Forum de la Cartoonerie
Farewell † [rpg] - Version imprimable

+- Forum de la Cartoonerie (https://forum.lacartoonerie.com)
+-- Forum : Les cartooneurs parlent aux cartooneurs (https://forum.lacartoonerie.com/forumdisplay.php?fid=22)
+--- Forum : Jeux en pagaille (https://forum.lacartoonerie.com/forumdisplay.php?fid=27)
+---- Forum : Role Play (RP) (https://forum.lacartoonerie.com/forumdisplay.php?fid=35)
+---- Sujet : Farewell † [rpg] (/showthread.php?tid=13)

Pages : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20


RE: Farewell † [rpg] - Xuu - 29-06-2014

K était rentré à l'aube naissante, après avoir passé le restant de sa nuit à zoner dans les rues terriblement vides de Dallas. Ne s'essayant pas à la socialisation, il avait tracé tout droit vers les hauteurs du squat, rejoignant sa piaule, et, éreinté, s'y laissa tomber sur le dos.
Plus de mafia. Plus de l'autre pourriture.
Il aurait dû s'en réjouir, sans doute. Pourtant, la tournure des évènements ne lui faisait plus ni chaud ni froid, comme un étranger. Ainsi, à la satisfaction qu'il s'était prévu de ressentir s'était subrogé une indifférence vide, qui tendait à se mêler plus à la lassitude qu'à la plénitude.
Et malgré la fatigue, entiché de ses réflexions, ce ne fut que lorsque le soleil décorait déjà haut le ciel de ses rayons qu'il trouva le sommeil, mégot encore fumant entrelacé à sa main.
Mais il y eu bientôt du bruit, en bas, mais si ne s'y était pas additionnée la voix de son frère hurlant son nom, alors sans doute K n'aurait-il pas cillé. Or, Connor était bien entrain de l’appeler, et son intonation ne laissait rien présager de rassurant.
Le brun se redressa du tac au tac, et, à moitié à poil, déboula hors de sa chambre, pour aviser son frangin, au pied des escaliers.
-J'suis là, j'suis là, fit-il, tandis que peu à peu, sa vision s'ouvrait à tout ce beau monde entrain de dégainer leur joujous. Il s'passe quoi encore ? demanda K, méfiant de mal en pis, en se ressapant un minimum.
Il ne savait pas pourquoi, mais il avait comme le sentiment qu'ils allaient devoir courir.
Et courir vite.



RE: Farewell † [rpg] - Claaudie - 29-06-2014

- Merde voilà ! Ils se cassent, putain ! Lexi ragea, sorti son arme, pour aviser les autres, notamment l'attardé mental qui venait de tirer. Sa vie, depuis au moins plusieurs années, consistait entièrement à la recherche de ces foutus Bass. Et elle cherchait pas à savoir ce qu'ils avaient à foutre avec l'Europe, quand bien même elle avait simplement entendu dire qu'ils étaient les rejetons d'un des dirigeants du continent. Tout ce qu'elle voulait, c'était mettre la main sur eux, et les ramener tranquillement dans leur foutu maison, en s'assurant en retour, un pactole assez élevé pour qu'elle puisse continuer à subsister sans finir comme la plupart des filles de son âge. Elle essayait de s'en sortir, et si elle avait fait tout ce chemin jusque là, c'était sûrement pas pour se faire marcher dessus par un groupe de paumés en puissance. J'en ai rien à foutre, ils partiront pas. Vous me suivez si vous voulez, mais moi je fais pas confiance à ce foutu bâtiment et ça m'étonnerait qu'ils aient pas une autre sortie. Fit-elle, en indiquant d'un geste du menton la porte situé en face, pour se mettre à courir vers l'autre côté du building, ignorant ET les remarques des autres, ET le simple fait que ce qu'elle faisait n'était pas du tout prudent. Hors de question qu'elle tourne autour du pot cinq autres putains d'années, de toute manière, et sûrement pas après tout ce qu'ils avaient vécu pour les trouver, de leur côté. Ils essayaient de fuir ? Très bien. Elle irait les chercher sans faire chier.

- MAIS CASSE TOI ! La voix de Côme perça la foule avec une prestance assez magistrale, alors qu'il frappait Raph assez violemment dans les côtes pour se dégager de toutes ses forces de l'emprise beaucoup trop tendre à son goût de l'aîné des Weaver. Enfin, ils se connaissaient pas assez, et c'était quoi ce tas de trucs très bizarres (trop) là, qu'il débitait à la seconde, alors que... Enfin qu'il avait essayé de les tuer, quand même. C'était pas normal les réactions que ce groupe avait à son égard. C'était trop gentil, trop plein de pardon, enfin beaucoup trop sympathique pour que se soit justifié. Il méritait pas tout ça. Il méritait pas qu'on le traite ainsi, il méritait plutôt de se faire lyncher, voilà. Il méritait de se faire lyncher. Enfin c'était pas comme si ça lui faisait plaisir, enfin il appréciait qu'on le considère comme autre chose que ce qu'il avait été autrefois, vraiment, mais ce n'était pas... Normal. Raphaël, tu me pète les épaules, enfin tu... Commença le blond, pas du tout habitué à ce genre de réaction de la part d'ancien membres (à part entière, ou non), de la Résistance. EN MÊME TEMPS COMMENT EST-CE QU'IL AURAIT PU IMAGINER PAREILLE SITUATION UN JOUR ? Ces gens étaient étranges. Vraiment. Côme commençait à se sentir à sa place, et ça : C'était pas du tout normal. Casse-toi, t'es... Enfin pourquoi tu fais ça ? Vas t'amuser avec tes copains, et puis... C'est pas le moment... Regarde, ça part en coquille même si je comprends pas grand chose... Petra ? C'était un appel à l'aide : Elle comprendrait sûrement.

Nick avisa Raphaël, qui ne semblait pas se rendre compte de l'étendue de la situation, et de toute la gravité des événements. En même temps, on ne comprenait plus grand chose à ce qu'il se passait, puisque les Bass ne semblaient pas encore tout à fait prêts à leur expliquer le problème. Il poussa un soupire, tenta d'avoir l'air un peu sérieux, juste plusieurs secondes, pour froncer les sourcils en constatant l'état de Côme, et notamment, en entendant les remarques de Raphaël.
- C'est gentil, Raphaël, je retiens, même si je pense pas que se soit le moment, tu vois, Ironisa-t-il, en montrant du menton les Bass. Il fallait se préparer à partir : Faire quelque chose. Le blond regarda autour de lui, pour attraper Will par le col. Bronwyn aurait tout le loisir de les suivre si elle le souhaitait. Suivez-moi, tous les deux, on a des affaires à récupérer avant de partir d'ici. Les Bass auraient des explications à leur faire, mais la situation semblait tellement banale (en comparaison à ce qu'ils avaient vécu dans le passé) que se laisser prendre à la panique n'avait plus trop de sens, maintenant.

Will ne chercha même pas à protester, à vrai dire, cela faisait un temps qu'il n'essayait plus de comprendre pourquoi ce groupe s'attirait autant d'ennuis. Il y avait survécu, jusqu'ici, et Bronwyn aussi : C'était l'essentiel. Et puis un groupe armée d'une dizaine de personnes, à côté de la mafia, c'était rien. Ils s'en sortiraient, ça, le brun n'en doutait pas.
- Je prends quoi en priorité ? Demanda-t-il, au blond, en attrapant des sacs au hasard.
- Armes, munitions, provisions, ensuite des vêtements. Au moins assez de choses pour qu'on tienne dehors, sans avoir à payer. J'ai de l'argent, les autres aussi, mais on va pas tenir longtemps avec ça. Faut qu'on économise un maximum.
Will haussa les épaules. En somme, il avait compris le topo : Récupérer des affaires au cas où ils auraient à partir, et faire en sorte de prendre assez de provisions pour qu'ils aient pas à gaspiller le peu d'argent qu'il leur restait. Ça devrait pas être trop difficile à gérer.

Haillie entreprit de prendre Caden dans ses bras, pour quitter le salon et marcher vers leur chambre, en croisant au passage Nick qui commençait déjà à préparer leur départ. Parce que visiblement, ils auraient à partir. La brune se rendait plus vraiment compte de ce qu'il se déroulait. Elle avait pas dormi depuis des heures, elle arrivait pas à réfléchir, et la situation lui glissait trop largement entre les mains.
- On va où Haillie... ? Grommela Caden, en se frottant les yeux pour tirer une petite moue triste. Haillie l'avisa quelques secondes, pour se rendre compte qu'il était très bien parti pour pleurer. Elle esquissa un petite sourire, entra dans la chambre du petit, pour le poser sur le vieux matelas, et l'asseoir juste en face d'elle, en s'accroupissant à sa hauteur.
- Hé, pleures pas. Murmura-t-elle, en passant une main sur ses petites joues. T'inquiètes pas, Caden. Tout va bien, on va devoir partir, parce que les gens dehors sont pas très gentils, finalement. Tu comprends ?
- C'est pas des copains à Connor ?
Haillie laissa échapper un léger rire, en se rendant compte, croisant ces deux perles bleus qui la fixaient avec inquiétude, qu'il était encore naïf, innocent. Que malgré tout, le monde dans lequel il vivait l'avait épargné, et qu'il avait eut plus de chance qu'elle. C'était un peu ce qu'elle avait espéré depuis sa naissance : Qu'il ait un peu plus de chance, et qu'on lui vole pas son enfance. Caden avait à peine quatre ans, il avait vécu des choses affreuses, mais il continuait à y croire, il perdait pas espoir. C'était un peu la raison pour laquelle elle perdait pas complètement la tête, là, maintenant, tout de suite : Son petit frère. Clairement, l'unique chose qui suffisait à éclairer sa vie, de manière générale.
- Pas vraiment non, Répondit-il, dans un sourire amusé, pour lui attraper les mains. Mais c'est pas une raison pour avoir peur, d'accord ? Il hocha lentement la tête. Parce qu'on va partir d'ici, et trouver un endroit un peu mieux, tu verras.
- Est-ce qu'ils vont revenir, les autres ? Demanda naïvement le petit brun, avec toujours cette même hésitation. Les méchants. En vérité, Haillie n'en avait aucune idée. Elle avait juste appris que la mafia avait décidé de partir, et rien de plus. Les raisons lui étaient un peu passés par dessus la tête, dans la mesure où elle s'était simplement contenté de se dire à elle-même qu'ils finiraient bien par être tranquilles, un jour ou l'autre. Peut-être qu'au final, il aurait mieux fallait qu'elle soit prudente, elle-aussi. Ça faisait juste du bien d'être naïve quand on avait vécu trop d'horreurs.
- Non, ça va aller t'en fais pas. Ils sont loin maintenant. Il faut juste pas qu'on reste ici, tu comprends ? C'est trop dangereux, maintenant. Fit-elle, avant qu'il ne se jette littéralement dans ses bras et qu'elle n'éclate de rire. Caden était fatiguant, mais heureusement qu'il l'était toujours. Et puis qui sait, on trouvera peut-être un endroit un peu mieux qu'ici. Laissa-t-elle sous-entendre, dans un sourire, pour le serrer contre elle. En vérité, elle n'en était pas certaine, mais tant qu'il pouvait encore y croire, tout irait bien. Ils n'auraient plus qu'à préparer les affaires, suivre le groupe, et ils s'en sortiraient. Après tout, ils avaient toujours fonctionné ainsi.

Ale n'eut pas besoin d'en entendre plus, pour comprendre ce que voulait dire Ally. Après tout, il la connaissait mieux que quiconque, et cette expression ne mentait pas : Ils devraient partir. Alors tout se passa très vite, Haillie emmena Caden ailleurs, Nick parti s'occuper des affaires, et il ne fut question de quelques secondes seulement, pour que chacun ne s’attelle à une tâche précise et particulière... Sauf Raphaël, qui évidemment, faisait tout pour le pousser à bout.
- Ta gueule, Weaver. Répondit Ale, en soutenant Nate pour le faire marcher jusqu'à une chaise, avec difficulté.
- Magnifique Raphaël. Putain Ale, je te connaissais avec plus de répartie. T'as dû perdre tes coquilles quand t'as vu que ta copine s'était enfilé cet enfourné et... Nate n'eut pas le temps de terminer sa phrase, qu'on l'asseyait sur une chaise, comme un gosse. Et voilà que Blavatsky entreprenait de vérifier qu'il avait bien charger chacun de ses flingues, comme si il avait encore cinq ans. Pourquoi tu fais ça Ale ? Tu crois que je peux pas me défendre ? Lança-t-il, plein de sarcasmes, et pas des meilleurs. J'ai toujours su me défendre. Tu sais très bien que j'ai toujours su me défendre et...
- Ouais mais là t'es complètement bourré, abruti. Rétorqua Ale, en ignorant toutes les remarques complètement injustifiées qu'un de ses meilleurs potes était en train de lui foutre en pleine gueule, sans autre justification que la tristesse.
- Hé, oh ! Ça va, je suis pas bourré, j'ai juste bu quelques verres de trop, mais tu vois, ça devient une habitude, un rituel : Quand Sheridan se barre, Ellidson boit. Quand Sheridan revient : Ellidson boit. Quand Sheridan est là, ça va, mais comme il est jamais entièrement là, ça va jamais. Tu comprends, alors du coup, j'ai dû obéir au rituel et...
- TA GUEULE PUTAIN NATE ! Cracha violemment Ale, en plantant son regard dans le sien, pour instaurer un silence de plusieurs secondes sur le visage du brun. Ta gueule ok ?! Jude est parti et alors ?! T'as prévu de faire le con jusqu'à ce qu'il se décide à revenir ?! Tu peux rien y faire, putain ! Tu peux rien y faire, alors tu fermes ta gueule et t'arrête de pleurer sur ton sort, parce que c'est hors de question que je te laisse crever sous prétexte que tu t'es accroché à ce mec, compris ?!
Nate l'observa plusieurs instants, avant de froncer les sourcils, le laissant alors attraper son flingue pour le charger, se comportant comme un gosse tout du long, parce que de toute façon : Ale comprenait rien. Ale comprenait rien, Ale avait pas vécu ça, il pouvait pas savoir : Ale savait rien. Il esquissa un sourire en coin, en observant le brun, alors que ce dernier entreprenait de préparer chacun de leurs flingues en silence, en lançant des regards en coin à Ally, et aux deux Bass. Tiens, les Bass. Ils foutaient quoi, les Bass ?
- Rooooooh, ça va. Répondit Nate, à Ale, avant d'hausser sourcils, pour tirer la gueule. Il reviendra pas, de toute façon. Son frère est revenu le chercher, alors il reviendra pas.

- On se barre, récupère tes affaires et on fou le camp d'ici. Assura Connor, en plantant son regard dans celui de son frère. Et si, c'est eux, ok ? C'est eux, donc on fou tous le camp et vous restez pas ici, hors de question que vous restiez ici. Fit-il, à l'intention d'Ally, pour passer une main dans ses cheveux, paumé, mais encore raisonnable au point de se rendre compte qu'elle ne devait plus le comprendre, et qu'elle avait bien milles raisons de lui en vouloir, en somme. Je suis désolé de pas t'avoir tout expliqué quand il fallait, mais c'est compliqué, je te jure que quand on sera tous en sécurité je t'expliquerai cette merde, mais là Ally je peux pas. Faut qu'on se barre, tous sans exception, et K, Il reporta son attention sur son frère, pour apercevoir sa paume, figer son attention sur ce détail l'espace de plusieurs secondes, et sentir un nœud se former avec violence, dans sa poitrine. Pourquoi est-ce qu'il fermait les yeux, alors que son frère était le premier à en baver ? Pourquoi est-ce qu'il prenait jamais le temps de lui en parler, en se contentant simplement d'être vague, et de le laisser foutre sa vie en l'air avec ces prières de merde ? Pourquoi il arrivait tout simplement pas à être un frère responsable, pour une fois, à être quelqu'un de bien, à faire quelque chose pour lui venir en aide ? Putain... K... Qu'est-ce que t'as fait... ? Lâcha-t-il, en reportant son regard sur lui, pour passer une main sur son visage, avec nervosité. Il trouverait un temps pour en parler. Il trouverait un temps pour en parler, et il réglerait ça. Vite. Dés qu'ils auraient tous quitté cette merde. Il nous cherche, S'entendit-il dire, en regrettant ses mots presque automatiquement, certain qu'il ne ferait rien de plus qu'attiser sa curiosité, attiser la curiosité de son frère qu'il avait toujours essayé de préserver, à tord, peut-être, de ces conneries. L'autre sonar nous cherche. Et K saurait de qui il parlait à coup sûr. De toute évidence, ça ne pouvait être personne d'autre que le malade mental qui lui servait de père. Sa mère : Il l'avait plus vu à partir d'un certain âge. Alors on choppe nos affaires, nos armes et nos munitions, 'puis on fou le camp : Vite.



RE: Farewell † [rpg] - Agou - 29-06-2014

Et Raphaël voyait son corps d'Apollon se faire salement maltraiter par Anderson, son amour, malgré toute l'affection qu'il semblait lui porter. Avec un sourire en direction de Nick, il écrasa un peu plus le blond, en lui lançant au passage un regard de chiot mouillé.
- Je fais ça parce que... parce que t'es gentil. Et désirable, même si t'es casé. Raah, sonar, je te dis que je t'aime et tu me frappes ! protesta-t-il en fronçant les sourcils, pour finalement se redresser et le laisser tranquille.
A vrai dire, il savait très bien ce que le groupe devait penser de lui à cet instant précis, parce que c'était évident, quand bien même ils commençaient sans doute à avoir l'habitude. Il ne prenait rien au sérieux. Il se foutait de la gueule du monde. Mais il n'était pas con, malgré tous les éléments qui laissaient penser le contraire, et il savait très bien que c'était grave, que la situation était critique, qu'ils étaient tous dans la merde. C'était juste sa façon de gérer ce qui se produisait actuellement, et peut-être bien que c'était puéril, il n'aurait pas su dire le contraire, mais c'était tout ce qu'il avait pour ne pas perdre pied. Alors il enchaînait les conneries. Tant pis.
Parce qu'ils allaient s'en sortir, ils allaient survivre, comme toujours. Il en était persuadé.
Néanmoins, il se releva et donna une bourrade dans l'épaule à Ale, presque affectueusement, sans s'attarder sur l'état désastreux de Nate. Il avisa Bronwyn, qui semblait sur le point de fondre en larmes, qui suivait son frère et Nick pour récupérer les affaires qui leur seraient vitales durant leur fuite, et s'approcha de la rousse. Elle n'avait pas l'air très stable, ni très à l'aise avec toutes leurs emmerdes. Certainement qu'elle n'avait pas l'habitude de faire face à ce genre de problèmes, de tenir une arme, de recevoir l'ordre de tuer ce qui représentait une menace à leurs yeux. Après tout, elle était jeune, et puis elle n'avait rien demandé.
- Hé, Bronwyn ? Reste-là, si tu veux, je vais m'en occuper d'accord ? Il esquissa un sourire amical et lui ébouriffa les cheveux sans se poser de questions, alors qu'elle acquiesçait, apparemment intimidée. Cette petite devait être pantophobe, bon sang. Tout va bien se passer, t'inquiètes. Il attrapa quelques sacs, et fit dans la rapidité, lançant un regard à Blavatsky qui signifiait clairement "j'arrête les conneries trois secondes, je vous aide". Peut-être qu'Ally aurait été plus efficace que lui, elle connaissait bien mieux l'endroit, mais tant pis, il n'avait pas le temps d'aller lui demander un plan détaillé et de l'emmener avec lui. Alors il se dépêcha de remplir les besaces, essentiellement de provisions vu qu'il était dans ce qui leur servait de réserve/cuisine, et enfin le brun se tourna vers le reste de ce qu'ils avaient à prendre d'urgence.
Urgence, ouais. Le mot était faible.

Et Ally, justement, était légèrement perdue entre l'altercation d'Ale et Nate, qui était complètement bourré, suffisamment en tout cas pour vomir des insanités à la gueule de son copain, et Connor qui s'excusait. Elle aurait préféré qu'il ne le fasse pas. Ils n'étaient pas responsables des croyances surréalistes ou de la folie passagère de leurs géniteurs européens, et ils n'avaient rien demandé à ce groupe de missionnaires bizarres non plus. La jeune femme fronça un instant les sourcils, et avisa K qui venait d'arriver.
- Laisse tomber, Connor, ok ? On verra ça plus tard, c'est pas notre priorité. Je peux survivre sans explications, je te jure, fit-elle en lui adressant un long regard, avant de s'activer. Les armes. Y en avait un peu partout, dans cet appart, c'était pas un problème, et ils en auraient réellement besoin.
Rapidement, elle se dirigea vers l'un des meubles à sa droite, et ouvrit le dernier tiroir pour en sortir quelques flingues, et deux boîtes de munitions, qu'elle posa sur la table, alors qu'Ale hurlait sur Nate, dans son dos. La brune tourna la tête dans leur direction et les considéra le temps d'une seconde, avant de passer une main dans ses cheveux.
- Ça va aller ? Regard vers Ellidson, qui était rendu minable par l'alcool, et elle sentit sa gorge se serrer. Oui, ça lui faisait de la peine, même si ce n'était absolument pas le moment. Nate était dans une passe qui n'avait strictement rien de facile, et il souffrait certainement bien plus que les autres, voilà ce qu'il se passait. Mais ils avaient besoin de lui, tous autant qu'ils étaient. Je vais chercher des armes, y en a dans ma chambre. Finit-elle par ajouter avant de filer vers son objectif.
Elle n'était jamais sortie de ce bâtiment sans être équipée, et cet équipement, justement, englobait plusieurs types d'armes, parce que cinq ans de vie commune avec les Bass, ça lui avait appris beaucoup de choses, dont la nécessité d'avoir de quoi se défendre, et de pouvoir compter sur plusieurs moyens de secours, même si elle n'allait qu'à cent mètres de là, même si les gens la connaissait, ici. Elle attrapa donc ses affaires, chargea deux flingues, et prit sa panoplie d'armes blanches, qui incluait des lames assez pratiques. Elle fourra le reste dans son sac, et sortit de la pièce pour débouler dans le salon et déposer quelques trucs pratiques sur la table. Ils allaient devoir se servir un peu, avant de partir.
Personne ne sortirait d'ici sans être armé.
- On devrait bientôt être opérationnels. Haillie était avec Caden, et quelques membres du groupe étaient encore à part, mais ça allait le faire. Ils s'en sortaient à chaque fois. On a encore besoin de quoi ? Fit-elle en direction d'Ale, parce qu'elle avait besoin qu'on lui dise quoi faire, à cet instant précis. Et qu'il était normalement constitué, lui. Ton frère, Raph et Will sont en train de s'occuper de toutes les affaires, et... vous êtes prêts, vous, au moins ? Ça, c'était en direction des Bass. Parce que K n'avait pas vraiment la tête du mec dans les starting block, et qu'ils avaient l'air aussi perdus que le reste de la bande.
Putain, elle ne savait plus quoi faire.
Et elle ne voulait même pas savoir combien de temps il leur restait.



RE: Farewell † [rpg] - Claaudie - 29-06-2014

POSTEY A L'ARRACHE HEING.

Lorsque Raphaël eut (enfin) terminé de s'attarder sur son cas, chose qui en quelque sorte, l'avait très légèrement troublé, Côme entreprit de se dresser sur ses pieds. Niveau affaire, il avait pas grand chose, dans la mesure où on l'avait fait prisonnier depuis le départ. Les armes pourraient être utiles, il entreprit donc d'attraper un sac pour le mettre sur son dos, en s'accordant lui-même sur le fait qu'il était assez costaud pour supporter le poids de quelques trucs, contrairement à d'autre. Et puis, si il y avait bien un domaine qui lui réussissait plus que les autres, c'était celui des armes. Alors évidemment, il ne prévoyait pas d'attendre à l'écart, si il pouvait aider, ne serait-ce qu'un minimum. Son regard divagua sur le reste du groupe, s'arrêta sur Petra, il esquissa un semblant de sourire, puisque pour le moment, et quand bien même cette dernière semaine s'était écoulée de manière complètement insensée, il y avait certaine chose qui restait parfaitement claire. Ça avait presque le don de le rassurer.
- On a tout récupéré, Assura Nick, en entrant à l'intérieur du salon, suivit de près par Will, et Raphaël, qui portait, tout comme lui, plusieurs sacs. Enfin le plus important. Je pense qu'on devrait réfléchir à cette idée de foutre le camp d'ici, avant que ça dérape. Et il pensait mot pour mot ce qu'il disait, dans la mesure où personne n'avait véritablement pris la peine d'aller voir (dans la panique générale) ne serait-ce que par la fenêtre, si le groupe ennemi se trouvait toujours là, où si ils avaient déjà entreprit de se diriger à l'intérieur du bâtiment.
- Ils sont pas tous en bas, Remarqua Haillie, d'un bref coup d’œil par cette dernière, Caden dans les bras. Elle n'était peut-être pas la plus douée dans tout ce qui consistait à manier les armes, et ne savait surement pas mieux se défendre que la plupart d'entre eux, mais elle était petite, assez habile, tant et si bien que ne pas se faire repérer de l'extérieur n'était pas bien difficile. C'est pas normal, je pense qu'ils sont déjà en train de rentrer ! Affirma-t-elle, un peu plus paniquée qu'il ne l'aurait fallut.
- Ça va, t'inquiètes. Affirma Ale, à l'intention d'Ally, pour se redresser dans un regard entendu au reste du groupe, s'occupant d'attraper le bras de Nate et de le disposer sur ses épaules. Il s'était plus ou moins calmé, peut-être pas dans le bon côté des choses, mais il n'était visiblement plus d'humeur à faire des blagues débiles. Et c'était pas mal encourageant, vu la situation. Je pense que tout le monde est prêt, faut pas qu'on traîne. Connor ? Et c'était probablement la première fois de sa vie qu'il s'adressait à lui sans avoir terriblement envie de l'étriper. Est-ce que y'a moyen de sortir d'ici sans avoir à se retrouver en face à face avec tes petits copains ?
- Je sais pas, je sais vraiment pas attend... Connor entreprit de foutre son propre sac sur ses épaules, de charger son arme, de réfléchir assez rapidement, avant que Nate n'interrompe la chose, un sourire proche de l'ironie étirant ses lèvres, mais un état des plus déplorables animant chacun de ses faits et gestes. Il faisait peine à voir.
- Mais si, vous avez une arrière cour. Ça mène sur l'autre côté de la rue. Commenta le brun, dans un rire sarcastique et solitaire. Alala, les Bass, ça vous réussit pas cette histoire d'Européens.
- C'est vrai ce qu'il dit ? Demanda Nick, en fronçant les sourcils, pour sortir son flingue.
- Tu me traites de menteur, Nicholas ? Ironisa Nate, en éclatant de rire.
- Ouais. Ouais, j'y suis allé. Répondit Ale à son frère, en continuant de maintenir Ellidson, qui grommelait un tas de truc à peine compréhensible que tout le monde faisait de son mieux pour ignorer.
- Y'en a une, mais je pense qu'on risque d'avoir droit à de la compagnie, parce que la zone a pas été désaffectée, et les zombies doivent surement s'y trouver en masse. Soupira Connor, en commençant à contre-coeur par s'engager dans les couloirs de l'appartement, suivit par le reste du groupe. Mais bon, c'est la sortie la plus proche, et on aura pas de mal à trouver de quoi rouler juste à côté. Y'a un garage, des voitures, des motos, bref tout ce qu'il faut. Faites en sorte de pas faire de bruit, tirez le moins possible, et ça nous sauvera peut-être.

Lexi déboucha rapidement sur l'arrière cour de l'immeuble, une zone entourée de grillage. Elle jugea bon de se cacher derrière un mur, de charger son arme, et d'intervenir que lorsqu'elle serait à portée des Bass. De toute évidence, et vu la présence du groupe de l'autre côté, ils ne chercheraient pas à sortir par l'avant.
- Hé ! Fit une voix, juste dans son dos. Elle manqua de faire une crise cardiaque, mais se rendit compte que Fred et Phil l'avaient suivit. Magnifique. Elle manqua de leur tirer dessus, à vrai dire, elle l'aurait peut-être fait, si elle n'avait pas jugé ça complètement con dans la mesure où ça aurait averti les autres de leur présence, et si le groupe n'avait pas finalement, fait son apparition, à quelques dizaines de mètres de là.
- La prochaine fois, prévenez, Rétorqua-t-elle, à leur intention, avant d'esquisser un sourire. Vous avez faillit me tuer, hein, et... Mais elle s'arrêta, lorsqu'elle remarqua un autre groupe, dans le bâtiment d'en face. Mais pas n'importe quel groupe. Une horde de zombie. Il n'en fallut pas plus à ces derniers pour littéralement sortir de l'ombre, et se mettre à courir dans leur direction. Parce qu'une chose était certaine : Les zombies étaient différents de ceux du début de l'apocalypse. Une mutation, d'après les rumeurs. En réalité, ils n'avaient plus rien d'humain, leur peau était pâle, extrêmement pâle, et les plus dégueulasses possédaient des mutations qui sortaient complètement de "l'ordinaire". Oh, et ils allaient vite. Très vite. En comparaison aux débuts de l'Apocalypse, c'était un véritable chaos, que de tomber sur une dizaine d'entre eux, et présentement, c'était le cas. MERDE ! Cracha-t-elle, pour se mettre à tirer dans la tête de l'un d'entre eux, bientôt suivit par l'autre groupe, celui où se trouvait les Bass. Un long échange de tire eut lieu, durant lequel la plupart des membres du groupe des Bass alla gentiment se foutre dans les véhicules qui se trouvaient à l'intérieur du garage situé qui juxtaposait l'immeuble d'où ils sortaient. Et elle n'eut même pas le temps d'essayer de comprendre si les autres Chasseurs se rameutaient, au final. Lorsque les zombies furent, en grande partie, éliminés, elle n'hésita pas plusieurs secondes pour pointer de ses deux armes, les frères Bass. En particulier lorsqu'elle compris que les échanges de tirs avaient fait des victimes, et que ces dernières se trouvaient juste à ses pieds.
- Faites un seul geste et je vous jure que je tire. Lâcha-t-elle, des plus impassibles, couverte de sang autant humain que mort-vivant.
- Fais pas de connerie, Rétorqua Ale, en avisant les deux Bass, tout deux interpellés par ses armes. On est plus d'une dizaine et t'es toutes seule.
- Je t'ai parlé, à toi ? Cracha-t-elle, avec violence, à l'intention de l'intéressé. T'es là pour m'apprendre à compter ou bien ? Si l'un d'entre vous tire, je tire. Faut croire qu'on est dans une impasse, et les renforts vont pas tarder à arriver, de mon côté. Temps de pause, durant lequel son regard divagua sur le reste du groupe. Ils avaient tous l'air complètement crevés, et y'avait même des gosses. C'était le bordel. Et elle était censée se battre contre ça ? Putain. C'était le genre de chose qui lui donnait envie de retourner en arrière. Vous avez tué mes potes, faut croire qu'on a moins de chance de vous garder en vie, maintenant. Regard en direction des Bass, nouveau sourire. Sauf vous deux, évidemment.
- Rah putain, et ça te vient d'où toute cette haine à notre égard ? Tu sais ce qu'il y a en Europe, au moins ? T'y as déjà foutu les pieds ? Que vous nous rameniez ou non, vous serez tous morts dés qu'ils poseront un regard sur vous. Ironisa Connor, littéralement sur le point de péter un plomb.
- Ils paient bien. Je trouverai un moyen de me barrer ensuite, t'en fais pas. Lâcha-t-elle, glaciale, juste avant que quelqu'un ne vienne brutalement la bousculer, et la plaquer avec brutalité au sol.
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! Hurla Will, en lui sautant littéralement dessus. AAAAAAH MON DIEU ! Visiblement, c'était pas volontaire, cette réaction. Il était arrivé par derrière, et elle n'avait pas eu le temps de réagir. La peur et Will, ça faisait en quelque sorte un véritable combo. Enfin, cette réaction de la part du brun, entraîna un très gros blanc, que la fille en question coupa violemment, en l'insultant de tout les noms possibles et imaginables.
- J'étais... J'étais dans sa tête. Coupa Will à l'intention des autres (ils le fixaient sans comprendre, d'ailleurs), en pointant du doigt le cadavre d'un mort, qui s'était visiblement enfoncé dans un grillage. Finalement, il s'écroula sur Lexi, tomba évanoui, et personne ne réussit à comprendre, encore une fois, ni d'où il sortait, ni pourquoi est-ce qu'il réagissait ainsi, mais enfin, ça avait suffit à mater l'autre fille alors ça semblait suffire.
- RAAAAAH MAIS DÉGAGES TOI ! S'écria la brune, en le poussant de toute ses forces pour se redresser, et tout ça, en quelques secondes à peine. DÉGAGES PUTAIN ! Sauf qu'en se remettant sur ses pieds, ce ne fut pas un groupe inoffensif qui lui fit face, mais plutôt une bonne dizaine d'armes pointées dans sa direction.
- On dirait qu'on échange les rôles. Commenta Nick, dans un sourire plus que rassuré, malgré les secondes qui s'écoulaient (et leur chance de survie, si le reste de son groupe débarquait, qui s'amenuisait au fur et à mesure).
- Sauf qu'on va avoir besoin d'elle. Ajouta Connor, en rangeant son flingue.
C'était juste histoire de savoir ce que tramait son père, évidemment.



RE: Farewell † [rpg] - Xuu - 30-06-2014

Il n'y avait pas de rideaux aux vitres du bus dans lequel s'étaient assoupi les frères Sheridan. Dès l'aube du jour, la clarté s'était ainsi accrochée aux sièges et à l'allée, puis, lorsque le soleil s'était fait plus haut, au visage de Jude, dont les yeux ne tardèrent pas à s'ouvrir.
Égaré quelques instants, dans un milieu étranger au sein duquel il n'avait jamais réalisé avoir posé un pied, ce fut le souffle régulier de son frère encore endormi, à quelques centimètres de lui, qui le fit ré-atterrir. De quelques centimètres, Jude se souleva. Il avait passé la nuit comme une carpette sur Drake, tout deux étalés sur la banquette arrière du bus, sécurité sommaire pour s'assurer qu'il ne comptait pas se dérober à lui. Il recommencerait chaque nuit, s'il n'y avait que ça de nécessaire. L'expression du brun se fit douce, débordante d'un trop-plein d'émotion que l'on ne conçoit pas, lorsque il se perdit à la contemplation des traits sereins de son frère.
Il demeura ainsi statique de longues minutes, s'amusant de son souffle paisible qu'il avait cru éteint pour toujours, de son expression assoupie. Et Jude se souvint d'une réflexion qu'il s'était souvent faite, une décennie auparavant : Drake avait des allures d'ange, lorsqu'il dormait.
Il renifla, se refusant à encore s'épancher en débordement émotionnel : d'aussi loin qu'il se souvienne, il en avait assez fait comme ça la veille. Et puis, le cœur battant toujours aussi fort, il retrouva son confort tout contre Drake, enfouissant son museau dans le cou de ce dernier, et enchevêtrant ses doigts à ses épais cheveux bruns.
Il demeura ainsi de longues minutes, observant du coin de l'œil l'abdomen de Drake se soulever et s'affaisser, et son beau visage indolent. Jude ne lui avait même pas demandé comment il avait pu s'en sortir, comment il avait pu le retrouver, et pourquoi avait-il l'air encore si jeune lorsque lui-même avait l'impression d'avoir vécu des siècles de vieillesse, depuis sa mort. Mais Drake aurait le temps de lui expliquer, maintenant. Et de lui expliquer mille autres choses encore, puisque Jude ne permettrait jamais que quoi que ce soit ne se mette en travers de leur lien.
Jude baisa sa mâchoire, son front, doucement pour ne pas le soustraire à son sommeil ; il avait l'air épuisé. Puis, sentant son heure venue, il se redressa sans bruit, extrayant de la poche de son jean un sachet de pilules : à défaut de ne pas avoir d'aiguille, il se contenterait de ça. Il ne voulait pas être emmerdé maintenant par des soubresauts de manque, alors qu'il venait juste de retrouver Drake. Aussi se saisit-il d'un nombre déraisonnable de granules, et, comme par gêne, il s'écarta de son frère, lui tournant le dos, pour, une à une, les ingérer.
C'était sa solution de substitution, à défaut de ne pas avoir mieux, mais il ne tiendrait pas longtemps, avec ça. Il fallait qu'il demande à Till et...
Jude se glaça.
Till.
Les autres, le groupe.
Léo.
Nate.
Il sentit ses jambes fébriles se dérober sous lui, et dû s'appuyer à un fauteuil. Oh non. Comment avait-il pu ne pas penser à ça ? Tétanisé, Jude se laissa tomber lourdement sur le siège. Pourquoi ne s'en était-il pas rendu compte ? Tout le monde avait dû le voir, hier, tout le monde et lui n'avait vu personne. À l'heure qu'il était, on devait déjà le mépriser, et... Ale, Ally, Nick, Jill, Raph, ils avaient tous pâti de la folie de son frère. Et Léo, qu'est-ce qu'il avait dû penser, Léo ? Il avait dû penser les mauvaises choses, parce que ce n'était pas ça, la vérité, et si Jude avait choisi de soustraire à ses connaissances les détails de ce qui l'unissait à Drake, c'était parce qu'on ne faisait pas de comptines de ces choses-là. Mais il n'avait rien dû comprendre, et ils l'avaient tous vu, mais lui n'avait vu personne, il n'avait pas réalisé, sur l'instant...
Les mains de Jude se contractèrent convulsivement sur les plis de son jean, agitées, tandis qu'il se bouffait nerveusement l'intérieur de la bouche.
Qu'est-ce qu'ils devaient penser de lui, tous ? Qu'il était bien lamentable, sûrement, et qu'il n'avait pas de fierté, sans doute.
Et fatalement, son esprit parvenu à Nate. Peut-être qu'il ne savait pas ce qui se passait. Peut-être qu'il n'avait pas suivi Jude, quand il s'était levé. Peut-être, oui, peut-être qu'il n'avait rien vu, et qu'il n'avait pas vu Jude se ramasser par terre comme un misérable, peut-être que Jude était parvenu à lui épargner ça.
Bien sûr qu'il avait tout vu, bien sûr qu'il l'avait suivi. Ils se suivaient toujours l'un l'autre, ils se collaient au cul, c'était connu, pourtant. Nate n'avait aucune raison de ne pas savoir.
Jude enfouit son visage dans ses bras et ses genoux, la détresse exacerbée, maintenant. Il ne voulait pas que ça se passe comme ça. Seulement, on l'avait pris au dépourvu, comment aurait-il pu faire ? Il n'y avait jamais réfléchi, ne s'était jamais figuré qu'un jour son frère se présente à lui de nouveau, et ne s'était jamais figuré des conséquences qui en résulteraient.
Ô grand jamais ne s'était-il déjà figuré que Nate doive être confronté à ça. Est-ce qu'il allait bien ? Il fallait qu'il aille bien, Jude ne voulait pas lui faire de peine, il ne l'avait plus voulu depuis des mois. Il n'avait plus voulu que Nate doive souffrir de son histoire trop compliquée, où s'entrechoquaient trop de contradictions, trop de violences et trop de plaies qu'on ne soigne pas. C'était bien pour ça, qu'il avait essayé d'imposer une limite entre eux, lorsque les rebelles avaient fini par mettre la main sur lui. C'était pour ça, juste pour ça, juste parce qu'il avait dû sentir que son passé reviendrait au temps du présent une énième fois. Mais Nate l'avait fait craquer, évidemment, parce que qui parvenait à faire changer d'avis Jude Sheridan sinon Nathan Ellidson ?
Mais qu'est-ce qu'il devait penser, là, tout de suite, et qu'est-ce qu'il faisait ? Est-ce qu'il pensait que Jude venait d'éradiquer treize ans de sa vie d'un coup de balai ? Non, mais non, bien sûr que non, il n'était pas stupide à ce point, hein...?
Les mains toujours accrochées à son jean, Jude se tourna vers son frère, qui dormait toujours comme un bébé.
Il hésita une seconde, mais en définitive, se leva, pour venir s'accroupir tout près du visage de Drake.
Il fallait qu'il leur parle, à tous, qu'il leur explique et qu'il leur dise qu'il était désolé, qu'il s'excuse auprès de Nate pour tout, pour chacune des blessures qu'il lui avait infligé, pour l'avoir entraîné dans sa vie bordélique où rien n'était en ordre, pour être lamentable et pour un million d'autres choses encore, et qu'il voit Léo, histoire d'enfin agir comme le père qu'il n'était jamais parvenu à être en le prétendant pourtant.
Il passa sa main pour la centième fois dans les cheveux de Drake, et embrassa sa joue.
-Je reviens, lui murmura-t-il, pas certain qu'il ne l'entende.
Alors, il se releva, enfila un sweat x qui reposait dans le bus, et sortit dehors. À l'extérieur, tout était comme chaque jour, mais il était dans l'air cette odeur terrifiante et vertigineuse qui murmurait que rien ne serait plus comme avant. Se refusant à laisser les battements nerveux de son cœur prendre le dessus, s'efforçant plutôt de trouver quelque chose à leur dire, à tous, quand il les verrait, Jude chemina jusqu'à l'avenue où se dressait le squat des Bass...
Mais eu tôt fait de se plaquer à mur perpendiculaire.
Devant l'entrée, là où reposaient la veille encore les mille et une voitures de la mafia, attendaient désormais patiemment une armada de types armés jusqu'aux dents. C'était quoi, ces conneries ? Un gang peut-être ? Il n'en savait rien ; il avait trop été occupé à roucouler dans chaque pièce de la baraque avec Nate pour prêter une oreille attentive aux débats et problèmes qui agitaient le groupe, en toute sincérité. Cette pensée lui arracha une expression mortuaire.
Qu'est-ce qu'il faisait ? Il n'allait pas foncer dans le tas, il n'était même pas armé. Mais il ne pouvait pas rebrousser chemin, ce n'était pas humain, il devait leur parler, il ne supporterait pas de ne pas au moins avoir essayé de s'excuser. Tous, tout le groupe, ils avaient fondé avec des hauts et des bas vertigineux sa vie durant treize ans. Ils en avaient bavé ensembles, il les avait haïs, au départ, puis il s'était rendu compte que c'était sa propre situation, qu'il haïssait, et qu'ils étaient sa famille. Qu'en dépit de tous avoir voulu les mener à la mort, ils avaient fini par l'accepter dans leurs rangs, à lui à qui il manquait une rampe pour ne pas tomber. Il ne savait pas ce qu'il dirait, mais ne serait-ce que pour les voir, il fallait qu'il les voie, et priait qu'alors une impulsion lui donne les mots salvateurs qu'il aurait souhaité avoir.
Alors, le cœur serré, Jude s'éclipsa dans une ruelle, celle qui contournait la place et qui donnait sur l'entrée arrière. Chacun de ses pas sur le bitume lui ouvrait des paliers inconcevables d'effroi. Il était apeuré qu'on le rejette, qu'on lui tourne le dos, il était apeuré qu'on le regarde comme un inconnu, qu'on le regarde avec aversion ou qu'on n'ose pas le regarder. Il était toujours le même, ce qu'il ressentait pour eux était toujours la même chose, qu'ils le comprennent...
Mais l'épouvante d'une nouvelle pensée l'arrêta dans sa course, et alors, il s'arrêta, se laissant tomber sur le bord d'un trottoir.
Qu'est-ce que ça changeait, finalement, qu'ils le rejettent ou qu'ils ne le rejettent pas ? Il était une chose que personne ne pourrait altérer, et Jude venait d'en prendre l'horrible conscience : il ne pourrait jamais préserver eux, et Drake. Jamais.
Son cœur explosa littéralement dans sa poitrine, cette fois. Jude posa une main sur son front, la mâchoire serrée pour ne pas encore faire acte de sa fragilité pitoyable. Il ne voulait pas être confronté à un choix, il ne voulait pas, et il essayait de naïvement s'attacher à croire que ce ne serait pas le cas.
Il ne voulait pas les perdre.
Il demeura ainsi de longs instants, immobile dans une rue déserte, à distance égale de Drake et du groupe, de Nate, Léo, Raphaël Maya Nick Jill Ally Ale Petra Pandora Till et d'autres encore à qui il s'était attaché malgré lui. Déchiré entre deux extrêmes.
Et finalement, comme un automate, mécanique, il se releva, foulant le chemin, s'essayant à ne plus réfléchir, à ne pas paniquer, parce qu'il ne voulait pas choisir, oh pitié non, il ne voulait pas choisir, il ne voulait pas les perdre, il ne voulait pas perdre son Ellidson, il ne voulait pas choisir, pitié, et il déboucha sur l'entrée arrière, et presque aurait-il pu trembler de peur, et il les aperçut tous.
Alors sa détresse pris des teintes d'agonie.
La plupart lui tournaient le dos, et ils étaient agités, quand bien même Jude n'était pas à même d'en assimiler toutes les raisons. Automatiquement, ses yeux cherchèrent une silhouette, et il sentait toujours un peu plus crouler sous la pression et la peur, lorsqu'il discernait leurs visages. Et puis, il vu Nate, sa pote, sa chienne son Ellidson sa stabilité, mais dû s'attarder plusieurs secondes, pour s'assurer qu'il s'agissait bien là de lui. Parce que Nate ressemblait à tout sauf à Nate, et qu'il exhibait l'une de ces allures inhumaines que Jude avait lui-même pu arborer par le passé. Sa gorge se contracta avec une violence barbare. Si tout avait été simple, il aurait tracé jusqu'à lui, l'aurait choppé sans consentement et serré de toutes ses forces, et lui aurait dit ces mots qu'il ne lui avait adressés qu'une seule fois en treize ans : qu'il l'aimait comme il n'aurait jamais cru pouvoir aimer quelqu'un sinon Drake, qu'il avait brisé des règles établies en poussant Sheridan à s'attacher à quelqu'un. Mais rien n'était simple, rien n'était jamais simple, et l'état désastreux d'Ellidson l'aurait fait encore pleurer, s'il ne s'efforçait pas de toutes ses forces de garder la face.
Il y arrivait mal.
Il n'était pas sûr qu'on se soit rendu compte de sa présence, et en dépit d'avoir cherché un million de choses sur la route qu'il pourrait dire, il ne parvint qu'au mutisme.
Parce que finalement, c'était lui, Jude Sheridan, qui avait besoin qu'on lui parle, qu'on le rassure, qu'on lui ôte par pitié cette certitude qu'il se refusait d'admettre de toutes ses forces : qu'on lui fasse un signe, n'importe quoi, n'importe quoi qui lui indique qu'il ne s'agissait pas d'Adieux.
Il ne voulait pas leur dire Adieu.
Il ne voulait pas le perdre.



RE: Farewell † [rpg] - Claaudie - 01-07-2014

Et tout au long de l'altercation, Haillie s'était occupée de distraire Caden, et avait pris soin, aussi, de s'éloigner des autres membres du groupe, pour directement prendre la direction des voitures qui traînaient dans le vieux garage des Bass. Les concerts avaient au moins eu le don de leur faire gagner de quoi pouvoir échanger des trucs contre plusieurs voitures. Elle pensait pas avoir à les utiliser un jour, à vrai dire, elle s’était toujours foutu de la gueule de Connor et de K pour avoir tenu à acheter des trucs pareils, mais maintenant, elle était plutôt contente qu'ils l'aient fait, dans la mesure où sans ça, ils auraient pas vraiment pu donner cher de leur peau. Enfin, elle se dirigea vers l'une d'entre elle, une camionnette comme les autres, mais quelque chose d'un peu plus gros que le reste, histoire qu'on puisse y caser le nécessaire. Tout en tenant son frère, à qui elle essayait de sourire, histoire que tout cela n'ait pas l'air trop dramatique, elle entreprit de caser la plupart des sacs de provisions qu'ils avaient remplit avant de partir, pour aviser Caden, tout en refermant le coffre à toute vitesse.
- Tu nous attends à l'intérieur, d'accord ? Fit-elle, à son attention, en le déposant à l'arrière du véhicule. Pas besoin de clé, ça faisait un moment qu'on faisait plus gaffe à ce genre de détail, et au pire des cas, elle avait toujours un couteau sur elle, pour ouvrir les portières. Le petit hocha simplement la tête. Panique pas, Caden, je suis sûre que c'est pas grand chose, et on part bientôt. Ne put-elle s'empêcher d'ajouter, bien consciente, pourtant, que ça n'arrangerait pas forcément les choses. Enfin, elle referma la portière, et croisa au passage (avant de retourner voir les autres), Anderson, qui s'occupait de celui qui avait littéralement foncé sur leur agresseuse.

Côme poussa un soupire las, face à la situation, en se mordant le fond des joues pour ne pas éclater de rire, évidemment. Parce que de toute évidence, il avait bien envie d'en rire, quand il se repassait dans sa tête la gueule de Will, les hurlements qu'il venait de pousser à tout va, et comment est-ce qu'il avait percuté cette fille, en leur sauvant la vie, et tout ça, sans même s'en rendre compte. Enfin maintenant, il trônait au sol, à moitié inconscient, et visiblement, personne n'était trop d'humeur à lui venir en aide tout de suite. Et en même temps, tout le monde était déjà très bien occupé. Le blond se dressa de la voiture contre laquelle il venait de s'appuyer malgré l'arme chargée qu'il tenait entre ses doigts (il était Anderson tout de même, alors pour éviter de se faire griller par la moitié de la planète, et à commencer, par ces chasseurs, il préférait se tenir... A l'écart). Oui, parce qu'il appelait ça des chasseurs. Des chasseurs de primes, quoi. Des gens qui allaient à la recherche de plusieurs têtes, pour gagner de l'argent en échange.
- Bon toi tu me suis, Déclara-t-il, à l'intention du gamin assommé (soit un Will complètement évanoui), et le tirer par le bras en direction de l'un des véhicules. Le hisser à l'intérieur ne fut pas bien compliqué, y ranger son sac non plus, et tout ça, en un temps record. Manquait plus qu'à attendre les autres, en somme. Et ils avaient plutôt intérêt à se dépêcher, ces autres, si ils voulaient pas tous mourir. Après tout, Côme avait bien assez croisé de "chasseur de prime" dans sa vie, pour savoir qu'on ne rigolait pas avec eux.

- Je vais pas parler, si c'est ce que vous voulez savoir. Soupira Lexi, plus ennuyée que véritablement agacée. Elle trouverait un moyen de s'en sortir, Bass ou pas Bass.
- On verra ça. En attendant, tu vas poser tes armes devant toi, et nous suivre. Lâcha Connor, dans un sourire amusé, alors qu'elle se contentait d'obéir, parce qu'il était vrai qu'elle avait pas le choix, vu le nombre de flingues pointés dans sa direction.
- Et puis vous savez bien que vous pourrez pas aller loin, comme ça. Constata Lexi, en se redressant. Si j'étais vous, je chercherai pas à fuir. Et elle disait pas ça de manière à toucher leur égo, ou quoi que se soit d'autre, elle le pensait vraiment. Après tout, ils avaient des enfants, plusieurs familles, en somme, un véritable groupe. Si ils voulaient pas de perte, autant se rendre dés maintenant. Si il y avait bien une chose dont elle était certaine, c'était que les chasseurs ne rataient jamais leurs cibles. Enfin, on alla l'emmener à l'intérieur d'un véhicule, et elle ne chercha même pas à se débattre, plus lassée qu'autre chose. De toute façon, une fois dehors, elle s'enfuirait. Elle connaissait les Etats-Unis comme sa poche. Eux ne savaient rien sur elle. En somme, elle avait un avantage sur leur groupe, qu'ils le veuillent ou non.
- On ferait mieux de pas tarder là, Assura rapidement Connor, à l'intention des autres, en particulier de son frère, avant que les regards de chacun ne se tourne sur une autre silhouette, au bout de la rue. Jude Sheridan. Ok écoutez c'est pas le moment pour les débats sur... Mais il s'arrêta, en voyant le plus âgé des Blavatsky marcher dans la direction du tatoué. Tic agacé. On peut pas passer notre vie ici, putain, abusez pas... ! Fit-il, à l'intention d'Ale, avant de se rendre compte de l'état de Nate.
Clairement : Ils étaient pas encore partis.

- Tu sais très bien, Commença Nate, en marmonnant les mots, sans trop réussir à les assembler, se tenant toujours avec à difficultés, à l'épaule d'Ale. Tu sais très bien que j'peux marcher tout seul. Il ne lui en fallut pas plus, pour trouver une justification au simple fait qu'il se dégageait de l'emprise du brun, pour faire deux trois pas hasardeux en face de lui, s'approcher de Connor, et de la fille qui apparemment, les avaient attaqué. Eh bah, Articula-t-il, dans un sourire ironique. Faut croire que t'as pas beaucoup d'ami, Bass. Il fronça les sourcils en s'entendant parler, éclata de rire. C'est moche, comme nom "Bass". T'es sûr que tu t'appelle vraiment comme ça ?
- Dis lui de la fermer ou je te jure que je vais vraiment finir par le frapper. Rétorqua Connor, à l'intention d'Ale, en avisant Nick, et l'autre Sheridan, sans trop se rendre compte de ce que pourrait entraîner la vision de Jude à l'autre imbécile.
- Nate, putain arrêtes de faire chier, va t'asseoir et... Mais Ale ne termina pas sa phrase, ou Nate n'eut pas véritablement le temps de la comprendre. C'était la même chose, parce qu'il venait de voir qui se trouvait en face de lui, et que l'expression qui animait maintenant son visage, en disait bien long sur ce qu'il pensait. Plusieurs secondes, il resta silencieux. Il ignora le regard en coin de Connor, son expression de gros frustré, et Ale, qui persistait, encore et toujours, à agir comme si il était sa putain de mère. Ca sert à rien, Nate, ça sert à rien arrête de...
- JUDE ! Hurla le brun, à l'intention du tatoué, en dégageant violemment son poignet de l'emprise de Blavatsky, qui s'amusait à faire le con, et à l'empêcher d'aller lui parler. Quoi ?! Il voulait juste parler ! Il voulait juste parler, pourquoi est-ce que tout le monde était en train d'en faire tout un plat ?! Oh bien sûr, il était complètement mort, complètement pété, mais il voulait aller lui parler, et comprendre pourquoi est-ce qu'il était parti, ce con. Pourquoi est-ce qu'il s'était barré, et pourquoi il arrivait toujours pas à se dire que ça irait bien. Tout allait mal. Tout irait mal, dans la mesure où Jude Sheridan pouvait pas vivre sans Drake Sheridan. Ça marchait dans les deux sens, et lui, il était qu'un putain d'obstacle. Alors quitte à être un obstacle, quitte à faire chier la Terre entière et même ce sonar qu'il aimait beaucoup trop, autant ce comporter comme tel. POURQUOI T'ES LA TOI ?! Et sa voix, rauque, complètement brisé parce qu'il se rendait pas trop compte, maintenant, qu'il allait chialer, alla brutalement déraper dans sa gorge.
- Arrête, putain ! Ale le tira en arrière, pour le bloquer, et marcher vers l'un des véhicules. Arrête de faire le con ! T'es bourré. T'es bourré, tu te rends pas compte, arrête de...
- TA GUEULE ALE ! Ferme ta putain de gueule je veux lui parler moi putain t'es pas ma mère putain de... ! Nate se débattit assez violemment, et réussit, une énième fois, à dégager du garage, pour arriver à la hauteur de Connor, qui semblait presque prêt à lui foncer dessus. REGARDE-MOI sonar ! S'écria Nate, sans savoir si il chialait où si il crevait de chaud, si il voulait qu'il revienne, ou si il se haïssait simplement pour ce qu'il disait, ce qu'il pensait, pour cette manière qu'il avait de le regarder, lui, Jude Sheridan, et de le foutre en l'air, de le faire regretter tout ce qu'il disait. REGARDE-MOI PUTAIN ! DIS MOI POURQUOI T'ES LA ?! Qu'est-ce que tu veux... ? Connor alla chercher son bras droit, et à deux, ils entreprirent de le faire reculer. ET LÂCHEZ MOI PUTAIN JE VEUX LUI PARLER A CE CON !
- Tu me remercieras, j'te jure, vu ton état, tu me remercieras. Assura Ale, en reculant vers l'un des véhicules.
- TA GUEULE ET LAISSE MOI LE VOIR PUTAIN ! Mais Nate n'eut même pas le temps de finir a phrase, qu'on le foutait de force à l'intérieur Il n'eut même pas le temps d'ajouter quoi que se soit, qu'on le laissait simplement regarder la scène par la fenêtre, être spectateur de quelque chose qui le dépassait complètement, en somme, spectateur de la fin de sa putain de vie. C'était dingue, ça. Même bourré il arrivait pas à être crédible : Même bourré il arrivait pas à le détester.

Dés qu'il pu apercevoir le visage de Jude, Nick ne chercha même pas à comprendre. C'était la panique, leur temps était compté, mais il ne pouvait pas partir sans lui avoir parlé. Il ne pouvait pas partir, sans s'être rapidement expliqué avec lui, sans, au moins, lui avoir demandé de les rejoindre, lui avoir laissé le choix, peut-être, quand bien même il avait été pendant bien trop longtemps témoin de ce que pouvait infliger le souvenir de Drake Sheridan à Jude Sheridan. Alors sa présence. Sa présence suffisait à bien pire. Le brun ne s'arrêta pas, même en sentant les regards lourds des autres, même en entendant les hurlements de Nate, de l'autre côté. Et on les entendait bien. On les entendait trop bien : Il fallait partir au plus vite. Alors en arrivant à la hauteur de celui qui pour longtemps, lui était apparu comme un second frère, Nick ne réfléchit même pas, en particulier lorsqu'il croisa son regard détruit, sa figure complètement éteinte, cette figure ornée par une longue cicatrice, sur son œil droit. Il le prit dans ses bras.
Il y avait des choses qui passaient avant tout, quand bien même la vie se contentait de leur foutre un trop grand nombre d’obstacles, de semer leur destin d’embûches, de les faire continuellement souffrir. Jude en Sheridan faisait parti. En particulier parce qu'avec cet air là, cette figure là, cette expression là et ce regard là, Nick savait trop bien ce qu'il devait s'imaginer. Il haïssait Drake Sheridan. Il le haïssait, comme tout ceux qui jusqu'ici s'étaient contentés de leur pourrir l'existence. Il le haïssait pour ça, mais aussi et surtout parce qu'il savait que Jude n'arriverait jamais à s'en passer. Ce n'était pas une drogue, c'était bien pire. Et il était littéralement impuissant. Il pouvait qu'être spectateur de ce truc infernal à l'intérieur duquel Jude était embarqué depuis qu'il était gosse. Il pouvait qu'être spectateur, et faire en sorte qu'il en souffre pas. Parce que s'y opposer, il l'avait fait. Treize ans auparavant, ils avaient tous cru avoir éradiqué le monstre.
Ça n'avait fait qu'empirer son état.
- On doit partir, on peut plus rester ici. Se contenta-t-il d'articuler, en essayant d'avoir l'air calme, assuré, confiant, alors qu'au fond, il avait l'impression de trahir celui qui lui avait aussi sauvé la vie, treize ans plus tôt, et de tourner le dos au reste du groupe, à tout ceux qui très probablement, ne comprendrait même pas sa décision, le simple fait qu'il ait choisi d'aller lui parler. Les chasseurs sont à la recherche des Bass, ça a un rapport avec l'Europe, et ils vont surement jamais nous lâcher avant un bon bout de temps. Le brun esquissa un sourire qui se voulait amusé, en vérité, il était bien trop triste. On va prendre la direction de Houston. Je sais pas ce qui nous attend de ce côté, mais ça semble être le plus sûr, étant donné qu'Atlanta c'est trop risqué et... Enfin bref. Long temps de pause, durant lequel il lança un regard entendu aux autres. Il devait partir, ça, il l'avait bien compris. On se retrouvera, Sheridan. Ce n'était pas un adieu, il n'en avait pas la certitude, mais il savait, il en était certain : Ce n'était pas la dernière fois qu'il le verrait. Pas avant longtemps. Pas tant que ce groupe survivrait, et que l'espoir continuerait de subsister. Le retour de Drake Sheridan n'y changerait rien. T'auras toujours ta place ici.



RE: Farewell † [rpg] - Nelka - 01-07-2014

Je suis peut être un peu bourrée après tout??????????
#àlazeub

Léo traînait son air morne et silencieux avec une passivité qui n'avait jamais été sienne. Les événements lui tombaient dessus et il ne faisait que s'y soumettre. Les chasseurs, l'Europe, le départ. Houston, pittoresque. Il suivrait.
A quoi bon, de toute façon. Shang s'était impudemment tiré avec sa noiche de soeur et ses acolytes mafieux, lui reflétant dans la gueule l'ampleur de sa connerie et de leur connerie commune de baiser. Jude, lui, avait préféré se jeter dans les bras de son clone, son père biologique, son présumé mort de créateur. Et pouvait-il le blâmer? Il avait l'air d'avoir des souvenirs bien plus forts avec la version adulte de lui même qu'avec l'adolescent qui, après tout, n'était que son fils. Bien sûr qu'il pouvait le blâmer, et bien sûr qu'il le faisait. Avec chaque fibre de son corps.
Il avait eu tout le loisir de ramasser ses affaires au milieu de celles de Jude, laissées en plan dans le bâtiment des Bass, tentant de réfréner toutes les questions qui frappaient contre ses tempes comme des abeilles prises de frénésie. - Est ce que tout le monde l'avait toujours su? Pourquoi personne n'avait jugé bon de l'avertir de ce menu détail? Etait ce à cause dudit menu détail qu'il collectait des regards méfiants de la part de la populace? L'associait on, de près ou de loin, à cette putain de relation répugnante?
Est-ce qu'on avait déjà suspecté, entre lui et Jude, une relation de même envergure?
Son échine en était traversée de tremblements glacés. Oh, ce qu'il aurait voulu que Jude ne se soit pas levé, cette nuit là. Qu'il soit resté à ses côtés, avec ce couillon d'Ellidson, avec cette folle de Raphaël, avec Jill, avec Pandora, avec tous ceux avec qui il s'était habitué à le partager. Certainement, il aurait pu répondre à ses questions, lui. Certainement, il l'aurait assuré que s'il l'avait pris sous son aile, s'il l'avait protégé et élevé, s'il l'aimait, ce n'était pas parce qu'il lui rappelait un frère inceste, c'était parce qu'il était Léo, que lui était Jude, et qu'ils étaient du même sang, peu importe d'où ce sang pouvait lui venir.
C'aurait été les mots qu'il aurait aimé entendre. Et encore, il était certain qu'ils n'auraient pas été suffisants à combler des années de mensonge et l'abandon pur et simple qu'il venait de lui imposer.
Il avait suivi, le regard distant, la chasseuse se faire maîtriser par Will à moitié en transe. En désespoir de cause, il était installé près des gosses Weaver, qu'il n'arrivait même plus à trouver chiants, pas plus qu'il n'arrivait à trouver ridicules les babillements d'Ellidson sérieusement sonné. C'était dire si son état de zombification était avancé.
Et puis, Jude.
Jude avait daigné reparaître.
Léo, rangé derrière Maya et ses kids, n'avait pas bronché. A peine son regard s'était il fait un peu plus fixe, sa posture un peu plus crispée, tandis que ses yeux parcouraient le visage de son père. Dans un état qu'il ne lui avait jamais été donné de voir.
Et pourtant, rien qui puisse éveiller en lui une once de compassion ou une esquisse de pardon.
Il ne quitta pas son père du regard pendant que Nate se donnait en spectacle, ses émotions giclant dans tous les sens, pour se faire finalement pousser de force à l'intérieur d'un véhicule.
Pour Sheridan dernier du nom, rien de tel.
Mâchoire crispée, il rajusta la sangle de son sac sur son épaule. Ses yeux bleus brûlaient en silence, ancrés au visage du traître. Immobile pendant un moment.
Et puis, sans un mot supplémentaire, il passa la main à sa ceinture. D'un geste rapide, il en détacha le poignard qui y pendait. Le poignard de Jude. Il le garda en main une demi seconde, pour le laisser simplement choir au sol dans un bruit métallique sans doute couvert par la rumeur de la ruelle. Après quoi, finalement, il entra à la suite de Maël et Roxie dans le véhicule le plus proche, ses yeux quittant définitivement Jude, pour les garder résolument fixés devant lui, plus froids et acérés que le couteau qu'il laissait derrière lui sur la chaussée défoncée.


Lorsque Drake ouvrit les yeux, le bus était vide. A peine peuplé des doux échos de la voix de son frère et de leurs caresses de la veille.
Il n'en fallut pas plus au brun pour se remettre d'aplomb. Il avait dormi pendant treize ans sans discontinuité, le sommeil figurait parmi les derniers sur sa liste des choses dont il avait besoin. Ce qui aurait été bien con, ç'aurait été de laisser échapper son numéro un, soit Jude, à cause d'une grasse matinée un peu trop étirée.
Pourtant, il n'était pas autrement affolé. Il prit le temps de s'étirer avant de descendre du bus, son air nonchalant recouvré, comme s'il ne s'agissait que d'une énième matinée au doux pays du soleil et des pâquerettes. A vrai dire, Drake avait une manière de marcher au milieu des cadavres qui vous laissait penser que décidément, la rosée était parfumée ce matin.
Il n'y avait pas une infinité de possibilités quant à la direction que Jude avait prise.
Dans sa tête, le raisonnement était tout fait. Depuis bien longtemps déjà.
Fatalement, après leurs retrouvailles, Jude se serait retourné sur les treize ans qu'il avait passés loin de lui.
Fatalement, son petit coeur tendre se trouverait piqué de culpabilité. Et Drake le connaissait assez bien pour savoir que plutôt que piqué, c'était transpercé qu'il risquait de se trouver.
Fatalement, il retournerait vers eux. Le brun avait assez d'assurance pour être à peu près certain qu'ils ne représentaient pas de danger réel, du moins dans l'immédiat, et que son frère lui reviendrait.
Et pourtant, la suite du raisonnement était moins réjouissant.
Il ne comptait pas lui demander de tirer un trait sur ce que sa vie avait été pendant treize ans. Techniquement, il aurait pu. S'il s'était montré assez persuasif, peut être même que Jude l'aurait fait.
C'était ce que l'ancien Drake aurait fait.
Mais il se targuait d'être un homme nouveau, désormais. Un homme qui n'aurait pas demandé à son frère un choix impossible.
Si tout se passait bien, ce choix, il allait y parvenir tout seul.
Pour retrouver le groupe, Drake n'eut qu'à suivre les échos bordéliques. Décidément, avec un instinct de survie aussi aigu et une discrétion aussi monumentale, il se demandait bien comment, à l'heure actuelle, ils n'avaient pas déjà été déchirés par tous les zombies que leur boucan aurait attirés.
Il arriva juste à temps pour entendre le speech final de Nick la bique. Speech qui, contre toute attente, se révéla intéressant.
Restant en retrait, à l'abri d'un angle de mur, histoire de ne pas se faire immédiatement bombarder par les délicieux jets de bile des ex-adolescents en colère, il prit une seconde pour encaisser les mots de l'ex blondinet.
Dont le noyau crucial: Europe.
Ces mecs là, ils déconnaient pas. Ils avaient réussi à le ramener de la tombe à la vie, et il ne doutait pas qu'il maîtrisaient également le chemin inverse. S'ils étaient sur les talons de ces Bass, sans doute était-il judicieux de ne pas trop leur coller au derche, étant donné qu'il était également recherché par ces adorables individus.
En somme, la décision était vite faite.
- Vous partez déjà? Un besoin de changer d'air, peut être? Je vous accorde que Dallas, ça devient franchement out, lança-t-il d'un air dégagé, en s'avançant derrière Jude.
Ah, le feu des projecteurs sur soi. Les spots lumineux de dizaines de paires d'yeux haineux. Un délice.
- Je suppose qu'on ferait bien de s'éclipser, nous aussi, fit-il plus bas, s'approchant de Jude, ses doigts cherchant sa main, avant de reprendre plus haut: Vous pardonnerez qu'on ne se joigne pas au road trip, on a une Sheridan-mobile personnelle.
Il évita de poser directement les yeux sur son frère, ne sentant que trop bien le drame dont ses traits étaient le théâtre. Peut être était ce lié à la folle qui gesticulait derrière sa vitre de bagnole - Ellidson dont il ne voulait rien savoir.
- On ferait bien d'y aller, Jude, souffla-t-il, histoire d'éviter les embouteillages.


Till dévalait les escaliers du bâtiment des Bass quatre à quatre, depuis le toit. Les effets persistants de la weed aidant, il avait la sérieuse impression de tanguer dans un océan de marches irrégulières qui défilaient sous ses pieds sans qu'il les effleure.
Enfin, la vérité venait de le percuter. Marla et tous les Chasseurs avec elle étaient bel et bien de retour. Comment ils les avaient trouvés, il n'en avait foutre aucune idée. Marla avait prétendu que c'était lui qui les avait guidés aux Bass; foutaises, il serait au courant tout de même! alors si la pote hongroise vulgairement teinte en blonde comptait lui faire porter le chapeau pour une honteuse délation, il comptait pas se laisser faire.
Il déboula comme une furie sur les quelques véhicules près au départ (tiens ils bougeaient?).
- Il faut se cacher, il y a les chasseurs, il faut se cacher!!!!! s'exclama-t-il de la voix la plus intelligible possible, son accent rude de bon germain reprenant le dessus sous l'effet de la panique et de la confusion.
- On sait, et on part, fut la seule réponse qu'il obtint d'une rousse à frange, avant de se faire aspirer à l'intérieur d'une bagnole qui démarra presque immédiatement.
- Mais... Attendez, faut que je.... j'ai oublié les oeuvres complètes de Goethe à l'intérieur! geignit-il alors, encore plus désespéré que lorsqu'il évoquait les chasseurs.
Il entreprit d'essayer de descendre de la voiture en marche, le nez collé à la vitre dans une grimace absolument immonde, retenu par des mains agacées.
Tout à coup, les efforts de Till cessèrent lorsque, par la vitre, il croisa les yeux de Jude, resté sur la chaussée. A côté d'un autre grand bonhomme qui lui donnait bien quelques airs.
- Pourquoi on l'... commença-t-il, s'interrompant soudain, quand du coin de l'oeil crut déceler à l'angle d'un bâtiment un éclair blond. LA!!! LA REGARDEZ? MARLA C'EST MARLA!!!
- Ta gueule, le boche, souffla une voix excédée, juste avant que Till se fasse de nouveau tirer en arrière, éloignant son nez de la vitre et ses yeux de la silhouette de Marla, tapie derrière un building.

Marla se plaqua contre le mur au passage du convoi, tournant les yeux vers Lelia et Markus, à ses côtés.
- Ils ont Lexi, souffla-t-elle, les traits crispés. Et Till.
- Au moins, on sait dans quelle direction ils se dirigent, fit Markus avec un sourire, faisant cliqueter la mitraillette qu'il avait entre les mains.
Une fois la poussière retombée, la hongroise se détacha du bâtiment, pour jauger au loin les bagnoles qui s'éloignaient, repoussant sa tignasse blonde en arrière.
- Vas prévenir les autres, Kus. Un sourire étira ses lèvres. Ils vont bien vite comprendre qu'on ne fuit pas la main des Chasseurs.



RE: Farewell † [rpg] - Claaudie - 01-07-2014

Atlanta.
Ça faisait, à tout compter, deux jours entiers qu'ils roulaient ? Matthew s'y était fait. Depuis des mois, les voyages à droite et à gauche sur la carte des Etats-Unis se faisaient beaucoup plus fréquents. Fallait croire qu'en même temps, les choses avaient commencé à devenir plus sérieuses quand il avait trouvé Fennec. C'était plus maintenant qu'il fallait faire marche arrière, d'autant plus qu'il était pas près à abandonner, surtout après ce qu'on lui avait fait subir, en particulier parce qu'il leur devait bien quelque chose, à ces connards d'Européens. Depuis qu'ils leur avaient collé au cul l'autre abruti de Tommachintruc, on pouvait dire qu'une sorte de ressentiment hyper-puissant s'était formé au fond de sa gorge. Personne savait d'où sortait ce malade, mais on avait l'air de lui faire confiance, depuis l'épisode Bass. D'ailleurs Matthew avait bien capté l'autre fils de pote, qui s'était tranquillement permis de le fixer un peu trop longtemps, quand il s'était apprêté à se barrer (après avoir faillit se faire oublier par Fennec sur le bord de la route). Il était parti, ce sonar était loin, et ça le faisait chier, dans la mesure où en une semaine entière passée chez ces petits merdeux, il avait en quelque sorte réussi à apprécier les moments où on lui offrait le loisir de rouer sa gueule tatouée de coups. Il était peut-être terriblement chiant, terriblement énervant, et terriblement con, il avait, en quelque sorte, réussi à l'occuper. Et c'était un peu un exploit, vu l'état de sa lassitude actuelle.
Enfin, et malgré tout, on lui avait confié une mission. Des plus banales, vue toute l'étendue du bordel qui régnait en ville, mais une mission de la plus haute importance tout de même : Chopper James Greyson dans le trou à rat que leur avait indiqué Tom, en plein centre d'Atlanta, et faire en sorte de lui trouver un entretiens avec le grand Fennec. Pas du genre à abandonner aussi facilement, Matthew n'avait pas refusé. Et puis il avait pas trop eu le choix, non plus. Un coup d’œil du côté de ceux qui l'entouraient, suffisait à lui faire comprendre que refuser une opportunité pareille n'était probablement pas une très bonne idée. Il tenait à la vie, évidemment. Il tenait à la vie, et si se faire démonter par une foule en furie dans les ruelles de la ville n'était pas non plus l'un des grands objectifs de sa longue (très longue) existence, il préférait ne pas crever à cause de la mafia Mexicaine, en particulier sous la patte de ce Fennec. Alors Matthew s'activait. Matthew s'activait, et présentement, il pouvait constater le chaos qui régnait aux alentours, avec une très grande précision. Parce qu'on s'était arrêté devant le bar où était censé se trouver James Greyson, et que la mafia, cette magnifique organisation qu'il rêvait d’émietter avec passion et tendresse depuis qu'elle avait manqué de le buter un bon nombre de fois, s'était gentiment proposée de lui offrir le sale boulot, celui d'aller lui-même (accompagné de son très bon ami : L'attardé mental (Tom)), chercher James Greyson. Après tout, on était jamais assez prudent. Leur arrivée à Atlanta avait été ponctuée d'émeutes, de combats de rue, de fusillades et d'autres joyeusetés. Il semblait, par ailleurs, que de vieux gangs s'étaient apriori emparés de la ville, et qu'ils ne prévoyaient pas de la lâcher de si tôt. Alors l'arrivée en masse de la mafia Mexicaine sur le secteur avait plus ou moins suffit à mettre au clair, les intentions de la prochaine petite dictature qui s'installerait très bientôt à l'intérieur du territoire. En gros, un dicton qui se résumait dans son entier d'un simple : Soit vous collaborez, soit on vous bute.
Mais bon, comme les connards d'Atlanta n'avaient pas l'air très perspicaces, la plupart d'entre eux venaient le faire chier en le regardant soit un peu trop longtemps, soit d'un peu trop près, soit juste un peu trop mal. Et ça, ça avait le don de le foutre sur les nerfs. D'autant plus qu'on l'avait envoyé en direction de ce foutu bar, avec pour seule et unique arme : Un flingue. Un flingue et quelques munitions. Tom ? Matthew ne voulait même pas savoir ce que ce psychopathe portait sur lui, couteaux ou pas couteaux, dynamites ou pas dynamites : Il était fou, on pouvait pas lui faire confiance.
- Qu'est-ce que tu regardes toi ? Lança-t-il, assez violemment, à l'enfourné qui, adossé contre le mur à côté de la porte du bar, se contentait, dans un croisement de bras, de les jauger de haut en bas. Il était petit, gros, absolument pas baraqué, et tatoué de la tête au pied. En somme, il était pas plus utile que la plupart des déchets humains qui zonaient sur la grande place, et il semblait pas prêt de s'arrêter de les fixer. D'ailleurs, Matthew eut même pas le droit à une réponse, simplement à un regard un peu plus insistant, et à une analyse un peu plus précise de son accoutrement. Il voulait quoi, le fils de pote ?
- Matthew, mon beau Matthew, Fit l'autre fleur en chaleur, avec un sourire bien trop long, bien trop accentué, à vrai dire, bien trop chiant, pour que le tatoué ne puisse réprimer une envie de dégueuler assez puissante. Sois discret, on est observé, et tu sais aussi bien que moi qu'ils laisseront personne entrer ni sortir sans conséquences.
- Rien à foutre. Ta famille : Tes problèmes. Cracha le tatoué, en évitant d'épiloguer, parce que partir dans un débat avec cet imbécile suffirait seulement à faire tuer leur seul indice contre l'Europe. Pas très concluant, donc. En particulier si Tom mentait pas en affirmant qu'ils étaient observés, et que la dite famille se trouvait pas loin. Matthew comprenait rien à ce trip de famille, et à vrai dire, il cherchait pas à comprendre, mais encore une fois : Il tenait à sa vie. Pas besoin d'attirer l'attention des tarés dans sa direction.
- Tu servirais mieux si tu évitais de parler, en réalité.
- Pardon ? Tu peux répéter où j'ai mal compris le messag... Mais Matthew s'arrêta, parce qu'handicapé-mental entreprit d'ouvrir la porte, et de se jeter dans la cage aux lions, en étant putain d'inconscient et complètement con, au passage. Sans parler du bruit qui ressortait de l'intérieur du vieux pub, fallait aussi compter les énormes racailles qui traînaient dedans (le genre chelou), et en posant un pied dans le bar, Matthew manqua réellement de se tirer une balle dans la tempe. Ça semblait être une bonne initiative, dans la mesure où il finirait forcément par crever, maintenant qu'on lui collait l'autre pédophile en tant que compagnon de route. Enfin. Il souffla longuement, essaya tant bien que mal de garder ses nerfs en place, manqua, à trois reprises, d'éclater le crâne de ceux qui lui fonçaient dedans, mais se contint du mieux qu'il le pouvait. Ce fut seulement quand Tom s'arrêta en face du bar, qu'il posa en face de lui et de manière tout à fait calme et raisonnée, l'éventualité de lui déchirer le crâne à l'aide de ses mains.
- T'es venu ici pour te payer un verre ou pour trouver Greyson ? Lâcha-t-il, en poussant la gueulante un peu loin, puisqu'en moins de deux, plusieurs regards divergèrent dans leur direction.
- Chaque chose en son temps. Soupira Tom, sur un air faussement ennuyé (amusé, surtout), un air que Matthew aurait bien aimé lui faire bouffer avec le reste des conneries qu'il semblait leur cracher jours après jours. Il n'en eut cependant pas l'occasion, puisqu'un homme de quinze mètres de haut et dix de large, entreprit de se poser devant eux. Une cicatrice barrait la moitié de son visage, il lui manquait un œil mais un bandeau noir dissimulait sans mal ce très léger détail, et il avait le crâne entièrement rasé. Oh tiens aussi ! Quelques couteaux gambadaient ça et là à hauteur de sa ceinture. Charmant. Tom rapprocha son visage du sien, grommela des merdes qui incluaient : "Sang", "Sateh" (ou un mot équivalent dans tout les cas ce fut ce qu'il comprit), "Victoire" et "Mort". Le regard de Matthew divagua de l'un à l'autre. Il hésita plusieurs secondes, voyant alors, trois options se poser très concrètement sous ses yeux :
1) Il entreprenait de dégager de ce trou à rat bidon en envoyant chier et Drake, et Fennec, et toute la mafia de Matamaros,tout en prenant le risque de se faire émasculer avec tendresse au passage.
2) Il revenait sur ses pas en abandonnant Tom au milieu de sa "gentille petite famille" et retournait auprès de Fennec en lui avouant qu'il avait pas trouvé James, et que Tom était en train de taper l'amitié à un building humain, mais dans le cas présent, on finirait par douter de sa parole, on irait dans le bar, on constaterait, sûrement, qu'il avait tord, et on finirait aussi par lui arracher ses coquilles, au pire, par lui les faire bouffer pour le mensonge.
3) Il attendait avec patience et sérénité, en croyant en la parole d'un mec de vingt piges qui en faisait huit et qui lui apparaissait plus comme un pédophile en chaleur que quoi que se soit d'autre de concluant.
Matthew allait partir. Vraiment. Il allait partir. Mais Tom entreprit de faire quelque chose d'étrange, soit d'attraper un couteau, et de se tailler la main, en dessous du tatouage qui se trouvait dans le creux de sa paume. Ce fut sûrement à ce moment précis que sa lassitude fut poussée à un stade tellement profond, et tellement lointain, qu'elle réussit à piquer sa curiosité, et qu'il ne trouva plus la force de quitter ce foutu bar. Ou tout simplement qu'il avait rapidement pesé le pour et le contre, et qu'il s'était rendu compte qu'Europe ou pas Europe : Il tenait à ses coquilles. Dans tout les cas, Tom venait littéralement de se trancher le poignet, il pissait plus ou moins le sang, mais personne dans le bar n'y prêta grande attention, et le barman, après cela, lui fit un signe de la tête très bref, vers l'un des coins de la pièce, un coin à l'écart, plongé dans l'ombre.
- Il est là. Se contenta de grommeler le minotaure sur pattes, avant de disparaître dans une pièce à l'arrière. Tom attrapa un morceau de tissus qu'il déchira sur l'une des serviettes disposées très brièvement sur le comptoir, pour le presser sur sa blessure. Et Matthew, juste à côté, se demanda profondément si il n'était pas tombé en plein cauchemars, ou tout simplement, si cette religion ne consistait pas simplement à faire chier la Terre entière. Parce que quoi d'autre que ce dernier prétexte pouvait expliquer ce qu'il venait de se passer ? Pourquoi Tom avait perdu son temps à se trancher la main (loin qu'il ne s'en soucie réellement mais c'était stupide et il devait se l'admettre), alors qu'il aurait tout simplement était BEAUCOUP PLUS intelligent de fouiller le bar de fond en comble pour trouver Greyson, assit tranquillement devant une table, à siroter un putain de jus de fruit de merde ?
- Si on s'était contenté de partir à la rechercher de la cible, on aurait attiré le soupçons. Et je doute qu'attirer les soupçons de l'Europe entière soit vraiment ce que tu recherches, Matthew Dobson. Répondit Tom, en lisant tranquillement et sans impunité ses pensées. Il était pas si con que ça, finalement, mais il lui donnait juste envie de vomir, alors ça n'était pas très important. Allez, fais pas cette tête là. Je vois très bien ce que tu penses. Pas facile de cacher tes émotions avec une expression pareille.
- Ta gueule ? Je vois pas de quoi tu parles ? Rétorqua le tatoué, en le suivant de près, alors qu'ils avançaient vers la table qu'on leur avait indiqué. Et plus ils avançaient, plus les choses devenaient claires. Plus ils avançaient, plus une silhouette venait se dessiner autour de cette table. Plus ils avançaient, et plus un James Greyson en chair et en os, s'imposait à eux... Ou tout simplement une pâle copie de celui qui l'avait été dans le passé, puisque le James Greyson qui leur faisait maintenant face, n'avait rien de ce qu'il avait pu être autrefois.

Quand deux silhouettes, aussi inintéressantes soient-elles, se présentèrent à lui, James ne pris pas la peine de lever la tête dans leur direction, se contentant de rester lourdement adossé à son siège, le visage penché en direction du verre qui lui faisait face. A quoi bon chercher à comprendre lequel de ces malades mentaux avaient pris la décision de s'adresser à lui. Dans cette ville, personne ne semblait être un minimum sain d'esprit. Ou peut-être était-ce propre à cette auberge, de toute évidence, on ne l'avait pas envoyé ici par hasard, et sûrement que quelque chose qui, de près ou de loin, avait un rapport avec cette foutue Europe, avait fait en sorte de grandement participer au piège à l'intérieur duquel il se trouvait. Il n'était plus d'humeur à se battre. Ça faisait longtemps, déjà, qu'il avait abandonné ce combat. La recherche du pouvoir, de la vengeance, la recherche d'autre chose qu'une vie misérable dans les quartiers les plus ridicules du pays. Il l'avait connu, cette existence, et il s'en était lassé. A quoi bon, de tout façon, se battre contre quelque chose perdu d'avance ? Il avait perdu Petra. C'était terminé.
- James Greyson, j'me trompe pas ? Fit la voix grave d'un abruti quelconque, alors que James se contentait de sourire, sans réellement y faire attention. Qu'est-ce qu'il se foutait, de la plupart d'entre eux. Il se foutait de savoir ce qu'il en était de cette Europe, cette masse qui lui était littéralement passée à la trappe, ce truc bien plus gros qu'on n'aurait pu le croire, et qu'il n'avait même pas remarqué. C'était sa défaite, mais des défaites, il en avait par millier, ce n'était même pas important. Petra était importante, ça, il l'avait oublié. Petra l'avait toujours été, et pourtant, elle avait fuit et probablement pour de bon. Alors qu'il parle. Qu'il lui propose le plus beau marché du monde. Il n'était plus James Greyson. Il n'avait plus rien à voir avec James Greyson. James Greyson n'était rien d'autre qu'une erreur, une utopie, quelque chose de complètement malsain, et quelque chose qui avait bientôt fini par se faire détruire. Il n'était pas ça. Hé, ho, j'te parle ! Alla surenchérir l'autre imbécile, avant de lourdement s'asseoir à côté de lui. James remarqua rapidement les traits de son visage, une cicatrice barrait son œil, et il portait une multitude de tatouages, des tatouages bien différents de ceux qu'il rencontrait depuis des semaines, pourtant.
- Je t'ais connu plus poli, James. Laissa échapper une autre voix, juste à la droite de son interlocuteur, une voix qu'il connaissait parfaitement bien, et pourtant, une voix qu'il aurait préféré garder tapis au fond de sa mémoire. Ne vas pas croire que je t'ai vendu à qui que se soit, j'ai simplement des amis qui aimeraient s'entretenir avec toi. James releva la tête dans leur direction, son regard balança de l'un, à l'autre, mais il s'arrêta tout particulièrement sur Matthew, en affichant le même sourire ironique qu'il avait porté depuis son arrivée. Il le connaissait. De près ou de loin, son visage lui disait quelque chose. Des traits qu'il avait cru rencontrer, dans le passé. Quelques mois plus tôt néanmoins, et trop vaguement pour que ça ait quelque chose d'important, seulement James savait à quel point les détails pouvaient être primordiaux, dans ce genre de situation. Il n'avait pas fait tout ce chemin pour se faire vulgairement tromper par l'apparence banal de l'un de ses interlocuteurs. Ce mec sortait pas de nulle part. Il l'avait déjà vu.
- Et qu'est-ce que vous voulez ? S'entendit-il dire, la voix plus rauque et fatiguée qu'il ne l'aurait voulu, visiblement. Il savait que leur présence ici n'avait absolument rien d'un hasard. Après tout, la mafia ne se serait jamais déplacée aussi loin si l'attrait du pouvoir n'avait pas joué derrière, et enfin, ils se trouvaient à Atlanta. Dire que la ville n'avait rien de symbolique aurait été se mentir à lui-même. C'était lui, qui avait instauré la capitale, redonné une image à ce pays, et fait en sorte que chaque individus qui traversaient ses frontières, ne puissent qu'être témoin de sa puissance. Il avait reconstruit cette ville sur de nouvelles valeurs, légitimes ou pas, il en avait fait un véritable symbole. Si aujourd'hui, plus rien ne le poussait à aller se racheter auprès de ses bons concitoyens (ceux qui détruisaient son oeuvre à l'heure actuelle), il n'était pas naïf au point de croire que la mafia n'avait pas trouvé son statut intéressant. Peut-être n'était-ce qu'une affaire de minutes, finalement, avant qu'on ne l'élimine vraiment. C'était ce qu'il se serait contenté de croire, si il avait été stupide. Seulement une pièce manquait au puzzle : La présence de l'européen, juste à côté. Et il était évidant que la mafia de Matamaros ne se serait jamais alliée à une organisation pareille, alors mieux valait être attentif.
- On a quelque chose à te proposer. Commença le tatoué, sur un ton bien maladroit, et bien trop assuré. En somme : Il avait rien d'un chef. Et de toute façon, James avait déjà rencontré le chef. Charmante rencontre, d'ailleurs. Si il y avait bien une personne à qui il devait son état présent, c'était lui. Enfin sa jambe s'était plus ou moins soignée d'elle-même (peu importe ce que l'autre européen avait fait), et était très loin d'être sa première préoccupation. Et tu sais aussi bien que moi que le choix t'es pas vraiment donné, en vue des circonstances... Tout Matamaros garé devant le bar, ce genre de truc. Ah, il faisait de l'ironie ? James l'aurait presque applaudi, si il en avait eu la force. Tu vois, on a quelque problème avec l'Europe. Rien de bien grave, dans la mesure où on prévoit déjà de les buter, mais...
- Tu viens pleurer mon aide ? C'est adorable vraiment.
- Ok alors qu'on soit bien clairs : Soit tu fermes ta putain de grande gueule soit je fais en sorte de te la faire boucler rapidement, dans tout les cas : Tu me laisses parler. Compris ? James éclata de rire et visiblement, cela n'arrangea en rien l'état de son nouvel allié. Tu vas nous aider à détruire cette merde, en échange, tu retrouveras toute ta gloire d'antan, et le bordel qui allait avec.
- J'ai une tête à aller me battre contre un continent entier sous-prétexte que vous me l'avez demandé ? Et puis t'es qui, au juste ?
- Matthew Dobson. Nouveau fou rire de James. Et putain de merde... Tu sais, on m'avait parlé de toi, mais si j'avais su que ta gueule aurait plus l'état d'un déchet humain, je me serai pas fait chié à venir ici.
- Mais ne t'en fais pas pour moi, Matthew Dobson. Je vais parfaitement bien. Répondit James, sur un ton sarcastique, royal foutage de gueule. Mais l'intention est très touchante. Vraiment.
.- Ok t'as gagné je vais t'éclater ta... La main de Matthew manqua d'attérir sur le visage de l'ancien dictateur. Fort heureusement, Tom attrapa son poignet à temps, en poussant un long soupire ennuyé.
- Du calme les enfants, du calme. Grommela-t-il, avant d'aviser Matthew. Il serait peut-être temps que tu l'introduise (ou le ré-introduise) à notre ami Fennec. Allez. Commenta Tom, en croisant les bras, haussement d'épaules et sourire en coin plaqué sur les lèvres. Il n'était pas stupide, il savait parfaitement ce que Fennec avait fait endurer à Greyson, et il savait aussi que sa présence aurait sûrement plus d'impact sur l'ex-dictateur que celle de Dobson.
- Ouais, c'est ça, toi ta gueule. Lui répondit Matthew, avant de se redresser. Certes, il était pas un chien, mais il devait bien se l'avouer : James Greyson lui pétait les coquilles. Il voulait pas avoir à le buter, lui-aussi. Réfléchis bien pendant que j'vais Le chercher, Assura Matthew, tout sourire, à l'intention de leur cible commune. Parce qu'il me semble que cette histoire implique aussi ta petite copine là : Petra, et crois-moi, t'as même pas envie de savoir pourquoi.
James se figea à l'entente de se prénom, fronça les sourcils, s'enfonça dans son siège en évitant de porter son regard sur l'autre européen. Petra ? Petra n'avait rien à faire dans cette histoire. Petra était parti, il l'avait laissé partir parce qu'il savait pertinemment qu'elle ne serait jamais en sécurité à ses côtés. Elle était parti, pourquoi est-ce qu'il évoquait son nom ?
- Qu'est-ce que tu veux dire ? S'empressa-t-il de demander, sans trouver de réponses : Matthew se barrait déjà. RÉPONDS !
- Doucement, James. Tu vas abîmer ta jambe. Commenta Tom, dans un sourire, toujours assit en face de lui, spectateur de la figure complètement détruite du grand James Greyson. Il s'arrêta d'ailleurs sur ce détail, seulement quelques instants.
Si l'évocation d'un unique prénom pouvait faire autant de ravage, qu'en était-il de tout le reste ?

Mêmes regards, mêmes figures insupportables, mêmes rituels chiants et toujours cette même envie d'aller tabasser le moindre abruti qui se foutait sur son chemin : En somme, Matthew était vraiment, vraiment en colère. Tout ces connards commençaient sérieusement à lui détruire les coquilles, avec leurs petites exigences à deux balles. Il n'était pas reconnu, pas encore tout du moins, certes, mais il avait fait un long chemin, avant d'en arriver là. Il avait passé un bon nombre d'obstacle, mais il s'était battu, contrairement à beaucoup d'autres. Alors qu'on vienne pas le faire chier à cause de son nom. Il brillait plus que la plupart d'entre eux.
- Allez chercher Fennec, c'est bon, on l'a trouvé. Fit-il, à deux mecs qui se trouvaient devant le bar -précaution, très sûrement-. Et dépêchez-vous, parce que cet endroit à pas l'air hyper clean.
C'était le cas de le dire. Il était pas James Greyson, mais il était intelligent, lui. Il savait voir quand les emmerdes débarquaient, et là, ça puait l'Europe à 200%.



RE: Farewell † [rpg] - Agou - 01-07-2014

Raphaël cligna longuement des yeux alors qu'il prenait un virage, une main posée sur le volant et l'autre passant dans ses cheveux bruns. Ça faisait bien une bonne journée qu'ils étaient sur la route, traçant directement de Dallas à Houston, pour échapper aux chasseurs. Et non seulement les voitures commençaient à être en rade d'essence, mais en plus il fatiguait dangereusement, certainement comme tout le monde. Certains s'étaient relayés pour conduire, dans les autres voitures, mais il n'avait pas voulu alterner avec Ally ; quand bien même ça ne semblait pas lui plaire, il avait besoin de se vider la tête, de se débarrasser de toutes émotions possibles et surtout, de s'occuper. Rien à voir avec sa sœur. Garder l'esprit focalisé sur la route lui permettait de ne pas penser à tout ce qu'il avait pu se passer durant la matinée, la veille, ou encore avant ; ne pas penser au visage de Jude, à l'expression de Drake, au son de leurs voix, à la vision de leurs doigts entremêlés, ne pas penser à Nate et son état pitoyable, qui lui donnait envie d'hurler, ne pas penser au groupe qui leur collait au cul histoire de leur percer le crâne d'une simple balle et ramener les Bass à la casa, et surtout ne pas penser au fait qu'ils prenaient encore une fois la fuite, et qu'il ne savait pas jusqu'à quand ça durerait, toutes ces conneries.
Il était juste las.
On lui avait arraché sa vie un milliard de fois déjà, on les avait tous suffisamment fait souffrir, quand est-ce qu'ils pourraient arrêter de reculer devant le danger ? Gamin, il avait toujours cru que ce serait ce mode de vie, qui lui plairait, parce que perdre toutes ses attaches ne l'effrayait pas ; il n'avait qu'Ally de toute façon. Mais maintenant, il était fatigué de devoir se battre, et voir des gens crever pour des raisons toutes aussi absurdes les unes que les autres, fatigué de se rendre compte que toutes les personnes qu'il aimait étaient constamment en danger, que leur situation était précaire, que leurs vies elles-mêmes étaient instables. Aujourd'hui, ils devaient se cacher. Ce matin, ils devaient partir. Et ce serait quoi, leur futur ?
Le brun poussa un long soupir et jeta un regard dans le rétroviseur pour voir les voitures qui suivaient, derrière, à égale distance. Tout semblait plutôt silencieux, dans le coin, et ce n'était pas forcément une bonne nouvelle, mais dans tous les cas ils allaient devoir s'arrêter bientôt, avant de tomber en panne sèche et de se faire cueillir comme des bleus. Il tourna brièvement la tête vers Ally, sur le siège passager, qui regardait droit devant elle, silencieusement.
- Ally, tu peux regarder si y a pas un truc abandonné dans le coin ? Va falloir qu'on s'arrête bientôt et on a besoin d'un endroit calme, demanda-t-il, la voix rauque de ne pas avoir parlé pendant plusieurs heures. Pas trop voyant, histoire que les chasseurs...
- Là. A gauche.
Le coupa-t-elle en se redressant, désignant du doigt une forme qui se découpait à contre-jour. Ça ressemble à un concessionnaire, juste devant l'autre bâtiment. Les voitures devraient passer inaperçues, au milieu, parce que je sais pas si t'as remarqué que les rues sont carrément vides. On a qu'à se garer là, et rentrer dans l'immeuble derrière, avec un peu de chances, ils capteront rien. Elle haussa les épaules et le regarda un instant, alors qu'il lançait un appel de phare pour prévenir les autres, juste avant de s'engager dans l'allée envahie par les herbes. Les véhicules entreposés étaient inutilisables, certains seulement réduits à l'état de carcasse, mais dans la nuit ça passerait largement.
Le bruit du moteur mourut dans l'obscurité et les Weaver échangèrent un bref regard, alors qu'ils s'équipaient et chargeaient leurs armes.
- Allez, on descends. La brune sortit la première, et ouvrit la portière du côté de Caden,qui s'était réveillé, et à qui elle donna la main, avant d'aviser Haillie avec un sourire. On y est, chérie. Ça va ? Elle se doutait bien qu'elle allait lui répondre oui, alors que la situation n'était pas propice à ce genre de réponses, tout comme elle se doutait bien que ça devait être difficile pour elle, mais elle était tellement perdue qu'elle ne savait même plus comment les épargner. Les choses allaient beaucoup trop vite, et même si Haillie était une adolescente, même si elle avait grandi et qu'elle était mature, c'était éprouvant et particulièrement difficile à supporter, tout ça. Et Ally sentait bien que la culpabilité qui la rongeait depuis un moment n'allait pas s'en aller de suite. Elle s'en voulait affreusement de n'avoir que cette vie là à leur offrir, tous ces problèmes, toutes ces complications, cette foutue peur de perdre quelqu'un à tout moment, mais elle espérait que tout finirait par s'arranger. Quand tout ça serait fini, quand ils auraient enfin un peu de répit, ils pourraient enfin se poser quelque part et repartir de zéro, tous ensemble. Ale, Haillie, Caden et elle. Jill ? La jeune femme se pencha pour observer la blonde, qui n'était pas encore sortie de la voiture. Un instant, elle faillit lui poser une question qui n'avait rien d'agressif, mais elle se retint et ferma simplement la portière. Elle sortirait si elle voulait sortir, elle n'était pas d'humeur à se battre. (mais c'est pour bientôt, n'est-ce pas nou ? :*)
- Les autres sont en train de se garer ; prends les sacs et je vais aller voir si l'endroit n'est pas déjà occupé par des bouffeurs, fit Raphaël dans sa direction, avant de s'éloigner vers le bâtiment désaffecté. La brune acquiesça et ouvrit le coffre pour attraper un des sacs les moins lourds lourd, et le tendre à Haillie, puis deux qu'elle se chargea de porter elle-même. Le dernier fut pour Jill, dont elle ouvrit la portière afin de le déposer sur ses genoux, sans prendre la peine de lui adresser la parole, pour finalement se redresser et aviser le groupe qui commençait à s'activer. Le temps que chacun prenne ses affaires rapidement, puis se décide à suivre l'aîné Weaver, le soleil avait perdu ses derniers rayons, et le ciel commençait à virer au sombre.
Ce fut rapide, comme énoncé. Le topo : deux zombies fraîchement tués, un ancien petit campement, et un endroit totalement désert, découpé en plusieurs salles vides. Dans tous les cas, plus grand chose d'utilisable, mais ça leur servirait de repère en attendant mieux.
Raphaël prit le temps d'observer longuement l'intérieur, comme si quelque chose pouvait sortir de l'ombre à n'importe quel moment pour leur sauter à la gorge ; ce qui, en soit, était parfaitement possible. Assez délabré, sombre, un peu glauque, et avec beaucoup d'écho, on se serait cru dans un mauvais film d'horreur. De grandes fenêtres envahies par la végétation bordaient les murs, et le sol se réduisait à une dalle de béton, mais quelques meubles presque en bon état traînaient encore. Avant l'apocalypse, ça avait du être magnifique ; maintenant, c'était totalement abandonné. Ils allaient devoir déblayer quelques trucs pour pouvoir bien s'installer, mais ça ne s'engageait finalement pas si mal que ça, même si ça semblait franchement... flippant. Ou du moins pour Bronwyn, qui ne se sentait pas vraiment à l'aise, ici.
- Et bah putain... La voix d'Ally fut reprise par un écho vaguement inquiétant, alors qu'elle croisait les bras sur sa poitrine. Ils avaient vécu pire que de l'écho, largement pire, et ce n'était pas ça qui allait commençait à les faire flipper maintenant. A la rigueur, c'était chiant. Bon, on va dire que c'est pas trop mal, qui me file un coup de main pour organiser un peu tout ça ?
Ça les occuperait un peu, histoire d'oublier l'état des uns, l'absence des autres, la recherche de certains ou les relations brisées qui commençaient sérieusement à hanter le groupe. Maintenant, l'important était de ne pas se faire pincer par ces foutus chasseurs. Le reste pourrait attendre dix minutes.



RE: Farewell † [rpg] - Claaudie - 02-07-2014

Ale fixait la route, totalement impassible. Il avait pris un véhicule à côté, avec Nate, et avait fait en sorte de tenir debout tout le long du trajet, en se contentant au moins de pas fermer l’œil. Le brun n'avait pas oublié la réaction de Nate, lorsqu'il avait vu Jude, et avait surtout fait en sorte de ne pas évoquer ces conneries tout au long du trajet. En somme, ils s'étaient pas adressés la parole, et les quelques coups d’œil dans le rétroviseur qu'il se permettait de temps à autre suffisait à lui faire croire que Nate n'était toujours pas en état de parler. Lui non plus ne dormait pas. Il avait passé tout le trajet dans la contemplation de la vitre, et à chaque fois qu'Ale essayait d'aborder la conversation, il faisait en sorte d'éviter le face à face. Maintenant qu'ils étaient arrivés dans un bâtiment désaffecté, complètement envahi par la végétation, et après avoir traversé Houston qui, de toute évidence, semblait encore composé ça et là de quelques morts vivants, Ale trouverait surement un moment pour aller lui parler.
- Je m'en occupe, Assura Ale, à l'intention d'Ally, pour passer une main autour de sa taille et l'embrasser, sans trop de raison apparente, mais il avait plus besoin de raison : juste envie.
- Si vous me cherchez, j'serai dans le coin là-bas. Grommela Nate, en se mettant à tituber vers un mur, dans le fond du bâtiment, bouteille à la main.
- Il va finir par s'y faire, tu crois ? Lâcha Nick, à l'intention de son frère, sac sur les épaules, bref regard à l'intention de Nate.
- Sans Pandora, tu réussirais, toi ? Rétorqua Ale, en avisant le brun, plus froidement qu'il ne l'aurait fallut. Peut-être qu'il lui en voulait un peu, au final. Haussement d'épaules. T'as ta réponse.
- CADEN ! S'écria Haillie, en voyant le petit partir en furie devant elle, pour qu'il n'aille littéralement s'enfoncer dans les bras de Connor. Raaah, mais reviens... !
- Hé, on t'as pas dit d'arrêter de courir partout à toi ? Lâcha Connor, en sortant lui-aussi du véhicule pour rejoindre les autres, armes en main, sac sur les épaules, sourire aux lèvres malgré la situation (toujours garder le sourire : Ils s'en étaient sortis jusqu'ici, pourquoi ça devrait aller plus mal ?).
- Naaaaan !!! Répondit le petit brun en plongeant la tête dans son cou et sourire à K, juste derrière. Et puis Haillie elle m'a dit qu'il fallait pas que je m'éloigne de toi et maman, alors...
- Et papa, tu crois pas qu'il a envie de te voir aussi ? Rétorqua Connor, en s'arrêtant à hauteur d'Ally, tout en tenant toujours le gamin dans ses bras, légèrement mal à l'aise dans la mesure où il n'imaginait pas non plus ce que pouvait ressentir Ale vis à vis de toute cette histoire.
- Mais c'est toi mon papa ! Soupira le gamin, la moue boudeuse.
- Je... J'étais dans sa tête... La voix de Will fit écho dans leur petit refuge, tenu aux épaules par Côme, qui soutenait lui-aussi un sac sur son dos.
- C'est ça, c'est ça, ta gueule et va dormir un coup histoire que le choc passe... Il esquissa un sourire, s'arrêta pour attraper l'autre par le bras, la fille qu'ils avaient arrêté. Une chasseuse apparemment. Vu qu'elle s'était trouvée dans la même voiture que lui (fallait croire qu'on le foutait avec les prisonniers ? Enfin y'avait Petra, donc ça changeait tout. Et on lui laissait le volant, tout de même), il avait fait en sorte de la rapporter ici.
- Qu'est-ce que vous attendez de moi, de toute façon ? Soupira cette dernière, en s'approchant d'un pas lourd, pour jauger les deux Bass. Vous savez bien que je vous aiderai pas.