et le jour de ses 18ans, il fugua et tomba dans l’alcool et la drogue. Un an plus tard, sa grand-mère le retrouve dans un coin paumé de Dublin, 5 vodkas dans le sang, en train d’hurler sur les passants. Il fond en larmes dans ses bras alors qu’elle lui explique qu’elle a trouvé un endroit parfait pour lui. Tu seras avec des gens comme toi, c’est un traitement expérimental, il y a même un autre truc, une sorte de réalité virtuelle... Tu vas voir, c’est presque comme dans les jeux vidéos! Il se laissa convaincre, et ainsi commença cette nouvelle aventure. On lui répéta maintes et maintes fois que la vie lui donnait une seconde chance, mais Finn ne voit pas les choses comme ça. C’est plutôt un passe-temps pour patienter avant que la grande Faucheuse ne vous emmène avec elle dans les ténèbres. Et quel passe-temps formidable! Dans le jeu, il redevient lui-même, celui qu’il était avant que cette foutue maladie ne le frappe de plein fouet. Un rouquin plein de vie et d’espoir doté d’une intelligence exceptionnelle. Derrière le sarcasme, l’humour noir et la mine constamment boudeuse se cache peut être cette personne, qu’il a l’impression de ne plus connaître. Ah ouais, et dans le jeu aussi c’est un putain de magicien capable de contrôler les éléments, eh ouais pelo. RE: Placebo - rp - Oxari - 25-08-2015 Rheia n'aime pas particulièrement les monstres. À vrai dire, ce qu'elle n'aime pas c'est de devoir les tuer, parce qu'après ses vêtements sont tachés de sang, et le sang de monstre est encore plus dur à faire partir que celui des humains. Pourtant Rheia n'est pas particulièrement peureuse ou nulle, non elle arrive facilement à les tuer, c'est juste qu'elle n'aime pas ça à cause du sang, et en plus ça l'emmerde profondément. je fais des rimes !!!!!
Après une longue bataille contre des requins enragés, le petit groupe décida de se réunir pour faire un point sur le nombre de personnes tuées. - Vous en avez eu beaucoup ? Lee, toi qui passe ta vie dans les arbres, monte là-haut pour nous faire un point sur la situation. Je ne pense pas qu'il reste beaucoup de monstres, reste à trouver les enflures qui les ensorcèlent. Lee monta donc en haut de l'arbre avec une facilité déconcertante. - Je vois une armée de Necromarki et une demi-douzaine d'enchanteurs qui les manipulent ! dit-elle. Et ils viennent vers nous ! Cool... Cool, ce n'est pas le mot qu'aurait employé Rheia. Dire qu'elle pensait avoir fini de se battre ! Elle était même déjà en train de penser au bain chaud qu'elle allait prendre en rentrant. Ecoutez-moi bien ! reprit Lee avec un sourire. Celui qui me ramènera le plus de têtes aura droit à un doux baiser sur la joue de ma princesse Alix. Le second aura droit à un poutou de ma part. Et celui qui se fera tuer devra porter ses sous-vêtements par-dessus ses fringues demain au manoir ! Donnez tout ce que vous avez ! Je tire à votre signal ! Rheia leva les yeux au ciel, puis elle se prépara. Disons que ce que venait de dire Lee rendait la partie un peu plus amusante. Trois… deux… Lee tira une flèche qui alla tranquillement se planter entre les yeux d'un Necromarki. Tout le monde reprit son souffle, puis ils se ruèrent à l'assaut. RE: Placebo - rp - Okero - 25-08-2015 HS: Coucou je reviens d'entre les morts, sorry sorry lee + salut colory, bienvenue (si finn est alcoolique, on va etre potes)
La compagnie de Lee est toujours des plus attendues. Plutot décomplexé(e), exprimant le fond de sa pensée, bien que romancée et sensible. De toute façons Milo n'avait pas vraiment d'appriori, en tout cas s'efforçait de ne pas en avoir, malgré les charismes plutôt prononcés des sacrés personnages du logis.
Oui, si Lee avait été un animal, il aurait été un escargot d'après Milo; une bouille sympa, flou sexuel, coquille fragile mais dont la limace s'adaptait avec une franche convivialité à toutes surface. Mise à part l'écart de taille, tout y était.. je crois ? "- Tiens d'ailleurs tu vas rire, la semaine dernière avec Drew on a trouvé la formule chimique du poppe.. Lee ?" Oui, si Lee avait été escargot, il aurait eu plus de peine à fuir cette conversation. Plutot peu désappointé de ne pas avoir pu narrer a son public son anecdote sans doute divine, Milo rangea son bazar pour errer a la recherche de son compagnon, sans meme faire attention a la baleine borgne qui flottait dans les airs. Il s'aventura a travers la selve touffue en hasardant son prénom à chaque embranchement de la foret. -"O-OCTAVIE ?" Milo se retourna, avec un air d'incompréhension dans le faciès. Lee, je sais que j'ai pas le physique de Clarence, mais de la à me comparer à Octavie, putain c'est méchant et gratuit. Il poussa le feuillage et vit Lee perché à son habitude en haut des arbres. - "He Lee stop la fumette moi c'est Mil.." 3,2,1, Milo baissa les yeux, et la lumière fut. JOYEUX NOEL, COUCOUUUUU Mais ce serait pas ma chérie Octavie ? D'ailleurs a quoi pouvait ressembler Octavie ? Milo n'eut le temps de méninger ses pensées qu'apparut un Gabriel affolé qui les jeta à terre. Trop de surprise tue la surprise. Surtout quand trois baleines flottant en ronde aérienne fondent sur un troupeau avachi qu'est notre joyeuse bande de folichons valeureux et héroïque. Comme quoi Octavie, une catastrophe n'arrive jamais toute seule. Après s'être battue tant bien que mal, à savoir dans un bordel sans nom, on se rassembla et conta le périple vécu. Vini vidi vici, carpe diem pour résumer ce brain storming. Soudiain il ouïe un rale strident amplifié qui montait crescendo. Quelque chose qui n'était en aucun cas universel. ll se retourna et vit.. et vit quoi ? Quelque chose de plutôt déroutant et peu sensuel. Une nuée de feu M. et Mme. tout-le-monde atrophiée à l'épiderme voir périmé à la surface qui sautaient et bougeaient de manière inhumaine, en deviant les lois de la gravités comme un marteau piqueur sur fond rythmique de Psytrance. Necromarki. A partir de maintenant il pouvait se targuer d'avoir vu l'être humain sous toute ses formes inimaginables. Il harnacha ses armes entre ses phalanges. Explosifs hallucinogènes, inflammable, euphorisant, ou explosif tout court, et acide de tout type. Il pourrait tenir une bonne heure. Lee planifia les scores et les recompenses, et l'équipe se jeta sur la foule déchainée. Milo se posta sur une colline et observa le ras de marée humain couler sur la troupe; a cette hauteur, il n'aurait qu'a lancer ses germes en bon agriculteur sur la masse humaine. Il lui restait meme la soupe d'hier en dernier recours. Si l'ennemi arrivait à monter jusqu'à lui, il n'avait qu'a passer au corps a corps, ou courir. Néanmoins il s'alluma une bonne cigarette pour décompresser en vue de l'assaut. RE: Placebo - rp - Blouzblanche - 29-08-2015 Tout le monde se tenait prêt dans un silence tendu. Seul le glissement du vent sur la plaine apportait les râles désordonnés et la puanteur abominable des nécromarki. Est-ce qu'ils avaient le droit de les appeler des zombies? Lee rectifia sa visée. Les cadavres peinaient à aligner un pas devant l'autre. Les necromarki étaient vraiment de pures horreurs.
Réanimer un cadavre nécessitait des sorts de très, très haut niveau, et personne n'avait envie de se lancer dans la magie noire juste pour dérober quelques paysans. En revanche, manipuler un être vivant était chose un peu plus aisée. C'est pourquoi il était courant pour les brigands d'Ethnolia de tendre un piège à d'innocentes fées qui n'avaient rien demandé, de les tabasser, de les ensorceler, puis de les faire prendre le contrôle d'un cadavre. La magie des fées était extrêmement puissante; mais ces créatures étaient bien trop coquines/débiles pour l'utiliser à des fins grandioses. Lee n'avait jamais su comment on faisait exactement pour "emprisonner une fée" dans un cadavre. Des images de pauvres fées fourrées dans des tripes en décomposition lui donnèrent un haut-le-coeur. C'en était assez, elle détestait vraiment ces créatures. Elle visa, et tira une flèche, qui alla se loger en plein dans le front d'un necromarki. Il fut propulsé plusieurs mètres en arrière, planté dans le sol par la cervelle. Il resta immobile. Puis avec un râle, il se redressa hasardeusement, et reprit du mieux qu'il put sa route. Le seul moyen d'arrêter un necromarki était de le réduire en bouillie. Des hurlements retentirent au loin. Les brigants les avaient repérés. Lee sauta de sa branche, sur une autre plus solide et plus avancée, et sortit de sa cachette de feuilles, véritable figure de proue de son groupe. -HEH, LES BRIGANDS, VOUS ETES DES BRIGANDES! leur cria-t-elle, puis elle prit une autre flèche et creva les yeux du necromarki, avant d'en encocher une aussitôt. -Hé, les copains, faudrait vous décider! rugit Lee. Et puis elle sortit une bombe fumigène et la fit exploser devant eux, afin qu'ils puissent charger sans se faire tirer dessus par des ennemis. Ou peut-être était-ce parce qu'il aimait juste trop Assassin's Creed dans sa vie d'avant. Il aurait dû être une femme assassin sur Ethnolia. Et merde! RE: Placebo - rp - Wenka - 01-09-2015 Salutations à toi Angelo ^^ Alors, on a un peu parlé avec les autres du rp, et il s'avère qu'on a globalementun petite réticence à te laisser jouer avec ce personnage, qui s'avère trop proche du Sora de Kingdom Hearts pour nous. Nous te suggérons donc de modifier ton personnage (si tu à besoin d'aide n'hésite pas à m'envoyer un mp ou un mv). On ne te demande pas de tout modifier, bien entendu, mais de sorte qu'il ne ressemble pas autant que ça au personnage du jeu, on trouve ça dommage de jouer avec un personnage aussi proche de Sora. N'hésite surtout pas à demander si tu as besoin d'aide ! Des bisous. Quant à moi je laisse ça là & j'édite pour Octavie d'ici une heure je pense ~ ![]() Kalei
18 ansL'homme du foyer, soit-disant. Ses parents avaient toujours attaché une fascination morbide envers les significations des mots, en particulier s'ils n'étaient pas de leur langue. Kalei, ils avaient trouvé ça chantant, noble. Un prénom qui obligeait aussi à rester avec eux, à la maison et ne jamais subir les mutineries et autres des adolescents. Sur le papier, c'était une bonne idée. Dans les faits, Kalei était tout sauf ça. Il n'avait jamais été un gamin très obéissant, sans pour autant être le colérique cauchemar qui hantait tant de parents. Actif, certes. Il préférait le charme de l'extérieur que les rêves vendus par la télévision qui enchantait ses frères et sœurs : la réalité, c'était bien plus drôle. Lui, il prenait un ballon dans le garage, partait et ne revenait que le soir, joues couvertes de crasse et les genoux d'égratignures, un sourire rayonnant éclairant la maison. Sa voix chantante racontait à qui voulait l’entendre que c'était drôle de partir. C'était beaucoup plus drôle à entendre que ses frères et sœurs qui racontaient comment ils avaient frénétiquement appuyé sur les boutons de la télécommande. Il allait sur les terrains des rues, voir les grands jouer au basket, et parfois certains, sans doute amusés de voir ce gamin tout boudiné les regarder de ses grands yeux avides, lui proposaient de venir jouer. C'était drôle, sûrement, de le voir s'agiter avec un ballon trop grand pour lui, le lançant au hasard sans qu'il ne heurte jamais le panier. Probablement. Le terrain était sans aucun doute le seul endroit ou Kalei respectait les règles. Grandissant, le basket devint l'une de ses seules passions, sa hargne le hissant aux rangs des meilleures joueurs de l'école, voire de la ville. Il se sentait bien, un ballon dans les mains. Les livres l'intéressaient aussi d'une certaine mesure. Il pouvait passer de longues heures dans une librairie ou une bibliothèque, dévorant les livres par centaines, jusqu'à ce que l'heure de se défouler sur le terrain de basket ne se présente. A vrai dire, il passait plus de temps en bibliothèque ou sur un terrain que dans des salles de cours. C'était plus intéressant, beaucoup plus. A ce moment là, tout allait parfaitement bien, et tout irait parfaitement bien. Il voulait devenir joueur de basket, il voulait participer aux plus grands championnats. Tout gagner, il rêvait déjà, se voyant écraser triomphalement le panier de l'un de ses dunks incroyable, à la dernière seconde du match fatidique. Il avait treize ans, des rêves pleins la tête. La nouvelle s'insinua petit à petit dans sa vie. Au départ, ce n'était que quelques vertiges mêlés de maux de tête, rien qui ne puisse l'importuner. Il ne s'en formalisait guère, songeant au départ à une quelconque maladie, et au bout de quelque semaines, se dit que ce devait être ordinaire. Rien de trop important. La vue qui se troublait ajoutée à cela ne lui faisait pas peur, de même que les nausées qui accompagnaient parfois le retour à la réalité. Ce n'était pas important. Ses parents avaient suffisamment de problèmes pour qu'il ne vienne les préoccuper avec cela. Lui, il s'entraînait nuit et jour, sans cesse pour être le plus fort. C'était au beau milieu d'un match que tout se déclencha. On lui avait raconté. Ils étaient au début du quatrième quart-temps, en route pour la fin du match. Dix points d'écart. Sa sœur lui avait dis que tous les yeux étaient rivés sur lui, que le dunk avait impressionné tout le monde autour. Qu'au début, les gens avaient pensé à une mauvaise blague. Puis, il y avait eu le sifflement de l'arbitre, ses amis qui se jetaient sur lui, effrayés. Le hurlement de maman aussi – mais tout était confus, Moana avait eu trop peur pour se souvenir de tout. Il avait repris conscience au milieu de l'ambulance, faiblement, entre les affairements de l'infirmier, la main de son père broyant la sienne. Lorsqu'il avait tourné la tête, il l'avait vu pleurer. Kalei ferma les yeux à nouveau, s'abandonnant au sommeil, à ses rêves. Les hurlements de la foule déchaînée, tandis qu'il se retrouvait en compagnie d'une équipe aux visages inexistants, gagnants la finale, meilleure équipe du monde. On lui dit qu'il avait été éveillé une nouvelle fois, puis qu'il s'était rendormi une fois les examens médicaux terminés. Lui, il n'en avait pas le moindre souvenir. Il n'y avait que ses rêves. On lui avait parlé d'étranges mots, qui sonnaient à ses oreilles comme des formules magiques dans les livres qu'il pouvait lire enfant. Tout dansait devant ses yeux, sans qu'il n'associe de mots à des réalités. Deux jours plus tard, il comprit réellement ce que le médecin avait voulu dire de son air grave et inquiet. Il y avait, une tumeur, qui semblait dévorer son cerveau petit à petit, ne lui laissant aucun répit. Dans le miroir, sa belle gueule d'androgyne était déjà déformée par la fatigue. Comme une fatalité qui s'écrasait sur ses maigres épaules. Sans le concerter, les médecins expliquaient déjà à ses parents terrifiés, terrorisés, ce en quoi consistait la chimiothérapie, que c'était ce qu'il y avait de mieux, meilleur moyen de retarder, de repousser la tumeur sans quoi il mourrait d'ici quelques années sans que quiconque ne puisse rien y faire. La voix glacée de Kalei résonna entre les murs blancs. Un « non » tranchant comme une lame, qui semblait venir droit du reflet. Ses parents n'avaient pas les moyens. Lui non plus. Personne ne lui avait jamais rien dicté, et personne ne lui dicterait jamais rien. Il dût attendre six mois, six mois de violence, et cris et pleurs concernant son refus catégorique. Il y avait la tumeur, qui s'étendait, dévorant, brisant, arrachant, les rêves de sa tête. Six mois à se répéter tous les matins qu'il fallait être fort, six mois à rabattre les couvertures sur sa tête tous les matins, pour retourner dans les rêves que n'avaient pas encore avalé la tumeur. Six mois, avant que ses parents ne l'obligent à s'asseoir dans le vieux canapé lacéré par les chats, pour leur expliquer ou ils allaient l'envoyer. Le vieux manoir, qui devait être à dix minutes en voiture, pas loin de la falaise. Il n'aimait pas aller là-bas. Là-bas, ça sentait la mort. Le désespoir. Le professeur voulait qu'il habite là-bas, en compagnie des autres. Ils disaient que ça l'aiderait, que tout serait pris en charge et qu'aucun traitement ne serait effectif s'il ne le voulait pas. Papa et maman pleuraient, tous deux, et leurs larmes semblaient être un concentré de fatigue, de lassitude et de déchirement. Peut-être est-ce pour ça, que Kalei accepta. Il secoua la tête, péniblement, secouant ses rêves et sa maladie qui se battaient dans son crâne. Il se souviendrait toujours du visage de ses parents, ce mélange de chagrin et de soulagement qui éclairaient leurs yeux. Son choix, il ne le regretta pas. Jusqu'à ce que, trois jours plus tard les lourdes grilles austères ne se referment derrière lui. Wow.
Le choc fut rude pour Octavie. Elle secoua la tête, releva les yeux vers la personne qui bégayait son prénom, et dans la pénombre, reconnu la grande silhouette de Lee. La jeune magicienne se releva avec une moue bougonne, se tournant vivement vers Gabriel qui avait été interrompu dans sa phrase. Et pour cause. Les yeux d'Octavie s’élargirent, une moue stupéfaite sur son visage blafard. « – Putain de merde, laissa échapper la jeune fille. » Autour d'eux, s'amassaient, grondants, ce qui lui sembla au départ être de simple poissons, mais qui s'avérèrent être de requins, volants, en cercle autour d'eux. Leurs yeux béants ne semblaient rien fixer, comme si leurs yeux avaient été arrachés, et pourtant, Octavie sentait qu'ils les fixaient doucement. Ils préparaient leur attaque, et là tout de suite, la jeune fille n'aurait sûrement pas le temps d'incanter un sort capable de tous les réduire en cendre. Si seulement elle connaissait un sort de pétrification... mais malheureusement, c'était de la magie noire, et elle n'avait encore pas lu le grimoire à son sujet. Tétanisée, la jeune fille ne reprit ses esprits que lorsqu'elle entendit la voix de Gabriel lui ordonnant de se baisser. Il enroula sa main autour de sa jambe tandis qu'Octavie plongeait au sol, évitant, avec Lee, de justesse l'attaque du requin, qui alla buter contre un arbre. Ses esprits repris, et tandis que Gabriel grimpait dans un arbre non sans leur avoir demandé poliment d'achever la bête, elle dégaina son épée, et se chargea de la planter dans la tête de la bête qui, après quelque tressautements, fini par s'affaler à terre. Octavie ne resta pas pour le voir, incantant un sort qu'elle lança sur le plus proche requin, qui s'embrasa instantanément. Voyant qu'on s'était déjà occupés de l'autre créature, Octavie récupéra son arme, essuyant le sang gluant sur des feuilles d'armes, et rengainant, se dirigea vers le petit groupe. Elle eût à peine le temps d'ouvrir la bouche que déjà surgissaient Clarence, Antigone et la nouvelle – Ally ? Alice ? peu importait – pour se faire immédiatement agresser par Clarence. « – Vous en avez eu beaucoup ? Lee, toi qui passe ta vie dans les arbres, monte là-haut pour nous faire un point sur la situation. Je ne pense pas qu'il reste beaucoup de monstres, reste à trouver les enflures qui les ensorcèlent. » Elle lui répondit d'un ton cassant, avant de partir embrasser sa joue qui devint bien rouge. Octavie préféra se retourner vers Antigone. « – Quels genre de monstres vous avez eu, vous ? – Trois requins, souffla Octavie, et j'ai fais fuir quelques... loups ? Je crois. Enfin des bêtes un peu avant. » Antigone n'eût pas le temps dé répondre que Lee était déjà dans l'arbre, hurlant à tous ce qu'elle voyait. Des necromarkis, que de joie, songea Octavie. Elle soupira, tandis que Lee reprenait d'une voix riante : « – Ecoutez-moi bien ! Celui qui me ramènera le plus de têtes aura droit à un doux baiser sur la joue de ma princesse Alix. Le second aura droit à un poutou de ma part. Et celui qui se fera tuer devra porter ses sous-vêtements par-dessus ses fringues demain au manoir ! Donnez tout ce que vous avez ! Je tire à votre signal ! – Quelle connerie, siffla Octavie. » Elle fit néanmoins volt-face, agita ses doigts avant de retirer ses précieux gants, dévoilant ses mains délicates. Elle rangea dans la poche de sa veste ses gants, sortit son épée, se dirigeant droit sur les espèces de zombies qui se ruaient sur elle, murmurant quelques mots magiques au passage. La lame de son épée s'enflamma, tandis que dans son autre main, uns sphère incandescente prenait de l'ampleur. Elle fondit sur les necromarkis, s'engageant alors une bataille où elle fit peu attention au sort de ses compagnons – s'ils s'en tiraient, tant mieux pour eux, et au contraire ce n'était guère son problème. Ce fût l'heure du feu de joie, carnage sur le champ de bataille. Les zombies s'écrasaient au sol, décomposés, brûlés, tandis que la tornade qu'était nos chers héros les balayait, petit à petit. L'heure était aux enchanteurs désormais, qui, s'ils furent plus rudes que leurs créatures à vaincre du fait surtout de leur intelligence et de leurs sorts, ne posèrent guère de problèmes aux aventuriers. Une fois leur compte compte réglé, Octavie passa une main sur son front, exténuée, soufflant, râlant. Elle ferma les yeux pour reprendre ses esprits, la batailler l'ayant quelque peu fatigué. Elle se tourna ensuite rapidement vers ses compagnons, ne prenant pas la peine de demander si tout le monde allait bien, reprenant la route du village. « – Mission accomplie, lança-t-elle d'une voix glaciale, on peut y aller. |