Forum de la Cartoonerie
Farewell † [rpg] - Version imprimable

+- Forum de la Cartoonerie (https://forum.lacartoonerie.com)
+-- Forum : Les cartooneurs parlent aux cartooneurs (https://forum.lacartoonerie.com/forumdisplay.php?fid=22)
+--- Forum : Jeux en pagaille (https://forum.lacartoonerie.com/forumdisplay.php?fid=27)
+---- Forum : Role Play (RP) (https://forum.lacartoonerie.com/forumdisplay.php?fid=35)
+---- Sujet : Farewell † [rpg] (/showthread.php?tid=13)

Pages : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20


RE: Farewell † [rpg] - Xuu - 04-06-2014

Stoïque, quoi que son regard trahît un soupçon de sa stupéfaction, Fennec accusa le coup. Gardant le silence, il persista à fixer Tom, oscillant entre l'espoir qu'il n'ajoute quelque chose qui démentisse ses propos, ou qu'il ne se justifie, n'importe quoi. Mais Tom était coi, et les traits défaits de son visage ne semblaient pas vouloir signifier qu'il s'agissait encore de l'une de ses bidonnades.
Bien au contraire.
Alors, muet comme une tombe, Fennec passa nerveusement une main dans ses cheveux blonds, réajustant toutes ses équations mentales. Greyson vivant, la donne changeait du tout au tout. Si les motivations du déchu dictateur lui étaient encore obscures, ce n'étaient pas tant elles que l'influence que pourrait avoir l'Europe sur sa soif de puissance qui l'inquiétait. Après tout, Fennec ne savait absolument pas jusqu'où James Greyson pouvait potentiellement être capable d'aller, pour récupérer un semblant de pouvoir.
Se faire enrôler par une secte. Une alternative qui au blond semblait démesurément abjecte et que son honneur repoussait. Mais tout le monde ne possédait pas l'orgueil de Fennec.
Il avait laissé Matthew lui conter ce qu'il savait, et laissé Drake Sheridan les rejoindre, pour en définitive escompter se tailler avec eux à Atlanta. Eux, parce qu'à l'instar de James Greyson, on les avait convoités, et qu'il avait choisi de les placer de son côté pour contrer les manœuvres Européennes.
Si James Greyson vivait, Fennec possédait alors deux alternatives : le rallier à son camp, ou le tuer. Le laisser partir avec des sectaires et lui donner une chance d'usurper son autorité et sa légitimité en Amérique ne faisait pas partie des options envisageables.
Exténué subitement, il se laissa s'affaler contre une vieille caisse détériorée qui gisait là (il l'aurait bien retapé tiens), pour poser une main sur ses yeux. Greyson contrariait tous ses plans.
Entre ses son index et son majeur écartés, son regard de porta de nouveau sur Tom, qui réciproquement, n'avait pas cessé de le fixer. Pourquoi ne lui avait-il rien dit ? Il avait pourtant semblé à Fennec que d'un façon plus ou moins explicite, il lui avait juré allégeance. Son ressenti était peut-être abusif, mais pas moins réel ; il éprouvait comme un sentiment de trahison. L'expression qui habitait son visage se fit alors presque amer.
Sa paume retomba le long de son corps, et il échangea un regard avec Matthew.
La cigarette de ce dernier toujours coincée entre ses lèvres, Fennec se décolla finalement de son véhicule, pour marcher vers Tom.
-Il est où ? s'enquit-il en définitive, mettant des mots sur la question qui pesait sur eux depuis les mortuaires déclarations.
Ses iris étaient glacials, son expression réfrigérante, et son regard demandait à Tom pourquoi avoir fait le choix de lui cacher ça. Ça n'avait rien de personnel. Mais si Tom le tenait en si haute estime qu'il le prétendait, alors il aurait dû le prévenir.
Tout simplement.



RE: Farewell † [rpg] - Nelka - 05-06-2014

Son stock de clopes baissait de manière alarmante. An, d'un geste sec, remonta de quelques crans la fermeture de son corsage qui lui pendait entre les seins, histoire de refermer un peu l'accès. Y avait pas marqué self service.
- Toi, tu es la pote, Peter, confirma-t-elle le plus sérieusement du monde, sans une once de sarcasme dans la voix. Prostitution des neurones, j'appelle ça.
Il avait vendu à la Guilde son cerveau si brillant, si éblouissant, et elle n'avait eu que son corps monnayer. Chacun ses armes, chacun sa voie. Même si parfois, elle sentait que Peter éprouvait un certain mépris envers elle et sa condition, elle était loin d'en prendre ombrage. Elle trouvait même jouissif de lui imposer sa présence à ses côtés. Elle avait joué de telle façon que tous les porcs du Conseil soient obligés de siéger à côté d'une fille de joie. Partager le pouvoir avec une traînée. Prendre en compte une traînée. Diriger avec une putain.
Elle ne leur avait pas laissé le choix.
- Le jour où tu deviens incontinent, Pete, rappelle moi de te descendre. J'ai pas envie d'avoir à te mettre des couches, fit-elle d'une voix traînante, tirant une ultime bouffée sur sa cigarette mourante.
Ils allaient épuiser son paquet, à cette vitesse là. C'était que les mexicaines, on les trouvait pas à tous les coins de rue. S'ils ne voulaient pas avoir à se mettre aux américaines sans goût, ils feraient bien de réfréner leur consommation.


Un sourire douloureux vint s'épanouir sur les lèvres de Drake, tandis qu'il détaillait méticuleusement chacun des traits de son frère, bercé par ses paroles. Réalisant tout d'un coup que c'étaient ces mots, précisément ces mots, qu'il avait voulu entendre toute sa vie. Ces mots, de cette bouche. Cette nuit là. Dans ce bus.
Il n'était venu au monde que pour entendre ces paroles.
Comment se faisait il que pendant toutes ces années, toutes ces années perdues, il ait couru après l'impossible sans réaliser que tout était si simple. En fin de course, c'était si facile, à portée de main, trois petits mots de Jude, trois pauvres petits amas de lettres bien choisies. Et il n'avait besoin de rien d'autre.
Il avait perdu tant de temps.
Il leur avait fait perdre tant d'années.
Il aurait aimé tout mettre sur le dos de leur maladie, mais c'était un peu facile. Tout ce qu'il était possible de dire, c'était que, d'une manière ou d'une autre, sa propre mort l'avait réinitialisé. Il voyait mieux qu'il n'avait jamais vu, et il n'était pas décidé à laisser filer sa lucidité.
Se rencognant contre le dossier du siège défoncé du bus, serrant Jude entre ses bras comme lorsqu'il avait dix ans, enfouissant son nez dans ses cheveux, son sourire, pour une fois dénué de tout cynisme, toujours aux lèvres, il lui semblait toucher une forme de bonheur telle qu'il ne l'avait jamais connu avant. Ou bien de trop brèves secondes, un canif dans le ventre jusqu'au manche, crachant du sang et la vue déjà obscurcie.
- Je vais mieux maintenant, j'ai compris, je crois, souffla-t-il, j'ai compris, je peux gérer. Je peux aller bien, je vais arrêter mes conneries.
Je vais arrêter de te blesser, Jude.
De toutes les manières possibles et imaginables.
Qu'il s'endorme, là, entre ses bras, qu'il passe une nuit paisible.
Qu'il puisse le protéger, toujours. Que le bourreau se fasse bouclier.
Oui, il pourrait gérer.



RE: Farewell † [rpg] - colory - 06-06-2014

Peter s'amusa comme un gamin de 16ans à faire des petits ronds de fumée dans les airs.
- Oh, charmant. Très charmant. Je sens la gentillesse qui coule en toi! Dit-il en passant une main dans ses cheveux. Prostitution des neurones, j'aime bien cette expression, ça me correspond assez. Et elle c'était prostitution tout court, à chacun son truc la vieille. Nan mais j'aurais toute une flopée de femmes de chambres latinas pour me le faire. Et j'en engagerai une chinoise aussi pour me rappeler ton délicieux toucher si délicat et plein de tendresse! Dit-il en riant.


RE: Farewell † [rpg] - Aeoverse - 07-06-2014

post de Cannelle :

Il était pas sérieux, le ptit jaune là, à lui faire taper crise cardiaque sur crise cardiaque. Leo avait le souffle court, bien plus court que la machine humaine qui lui servait de pote. Tentant désespérément de retrouver un rythme cardiaque normal, maintenant qu'ils étaient à l'abri, il laissa échapper un petit rire en levant les yeux vers Shang.
-C'est comique, très comique, vraiment, grinça-t-il entre deux respirations saccadées ; il avait bien conscience d'être le seul des deux à avoir couru un réel danger au cours de cette expédition.
Il s'interrompit dans son sarcasme. Sur le flanc du Chinois, il venait de remarquer une fleur rouge qui s'étendait de plus en plus. Imbibant le tissu de son t-shirt, auréolant son côté d'écarlate.
-Shang, mec... Commença-t-il, les yeux rivés sur la tâche pourpre, qui, lentement, prenait de l'ampleur. Ça avait l'air sérieux. Une entaille profonde, pour laisser échapper un flot de sang pareil. Et ce con, cet abruti d'immunisé à la douleur, il le sentait même pas. Il avait dû se faire ça en effleurant la vitrine éclatée, ou quelque chose comme ça, et il n'avait même pas senti ses chairs se déchirer. S'il n'y avait pas eu Leo pour le remarquer, il aurait aussi bien pu se vider tranquillement de son sang sans s'en rendre compte.
Bon dieu.
-T'es blessé, face de citron, indiqua-t-il en désignant son t-shirt qui se teignait spontanément en rouge. Muté peut-être mais pas bien doué, hein. Allez assieds-toi, le noiche, je vais t'arranger, en attendant qu'on puisse sortir de ce trou.. Il désigna une table à Shang, qui ferait bien office de table d'opération, avant de se mettre à farfouiller dans la pièce à la recherche de quelque chose qui puisse faire office de matériel médical. Par chance, ils avaient l'air de s'être réfugiés dans un ancien atelier de couture. Dans un tiroir, sous une machine à coudre du siècle dernier, Leo trouva du fil et une aiguille à peu près présentables. La suture au fil de soie, il avait jamais tenté. C'était une case de plus à cocher sur la liste de ses expérimentations médicales.
-J'crois qu'on fera l'impasse sur le désinfectant, fit-il en s'approchant aiguille en main. Avec une paire de ciseaux de couture, il découpa grossièrement le t-shirt du chinois pour éviter d'avoir à le faire glisser sur la plaie. Avec un inexplicable frisson dans l'échine (sûrement dû à la fraîcheur de l'air sur sa peau nue, mais si), il révéla le torse miel de Shang, à la musculature ciselé seulement marquée par un tatouage dragon (chinois, prévisible) qui s'étendait sur sa poitrine, et une entaille dégueulasse qui lui bouffait le flanc.
-C'est mignon, le gros serpent avec des ailes que t'as sur les pecs, sourit-il en lui plantant l'aiguille dans la chair, rapprochant les deux pans de peau. La dernière fois qu'il avait participé à une scène de ce genre, c'était lui le recousu, et son infirmière s'était pas privée pour lui faire souffrir le martyre (cc hailie -bon certes, il l'avait bien cherché ok) . Là, au moins, il était certain de pas faire mal à son sujet.
C'était proprement magie.
-Tu sens vraiment rien ? Demanda-t-il, émerveillé, transperçant de nouveau la chair.


______


Et sans qu'il ne sache réellement comment, Shang se retrouvait complètement torse-poil devant un Leo qui semblait particulièrement motivé à la couture de son entaille, quelque chose du genre. Commençons par le commencement, comment s'était-il fait cette connerie, encore ? Heureusement qu'il avait stipulé avant de rentrer dans la machine à charcuter les jeunes chinois qu'être rafistolé n'avait absolument rien d'élégant. À moins d'estimer l'échelle de l'élégance de ces bons gros mexicains pour qui Shang eut une pensée soudainement (sans doute parce que Juan Le Blaireau était couvert de cicatrices en tout genre, et que lui les exhibaient comme des victoires de guerres avec fierté). Soit, le bridé resterait donc silencieux sur le sujet, après tout, il faisait un minimum confiance en l'expertise médicale de son pote et espérait qu'avec lui, sa marque ressemblerait plus ou moins à quelque chose de potable. En ce qui concernait son tatouage, Shang ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. En effet, le petit Dragon, dans ses jeunes années, avait fait tatouer quelques symboliques du côté de son cœur, comme un bouclier à sa vie, peut-être. Et le stéréotype de la Chine et du dragon n'enlevait en rien la puissance de sa signification : un puissant dragon pour une puissante personne, qui valait pour lui plus que sa propre vie. Et sa marque le révélait bien d'un «Je mourrais pour elle» loin d'être implicite.
-Le jour où tu découvres ce que ce gros serpent avec des ailes, signifie, mec je te jure : casse-toi loin d'ici. D'où le chinois que trop peu de personnes à l'Ouest du monde étaient à même de comprendre, y compris Leo. Parce que personne ne devait savoir : il le lui avait promis. Et le sujet de son immunité était parvenu aux lèvres du brun. Lèvres que Shang se surprenait bien trop souvent à parcourir langoureusement de par les deux billes couleur encre qui lui servait d'yeux. S'il reculait un peu son visage aussi, l'autre abruti, très certainement Shang n'y prêterait aucune intention. Certes, il voulait aider, reboucher cette putain de grosse déchirure rouge sur son épaule et stopper sa perte de sang (ça aurait été con que sur le chemin du retour, Shang tombe au sol parce que vidé de son liquide vital), mais qu'il s'éloigne un minimum. Il y avait pas des distances de sécurité obligatoires en présence de chinois cannibale ?
-Tu pourrais me couper les coquilles que je m'en rendrais pas compte, répondit-il finalement. Parce que c'était la stricte vérité, et que les proportions de la surface de son corps où le bridé pouvait ressentir quoi que ce soit s'élevait tout bonnement à un gros zéro pour-cent. Et oui, ça pouvait faire rêver.

Nous étions bien loin de l'agitation qu'avait provoqué le séisme Drake Sheridan (largement au-dessus du niveau dix de l'échelle de Richter, il en convenait certainement), des hurlements d'horreur et autres volées d'insultes. Nous étions bien loin de la remontée amère de souvenirs horripilants et submersion du désir de vengeance. Et Jill était encore plus loin de Jude que jamais elle ne l'avait été. Lorsque même elle l'avait cru mort, jamais n'avait-elle ressentit de sentiments aussi insupportables que celui qu'elle s'efforçait à nier à l'instant. Autrefois, il l'avait haï parce qu'il avait cru des rumeurs infondées. Aujourd'hui il la rejetait, la quittait, parce qu'il aimait son monstre de frère plus qu'il ne l'aimait elle. C'était une idée irréfutable : Drake était pire que la Mort. La blonde prolongeait inlassablement ses baisers avec Connor, car il était étrangement le seul avec qui elle avait présentement envie d'être. Et que ses yeux posés sur elle, elle en était sûre, lui assurait une certaine protection contre les atrocités qu'elle avait vécues, ou qu'elle vivait actuellement.
-Être en compagnie d'un homme qui pense peut-être à ses ébats précédents là tout de suite.. Fit-elle remarquer, les mots plus ironiques qu'ils n'étaient réellement agressifs. Soit, je suis peut-être chanceuse. Et un léger sourire étira ses lèvres, bien que le contexte de sa vie n'en présageait aucun, et elle passa ses mains sous le haut de Connor, aguicheuse. Allez, montre moi à quel point je le suis.



RE: Farewell † [rpg] - Claaudie - 08-06-2014

Tom croisa le regard glacial de Fennec. Il le supporta plusieurs secondes dans un silence éteint, le visage figé dans une expression vide de tout sentiments. Il ne voulait pas le dire. Parler signifierait les condamner tous. Et ils ne connaissaient pas ce qui les attendait de l'autre côté de l'Océan. Ils n'y connaissaient rien, en réalité. Si Tom savait parfaitement que Fennec n'était pas dupe, si le regard qu'il posait sur lui à l'instant précis pesait comme un fardeau au dessus de sa tête, il ne pouvait pas se convaincre de le jeter dans la cage aux lions. Il ne pouvait pas, parce qu'au delà de toutes les horreurs qu'on lui avait présenté de ce monde, Fennec devait bien être la meilleure chose qui lui soit jamais arrivée.
- Je l'ai laissé à Atlanta. Se contenta de répondre Tom, avant de relever ses yeux clairs en direction du blond, ignorant Matthew qui lui balançait des insultes en pleine tête.
- Putain et pourquoi t'as fait un truc pareil ? Ils veulent le récupérer aussi ? Rah putain de merde, Grommela d'ailleurs le tatoué, avant de passer une main sur son visage, dépité. J'ai raison ou pas sonar ?
Tom ne répondit pas tout de suite. Il savait très bien, de toute façon, qu'ils avaient beau être des énormes brutes, Fennec n'était pas stupide au point de ne pas constater qu'il mentait. Alors il lui fallait trouver quelque chose. Une idée qui, si elle ne le décourageait pas de partir à la conquête de l'Europe, le ralentirait un peu.
- Bon, l'handicapé, tu parles ? Coupa violemment Dobson, pour le frapper au visage, ce qui eut pour effet de lui faire cracher du sang. Un arrière goût métallique vint emplir le fond de sa gorge, Tom ne grimaça même pas, c'était dire que ce genre de chose ne l'atteignait plus. Au contraire, il se contenta d'un sourire malicieux, et d'un regard rieur. Ce dernier s'accentua lorsqu'il posa son attention sur Fennec, masquant sa peur et sa nervosité derrière un masque bourré d'assurance et de sous-entendus. Il avait une idée, évidemment.
- Je suis supposé être là pour vous garder en vie, Rétorqua Tom, sans quitter Fennec du regard. "Supposé" parce que ce n'était pas vraiment ce à quoi il s'était principalement occupé, ces derniers jours. Mais il y a certaine choses qui, parfois, passe un peu à la trappe, S'empressa-t-il d'ajouter, avant de se mettre debout pour faire face au blond, sans aucune gêne. SI tu y vas, j'y vais. Vous aurez de toute façon besoin de quelqu'un pour vous guider, Déclara-t-il, sans regarder Matthew, Et je serai là pour m'assurer que personne n'oublie quoi que se soit. Ce fut à plusieurs millimètres de Fennec, que s'arrêta son visage. La scène dura plusieurs secondes, secondes durant lesquelles Matthew haussa un sourcil perplexe en se demandant ce qu'avait ce taré avec la mafia, pour finalement le tirer par le col en arrière, choisissant alors d'aider son nouvel allié. Alors si Tom semblait avoir repris les mêmes manières qu'à leur première rencontre, il venait en réalité de perdre le peu d'espoir qu'il lui restait. La quantité de sang qui venait amèrement s'écraser à l'intérieur de sa bouche, en disait bien trop long sur ce qu'il était capable de faire, à partir de maintenant, pour les protéger. Le protéger.



RE: Farewell † [rpg] - Xuu - 09-06-2014

Et Fennec soutint son regard, ne cilla pas, ne le repoussa pas, espérant seulement écraser Tom sous le poids de sa détermination inflexible. Évidemment, qu'ils iraient trouver Greyson. Cette nuit même, parce que se battre contre un ennemi invisible impliquait s'apprêter à parer à toute éventualité, et à toujours avoir une longueur d'avance.
S'il ignorait l'identité de ses détracteurs, Fennec comptait bien compenser ses lacunes en s'emparant de tout ce qui pourrait éventuellement leur donner avantage. Il observa encore Tom d'un air mauvais, lorsque Matthew l'écarta de lui. Il n'avait pas le temps pour de futiles conneries comme les caprices d'un mec effrayé. Et il n'avait plus le temps pour les escales touristiques à Dallas.
Aussi, en lançant un regard entendu à Dobson, tourna-t-il le dos à la scène, pour rejoindre en trois pas l'intérieur de l'appart des Bass. Le blond ignora tout autant les protestations qu'on lui adressa que les regards abattus de chacun, pour défoncer sobrement la porte derrière laquelle il savait pouvoir trouver ses deux collègues mafieux.
Et ils étaient bien là, à ne rien foutre, comme d'habitude. Il coupa court à toute interrogation par un "on s'arrache." ferme et bien placé. Sans attendre de réponse à ses directives, Fennec retourna s'emparer de ses dus, flingues et mitrailleuses et autres rudiments, assez d'arme pour faire exploser une balance, et sans un regard au reste des figurants parasites du salon (parce qu'à leur égard son intérêt était plutôt inexistant), suivi de Peter et An, il quitta finalement de la demeure des Bass pour de bon, et pour ne jamais y revenir.
-Faut Sheridan, adressa-t-il à Matthew, qui avait avancé à leur hauteur deux caisses, dont l'éternel 4x4 bleu de Fennec.
Une question resta en suspens néanmoins : et le cadet Sheridan ?
Ah non hein, Fennec voulait du boulot pro, ras le cul de tergiverser et s'encombrer d'éléments inutiles, ils allaient pas se le taper, quand même. Aussi, ce fut en râlant, que, dégommant au passage un mort, il escalada le siège conducteur de son 4x4.
Et hors de question que Tom monte dans sa caisse. Merde.



RE: Farewell † [rpg] - Claaudie - 12-06-2014

Il devait bien être cinq heures du matin. Peut-être un peu plus, ça faisait un temps déjà qu'il essayait plus de comprendre. Adosser à l'un des véhicules de l'autre troupeau de mafieux, Matthew fumait sa clope, en se demandant sérieusement comment ils allaient tous faire pour retrouver Greyson. Déjà que les informations que venaient de leur fournir l'autre malade mental étaient pas totalement fiables à ses yeux, il faudrait aussi prendre en compte les potentiels tarés de l'autre secte qu'ils croiseraient sur leur passage, et tout portait à croire qu'ils étaient nombreux.
En réalité, il se foutait bien des dommages que leur probable montée au pouvoir pourrait engendrer. Il y avait une très grande différence entre ce qu'ils comptaient faire de ce pays, et ce que l'Europe entreprenait depuis des années de l'autre côté de la planète. Et cette différence se trouvait dans le fait même qu'ils ne mentaient à personne, et qu'on saurait, évidemment, que l'arrivée du Mexique à Atlanta n'avait rien de pacifique. Il y aurait des révoltes, c'était certain et ça n'avait absolument rien de surprenant, mais comme pour toute dictature qui se respecte, les révoltes seraient très rapidement écrasées. La "Ligue" -puisque c'était le terme que Drake avait employé en lui expliquant tout l'intérêt de leur union-, dépassait tant en nombre qu'en ordre. Utiliser la force pour écraser toute rébellion n'aurait rien de difficile. Maintenir la stabilité sur un continent entièrement ravagé par une Apocalypse qui venait tout juste de reprendre ses droits, serait une partie bien plus compliqué. Ces Européens devaient se douter de leur entreprise, si ce n'était pas déjà qu'ils la prévoyaient depuis longtemps. Peut-être même qu'ils s'en étaient pris à Sheridan pour cette raison : Eviter les opposants. Lui n'avait pas été la cible de ces conneries parce qu'on ne le connaissait pas. De Fennec à Greyson, il n'avait absolument rien qui aurait pu porter atteinte aux plans de ces tarés, hormis peut-être les nombreuses qualités qu'il n'avait pas eu la chance d'utiliser à cause des fils de potes qui avaient trouvé bon, treize ans plus tôt, de le vider de son sang. Peut-être qu'il était chanceux, en somme. Il avait manqué des années de reconstruction, et n'avait pas eu la chance d'observer toute l'oeuvre de ses "alliés" sur les Etats-Unis. Son retour à la vie, aussi invraisemblable puisse-t-il l'être, l'avait rappelé dans un monde complètement détruit. Ici, on se démarquait que par la force. La force et l'intelligence, deux choses qu'ils semblaient, ensemble, déjà apte à manier à merveille. Il y aurait des différences d'intérêt, c'était évidant lorsqu'on voyait la gueule de Fennec lorsqu'il s'agissait de Sheridan, ou sa propre gueule quand il devait supporter le psychopathe qui tapait l'amitié avec l'autre mafieux, mais ça aurait ses effets positifs.
- J'dois parler aux Sheridans. Fit-il, à l'intention du mec qui semblait monter la garde, juste à côté. Si Matthew captait pas pourquoi les mafieux tiraient tous de vieilles gueules de psychopathes dans ce trou perdu qu'était devenu Dallas -y'avait pas une seule âme de vivante depuis le raz-de-marée des morts-vivants-, il savait aussi que ça aurait du bon : Éloigner l'autre groupe de bisounours qui créchait un peu plus haut dans le bâtiment d'en face, des alentours de l'extérieur. L'intéressé sembla juste hocher la tête. Peut-être que dans la mesure où il commençait à s'entretenir plus souvent avec leur chef, on lui faisait beaucoup plus confiance. Occupe-toi de retrouver Tom, et fous le dans une voiture (fais lui fermer sa gueule), j'pense qu'on va pas tarder à partir. L'intéressé se contenta d'un hochement de tête, fit signe à un autre, qui en fit de même, et ainsi de suite -encore une fois il cherchait plus à comprendre-. Matthew se dirigea vers le bus où dormaient les deux frères. Se serait peut-être pas la chose la plus intelligente à faire, mais il fallait bien qu'il sache si Drake voulait suivre ou pas. D'autant plus qu'il retardait leur départ depuis des heures.
- Hé, les deux frères, Coupa-t-il, en ouvrant la portière, un peu maladroitement, certes, mais clairement sûr de lui. On se barre à Atlanta. Y'a l'autre fou de l'Europe, là, on l'a interrogé et apparemment Greyson est en vie bref longue histoire. Balança-t-il, d'une traite, en posant son regard sur les deux bruns qui dormaient l'un sur l'autre. Encore une fois, ça n'avait rien d'anormal, il captait plus ou moins dans quel trip les Sheridans se trouvaient. Enfin leur relation avait rien de choquant, et Matthew était loin d'être quelqu'un de facilement impressionnable. Il connaissait Drake, il se souvenait de Jude, il avait rien contre eux dans la mesure où ils faisaient tout les deux partie de la case "alliés". Donc Drake faut qu'on parle si t'as le temps, Pas de réaction. Ils dormaient ou ils captaient rien. Sûrement la deuxième option. Soit on se barre sans toi et tu nous rejoins, soit on t'attend, mais vu la gueule des autres, j'pense qu'il vaut mieux qu'on se barre avant qu'ils pètent un câble. De toute façon t'auras pas de mal à nous trouver là-bas. Un sourire étira ses lèvres.
On entendrait bien vite parler d'eux.

Tom attendait, de l'autre côté de la rue, que quelqu'un vienne le chercher. Hormis l'énorme parking qui avait pris place juste sous ses yeux, et en face de l'immeuble, il n'y avait pas grand chose d'intéressant à faire, tout seul au milieu de nulle part. Et puis les zombies étaient rentrés dans les bâtiments déserts jusque là, et ne semblaient plus d'humeur à sortir. Alors il s'ennuyait, et il se demandait où était Fennec, aussi, parce qu'il n'avait pas oublié son idée, et que cette dernière consistait simplement à le faire abandonner cette mission stupide qu'il s'était planté à l'intérieur de son crâne de petit mafieux.
Fennec n'irait pas en Europe.
Et si Fennec décidait d'aller se battre contre l'Europe, et bien Tom l'en empêcherait.
- Hé ! Gueula un des hommes du blond, en se dandinant jusqu'à l'espèce de lit de fortune que Tom avait construit sur le trottoir (en fait il avait simplement pris la peine de s'allonger par terre et de fixer le ciel tout à fait tranquillement). Ramènes-toi ! La voix rauque et complètement bourrue qui l'interpella, lui fit froncer les sourcils. Il se redressa, passa une main sur son visage, et dés qu'il fut d'humeur à esquisser un sourire convaincant, la figure de son interlocuteur sembla se détruire en une expression glaciale, clairement agacée.
- Très bien, très bien j'arrive, Lâcha Tom, empruntant un ton faussement ennuyé. Pas besoin d'hurler. Et suivant ce qu'il disait, Tom se dressa tranquillement sur ses pieds, pour suivre celui qui venait de lui adresser la parole (donner un ordre sonnait mieux). Ce fut une fois qu'il dépassèrent les premiers véhicules, que le regard de Tom divagua d'une voiture à une autre. Ce n'était pas n'importe quel tas de ferrailles qu'il cherchait.
- Ici. Ordonna celui qui l'accompagnait, pour pointer du doigt l'intérieur d'une voiture quelconque.
- Je veux bien mais apportez moi un oreiller, mon brave, parce que cet endroit et au moins pire que le trottoir. Se plaignit Tom, en fronçant les sourcils, faussement agacé. Allez, allez, faites donc et vite s'il vous plait.
- TA GUEULE. Gueula l'autre, en le poussant violemment à l'intérieur, claquant la porte assez brutalement pour le plaquer de l'autre côté du véhicule.
- J'ai beaucoup d'amour pour toi aussi. Commenta Tom, en quittant ses manières et en se redressant pour chercher une issue de secours. Déjà, et vu ses premiers essais : Tout était fermé. Bien. Il devrait trouver un moyen de sortir, de toute façon, il n'avait pas le choix : Hors de question qu'il passe le trajet loin de Fennec. Lentement, Tom passa une main dans une de ses poches. Et il avait beaucoup de poches. Ça servait à cacher les explosifs, habituellement, mais il en avait plus. Alors quand il réussit à atteindre une petite épingle, son regard s'illumina. Si il avait toujours une longueur d'avance sur ses adversaires, ça n'était pas pour rien.
- Je vais bien mon amour ! Hurla-t-il, au mafieux qui gardait la voiture et qui lança un regard curieux dans sa direction. L'intéressé poussa un soupire las, détourna le regard, presque vexé. Il suffisait simplement de ponctuer ses phrases de surnoms affectifs pour faire fuir la mafia entière de Matamaros. C'était ce que Tom avait plus ou moins compris, au fil du temps. Un petit clic métallique se fit entendre, l'alertant qu'il avait réussit à ouvrir la porte, et lorsque son garde du corps rapprocha sa tête de la vitre dans un froncement de sourcils, il entreprit, avec autant douceur qu'il n'avait employé en l'envoyant valser en arrière, un peu plus tôt, de lui claquer la portière en plein dans le front.
En quelques secondes, le tatoué fut à terre, et tous ses muscles avec.
Tom, tranquillement encore une fois, sortit du véhicule. Il réajusta très rapidement le col de sa veste, pour attraper le corps inconscient du garçon qui était censé le garder, et pour le mettre sans grande peine à l'intérieur de la voiture. Ensuite, il claqua la portière, et entreprit de traverser l'espèce de parking ambulant, à la recherche de Fennec. Il suffisait de cacher son visage pour ne pas se faire repérer. Et puis, tout le monde le croyait enfermé, alors il lui semblait qu'on ne faisait plus vraiment attention.
- Bouh. Interpella Tom, en entrant dans la voiture du blond avec habilité, pour glisser son visage près de ses oreilles. J'arrivais mieux à dormir, hier soir, quand tu étais avec moi. Pourquoi est-ce que tu m'éloignes ? Il tira une moue, souffla contre son oreille, pour se décaler, en souriant. Je m'inquiète, Fennec. Je m'inquiète beaucoup.


Tout le monde devait dormir. Il savait plus trop quelle heure il était, mais c'était certain : Tout le monde dormait. Depuis plusieurs heures, Nate avait pas entendu un bruit. Peut-être qu'il avait vaguement compris quand Haillie avait dû rentrer. Il savait plus trop, en fait. Tout ce qu'il captait c'était qu'il faisait nuit, et que les zombies avaient fini par se lasser de taper contre le grillage qui lui faisait face. Peut-être qu'ils avaient une conscience, eux-aussi. Ou peut-être que son état leur donnait même pas envie. En même temps, il devait être pas mal pitoyable, bouteille à la main, adossé contre le mur. D'ailleurs, il avait trouvé le tout contre une poubelle. Une vieille poubelle, pour un vieux mec qui arrivait même plus à se lever. Et à cause de quoi, en fait ? D'un pauvre gars qu'il avait eut le malheur d'aimer. Ça faisait mal, ça aussi, putain. Il voyait déjà la gueule de Jude, quand il le trouverait. Sûrement qu'il le prendrait pour un con, si c'était pas ce qu'il s'était contenté de faire depuis le début. Sûrement, ouais, et puis il l'abandonnerait, de toute façon, ils en étaient plus vraiment à ça près. Ça faisait combien de fois, déjà, qu'on les empêchait d'être heureux ? La quatrième, au moins. La quatrième, et peut-être la dernière.
- Nate ? Fit une voix familière, au niveau de la porte qui menait vers l'intérieur. C'était pas difficile de reconnaître Ale, en particulier parce qu'il avait la voix tremblante. Et pourquoi elle était tremblante, sa voix ? Il avait rien fait de mal. Comme tout le monde, il subissait, et puis il se contentait de regarder le monde entier s'écrouler sous ses yeux, et de voir chacune des personnes qu'il aimait se barrer. Pour ça, ils étaient tous des putains d'experts. Nate baissa les yeux sur sa jambe. Il se forçait à tenir debout, apparemment, vu la main qu'il avait disposé sur le mur à sa droite, et vu sa position maladroite qui semblait être censée l'aider à mieux avancer vers lui. Ouais, je sais ce que tu penses : Je suis une merde. Mais en fait, Dobson m'a tiré dessus. C'était le bordel tout à l'heure. T'aurais pas dû rester seul. Nate ne répondit pas, alla porter sa bouteille à sa bouche, se contenta de fixer le grillage, encore, parce que ça n'avait même pas de sens, de répondre à une chose pareille. Il aurait fait quoi, si il était remonté ? Il aurait dit quoi ? Il les aurait rassuré, tous ? Il aurait voulu péter la gueule à Matthew, et aurait simplement dû supporter tout leurs regards plein de compassion ? Il en avait marre, de tout ça. Il en pouvait plus.
- Ouais. Répondit-il, la voix rauque, probablement parce qu'il avait pas dit un mot depuis des heures, et qu'il s’était carrément vidé de larmes comme un con, aussi.
- T'as pas de meilleure réponse que ça, vraiment ? Ironisa Ale, en s'asseyant à côté de lui avec peine, pour tendre la main et lui arracher sa bouteille des mains. Et c'est quoi cette merde ? Sérieusement, ça date de combien d'années ? Au moins dix ans... Tu te rends compte, t'es en train de boire une bouteille qui date de deux mille seize mon gars. Si j'étais pas en train de me vider de mon sang, je ferai pas confiance à ce truc. Et dans un sourire amusé, il en avala plusieurs gorgées. Nate eut envie de sourire, mais se contenta d'un rictus à peine convaincant.
- Les autres... Les autres ça va ? Réussit-il à articuler, sans le regarder, en se contentant de fixer un point invisible en face de lui, encore une fois, alors qu'au lieu d'un désert plat et trop calme, il imaginait la gueule de con de Sheridan, qui s'était probablement déjà barré, et qui devait être bien tranquille avec son frère. Avec celui qui avait bien faillit tous les buter.
- J'crois, tout le monde dort, là. Bon, le dit pas à Ally, mais je sais pas quand je pourrai remarcher. Et il disait ça avec le sourire, en plus. Nate haussa simplement les épaules. Arrêtes de t'enfermer, Nate. Il va revenir, il a juste besoin de temps.
Cette phrase jeta un silence profond. Du temps. C'était ce qu'on leur avait offert sur un plateau doré, après la mort de James. On leur avait offert du temps, du temps pour arrêter de fuir, et il s'était imaginé que Jude aurait jamais eu envie de fuir. Il s'était imaginé avec lui, paumé au milieu des Etats-Unis, et bien loin de tout ces problèmes. Il s’était imaginé à des kilomètres de Dallas, des dizaines de milliers de kilomètres de ce trou paumé, et pourtant, il était toujours assit par terre, à côté d'une putain de poubelle dans cette putain de ville qui de toute façon, n'était plus qu'un champ de ruine. Un peu comme sa vie, si il avait jamais commencé à la construire un jour. Un instant, son regard dériva sur Ale. Il compris très vite qu'il était inquiet. Y'avait de quoi, celui qui avait martyriser la fille qu'il aimait venait de revenir à la vie. Pourquoi il jouait la comédie, si il était incapable de la tenir ? Il avait peur, lui-aussi. Il était terrifié. Je sais que t'en as rien à foutre des leçons de morales mais vu tous les mecs qu'il y a dehors, la mafia et tout le bordel, ça m'étonnerait qu'il soit bien loin. Il partirait pas sans dire au revoir.
- Ça serait pas la première fois. Ironisa Nate, en lâchant un rire tremblant, nerveux, même plus assuré. Il m'a carrément oublié, l'autre jour, tu te souviens ?
Il avait trop bien vu toutes les merdes que lui avait infligé la mort de Drake. Il avait trop bien vu ce que ça avait entraîné, et ce qui avait suivi. Il avait été témoin de ça, alors maintenant que Drake était en vie, qui sait ce que Jude serait capable de faire, qui sait ce qu'il pourrait lui arriver, qui sait ce que lui, pourrait devenir.
- Mais après il s'est souvenu de toi... Tu sais bien qu'on a tous des putains de vies de merde, mais ça fini toujours par aller mieux. Affirma Ale, en reposant la bouteille entre eux.
- J'ai pas envie que ça aille mieux. Déclara finalement Nate, en l'attrapant à son tour, pour la porter à ses lèvres. J'ai juste envie que ça s'arrête.


Côme ouvrit très légèrement les yeux, en entendant une porte claquer. C'était rien à côté du boucan que les autres mafieux faisaient, devant le bâtiment, mais c'était quelque chose, parce que ça venait de l'intérieur. Il se redressa légèrement, compris alors que l'un des Blavatsky était sorti dehors. Il ne chercha pas à savoir pourquoi. Allongé sur le canapé, il sentit alors une présence, à quelques centimètres de son visage. Ce fut à cet instant précis, qu'un bref sourire étira son visage fatigué. Il se mit alors à fixer le visage complètement endormi de Petra, serein, peut-être pour la première fois de sa vie. Il savait parfaitement que ça ne durerait pas. Ça semblait bien trop beau pour être vrai, de toute manière. Il n'y avait qu'à voir la quantité de merdes qui leur tombait sur la gueule, tout les jours. Les autres avaient vaguement expliqué qui était l'intrus. Côme le reconnaissait, il n'était pas stupide, mais au début, il n'avait pas compris ce qu'avait pu faire Drake Sheridan à la plupart des membres du groupe. Là, il avait aussi compris que ce n'était pas la première fois qu'ils vivaient tous ce genre d'épreuve, et si un jour, quelques mois plus tôt, ne serait-ce qu'une année auparavant, on lui aurait affirmé qu'il ressentirait de la compassion pour quelqu'un d'autre que lui-même, il aurait rit. A l'instant, il se demandait vraiment comment est-ce qu'ils tenaient tous le coup. C'était seulement lorsqu'il reportait son attention sur Petra, qu'il finissait par trouver la solution à ses interrogations. Parfois, il doutait, et il se demandait aussi, ce qu'elle en pensait. De ce qu'ils faisaient. De ce qu'il s'était passé. De James. Il se demandait, et il finissait par abandonner, parce qu'affronter ce genre de questionnement au milieu d'un bordel pareil, n'était même pas supportable. Il avait pas oublié les regards qu'elle avait posé sur lui, et ce qu'il avait aussi pris la peine de lui dire, comme un con. Et ça non plus, il ne l'aurait jamais imaginé : Quand il l'avait embrassé, ça avait été quelque chose d'humainement nécessaire. Un déclic, un réflex stupide et naïf qu'il ne regrettait pas. Pour rien au monde.
- Oups, pardon désolé... Ahahahahaha...Fit une voix, au milieu du salon, une silhouette qui manqua aussi de se casser la gueule sur les autres qui dormaient autour. Certes, l'endroit ressemblait à un dortoirs humains, mais c'était pas une raison pour pas être discret.
Côme se redressa, en fronçant clairement les sourcils, et en plissant aussi les yeux pour mieux percevoir l'intéressé.
Will .
Il aurait dû s'en douter, aussi, quand le garçon se mit à marcher vers la porte pour entreprendre de sortir de l'appart, Côme se mit sur ses pieds avec un automatisme certain. Il ne supportait pas cet handicapé, mais il n'allait tout de même pas le laisser faire sa petite marche de santé à l'extérieur, alors qu'en plus des zombies, une bande de mafieux assoifé de sang zonait juste en bas du bâtiment.


Il ne réussissait pas à dormir. C'était énervant, mais depuis la nuit d'hier, Will ne cessait de se dire qu'il était un fardeau, et un risque, aussi, pour Bronwyn. Puisqu'il se sentait bête et coupable, il avait juste choisi de foutre le pied dehors, et de gambader tranquillement à l'extérieur. Au moins, si on comptait pas tout les mecs baraqués et tatoués qui attendaient de manière flippante autour du bâtiment, il était tranquille. Tranquille et certain qu'il tuerait personne, aussi. Parce que ça commençait à être ennuyant, ce genre de truc.
- Toi là ! Qu'est-ce que tu fou ici ?! Gueula une grosse voix aux accents mexicains, juste derrière lui. A peine avant qu'il ne décide de se retourner, Will compris qu'il était mal barré.
- Je... Je marche, je... J'viens de là-haut... Répliqua-t-il, alors, en pointant du doigt le lieu de vie des Bass, absolument pas crédible : Il devait avoir l'air fou. Enfin, tu m'as déjà vu, non ? J'suis le petit brun qui... Tu sais qui... Qui pète facilement des câbles pour pas grand chose et...
- Non. Non je t'ai jamais vu et on va aller demander aux autres ce qu'ils en pensent, hein, d'accord ? Rétorqua l'intéressé, hyper ironique, et surtout, hyper flippant.
Oh non. Jésus non. On allait l'envoyer face à l'autre malade, là. Fennec. Celui qui avait déjà essayé de les tuer au moins une bonne vingtaine de fois. Et en même temps, qui n'avait pas essayé de les tuer... MAIS QUAND MÊME ! Il voulait pas mourir. Pitié. Pitié pas Fennec. Pas Fennec. Pas Fennec. Pas Fennec. Pas Fennec. Pas Fennec. Pas Fennec. Pas Fennec. Pas Fennec. IL NE VOULAIT PAS SOUFFRIR.
- Dobson ! Gueula le gros tas de muscle qui se trouvait à sa droite, avant de faire signe à au mec en question de se ramener.
MERCI DIEU.
Et lorsque Will reconnu celui qui avait tiré en plein sur la jambe d'Ale, il manqua de faire une crise cardiaque. Et puis se ravisa, en se rendant compte qu'au moins, on l'emmenait pas voir Fennec. Il avait encore une chance de rester en vie. Le mafieux le terrifiait toujours, même si on l'avait laissé dormir à l'intérieur pendant plusieurs semaines. A force de côtoyer le groupe, Will finissait par comprendre que les ennemis restaient les ennemis, peu importe les circonstances. J'ai trouvé ça, tout seul, dehors, J'en fait quoi ?Et ce fut au tour du tatoué, de foutre un regard visiblement pas content du tout du tout de chez du tout, dans sa direction.
Bien.
En fait il allait vraiment mourir.
- Je sais pas, et je pense pas avoir une gueule à en avoir spécialement quelque chose à foutre putai...
- ATTENDEZ ! Hé ho !
Côme Anderson. Côme Anderson venait de sortir du bâtiment pour accourir dans leur direction. Le regard de Will s'illumina, et ses yeux se transformèrent en deux étoiles brillantes, pleine de joie et de vie. Il vivrait. Il vivrait sûrement.
- Bon écoutez, il s'est perdu, je pense pas qu'on doive en arriver à là, donc vous voulez pas plutôt que je m'occupe de le ramener à la maison, et puis vous vous débrouillez pour partir assez vite d'ici avant qu'on pète tous un...
- Woh, woh, woh, Anderson, tu vas ralentir là, je pige que dalle. Rétorqua Matthew, en passant une main visiblement lasse et très fatiguée sur son visage, pour lui faire signe de se stopper, et attraper son flingue, tout à fait naturellement. Je pige pas. Pourquoi on devrait laisser partir cet attardé alors qu'il gambade tranquillement sur nos terres ? Certes on doit se barrer bientôt, mais j'ai pas spécialement envie qu'il vienne se la jouer putain d'espion tout autour de nous, tu captes, sonar ? Temps de pause. Et puis donne moi une raison de ne pas te tuer maintenant.
Côme eut un tic agacé. Ah, tiens, lui aussi il captait pas grand chose. En même temps et depuis qu'il était parti avec le groupe, Will avait remarqué que leurs histoires étaient beaucoup trop compliquées. Et ce genre d'embrouille finissait toujours trop mal sans aucune raison.
- Mais je sais pas moi ! Il a une putain de gueule d'attardé mental, tu crois vraiment qu'il pourrait porter atteinte à tes plans, sérieux ?! Soupira Côme, agacé au possible. Et merde, mais putain pourquoi tu devrais me tuer, aussi ? Rah mais c'est pas possible, c'est un besoin de tirer sur tout ce qui bouge ici ou bien ?!
Mais Matthew ne fit même pas attention à ce qu'il disait. Clairement, il venait de piger un truc assez simple, pourtant, mais vu comment les choses avaient une trop forte tendance à partir en coquille, ces temps-ci, il finissait par assimiler avec plus de lenteur qu'à l'habitude.
James était en vie.
Son bras droit avec.
Et l'autre gamine aussi.
Alors tuer Côme Anderson n'était sûrement pas une bonne idée, et il voulait pas se faire défoncer les doigts parce qu'il avait fat une énorme connerie à cause de l'énervement et de la fatigue. Donc soit, il irait pas dire à Anderson que Greyson était de retour (il voulait pas que l'autre troupeau de pas-doués ne se ramène), mais il allait pas non plus le buter.
- D'accord, d'accord, d'accord, vous foutez le camp et vous faites pas chier. Grogna le tatoué, en passant une main sur son visage, au bord de la crise de nerf.
En fait cet endroit l'énervait. Il rêvait que d'une chose : Se barrer loin de ce trou à rat, loin de ces Bass de merde, loin de l'autre mec avec le trait sur la gueule, là, l'autre Katharina qu'il avait sûrement pas oublié et qui leur avait pas trop laisser le choix. Voilà il voulait se barrer loin de lui, entre autre.
Entre autre ouais.

- T'es complètement con c'est pas possible, t'es vraiment handicapé en fait.
- Putain... Grogna Nick, en entendant Côme, pour relever la tête, pile au moment où ce dernier débarquait à l'intérieur de la pièce, avec Will sous le bras. Et Will qui semblait bien complètement terrifié. Il se leva, entreprit d'aviser les autres, surtout Pandora, qui dormait à côté, mais n'allait surement pas tarder à se réveiller. Rapidement, il fit signe à Côme et Will en même temps, de la fermer, pour leur montrer la cuisine d'un signe de la main. Bon, ça semblait avoir servi de cuisine, mais ça ressemblait plus à rien maintenant.
- Il se passe quoi là ? Et c'est quoi cette tête ? Coupa court Nick, en s'appuyant contre le mur défoncé et par le temps, l'usure, mais aussi la végétation. L'appartement des Bass ressemblait à une sorte de mélange entre ce qu'avait été leur vie autrefois, avec les inconvénients des années qui défilaient trop vite. La végétation qui poussait de partout en faisait partie.
- Il a choisi d'aller faire un tour dehors, alors que la mafia a planté campement autour du bâtiment depuis des heures. Résultat ? Il a manqué de se faire buter...
Nick ne laissa pas Côme terminer sa phrase. Il fronça les sourcils, alla vers la première fenêtre qu'il pouvait trouver dans son champ de vision, pour l'ouvrir avec difficultés (elle était vieille elle-aussi), et se pencher vers la rue. Alors comme ça, Dobson et l'autre taré de Fennec avait choisi de les encercler alors que jusque là, ils leur avaient plus ou moins sauvé la peau ? C'était quoi ce gros bordel ? Et pourquoi il avait pas été mis au courant, du gros regroupement qui prenait place juste en face ?
- Mais qu'est-ce qu'ils foutent ?
- J'crois... J'crois qu'ils veulent partir... Enfin c'est ce que j'ai entendu... Ils veulent aller à Atlanta et...
- Atlanta ? L'interrompit Côme, tout de même assez bas pour ne pas réveiller les autres. En fait, Will avait vraiment fait l'espion. Bon inconsciemment, hein, parce qu'il était sûrement pas assez intelligent pour se rendre compte des informations précieuses qu'il leur livrait, mais quand même. Pourquoi Atlanta ?
Ça ne rappelait des bons souvenirs à personne, surtout lorsqu'il s'agissait de la ville qui avait de servit de centre à tout le pays durant la dictature de Greyson. Nick n'était pas con, il se doutait bien de ce qui pouvait traverser l'esprit de Côme.
- Putain, et ils vont faire quoi là-bas ? Hein ?
Will haussa les épaules. Lui, il voulait juste se balader tranquillement dehors. Il avait pas voulu rentrer dans leurs différents.
- Vous foutez quoi ? Ce fut la voix d'Haillie, qui entra à l'intérieur de la pièce en se frottant les yeux à l'aide de ses mains, qui les coupa dans leur discussion. Elle avisa Côme, se rendit compte ensuite qu'elle n'était peut-être pas la bienvenue dans cette discussion, puisqu'elle ne connaissait pas vraiment un seul des trois. Enfin Nick avait la même voix que son père, alors elle s'était imaginée qu'il était ici.
- A cette allure, tout le monde va se ramener et ça va être le bordel. Commenta Côme, en poussant un soupire. Et pour une fois qu'il se souciait des gens du groupe. Enfin c'était pour dire, la fille d'Ale et d'Ally devait bien avoir à peine treize ans, elle en faisait deux fois plus mentalement. Ce groupe était vraiment un attire-merde, dans le sens où ils n'avaient pas vécu un seul moment de répit depuis leur fuite.
- Y'a la mafia dehors, Coupa Nick, sans faire attention aux remarques visiblement pleines de reproches d'Anderson. Il savait même plus pourquoi il collaborait avec lui, alors de toute façon, pas besoin de chercher du sens à ce qu'il disait si la situation en elle-même n'en avait pas. Et ils prévoient d'aller à Atlanta.

Quand ils arrivèrent devant sa maison (parce qu'il s'agissait bien de son chez soit, et pas de celui du troupeau de vaches armées et tatouées de la tête au pied qui lui faisait face), Connor pu constater avec un grand plaisir (très grand, vraiment), qu'on leur bouchait le passage. Non, vraiment, il devait bien y avoir un énorme bouchon composé de chair humaine et de voiture toutes plus énormes les unes que les autres. Alors lentement, il déposa sa bouteille sur le côté, et fit signe à Jill de le suivre, un énorme sourire collé au visage. D'accord, d'accord, il était complètement défoncé mais c'était drôle, de voir un truc pareil devant chez lui. Ça faisait bien une semaine que y'avait pas eu ça, pour la simple et bonne raison que les zombies avaient repris du terrain, et qu'on avait fini par déserter la ville. Certes, d'ici à un mois au moins, tout le monde reviendrait (le prochain dictateur s'occuperait de dépolluer le pays comme l'avait fait Greyson), mais quand même, c'était drôle, alors il était un peu obligé d'aller leur parler.
- Hé toi ! Le petit gros là, ramènes-moi un mec avec qui je pourrai m'entretenir à propos de la grosse merde que vous avez foutu autour de mon territoire. Ça me plait pas, j'ai à lui parler. Gueula Connor, tout content de ce qu'il faisait, en tenant la main de Jill, pour carrément passer son bras autour de sa taille.
- Tu te fou de ma gueule... Commença le mec en question, en se rapprochant visiblement bien énervé (putain, ils avaient les nerfs en folie ces mafieux), pour que Dobson ne se pointe d'il ne savait pas où, l'air visiblement encore plus énervé que son compatriote mafieux.
- On va se barrer t'inquiètes pas, on prévoit d'aller à Atlanta, donc ferme ta gueule et rentre, Connor, fais pas chier, déjà que ton frère est pas vivable et que les abrutis qui te servent de potes arrêtent pas de traîner dans les parages... Tu voudrais pas me donner envie de t'éclater ta sale figure de sous-merde anti-système à la con.
Connor le fixa plusieurs instants, avant de passer une main sur sa bouche, et d'éclater de rire. Vraiment, cette fois. Et en plus de rire, il se mit à l’applaudir.
- Tu sais que t'as presque réussi à me faire peur, mais putain, quand t'es énervé, j'te jure que tu tire une gueule dégueulasse, Dobson, va falloir y remédier. Et pour en revenir aux faits, Déclara-t-il, plein de bonnes volontés, Vous êtes devant chez moi, vous foutez le bordel devant chez moi, et vous me pétez les coquilles (sauf toi, toi le gros je t'aime bien) sans même avoir l'air désolé. C'est difficile à pardonner, ça, Dobson. Surtout quand on sait que sans moi et "mon frère" comme tu dis, vous seriez déjà tous morts.
- Pardon ? Cracha Matthew, en se rapprochant de lui pour sortir son arme. Tu te fou de ma gueule là, sonar de Bass ? Tu crois que j'ai envie de déconner ? Et alors, il tira dans les airs. Comme ça, pour rien. Allez, on a plus qu'à attendre que tes potes se ramènent, et là on vous butera tous en douceur. Ça te dit ?
- Beaucoup, vraiment, Assura Connor, en continuant d'avancer, sans lâcher Jill, pour pousser un gars qui collait sa voiture, attraper la bouteille qui s'y trouvait, et se retourner vers Matthew, en la buvant. Mais j'ai d'autres plans en tête, comme aller dormir chez moi et vous regardez crécher dehors avec les zombies.



RE: Farewell † [rpg] - Agou - 13-06-2014

Un coup de feu. En plein milieu de la nuit.
En y réfléchissant bien, c'était précisément la raison pour laquelle Ally venait d'ouvrir les yeux, sans avoir aucune idée de l'heure qu'il pouvait être, ou encore pourquoi elle dormait avec son frère. Comme au tout début de l'apocalypse. Elle se redressa, fronça les sourcils, constata qu'il n'y avait aucune ambiguïté dans la façon dont ils avaient dormi, défronça les sourcils et leva les yeux vers la fenêtre. Ouais, ça lui revenait, maintenant. Le retour de Drake, Jude, Nate au fond du gouffre, Matthew qui avait tiré sur Ale... Putain. Et elle avait finalement du s'écrouler dans les bras de son frère, et le reste était assez flou. Elle aurait préféré tout oublier, à vrai dire. Réellement.
Rien de ce qu'il s'était passé la veille ne méritait de souvenirs.
- Ils ont exécuté Drake ? Demanda subitement le brun en ouvrant les yeux, alors qu'elle sortait de la pièce comme une furie, commençant à sérieusement paniquer.
- J'vais voir, répondit-elle avant de définitivement disparaître de son champ de vision.
La dernière fois que quelqu'un avait tiré, ça avait été sur son copain, et elle ne savait même pas si sa jambe irait bien dans les jours, semaines, mois à venir. Et ça n'aurait pas été la seule chose qui se serait cassé la gueule, à ce rythme-là. Toutes leurs vies semblaient se foutre en l'air en pilotage automatique, et ça ne faisait que commencer, elle en était persuadée. Comme si ils n'avaient encore rien vu, après tout ce qu'ils avaient vécu, comme si décidément ils n'en auraient jamais assez, comme si c'était comme ça que les choses devaient se passer.
Elle ne prit pas la peine de passer par le salon et dévala les escaliers pour déboucher sur l'extérieur, priant intérieurement pour que tout le monde soit encore vivant, parce qu'avoir un cœur qui battait semblait de plus en plus difficile à défendre, maintenant. Les tensions commençaient à les bouffer, c'était tout ce qu'il y avait de plus sérieux, et en venir au point de s'entre-tuer signifiait qu'ils avaient atteint le point de non-retour. C'était alarmant. Ils étaient quoi, des putains d'animaux, pour en arriver là ?!
Elle débarqua en plein milieu de l'entrée totalement envahie par des connards tous plus laids les uns que les autres, et en bouscula un sans regrets pour voir l'altercation entre Connor et Matthew. Elle se fit largement insulter par le mafieux (parmi la centaine d'autres qui devaient peupler l'endroit, sans rire) qu'elle ignora royalement, pour aviser la situation. Des bagnoles de partout, ok, oh et tiens Jill était là parmi eux.
- Me dîtes pas que c'est encore ce sonar de Dobson qui s'amuse avec son flingue, putain ?! Cracha-t-elle en le fusillant du regard, et en repoussant l'autre mexicain qui revenait à la charge. Et toi lâche-moi bordel ! C'est quoi votre problème, à tous ? Était-ce possible d'être aussi rapidement à bout de nerfs ? Visiblement, oui. C'était quelque chose qu'elle semblait faire très bien, certainement parce que la situation et l'ambiance était propice à péter un plomb. Ou alors qu'elle regrettait amèrement de ne pas avoir buté Matthew avant qu'il ne tente lui-même de buter Ale. Elle serra le poing et son regard se posa sur Connor, qui avait l'air toujours aussi tranquille, comme d'habitude. Sans réfléchir, elle s'avança vers lui, s'arrêta un instant en repensant à ce qu'elle lui avait dit, sans savoir si elle était gênée ou si elle avait sincèrement honte de la façon dont elle lui avait craché à la gueule. Tant pis, peut-être qu'il avait suffisamment de grammes d'alcool dans le sang pour oublier ce qu'elle avait fait. Hé, Connor, tu pourrais m'expliquer ce qu'il se passe, là ? Demanda-t-elle en avisant Dobson d'un œil hargneux, à deux doigts de se jeter sur lui. Vous vous êtes cru où, sérieux ? Vous étiez pas censés dégager de là ? Ouais, ils devaient même prendre Drake avec eux, si elle avait bien compris. Génial, qu'ils s'en aillent alors ! Qu'ils retournent d'où ils venaient, et qu'ils éloignent ce monstre d'ici, de toutes les personnes à qui il avait pu faire du mal ! Il n'avait pas sa place ici, il n'avait pas sa place dans le monde des vivants, alors la moindre des choses était qu'il s'en aille là où ils n'auraient plus jamais à le voir. Prenez votre putain de ressuscité et barrez-vous ! Finit-elle par hurler violemment aux mafieux qui avaient aménagé leur campement autour du bâtiment des Bass, le regard rivé sur Matthew.
Hors d'elle, pour changer.

Et Raphaël avait donc du se lever pour arriver dans le salon, rejoignant au passage les autres, alors que son esprit semblait vouloir fonctionner au ralenti. Il ne comprit pas tout de suite la connexion entre leur discussion, ce qu'il se passait en bas, et tout le reste. Sa soeur s'était barrée comme une folle furieuse, soit. C'était tout ce qu'il était en mesure de comprendre.
- Atlanta... ? Oh cool, qu'ils se barrent d'ici, ça sera déjà ça de fait, fit le brun en haussant les épaules, avisant vaguement Nick, Côme, Will, Hailie, tout le petit groupe attroupé là dans la joie et la bonne humeur. Ils avaient donc des problèmes, visiblement. Oh c'était une blague, il venait de se réveiller en plein milieu de la nuit à cause d'emmerdes qui semblaient mal se finir à l'entrée du bâtiment, et on leur annonçait qu'il y avait un bon gros bordel qui n'attendait plus qu'eux, dehors ? Impossible de respirer, ici. Et tous les autres sont là-bas ? Non parce que ta mère s'est jetée dans les bras de la mafia comme une furie, au fait, nota Raphaël à l'intention de sa nièce, en fronçant les sourcils. Ni Nate, ni Ale, ni Pandora ou Petra, ils n'étaient pas beaucoup dans la pièce, dis donc. Du coup, on a un plan, ou on attends juste leur départ pour retrouver un semblant de vie normale ?
- Un plan ? Y a un plan ? Bronwyn fit son entrée dans la pièce avec son habituelle expression inquiète, alors qu'elle dévisageait tout le monde sans tout assimiler. Elle ne connaissait pas grand monde... Mis à part Côme et Will. Elle regarda ce dernier comme si il avait toutes les réponses aux questions qu'ils se posaient tous, et haussa les épaules, en s'asseyant sur un canapé.
- Non, justement, mais y a la mafia dehors et apparemment ils sont envahissants. Après, moi, je sais pas ce qu'il faut faire, je veux bien être génial mais j'ai mes limites, quand même, rétorqua le Weaver en passant une main dans ses cheveux et se diriger vers la fenêtre pour essayer d'admirer le spectacle.



RE: Farewell † [rpg] - colory - 13-06-2014

- CA VOUS EMBÊTE DEUX MINUTES D'ARRÊTER DE GUEULER COMME DES PORCS EN CHAL…. Commença à hurler Pandora, qui émergeait de ses couvertures telle une fleur, avant de réaliser que ce n'était pas le moment de crier.
Elle se leva avec toute la force qu'il lui restait, et elle alla rejoindre Nick, Côme, Will et Hailie,
- Y'a la mafia dehors. Et ils prévoient d'aller à Atlanta. S'empressa de dire Nick, l'air stressé.
- Mais y'a quoi à Atlanta?? S'exclama la petite blonde. Qu'est ce qu'il pouvait y avoir de bien intéressant à Atlanta? Il n'y avait plus James. Il n'y avait plus rien. Enfin, ils vont faire leur petits trucs de dictateurs comme d'habitude, et je vous parie 100$ qu'on va encore se faire enculer dans cette histoire. Comme toujours. Dit-elle profondément exaspérée. Elle croisa les bras, et regarda la bande d tatoués se mouvoir, au loin, prés des voitures. Ca sentait encore la bonne vieille embrouille bien chiante. Et il y avait cette histoire avec les européens. Ca ne cesserait donc jamais? en plus, le grand duo de chieurs à moitié bégé-sado-maso avaient pris la OH COMBIEN sage décision de s'associer, si elle en croyait ses petits yeux. Drake et Matthew, ou les pires enroulés qui puissent exister sur cette terre. Ils gaspillaient une quantité d'oxygène affolante. Si ils pouvaient tous juste arrêter de respirer pendant 5 minutes, ça nous ferait le plus grand bien. Lâcha-t-elle en passant ses mains sur son visage. Quelle bande de fils de potes sérieux.



RE: Farewell † [rpg] - Xuu - 13-06-2014


Petra avait fait gros dodo sur canapé salon parce que déficit matériel, mais Côme était une bonne couverture avec ses poignées d'amour (il s'engressait, eh oui), alors elle n'était pas malheureuse. Bon, concrètement, si, un peu quand même : elle avait finit par comprendre ce qui se passait chez les Bass, ses neurones s'était connectés, et bien vite elle avait pris conscience de la lourdeur de ce que signifiait le retour à la vie de Drake Sheridan pour ses amis. Elle leur aurait d'ailleurs à tous fais un bon gros câlin, malheureusement, on l'avait frappé d'illumination au moment où déjà tous étaient partis pioncer, alors bon. Elle avait fait un câlin à Côme, par dépit, et même s'il ronflait (gros et ronflard, cet homme était parfait). Et puis BLABLABLA elle avait à son tour trouvé le sommeil... Mais dans ce rpg, on ne dort jamais bien longtemps n'est-ce pas. Aussi se passa-t-il tout un tas de choses et le salon se trouva rapidement squatté par pleins de gens avec l'air sombre et les sourcils très très froncééééés qui se dirigèrent vers le bureau secret et intime qu'était la cuisine car comme tout à chacun sait, c'est dans les cuisines que se règlent les histoires d'importance.
Et Petra, emplie d'une vague d'orgueil, considéra qu'elle AVAIT LE DROIT de savoir. Aussi, fraiche comme une tambouille et tremblotante parce que sa grosse couette s'était barrée ailleurs, elle tapa incruste, les yeux encore clos parce que mince, elle avait besoin de ses huit heures de sommeil journalier, quand même.
Et Petra de bailler comme une lionne en marchant, bras écartés, et heurter avec effroi une surface humaine.
-OUPS., s'exclama-t-elle, ouvrant alors ses paupières aussi grandes que des pastèques. Ahhhh mounsieur Blavatsky pétit coquin vous avez fait explès de vous mettle dans mon chemin c'est ça !!!! ahahahaha !!!!!!
Mais mince, elle n'était absolument pas dans l'ambiance dark et torturé générale, là. Alors, telle une schizophrène, de la débilité son expression devint mystérieuse et insaisissable. Même Côme ne pouvait pas tester à quel point elle était ténébreuse, là tout de suite maintenant.
Oh. Oooh. La mafia à Atlanta ? Cela était bien dans le sens où Dallas se transformerait dès lors en aire de jeux grandeur nature pour les gambadades de Petra, mais cela n'était pas bien dans le sens ou peut-être était-elle débile, mais elle n'était pas abrutie : leurs intentions apparaissaient claires.
-Diantle., pu-t-elle seulement dire, consciente de leur impuissance à tous face à la menace instoppable qu'était la mafia. Ooooh no... Jé pensais qué les petits fennecs n'était pas si méchants qué ça et Mattiou Dobson je cloyais qu'il se donnait un petit genrrre de caïd palce que sa femme l'a quitté poul son meilleur ami et tout et il était tliste mais en fait ils sont vlaiment nuls en fait...
Et elle était sérieuse.

Les mains posées avec flemmardise sur le volant de son 4x4, Fennec était affalé sur son siège, et il était complexe de déterminer s'il fixait assurément un mur, loin devant lui, ou s'il s'était simplement endormi les yeux encore ouverts.
Un état intermédiaire, sans doute. Il n'était jamais vraiment éveillé, et jamais vraiment assoupi. Sans doute pour ça, qu'il nécessitait de quinze heures de sommeil par jour ; il n'était en réalité que très rarement reposé. Ces mauvaises habitudes, comme toutes celles qu'il avait pu acquérir, dataient de son enfance. Quand on vivait dans les banlieues de Palerme, et quand 365 jours par ans, c'était le bruit de balles criblées dans les murs de l'appart voisin, qui vous réveillez, vous développiez des instincts de survie.
Ne jamais baisser la garde, et toujours garder au moins trois flingues sur soi en faisait partie.
Alors, encore au moment présent, si Fennec se laissait aller à un demi-coma cérébral, il n'en perdait néanmoins aucun de ses sens. Et quand bien même aurait-il souhaité faire le vide, un sentiment le dominait, et le blond se le ressassait avec tant d'intensité qu'il lui devenait impossible d'escompter pouvoir pioncer plus : la frustration.
Si ça n'avait tenu qu'à lui, il n'aurait pas été entrain de glander dans son propre 4x4, à s'empêcher de presser la pédale comme un dératé, et enfin, enfin, tâter de la route, du moteur et de la vitesse. Si ça n'avait tenu qu'à lui, tous seraient déjà en route pour la grande capitale Atlanta, et dans l'air se serait ressenti jusqu'au Canada le tremblement d'une nouvelle ère. Mais plus que d'être épris de caprices impériaux et de son manque dévastateur d'enfin sentir crisser les roues de son 4x4 sous lui, Fennec était rationnel.
La mafia de Dallas comptait un trop grand effectif, à une heure où la ville elle-même ne comptait plus qu'une centaine d'habitants, alors que parallèlement, nul doute ne planait sur l'utilité qu'il pourrait faire de cette même mafia une fois arrivée à Atlanta. Il aurait besoin de renfort, la question ne se posait pas. Si Fennec savait avoir un chemin tout tracé jusqu'aux plus éminents lieux de la capitale, les détracteurs seraient aussi au rendez-vous : l'ambiance n'était pas à subir un nouveau dictateur, aux États-Unis, et les tensions palpables. Là était donc le problème : pouvoir déplacer tout ce monde de Dallas jusqu'à Atlanta, par des temps ou l'essence avait la rareté du diamant. Ainsi donc était la raison de la frustration du mafieux : ayant taxé ses hommes de trouver de quoi les faire carburer jusqu'à la capitale, ceux-ci lui avait assuré faire en sorte que tous puissent prendre la route dès l'aube.
Et après, la Guilde agirait comme toujours ; en fonçant dans le tas façon Alessandro, quoi qu'avec quelques soupçons de réflexions supplémentaires à la manière Fennec. Les protestations se tairaient vite, elles n'auraient plus d'autre alternative.
Et encore, personne ne connaissaient les projets que se figurait en vérité Fennec. Une idée qui avait germé en lui, il y avait déjà de cela plusieurs jours, et qui, au fil du temps et selon la tournure des événements et des rapports qu'il avait pu obtenir de la situation nationale, avait grandit, pour s'imposer en évidence.
Oui, il allait dérober comme un voleur la place de dirigeant des Etats-Unis, du Canada et du Mexique. Oui, il allait propulser la Guilde au plus haut niveau, et donnerait à ses hommes les privilèges injustes et préjudiciables qu'il leur avait promis. Oui, il vivrait en roi, mais attaquerait le moindre de ses opposants comme une furie. Il réaliserait tout ce que tant de fois il avait calculé faire, à un unique détail près.
Le partage des pouvoirs n'était pas forcément une perte, lorsqu'il était réfléchi. Et qui mieux que Fennec pouvait prétendre avoir pesé la situation par mille fois, et selon mille options ? Il était capable de diriger seul, d'ors et déjà l'avait-il prouvé, néanmoins, l'histoire post apocalyptique des États-Unis allait dans le sens que l'autorité indépendante engendrait la chute.
Et face à un ennemi aussi vaste qu'était celui qui, à peine arrivé au pouvoir, lui faisait pression, la solitude n'était pas une option envisageable. Il avait besoin d'autre chose, une chose sur laquelle il était en définitive parvenu à mettre la main : une coalition. Un bloc dont il aurait étudié chacune des composantes, et rasé les mauvaises herbes. Rien d'hasardeux, tout de prémédité ; une conjuration dont il serait fondateur, et qui plus que de l'affaiblir, décuplerait ses puissances sur l'échelle nationale et internationale.
Il n'était encore sûr de rien quant à la composition exacte que prendrait le produit final, mais certains pions semblait vouloir s'exiger comme des évidences.
Enfin.
Pour l'instant, il était coincé dans sa bagnole, sans autre occupation que de regarder les gens s'affairer tout autour de lui. Un tic agacé traversa ses traits, contrarié de la lenteur à laquelle allaient les choses. Et ce tic n'eut que plus de raisons d'être, lorsque, imperceptible, le cliquetis métallique de la portière gauche de sa caisse s'éleva, puis, après un silence lourd, la voix aux accents bien spécifiques de Tom de retentir désagréablement trop près de Fennec. Ce dernier inspira une grande bouffée d'air, appuyant son coude sur le rebord de la fenêtre, pour déposer avec fatigue sa joue dans sa paume.
Il n'avait pas envie de voir Tom, pas envie que Tom ne l'emmerde un peu plus avec ses réflexions infondées, pas non plus envie de parler à un type dont il ne parvenait pas à cerner les intentions, et qui plus que de dire vouloir l'aider, l'avait déjà par plusieurs fois foutu dans un bordel monstre.
Il garda le silence de long instant, tandis que tout autour d'eux retentissaient les ordres latinos des Mexicains.
-... T'es là comme informateur, finit-il enfin par formuler. Tu m'parles quand j't'autorise à m'parler, et tu fais tout c'que j'dis. Et là par exemple, tu dégages.