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RE: Farewell † [rpg] - Claaudie - 24-06-2014 Matthew lâcha violemment Tom après lui avoir flanqué un coup de pied dans les côtes par plaisir, lorsqu'il capta le moteur de la voiture de Fennec qui démarrait. C'était bien, au moins, quand il se passait quelque chose, on l'attendait. Matthew appréciait vraiment ce genre d'attention. Il en était très satisfait. Tellement, qu'il vint frapper une énième et dernière fois Tom (histoire qu'il comprenne la vie), pour finalement lui attraper le bras faire signe à trois gars au loin de se ramener avant de partir et de s'occuper de l'attardé mental qui lui lança un "Ne m'abandonne pas mon amour !" un peu trop sentimental pour que Matthew ne puisse s'empêcher de lui foutre un tout dernier coup de pied dans les coquilles ponctué d'un tendre "Ferme ta gueule". Ensuite il entreprit de marcher (ou courir en fait mais bon c'était chiant de s'avouer à sa propre personne qu'il adoptait un comportement de caniche depuis leur arrivée à Dallas), vers le véhicule de Fennec qui (oh putain mais il allait vraiment se barrer) commençait à rouler. D'ouvrir la portière et d'entrer à l'intérieur, en marmonnant deux ou trois trucs pas audibles, pour aviser ses compagnons de route, soit les mêmes personnes qui continuellement, accompagnait le chef. Le chef qui avait l'air en colère, d'ailleurs, et ça ça lui disait rien de bon, parce que même si Matthew se trouvait en possession d'un caractère de merde, il tenait à sa vie. - J'me suis occupée de l'autre problème. Se contenta-t-il de dire, en essayant d'avoir l'air assuré. Et il était assuré, putain, quand même. Il tenait à sa place dans ce foutu groupe (et à ce que Drake lui avait promis en échange de son aide). Rien à foutre si il avait pas autant de prestige qu'eux, au moins, il était assit à côté du chef de la mafia de Matamaros (des Etats-Unis en fait), donc en somme, il se défendait bien. RE: Farewell † [rpg] - Nelka - 25-06-2014 ![]() MARLA WALKS IN BITCHES Voilà, Tom était parti. Il avait même pas dit au revoir. Les doigts de Till étaient noirs à force d'effriter. Il alluma un énième joint, machinalement, presque avec lassitude, assis en tailleur sur le toit froid, les yeux rivés sur le ciel étoilé qui le couvrait comme une chape de plomb. Tom était parti. Ils n'auraient peut être pas l'occasion de se recroiser avant bien longtemps, il en était encore bien conscient, malgré ses sens émoussés par les nuages iridescents qui envahissaient peu à peu sa boîte crânienne. Mais il ne voulait pas pleurer sur son pauvre sort d'Allemand abandonné au milieu des capitalistes. Savoir que Tom, quelque part sur cette Terre, était encore Tom, devrait lui suffire en terme de réconfort. Devrait lui suffire pour attendre leur prochaine rencontre. Il souffla un nuage de fumée, qu'il regarda monter en volutes à l'assaut des étoiles. Le vent froid venait ébouriffer ses cheveux blonds. Monter sur le toit avait été la meilleure décision de son insignifiante existence, juste après quitter l'Europe. Complètement seul. Comme ça, personne n'aurait l'occasion de voir l'était misérable dans lequel se foutait le dealer indigne qui touchait sa marchandise. Ni ses yeux rouges complètement éclatés, rendus inexplicablement brillants, de manière ni digne ni virile. Pourtant, un bruit se fraya un passage à travers l'ouïe émoussée du jeune blond. Un souffle, comme si quelqu'un venait de se hisser sur le bord du toit. Till tourna la tête, plissant les yeux, cherchant l'origine de la perturbation, tâchant tant bien que mal de masquer ses yeux dignes d'un zombie. Il était pour le moins contrarié qu'on ne lui laisse pas ses quelques instants de méditation, et encore plus contrarié d'être surpris dans un était tel qu'il n'était pas capable de distinguer une vessie d'une lanterne. Ni de distinguer l'identité de l'intrus. Tout ce qu'il voyait, c'était une flamme jaune, qui s'avançait vers lui d'une démarche chaloupée. Une vision bien confuse, qui se fondait dans l'air de la nuit. La flamme grandissait, emplissant de plus en plus le champs de vision de l'Allemand. Au fur et à mesure qu'il intensifiait ses efforts pour ramener sa pensée à des niveaux moins cosmiques, la flamme devint touffe de cheveux, se dota d'un visage, d'un corps, et même, lorsqu'elle ne fut plus qu'à quelques mètres, d'un sourire insupportablement narquois. De ses connaissances, il n'y avait qu'un individu possédant de telles caractéristiques. Le joint lui en tomba presque des lèvres, tandis que Marla, la chasseuse hongroise en personne, s'accroupissait près de lui, souriant effrontément. Marla ne pouvait pas être là, elle était avec les autres Chasseurs, loin, à courir encore après les Bass et la récompense promise par l'Europe. Enfin, dans ses derniers souvenirs. Il cligna répétitivement des paupières, cherchant à démentir ce que ses yeux semblaient vouloir lui faire comprendre. - Bordel, Till, t'en as fumé combien de ces merdes, rit l'apparition, les yeux courant sur tous les culs qui jonchaient le toit. - Oui, balbutia l'interpellé, bataillant toujours avec ses organes visuels. Marla partit d'un rire aigu. Le germain avait l'air tellement embrumé qu'il ne reconnaîtrait probablement pas sa mère si elle se tenait devant lui. - Regarde toi, ptit. Une putain d'épave. T'avais pourtant juré de jamais toucher à ta came, fit-elle en lui envoyant une bourrade qui faillit le faire rouler au sol (dire si son équilibre était déplorable). J'en ai pas mal chié pour te trouver, tête de con, à croire que tu te retrouves jamais seul ici. Jamais moyen de te causer seul à seule. Elle se redressa, fit quelques pas sur le toit, tandis que Till la suivait d'un regard perplexe. Il n'aimait pas Marla. Elle n'était qu'une chasseuse de têtes, exceptionnellement efficace, qu'il avait côtoyée par nécessité. Mais elle n'était motivée que par le profit. Il n'avait jamais réellement pu la piffer. Si c'était un tour que lui jouait son cerveau enfumé, il était profondément mal choisi. Si à la place de Marla, dans le genre apparitions stupides, ça avait pu être Keira Knightley, tant qu'à faire... Et la blonde le fixait toujours, de ses yeux bleus cernés de noir, son sourire déplaisant aux lèvres. Avec l'air de la plus ancienne copine avec qui on a partagé tant de batailles de polochon. - Franchement, je pensais pas que t'y arriverais, tu m'impressionnes, sourit-elle en jaugeant le blond de haut en bas, tandis que l'allemand en question se questionnait répétitivement sur ce que pour la grâce de dieu elle pouvait bien vouloir dire par ses putain d'énigmes. Marla, pour sa part, ne se faisait que peu d'illusions sur la proportion de ce qu'elle disait qui atteignait les oreilles de Till. Ce n'était pas la première fois qu'elle avait affaire à un gars défoncé, et elle avait plutôt tendance à les traiter par le mépris. Mais en l'occurrence, Till s'était montré bien efficace, et il allait aider à lui faire empocher une récompense conséquente, alors elle pouvait bien fermer les yeux sur ses petits moments de faiblesse. L'Allemand se révélait d'une efficacité encore plus redoutable que ce qu'elle avait soupçonné. - Sérieusement, comment t'as fait pour dénicher ces putain de Bass? questionna-t-elle, réellement curieuse. Depuis le temps que j'suis sur le coup, pas la moindre piste, et pour toi ça marche comme par magie... Elle s'interrogeait sincèrement sur comment cet Allemand juvénile, à l'aube de ses vingt ans, plus défoncé que le sofa de ma grand mère, avait bien pu tracer les deux frères les plus recherchés d'Amérique. Elle avait toujours pressenti que Till, au fond, avait quelque chose de différent des autres Chasseurs. Il ne semblait pas motivé par les primes. Il lui arrivait de disparaître pour des semaines entières pour reparaître ensuite, skate sous le bras, comme si de rien n'était, avec l'air d'en savoir toujours une longueur de plus que les autres. Sans jamais ouvrir sa gueule. C'était pour ça que parmi tous les Chasseurs, elle s'était rapprochée de lui. Elle avait senti qu'un jour ou l'autre, il se montrerait utile. Et ce jour était enfin venu. - Enfin, ça a pas d'importance, se reprit-elle avec un geste désinvolte de la main, percutant bien que le bâtiment aurait le temps de s'effondrer avant qu'elle ait eu droit à une réponse du blond. Les autres sont sur le chemin pour nous rejoindre. Bientôt, mec, à nous la récompense... - Les autres? reprit pâteusement Till. - Les autres, oui, Lexi, Fred, Amy, Phil, Andreas, les autres quoi, fit-elle en haussant les épaules. De toute façon, la récompense sera bien suffisante pour que chacun ait droit à sa part... Mais c'est pas tout, Till, ya mieux que le fric, sourit-elle, ses pupilles s'allumant brusquement, en s'inclinant vers l'allemand. Tu sais aussi bien que moi qui est derrière l'avis de recherche. Tu connais ceux qui ont mis la récompense pour la capture des Bass. Toi aussi, tu viens de là bas, essaye pas de me faire croire le contraire... Ils étaient déjà putain de puissants quand j'ai quitté la Hongrie, mais maintenant, Till, bordel! Si on leur amène les Bass, ils pourront nous prendre avec eux, on pourrait incorporer leur armée! s'exclama-t-elle, un feu féroce animant ses yeux. Le souffle de Till s'était figé dans sa poitrine face aux insinuations de Marla. Il avait presque oublié qu'elle aussi avait quelques notions à propos de la bien aimée Europe. Mais elle savait rien du tout. - Tu sais pas de quoi tu parles, souffla-t-il entre ses lèvres gourdes. - Penses-y, Till, toi et moi, ils pourraient nous prendre facilement, renchérit la blonde, s'enfonçant plus encore. - Faudrait que tu partes, maintenant, fit-il, sa voix se brisant à la fin de sa phrase confuse. - Monsieur veut pas discuter futur, j'ai pigé, compte pas sur moi pour protéger ta place au soleil, une fois qu'ils auront pris le contrôle des USA... Allez, lève ton cul, on va rejoindre les autres. Tu voudrais pas manquer le fight, crois moi, ça promet d'être épique, sourit-elle, poings sur les hanches. - Tire toi Marla, tire toi putain, râla brusquement Till d'une voix rauque, se couvrant le visage de ses mains comme un gamin, tentant de faire disparaître la vision d'horreur qui envahissait son cerveau. Pourquoi tout le monde se sentait obligé de lui balancer l'Europe en plein dans la gueule de manière répétée? Pourquoi cette petite conne hongroise en parlait comme un employeur comme un autre à qui on pouvait vendre son arme? Pourquoi son ton était tellement enjoué quand elle parlait de ses tortionnaires? Les Bass avaient eu raison de se tirer. Comme Tom avait eu raison de se tirer. Comme lui même était dans son bon droit d'avoir abandonné ce putain de continent pourri jusqu'à la moëlle. Il ne voulait pas qu'ils ressurgissent tout d'un coup, ils pouvaient pas le faire, c'était impossible, il y avait l'océan pacifique entre eux, merde, leur ombre ne portait pas jusque là, pourtant! Lorsqu'il écarta de nouveau ses mains, plus l'ombre d'une blonde cynique sur le toit. Juste un joint éteint qui lui avait glissé des lèvres, des paupières brûlantes et les étoiles qui le regardaient avec des yeux ronds. Si bien que l'Allemand en venait presque à douter de ce qu'il venait de voir. Peut être qu'une fois encore, ce n'était que sa tête qui s'amusait à lui faire miroiter les fantômes de l'Europe, et son ombre, qui s'étendait dangereusement à travers tout ce qui l'entourait. Le bras armé de l'Europe, qui s'étendait à travers les Chasseurs. Un rêve. Une hallucination. Till ne voulait pas y croire. Il n'y croirait pas. Il ralluma son joint tant bien que mal, les mains un peu tremblantes. Il n'avait pas trouvé les Bass pour les Chasseurs. Marla n'y connaissait rien. Personne ne savait où il était, personne ne le trouverait jamais, ni lui, ni les Bass, ni Tom. Et Till tira une longue latte, regardant ses angoisse se dissoudre avec la fumée dans l'air lourd du soir. RE: Farewell † [rpg] - Xuu - 25-06-2014 La lame patina avec maîtrise sur sa peau pâle, bientôt doublée des perles écarlates qui, abondamment, s'écoulèrent des deux côtés de l'avant-bras de K. Il fredonna mécaniquement quelques mots, mélangeant l'anglais et des formulations russes, comme autant de mélodies qu'il avait composé et qu'il connaissait par coeur. Un mot, un seul, se répétait. "Sateth", "Sateth". "Epargne les justes de ta colère.." "...Sateth". Il était assis sur le matelas perforé qui lui faisait usage de lit, adossé au mur décrépi avec raideur. La douleur était incisive, il ne s'y habituerait jamais. Dents serrées, il acheva sa prière par une supplique. La même que celle qu'il n'avait de cesse de rebattre chaque jour : "Sateth"..."Noirceur et démiurge, créateur..."Connor"..."... Épargne Connor". K s'interrompit, comme toujours absorbé par le rouge qui coloriait désormais sa peau tatouée et ses draps, au dessous de lui. Et puis, le bruit de la rue le tira de ses contemplations. Velléitaire quelques secondes, s'essayant à espérer que les vrombissements extérieurs se tairaient comme ils étaient venus, il dut néanmoins se rendre à l'évidence : la mafia partait, ainsi que Dobson et Fennec le lui avaient rapporté, mais leur départ s'avérait néanmoins vouloir s'étirer en adieux longs et déchirants avec Dallas. Ils en auraient peut-être pour toute la nuit, et K ne voulait pas avoir à subir ça. Il se releva, éteint, recueillant auprès de son lavabo rouillé un peu d'eau, dont il jugea qu'elle suffirait à nettoyer sa plaie ouverte. Son expression se fit douloureuse, lorsque contact se fit avec sa chaire rougeoyante, mais il ne pipa mot. Et, se saisissant de son blouson de cuir, à l'abandon à terre, il sortit de sa chambre, pour dévaler les escaliers. Passer dans le salon. Les ignorer, les autres, des gens qu'il ne connaissait pas et qui ne voulaient pas le connaître, oh non, ils ne voulaient pas le connaître. Le regard de K était amer, lorsque, malgré lui, il les jaugea. Ally, qui lui avait dit ses quatre vérités en dépit de lui avoir faussé un semblant d'"amitié". Ale, dont la jambe s'était faite troué par Dobson, et puis Ellidson, qui avait dans ses traits un il ne savait quoi d'anéanti dont K s'efforça de ne pas chercher les raisons. Il ne les voulait pas ici, lâchement, parce qu'il ne voulait pas voir ce qui avait été le seul havre de paix de son existence entière se transformer en exécutoire du bonheur d'autres gens. Il ne les voulait pas ici, pour préserver égoïstement ce qu'il avait, et c'était ce qu'il avait eu de mieux, jusqu'alors. Il ne les voulait pas ici pour qu'ils ne lui volent pas les filets de sérénité précaire grâce auxquels il parvenait à se convaincre que la condition humaine avec un sens. Sa baraque à Dallas, sa situation naïve de guitariste et chanteur de la basse populace, et son frère auprès de lui. À cause d'eux, des inconnus, il sentait déjà ces trois uniques choses, ces trois uniques supports glisser comme du sable entre ses doigts. Et c'était terrifiant. -Eh mounsieur Bass !!, l'interrompit une voix, à l'autre bout du salon. La manouche italienne. -Vous voulez venil avec nous boile oune po palce que dis donc vous avez l'ai... -Ta gueule. Il se dégagea en trombe du salon, gagnant l'extérieur. Quelques mafieux le hélèrent, il les ignora, traçant sa route. Dans sa main, un pistolet, au cas où il ait à croiser un mort. En réalité, il ignorait même si l'arme était chargée, mais qu'importait : il savait encore courir, et il connaissait Dallas. Et puis, les pistolets, K n'aimait pas ça. La première fois qu'on lui en avait mis un de force dans ses mains, c'était pour déglinguer un zombie. Il ne se souvenait plus trop, si ce n'était qu'il avait peur, et qu'il avait manqué sa cible. Il n'avait pas eu le choix, par la suite : il avait bien dû réitérer, et apprendre à réussir. Mais il ne s'y faisait toujours pas. Alors quand il voyait d'autres, comme ceux qu'il hébergeait encore et toujours, des Raphaël, des Alexander, des Nathan, des Jude et Léo Sheridan et tant d'autres, se complaire à décapiter des cadavres autrefois humains comme s'il s'était agis d'un jeu, la nausée s'emparait de lui. K était de ces idéalistes que l'on traque et raille, de ceux qui ne peuvent se défaire du sentiment que derrière l'apparence, l'empilement d'organes, de chaires et de puanteur, demeurait une âme humaine. Qu'il respectait. Il n'aimait pas ôter la vie, de quelques créatures que ce soit, il haïssait sentir la gâchette céder sous ses doigts, il haïssait l'idée qu'il puisse y avoir assez de fous dans ce monde pour caresser l'idée qu'après l'apocalypse, s’entre tuer tous était encore la solution pour trouver l'équilibre. Il marchait dans la nuit, s'enfonçant dans l'obscurité, yeux rivés sur ses pensées et personne n'imaginait à quel point elles le confortaient dans sa solitude. Ce fut mécaniquement que, tandis qu'emplissait chacun de ses membres la nervosité de ses ressassements obscurs et quotidiens, il alluma encore une cigarette. Naïvement idéaliste, pour un solitaire à qui les contacts humains donnaient la migraine. Pathétique, même. Il était pathétique, il était risible, oui, et il était seul. Au début de l'apocalypse encore, les trouvait-on encore, les utopistes, qui voulaient penser qu'on tirerait des enseignements des catastrophes qu'étaient nées de la folie humaine plutôt qu'on les réitéreraient. Mais les utopistes étaient les premiers à mourir, et après treize ans, treize ans de fuite, de zombie, de crime, de mort, partout, des morts, K devait en être le dernier. De lassitude, sa naïveté avait pris des teintes de boulet, de consternation et de découragement. Ne restait que des types comme Dobson, désormais, des types à qui l'histoire n'avait rien appris et dont le profit était toujours seule obsession. K s'était trouvé un havre, entre deux pas de portes, dans l'ombre de la lune, et assis, il brûlait sa cigarette. Mais le froissement d'un bruit, à sa droite, le poussa à se plaquer contre un mur, dans le noir. Un zombie. Il n'avait pas été repéré. Interdit, une énième fois, K se perdit à examiner l'homme - c'était un homme, il était mort, mais c'était un humain. Une jambe lui manquait, son poitrail était criblé de trous desquels le sang ne coulait plus. Une oreille lui avait été arrachée, ainsi que la plupart de ses cheveux. Le zombie tournait et retournait sur lui-même, et la main de K se serra autour de son flingue, sans conviction. De longues secondes, il hésita, quoi que son choix ait déjà été pris depuis longtemps. Il ne changerait pas parce qu'autour de lui, tout le monde avait perdu la raison. Il ne changerait pour personne. Et il haïssait tuer, quand la vie de personne n'en dépendait. Alors, discrètement, abaissant son arme, K s'extirpa de sa cachette, pour, à pas de loup, rebrousser chemin. Et tandis que rue après rue, il émergeait de son repaire sombre, les bruits de moteur de la mafia lui parvinrent. Il regagna l'avenue, où, cédant la place à l'inertie, des dizaines de voitures accéléraient, direction le périph extérieur de Dallas. Parmi elle, en tête de file, un 4x4 bleu clair, aussi célèbre que celui qui détenait son volant. Mais ce ne fut pas Fennec, qui retint l'attention de K. En réalité, dès le premier coup d'oeil, ce fut sur l'homme à côté de lui, que s'arrêta son regard. Matthew Dobson. La mafia partait, lui avec. Normal. Et au moins jusqu'à ce qu'il ne lui fut plus possible de distinguer l'ombre du 4x4, les yeux de K poursuivirent son visage. Par élan, comme ça, juste pour sentir un énième coup de fouet le foudroyer, et l'envie de lui démonter la gueule l'emplir une toute dernière fois. Qu'il se casse loin, ouais. Qu'il se casse loin, mais qu'il prenne garde à ne pas crever. Que K puisse un jour avoir le privilège de le descendre lui-même. Il serait son unique exception. RE: Farewell † [rpg] - Agou - 25-06-2014 le post d'un enfant de cinq ans qui joue avec des bâtons c'est pas-sio-nnant. -passage dans le temps- C'était le matin. Caden s'était glissé dehors avec les premiers rayons de soleil, alors qu'une partie du groupe dormait encore, pour descendre devant l'entrée du bâtiment qui était totalement déserte. Il venait souvent là, du coup sa maman ne descendait plus avec lui pour le surveiller. Et puis Connor lui avait appris à se battre comme un grand (mais contre des arbustes seulement parce qu'il était trop petit pour tuer des zombies), mais ça il devait pas le dire. C'était un secret. D'ailleurs il avait un... deux... deux, trois secrets. Ça faisait beaucoup. Et il fallait pas en parler à papa ou maman, parce que sinon ils seraient fâchés. Et Haillie ? Peut-être que ça restait un secret parce qu'elle n'était pas sa maman, donc peut-être qu'il pouvait lui en parler. Il ne savait pas. Il aurait du demander à Connor les règles du jeu. C'était compliqué, tout ça. Le petit brun s'assit sur le bitume et regarda les quelques cailloux qui traînaient dans le coin pour les attraper dans sa main, et rejoindre le bâton qu'il avait déjà trouvé dans les escaliers. Un bâton qui faisait une fourche, comme un fusil, et du coup il était le cow-boy de Dallas ! Il aligna joyeusement ses petits trophées pour tripatouiller de la poussière et des saletés dans ses petites mains, fier de lui. Il babilla gaiement un instant, avant de froncer les sourcils pour essayer de compter combien de gravillons il avait ramassé. Maman le lui avait appris, du coup il savait le faire, mais pas tout le temps parce que ça faisait mal à la tête. Parfois, pas tout le temps. Sept. Il avait sept cailloux ! Un rugissement, braillement de ferraille torturée, vint interrompre son petit jeu, et il releva la tête pour regarder la rue, les yeux grands ouverts, ronds comme des billes. Sa bouche se tordit dans une moue interrogative alors que plusieurs motos s'arrêtaient à quelques mètres de lui, juste devant l'entrée de leur maison. C'était peut-être des amis de Connor ? Connor avait tout plein d'amis. Fallait être gentil, alors ? - Coucoucoucou !! Il esquissa un grand sourire et se redressa sur ses petits jambes, les cheveux tout ébouriffés, les joues bien roses, et les poches remplies de gravier. Tu veux mon bâton ?? Je te le donne si tu veux ! fit-il généreusement à une grande dame qui descendait d'une des premières motos, tout enthousiaste. RE: Farewell † [rpg] - Claaudie - 25-06-2014 ![]() L e x i CARTER Ils disaient qu'on avait trouvé les Bass. C'était pas la première fois qu'il y avait des fausses alertes à leur sujet, mais Lexi croyait un minimum en la parole de Marla et Till avait bien assez fait son boulot, pour qu'on puisse douter qu'ils se trouvent à Dallas. De toute façon, elle attendait la récompense depuis trop longtemps pour se faire chier à avoir des doutes. Et d'ailleurs, ce fut lorsqu'ils purent apercevoir, à quelques dizaines de mètres d'eux, le bâtiment à l'intérieur duquel les deux frères devaient se trouver, qu'elle esquissa un sourire. Elle fit signe à ceux qui se trouvaient à l'arrière, de s'arrêter. On était jamais trop prudent, en plus, ces abrutis avait abîmé sa moto, l'autre jour, en s'arrêtant comme des malades devant un pub à Atlanta, et elle avait dû s'en occuper pendant des heures. Sans compter l'activité qui régnait dans la capitale, c'était d'autant plus dangereux pour une fille de se trimbaler sans moyen de locomotion. Alors si ces connards recommençaient, elle ferait en sorte de leur faire comprendre qu'on touchait pas à son bébé. - C'est ici vous croyez ? Lança le premier à s'arrêter, juste avant qu'elle ne retire son casque, pour vérifier si son arme se trouvait toujours bien ranger sur sa ceinture, et couper le moteur. - J'ai pas fait la route pour rien, alors j'imagine.Elle s'arrêta, en comprenant qu'il y avait un gamin pas plus haut que trois pommes, juste devant l'immeuble. Merde. Ça compliquait les choses. - J'vais aller lui parler ! Rétorqua Fred, en s'avançant pour sortir son arme dans un ricanement de vieux beauf dégueulasse, que Lexi arrêta direct, en passant son bras devant lui. - T'es complètement con ? Il a trois ans, tu comptes vraiment le faire cracher le morceau comme ça, putain Fred apprends à être intelligent pour une fois, t'es casses coquilles. Et puis, y'avait de l'argent en bout de route, alors si il faisait tout foirer, elle se promettait de le buter. D'accord, elle avait passé des années avec ce groupe, mais ça l'empêchait pas d'avoir vraiment très envie d'empocher la somme promise. Et c'était sûrement pas parce que la plupart d'entre eux n'avaient rien d'autre qu'une boite dans le crâne, qu'elle allait perdre son argent. Fallait bien qu'elle vive, avec ou sans aide. - Wow, t'énerves pas, je vais pas le buter ton fils. Ironisa-t-il, pour en faire marrer quelques uns. - Répètes un truc du genre encore une fois et je te jure que j'explose ce qu'il reste de tes coquilles. Assura-t-elle, en esquissant un sourire amusée, mais plus sérieuse que jamais au moins assez sérieuse pour qu'il finisse par le comprendre, ce con. En réalité ça lui faisait ni chaud ni froid. Lexi n'avait jamais eu de famille. Peut-être qu'avant l'apocalypse, sa vie avait ressemblé à quelque chose de joli, mais aujourd'hui, c'était tout le contraire. En fait c'était le contraire depuis que ses parents s'étaient fait bouffer par les morts, et que ses frères et sœurs avaient disparu à leur tour. En somme, elle avait été l'unique survivante d'un truc qu'elle aurait préféré ne jamais connaître, et très rapidement, en voyant après des mois de fuite solitaire, le nombre de filles qui tournaient mal (à l'époque la prostitution était monnaie courante et c'était sûrement pas Greyson qui aidait à quoi que se soit) qu'elle s'était engagée là-dedans. Le seule truc avantageant qu'elle avait gardé du passé, c'était sa capacité à manier les armes, et à savoir se défendre. Après un peu d'entraînement, quelques bonnes rencontres, et des "métiers" tous plus dévalorisants les uns que les autres, elle s'en était sortie, et dés qu'on la faisait chier, elle n'hésitait plus à le faire remarquer. - Ça me ferait plaisir... Continua de railler l'abruti (elle l'aimait bien, en vérité, mais qu'est-ce qu'il était con), avant qu'elle ne lui plante son pied en plein dans les coquilles, en lâchant un "Moi aussi" clairement ironique, pour se mettre à marcher vers le gamin. Les Chasseurs, c'était sa famille. Elle avait beau avoir un caractère de merde, elle les aimait tous. C'était sûrement pas un gamin qui se foutrait sur son passage, même si ça compliquait les choses. Enfin, elle voulut adresser la parole au petit assez vite, avant que les autres ne se la ramènent avec leurs gros muscles et leurs têtes d'abrutis (parfois la douceur ça avait rien de bien dérangeant dans ce monde de tarés), mais il ouvrit la bouche en premier. - Oui, ouais, enfin d'accord, Répondit Lexi, pas hyper assuré, parce que si il y avait un gosse, ça voudrait dire qu'il y en aurait d'autres, et que cet endroit était pas aussi désert qu'on aurait pu le croire. Elle était peut-être prête à tout pour récupérer l'argent, c'était pas pour autant qu'elle se ferait plaisir en tuant un enfant. Enfin ça faisait longtemps que son travail impliquait plus des conneries de la sorte, déjà qu'elle avait eu la chance de pas avoir trop de sang innocent sur les mains, jusqu'ici. C'était pas que ça la dérangeait, c'état juste que ça la ralentissait. En fait, petit garçon, on cherche les frères Bass. Tu les connais ? Si tu les connais tu peux leur dire de se ramener ici, on a quelque chose à leur dire de très important et... - Qu'est-ce que tu fou ? Coupa Phil, en arrivant à sa hauteur. Si ils savent qu'on est là ils vont se barrer, c'est évidant, attends, faut employer la manière forte, Lexi ! Assura-t-il, en éclatant de rire face au comportement de la brune. - T'as une meilleure idée le génie ? Non parce que moi ça me tente pas trop d'aller jouer à cache-cache dans ce putain de building. On sait même pas combien ils sont là-bas. Répondit Lexi, en se redressant pour croiser les bras, et sourire à l'intéressé. Phil haussa les épaules, dans un tic agacé. Il devait bien se rendre à l'évidence, que pour le coup, elle faisait rien de stupide. Enfin bref, donc tu peux nous aider ou pas ? Demanda-t-elle, finalement, à la petite chose qui se tenait fièrement sous ses yeux. Elle avait du talent avec les enfants. Ça, elle pouvait bien se l'admettre. Plus de talent que les brutes qui l'entouraient, en tout cas, mais on finissait par s'y faire, puisque les Chasseurs étaient principalement composés de mecs. Et puis, quand on y était depuis des années, il était plus question de choisir son camp, de savoir ce qui était bon, ce qui était juste, ou simplement de peser le pour et le contre. Empocher la prime restait le plus important. ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() RE: Farewell † [rpg] - Xuu - 25-06-2014 MA FEMME PUTAIN RE: Farewell † [rpg] - Agou - 25-06-2014 Il en était sûr, c'était des amis de Connor !! Ou peut-être de K, mais K il aimait pas trop les autres personnes, enfin ça dépendait mais pas toujours. Mais d'habitude c'était pas à lui qu'on demandait ça, c'était bizarre. Il hocha donc la tête vivement et donna aussi son bâton à la grande fille brune qui lui parlait parce qu'elle avait l'air gentille, un peu. - Connor il est en haut, et puis y a K aussi, et puis y a mon papa, ma maman, et plein d'autres gens qui font beaucoup-beaucoup de bruit, bredouilla-t-il avec un grand sourire naïf. Et même que Connor il m'a appris à tirer mais c'est un secret et du coup bah je dois pas le dire parce que sinon c'est pas bien, mais tu le diras pas à maman, hein ? Il posa doucement le bâton contre la roue de la moto et se retourna pour foncer dans les escaliers, tout content d'avoir un mission à accomplir. Il grimpa les marches deux à deux sur ses petites jambes, et déboula dans l'appartement, surexcité, en manquant de se jeter sur Bronwyn qui se tenait légèrement en retrait par rapport au reste du groupe. - CONNOR ! CONNOOOOR ! Ses petits yeux bruns cherchèrent le guitariste dans la pièce, et sa frimousse s'illumina d'un immense sourire alors qu'il fonçait littéralement vers lui. Y a des gens qui te cherchent dehors !! Avec plein plein d'armes, et des motos, et y a K aussi qu'ils veulent voir, et j'ai donné mon bâton à la fille qui m'a dit de te prév... prevenir !! Ally fronça les sourcils un instant en regardant son fils qui avait l'air vraiment fier de lui, et son regard se posa sur l'aîné Bass. Elle ne comprenait pas vraiment, mais la perspective que Caden ai parlé avec un groupe de personnes armées devant le bâtiment, qui cherchaient les deux frères de surcroît, ne lui plaisait pas tellement. En fait ça la faisait carrément flipper, étant donné que leurs activités n'étaient pas très bien vues par les autorités, et qu'ils risquaient la taule rien qu'avec leurs concerts. - Je me doutais bien que pendant mon absence tu batifolerais avec la moitié de la ville, mais de là à ce qu'elles forment un clan anti-Bass, ça craint un peu, quand même, et c'était la première fois qu'elle évoquait ouvertement son absence malgré la présence d'Ale, comme c'était la première fois qu'elle ne lui crachait pas à la gueule depuis la nouvelle de l'Europe. Elle avisa un instant le groupe, calée sur un des canapés, pour finalement demander à Caden, qui s'accrochait à Connor comme une sangsue. Ils étaient nombreux, Caden ? - Y en avait plus de quatre !! Affirma-t-il joyeusement, comme si la situation était normale, voire carrément drôle. Dis dis dis, je peux aller leur dire que tu viens ?? Tu viens, hein ?? - Hors de question, tu restes là, trancha la brune alors que son regard déviait sur Ale. Elle chercha Haillie dans le coin, mais peut-être qu'elle était encore dans sa chambre ? Merde. - C'est chelou, votre affaire, les suricates viennent à peine de partir et un nouveau groupe nous tombe sur la gueule ? Soupira Raphaël, qui venait juste d'arriver, en passant une main dans ses cheveux, fatigué de devoir faire face à un nouveau problème. Quand est-ce qu'ils auraient droit à quelques heures de répit ? Sérieusement, la guilde n'était partie que depuis la veille au soir, et déjà d'autres casse-coquilles venaient leur rendre visite. Ça présageait de folles aventures en compagnie de toute la troupe de demeurés, qui inclurait certainement une fuite, de nouvelles engueulades, des tirs, et pourquoi pas des morts, tiens. Ça faisait longtemps, fallait bien équilibrer la balance maintenant que Drake était revenu. Je suppose que quelqu'un a une idée brillante autre qu'aller se jeter dans les bras de gens armés et potentiellement dangereux qui attendent de pied ferme en bas, mh ? Il se laissa tomber sur un fauteuil, et finit par ajouter, carrément crevé. Non, sérieusement, si quelqu'un a un plan, je lui roule une pelle. Affectueusement. RE: Farewell † [rpg] - Claaudie - 26-06-2014 Et Connor crut qu'il allait littéralement écraser Caden sous son poids, lorsque ce dernier lui fonça dedans. Parce qu'en vérité, il n'avait pas dormi de la nuit, se contentant d'enchaîner clopes sur clopes, persuadé, en réalité, qu'une énorme merde allait s'écrouler sur eux, se contentant de s'occuper à la guitare quand il en avait la foi. Puis ça faisait longtemps qu'il dormait plus. - Tu vas vraiment finir par me tuer un jour, Grommela le tatoué, en passant une main dans les cheveux du gamin, pour le prendre dans ses bras, alors que joyeusement, ce dernier s'animait dans un petit discours tout naïf. Et là, d'un seul coup, le grand sourire qui animait son visage se transforma en une expression clairement interrogative, certes, mais surtout, bourrée de doutes. Ce ne fut surement pas le regard d'Ale, ni son expression clairement glaciale, qui le fit lâcher Caden, mais plutôt ce que le petit ajouta, et ce qu'Ally balança à travers la salle, comme si de rien n'était. - Je crois pas avoir dépasser un quotas important tu vois., Répondit Connor dans un froncement de sourcils, accompagné d'un large sourire amusé. Donc ça me semble pas trop normal, ton histoire, Caden. - Pourquoi dés que y'a un problème t'es forcément intégré dedans ? Ironisa Ale, à l'intention du tatoué, pour pousser un soupire, le regard maintenant rivé sur Caden. Il le connaissait pas assez pour protester ou dire quoi que se soit, et de toute façon, il y avait bien trop de chose qu'il essayait de contenir, jusqu'ici -comme cette envie assez écrasante de buter Connor à main nue-, seulement il voyait pas hyper bien la collocation Caden-AntisystèmequisefoutaitdelaTerreentière. - Il se passe quoi ? Osa Will, en entrant à l'intérieur de la pièce, pour s'asseoir sur le canapé, à côté de Bronwyn. - J'crois qu'ils essaient de communiquer. Réussit à répondre Nick, sérieux pour une fois, la main autour de la taille de Pandora, le regard sur son frère, puis sur Connor, et enfin sur les Weaver, en fonction de qui choisissait de prendre la parole. - Est-ce que quelqu'un peut être intelligent pour une fois et regarder ce qu'il se passe dehors par la fenêtre ? Soupira Côme, en passant une main lasse sur son visage, consterné par cette capacité carrément alarmante qu'ils avaient tous, à se foutre dans la merde. - Quels gens armés ? Interrompit Haillie, en entrant à l'intérieur de la pièce, entendant alors ce que venait de prononcer son oncle. - Demande à Connor, il à l'air de bien s'y connaître. Ricana Ale, en croisant les bras finalement, pour éclater d'un très léger rire sarcastique. - D'accord, ok, j'y vais du calme. Soupira l'aîné des Bass, en posant Caden au sol pour attraper une bouteille, une de celles qu'ils avaient pas fini hier soir, et se poser en toute tranquillité à la fenêtre, pour en boire une gorgée, et faire un signe de la main au groupe de gens qui semblait vouloir leur parler. Un signe de la main amicale, malgré leurs têtes de constipées. C'était vrai qu'aucun d'entre eux lui semblait familier, tiens. Et puis il avait hyper mal au crâne. Gros bordel. - Bon c'est simple t'es un des Bass ou pas ? Lança l'un des gars, en se ramenant arme en main. Connor haussa les épaules, il avala une autre gorgée de sa bière, toujours accoudé à la fenêtre, comme si il s'agissait là d'une discussion parfaitement normal, et que non, il ne risquait pas de se prendre une balle dans la tête d'une seconde à l'autre. - Ça dépend pourquoi tu me poses la question. Assura Connor, dans un léger rictus amusé, avant qu'un... PUTAIN DE COUP DE FEU n'aille s'éclater sous la fenêtre, dans le mur, en dessous de lui visiblement. Et puis une fille brune se rapprocha, et l'avisa quelques secondes, avant de ranger son arme. - Et si je te parle de l'Europe, ça te dit quelque chose ? Lança-t-elle, dans sa direction, sans avoir l'air bien menaçante, dans la mesure où elle avait pris soin de ne pas sortir son arme. Parce qu'ils vous cherchent, ton frère et toi, et que la récompense est assez intéressante à nos yeux. Et là Connor se redressa violemment, un peu trop violemment pour que ça ait l'air un minimum assuré. Il fronça les sourcils, passa une main dans ses cheveux, éclata d'un rire ironique, pour s'éloigner de la fenêtre. C'était une blague, ou un truc du style, pas vrai ? C'était une blague, on les avait oublié bien trop longtemps pour que ça ne vienne frapper à leur porte aussi rapidement, et après tant d'emmerdes. Son regard dériva sur le groupe, il cherchait un visage en particulier. Celui de son frère. Celui de K, K qui était complètement invisible, K qu'il n'arrivait pas à trouver. - Wow c'était quoi ça ?! Lança Ale, d'un air nonchalant, indifférent à la détresse du Bass. - K ! Hurla Connor, sans lui répondre, pour marcher à travers le salon et déboucher sur le couloir. K T'ES OU PUTAIN ?! - Hé ho, tu réponds, c'est quoi ce bordel dehors ?! Insista Ale, en lui attrapant le poignet, avant que les autres ne s'y mettent, Côme attrapant son arme dans un automatisme certain, Will se contenta de grimacer de terreur, Nick choisissant sans mal de suivre son frère, pour faire cracher le morceau au Bass, et Haillie, s'occupant d'attraper Caden par la main, pour faire signe à sa mère qu'elle s'en occupait si jamais ça dérapait, et que le plus important, était de comprendre ce que Connor était en train de cacher. Il n'y avait qu'une silhouette, assise dans un coin du canapé, qui ne bougeait pas d'un centimètre, se contentant dans la fixation de la fenêtre, juste en face. Nate porta sa cigarette à sa bouche, en se disant que c'était dingue ça : Il y avait pas touché depuis des années, et voilà qu'il recommençait. Fallait croire que Jude avait plus d'impact sur lui que la guerre, la faim, le froid, les zombies, et même, que la putain de dictature de Greyson. Il état fort, Jude. Et lui, Nathan Ellidson, il était complètement bourré. Au moins, ça l'empêchait de voir à quel point il en avait chier à essayer de relativiser, hier soir. Il y avait presque cru, avant que la nuit tombe, que tout le monde ne retourne à ses occupations, et que la place juste en face de l'immeuble ne se vide de toute trace mafieuse. Et puis y'avait aussi le vide à côté. L'absence d'un sourire, d'un regard, ou juste d'un contact. L'absence ça faisait mal. C'était bizarre, ça aurait peut-être dû être plus simple de n'avoir plus rien à aimer. Mais ça faisait mal. C'était vide, silencieux, et douloureux. Rien de plus, et... Ah tiens ! Apparemment, le groupe avait de nouveau ennemi. Ils s'en sortaient bien, dis-donc. Ils s'en sortaient hyper bien, et puis ça avait un rapport avec l'Europe, aussi, visiblement. Nate savait pas trop. Il suivait plus ce genre de connerie, depuis qu'il avait compris qu'il serait jamais heureux. Fallait pas lui en demander trop, à lui, il était même pas capable de garder ceux qu'ils aimaient, alors régler une Apocalypse, c'était se donner trop d'espoir. - Vous avez pas capté qu'il est juste en train de nous taper un trip à propos de sa famille, là ? Balança Nate, pas réellement agréable, et de toute manière, il s'en battait les coquilles. La discussion sur l'Europe : Il l'avait comprise, il l'avait assimilé, il l'avait entendu, surtout lorsque Jude s'était barré. Avec un peu de chance, on finira pas dans une prison Européenne. Enfin pour ma part, j'trouve que se serait cool qu'on se rejoigne tous en France. C'est beau la France. C'est loin, et apparemment, il s'y passe jamais rien. Décidément, il était vraiment complètement pété. Peut-être qu'on se fera pas buter cette fois-ci, qui sait ? - Ta gueule Nate, Rétorqua Ale, en s'avançant vers lui pour lui chopper la bouteille des mains, et la poser plus loin, avant de passer un bras sous ses épaules, en l'aidant à se relever. Il laissa Nick s'occuper de Connor, et les autres, aussi. De toute façon ils étaient bien assez, et Nate, clairement, était même plus capable de bouger tout seul, alors il fallait bien que quelqu'un l'aide. Putain. Qui avait été le con qui lui avait donné cette bouteille, aussi ? Et si ils devaient fuir ? Comment ce con ferait pour courir sans se péter la gueule ? Arrête de dire des conneries, on a l'air de déconner là ? - J'peux me débrouiller... Rétorqua le brun, en essayant de se dégager, tout d'abord en vain, pour finalement réussir à s'éloigner, et manquer de s'éclater la gueule contre le mur à sa droite, où il finit par déposer sa main. j'te dis... j'peux me débrouiller ! Faut bien, hein, parce qu'apparemment, Drake Sheridan est revenu, et y'a la mafia qui veut nous tuer avec Matthew. Nate éclata de rire puis, Ale poussa un soupire, et le rattrapa presque automatiquement lorsqu'il réussit presque à se cogner contre la table basse du salon. Hé, Ale ! Mec ! J'ai un autre truc drôle à te dire ! Lança le Californien, dans un grand sourire fier, mais triste. Et Ale voulut même pas écouter ce qu'il avait à dire, se contentant de le tenir en attendant le verdict des Bass et du reste du groupe, lorsque finalement, Nate brisa le silence, toujours complètement bourré. J'crois que y'a pas un seul Sheridan qui a pas tenté de me tuer. Y'en a pas un seul qui m'a pas brisé le cœur, aussi. Mais c'est différent attends : Le premier il m'a volé le mec de ma vie, et le deuxième, il s'est contenté de partir. Réussit-il à articuler, en passant une main sur son visage tout en se soutenant à Ale. J'crois que je devrai ouvrir un livre de records. RE: Farewell † [rpg] - Aeoverse - 26-06-2014 Le résultat des quelques (bonnes dizaines de) gorgées d'alcool que Jill avait ingurgitées la veille fut sans appel et c'est la bouche pâteuse, le teint pâle et l'esprit bien plus enchevêtré que simplement embrumé, que la blonde se sentit plus ou moins émerger. Jamais auparavant elle n'était demeurée, (à cause de ses propres actions tout du moins), dans un état aussi déplorable que celui-ci, l'air aussi crevé qu'un vieux chien au bord d'une autoroute, littéralement inerte. Il fallait dire qu'elle ne s'était pas non plus retrouvée autrefois à boire autant, quelle-qu’en soit la raison. Les amertumes de la veille ressurgirent lentement, le temps au cerveau de Jill de récupérer un minimum sa capacité de réflexion. Et bien qu'elle n'en eut aucune envie, car trop peu désireuse de voir son cœur s'émietter encore plus, Jude lui apparut, toujours autant épris de perfection. Pourtant, ses deux magnifiques yeux azurés ne la consolèrent pas. Au contraire, ils l'enfoncèrent plus dans sa détresse ; Drake Sheridan les lui volait d'un regard de menteur. Elle en était certaine, le mal était invincible cette fois-ci. Prise soudain d'un frisson qui lui glaça l'échine, sa main parcourra l'espace à côté d'elle, tentant désespérément de trouver le corps chaud de Connor dans lequel elle espérait pouvoir se blottir pour oublier ses démons qui, inlassablement, la tourmentaient. Elle ne réussit qu'à découvrir un simple drap vide. Aussi, difficilement, elle ouvrit ses lourdes paupières et dès lors où la lumière du jour lui brûla les yeux, elle les referma radicalement, et pour de bon, écrasa son visage dans son oreiller. Concrètement, elle avait le sentiment que son crâne implosait et sa dernière envie aurait été de quitter ce lit, présence de Connor ou non (bien qu'étrangement, une tendresse matinale de sa part ne lui aurait en aucun cas déplu). L'arrière-goût d'une nuit d'oubli dans toute sa splendeur, et en ce qui concernait le cas de Jill, cela était à un point décrédibilisant qu'elle ne souhaitait qu'encore moins patienter tranquillement ici, que sa migraine se dissipe. Naturellement, il lui fut impossible de sombrer de nouveau dans un quelconque sommeil puisque des voix qu'elle ne connaissait maintenant que trop bien débattaient de façon infernale à propos de choses x et y dont elle n'avait d'autant plus que foutre étant donné son état. Mais avant qu'elle ne puisse grogner pour elle-même deux ou trois réflexions dont elle avait le secret, un coup de feu fit écho jusqu'à la pièce dans laquelle elle était. Elle fit un bond, (qui ne fit qu'amplifier le mal de crâne qui lui martelait l'intérieur de la tête actuellement), et s'obligea d'un coup d'un seul à ouvrir ses yeux toujours résistants. Il n'y avait que cette bande de mafieux pour laisser s'échapper des balles en l'air comme.. Jill dut rester une dizaine de secondes les yeux fixés sur un point invisible devant elle. Elle ne se souvenait que brièvement des grondements de moteurs et des crissements de pneus crissants qui avaient fait un bruit monstrueux cette nuit, mais elle était certaine à 90% que La Guilde avait déguerpie (bon débarras). Et si La Guilde n'occupait plus la place principale devant la maison de Bass, et qu'il était illogique que la petite bande d'amis commence à vouloir s'entre-tuer, qui utilisaient ces armes à feu ? La blonde s'efforça de pousser sur ses bras pour s'extirper des draps, et ce fut le plus mollement possible qu'elle enfila ses vêtements traînants aux quatre coins de la pièce (Connor ou le roi du désordre, elle avait fini par l'assimiler maintenant qu'ils avaient dépassé le stade «d'une nuit» comme il était prévu). Et d'une démarche plus lente même que celle d'un zombie, survivant avec difficultés aux obstacles qui barrèrent son chemin, elle parvint jusqu'au salon, lieu culte de réunion désormais. Elle se fit bousculer par un grand homme dont elle reconnut très rapidement la voix (pour l'avoir un certain nombre de fois entendu soupirer près de ses oreilles mmh), homme de prénom Connor, et avant qu'elle n'ait le temps de lui demander quoi que ce soit, il fila près d'elle en criant des choses que son esprit encore endormi ne comprit pas. -Arrêtez de hurler, souffla-t-elle d'un air las en passant sa main sur ses yeux rouges, tandis que de l'autre main, elle retrouvait son équilibre à l'aide d'un mur. Qu'on ne lui tue pas le crâne plus qu'il ne l'était déjà, s'il vous plaît. RE: Farewell † [rpg] - Agou - 26-06-2014 - ANDERSON MI AMORRRR, ronronna Raphaël en se décollant du fauteuil pour se jeter amoureusement sur son tendre ami de toujours, réellement prêt à lui rouler une pelle (mais peut-être pas en public, la pudeur s'il vous plaît). Ils se fracassèrent magistralement la gueule contre le sol, et le brun fronça les sourcils. Tu es beau, Côme. ET NICK JE T'EMMERDE. Regard vers le faux-blond-vrai-brun d'un air presque énervé, avant de se rendre compte qu'il était terriblement fatigué, et donc de s'affaler comme un porc sur le sol. Plaquer sa joue contre le parquet et dormir, ça semblait être une bonne option. Je communique aussi bien que tu te teins tes cheveux, et crois-moi c'est pas un compliment. T'étais mieux en blond je crois. T'avais plus de sex-appeal. Il leva les yeux vers Ale, qui l'ouvrait beaucoup, à côté, et poussa un soupir. Oh et Blavatsky numéro deux, on sait tous que t'as pas hérité de la lumière divine, mais si tu pouvais fermer ta gueule ça m'arrangerait. Au moins cinq minutes. Merci. Et il manqua de servir de piste d'atterrissage à Caden juste avant que celui-ci ne se jette sur sa sœur, visiblement très content. C'était éreintant, d'être Raphaël Weaver. Et en plus il voulait savoir de quoi ça parlait, de l'autre côté de la fenêtre. Ally de son côté, n'avait capté que deux ou trois mots. Simple-Bass-Question-Europe-récompense-yeux. Autant dire qu'elle n'irait pas très loin avec ça, autant dire également que le stress monta d'un cran lorsqu'elle s'y reprit à deux fois histoire de bien confirmer l'apparition du mot "Europe" dans leur conversation. Europe. Bordel de merde. - Oh putain. Elle regarda Connor se barrer en hurlant le nom de K à travers tout l'appartement, alors que chacun se préparait à faire face à la phase d'action très certaine qui semblait les attendre. Plus qu'une question de minutes, ou d'heures peut-être, si ils avaient un peu de chance. C'était quoi, des tarés en mission extermination de Bass, ou des lapins de pâques enchantés venus reprendre leur dû ? Dans tous les cas, ça n'avait pas l'air joyeux. Et ça ne présageait pas grand chose de bon pour eux, comme pour tout le reste du groupe. Génial, ça commençait à lui manquer, une nouvelle occasion de mourir en se vidant de son sang. C'est qui, eux, putain ? Et pourquoi ils viennent d'Europe, me dis pas qu'ils sont venus vous chercher, bordel Connor ?! Elle capta le regard d'Haillie, un peu plus loin, et hocha vaguement la tête en guise d'approbation, avant de se concentrer sur le guitariste, et finalement aviser Ale. Europe. On est dans la merde, et je suis prête à parier n'importe quoi que si on a pas de plans, on va se faire tous fusiller comme des lapins. Sauf eux deux, évidemment, fit-elle en désignant Connor, profitant de l'instant pour sortir son arme à son tour, pas tellement adepte des prises de risques inutiles. De toute façon, Ale savait de quoi elle parlait, vu qu'elle ne s'était pas faite prier pour lui relater l'entière discussion qu'elle avait pu avoir avec l'aîné Bass à ce sujet là. Et c'était flippant. Non, c'était bien plus que flippant, à vrai dire. Ils risquaient tous leur vie, du plus âgé du groupe jusqu'à un gamin de cinq ans. C'en était presque inconcevable, la situation tournait au suicide collectif, avec des allures kamikazes. Sérieusement, ils allaient se jeter au milieu de personnes armées qui avaient, au préalable, entretenu une discussion avec son fils, et manquer de buter Connor via la fenêtre ? Ok, c'était loin d'être la première fois, et c'était pas réellement ça qui l'effrayait, mais vu l'hétérogénéité de la bande, ça risquait fortement d'être voué à l'échec avant même qu'ils aient pu opérer un commando foireux. Le programme était superbe. Et la journée s'annonça encore plus merveilleuse lorsque Jill trouva bon de leur faire un petit coucou surprise matinal avec sa plus belle tête de zombie mutant fraîchement sorti de son stade de décomposition avancé, c'est-à-dire vraiment vraiment dégueulasse, et d'en plus de ça leur faire part de sa gueule de bois dont ils se tamponnaient royalement. La bonne humeur, certes, mais ça se comprenait rien qu'en voyant ses yeux rougis de raton laveur enrhumé. - On sait que tu ne nous respecte plus depuis un moment, Jill, mais essaie quand même de te respecter toi-même, ça devient vraiment gênant comme spectacle. Remarqua-t-elle d'un ton bourré d'ironie, en la détaillant tranquillement. Oh et, bourrée tu es assez pitoyable. D'habitude tu restes un déchet de forme plus ou moins humaine, quand même. Je suis déçue, Jill, vraiment. Dommage que personne n'ai de polaroid, ça aurait été drôle. Elle poussa un bref soupir et se désintéressa de la blonde pour croiser les bras sur sa poitrine, et aviser tout le monde. Ils allaient très vite devoir faire quelque chose, manifestement. |