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24h Cartoon: Rassemblez votre force ce samedi à partir de 15h !


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Huis-Clos
#51
http://img4.hostingpics.net/pics/252402Alexandre.jpg
Du sang. De la colère. De la haine. De la peur.
Toutes ces sensations, en même temps, mélangés avec la cruauté et la fatigue. Alexandre implosait intérieurement. Les veines de son front ressortaient comme de grosses cicatrices et sa cage thoracique s'articulait au rythme d'une respiration rapide mais saccadée.
Ils avaient passé des heures, des jours, des semaines voir des mois enfermés dans cet endroit. Pour finalement découvrir qu'ils se trouvaient là, perdus au milieu de nul part, sur un toit à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. En contre-bas se trouvaient désormais deux cadavres, gisant là pleins de sang et écorchés par le bitume, le crâne fendu et méconnaissables.
La belle Kate et le défunt Elouan, unis jusque dans la mort, avaient épousé tous les deux leur dernier souffle dans leur ultime seconde de vie.
Mais alors que deux âmes avaient déjà pris leur envole, une troisième était sur le point de les suivre.
Alexandre refocalisa toute son attention sur Ophélia, une pulsion meurtrière animant ses mouvements.
- Alexandre enfin..
Il fit quelques pas vers elle, énergiques, déterminés. Il la regardait intensément. Comme pour capter toute la peur de ses yeux et s'en servir pour raviver la flamme de colère qui fulminait en lui comme un brasier. Il rejetait la mort de ses deux autres camarades sur elle et elle seule. Comme si elle était seule fautive du drame qui s'était produit sous ses yeux.
Alexandre en oubliait presque qu'ils avaient pourtant atteint leur objectif et qu'ils étaient en vie et qu'une liberté prochaine s'ouvrait à eux.
Mais il s'en fichait. Pour lui, un crime avait été commis, justice devait être faite.
Il se rua droit sur Ophélia tel une bombe, les yeux injectés de sang, le cerveau déconnecté de la réalité. Il saisit la jeune femme par le cou, d'une pression vive, resserrant son poing de plus en plus fort et empêchant toute respiration de se réaliser. Alexandre continuait de marcher droit devant lui, laissant les pieds d'Ophélia glisser sur le sol alors qu'elle était impuissante et que ces yeux grands ouverts fixé le garçon.
Alexandre sentit toute une vibration dans son bras, puis dans son ventre, et tout son corps s'anima d'un frisson long et déroutant. Il relâcha aussitôt Ophélia et la regarda les yeux pleins de larmes. S'en était trop pour lui.
Il regarda sa main qui une seconde plus tôt était encore entrain d'étrangler la jeune fille, elle tremblait. Il dévisagea d'abord son propre corps puis celui de la brune en face de lui. Puis des larmes perlèrent sur ses joues.
Il resta muet. Silencieux. Tandis qu'il se laissa tomber à genoux. Comme abattu.
Peut-être qu'Ophélia mourrait, mais le cerveau d'Alexandre lui avait dit stop. Il avait préféré mettre fin au combat, d'arrêter de lutter contre les pulsions meurtrières qui faisaient échos en lui.
Une fois agenouillé sur le sol, Alexandre releva la tête vers celle qu'il avait tenté d'assassiner il y a encore quelques secondes, d'épaisses larmes coulaient sur ses joues. Il avait peur, ne voulait plus de cette vie là.
Implorant, déterminé, mais abattu, il bredouilla alors, comme échoué :
- Ophélia, je veux que tu me tues, comme tu les as tous déjà tués ...
 
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