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Le Bar. [mélange de rpgs]
#71
Le regard pâle, les yeux tristes se tournent vers leur interlocuteur sans vraiment sentir d'abord l'étreinte surprise qui redonne de la chaleur aux cœurs en manque de tendresse.
- Une fois, tu es venue me voir. Je t'avais demandé pourquoi je pleurais...
Une lueur qui s'allume au loin dans les pupilles. C'est loin, très loin, tellement enfoncé dans l'obscurité qui entoure la vieille femme qu'on pourrait presque la louper, si on la connaissait pas.
- Tu m'as alors répondu qu'il fallait soigner le mal par le mal. Qu'il fallait mieux que le personnage pleure plutôt que toi.. et que lorsqu'il sera joyeux, il aura rempli sa mission, il aura trouvé sa propre vie. 
Les mots prononcés semblent si âgés eux aussi, comme blanchis par le temps. Redressant la tête, la silhouette semble secouée toute entière par le léger soufflement qu'elle pousse. L'amour qui l'entoure réchauffe enfin son petit corps gelé, son cœur brisé par le chagrin. La voix cassée elle murmure :
- Et si il pleure... Mais que toi aussi ?
Tristement elle rebaisse la tête, regardant ses mains qui tremblent. Les larmes roulent sur ses joues, dévalant son visage avec la lenteur d'un escargot atrophié. Après tout, pourquoi se presser lorsque l'on sait qu'on a tout notre temps ?
 
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#72
- Et si il pleure et que toi aussi?
Le vieil homme regarde les larmes de la vieille, et lui prend délicatement la main en l'enveloppant dans ses doigts ridés. Il ferme les yeux, comme pour essayer de se souvenir de ce qu'on lui a apprit autrefois, si quelqu'un un jour, lui a expliqué le pourquoi de tout ça, lui a donné la réponse à la question que lui posait la vieille. 
Quand il rouvre ses paupières, la vieille et le vieux ont tout les deux rajeunis.
Tout les deux, dans ce bar bien vide et silencieux, ils se regardent, main dans la main.
Le jeune homme tousse. Le bruit du toussotement ne résonne pas, il éclate d'un ton sec avant de prendre rapidement la fuite.
- Je... 
L'homme s'arrête. Il n'arrive pas à dire ce qu'il pense. Il a un nœud dans la gorge. Ce genre de noeud qui vous empêche de sortir la phrase que vous vous répéter en boucle depuis des heures en vous refaisant la scène qui va avoir lieu pour vous donner du courage. Parfois, certaines phrases n'arrivent pas à être dites.
- Je suis.. 
Une fois de plus, la voix déraille. Les lèvres tremblotent.  
Derrière l'écran, quelqu'un est un petit peu ému quand même. 
Mais pas trop.
Mais il faut lui dire. 
Il faut.
- Je suis heureux.
Heureux. Totalement heureux.
Chaque soir il se couche en pensant qu'il se sent bien.
Le matin, il se rappel à quel point il a de la chance.
Il aime sa vie, ce qu'il est, ce qu'il fait, les autres autour de lui, qui l'accompagnent, qu'il découvre.
Angelo cache son visage dans son bras pour ne pas montrer que les larmes lui montent au nez.
- Et vous n'êtes pas là.
Injuste.
Et pourtant.
Des larmes coulent sur les joues du garçon à présent. Il a honte. 
La main qui serrait fortement celle de Charlie se ride à nouveau. La vieille main se détache lentement de celle de sa moitié... comme une séparation sans odeur, sans douleur. 
Lente et quasiment imperceptible.
- JE ne suis pas là.





Angelo disparait.





 
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#73
Isaac Borcel était un habitué des lieux. Il était venu visiter le bar pour la première fois en 2016, et depuis, il fréquentait régulièrement ce petit cocon lui servant de parenthèse dans sa vie. Un havre de paix dans lequel il venait se ressourcer et s'inspirer pour ses prochaines oeuvres. Si vous ne vous rappelez pas de lui, Isaac est un écrivain chevronné qui se délecte tant de ses observations que de ses conversations acides auprès des clients du petit café. En parlant de café, Isaac Borcel s'installe au comptoir, et demande au serveur à la queue de renard :
- Je vais vous prendre un café, s'il vous plait. Il marque quelques secondes, et avant que le serveur ne se retourne il ajoute : et ajoutez moi une part de tarte à la mangue, merci.
La commande faite, il tourne le dos au bar et sort son petit calepin. Il regarde les clients siroter leur milkshake ou lire le journal confortablement installé dans les rocking chairs en velour. Il commence à relever deux ou trois particularités chez la clientèle, le temps que sa commande n'arrive.
https://streamingnarratives.files.wordpress.com/2016/06/sense8-nomi.gif?w=723
 
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#74
La porte s'ouvre à la volée accompagnée d'un assourdissant bruit de clochette. Elle rebondit sur le mur d'en face avant de venir s'enfoncer dans ses gongs à nouveau dans un grincement, symbole de sa maltraitance. 
- Un expresso s'il vous plaît.
Comme si un café était vraiment nécessaire. Bouillante de stress, hyperactive, la silhouette s'agite en attendant sa commande. Elle marche en faisant des demi-cercles ridiculement petits, comme un lion le ferait dans une caisse pour chat. Dans ses yeux s'étalent une tristesse infinie, des cernes se dessinent jusque sur ses joues, creusées et violettes. La peau, toute fine, laisse apparaître les veines qui paraissent plus vertes que bleues. Son regard s'égare dans la salle quelques instants, à en oublier de bouger, presque même de respirer. Juste parce que voir autant de curiosités dans un même endroit rend bouche bée. Juste parce que le café est comme un espace hors du temps, hors des ennuis. Une larme roule sur la joue de la jeune fille qui semble avoir trois fois plus que son âge. Et puis, sans explication, sans logique apparente, l'enfant, l'adolescente, la jeune adulte, se laisse choir dans un fauteuil prêt du bar, vaincue.
 
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#75
La tarte à la mangue arrive, accompagnée d'un café crème et d'un petit verre d'eau. Isaac Borcel prend une cuillère de son gateau en même temps que la porte de l'échoppe s'ouvre. Il jette un regard évasif vers celle-ci sans y porter grand intérêt, mais toute son attention est captée par la demoiselle qui, le pas vif, rejoint le comptoir. Sans se faire attendre, elle commande un café, puis, comme si elle était déjà sous une bonne dose de caféine, se met à tourner en rond, tel un lion en cage. Isaac Borcel la regarde avec stupéfaction, sortant son petit calepin pour prendre en note et capturer ce qu'il voit. Comme incruster dans le papier la détresse de cette enfant-adolescente-jeune adulte. Aussitôt que celle-ci fond dans son siège, Isaac Borcel se lève du sien, ramasse ses quelques affaires et se poste en face d'elle, au garde à vous presque. Il la regarde et avec un léger sourire engage la conversation :
- Bonjour, mademoiselle, dit-il en poussant sa tarte vers elle, prenez un peu de ma tarte, je suis convaincu que ça vous fera du bien.
A l'affut du moindre mouvement, il guette, scrute les réactions. Il découvre en cette boule d'énergie un sujet d'analyse et il veut en savoir plus.
- Comment vous appelez-vous ? Moi, c'est Martin, souffle Isaac Borcel en s'inventant un rôle.
Il aime, jouer la comédie. Et se créer des vies alternatives et ce qu'il préfère. Alors aujourd'hui, voilà qu'il s'appellera Martin. C'est son nouveau passe-temps, depuis quelques temps.
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